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vendredi 31 mai 2019

La sociologie du vote Macron est de plus en plus minoritaire, observe le sociologue Arnaud Benedetti

Macron se réfugie derrière une apparente réussite, mais la réalité le rattrape 

Pour Arnaud Benedetti, le camp de la majorité aurait tort de crier victoire trop vite

Professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne et rédacteur en chef de la revue politique et parlementairece communicant et observateur attentif de la vie politique note que si LREM confirme qu’elle possède une base électorale solide, elle se resserre néanmoins sur une couche sociale élitiste et peu rassembleuse.

FigaroVox- Arithmétiquement, Emmanuel Macron n’a pas gagné les élections ce dimanche. Pourtant, sa stratégie semble victorieuse?

Arnaud Benedetti.- L’essentiel pour Emmanuel Macron était de ne pas perdre la face. Le faible écart entre le RN et LREM lui assure cet objectif. Il ne gagne pas certes, mais il ne perd pas vraiment. La victoire du RN apparaît en soi peu signifiante, puisqu’elle ne sidère pas les professionnels de l’exégèse politique. Or, la sidération est un facteur-clef de la nature d’un événement. Macron attache, quoi qu’il en dise, une importance aux commentateurs politiques, car il sait qu’ils participent pour une part à la construction de la perception de la situation politique. Ils sont en deuxième rideau, à tort sans doute au demeurant, des «juges de paix» de la représentation politique... après les électeurs. Le storytelling, dans ces conditions, peut perdurer. Le récit communicant suscité par cet échec - Macron avait fait symboliquement de la défaite du RN l’un des enjeux de la consultation - permet d’occulter «ce qui ne se voit pas», pour reprendre la distinction de l’économiste Frédéric Bastiat, au profit de «ce qui se voit». 
Qu’est ce qui se voit? La résistance du socle électoral des marcheurs... Ce qui ne se voit pas? Le fait que le RN ait ["a", puisque c'est une réalité arithmétique] gagné 1 million de voix par rapport à 2014, qu’il soit en tête dans 76 départements, que Macron soit [est] confronté à 8 électeurs sur 10 après deux ans de mandat opposés à sa politique, à sa majorité, à son style aussi... L’effet d’optique irradie l’impression immédiate et dissimule la sociologie politique profonde du scrutin qui est loin de jouer en faveur du pouvoir.

Au-delà de la com’, il semble qu’il y ait une base électorale solide derrière LREM. Ce que de nombreux politologues avaient pourtant nié…
Peut-être comme jamais depuis la moitié du XIXe siècle, la société du haut ne s’était aussi savamment organisée pour assurer la protection de sa vision du monde.
Macron fédère une base sociologique motivée, politisée, consciente que, pour défendre ses intérêts, il faut qu’elle fasse bloc. Marx eut fait son miel analytique de cette séquence historique. Peut-être comme jamais depuis la moitié du XIXe siècle, la société du haut ne s’était aussi savamment organisée pour assurer la protection de sa vision du monde. Il a su récupérer la droite ordo-libérale, conformiste, paternaliste qui a volé à son secours lors de cette élection au détriment de François-Xavier Bellamy. Les scores des marcheurs dans les Hauts-de-Seine, dans les Yvelines, à Versailles entre autres sont autant d’illustrations de ce transfert de voix. Il faudra le vérifier, mais on peut penser qu’entre 2017, date de son élection et aujourd’hui 2019, le fonds électoral, plutôt centre-gauche, voire de gauche sociale-démocrate, a muté, se «droitisant» très certainement. Ce qui ne manquera pas de poser à terme la question des alliances pour Emmanuel Macron: le terreau de la gauche est durablement asséché, mais la zone de chalandise qu’il entend et peut occuper à droite sera l’objet d’une sévère concurrence, même s’il n’a pas renoncé à braconner à gauche .

Au RN, il s’agit maintenant de convertir l’essai en récupérant ce qu’il reste de l’électorat républicain. Pour Marine Le Pen, le «en même temps» doit-il commencer?
Marine Le Pen, comme Emmanuel Macron au demeurant, est confrontée à l’exercice de sa mue. Elle incarne moins l’expression identitaire de la droite nationale dont elle est issue que l’affirmation d’un néo-souverainisme. C’est sa force aujourd’hui dans un contexte où les enjeux de protection et de puissance sont soumis à la faillite du modèle de Maastricht. 
Pour autant, la bataille pour récupérer la droite républicaine est désormais ouverte. Comment? Sous quel format? OPA? Alliance à venir? Les questions se posent. Mais c’est un sujet essentiel. Pourra-t-elle rassurer cet électorat en déshérence, pas hostile à la construction européenne mais charnellement opposé à Macron, tout en conservant la dynamique idéologique qui fait aujourd’hui sa capacité d’attraction? Il faut qu’elle s’invente une nouvelle force de projection électorale, susceptible d’agréger des sensibilités et non pas de les incorporer. Mitterrand à gauche et Chirac à droite avaient su faire cela. On va mesurer maintenant l’aptitude de Marine le Pen à élargir son champ d’attraction, sa capacité à se transformer, à l’instar des deux anciens Présidents de la République, en animal tactique. Max Weber dit de l’entrepreneur politique qu’il lui faut de la «vista». Marine Le Pen est entrée dans une phase de post-dédiabolisation qui suppose de sa part désormais un sens tactique exceptionnel pour devenir une rivale crédible. Cela supposera encore des aménagements doctrinaux et une patience stratégique.
On va mesurer maintenant l’aptitude de Marine le Pen à élargir son champ d’attraction.

Les écologistes sont venus perturber la recomposition d’un nouveau duopole. Est-ce seulement un effet d’aubaine?
Ils ont bénéficié de deux facteurs: la tonalité très écologique donnée par le Président de la République à la campagne de LREM et le fait que l’élection européenne constitue pour les Verts un terrain de jeu électoral traditionnellement favorable. Mais ceci n’explique pas exhaustivement leur succès. 
D’autres déterminants se sont conjugués: l’éclatement de la gauche sociale-démocrate inapte à se restructurer, l’impasse stratégique de Jean-Luc Mélenchon dont l’analyse parfois fondée et talentueuse du malaise dans la démocratie est troublée par une personnalisation perçue comme excessive, voire troublante, dans une société médiatique qui distribue inégalement en fonction de ses propres systèmes de valeurs sa tolérance aux aspérités de tempérament... [Benedetti ne "calcule" même plus le PS-croupion à la remorque de Place publique menée par le dilettante Raphaël Glucksmann. Quant à Benoît Hamon et Génération.s, peut-être sont-ils quelque part dans son cerveau reptilien]. 
Les Verts ont manifestement bénéficié du crédit qu’on porte à ce qui s’impose chez eux comme une forme de constance et de cohérence doctrinale. Et de la socialisation des jeunes - les 18/25 ans ont majoritairement voté pour eux - pour lesquels la préoccupation environnementale fait office d’une éducation aussi sentimentale que civique, un romantisme de l’urgence, une injonction politique comme le fut le républicanisme sous la IIIe République. La communication massive autour des enjeux climatiques partout et tout le temps suscite des effets d’adhésion. Pour autant, le vote écologique en France demeure fragile, fugace, liquide. Un succès électoral peut alterner avec un désastre. Les Verts français n’ont pas la structuration des «Grünen» allemands. La culture gauchisante peut à tout moment les réduire à une peau de chagrin.

Comme spécialiste de la communication, il ne vous a pas échappé non plus que Laurent Wauquiez a beaucoup attiré l’œil médiatique sur lui dans la fin de la campagne. Quelles leçons doit-il tirer de cette défaite?
Il en tirera les leçons que les circonstances lui dicteront. Il ne peut bien évidemment s’exonérer de sa propre responsabilité, même si le procès en personnalisation me paraît très excessif, tout en étant de bonne guerre dans ce genre de situations. Wauquiez a hérité d’un parti qui a été ruiné politiquement par la présidentielle de 2017. Il a adopté une stratégie de copier-coller assez light [modérée?] des thèses du RN, mais à un moment où l’accaparement n’était plus possible - comme ce fut le cas en 2007 avec Nicolas Sarkozy. L’électorat de Marine Le Pen est épidermique quant à la question de la sincérité. Il juge avoir été trompé sous Sarkozy, tant sur le sujet migratoire que sur la question européenne. On ne lui refera pas les poches deux fois, si j’ose dire... 
Un autre élément a contribué sans doute à la fragilisation de la ligne Wauquiez: sa brutalité supposée. Cette dernière est mieux acceptée lorsque le rapport de force vous est favorable. On pardonne aux puissants par crainte, on n’a aucune indulgence pour ceux dont la position est loin d’être assurée. Machiavel est intemporel!

Arnaud Benedetti a publié "Le coup de com’ permanent" (éd. du Cerf) dans lequel il détaille les stratégies de communication d’Emmanuel Macron.

mercredi 18 octobre 2017

Affaire des attachés parlementaires: la police fait son cinéma au siège du MoDem

L'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs semble se poursuivre : progresse-t-elle ? 

Une perquisition était en cours mercredi matin au siège du MoDem à Paris 

Les investigations sont menées par les policiers anti-corruption de l'Oclciff, un un service de la Direction centrale de la Police judiciaire, depuis le début de matinée, a-t-on appris de "source proche de l'enquête" sur des soupçons d'emplois fictifs d'attachés parlementaires.

L'affaire a débuté en mars sur dénonciation d'une élue du FN, Sophie Montel. 
Le Parquet de Paris a alors ouvert une enquête préliminaire visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords, dont deux du MoDem. 

En juin, l'affaire a rebondi : un ex-employé du parti centriste a fait un signalement au Parquet de Paris, déclenchant l'ouverture d'une enquête spécifique sur le MoDem, qui a employé six élus au total au Parlement européen entre 2009 et 2014. Le MoDem est soupçonné d’avoir détourné à son profit des attachés parlementaires payés par des fonds européens.

Puis, fin juillet, le Parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries".

L'enquête s'appuie notamment sur un témoignage adressé à la justice par un ancien salarié, Matthieu Lamarre. Engagé à temps plein en décembre 2010 comme "responsable web et réseaux sociaux" du parti, il avait immédiatement signé un avenant de détachement auprès de l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. 

Les accusations d'emplois fictifs avaient contraint à la démission du gouvernement Philippe I la ministre des Armées, Sylvie Goulard, le ministre d'Etat, garde des Sceaux, François Bayrou, numéro 4 du gouvernement, et la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez.

Début septembre, François Bayrou, président du MoDem depuis 2007, avait affirmé que cette affaire était "un obstacle artificiel, inventé". Il avait alors indiqué qu'il n'avait pas été "informé, convoqué ou entendu". 

Les policiers anti-corruption ont entendu plusieurs suspects, dont l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, Matthieu Lamarre, Isabelle Sicart, la cheffe de cabinet de François Bayrou, au MoDem, et Karine Aouadj, son ex-secrétaire particulière, à Paris, deux assistantes parlementaires, ainsi que l'ex-députée européenne Corinne Lepage.

Au Parlement européen, chaque eurodéputé est souvent épaulé par trois, voire quatre assistants dits 'accrédités', c’est-à-dire qui dépendent directement de l’administration de l’institution. Quant aux assistants locaux, ils travaillent pour l’élu dans leur État membre d’origine.

"Aucun rapport entre le cas du MoDem et celui du FN," juge le MoDem

L’affaire des emplois fictifs présumés du Front national (FN) avait déjà surgi à l'occasion de la campagne présidentielle. Yannick Laude, porte-parole de la délégation française du groupe ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux européens, auquel appartiennent les élus MoDem) fait une distinction. "Il n’y a aucun rapport entre le cas du MoDem et celui du FN", estime-t-elle. "L’enquête doit ici déterminer si le temps partiel au service de l’Union européenne a été effectué, alors qu’on sait bien qu’il y a une zone grise entre travail parlementaire et travail politique."

Michèle Rivasi (EELV) abonde dans le sens du MoDem : elle est l'une des eurodéputées du groupe des Verts qui fait partie des élus pointés du doigt par le Front national qui a saisi l’Office européen anti-fraude (OLAF) pour emploi fictif ou irrégulier d’assistants au Parlement européen. "L’ambiance est à la vengeance politique, selon la verte. En accusant d’autres députés de faire comme lui, le FN cherche simplement à créer un écran de fumée." C'est ce que l'enquête établira (peut-être).

lundi 19 octobre 2015

OPA des migrants d'EELV sur le parti de Bennahmias

Après la rupture avec EELV, de Rugy et Placé lancent l'Union des démocrates et écologistes

Nouveau-né vert placé sous tutelle du PS
L'Union des démocrates et écologistes (UDE) a tenu son congrès fondateur en présence du... premier secrétaire lu Parti socialiste !
Jean-Christophe Cambadélis s'était installé au centre de la photo et Bennahmias sur la marge. Le mouvement proclame son soutien à la politique du gouvernement.

Le divorce des opposants EELV à une alliance avec les écologistes radicaux est officiellement consommé. 

Face à Europe-Ecologie-Les Verts qui, départ après départ, endure le supplice chinois de la goutte d'eau, l'Union des démocrates et écologistes (UDE), ouvertement de "centre-gauche", vient de voir le jour ce samedi. Le mouvement, qui résulte du rassemblement avec le Front démocrate de Jean-Luc Bennahmias et les Ecologistes! de François de Rugy, sera présidé par Jean-Vincent Placé, ci-dessus à la droite de Cambadélis.

En réaction à la "dérive gauchiste" d'EELV, les trois écologistes "frondeurs' ont martelé leur soutien au gouvernement socialiste, dans un discours prononcé sous le contrôle du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. "Oui, nous soutenons le gouvernement, oui, nous soutenons (le président) François Hollande. Nous sommes des gens responsables, pragmatiques", a déclaré Jean-Luc Bennahmias devant les 300 personnes rassemblées dans une salle de la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris.

Frondeurs et récidivistes:  "l'écologie a vocation à entrer au gouvernement"

"Des journalistes me disent parfois: "Vous faites ça parce que vous voulez gouverner" (...) Nous assumons pleinement: si nous créons un rassemblement, c'est parce que nous considérons que l'écologie a vocation à entrer au gouvernement", a également admis François de Rugy. Pour y parvenir, la formation explique vouloir dépasser "les clivages de postures, des oppositions factices, des schémas d'hier", et rassembler "dans une maison commune, des progressistes, des écologistes réformateurs et des sociaux-démocrates".


Frondeurs, récidivistes et racoleurs.
Et ce, quitte à intégrer "Chantal Jouanno ou Jean-Louis Borloo", qui seront "bienvenus" s'ils "veulent frapper à la porte", selon Jean-Vincent Placé. En octobre 2012, l'ancienne ministre UMP Chantal Jouanno a rejoint l'UDI de l'ancien ministre Jean-Louis Borloo dont elle avait été la secrétaire d'Etat à l'Ecologie (2009-2010).

Une volonté de débauchage saluée par Jean-Christophe Cambadélis. 

"Vous êtes l'avant-garde du chemin de l'union", a espéré le premier secrétaire du PS samedi. "Bravo pour avoir décidé dès le départ de vous situer du côté de la gauche du réel, la gauche de la transformation écologique et sociale de notre société," a martelé le premier socialiste.

Pour tenter d'affirmer l'indépendance de l'UDE vis-à-vis de l'exécutif, Jean-Luc Bennahmias a toutefois faiblement rappelé à François Hollande sa promesse de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim avant la fin du quinquennat. 

Avant cette officialisation, l'UDE comptait déjà 2.800 adhérents. Parmi eux, les députés Véronique Massoneau, Christophe Cavard, François-Michel Lambert, la sénatrice Aline Archimbaud et une quinzaine d'élus locaux, tous aussi peu visibles dans le paysage politique.

jeudi 24 septembre 2015

Régionales 2015: Christophe Porquier prend aussi la porte d'EELV

Réactions de rejet du PS en vue des Régionales 2015

L'un des pionniers de l'écologie politique en Picardie 
a décidé de quitter son parti

Christophe Porquier devait mener la liste écologiste dans la Somme mais il n'avait pas rassemblé la gauche avec une alliance de l'extrême gauche, face à la montée du Front National. 

Nicolas Dumont, maire socialiste d'Abbeville réagit sans surprise

Vice-président du Conseil régional de Picardie, il soutient Christophe Porquier en appelant "au rassemblement dès le premier tour"...
VOIR et ENTENDRE son appel à la raison:


Conseillère régionale EELV et déléguée à la coopération, Michèle Cahu quitte aussi EELV pour continuer à donner du sens à son engagement politique...
"Plus que jamais écologiste, adhérente depuis 8 ans, je ne suis plus en accord avec l'orientation stratégique et politique d'EELV Picardie, sur la forme, alliance PG annoncée avant le vote de l'AG et sur le fond. Je ne peux m'associer à la décision d'EELV de partir divisés au premier tour, avec une alliance exclusive PG et d'arriver "émiettés" au deuxième avec tout ce que cela comporte d'imprévisible et de risque si nous n'avons pas su créer une dynamique de rassemblement à gauche dès le début."
Tête de liste des écologistes pour la grande région Nord-Pas-de-Calais, Sandrine Rousseau,  dénonce de son côté,"une manoeuvre de sabotage complet"

Michel Guiniot, président du groupe FN au Conseil régional de Picardie, annonce dans un communiqué de presse que Christophe Porquier "tente tout simplement de sauver son poste d’élu puisqu’au regard des très mauvais sondages, les Verts devraient tomber dans les oubliettes de la vie politique !


La crise à Europe Ecologie Les Verts dure depuis le 12 septembre 2015. Réactions politiques après la démission de Christophe Porquier

Réunis à Lille le samedi 12 septembre, les militants EELV des deux régions étaient appelés à se prononcer sur la stratégie des écologistes aux prochaines élections régionales en décembre prochain. 
A une écrasante majorité de 74,4%, les militants écologistes des régions Nord Pas-de-Calais et Picardie ont décidé de rejeter toute alliance avec le Parti Socialiste, une motion portée par Sandrine Rousseau.

La député de la Somme, Barbara Pompili, annonce rester à EELV - alors que son mari a claqué la porte - mais qu'elle "ne soutiendra pas le chef de file régionale Sandrine Rousseau" qui lui crée des difficultés pour une éventuelle entrée au prochain gouvernement Valls.

Cette position qui ne fait pas que des heureux du côté picard... 
Christophe Porquier, alors tête de liste de la Somme, n'avait pas souhaité se joindre à la photo de famille des candidats, ne sachant pas s'il resterait dans la campagne...

dimanche 30 août 2015

EELV: la permanence de François de Rugy vandalisée à Nantes

Sanction immédiate des radicaux Verts à la désertion de François de Rugy (EELV)

La vitrine de la permanence nantaise du député a été brisée, à coup de masse, dans la nuit de samedi à dimanche.
Le coup de masse a été porté au niveau du visage de l'élu... Ce dimanche matin, l'équipe de François de Rugy a constaté que la vitrine de son local a volé en éclats. "La semaine dernière, c'était un tag "collabo fais gaffe à ta peau", maintenant vitrine saccagée...", se désole l'élu sur son compte Twitter.

Selon la police et l'équipe du député, personne n'aurait pénétré dans la permanence, située rue Paul Bellamy à Nantes, et rien n'aurait été volé. 

Cette agression intervient quelques jours après la démission de François de Rugy du parti Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV).

Sur les réseaux sociaux, plusieurs bons camarades du Parti socialiste (PS) ou d'EELV ont manifesté leur indignation et leur soutien à François de Rugy.

Les regards se tournent vers les Zadistes, les écologistes radicaux 
qui occupent la zone de non-droit du futur aéroport voulu par l'ex-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault.

vendredi 21 août 2015

J.-V. Placé, le Verts dans une colère rouge, prêt à prendre la porte d'EELV

Les écologistes se laisseront-ils prendre dans la spirale de l'échec socialiste au pouvoir ? 

Les alliances avec l'extrême gauche aux Régionales en indisposent plus d'un 
à Europe Ecologie-les Verts 
J.-V. Placé implore Hollande de le prendre
Jean-Vincent Placé l'avoue désormais haut et fort, il est "un fidèle soutien" de François Hollande, et le rapprochement d'EELV avec le Front de gauche l'irrite au plus haut point. "Tout ça va devenir ridicule et chacun va devoir choisir son camp. Moi j’ai choisi le mien, je suis un fidèle soutien du président de la République". Après la tribune - signée de 8 frondeurs - contre le rapprochement d'EELV avec le Front de gauche en vue des élections régionales, Jean-Vincent Placé enfonce le clou.

Le sénateur écolo  menace dans Le Monde de quitter EELV. 
D'après l'organe officieux du PS, il entend "pousser un coup de gueule" contre les alliances au premier tour des régionales ce vendredi aux journées d'été de son parti qui se tiennent à Villeneuve-d'Asq, dans le Nord.

Une stratégie "irresponsable"

Deux de ces alliances sont en train de se nouer avec le Front de gauche en Provence-Alpes-Côte-d'Azur et dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, des régions socialistes qui font le lit du Front national. Jean-Vincent Placé y voit une stratégie "irresponsable" qui "ouvre un boulevard au FN", assurant que si cette stratégie va à son terme il en tirera "toutes les conséquences" !
"La scission qui pouvait se produire après les régionales va arriver de façon certaine après le 12 septembre si le parti persévère", ce jour-là, les militants du Nord-Pas-de-Calais doivent se prononcer.
Les journées d'été des écologistes ont débuté jeudi sur fond de discorde concernant l'opportunité d'alliances avec le PS à moins de quatre mois des régionales. Jean-Vincent Placé, lui, a annoncé qu'il se rendrait aux journées d'été du Front démocrate écologiste et social du sécessionniste Jean-Luc Bennahmias, (vice-président en congé du MoDem), le 27 août, où il souhaite lancer un "appel à l'alliance populaire" avec les socialistes.

mardi 19 mai 2015

Bartolone en IDF: régionales ou "référendum pour ou contre" Hollande ?

Chantal Jouanno (UDI) dénonce un référendum à la régionale de l'IDF 

Le choix de Claude Bartolone pour conduire le PS transforme ce scrutin en "référendum pour ou contre François Hollande,"
 

estime la chef de file UDI aux régionales en Ile-de-France.

"Je ferai tout pour qu'il y ait alternance", déclare Chantal Jouanno, sénatrice de Paris. "On voit bien que cette candidature signifie la reprise en main, par la rue de Solférino, de la campagne régionale pour des raisons nationales, en clair de "vraies fausses" alliances entre le PS et les Verts", dit-elle au quotidien Le Figaro, à propos de l'arrivée en piste du président de l'Assemblée nationale, toujours en poste, bien que déclaré.

"Si on a écarté Jean-Paul Huchon qui, lui, incarne vraiment la région, c'est uniquement pour tenter de réaliser l'union entre le PS et les autres forces de gauche. Autant le président PS sortant de la région incarne une ligne plutôt social-démocrate, autant Claude Bartolone incarne une ligne de gauche plus dure", analyse l'ex-ministre.

Une régionale "pour ou contre l'alliance PS-Verts"

"Claude Bartolone a été choisi par lui [Hollande]
,
souligne Chantal Jouanno.
Cette candidature dans la région capitale va se transformer en référendum pour ou contre François Hollande.

"Cette nouvelle donne va modifier ma stratégie", assure la candidate UDI.
L'ancienne ministre ne juge pas pour autant nécessaire une alliance de premier tour avec Valérie Pécresse (UMP), dans un duel homme du PS et des Verts vs femme de la droite ou du centre.

Sur France 2, elle a évoqué un sondage (lien): après 17 ans de présidence socialiste de l'Ile-de-France, moins d'un Français sur cinq se dit attiré par l'Île-de-France et "80 % des Franciliens" veulent "quitter cette région", du fait du coût de la vie (immobilier, dépenses quotidiennes...) trop élevé et les temps de transports trop longs.
Source: Michael Page; Page Personnel avec Datawrapper

lundi 6 avril 2015

EELV est "en mort clinique." selon Placé: un écologiste à qui le rose irait si bien

Placé dénonce la "mauvaise image" d'EELV: ni rouge, ni Verts, est-il socialiste?

Il a d'autres ambitions que le bénévole Nicolas Hulot

"Ce que je déplore, c'est l'extrême division dans le camp écologiste, a déclaré Jean-Vincent Placé, serre-file des écologistes au Sénat. Dimanche sur BFMTV, il ne s'est pas davantage senti responsable de la "mauvaise image de la politique" que donnent les Verts

Le beau parleur omniprésent sur les plateaux des media omet juste d'admettre que cette vilaine image, confirmée dans un sondage (lien PaSiDupes), tient autant aux ambitions personnelles de ses animateurs qu'au totalitarisme de ses ayatollahs verts.
 
Le sénateur de l'Essonne organiserait même, dit-on, les obsèques, ajoutant qu'il est en état de "mort clinique". Pour lui, "le parti écologique, tel qu'il est aujourd'hui, est en fin de vie; il est en mort clinique", malgré "une idée magnifique" et "des gens qui soutiennent intéressants". Mais "avec un système de fonctionnement obsolète, ça ne peut pas marcher".

Placé cherche à se placer
 
Placé pose pour Marie Claire
à l'occasion de la journée de la femme
Jean-Vincent s'est redit disposé à entrer au gouvernement. "Ce que nous pourrions apporter, c'est d'avoir une constance et une persévérance sur les sujets de transition énergétique," pense-t-il, sans grande conviction dans la forme. 
"Nous serions plus vigilants et plus directifs" si les écologistes siégeaient au Conseil des ministres [s'il suffisait de siéger!] , a-t-il encore estimé dans cet entretien en forme de lettre de motivation à un emploi dans l'équipe de Manuel Valls. "Pour marquer des buts, il vaut mieux être sur le terrain". Mais rester sur son banc de touche plutôt que marquer contre son camp?

Photo détournée de J.-V. Placé
Placé a donné l'exemple de la circulation alternée décidée il y a deux semaines à Paris, après plusieurs jours de bras de fer entre Ségolène Royal, côté gouvernement, et Anne Hidalgo, côté mairie de Paris. "S'il y avait eu des écologistes au gouvernement, on aurait fait la circulation alternée trois jours plus tôt", a-t-il affirmé. Mme Royal, qui occupe le siège de ministre de l’Écologie, n'est donc pas jugée crédible.

La vente continue tout au long de la lettre de motivation.
Il y a un espèce d'état d'esprit où il faudrait caricaturer ceux qui affichent une ambition, qui est saine et franche", a-t-il aussi regretté, dans une tournure de phrase typique de François Hollande qui les commence volontiers par un "il y a" qui appelle une relative. "Je ne dis pas que je suis prêt et que j'ai envie; je veux être utile", a insisté le sénateur. S'il faut coucher pour arriver, il a toutes les dispositions.

La trajectoire de l'écologiste Nicolas Hulot ne l'agrée guère. 
L'ex-magistrate radicale Eva Joly avait été préférée au journaliste-reporter et animateur-producteur de télévision, lorsqu'il fut candidat à la primaire présidentielle écologiste de 2011 en vue de l'élection présidentielle 2012. Placé, en revanche, est un "vert qui mange sa viande bleue", un ambitieux qui se voyait ministre de l’Intérieur ou du Budget avant le dernier remaniement de 2014. En toute modestie, il avait même déclaré : "Je suis un des hommes les plus influents de la république" (Le Canard Enchaîné du 6 novembre 2013). Pour ce journal satirique, le président du groupe écolo au Sénat a toujours pensé que la vie n’est qu’un grand deal, en politique comme ailleurs: tout ce dont les Français ont assez. "Tu me cases ce gars dans ta mairie, ça m’arrange bien, et moi je trouve un petit job tranquille à la nièce de ton pote au Conseil régional; tu votes mon amendement je vote le tien, pas de raison de se faire des entourloupes, pas vrai ?" écrit le Canard […] "Du pouvoir il aime aussi les signes: grandes tables, par-dessus en cachemire, chaussure anglaise, séjours dans les plus beaux riads de Marrakech."

En 2014, avec la volonté de servir authentiquement, Nicolas Hulot a reçu de Hollande la mission d'"envoyé spécial pour la protection de la planète". A quelques mois de la 21e conférence climat (COP21) que Paris hébergera en décembre 2015, Placé piaffe d'impatience d'un remaniement ministériel et multiplie les apparitions et les déclarations. "Les écologistes cette année doivent être plus utiles encore", a insisté  le candidat non pas au bénévolat, mais aux avantages liés à la fonction ministérielle.
"On ne sait pas trop bien pourquoi on est sorti du gouvernement" il y a un an, a aussi regretté le nostalgique Placé, pointant un manque d'explication d'EELV sur le refus de participer à l'équipe de Manuel Valls. Et toc pour la délicieuse Cécile...

vendredi 12 septembre 2014

Duflot accuse Valls de "hold-up" sur la majorité

Europe Ecologie-Les Verts se révèle clairement extrémiste à la fête de l'Humanité

Le Premier ministre aurait"dépouillé" la majorité de 2012
Mélenchon (Parti de gauche),
Cécile Duflot (EELV),
Martine Aubry (PS)
et Pierre Laurent (PCF)
Ancienne ministre écologiste de Hollande, l'ex-patronne des Verts radicaux continue de critiquer Valls, sa ligne et son équipe. Invitée à la fête de l'Humanité vendredi 12 septembre, Cécile Duflot a dénoncé un "hold-up d'une ligne politique", celle de Manuel Valls, "sur la majorité qui a gagné en 2012".
"Manuel Valls a décidé de mener la politique qui était celle qu'il a défendue pendant la primaire, qui a remporté dans mon souvenir 5% des suffrages", a-t-elle lancé à la presse en marge d'un débat sur le logement à la fête de l'Humanité. Elle juge "inouï" en effet l'abandon par Manuel Valls de l'encadrement des loyers, une promesse de campagne de François Hollande qui ne sera finalement appliquée qu'à Paris, "à titre expérimental".
"On a forcément un problème, il y a une sorte de hold-up d'une ligne politique sur une majorité qui a toujours envie de travailler. Ce que je veux réaffirmer ici c'est que la majorité qui a gagné en 2012, la majorité de la gauche et des écologistes elle n'a pas disparu", a-t-elle affirmé.

"Le gouvernement s'est éloigné de sa propre politique"

"Elle existe toujours.  Simplement elle a été dépouillée de ce qui faisait le cœur de son engagement et je souhaite qu'on retrouve les voies du rassemblement", a insisté l'électron-libre de la gauche. 
Et la députée EELV de Paris - par la volonté du peuple de Martine Aubry - de menacer. "Le gouvernement s'est éloigné de sa propre politique. Nous sommes en 2014, les choses ne sont pas terminées et
je souhaite ardemment travailler à ce que la politique du gouvernement soit réorientée, soit conforme à nos engagements".

Une amertume mêlée de fiel
"J'ai travaillé dix ans dans l'opposition pour faire gagner la gauche et les écologistes et je n'admets pas qu'on se résigne à la situation actuelle qui parait aussi facteur de danger politique pour notre pays", a-t-elle prévenu. "Il faut un sursaut démocratique et je n'attends pas la défaite de 2017. Je ne suis pas Cassandre. Je veux travailler à retisser les fils de la majorité pour qu'on mène une politique de gauche écologiste", a encore mis en garde une Cécile Duflot égocentrique.

dimanche 6 juillet 2014

Grenoble: la pastèque bio, Eric Piolle, un maire EELV pas très clean

Le maire EELV de Grenoble, un anti-libéral ouvert sur les paradis fiscaux

E. Piolle est le fondateur-actionnaire d'une société spécialisée en gestion des risques financiers aux clients basés dans des paradis fiscaux...


Il avait fait campagne en promettant d'exclure les banques en lien avec les paradis fiscaux, mais il est lui-même actionnaire d'une société ayant des clients basés, notamment, aux îles Caïman, selon les informations d'Europe 1.

maire Europe Ecologie-Les Verts de Grenoble, qui a notamment fait alliance avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon pour remporter la ville en mars dernier (lien), Eric Piolle possède des parts dans Raise Partner, une société qui ne correspond pas forcément aux idéaux que l’on imagine être ceux d'un écologiste à la gauche de la gauche.

Ce n'est pas Bercy qui a mené l'enquête 

L'UMP locale a découvert  l'existence de cette sociétéau tribunal de commerce de Grenoble .Co-fondée par Eric Piolle, elle est spécialisée dans la gestion de risques financiers à destination des professionnels du secteur. En gros: pour toute entreprise financière ayant placé de l'argent en bourse, Raise Partner a des logiciels permettant de limiter la casse et d'investir là où les profits seront les plus juteux.

L'UMP-Grenoble précise que Raise Partner possède une filiale à Londres ainsi qu'à Singapour  et assure que, selon elle, elle vend ses "logiciels miracles" à des clients basés à Guernesey et aux Iles Caïman, paradis fiscaux par excellence.

Dans son programme de candidat à la mairie de Grenoble, ce Cahuzac se voulait pourtant très vigilant face aux paradis fiscaux. 
Il assurait même qu'il exclurait de Grenoble les banques en lien avec ces pays (engagement 64 ici) :
"La Ville exclura les établissements bancaires concernés par des activités directes ou indirectes dans les paradis fiscaux de ses contrats de prêts. Comme l’ont initié de nombreuses régions françaises, la Ville demandera un rapport annuel sur leurs activités aux établissements bancaires avec qui elle contracte des prêts."
Ce dimanche 6 juillet, Eric Piolle assure qu'il n'y a rien de contradictoire là-dedans. S'il confirme avoir co-fondé la société, il tempère également en assurant ne disposer que de 900 actions sur un total de 100.000, conformément à sa déclaration de patrimoine.
"J'ai été assez actif de 2001 à 2003, mais j'ai levé le pied depuis."
Le maire de Grenoble présente d’ailleurs Raise Partners comme une entreprise servant plutôt la régulation financière que la maximisation des profits :
"C'est une société qui sert à identifier les risques. Elle travaille effectivement pour aider les professionnels du secteur à mesurer les risques, qui est une problématique réelle de la finance. Raise Partners travaille aussi avec les régulateurs européens sur la nouvelle directive européenne Mifid."
Piolle et Mélenchon
Eric Piolle nie qu'il était pas du tout au courant que la société dont il est toujours actionnaire avait certains clients basés aux Caïmans ou à Guernesay.
Mais cela ne le choque pas outre mesure :
"Je ne regarde pas leurs clients. J'ai une chemise, je pense que toute la chaîne de production n'est pas située en France..."
 Pas très regardant, il relativise l’importance de l’information :
"Moi en tant que maire de Grenoble j'ai aussi des prestataires que je fais travailler, comme des entreprises du BTP ou des banques qui ont des filiales dans les paradis fiscaux... C'est un combat contre les paradis fiscaux qu'on mène, que j'ai porté personnellement fortement."