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samedi 6 juillet 2019

Bayrou, dindon de la farce LREM-MoDem

Entre LREM et le MoDem, ça se gâte

Le parti présidentiel et celui de François Bayrou peinent à masquer leurs rivalités naissantes

Les municipales mettent au jour les stratégies divergentes des deux partis. 
"On nous parle en permanence de bienveillance à LREM, mais ils devraient quand même balayer devant leur porte avant", enrage un cadre du MoDem, après la série de provocations essuyées ces derniers jours par François Bayrou et les siens. Il y a bien sûr les récentes investitures En marche ! aux municipales, dans certaines villes où le MoDem est pourtant implanté et soutient d'autres figures locales.
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Des proies faciles :
consentantes ?
Ou encore ce document interne ayant servi le week-end dernier à la formation des futurs candidats marcheurs, lien PaSiDupes, et avec des profils politiques fictifs imaginés dans le cadre d'un jeu de rôles assez malveillant où la candidate du parti centriste s'appelle ainsi "Marielle Orange", présentée comme… "peu à l'aise dans son rôle de parlementaire". Une allusion limpide ou une agression frontale, selon les points de vue, à Marielle de Sarnez, proche depuis toujours de Bayrou. "Quand on voit comment les députés macronistes ont eu du mal à se mettre dans leurs habits politiques, c'est quand même l'hôpital qui se fout de la charité !", fulmine en retour l'état-major du MoDem, qui n'était pas aussi ombrageux jusqu'ici quand la droite républicaine était maltraitée par LREM, en interne et, par voie de conséquence, par sa presse alignée.

Le MoDem semble découvrir que LREM ne respecte rien ni personne.
Les marchandages des municipales pourraient bien aboutir à un éveil des consciences et mettre sur la place publique les coups bas ordinaires et traîtrises des cyniques du mouvement présidentiel : "L'enracinement de LREM sur le terrain, pour nécessaire qu'il soit, ne peut rimer avec le dénigrement de ses partenaires", a glapi Patrick Mignola, président du groupe MoDem, dans une lettre ouverte adressée cette semaine à Stanislas Guerini, le patron d'En Marche !, après les révélations sur les méthodes malsaines de la majorité présidentielle.

Bayrou "à fleur de peau"

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Macron est allé à Pau rouler Bayrou dans la farine
François Bayrou se prend sa fameuse maxime en pleine face - "nous sommes d'accord pour être en désaccord". Son entourage décrit le maire de Pau "à fleur de peau",  pour ne pas dire "fou de rage de voir que le deal présidentiel s'est fragilisé avec le temps". "Ils ont besoin d'envoyer des messages à leurs troupes, commente un proche du chef de l'Etat. Bayrou est un peu déstabilisé en ce moment car la campagne européenne a consacré le fait que nous étions plusieurs partenaires. Or, il veut être l'allié principal. Et il doit consolider son existant. Donc, il est inquiet."

 Nicolas Florian, actuel maire de Bordeaux, ne passe pas une semaine sans parler ou déjeuner avec Alain Juppé qui a dirigé la ville pendant près de vingt-deux ans.
Et c'est dans l'ancien fief d'Alain Juppé, Bordeaux, que les poings se serrent, dans les poches, avec un candidat marcheur investi - Thomas Cazenave très proche de Macron -, jeté dans les jambes de Nicolas Florian,  alors même que le MoDem gouverne avec le maire juppéiste sortant. Résultat, les deux alliés de la majorité feront donc campagne l'un contre l'autre…

Rivalités naissantes

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Le scénario est le même à Marseille avec Gaudin
Un cas de figure qui pourrait également se produire à Rennes. 
"Franchement, on marche sur la tête. Du grand n'importe quoi, c'est hallucinant !", gronde un parlementaire centriste, qui va jusqu'à parler de "tentation hégémonique du parti majoritaire". "Or, le pouvoir hégémonique, c'est tout ce qu'on a toujours rejeté. C'est notamment pour cela que Bayrou tourne le dos à l'UMP au moment de sa création en 2002" rappelle une élue. Le "monde nouveau" de Macron serait-il un copié-collé de l'ancien ?

"Nous pouvons avoir des différences d'appréciation avec LREM. Mais, pour nous, ces élections municipales sont avant tout locales. Et non partisanes. Il faut donc rechercher les meilleures équipes et les meilleurs projets", prêche Marielle de Sarnez.

Si, à l'heure des municipales, la stratégie macronienne du double-jeu fait naître un sentiment de maltraitance et de cocufiage maltraite ses alliés, provoquant chez eux des colères rentrées et des accès de psoriasis, sa stratégie du bulldozer ravive le sujet de la morale politique et du respect. 
L'égocentrique Macron la foule déjà aux pieds.

dimanche 25 novembre 2018

Plus relou qu'Anne Hidalgo, tu meurs...

La maire de Paris a attiré les visiteurs dans le guet-apens des Champs-Elysées, un jour à haut-risque

Non contente d'avoir laissé des chantiers sur les Champs-Elysées à portée des casseurs, le jour de la mobilisation populaire des Gilets jaunes,

"Gilets jaunes" sur les Champs-Élysées : la gaffe d'Anne Hidalgola maire de Paris a aussi invité les Parisiens à aller découvrir les Champs-Elysées illuminés.

"Et si vous profitiez du week-end pour braver le froid et venir admirer les superbes illuminations de l'avenue des Champs-Elysées inaugurées jeudi soir ?". "Les illuminations s'allumeront de rouge tous les soirs du 22 novembre au 9 janvier, de 17h à 2h et les nuits complètes des 24 et 31 décembre", indique la vidéo accompagnant cette invitation. 

Ce tweet signé d'Anne Hidalgo a beaucoup fait réagir les internautes de bons sens, ce samedi 24 novembre.

En effet, l'invitation de la maire de Paris était particulièrement irresponsable puisque les Champs-Elysées étaient le théâtre d'affrontements entre casseurs et forces de l'ordre, en marge d'une nouvelle manifestation des "gilets jaunes" pacifiques.
Le message a donc été supprimé quelques minutes après la bourde, mais c'était sans compter avec les réactions des internautes  : "moment très mal choisi", gronde ainsi l'un d'eux.

Le conseiller communication d'Anne Hidalgo, Matthieu Lamarre a rapidement livré sa version de la gaffe, déclarant qu'il s'agissait d'une "erreur de la part du community manager [en français, 'administrateur de communauté'], qui avait programmé ce tweet à l'avance [parce qu'à la mairie socialiste, on ne programme pas après coup : trop forts, ses experts !]. Nous l'avons supprimé dès que nous l'avons constaté".
Mathieu Lamarre, 29ans, est cet ancien salarié du MoDem qui affirme avoir été rémunéré pour un emploi fictif de collaborateur parlementaire.
Il affirme avoir été en partie rémunéré, entre décembre 2010 et novembre 2011, par l'Association pour une Europe citoyenne, présidée par Jean-Luc Bennahmias, sans jamais avoir travaillé pour lui. Conséquence des aveux de ce jeune homme qui travaille désormais à la mairie de Paris auprès d'Anne Hidalgo, le Parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "abus de confiance et recel de ce délit". Ce qui tombait mal pour François Bayrou, président du parti incriminé et qui préparait alors son grand projet de loi "pour la confiance dans notre vie démocratique"...

jeudi 14 septembre 2017

Un nouveau témoignage accable Marielle de Sarnez un peu plus

"J'ai été son assistante personnelle, jamais son assistante parlementaire européenne"

C'est l'affirmation de Karine Aouadj, l'une des anciennes assistantes parlementaires locales au Parlement européen de l'élue du MoDem

Dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs présumés au parti de François Bayrou, cette ancienne assistante personnelle de M. de Sarnez a été entendue par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales en juillet dernier, révèle Le Parisien. 
"J'ai été son assistante personnelle, jamais son assistante parlementaire européenne", a ainsi assuré Karine Aouadj devant les policiers de l'OCLCIFF, qui ont auditionné discrètement cette ancienne fidèle de François Bayrou. 

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Karine Aouadj liste les différentes tâches qu'elle aurait accomplies pour Marielle de Sarnez, qui iraient de la réservation de restaurants, au pressing, en passant par les billets de trains et l'organisation de week-ends de loisirs. Et le service du café ?

Plusieurs collaborateurs du MoDem ont en fait été interrogés par les enquêteurs sur leur travail effectué au quotidien

Ainsi Isabelle Sicart a-t-elle dû apporter des preuves d'une activité réelle. Celle qui a été embauchée en 2008 à mi-temps en tant que chef de cabinet de François Bayrou, puis assistante européenne locale de Marielle de Sarnez, ci-contre, aurait affirmé avoir effectué un véritable travail en rapport avec sa fonction, dont la rédaction de quatre rapports à l'attention de l'actuelle présidente de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée Nationale. 

"Abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries"
 
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Des juges d'instruction ont été appelés à enquêter en juillet dernier sur les soupçons d'emplois fictifs pesant sur les assistants parlementaires européens du parti centriste et "exemplaire". Une affaire de grande ampleur qui a conduit trois ministres de cette formation à démissionner du gouvernement nommé par le président Macron en juin après un mois: le ministre d'Etat François Bayrou (ex-garde des Sceaux, ministre de la Justice d'Edouard Philippe), Marielle de Sarnez (66 ans, ministre chargée des Affaires européennes) et Sylvie Goulard (53 ans, ministre des Armées). 

"Au vu des premiers éléments recueillis dans le cadre de l'enquête préliminaire", le Parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries". La justice cherche à savoir si des collaborateurs parlementaires ont été en partie abusivement rémunérés par les fonds publics du Parlement européen alors qu'ils étaient en réalité affectés à d'autres tâches pour le MoDem. 

L'affaire a débuté en mars avec une dénonciation par une élue du FN. 
Les anarchistes du Canard enchaîné et les trotskistes du site Mediapart avaient fait l'impasse sur ces pratiques de pompe à fric : un parti-pris dont les partis et les acteurs politiques sont les bénéficiaires de manière sélective et discriminatoire... Le Parquet de Paris a  alors ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance", visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords.

mardi 1 août 2017

Candidat au Conseil constitutionnel, Michel Mercier employait sa fille au Sénat quand elle était en Angleterre

L'ex-garde des Sceaux est candidat au Conseil constitutionnel, malgré des emplois familiaux...

Le sénateur Modem du Rhône Michel Mercier a employé deux de ses filles comme assistantes parlementaires

Il a d'abord recruté sa fille Véronique entre 2003 et 2012, soit sur neuf années, "comme assistante parlementaire au Sénat et dans les différents ministères qu'il a occupés".

Dans son édition du mercredi 2 août et en plein débat sur la moralisation de la vie publique, Le Canard enchaîné fait même mieux que de révéler que ce proche de François Bayrou a embauché deux de ses filles dans des emplois présumés fictifs.

L'ancien garde des Sceaux a ensuite fait signer un contrat à sa fille Delphine

Document à l'appui, l'hebdomadaire pointe quelques "détails cocasses" sur la période de son embauche par le Sénat, de septembre 2012 à avril 2014. Delphine Mercier, rémunérée pour cette mission 2000 euros brut par mois, habitait à l'époque à Londres. Le lieu de travail indiqué était pourtant bien Parisprécise le journal anarchiste.
Comme l'atteste son CV en ligne, la fille du sénateur était alors responsable des collections d'ethnographie à l'University College London, Delphine Mercier étant une "spécialiste reconnue des reliques textiles de Thomas Becket conservées en France et en Belgique".

Interrogé par Le Canard enchaîné sur le don d'ubiquité de la petite Delphine, Michel Mercier s'est défendu en assurant que sa fille lui apportait une expertise sur les questions culturelles. "J'ai fait venir ma fille pour me seconder dans mes fonctions à la commission de la Culture que je venais d'intégrer", argue-t-il.
Delphine Mercier explique avoir travaillé à temps partiel à Londres. "J'ai effectué une veille sur les sujets qui me sont familiers (culture, patrimoine, coopération)", a-t-elle écrit au Canard enchaîné, ajoutant avoir également contribué à l'élaboration de fiches de son père. 

Or, vérification faite auprès des services du Sénat par l'hebdomadaire, le sénateur n'a été membre de cette commission qu'entre 2008 et 2009, soit trois ans avant l'embauche de sa famille.
Embarrassé, l'élu du MoDem a concédé son erreur mais a produit une nouvelle explication"J'ai bien embauché ma fille pour travailler sur des dossiers culturels. Je m'occupais alors de questions culturelles localement (...) Je voulais mieux connaître les questions culturelles par rapport aux nouvelles technologies" assure-t-il.  Entre 2012 et 2014, Michel Mercier siégeait en réalité à la commission des Lois. 

Ce sage septuagénaire Michel Mercier est pourtant sur le point de rejoindre le Conseil constitutionnel

La candidature du sénateur Modem du Rhône, bientôt examinée.
Proposée par le président du Sénat, Gérard Larcher, pour succéder à Nicole Belloubet au Conseil constitutionnel, la candidature du sénateur MoDem doit être examinée ce mercredi par la Commission des Lois, présidée à l'Assemblée par Yaël Braun-Pivet (La République en Marche), avocate de 46 ans impliquée dans le monde associatif et engagée dans une grande association d'aide alimentaire.

La confirmation de cette nomination n'est qu'une formalité.
La république compte un nouveau "sage", le sénateur imaginatif du Rhône et ancien garde des Sceaux. Ancien président du Conseil général du Rhône (1990-2013) et maître-assistant enseignant les finances et le droit des collectivités locales à la faculté de droit de l'université Lyon III Jean Moulin, Mercier rejoindra le Conseil constitutionnel, quelles que soient les révélations de la presse.

Cet élu du MoDem devient l'un des neufs magistrats chargés de veiller au respect de la loi fondamentale. 
Michel Mercier remplace Nicole Belloubet rue de Montpensier, cette dernière ayant été nommée ministre de la Justice en juin dernier.

Quant à François Bayrou, rappelons qu'il a été contraint à la démission. 
Nommé ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice du premier gouvernement Édouard Philippe, il a été cité implicitement dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen, mais le centriste moralisateur n'a pas été renouvelé au second gouvernement Édouard Philippe, un mois plus tard.

jeudi 15 juin 2017

Macron menace l'indépendance et les privilèges de la presse

Les journalistes inquiets pour l'indépendance de la presse sous le règne de Macron 1er 

Plusieurs sociétés de journalistes (SDJ) s'inquiètent de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement

Empires de presse en péril....
Après avoir fait campagne pour le banquier Macron, à l'instigation de leurs patrons de presse, des hommes d'affaires engagés, ces SDJ amères expriment leur inquiétude, notamment en matière d'"indépendance des media"Mardi, dans une tribune publiée sur plusieurs sites, une vingtaine de sociétés de journalistes se sont alarmées de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement en matière, non seulement d' "indépendance des media", mais aussi de "protection des sources". 

"Face à la liberté d'informer, le nouvel exécutif fait le choix de la tentative de pression, de la répression judiciaire et du procès d'intention", dénoncent dans ce texte les SDJ du privé l'AFP, Alternatives économiques, BFM TV, Les Échos, Europe 1, L'Express,  Libération, les JT de M6, Mediapart, Le Monde, L'Obs, Le Point, Premières Lignes Télévision,RMC, RTL, Télérama, La Vie et les rédactions de Dream Way Production et LaTeleLibre, ainsi que le service public de  Radio France, RFI, France 2 et la Rédaction nationale de France 3

"Deux ministres ont envoyé des signaux extrêmement préoccupants quant à la manière dont ils conçoivent l'indépendance des media et la protection des sources, ou plutôt leurs limites", la semaine dernière, précisent les SDJ. 

Vendredi 9 juin, le ministère du Travail a porté plainte contre X pour vol et recel de documents à la suite de la publication dans Libération d'informations présentées comme des pistes de la future réforme du Code du travail. La ministre en charge est Muriel Pénicaud, 62 ans (ci-contre), ex-membre du cabinet de la ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (1985-1991), Martine Aubry, puis conseillère pour la formation (1991-1993) auprès de la ministre qui devait devenir frondeuse sous François Hollande, avant de passer dans le privé comme dirigeante d’entreprise multi-nationales (Dassault, Danone, Orange). 
Le gouvernement assure que la plainte ne vise pas Libération, mais le fonctionnaire à l'origine de la fuite. Or, le syndicat SNJ-CGT -affiliée à la CGT- y a vu "un signal envoyé à la profession pour la museler". 
Cette plainte a conduit Reporters sans frontières (RSF) à réitérer mardi "sa demande d’abroger le délit de recel" pour les journalistes et à appeler la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, "à abandonner sa plainte".
"Ces fuites, si désagréables soient-elles pour la ministre, portent sur des informations qui présentent un intérêt indéniable pour les citoyens, et leur publication relève du droit du public à l’information", déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF, citée dans un communiqué. "Il est inacceptable que des journalistes puissent, en démocratie, être considérés comme pénalement suspects de n’avoir fait qu’une chose : leur métier."

Le ministre d'Etat chargé de la Justice avait quant à lui exercé des pressions directes sur l'un des directeurs de Radio France 

François Bayrou lui avait adressé des reproches en fin de semaine dernière, se plaignant des appels de journalistes de France Inter au MoDem, parti dont il est toujours président, et les accusant de "harcèlement". Cet appel était intervenu mercredi, quelques heures avant la diffusion d.'une enquête sur les emplois d'assistants parlementaires d'une dizaine d'eurodéputés du parti centriste, allié au mouvement du président Macron, En marche!. 

Les SDJ s'inquiètent également d'une plainte déposée par En marche! le 11 mai. Elle vise la lettre d'information spécialisée La Lettre A, exclusivement destinée à l'information sur les cercles de pouvoir en France, "pour 'recel d’atteinte à un systèmes de traitement automatisé de données’. En clair, En Marche ! reproche à la Lettre A d’avoir exploité dans un article des informations tirées des 'MacronLeaks’, issues d’un vol numérique, le piratage de ses boîtes mail, au sujet des premiers grands donateurs du mouvement d'Emmanuel Macron, et son financement, questions "ultrasensibles pour le mouvement" présidentiel.


Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a d'ailleurs estimé dans un tweet que "le nouveau pouvoir n’a pas un problème avec la presse mais avec tous les corps intermédiaires".

Mardi, le Premier ministre, Édouard Philippe, a dû rappeler François Bayrou à son devoir d'"exemplarité", soulignant que "quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen". A quoi le maire de Pau a répliqué qu'il entend conservé sa liberté de ton et de parole, notamment face à la différence de la presse qui déconstruit son image frelatée de vertueux.

mardi 13 juin 2017

Affaire des assistants parlementaires MoDem : Bayrou dénonce Hidalgo

Une "opération politique", selon Bayrou

Le garde des Sceaux continue à créer des embarras

Le dénonciateur à l'origine de l'enquête sur des assistants parlementaires du MoDem est un "collaborateur direct de la maire de Paris". Le patron du MoDem voit un "lien entre ceci et cela", mais Bayrou ne dément pas sur le fond de l'affaire d'emplois fictifs.

Le Parquet de Paris a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête préliminaire, cherchant à savoir si le MoDem, parti de l'actuel garde des Sceaux François Bayrou, a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens.

Un ex-collaborateur du MoDem assure en effet avoir été payé en 2011 sur l'enveloppe parlementaire de l'ancien eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, alors qu'il avait été recruté en CDI pour travailler pour le parti centriste. Allié à Emmanuel Macron, le parti conteste et assure avoir respecté "toutes les règles". 

Bayrou dénonce une "opération politique" ? 

"C'est exactement l'impression qui est la mienne", a répondu mardi matin 13 juin François Bayrou sur CNews. "Cette dénonciation anonyme, elle a une caractéristique particulière : c'est que tous les journalistes savent qui est l'auteur de la dénonciation anonyme", a lancé ensuite le garde des Sceaux, mais retiennent l'information: auto-censure de la presse ou censure de l'Elysée ? "Non seulement je sais qui c'est, mais vous le savez, tout le monde le sait", a-t-il insisté. Tout le monde sait, sauf le citoyen. Quant au Parquet ?

Ca tombe mal : Bayrou a été choisi par le président Macron pour mettre en oeuvre un projet de moralisation de la vie publique... 

Ni transparence, ni moralisation : "On protège cet anonyme" 

"La question, ce n'est pas quel est le nom, mais quelle est la fonction de celui qui pratique la dénonciation anonyme", insiste le garde des Sceaux de Philippe. "C'est peut être la raison pour laquelle on protège cet anonyme", a affirmé François Bayrou, sans en révéler l'identité...

Et d'ajouter : "Car peut être s'apercevrait-on quelle est la vraie nature de la dénonciation, trois jours avant le premier tour des élections législatives. Il suffit de regarder quelle est cette fonction". Peut-on savoir ou l'électeur doit-il voter les yeux fermés ?

Selon le Journal du Dimanche, il s'agit de Matthieu L. (sic) 
Or, l'homme est un ancien chargé de communication du MoDem et aujourd'hui collaborateur, en charge du service de presse de la maire PS de Paris, depuis 2014. Pourquoi ne pas le dire: le traître s'appelle Matthieu Lamarre.
Agé de 28 ans, cet ancien conseiller en communication de François Bayrou avait quitté avec fracas le MoDem pour soutenir Anne Hidalgo lors des élections municipales.
Le mercenaire n'a pas tardé à se faire offrir la responsabilité du service de presse de la mairie de Paris, lorsque son prédécesseur a  été nommé au Quai d'Orsay, au côté de Laurent Fabius.
Le jeune homme avait été licencié du MoDem pendant les élections municipales après avoir appelé à voter pour Anne Hidalgo, tandis que le parti centriste avait accordé son soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet. En février 2014, Matthieu Lamarre dénonça dans un entretien avec Metronews la "légèreté" de la candidate UMP... 
Ancien journaliste, à 19 ans, il a été adjoint à Jean-François Vigier, maire de Bures-sur-Yvette (Essonne),  avant d'être responsable de la campagne internet du MoDem lors de la campagne présidentielle de 2012.
Il explique que le poste s'est libéré à l'occasion du départ de Gaspard Gantzer du Quai d'Orsay pour le ministère de l'Agriculture puis de l'Elysée. "J'ai passé trois entretiens", raconte Matthieu Lamarre qui assure ne pas avoir négocié ce poste en échange de son soutien à la candidate PS. Entre-temps, il assurait les relations avec la presse du député MoDem, Jean Lassalle. C'est le deuxième cadre du parti centriste attiré dans ses filets par Anne Hidalgo et Julliard.
Un "collaborateur direct" d'Anne Hidalgo, s'insurge son ex-patron au MoDem. "Il pourrait y avoir un lien entre ceci et cela". Mais dans quel but ? "Les élections législatives, vous avez suivi? Regardez les gens qui se présentaient et les gens qui ont été éliminés...", a-t-il répliqué.

Le dénonciateur riposte

Contacté par la rédaction de CNews, le "jeune homme en question (AFP) s'est dit "estomaqué" par les propos du ministre de la Justice. 
Il précise qu'il a appelé le parquet de Paris quand il a appris qu'une enquête ciblait 18 eurodéputés pour "contribuer à la manifestation de la vérité" en apportant son témoignage. 

Que cela ait été rendu public "est complètement indépendant de ma volonté", jure le renégat qui assure que cette affaire le place dans "une situation très délicate auprès de son employeur". "Il a du mal à comprendre pourquoi le garde des Sceaux tient de tels propos", rapporte la presse.

samedi 27 mai 2017

Affaire Ferrand: la Justice assume son décalage avec la morale et l'opinion

Le Parquet selon Bayrou fait bloc derrière le ministre préféré de Macron

Le Parquet national financier (PNF) se déclare incompétent "à ce stade" pour ouvrir une enquête

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Le PNF ne compte pas se saisir de l'affaire immobilière impliquant le ministre Richard Ferrand", car les infractions révélées dans la presse ne rentreraient pas dans le champ de compétences du PNF, selon les juges financiers dépendants de François Bayrou, ministre de la Justice, mercredi de source proche du dossier.
Des infractions qui ne rentrent pas dans les compétences du PNF: le Parquet de la République se satisfait d'une simple lecture du journal satirique.  "A la lecture du Canard enchaîné et au vu de l'article 705 du code de procédure pénale" qui énumère les infractions qu'il couvre, "les faits évoqués à ce stade n'entrent pas dans le champ de compétence du PNF", a affirmé cette source. 
La morale politique exigeant des explications approfondies, le parti Les Républicains avait auparavant annoncé son intention de saisir le PNF pour qu'il ouvre une enquête sur les "agissements" présumés du ministre de la Cohésion des territoires. Cette saisine se ferait au moyen de l'article 40 du code de procédure pénale qui oblige les autorités publiques à dénoncer des délits éventuels dont ils auraient connaissance.

Au ministère de la Justice, Bayrou fait circuler la patate chaude.
Seul le Parquet de Brest serait pour l'heure compétent pour se saisir du dossier. Mercredi soir, Les Républicains ont d'ailleurs également annoncé  qu'ils comptaient saisir le procureur de la République de Brest, compte tenu de faits présumés "d'une gravité certaine" et qui "pourraient revêtir plusieurs qualifications pénales", a indiqué le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, dans un communiqué.

Selon le Canard enchaîné de mercredi, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, était le directeur-général au moment du montage financier irrégulier et jusqu'en 2012, ont loué à partir de 2011 des locaux commerciaux appartenant à sa compagne pour un loyer annuel de 42.000 euros et au nom d'une SCI qui n'était pas encore constituée au moment de l'attribution du marché par le conseil d'administration des Mutuelles dirigées par le compagnon de la bénéficiaire.

Le Parquet de Brest s'aligne sur Paris et n'ouvrira pas d'enquête sur Ferrand

Les révélations du Canard enchaîné ne changent rien. Elles jettent pourtant sur la place publique un montage financier de Richard Ferrand au profit de sa compagne et l'emploi d'assistant parlementaire dont a bénéficié son fils. Mais elles  ne permettent pas d'ouvrir une enquête, selon le procureur de la République de Brest, vendredi. 
"Il apparaît qu'en l'état, aucun des faits relatés n'est susceptible de relever d'une ou plusieurs qualifications pénales permettant d'ouvrir une enquête préliminaire", annonce le procureur, Eric Mathias, dans un communiqué.

Le procureur de Brest confirme avoir reçu un signalement de la part de l'avocat du parti Les Républicains.
Vendredi, le député Les Républicains et ancien magistrat George Fenech a annoncé  avoir saisi l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution, organe de supervision des banques et des assurances, pour "forte suspicion" sur "les conditions d'occupation, de fixation des loyers et des montants des travaux".

Maître du PNF et du Parquet de Brest, le ministre de la Justice ne s'est encore pas exprimé sur le débat politique ouvert.

Bayrou impliqué dans une affaire de financement illégal

Cette affaire d’emploi fictif d’assistant parlementaire a filtré en ...février dernier 

Macron en a pourtant fait son 'chevalier blanc' du gouvernement

La Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique a dû sauter un passage du livre "Les mains propres" de Corinne Lepage. Si les neuf juges administratifs avaient fait leur travail et si la presse d'investigation ne sélectionnait pas ses dossiers, l'information aurait-elle été négligée ?
La secrétaire particulière de François Bayrou aurait été illégalement payé par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle Sarnez, députée européenne. Corinne Lepage dénonce une pratique qui surprend d'autant plus que Bayrou se donne volontiers de des airs Monsieur Propre dans les media sympathisants.
Cette avocate dénonce les dérives de la société - et de ses institutions livrées aux mains des politiques -, à la façon du FN, dit-elle, mais pourrait se ranger aussi bien dans les rangs de Mediapart ou du Canard enchaîné, pour expliquer ce qui fait que la société française dérive.

Voici  l’extrait en question

Résultat de recherche d'images pour "corinne lepage Mains propres""C’est ainsi que des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire. Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. 
Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée … par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens. Ce cas n’est pas unique et le Front national s’en est même fait une spécialité. Ainsi Florian Philippot, vice-président du Front national, a émargé comme assistant parlementaire durant cinq ans. Pire encore, Louis Alliot, compagnon de Marine Le Pen, aurait dû être à ce titre exclu des fonctions d’assistant parlementaire de sa compagne (puisque l’emploi de personnes de la famille, d’époux ou de concubins est proscrit par les règles européennes)."

Les moeurs politiques de Bayrou et du MoDem 

ne sont pas plus respectables que celles de la famille Le Pen et du FN.

Le Parquet, dont Bayrou est le maître, va-t-il encore se déclarer incompétent ?S'il l'est dans les atteintes à la morale politique en France, on n'imagine pas qu'il mobilise les instances européennes.

vendredi 26 mai 2017

Edouard Philippe lie son avenir au sort de Richard Ferrand dans la tourmente

Le Premier ministre, Edouard Philippe, laisse le peuple seul juge

Edouard Philippe s'est lavé les mains 
vendredi du sort de son ministre Richard Ferrand

Le Premier ministre considère que les électeurs seront "le juge de paix" de son ministre de la Cohésion (Aménagement) des territoires et candidat aux législatives dans le Finistère, après les révélations du Canard enchaîné sur une opération immobilière concernant sa compagne impliquant les Mutuelles de Bretagne dont il était le directeur général. "Il n’y a pas de procédure juridictionnelle en cours; il n’y a donc pas une affaire; il y a un débat. Ce débat, il est politique et il sera tranché par ceux qui sont les plus à mêmes et les mieux à même de trancher les débats politique qui sont les électeurs et les citoyens français", a déclaré le premier ministre. 

Philippe a tenu à se solidariser de Ferrand
Il s’est exprimé en marge d’une visite de soutien au secrétaire d’Etat Mounir Mahjoubi, alors que sa prise de position a tardé à venir. Ce secrétaire d'Etat et candidat En Marche! défie le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélisdans la circonscription dont il est l'élu sortant. "Et les électeurs de la circonscription dans laquelle Richard Ferrand se présente pourront dans deux semaines dire si, comme moi, ils ont confiance en Richard Ferrand, et ce sera le juge de paix, celui que personne ne peut dépasser en démocratie", a estimé E. Philippe qui a pu voir ci-dessus que Kostas ne déplace pas les foule sur son fief. 

Richard Ferrand a exclu jeudi de rendre son maroquin 

Et son premier ministre pourrait donc être entraîné avec lui dans la tourmente. 
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Selon Le Canard enchaîné, en 2011, les Mutuelles de Bretagne dont il était le directeur général avaient souhaité louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins et avaient choisi, entre trois offres, celle d’une société immobilière - une SCI non encore constituée - dont la compagne du ministre devait être la propriétaire, mais qui était restée masquée jusqu'après la signature de la transaction. 
Résultat de recherche d'images pour "edouard philippe R Ferrand.html""Ca démontre encore plus clairement et encore plus fortement la nécessité d’avoir des règles d’une très grande clarté afin de pouvoir les respecter de façon extrêmement stricte. Et tout l’objectif du gouvernement dans la loi que nous sommes en train de préparer, c’est justement de proposer des règles extrêmement strictes qui permettront à l’ensemble des parlementaires, et en vérité à l’ensemble de ceux qui exercent des responsabilités publiques, de ne pas se placer dans des situations qui seraient légales mais contestées", a poursuivi le Premier ministre. 
"Pour ça, on a besoin d’une loi claire, c’est l’objectif du gouvernement, a-t-il répété, et je crois que vous aurez l’occasion de voir rapidement dans quel domaine la clarté, la précision et l’efficacité seront proposées", a-t-il annoncé. 

Défaillance de la Haute Autorité pour Transparence de la Vie Publique 
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La HATVP peut se saisir des situations de conflit d’intérêts et éventuellement prononcer une injonction d’y mettre fin. Ses neuf membres ont précisément été sollicités en amont de la constitution du gouvernement, en sorte que l'exécutif ne se retrouve pas confronté à une autre affaire Cahuzac en aval. Mais ces juges administratifs indépendants n'ont rien décelé dans la situation compliquée de R. Ferrand et ont ainsi démontré leur incompétence. 
Ils n'auront servi qu'à être le prétexte au retard de 48 heures pris dans la publication des membres du gouvernement. La vérité était donc bien une difficulté imprévue d'équilibrage des forces politiques.

La transparence n'est pas naturelle dans l'équipe Macron
Plusieurs responsables socialistes, ancien parti de R. Ferrand, ont critiqué le silence du Garde des Sceaux François Bayrou, qui prépare un projet de loi de ..."moralisation de la vie publique". Cette loi ne devra pas s'appliquer seulement aux autres.