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mercredi 18 octobre 2017

Affaire des attachés parlementaires: la police fait son cinéma au siège du MoDem

L'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs semble se poursuivre : progresse-t-elle ? 

Une perquisition était en cours mercredi matin au siège du MoDem à Paris 

Les investigations sont menées par les policiers anti-corruption de l'Oclciff, un un service de la Direction centrale de la Police judiciaire, depuis le début de matinée, a-t-on appris de "source proche de l'enquête" sur des soupçons d'emplois fictifs d'attachés parlementaires.

L'affaire a débuté en mars sur dénonciation d'une élue du FN, Sophie Montel. 
Le Parquet de Paris a alors ouvert une enquête préliminaire visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords, dont deux du MoDem. 

En juin, l'affaire a rebondi : un ex-employé du parti centriste a fait un signalement au Parquet de Paris, déclenchant l'ouverture d'une enquête spécifique sur le MoDem, qui a employé six élus au total au Parlement européen entre 2009 et 2014. Le MoDem est soupçonné d’avoir détourné à son profit des attachés parlementaires payés par des fonds européens.

Puis, fin juillet, le Parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries".

L'enquête s'appuie notamment sur un témoignage adressé à la justice par un ancien salarié, Matthieu Lamarre. Engagé à temps plein en décembre 2010 comme "responsable web et réseaux sociaux" du parti, il avait immédiatement signé un avenant de détachement auprès de l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. 

Les accusations d'emplois fictifs avaient contraint à la démission du gouvernement Philippe I la ministre des Armées, Sylvie Goulard, le ministre d'Etat, garde des Sceaux, François Bayrou, numéro 4 du gouvernement, et la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez.

Début septembre, François Bayrou, président du MoDem depuis 2007, avait affirmé que cette affaire était "un obstacle artificiel, inventé". Il avait alors indiqué qu'il n'avait pas été "informé, convoqué ou entendu". 

Les policiers anti-corruption ont entendu plusieurs suspects, dont l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, Matthieu Lamarre, Isabelle Sicart, la cheffe de cabinet de François Bayrou, au MoDem, et Karine Aouadj, son ex-secrétaire particulière, à Paris, deux assistantes parlementaires, ainsi que l'ex-députée européenne Corinne Lepage.

Au Parlement européen, chaque eurodéputé est souvent épaulé par trois, voire quatre assistants dits 'accrédités', c’est-à-dire qui dépendent directement de l’administration de l’institution. Quant aux assistants locaux, ils travaillent pour l’élu dans leur État membre d’origine.

"Aucun rapport entre le cas du MoDem et celui du FN," juge le MoDem

L’affaire des emplois fictifs présumés du Front national (FN) avait déjà surgi à l'occasion de la campagne présidentielle. Yannick Laude, porte-parole de la délégation française du groupe ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux européens, auquel appartiennent les élus MoDem) fait une distinction. "Il n’y a aucun rapport entre le cas du MoDem et celui du FN", estime-t-elle. "L’enquête doit ici déterminer si le temps partiel au service de l’Union européenne a été effectué, alors qu’on sait bien qu’il y a une zone grise entre travail parlementaire et travail politique."

Michèle Rivasi (EELV) abonde dans le sens du MoDem : elle est l'une des eurodéputées du groupe des Verts qui fait partie des élus pointés du doigt par le Front national qui a saisi l’Office européen anti-fraude (OLAF) pour emploi fictif ou irrégulier d’assistants au Parlement européen. "L’ambiance est à la vengeance politique, selon la verte. En accusant d’autres députés de faire comme lui, le FN cherche simplement à créer un écran de fumée." C'est ce que l'enquête établira (peut-être).

jeudi 20 juillet 2017

Mélenchon mis en cause dans une affaire d'emplois fictifs au Parlement européen

Le chef de file de La France Insoumise, exploiteur du système ?

L'eurodéputée FN Sophie Montel a effectué un nouveau signalement auprès du procureur de Paris 

François Molins ne peut plus ignorer les emplois fictifs présumés de Jean-Luc Mélenchon au Parlement européen.
Révélées par le journal Le Parisien, les mises en cause de l'eurodéputée visent Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat à la présidence de la République et actuellement président du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, ainsi que quatre de ses anciens assistants parlementaires. 
En cause dans cette affaire, l'emploi d'assistants parlementaires, rémunérés par le Parlement européen, mais qui travailleraient en réalité pour leur parti et non pour leur député.

Un premier signalement
 effectué le 14 mars par l'élue frontiste portait sur une vingtaine de députés européens de plusieurs partis, EELV, LR et PS.
Le dernier, mettant en cause le leader de gauche, un ancien élu européen de la circonscription du sud-ouest (2009-2017), est daté du 27 juin, mais n'est publié que trois semaines plus tard.

L'ancien patron du Front de gauche (PCF et Parti de gauche) rejoint ainsi la liste des 19 députés concernés par des 'abus de confiance', qui appartenaient jusqu'ici au Modem, aux Républicains, à EELV et au Parti socialiste.

L'office anti-corruption de la police judiciaire a été saisi. 
Ce signalement de LFI à l'OCLCIFF (25 fonctionnaires en tout et pour tout) a en effet été joint à l'enquête ouverte pour "abus de confiance" le 22 mars par le Parquet de Paris, affirme le Parisien, le mardi 18 juillet, une information que confirme Franceinfo. Cette information avait en fait été déjà révélée à mi-mot par le magazine Causeur début juillet.



Sophie Montel explique sa démarche
 
"Nous poursuivons notre logique de rupture avec le 'deux poids, deux mesures' dont était victime le FN avec cette affaire de soupçons d'emplois fictifs sur les attachés parlementaires des députés européens du parti". 
"Jean-Luc Mélenchon se présente comme un chevalier blanc, toujours prompt à donner des leçons aux autres. Aujourd'hui il est président d'un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale, et un adversaire politique. Pourquoi la justice ne se pencherait-elle pas sur ses anciennes pratiques au Parlement européen, comme elle le fait pour nous ?", interroge l'eurodéputée.

Mélenchon, récidiviste mis en cause sur deux mandats européens

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Jean-Luc Mélenchon a été député européen pendant huit années, de 2009 à 2017. Avec quatre de ses assistants locaux, il est pointé par Sophie Montel. 
Pour mémoire, les assistants parlementaire dits "locaux" sont chargés de soutenir leur parlementaire dans leur circonscription d'origine. Les attachés basés auprès des instances européennes  sont dits "accrédités". 

"L'eurodéputée frontiste vise les activités d'assistant parlementaire de François Delapierre, l'ex bras droit Jean-Luc Mélenchon. Ce proche du fondateur du Parti de gauche, décédé en juin 2015, a été parallèlement à ses activités d'assistant, secrétaire national du Parti de gauche et conseiller régional d'Île-de-France", détaille Le Parisien à propos de ce cumulard. 

Les trois autres assistants de Jean-Luc Mélenchon mis en cause ont quant à eux travaillé pour le parlement européen durant la deuxième mandature. "Aigline de Vincens de Causans (1ère photo, ci-dessus à droite) Laurent Maffeis (2e photo à droite, en charge de la documentation du patron) et Antoine Leaument (3e, ci-contre à droite, en charge des réseaux sociaux et de YouTube), qui tous occupaient parallèlement des responsabilités au sein du Parti de gauche", poursuit le quotidien. 
Les trois individus sont par ailleurs gérants de l'entreprise Gfa (Groupement foncier agricole) du Gres Vaillant créée en 2002 à  Saint-Polycarpe, près de Limoux dans l'Aude. Ils sont producteurs récoltants de vins et administrateurs d'immeubles et autres biens immobiliers agricoles .
Mélenchon est lui aussi au centre d'une enquête 

Mélenchon ou Le Pen, quelle différence ?
Comme le FN, l'ex-Parti de gauche est soupçonné d'avoir fait prendre en charge par le Parlement européen des employés qui auraient travaillé uniquement pour le parti. Pour sa part, Marine Le Pen a déjà été mise en examen le 30 juin dernier pour "abus de confiance", après les mises en examen d'une autre eurodéputée et de deux assistants parlementaires. 
Outre l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs du FN et celle ouverte après les signalements de Sophie Montel, une enquête sur les assistants parlementaires du Modem est également en cours depuis le 9 juin.
L’enquête préliminaire sur les assistants parlementaires du Modem ouverte pour "abus de confiance et recel de ce délit". Cette enquête, qui devrait faire l’objet d’une ouverture d’information judiciaire avant la fin de la semaine, a poussé l’ancien garde des Sceaux et de la moralisation de la vie politique François Bayrou à démissionner, après un mois et deux jours.

Les enquêteurs vont devoir déterminer si 
la fonction d'assistant local est avérée.
En effet, le cumul de l'indemnité d'assistant local et le salaire d'employé d'un parti n'est pas interdit, mais la réalité de l'emploi doit pouvoir être démontrée.

Jean-Luc Mélenchon nie. 
"Jamais aucun de mes assistants parlementaires n'a eu de responsabilité politique au sein du Parti de gauche ou de La France Insoumise", a-t-il déclaré au cours d'un point presse à l'Assemblée nationale.
La France insoumise accuse le FN
"Moi je suis élu; je n'ai jamais été au parlement européen comme fonctionnaire. Lorsque j'étais au parlement européen, jamais aucun de mes assistants parlementaires n'a eu de responsabilité politique au sein du Parti de gauche ou de La France Insoumise", affirme Mélenchon.
L'un de ses proches, le nouveau député de Montreuil (Seine-Saint-Denis) Alexis Corbière a joué le rôle d' l'accusateur : "
On connaît les habitudes de dénonciation du Front national et les corbeaux. On est tranquilles. Si Marine Le Pen nous prend pour cible, je la laisse avec sa conscience. Moi j'ai la mienne !"
Après Bayrou, le député Mélenchon sera-t-il contraint de démissionner, non pas du gouvernement, mais de son siège à l'Assemblée nationale ?