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samedi 30 mars 2019

L'argent du Gabon perçu par Libération met dans une colère noire les salariés du journal

Les prétentieux de Libé ont de gros besoins: ils se sont mis dans une méchante affaire 

Le Parquet National Financier a ouvert une enquête

Résultat de recherche d'images pour "Liberation Joffrin"

Cette enquête préliminaire du PNF porte sur des mouvements de fonds liés à l’organisation par le quotidien d’un forum à Libreville au Gabon, en 2015. La Lettre A, a fait cette révélation mercredi 27 mars : c'est une publication numérique quotidienne consacrée aux actualités politique, économique et médiatique en France. Publiée à Paris par le groupe de presse Indigo Publications, elle se donne pour objectif de décrypter les réseaux de pouvoir et d'en dévoiler les coulisses.

La direction de Libération prise le doigt dans le pot de confiture
La rédaction du quotidien des hommes d'affaires Bruno Ledoux, propriétaire du siège du journal, et Patrick Drahi, président-fondateur du consortium (luxembourgeois!) Altice (Groupe l'Express, dont L'Express, L'Expansion, L'Etudiant, mais aussi BFM ou Free) a convoqué une réunion de crise dès le matin du mercredi 27 mars pour l'après-midi passée en assemblée générale portant sur des mouvements de fonds liés à l’organisation par le quotidien d’un forum au Gabon, en 2015. Ce forum visait à associer Libération à un plan de communication d’Ali Bongo, "pour redorer son blason", selon Laurent Mauduit (Mediapart).
Le producteur de cinéma (financeur de films encensés par Libération, le Groupe L'Express et BFM) Bruno Ledoux, héritier de la Société minière et métallurgique de Peñarroya (Metaleurop), est président du conseil de surveillance du journal et son ex-femme est la suppléante de Gilles Le Gendre (LREM) et actuel cornaque des députés soumis du parti du président dans la deuxième circonscription de Paris, rive gauche (parties des 5e, 6e et 7e arrondissements riveraines de la Seine)..
Et, fait exceptionnel, mais mineur, Laurent Joffrin, le directeur de la publication, en première ligne et fusible usager de 66 ans, n’a pas publié sa chronique quotidienne. Il a perdu de sa sérénité de vieux bonze boudeur et susceptible.

Résultat de recherche d'images pour "Pierre Fraidenraich et Evelyne Diatta-Accrombessi"
Selon la lettre spécialisée, L. Joffrin (ci-dessus à gauche) et l’ancien directeur opérationnel Pierre Fraidenraich (ci-dessus à droite), qui a démissionné jeudi, à la suite de ces révélations, de son poste de directeur général de la chaîne BFM Business, ont été entendus par les enquêteurs. Ces derniers travaillent sur des pistes d’éventuels faits de blanchiments, de surfacturations et de détournements de fonds.
Ce forum tombait à point nommé, alors que le journal, racheté par l’homme d’affaires boulimique mais endetté Patrick Drahi, restait en difficulté. En 2015, Libération connaissait des "problèmes de trésorerie" avérés : le journal avait bouclé l'année avec un résultat net négatif de 3,2 millions d'euros. Situé à l'extrême gauche lors de sa création, le journal bénéficie aujourd'hui de subventions de la part de l'Etat français des contribuables français.

La justice soupçonne que le contrat initial est entaché par des irrégularités et des montages financiers offshore suspects. 

Résultat de recherche d'images pour "Macron et president du Gabon"
Depuis plus d'un an, les présidents autoritaires Macron et Ali Bongo opèrent un rapprochement entre Paris et Libreville 
Libération aurait accepté ce contrat de 3,5 millions d’euros passé dans le dos de la rédaction et versé pars les autorités gabonaises  pour l’organisation de ce forum
Résultat de recherche d'images pour "Liberation Joffrin"
Durant l’assemblée générale, Joffrin a reconnu  avoir "vaguement" entendu parler, de par sa position, mais sans "être au courant", d’un tel contrat, ne l’ayant jamais vu. L’idée du forum est venue de Pierre Fraidenraich, un ancien du Groupe Canal+, racontent plusieurs sources anonymes, qu'il serait temps de vérifier: le service 'CheckNews' de Libération ne se flatte-t-il pas d'avoir déjà "répondu à 3068 questions" ?

Des combines frauduleuses pour maintenir les niveaux de salaires et le train de vie du journal.
Le contrat a donné lieu, pour Libération, à un versement de 450.000 euros, "en accord avec la société des journalistes et personnels de Libération", somme qui a fait réaliser au journal un profit minime", racontent deux cogérants, Clément Delpirou et Laurent Joffrin

L'essentiel de la somme - 3 millions - a été versé à la société mère du quotidien, en 2015, sa holding PMP (société Presse Media Participations), alors majoritaire dans le capital du journal. Pour les deux cogérants, ces fonds "ont servi à combler le déficit du journal".

Les salariés étudient une motion de défiance contre la direction.

Ali Bongo Ondimba sur les marches de l'Elysée, sous la présidence de François Hollande
lors d'une visite officielle en France, en 
septembre 2015
Hautement politisés, les journalistes et salariés ont également publié un texte mercredi, rappelant s’être opposés à l’organisation d’un tel forum "dans un pays non démocratique et à son financement par un régime autoritaire et opaque". Ils avaient obtenu la présence d’ONG (Transparency International et Reporters sans frontières, RSF) et d’opposants intérieurs au régime, ainsi que la promesse que le journal n’en tirerait aucun bénéfice.

Résultat de recherche d'images pour "Liberation Joffrin"
Est-ce encore vrai ?
Quatre ans plus tard, ils constatent que les promesses n’ont pas été tenues. Selon les cogérants, l’enquête diligentée en interne a révélé que 450.000 euros de commissions ont été versés à "un intermédiaire". Selon plusieurs sources, il s’agit de Nadine Diatta, une Sénégalaise, directrice de l'agence de communication N2D Conseil International, très bien introduite au palais présidentiel de Libreville : elle est la sœur d’Evelyne Diatta-Accrombessi, épouse de Maixent Accrombessi, un homme d’affaires béninois, ami et directeur du cabinet du président gabonais Ali Bongo Ondimba jusqu’en 2016.
Mis en examen l’année suivante en France pour "corruption" et "blanchiment en bande organisée",  Maixent Accrombessi a été écarté du premier cercle du pouvoir, même s’il conserve le titre de "haut représentant" d’Ali Bongo. Contactée, Nadine Diatta minimise son rôle dans le forum et ne souhaite pas s’exprimer. 
La France de Jupiter fait également une large part aux conseillers et élus issus de la "société civile". 

Le groupe BFM éclaboussé avec les époux Fraidenraich

Tous à Libération disent découvrir, effarés, un autre fait révélé par l'enquête : les "intérêts personnels d’un manageur de l’époque avec les milieux d’affaires gabonais", selon la cogérance. En effet, des documents du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, au cœur du scandale des 'Panama Papers' – révélé par le Consortium international de journalistes d’investigation dont Le Monde est partenaire –, montrent que la société familiale de Pierre Fraidenraich, 'Dino Jo' (active depuis 7 ans, implantée à Paris 16e et présidée par son épouse, Marie-Amélie Fraidenraich, 49 ans), avait investi, en janvier 2015, dans la chaîne de télévision de divertissement fondée par Evelyne Diatta-AccrombessiEDAN 
Résultat de recherche d'images pour "Evelyne Diatta-Accrombessi"(acronyme de Evelyne Diatta-Accrombessi Network), une chaîne de télévision financée à hauteur de 5 millions d'investissement par le groupement de partenaires africains et européens et diffusée sur Canal+ (filiale du groupe Vivendi détenu par Bolloré) et sur CanalSat, lancée le 24 mars.

N’était-ce pas un conflit d’intérêts évident ? 
Contacté, M. Fraidenraich, nommé à la direction opérationnelle du journal Libération en mars 2014 mais qui est DG de BFM Business depuis juillet 2016, ne répond pas. "Cette participation a été depuis cédée sans aucune contrepartie que ce soit. Je n’ai jamais perçu la moindre rémunération ni touché de dividende d’EDAN"a-t-il déclaré à la Lettre A. Or, en 2015, EDAN a rémunéré la société de Nadine Diatta pour des prestations diverses. 
Les salariés de Libération devaient se retrouver jeudi à 13 heures pour débattre d’une éventuelle motion de défiance.

Le même jour, le directeur général de BFM Business, Pierre Fraidenraich, a donné sa démission. 
Pierre Fraidenraich a annoncé son départ après des révélations sur les conditions de l’organisation du forum de 'Libération' au Gabon, lorsqu’il en était directeur opérationnel. 
Résultat de recherche d'images pour "Macron a Las Vegas"Une espèce de levée de fonds qui rappelle l'opération du candidat Macron à Las Vegas, par l'entremise de Muriel Pénicaud, alors directrice de l'organisme public Business France, lors du Consumer Electronics Show dans le Nevada), le 7 janvier 2016.

samedi 9 avril 2016

Panama Papers: une faute du journal Le Monde provoque la colère de l'Alger

Le Monde accuse Bouteflika par erreur, mais obtient la solidarité de media français et le boycottage de la visite de Valls à Alger

Acte 1: Le Monde met en cause le président algérien


Plusieurs articles, titres et photos article du journal français Le Monde constituent une diffamation.
Alger a réagi dans la foulée du scandale de la désinformation tentée par Le Monde sur l'affaire dite 'Panama papers' où des chefs d'Etat et de hauts responsables ont été accusés de corruption et d’évasion fiscal. Lundi 4 avril, Alger a protesté officiellement auprès du Quai d’Orsay. La diplomatie algérienne a dénoncé "une campagne qu’elle juge diffamatrice et manipulatrice menée par Le Monde contre l’Algérie".

La Une est explicitement malveillante
Le journal a affiché les photos de cinq dirigeants, dont Abdelaziz Bouteflika, en Une et sous le titre "L’argent caché des chefs d’État". Or, le nom du président algérien n’est pas cité dans l’article consacré à l’affaire de Sonatrach.
Et la presse hexagonale s'est largement faite l'écho des soupçons dans un vaste amalgame mêlant indifféremment des chefs d'Etat ou certains proches. Le Parisien écrit: "Dans la liste hétéroclite des personnalités ayant créé ou utilisé des sociétés offshore sont également cités l'acteur chinois Jackie Chan et le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, des membres de l'entourage des présidents chinois Xi Jinping, syrien Bachar al-Assad, mexicain Enrique Peña Nieto, algérien Bouteflika - via le scandale de la compagnie pétrolière nationale Sonatrach - et du roi du Maroc Mohammed VI, avec son yacht et ses sociétés aux Iles Vierges," sans compter... Poutine.
Sans délai ni retenue, le président Hollande a pour sa part aussitôt enfilé son costume de chevalier blanc - malgré la présence nominale de son ministre, Jérôme Cahuzac, sur les listes - pour assurer que les révélations des 'Panama papers' donneront lieu en France à des "enquêtes" fiscales et des "procédures judiciaires". 

"'Panama Papers' : en Algérie, l’argent du pétrole passe par l’offshore"
Assorti d'un article qui ne cite plus Bouteflika, autre titre brouille les relations.

"L’accueil en grande pompe, le 17 mars, de Chakib Khelil, le ministre de l’énergie algérien de 1999 à 2010, en fuite depuis trois ans et soupçonné de corruption, a été pris en Algérie comme une provocation: la preuve de l’impunité dont jouissent les proches du chef de l’Etat. Et une façon d’enterrer l’affaire Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale, qui défraie la chronique depuis 2010. Le mandat d’arrêt international contre M. Khelil a été annulé pour vice de forme, le juge qui a instruit l’affaire muté, le procureur général limogé. Mais l’ancien ministre n’a pas été blanchi par la justice algérienne."


Acte 2: l'Algérie riposte par le refus de visas à des journalistes français

L'Algérie a refusé d'accorder des visas à plusieurs journalistes, 
en premier lieu un reporter du journal Le Monde, référence des intellos-socialos-bobos, sans doute sanctionné pour des accusations infondées sur les Panama Papers. 
"Nous empêchant d’effectuer notre travail," s'était lamenté le groupe Le Monde, détenu par la triade BNP (les hommes d'affaires, multimillionnaires et socialistes, Pierre Bergé, Xavier Niel, et Matthieu Pigasse). Le Monde se posait ainsi en victime, alors que le premier ministre, Manuel Valls, rend au pouvoir algérien une visite officielle qui débute samedi et doit durer deux jours. 

Les Algériens n'ont pas supporté l'agression gratuite du journal
, impliquant le président Bouteflika dans l'affaire d'évasion fiscale des "Panama Papers". Le Monde a notamment mis en cause le ministre de l’Industrie et des Mines algérien, Abdeslam Bouchouareb.
Le quotidien socialiste a finalement reconnu sa légèreté partisane, mais se satisfaisant de faire valoir que le nom du chef de l'Etat algérien "n'apparaît pas dans les Panama Papers".

Acte 3: Le Monde proteste contre le refus de visa par l’Algérie à un de ses journalistes

"Le Monde regrette cette décision et proteste contre cette entrave à la liberté de la presse", a réagi l'arrogant directeur du quotidien, Jérôme Fenoglio, vendredi 8 avril, inconscient de son indécence. "Cette décision est liée à notre traitement [inqualifiable !] des Panama papers", commente Le Monde, spécialiste de l'information floue, "en particulier les informations que nous avons publiées sur l’Algérie." Cette presse ambiguë va plus loin: "Le Monde regrette cette décision [uniquement celle d'Alger...] et proteste contre cette entrave à la liberté de la presse." Tout de suite les grands mots, puisque ça marche parmi ses lecteurs !
Sans aucune pudeur...

La presse française partisane tronque l'information, faisant l'impasse sur les causes de ses tensions avec Alger

Le ministère des Affaires étrangères algérien était fondé à évoquer "une campagne de presse hostile à l'Algérie
 
et à ses institutions menée en France dans différents médias". 
"[Ces refus de visa sont] une mesure de rétorsion", réplique une source officielle française. Mercredi, déjà, l'ambassadeur de France à Alger, Bernard Emié, avait été convoqué par les autorités algériennes.
Deux journalistes du "Petit journal" de Canal + n'ont pas obtenu de visa, notamment en raison d'un reportage sur le président Abdelaziz Bouteflika, diffusé l'an dernier. "On peut imaginer que le ton de nos reportages leur déplaît, mais on n'a eu aucune explication", a toutefois précisé une source proche de la chaîne française.

Les media français boycottent le déplacement

Après avoir appris ces refus, le premier ministre Valls a contacté son homologue algérien, Abdelmalek Sellal, pour lui faire part de son désaccord. En signe de protestation, plusieurs media français ont donc décidé de boycotter le déplacement, dont France Inter, France Culture, Le Figaro et Libération. 


Ce dernier offre à ses lecteurs confiants une synthèse partielle et partiale: 
"Une irritation d’un côté de la Méditerranée, une protestation de l’autre."  Mais aussi une provocation, au préalable! 
Le journal de Patrick Drahi -impliqué dans l'affaire des Panama Papers - qualifie la décision algérienne de "défaite pour la liberté de la presse". Et une victoire des fraudeurs fiscaux en paradis fiscaux ?

La direction de France Télévisions refuse également d'envoyer les rédacteurs de France 2 et France 3
suivre la visite de Manuel Valls à Alger.

Dans notre droit, 
le délit de solidarité fait cruellement défaut.

mercredi 6 avril 2016

Panama Papers: Libération soutient que le trésorier de campagne d'Hollande n'est pas impliqué

Non, Jean-Jacques Augier ne serait pas encore soupçonné de fraude fiscale
Le nom de Jean-Jacques Augier, 62 ans, avait bien été cité par Le Monde

Mais c'était dans une affaire similaire, dite des "offshore leaks" et en 2013, alors ça change tout !
'Offshore leaks', c'est le nom d'une précédente affaire de fraude du fisc par le biais de comptes "délocalisés" dans des paradis fiscaux et qui occupa la Une de plusieurs media internationaux. Ils publièrent une liste de milliers de noms de détenteurs de ces comptes. Parmi ceux-ci, Jean-Jacques Augier, trésorier de campagne de François Hollande en 2012.
Jean-Jacques Augier, homme de confiance de l'actuel président socialiste, s'est successivement investi comme patron des taxis G7 - en guerre contre les VTC, avec le soutien de l'Etat-PS - et dans la boucherie, 
mais surtout dans l’édition, puis la presse, avec le mensuel "Books" (2009), et, enfin, comme "cost-killer" (2013) du magazine gay de Pierre Bergé, autre proche des 'Ségollande', puisque l'homme d'affaires multi-millionnaire finança la campagne de Ségolène Royal en 2007. La rédaction de Têtu s'était indignée des révélations sur les affaires aux Caïmans de son propriétaire. Dans un communiqué, elle se dit "consternée" par les informations publiées sur ses investissements offshore. "Alors que les salariés du magazine subissent actuellement un plan social négocié a minima qui a conduit à une grève votée à l'unanimité le vendredi 22 mars- ces informations paraissent d'autant plus choquantes".

En mai 2012, L'Express publiait ce bref portrait de cet aventurier, proche de Hollande
"Sa vie commence dans les comptes - il est inspecteur des finances, promotion Voltaire, comme Hollande. Elle se poursuit comme un conte, où l'on retrouve le héros dirigeant du Groupe G7 (taxis, remorqueurs les Abeilles), puis éditeur, loueur de voitures, libraire et propriétaire de boucheries... à Pékin, investisseur dans les biotechnologies. Quand son ami François le lui demande, Augier préside l'association de financement de la primaire, puis celle de la présidentielle. Il conseille aussi le candidat sur la création d'entreprise." En 2013, Le Monde le décrivait comme "une personnalité atypique, cependant assez éloignée de celle des hauts fonctionnaires et des élus qui entourent M. Hollande. Un caractère sensible, une culture littéraire sophistiquée mais un sens des affaires tranchant."

"Personne ne pouvait savoir" que Jean-Jacques Augier avait un compte dans un paradis fiscalalors qu'il gérait les comptes de campagne de François Hollande, avait affirmé sur Canal + le ministre Stéphane Le Foll, et surtout pas lui, bien que directeur du cabinet de Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste (1997-2008), s'attachant à se disculper plutôt qu'à nier sur le fond... 
Et, le 04 avril 2013, depuis le Maroc, François Hollande avait affirmé "Je ne connais rien de ces activités. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que Jean-Jacques Augier a été trésorier de ma campagne, que les comptes de campagne de 2012 ont été considérés par le Conseil constitutionnel comme tout à fait réguliers. Sur des activités privées, c'est à l'administration fiscale, s'il en est besoin, de faire son travail." 
Or, Jean-Jacques Augier a confirmé être actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, par le biais de son holding financier Eurane.

Cette affaire était une nouvelle pelletée de gravats sur la tombe de la gauche morale.
OffshoreLeaks, opération mondiale de transparence, tombait en effet fort mal au moment des affaires Guérini, d'une part, et   Cahuzac, ministre du Budget de Hollande et fraudeur fiscal, d'autre part. Manuel Valls était venu du ministère de l'Intérieur se blanchir au 20H de France 2: "C'est à Jean-Jacques Augier de s'expliquer. Comme le président et le Premier ministre, je ne supporte pas la place de l'argent sale dans notre société."

Louis Aliot, vice-président du Front national, avait réagi à l'affaire Cahuzac et aux dernières révélations sur le trésorier de campagne de François Hollande: "On connaissait la gauche caviar, on découvre la gauche caïman !" "La république irréprochable de François Hollande semble avoir du plomb dans l'aile. 

Après les affaires Guérini et consorts, les conséquences de l'affaire Cahuzac, ne voilà-t-il pas que le trésorier de la campagne du candidat socialiste a investi dans des paradis fiscaux. (...) Bref, la gauche morale semble être totalement imprégnée de l'esprit de la finance mondiale, celle-là même que pointait du doigt le président normal désignant ses "adversaires de la finance" à la vindicte des électeurs ! (...) On mesure la fracture qui existe entre la caste au pouvoir et le peuple. Pendant que les Français souffrent d'une crise financière, économique et sociale dramatique, la finance se porte bien ! Et à gauche, ses serviteurs ne manquent pas."

Libération dénonce "une jolie tentative de diversion" du FN… 

Pour vendre sa prochaine édition, Le Monde a fait du marketing commençant par annoncer que le nom d'un parti impliqué serait révélé. Puis, ce mardi, il a désigné le Front National, affirmant  que des proches de Marine Le Pen en fait des prestataires de services -  seraient impliqués dans l’affaire des "Panama Papers". Le FN riposte donc en rappelant que Jean-Jacques Augier, trésorier de campagne de François Hollande, est également cité dans l’affaire.
Le journal de Patrick Drahi (et Bruno Ledoux) nie: " Non. En tout cas, pas dans cette affaire" !... 
Une affaire vieille de trois ans et mêlant le président Hollande n'est pas une affaire ? En 2013, plusieurs dizaines de media internationaux – avec l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) à la coordination, comme aujourd'hui dans cette opération "Panama Papers" – avaient déjà sorti l’affaire des "offshore leaks" et c'était déjà Le Monde qui avait alors dénoncé Jean-Jacques Augier avait fait de l'évasion fiscale dans la Caraïbe, au paradis fiscal des Caïmans, à l'abri du fisc.

Le journal de Drahi, également propriétaire du groupe L'Express, s'indigne. 
C’était en 2013, s'écrie-t-il. "Ressortir aujourd’hui l'affaire ressemble à un joli contre-feu. Et accuser la presse de dissimulation [amalgame] est d'autant plus risible que c'est le même media (Le Monde) qui évoque aujourd'hui l'implication des proches de Marine Le Pen dans les Panama Papers, qui avait sorti "l'affaire Augier" il y a trois ans"... Le rire de Libération serait moins jaune si son rédacteur en chef, Laurent Mouchard, dit Joffrin, avait sorti lui-même ce 'marronnier' d'avril.

Libération refuse au FN le droit d'exprimer sa vérité. 
"Dans sa tentative de détourner l’attention, le FN fait feu de tout bois… quitte à se précipiter un peu. Ainsi, le compte Twitter de Wallerand de Saint-Just, qui assure que Jean-Jacques Augier est cité, s’est un peu emmêlé les pinceaux, écrivant que Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), était également impliqué… Avant de corriger. Il s’agissait en fait du nom de Patrick Drahi (actionnaire de Libération). Drahi (actionnaire de Libération). Libération s'arrête à l'écume des choses... Pour information, Drahi est propriétaire de ce journal socialo-bobo à 50%.

Il reste que Patrick Drahi est un homme d'affaires sulfureux
Cet entrepreneur franco-israélien réside en Suisse. Il est président-fondateur d'un consortium, Altice, basé au Luxembourg. Et l'organigramme de son empire, Next LP, fait apparaître une cascade de filiales situées, pour nombre d'entre elles, dans des pays connus pour être des paradis fiscaux comme le Luxembourg, la Suisse ou le Panama. Le 3 avril 2016, la fuite de documents Panama Papers met sur la place publique son implication en tant que propriétaire bénéficiaire d'une société offshore.

Arnaud Montebourg avait prévenu Patrick Drahi qu'il aurait des comptes à rendre sur sa situation fiscale. Son concurrent, Xavier Niel, l'avait dénoncé comme "exilé fiscal résidant en Suisse". Le 18 mars 2014, BFM Business (propriété d'Alain Weill) avait révélé que Bercy avait finalement ouvert une enquête sur le fondateur du câblo-opérateur Numericable et futur propriétaire de SFR, notamment au sujet de sa résidence fiscale exacte. 
Un an plus tard, on attend toujours que le ministre Macron fasse diligence...
Alors, Libération allume-t-il un contre-feu de protection de son patron, fraudeur présumé ?