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dimanche 8 septembre 2019

Dans une tribune, Mélenchon dénonce les "procès politiques"

"Le temps des procès politiques doit cesser", réclament Mélenchon, Lula et 200 personnalités 

Le chef de le file de La France insoumise et l'ancien président brésilien signent une tribune pour dénoncer leurs procès 

"Non la justice ne doit pas servir d'arme de persécution politique," affirment le président brésilien, actuellement emprisonné pour corruption, et le meneur de La France Insoumise (LFI), sous le coup d'un procès en correctionnelle qui doit se tenir à Bobigny en septembre 2019 pour "actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation", dans l'affaire de la perquisition menée par l'OCLCIFF (Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, un service de la Direction centrale de la Police judiciaire du ministère de l'Intérieur) à son domicile parisien, en octobre 2018, dans le cadre des enquêtes préliminaires sur ses comptes de campagne de 2017 et sur les emplois présumés fictifs au Parlement européen. 

"
Pourtant, c'est devenu le cas aujourd'hui presque partout dans le monde", a estimé, ce 8 septembre dans Le JDD, l'ancien candidat à la présidentielle qui a terminé à la quatrième position, avec 19,58 % des voix, soit 7.060 885 votes d'électeurs, derrière Macron, Marine Le Pen et François Fillon.

C'est ainsi que commence la tribune signée par Mélenchon, l'ex-président brésilien corrompu Lula, le gauchiste argentin Adolfo Perez Esquivel, un altermondialiste Prix Nobel de la Paix, et quelque 200 autres personnalités de même tendance partisane, ce 8 septembre dans les colonnes du Journal du dimanche. 


La France est-elle devenue une "république bananière" comme le suggère Mélenchon, au Brésil, en Equateur ou en Uruguay ?

Résultat de recherche d'images pour "proces politique"
"Nous invitons à la vigilance pour défendre les victimes de ce type d'opération, quelle que soit leur appartenance politique. Nous appelons à la coopération mondiale des résistances juridiques", écrivent les signataires, parmi lesquels figurent également l'Espagnol Pablo Iglesias, secrétaire général de Podemos, l'ancien président équatorien Rafael Correa, 2007-2017, appelé à comparaître plusieurs fois devant la justice depuis son départ du pouvoir (corruption présumée portant sur des contrats commerciaux jugés potentiellement favorables aux intérêts thaïlandais, tentative d'enlèvement par la police d'un député du parti d'opposition Parti de la société patriotique, en 2012, ou pour avoir utilisé de l'argent public pour encourager des militants indigènes à organiser une campagne contre le groupe pétrolier Chevron), et encore l'ex-président uruguayen José Mujica. "Le temps des procès politiques doit cesser", estiment-ils.

"Un seuil est en train d'être franchi" avec "la tactique du 'lawfare'"
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c'est-à-dire "l'instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques", considèrent-ils, en citant les cas de Lula, de l'avocat égyptien Massoum Marzouk, de l'opposant camerounais Maurice Kamto et également de Jean-Luc Mélenchon en France.

Le bretteur français vient d'effectuer une longue tournée qui l'a mené du Mexique à l'Amérique du Sud (Uruguay, Argentine, Brésil), lors de laquelle il a rencontré des responsables politiques de gauche, dont Lula, emprisonné pour corruption. 
Ces pays sont au nombre de ceux - marxistes - où sévit encore la théologie de la réconciliation.
Les conflits mondiaux récents demandent une attention particulière à l’altérité religieuse et ethnique, et de penser la vocation chrétienne en termes de récon­ciliation. A partir de l’amour inconditionnel divin manifesté sur la Croix, et de la relation trinitaire des trois Personnes divines, il est question de justice, de repentance, attention aux 'victimes' (singulièrement les migrants, actuellement, de pardon libérateur, de guérison de mémoire, et de réconciliation -,  pour l'impact social important que ces objectifs peuvent avoir sur les esprits affaiblis.
Il avait alors fait un parallèle entre le cas de l'ancien chef d'Etat brésilien et ses propres déboires judiciaires. Le député parachuté sur les Bouches-du-Rhône doit être jugé les 19 et 20 septembre en correctionnelle, avec cinq de ses proches, après une perquisition mouvementée au siège de son parti en octobre 2018.

 "Nous sommes déterminés à ne plus nous laisser faire, chacun dans notre pays, à nous unir, à mettre en relation nos groupes d'avocats (...) pour nous entraider (...) dans les procès politiques que nous subissons", a assuré l'ancien candidat à la présidentielle.

mercredi 21 mars 2018

Sarkozy mis en examen sur des soupçons de financement illicite de campagne présidentielle

Une décision après cinq ans d'enquête sur un financement libyen présumé 

Deux jours de garde à vue mise en scène, suivis de mise en examen courue d'avance

Financement libyen : Nicolas Sarkozy mis en examenL'ancien chef de l'Etat a été mis en examen ce mercredi en fin de journée des chefs de corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens, selon une fuite à destination du journal Le Monde. Après cinq ans d'investigations, c'est un déblocage de l'instruction sur des soupçons de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye de Mouammar Kadhafi en 2007
Ce mercredi, à l'issue de vingt-six de garde à vue, l'ancien chef de l'État a été mis en examen, pour la deuxième fois, et placé sous contrôle judiciaire par Serge Tournaire, juge d’instruction pugnace au pôle financier du Tribunal de grande instance de Paris, après avoir fait ses preuves en Corse, en août 1993 (par D. Perben au gouvernement Balladur sous Mitterrand, gouvernement de cohabitation), puis Nice et à Marseille en 2003 (gouvernement Raffarin, sous Jacques Chirac).

Après une nuit passée à son domicile, vers 8h du matin, l'ex-président avait rejoint les locaux de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, pour être de nouveau auditionné, puis a été déferré devant les juges d'instruction Serge Tournaire, désigné par le président du Tribunal de Grande Instance de Paris, Aude Burresi et Clément Herbo. 

Le juge Tournaire cumule les dossiers incriminant la droite républicaine:
 en effet, il est également premier magistrat instructeur dans l'affaire touchant Penelope Fillon et les enfants du candidat de la droite, cette fois à la présidentielle de 2017. 

C'est encore ce juge que l'on dit intègre et indépendant qui plaça l'ancien président sur écoute 
 pendant près d'un an, violant ainsi les droits individuels de l'homme, un fait unique dans les pays démocratiques du monde occidental.

L'instruction avait été ouverte en 2013, mais Nicolas Sarkozy n'avait pas encore été entendu

Trois jours avant le déclenchement de l'intervention militaire franco-britannique en Libye qui va conduire au renversement de son père du pouvoir,  le 16 mars 2011, sans fournir de preuves, Saïf al-Islam Kadhafi assure que son père aurait financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Le site Mediapart s'empresse de diffuser l'information, sans prendre le temps vérifier l'authenticité de ces allégations.
Nicolas Sarkozy dépose plainte contre Mediapart pour "faux et usage de faux", " recel de faux" et "publication de fausses nouvelles", puis Mediapart dépose plainte à son tour contre Nicolas Sarkozy pour "dénonciation calomnieuse." Le 30 mai 2016, les magistrats rendent une ordonnance de non-lieu au bénéfice de ...Mediapart.

Les accusations du sulfureux homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, ont reçu l'oreille des trois juges.
Pour avoir recueilli ses déclaration, Fabrice L'Homme, journaliste du Monde, indiquait ce soir sur BFMTV, que l'individu qui murmure à l'oreille des juges lui avait certifié que Sarkozy n'avait jamais reçu d'argent de l'Etat libyen.  Avant de certifier le contraire à la justice.  Et Fabrice L'Homme de commenter : "On ne sait jamais quand il dit vrai"...

Ces magistrats instructeurs enquêtent depuis 2013 pour trouver des éléments susceptibles d'étayer leurs soupçons.
Les accusations - contradictoires - émanent dans un premier temps de l'homme d'affaires Ziad Takieddine et d'ex-dignitaires du régime dictatorial libyen, qui assurent que Nicolas Sarkozy aurait touché de l'argent de Mouammar Kadhafi pour le financement de sa campagne 2007. 

Mais deux témoins-clés à décharge sont hospitalisés. 
L'un, ex-trésorier de Kadhafi, Béchir Saleh, blessé par balle le 26 février dernier à Johannesburg en Afrique du Sud où il était réfugié depuis 2012, est soigné à Abu Dhabi. Le Libyen hospitalisé pour ses blessures aurait à présent quitté l'Afrique du Sud pour les Emirats arabes unis : une nouvelle domiciliation qui n'a pas pu justifier la prise de décision du juge, ce soir. Preuve que Serge Tournaire savait où il allait, avant la garde à vue qu'il a mise en scène.  
L'ancien directeur de cabinet du colonel Kadhafi, qui avait ensuite dirigé la Libyan Investment Authority, un fonds d'Etat servant à investir l'argent du pétrole à l'étranger, est sous le coup d'une notice rouge d'Interpol depuis la fin de la guerre en Libye.
Le magistrat instructeur misait en revanche beaucoup sur l'audition de l'homme d'affaires Alexandre Djouhri. Mais l'intermédiaire Alexandre Djouhri,  59 ans, est soigné à Londres après une attaque cardiaque. Les millions libyens, dont personne ne sait à ce jour s'ils ont en partie servi à financer la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, ne portent pas chance à ceux qui, de près ou de loin, les ont approchés... 
En 2012, le corps de Choukri Ghanem, ex-ministre libyen du Pétrole et proche du colonel Kadhafi, avait été retrouvé dans le Danube à Vienne.

De quels faits nouveaux et convergents Serge Tournaire dispose-t-il donc   pour mettre Sarkozy en examen ?

Il ne reste au juge qu'un document libyen faisant état d'un financement par la Libye de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Mais ce n'est pas un élément nouveau, puisqu'il a été publié en mai 2012 par le site révolutionnaire trotskiste Mediapart et sujet à caution.   

Les accusations à son encontre ont été constamment démenties par le camp Sarkozy, mais ont valu à l'ancien président une mise sur écoute illicite.
Elles ont porté sur deux dossiers, Bettencourt et l'arbitrage Tapie-Crédit Lyonnais. Dans le premier, Sarkozy avait été placé sous le statut de témoin assisté, mais l'affaire s'est soldée par un non-lieu en sa faveur le 7 octobre 2013. Dans le deuxième, Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir fait pression sur sa ministre de l'Economie, Christine Lagarde, pour qu'elle décide un arbitrage qui accéléra le règlement interminable du conflit. Cinq protagonistes de l'affaire sont toujours mis en examen pour "escroquerie en bande organisée".

Depuis, l'ex-secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a été mis en examen en mars 2016
et doit toujours s'expliquer sur le versement de 500.000 euros sur l'un de ses comptes.
Quant à Ziad Takieddine, il a été mis en examen dans ce dossier, pour "complicité de diffamation". 

Le juge Tournaire ne devrait plus pouvoir mettre cinq nouvelles années pour peser sur les prochaines présidentielles, une troisième fois.
Arrivé en 2009 au PNF, il est rattrapé par la limite légale autorisée à un même poste, dix années. Il devra donc mettre la surmultipliée. Mais on peut lui faire confiance. 
Pour Bernard Tapie, "Tournaire, ce n'est pas un ayatollah, mais c'est un dur à cuire qui ne recule devant rien", enquêtant toujours à charge. "Chez lui, les règles du Code pénal sont inversées : il faut prouver qu'on est innocent".
Selon le journaliste Benoît Rayski (Atlantico), "il est réputé proche du Syndicat de la Magistrature" (SM), "celui des "juges rouges"...

mardi 20 mars 2018

Après dix ans, dont cinq d'instruction, Sarkozy est mis en garde à vue, ce jour

Cette nouvelle opération médiatico-judiciaire vise à salir Sarkozy et sa victoire de 2007

La campagne présidentielle qui amorça le déclin du Parti socialiste a-t-elle profité d'un financements libyen ?
 
L'ex-chef de l'Etat a été placé en garde à vue mardi, à Nanterre, près de Paris, après cinq années de mise en sommeil, une première dans ce dossier qui n'avait donné lieu qu'à des auditions

Comme il en avait été informé il y a une semaine, l'ancien président est entendu depuis mardi matin par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), un service de la Direction centrale de la Police judiciaire créé par décret le 25 octobre 2013, a indiqué "une source proche de l'enquête", confirmant une information du journal Le Monde et du site révolutionnaire trotskiste Mediapart, également très proches de l'enquête.
Ce service est placé sous la tutelle politique du ministère de l'Intérieur, en la personne du commissaire divisionnaire Thomas de Ricolfis, 52 ans. Ce service gouvernemental  de police est en charge des affaires d’argent particulièrement sensibles ou complexes : les emplois familiaux de Bruno Le Roux, François Fillon et Michel Mercier, les dossiers Business France (agence dont Muriel Pénicaud fut la directrice générale de janvier 2015 à mai 2017, laquelle est au centre d'une enquête préliminaire, ouverte par le Parquet de Paris, concernant l’organisation d'une soirée de promotion des start-up françaises à l’hôtel The Linq, organisée autour d’Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, à Las Vegas le 6 janvier 2016, lors du Consumer Electronics Show (CES), dont l'organisation a été confiée à Havas, sans appel d'offres, ce qui est contraire à la loi, et qui est soupçonnée d'avoir été le prétexte pour une levée de fonds au profit de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. En juillet 2017 une information judiciaire pour favoritisme et recel de favoritisme a été confiée au juge Renaud Van Ruymbeke), Bygmalion, Dassault, Balkany, Dieudonné, Campion,
l’enquête sur un
éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, la vente de sous-marins Scorpène au Brésil (contrat de 6,7 milliards d'euros cinq sous-marins au pays d'Amérique Latine, conclu en septembre 2009 par DCNS au Brésil : depuis octobre 2016, anticipant la campagne présidentielle de 2017, les magistrats du PNF aimeraient découvrir des pots de vin en marge de ce contrat et susceptibles d'avoir aussi fait l'objet de rétro-commissions), plusieurs scandales de corruption dans le sport (citons les investigations sur l'attribution des Jeux Olympiques de 2016 au Brésil : à l'époque, la France a vivement soutenu la candidature du pays d'Amérique Latine opposé au Japon. "Or, l'attribution de l'organisation des jeux au Brésil s'est faite au même moment que la signature du contrat d'armement", accuse Le Parisien), les assistants parlementaires du MoDem et du Front national, etc...
Au total, 
environ 350 enquêtes occupent en ce moment les 83 policiers, gendarmes et agents de l'OCLCIFF, dont une bonne partie sont très médiatisées. Pas étonnant que la corbeille à papier du commissaire déborde de journaux.
A l'issue de cette garde à vue, qui peut durer jusqu'à 48 heures, Nicolas Sarkozy peut être remis en liberté, présenté à un juge en vue d'une éventuelle mise en examen ou convoqué ultérieurement. Dans cinq ans ?

Un très proche, qui fut son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, est pour sa part entendu en audition libre, sans mise en garde à vue, plus infamante et médiatiquement malveillante, selon "une source proche du dossier".

La résurgence fracassante d'un dossier touffu

AFP / Sabrina BLANCHARDNicolas Sarkozy et les affaires judiciaires


Les juges du pôle financier (PNF) s'intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de l'ancien chef de l'Etat libyen Mouammar Kadhafi. 
D'anciens responsables lybiens, vindicatifs, suite à l'engagement français en Lybie, et le sulfureux intermédiaire franco-libanais druzze Ziad Takkiedine, ci-contre, condamné à plusieurs reprises  notamment pour abandon de famille (deux mois ferme), pour diffamation en 2014 pour avoir accusé l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant d'avoir touché de l'argent en marge de la libération des infirmières bulgares de leur prison libyenne, le 30 mai 2016 à une amende douanière de 375.000 euros pour n'avoir pas déclaré 1,5 million d'euros en liquide, en 2011 à l'aéroport parisien du Bourget - ont distillé la thèse de versements au profit présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy. 
Sur BFMTV, le 27 mars 2012, Ziad Takieddine annonça  qu'il voterait François Hollande à l'élection présidentielle de 2012.

D'autres responsables de ce pays les ont d'ailleurs démentis
et l'ancien chef de l'Etat a toujours rejeté ces accusations.

L'enquête a été élargie en janvier à des faits présumés de "financement illégal de campagne électorale", a indiqué "une autre source proche du dossier," alors qu'elle avait été ouverte notamment pour détournements de fonds publics et corruption active et passive, laquelle a probablement conduit les juges à une impasse. En septembre 2017, les policiers anti-corruption de l'OCLCIFF - qui ne craignent pas les soupçons d'amalgames et donc d'analogie fallacieuse à portée de disqualification - avaient remis aux juges un rapport qui pointait la circulation d'espèces dans l'entourage de Sarkozy durant la campagne 2007. Ce midi, sur BFMTV, Sarah-Lou Cohen, chef d'un service police-justice, glissait même dans son récit  que Sarkozy réceptionnait les "valises" de billets...

Interrogés par les enquêteurs, Eric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle, et son adjoint chargé de la distribution des enveloppes, Vincent Talvas, ont répondu que l'argent provenait de dons anonymes, pour un montant global entre 30.000 et 35.000 euros. 

C'est l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours...
Une justification aussitôt contestée au cours d'autres auditions, dont celle de "la personne" - la stagiaire ? - chargée du courrier reçu à l'UMP durant cette campagne présidentielle, qui a déclaré n'avoir "jamais vu de courrier arrivant qui contenait des espèces". 

L'affaire a éclaté en 2012 après une publication d'un site révolutionnaire.
Ce site d'information trotskiste, Mediapart, produisait une note qu'il attribuait à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, laissant penser à un financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy.
Dans ce dossier, l'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant était mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée. Rien que ça !...

Dix plus tard, les magistrats cherchent toujours à établir un lien entre l'affaire et un virement de 500.000 euros perçu  d'une société d'un avocat malaisien par C. Guéant, en mars 2008. Il a toujours expliqu qu'il s'agit du fruit de la vente de deux tableaux.

L'enquête avait déjà connu une accélération en novembre 2016.
Mediapart avait alors relancé l'affaire avec des déclarations fracassantes de Ziad Takieddine, qui assurait - sur l'honneur et "les yeux dans les yeux" -  avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant - qui ont  démenti -, trois valises contenant 5 millions d'euros en provenance du régime Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007.

La fable des trois valises avec 5 millions d'euros a grossi à 50 millions.
L'avocat de Claude Guéant a souligné ce mardi que l'ancien président "aurait pu tout à fait être entendu sous le régime de l'audition libre""Il n'y a pas d'élément dans le dossier qui justifie aujourd'hui une telle mesure spectaculaire de garde à vue. 
Après cinq ans d'enquête, on n'arrive toujours pas à prouver qu'un seul centime d'argent libyen a été versé à Nicolas Sarkozy", a également observé son avocat Philippe Bouchez El Ghozi.

Les juges s'interrogent également sur la vente suspecte en 2009 d'une villa située à Mougins (Alpes-Maritimes)
Il ne s'agit pas de celle des Hollande-Royal. Celle incriminée, estimée à environ 10 millions d'euros, était la propriété d'un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien argentier du régime.
Les enquêteurs sont encore animés par des soupçons. Ils se portent cette fois sur l'homme d'affaires Alexandre Djouhri qui aurait pu être le véritable propriétaire et vendeur de ce bien et qui se serait entendu avec Bachir Saleh pour fixer un prix d'achat "très surévalué".
Actuellement en exil, B. Saleh, que la justice française souhaite interroger dans le cadre de cette affaire, a été blessé par balles fin février en Afrique du Sud. Il est visé par un mandat d'arrêt international.

Quant à Alexandre Djouhri, il a été arrêté en janvier à Londres en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française et incarcéré. Souffrant de problèmes cardiaques, il est hospitalisé depuis une dizaine de jours à Londres, selon une source proche de l'enquête.

mercredi 18 octobre 2017

Affaire des attachés parlementaires: la police fait son cinéma au siège du MoDem

L'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs semble se poursuivre : progresse-t-elle ? 

Une perquisition était en cours mercredi matin au siège du MoDem à Paris 

Les investigations sont menées par les policiers anti-corruption de l'Oclciff, un un service de la Direction centrale de la Police judiciaire, depuis le début de matinée, a-t-on appris de "source proche de l'enquête" sur des soupçons d'emplois fictifs d'attachés parlementaires.

L'affaire a débuté en mars sur dénonciation d'une élue du FN, Sophie Montel. 
Le Parquet de Paris a alors ouvert une enquête préliminaire visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords, dont deux du MoDem. 

En juin, l'affaire a rebondi : un ex-employé du parti centriste a fait un signalement au Parquet de Paris, déclenchant l'ouverture d'une enquête spécifique sur le MoDem, qui a employé six élus au total au Parlement européen entre 2009 et 2014. Le MoDem est soupçonné d’avoir détourné à son profit des attachés parlementaires payés par des fonds européens.

Puis, fin juillet, le Parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries".

L'enquête s'appuie notamment sur un témoignage adressé à la justice par un ancien salarié, Matthieu Lamarre. Engagé à temps plein en décembre 2010 comme "responsable web et réseaux sociaux" du parti, il avait immédiatement signé un avenant de détachement auprès de l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. 

Les accusations d'emplois fictifs avaient contraint à la démission du gouvernement Philippe I la ministre des Armées, Sylvie Goulard, le ministre d'Etat, garde des Sceaux, François Bayrou, numéro 4 du gouvernement, et la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez.

Début septembre, François Bayrou, président du MoDem depuis 2007, avait affirmé que cette affaire était "un obstacle artificiel, inventé". Il avait alors indiqué qu'il n'avait pas été "informé, convoqué ou entendu". 

Les policiers anti-corruption ont entendu plusieurs suspects, dont l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, Matthieu Lamarre, Isabelle Sicart, la cheffe de cabinet de François Bayrou, au MoDem, et Karine Aouadj, son ex-secrétaire particulière, à Paris, deux assistantes parlementaires, ainsi que l'ex-députée européenne Corinne Lepage.

Au Parlement européen, chaque eurodéputé est souvent épaulé par trois, voire quatre assistants dits 'accrédités', c’est-à-dire qui dépendent directement de l’administration de l’institution. Quant aux assistants locaux, ils travaillent pour l’élu dans leur État membre d’origine.

"Aucun rapport entre le cas du MoDem et celui du FN," juge le MoDem

L’affaire des emplois fictifs présumés du Front national (FN) avait déjà surgi à l'occasion de la campagne présidentielle. Yannick Laude, porte-parole de la délégation française du groupe ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux européens, auquel appartiennent les élus MoDem) fait une distinction. "Il n’y a aucun rapport entre le cas du MoDem et celui du FN", estime-t-elle. "L’enquête doit ici déterminer si le temps partiel au service de l’Union européenne a été effectué, alors qu’on sait bien qu’il y a une zone grise entre travail parlementaire et travail politique."

Michèle Rivasi (EELV) abonde dans le sens du MoDem : elle est l'une des eurodéputées du groupe des Verts qui fait partie des élus pointés du doigt par le Front national qui a saisi l’Office européen anti-fraude (OLAF) pour emploi fictif ou irrégulier d’assistants au Parlement européen. "L’ambiance est à la vengeance politique, selon la verte. En accusant d’autres députés de faire comme lui, le FN cherche simplement à créer un écran de fumée." C'est ce que l'enquête établira (peut-être).

jeudi 14 septembre 2017

Un nouveau témoignage accable Marielle de Sarnez un peu plus

"J'ai été son assistante personnelle, jamais son assistante parlementaire européenne"

C'est l'affirmation de Karine Aouadj, l'une des anciennes assistantes parlementaires locales au Parlement européen de l'élue du MoDem

Dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs présumés au parti de François Bayrou, cette ancienne assistante personnelle de M. de Sarnez a été entendue par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales en juillet dernier, révèle Le Parisien. 
"J'ai été son assistante personnelle, jamais son assistante parlementaire européenne", a ainsi assuré Karine Aouadj devant les policiers de l'OCLCIFF, qui ont auditionné discrètement cette ancienne fidèle de François Bayrou. 

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Karine Aouadj liste les différentes tâches qu'elle aurait accomplies pour Marielle de Sarnez, qui iraient de la réservation de restaurants, au pressing, en passant par les billets de trains et l'organisation de week-ends de loisirs. Et le service du café ?

Plusieurs collaborateurs du MoDem ont en fait été interrogés par les enquêteurs sur leur travail effectué au quotidien

Ainsi Isabelle Sicart a-t-elle dû apporter des preuves d'une activité réelle. Celle qui a été embauchée en 2008 à mi-temps en tant que chef de cabinet de François Bayrou, puis assistante européenne locale de Marielle de Sarnez, ci-contre, aurait affirmé avoir effectué un véritable travail en rapport avec sa fonction, dont la rédaction de quatre rapports à l'attention de l'actuelle présidente de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée Nationale. 

"Abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries"
 
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Des juges d'instruction ont été appelés à enquêter en juillet dernier sur les soupçons d'emplois fictifs pesant sur les assistants parlementaires européens du parti centriste et "exemplaire". Une affaire de grande ampleur qui a conduit trois ministres de cette formation à démissionner du gouvernement nommé par le président Macron en juin après un mois: le ministre d'Etat François Bayrou (ex-garde des Sceaux, ministre de la Justice d'Edouard Philippe), Marielle de Sarnez (66 ans, ministre chargée des Affaires européennes) et Sylvie Goulard (53 ans, ministre des Armées). 

"Au vu des premiers éléments recueillis dans le cadre de l'enquête préliminaire", le Parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries". La justice cherche à savoir si des collaborateurs parlementaires ont été en partie abusivement rémunérés par les fonds publics du Parlement européen alors qu'ils étaient en réalité affectés à d'autres tâches pour le MoDem. 

L'affaire a débuté en mars avec une dénonciation par une élue du FN. 
Les anarchistes du Canard enchaîné et les trotskistes du site Mediapart avaient fait l'impasse sur ces pratiques de pompe à fric : un parti-pris dont les partis et les acteurs politiques sont les bénéficiaires de manière sélective et discriminatoire... Le Parquet de Paris a  alors ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance", visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords.

samedi 19 août 2017

Dans l'affaire Mercier, les enquêteurs ont perquisitionné au Sénat mercredi 16

L'enquête visant Michel Mercier (MoDem) pour des soupçons d'emplois fictifs se poursuit au Sénat

Une perquisition a été menée mercredi au Palais du Luxembourg


Alors que les enquêteurs s'étaient vu refuser l'accès au Palais du Luxembourg, le 4 août dernier, ils ont pu le perquisitionner ce mercredi 16, a-t-on appris vendredi auprès du cabinet du président du Sénat, Gérard Larcher. Le 4 août, le président du Sénat n'avait pas jugé la demande du Parquet effectuée en bonne et due forme. "Cette fois, la demande a été formulée correctement", a-t-on indiqué à son cabinet.

Au moment de son refus et selon son entourage, le président du Sénat avait transmis les documents que le PNF lui demandait dans le cadre de son enquête préliminaire pour "détournements de fonds publics".

Des policiers de l'Office anti-corruption de la police judiciaire (Oclciff) et des magistrats du Parquet national financier (PNF) ont mené la perquisition, révèle la source judiciaire.

Outre le bureau du sénateur Michel Mercier, ex-ministre du gouvernement François Fillon II, les enquêteurs se sont intéressés aux documents de l'Association pour la gestion des assistants de sénateurs.

Cette procédure avait été lancée deux jours plus tôt par le PNF sur la base de révélations du Canard enchaîné accusant le sénateur du Rhône d'avoir recouru à des emplois fictifs au profit de plusieurs membres de sa proche famille, alors que le président G. Larcher venait tout juste de le désigner au Conseil constitutionnel.

Michel Mercier a embauché ses deux filles comme assistantes parlementaires.
Le cas de Delphine Mercier intéresse principalement les enquêteurs: elle fut l'assistante parlementaire,  à mi-temps, de son père au Sénat d'août 2012 à avril 2014,  pour un salaire de 2.000 euros par mois, alors qu'elle vivait à Londres. 

Quant à Véronique Mercier, dont la carrière a suivi de près celle de son père de 2003 à 2012, "les enquêteurs n'ont aucun doute qu'elle a effectué un vrai travail", fait savoir une source de l'entourage.

Deux autres cas ont été évoqués lors de l'audition de Michel Mercier, selon son avocat.
Celui de son fils, employé au conseil départemental du Rhône - présidé par son père de 1990 à 2013 - et celui de son épouse, devenue sa collaboratrice locale à partir de 1995, au cours des différents mandats d'élus de son mari.

Michel Mercier ne conteste pas les faits,
"des détails cocasses",
selon le Huffington Post du groupe Le Monde (détenu par les hommes d'affaires Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Xavier Niel, également propriétaires de Télérama ou L'Observateur), mais nie avoir commis tout acte illégal. Ni responsable, ni coupable...

Les media soulignent toutefois plusieurs "incohérences" de sa défense.
L'hebdomadaire anarchiste révèle notamment que Michel Mercier et sa fille ont certifié dans ce contrat que l'intéressée n'exerçait pas d'autre activité professionnelle. Incohérence ou mensonge ? Disons "insincérité" !


Le 8 août, Michel Mercier, 70 ans, a finalement renoncé à intégrer le Conseil en raison de cette enquête. 


Suite à cette affaire d'emplois fictifs présumés, l'ex-garde des Sceaux a dû renoncer à intégrer le Conseil constitutionnel. Le lendemain, ses filles et lui ont été entendues en audition libre dans les locaux de l'Oclciff à Nanterre (Hauts-de-Seine).  
Le sénateur du Rhône Michel Mercier avait annoncé mardi 8 août qu'il renonçait à intégrer le Conseil constitutionnel, estimant ne pas pouvoir y "siéger avec la sérénité nécessaire" vu l'enquête en cours sur les emplois d'assistantes parlementaires qu'il avait confiés à ses filles.
"Alors que ma nomination n'est pas définitive, et dans les conditions créées par l'ouverture de cette enquête, je considère aujourd'hui que je ne pourrai pas siéger avec la sérénité nécessaire au Conseil constitutionnel", a déclaré Michel Mercier par communiqué. Résultat de recherche d'images pour "dessin mercier conseil constitutionnel"

Sa nomination au Conseil constitutionnel,
en remplacement de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, avait déjà été publiée, jeudi, au Journal officiel.

"Il devenait le sparadrap du capitaine Haddock"

Paragon auto-proclamé de vertu, 
Le MoDem, subit une nouvelle salissure. 
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Selon Le Monde du 21 juin 2017, "l’opposition a volontairement dramatisé [sic] l’annonce des départs [sic] de 
- [l'arbitre des vertus] François Bayrou [1er sparadrap souillé qui a dû se détacher du ministère de la Justice où Macron l'avait collé Garde des Sceaux]  
et de Marielle de Sarnez du gouvernement [ex-ministre MoDem chargée des Affaires européennes de mai à juin 2017], mercredi 21 juin au matin, 
après ceux de l'ancien socialiste Richard Ferrand [ex-ministre -également démissionnaire- de la Cohésion des territoires, dans le premier gouvernement Édouard Philippe, du 17 au 19 mai 2017], lundi, 
et de Sylvie Goulard [ministre des Armées du 17 mai 2017 au 20 juin 2017, démissionnaire, dans la même affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen], mardi, dans l’espoir de fragiliser l’exécutif." [sic] 

Le macronisme continue comme il a commencé
"La présidence jupitérienne commence [alors déjà] par une crise ministérielle foudroyante. Le macronisme gouvernemental débute dans un amateurisme total. En marche vers le bazar !", a fustigé à son tour le député LR de l’Yonne, Guillaume Larrivé. 

Le 18 mars 2017, le MoDem Michel Mercier apporta son parrainage à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle.