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samedi 12 janvier 2019

"Gilets jaunes" : des journalistes partisans pris à partie à Rouen et Toulouse

Le peuple rappelle les journalistes "violemment agressés" (sic) à leur devoir d'objectivité

La presse arrogante n'est pas au-dessus de la morale républicaine

Le 1er juin 1994, en pleine campagne pour les élections européennes, Paul Amar anime un débat opposant Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie. Au début de l’émission, il brandit deux paires de gants de boxe qu’il propose aux contradicteurs. Face à la polémique que ce geste suscite, le président de France Télévisions, Jean-Pierre Elkabbach, le contraint à la démission.
Paul Amar, journaliste aux gants de boxe, lors du 
débat opposant JM Le Pen et B.Tapie,le 1er juin 1994, 
en pleine campagne pour les élections européennes
L' 'acte 9' des "gilets jaunes" a été l'occasion de remettre les media à leur place. Les agresseurs se disent agressés un peu partout en France, mais refusent de se remettre en cause, comme Macron. Si ce dernier a été élu (par défaut et avec 24% des suffrages exprimés et 19, si on prend en compte ), les premiers ne le sont pas : les journalistes tiennent leur pouvoir d'oligarques. Des journalistes ont donc été pris à partie, notamment à Rouen et Toulouse.

Les journalistes entretiennent la colère des "gilets jaunes" 
Jour après jour, la presse envoie contre les manifestants ses blindés à roues, Ruth El Krief, Dominique Rizet ou Christophe Barbier (BFMTV détenue par Alain Weill, PDG  du groupe SFR), ses flash balls Jannick Alimi (Le Parisien du groupe Les Echos, propriété du groupe LVMH, numéro 1 mondial du luxe), Jean-Michel Aphatie (Europe 1 de Lagardère SCA, comme Paris Match ou Le Journal du dimanche) ou Jean-Jacques Bourdin (RMC du groupe SFR) et ses gaz lacrymogènes Laurent Neumann (Le Point de François-Henri Pinault), Gérard Leclerc (CNews du groupe Canal+, façon Bolloré) ou Laurent Joffrin (Libération de Patrick Drahi, propriétaire de SFR), engins toxiques bons pour la réforme.

Depuis le début du mouvement, plusieurs reporters ont été rappelé à l'honnêteté intellectuelle alors qu'ils couvraient les manifestations dans le respect de la ligne gouvernementale. Cela a de nouveau été le cas lors de l'acte 9 ce samedi 12 janvier.

A Rouen, PS, une équipe de journaliste de LCI (groupe TF1) a été "violemment agressée" - comme si une agression pouvait être douce -  par une dizaine de manifestants. 
Sur une vidéo relayée par le quotidien régional Paris-Normandie, on peut voir une personne tomber à terre et recevoir une pluie de coups. Infox (fake news) ou intolérable réalité, est-il démontré que cette "personne" est un journaliste ? 


"Tout est mis en œuvre pour livrer leurs agresseurs à la Justice" 
Selon Paris-Normandie, les journalistes étaient accompagnés de deux agents de sécurité (une mesure prise par certains media suite aux agressions subies) : l'un d'entre eux n'a pas manqué de se faire transporter à l'hôpital, par nécessité ou par volonté de dramatisation ? 
BFMTV précise qu'une équipe de France 3 Normandie a également été prise pour cible par les manifestants à Rouen, puisque le CSA ne rappelle pas la presse partisane aux règles déontologiques de la profession. 

Le secrétaire d'Etat auprès du demi-ministre de l'Intérieur a apporté son soutien aux journalistes via Twitter : "Tout est mis en œuvre pour livrer leurs agresseurs à la Justice", écrit-il. C'est Laurent Nunez, et non  France 3, qui a annoncé qu'une plainte a été déposée. 

Même discours du côté de son binôme, Christophe Castaner. 
Il fait la leçon : "Dans notre démocratie, la presse est libre. Dans notre République, la liberté d'informer est inaliénable. Violenter des journalistes, c'est attenter à l'une et à l'autre : ils devront en rendre compte devant la Justice", fait savoir le ministre de l'Intérieur, toujours sur Twitter.
En république, agresser le peuple est-ce "attenter à la démocratie" ? 


Castaner va vite en besogne: il dégaine plus vite que son cerveau ne fonctionne 
L'Express précise que la "personne" à terre est un ...agent de sécurité et non pas un journaliste. "On y voit l'agent être entouré, mis à terre puis frappé à de multiples reprises par plusieurs personnes, dont certaines portant un gilet jaune. Il souffre d'une fracture du nez, a indiqué Thierry Thuillier, patron de l'information du groupe TF1 (LCI). "Nous condamnons avec la plus grande fermeté cet acte", a-t-il dit. Une plainte a été déposée.

Grosse frayeur à Toulouse
 

Une journaliste de la Dépêche du Midi 
- proche du PS, puisque Jean-Michel Baylet (parti radical de gauche) a été ministre dans le gouvernement Manuel Valls - aurait (conditionnel) également été prise à partie, alors qu'elle se trouvait dans sa voiture. Selon Lionel Laparade, rédacteur en chef adjoint du quotidien régional qui dénonce cette agression sur Twitter, la journaliste aurait pu échapper à ses agresseurs grâce à l'aide de deux autres "gilets jaunes". Ainsi, avec la volonté de nuire à l'ensemble, ne retient-on en titre que le cas isolé de l'affrontement au détriment du plus grand nombre pacifique. 


A Paris, une équipe de journalistes de LCI a aussi été prise à partie

Une journaliste aurait été jetée à terre avant d'être protégée par d'autres manifestants, rapporte un journaliste de l'AFP. 

A Pau, ville dont le maire est Bayrou, un pigiste identifié (à tort) comme travaillant pour BFMTV a reçu quelques coups de la part d' "individus" (sic) vêtus de gilets jaunes.

A Toulon, dans le Var, deux journalistes vidéo de l'AFP ont été "menacés" (sans autre précision), avant de trouver refuge dans un restaurant, alors qu'ils filmaient des échauffourées. D'abord pris à partie par un jeune homme sans gilet jaune, ils ont été poursuivis par une dizaine de personnes [par omission de la précision qu'ils ne l'étaient pas, la presse suggère que ces derniers pourraient l'avoir été] et ont reçu "des claques dans le dos, dans la caméra" et un "coup de pied (...) dans la hanche", a raconté l'un d'eux. On ne saura pas si des agents de sécurité ont fait le job, avec zèle ou non...

Le gouvernement protège la presse. Et réciproquement

A l'instar de CNews, de nombreux media ont exprimé leur soutien aux journalistes agressés.

BFMTV est particulièrement vindicatif:

CNews revendique le droit au parti-pris "en toute quiétude"

Europe 1 est solidaire de ses confrères contre le mouvement des Gilets jaunes:

Pourquoi RTL ne concentre-t-elle pas pareillement sur elle la colère des manifestants en lutte pour la défense de leur pouvoir d'achat ?Le ministre de la Culture Franck Riester a dénoncé sur Twitter un "ignoble lynchage" à Rouen. 

Le porte-parole du gouvernement
Benjamin Griveaux , très véhément, a poussé un "coup de gueule" sur le réseau social : "Depuis des semaines des équipes de journalistes sont prises à partie et subissent des violences de la part de manifestants partout en France". 

Ce porte-parole agressif manque à son devoir de réserve et de rassemblement des Français
: il ne cesse en effet de vilipender toute opposition, jetant un doute fort sur la volonté d'apaisement de l'Etat à la veille du 'grand débat national'.

Ce lundi, les équipes de BFMTV avaient confirmé leur hostilité aux gilets jaunes quels qu'ils soient : dans un amalgame dont elles sont coutumières, elles ont refusé de couvrir la mobilisation des "gilets jaunes" pour protester, disent-elles, contre les violences subies ces dernières semaines. "On sait que la totalité des "gilets jaunes" n'est pas en cause, mais là les faits sont extrêmement graves et inquiétants de notre point de vue, pour la liberté de la presse et la façon dont on travaille au quotidien avec ces manifestants depuis plusieurs semaines", s'était justifié François Pitrel, journaliste reporter d'images et président de la SDJ de BFMTV.

BFMTV instrumentalise la liberté de la presse à son profit
La liberté de la presse est un bien commun sur lequel la chaîne n'a aucun droit d'appropriation. Elle repose sur la liberté d'opinion et la liberté d'expression que tous les Français ont en partage. Toute annexion à des fins personnelles ou corporatives est un abus de pouvoir.

Les media visés par des bousculades, reproches et accusations qualifiés d' "agressions violentes" n'ont qu'un seul droit, se remettre en question. 
La liberté de la presse n'est pas un droit à la désinformation.


mardi 12 décembre 2017

France Télévisions : motion de défiance des journalistes contre la présidente

PDG de France Télévisions nommée par Hollande via le CSA, Delphine Ernotte, sur un siège éjectable

Seules les féministes regretteront peut-être Ernotte-Cunci, première femme à diriger France Télévisions, sa principale caractéristique 

La perspective de nouvelles suppressions de postes dans le secteur de l'information en 2018 a mis le feu aux poudres. Les journalistes des rédactions nationales devaient procéder au vote d'une motion de défiance, ce mardi 12 décembre.  

Cinquante millions d'euros, c'est le montant des économies imposées par l'Etat service public de France Télévisions en 2018. La société des journalistes (SDJ) de France 2 n'apprécie guère la gestion de la crise par la direction et organise donc ce vote de défiance. 

Cette motion a été soumise mardi à l'ensemble des rédactions du groupe (France 2 et 3, franceinfo, franceinfo.fr et le service des sports), avec l'appui de leurs SDJ respectives. Le vote est organisé de 9h à 19h et son résultat devrait être connu en début de soirée.

Une seconde motion de défiance contre la direction de l'information a été repoussée. 
En revanche, une seconde motion de défiance contre la direction de l'information du groupe (pilotée par le successeur de Michel Field à la direction de l'info, Yannick Letranchant, dont il faut savoir que la potiche Sophie Le Saint est l'épouse, pour le cas où vous vous ne parveniez pas à comprendre comment elle peut aujourd'hui être présentatrice inamovible des journaux de "Télématin" sur France 2) a été repoussé lors de l'AG par une large majorité, selon la même source.

La direction du groupe est aussi engagée dans un plan de suppression de 500 postes d'ici à 2020. 
Pour y arriver, le choix de la direction de France Télévisions s'est tout d'abord porté sur les moyens des magazines d'investigation 'Complément d'enquête' et 'Envoyé spécial' présenté par Élise Lucetjugés radicaux à la suite de plusieurs polémiques, sans compter 'Cash investigation', présenté par la cumularde Élise Lucet, pourtant également controversé.
Une décision de fusion a fait bondir les journalistes, obligeant la direction à faire machine arrière. Mais les démentis n'ont pas suffi. 

Environ 250 journalistes de France Télévisions ont validé ce lundi, en assemblée générale, la mise au vote mardi d'une motion de défiance intitulée : "Faites-vous confiance à Delphine Ernotte-Cunci pour préserver la qualité et les moyens de l'information à France Télévisions ?", à l'encontre de la présidente du groupe. 

L'extrême gauche durcit le conflit : grève, mercredi 

Trois importants syndicats du groupe, le SNJ-CGT (extrême gauche), FO et le SNJ (Syndicat national des journalistes, fondateur de l'Union syndicale Solidaires, trotskistes de SUD), ont lancé un appel à lune grève de 24 heures mercredi 13. 

Déjà affaiblie en interne, la PDGère du groupe doit aussi faire face au lâchage du président de la République. "L'audiovisuel public est la honte de la république", aurait lancé Emmanuel Macron devant des députés. Sans qu'on sache, à vrai dire, qui, de  la patronne  ou des journalistes politisés, étaient visés. 
Ces propos prêtés au président sont rapportés par l'hebdomadaire L'Express, mais démentis par l'Elysée. 

Une chose est sûre néanmoins, le président veut transformer radicalement et rapidement le paysage audiovisuel public françaisalors que le milliardaire Patrick Drahi est en situation de grande faiblesse le propriétaire franco-israélien du groupe L'Express, qui détient également Libération ou i24news - avec des visées sur le groupe NextRadioTV (la radio RMC et la chaîne d’info en continu BFM TV) -, outre Numéricable et SFR, ne parvient plus à financer sa dette.

Féministe, Delphine Ernotte est engagée pour l'égalité professionnelle homme-femme. 
Dans un entretien de 2012, elle déclara "Les femmes se demandent toujours si elles sont capables, il faut que ça change". Elle fait actuellement l'expérience qu'il ne suffit pas d'être une femme pour être capable.

mardi 29 août 2017

Le journaliste Bruno Roger-Petit à l'Elysée, pour preuve de l'indépendance et de la liberté de la presse

Le renouvellement de la vie publique selon Macron, ce n'est encore pas pour demain

Macron le fait sortir de son néant absolu, mais le maintien dans son sectarisme assumé
10 choses à savoir sur Bruno Roger-Petit, le polémiste qui rejoint l'Elysée
BRP, polémiste limité, voire casquette sur les oreilles
Emmanuel Macron a déclenché aussitôt une vague de critiques sur les liens entre media et monde politique en encombrant son dispositif de communication du journaliste Bruno Roger-Petit, nommé mardi porte-parole de l'Elysée. Ainsi Jupiter ne fait-il encore preuve ni de psychologie, ni de connaissance des hommes en s'adjoignant ce pédoncule étriqué :  en effet, l'insignifiance du personnage ne rehaussera pas le prestige présidentiel. Il ne fera que tirer Macron vers le bas des sondages.

Déjà, à 54 ans, Bruno Roger-Petit ne rafraîchit pas l'entourage du locataire de l'Elysée. Il a tout fait à la télévision, sans jamais émerger de la petite lucarne, d'abord sous la houlette de feu le journaliste socialiste  Georges Fillioud qui sera secrétaire d'État auprès des premiers ministres Mauroy et Fabius de Mitterrand, chargé des techniques de la communication, son militantisme lui tenant lieu de compétence et notamment sur le service public, depuis l'après de Gaulle toujours marqué à gauche. Entré à Antenne 2 en 1988, sous Mitterrand, Bruno Roger-Petit sera fait grand reporter au service politique intérieure jusqu'à 1994, puis présentateur des journaux de Télématin de William Leymergie puis du Journal de la nuit (1994-1998).
Sa rédaction lui opposant sa ligne éditoriale, il piqua une crise en direct, de dépit, et jeta ses fiches par-terre : le terroriste déséquilibré fut licencié. Il alla se faire voir sur France 5 au côté de Jean-Luc Delarue.
Il se fit ré-intégrer sur France 2 en octobre 2005, quand Raffarin entra à Matignon, et resta fonctionnaire jusqu'en mai 2006.

On le voit ensuite sur D8 et i-télé, tant que ces chaînes furent aux mains du groupe Canal+, créé par un proche de Mitterrand dont il a été l'exécuteur testamentaire, le propriétaire des taxis G7, puis son chef de cabinet, André Rousselet. En juillet 1984, le gouvernement nomme André Rousselet président d'Havas, poste qu'il occupe jusqu'en 1986. Difficile pour Macron et Bruno Roger-Petit de contester qu'ils sont dans la continuité socialiste.

Nous passons sous silence, comme insignifiante, sa traversée du désert de 1998 à 2008 sur les chaînes de radio, BFM et France Inter, ou sans la presse écrite (2003-2006) comme rédacteur en chef du magazine gratuit Sport, le temps de ses trois premiers numéros : l'écriture n'est pas le moindre de ses points faibles...

Indésirable dans nombre de salles de rédaction,

Bruno Roger-Petit s'essaya à l'internet. 
A partir de 2008, Bruno Roger-Petit contribua au site Le Post.fr qu'il quitta en mai 2011 (avant qu'il ne sombre définitivement  en janvier 2012) pour participer au Plus du Nouvelobs.com propriété à 66% des actionnaires du Groupe Le MondePierre BergéXavier Niel et Matthieu Pigasse, et à 34% du Groupe Perdriel, et dont le rédacteur en chef est Matthieu Aron, ex-journaliste sur les diverses chaînes mutualisées de Radio France - jusqu'en janvier 2015. Il contribua alors au site Challenges.fr. du même propriétaire de presse et fabricant de sanibroyeurs. 

Dès janvier 2012, Le Post s'arrêta et la page d'accueil du site redirigea vers Le Huffington Post, copie française du site américain d'actualité créé en France par Anne Sinclair, épouse du socialiste Dominique Strauss-Kahn dont elle a divorcé. Bruno Roger-Petit fut alors vendu avec les photo-copieuses : les chroniqueurs invités du site se sont vus remerciés fin décembre 2011 par Le Monde interactif, lequel avait signé un partenariat avec Le Huffington Post, actuellement renommé HuffPost.

Des pérégrinations qui ne sont pas celles d'un perdreau de l'année et dont la nomination à l'Elysée surprend légitimement : Macron a commis une nouvelle bourde.

BRP "aura pour mission de relayer la parole publique de l'Elysée" 

Pour ce faire, il aura tous les moyens à sa disposition, "notamment le compte Twitter de la Présidence", a indiqué l'Elysée dans un communiqué. De beaux jours en perspective : certes, outre une pensée confuse et un parti-pris qui relaie Laurent Neumann loin derrièreBRP n'a aucun style, mais son problème de maîtrise du flot de ses platitudes et de références mal maîtrisées, en phrases interminables chargées de tournures ampoulées, sera confronté à la difficulté, surhumaine chez lui, de la synthèse. Mais, faisons lui confiance, en 140 signes, il est capable de plusieurs fautes d'orthographe par ligne... 

Alors qu'Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont insisté récemment sur la nécessité d'une meilleure "pédagogie" sur les grands chantiers du quinquennat, Pruneau Roger-Petit va plomber le dispositif de communication de l'Elysée, qui depuis le 14 mai a été placé sous la houlette de Sibeth Ndiaye, une gaffeuse vulgaire qui confirma le décès de Simone Veil en ces termes : "Oui, la meuf est dead"... Jusqu'à présent, c'est Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, qui avait assuré la plupart des interventions. Se décrivant comme un "besogneux", Castaner apparaissait dépassé. Il le sera désormais doublement.

Les visages de la presse militante
Le poste de porte-parole du président avait jusqu'ici été tenu uniquement par David Martinon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, de mai 2007 à mars 2008. "Bravo pour cette belle mission. Je vous souhaite le meilleur [mot-à-mot de l'anglais 'all the best'...]. Passionnant et amusant. Vous verrez", a tweeté D. Martinon.

Plusieurs autres présidents avaient déjà choisi des journalistes parmi leurs conseillers en communication, comme François Hollande qui avait embauché Claude Sérillon en 2012, ou Nicolas Sarkozy qui s'était adjoint les services de Catherine Pégard en 2007. 

Et Emmanuel Macron avait lui durant sa campagne recruté la journaliste Laurence Haïm comme porte-parole. 

Pruneau Roger-Petit avait déjà pris parti pour Macron à plusieurs reprises. 
Le macronolâtre a affiché son soutien pendant la campagne présidentielle de 2017,  singulièrement sur BFMTV, et a figuré parmi les invités d'Emmanuel Macron à la soirée de La Rotonde où le candidat et ses proches avaient fêté sa victoire au premier tour, le 23 avril. Au mois de mars, il avait aussi publié un livre au vitriol contre François Fillon intitulé "Le pire d'entre nous". 

En mars, lSociété des journalistes avait protesté contre la proximité de l'éditorialiste avec le leader d'En Marche ! durant la campagne présidentielle. 

La (SDJ) de l'hebdomadaire Challenges dénonça  "la fréquence bien plus élevée" des publications "pro-Macron/défavorables à ses adversaires" sur son site internet qui "annihile totalement la tentative de rééquilibrage".

Mardi matin, le journaliste a décidé de ne pas assumer son passé: le pleutre a effacé toute trace compromettante de son compte Twitter, effaçant tout l'historique de ses commentaires sectaires sur le réseau social. BRP a tenu à faire disparaître les attaques au vitriol contre la droite, en particulier celles ciblant l'actuel ministre de l'Economie, Bruno Le Maire...

Un exemple pitoyable du journalisme partisan.
Dès mardi sur les réseaux sociaux, ce recrutement - par défaut - n'a pas manqué d'alimenter les accusations de confusion des genres entre mondes politique et médiatique.

Les navettes entre les deux sphères ont accéléré ces dernières semaines, à l'instar de la nomination de l'ancien directeur de la rédaction d'Europe 1 Nicolas Escoulan au cabinet de Benjamin Griveaux, sous-fifre au ministère de l'Economie et des Finances.

En sens inverse, l'arrivée comme chroniqueurs dans des télés et radios de plusieurs anciens responsables politiques (Jean-Pierre Raffarin, Henri Guaino, Aurélie Filippetti, Julien Dray, Raquel Garrido...).
"Quand les politiques chroniquent et les chroniqueurs deviennent politiques, le nouveau monde devient d'abord celui de la confusion", a réagi sur Twitter le patron des députés socialistes Olivier Faure.
En 2015, dans une émission d'Europe 1, Roger-Petit estimait sur la foi de ses "27 ans de journalisme politique" que "beaucoup de journalistes politiques ont comme vocation de rentrer comme conseiller du prince", lançait  le moraliste aigri, fustigeant à la volée.

"Vous faites un déplacement comme journaliste politique et vous avez toujours le confrère qui va dire au politique : 'y a qu'à, faut qu'on, vous devriez". (...) Est-ce que ça me gêne ? Non", avait ajouté l'ancien de l'Obs, épinglant "la pseudo-objectivité" de certains de ses confrères.

Le tout-Macron ne manquera pas de nous saouler.

La diète médiatique de Macron est donc achevée. Voici que s'ouvre l'ère de l'abondance avec des plats servis et resservis froids et chauds par Castaner et Roger-Petit, sur toutes les chaînes de radio et de télé, à toute heure de l'info en continue, en doublons et en télescopages: des embrouilles à n'en plus finir, jusqu'à la nausée des Français. Ruth Elkrief et Laurent Neumann ne sont plus seuls sur le marché...
Et voilà que le président annonce des entretiens (radiophoniques) au rythme de deux par mois. Le temps du trou normand ?
Une orgie de pédagogie ou plutôt de propagande...

 

jeudi 15 juin 2017

Macron menace l'indépendance et les privilèges de la presse

Les journalistes inquiets pour l'indépendance de la presse sous le règne de Macron 1er 

Plusieurs sociétés de journalistes (SDJ) s'inquiètent de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement

Empires de presse en péril....
Après avoir fait campagne pour le banquier Macron, à l'instigation de leurs patrons de presse, des hommes d'affaires engagés, ces SDJ amères expriment leur inquiétude, notamment en matière d'"indépendance des media"Mardi, dans une tribune publiée sur plusieurs sites, une vingtaine de sociétés de journalistes se sont alarmées de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement en matière, non seulement d' "indépendance des media", mais aussi de "protection des sources". 

"Face à la liberté d'informer, le nouvel exécutif fait le choix de la tentative de pression, de la répression judiciaire et du procès d'intention", dénoncent dans ce texte les SDJ du privé l'AFP, Alternatives économiques, BFM TV, Les Échos, Europe 1, L'Express,  Libération, les JT de M6, Mediapart, Le Monde, L'Obs, Le Point, Premières Lignes Télévision,RMC, RTL, Télérama, La Vie et les rédactions de Dream Way Production et LaTeleLibre, ainsi que le service public de  Radio France, RFI, France 2 et la Rédaction nationale de France 3

"Deux ministres ont envoyé des signaux extrêmement préoccupants quant à la manière dont ils conçoivent l'indépendance des media et la protection des sources, ou plutôt leurs limites", la semaine dernière, précisent les SDJ. 

Vendredi 9 juin, le ministère du Travail a porté plainte contre X pour vol et recel de documents à la suite de la publication dans Libération d'informations présentées comme des pistes de la future réforme du Code du travail. La ministre en charge est Muriel Pénicaud, 62 ans (ci-contre), ex-membre du cabinet de la ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (1985-1991), Martine Aubry, puis conseillère pour la formation (1991-1993) auprès de la ministre qui devait devenir frondeuse sous François Hollande, avant de passer dans le privé comme dirigeante d’entreprise multi-nationales (Dassault, Danone, Orange). 
Le gouvernement assure que la plainte ne vise pas Libération, mais le fonctionnaire à l'origine de la fuite. Or, le syndicat SNJ-CGT -affiliée à la CGT- y a vu "un signal envoyé à la profession pour la museler". 
Cette plainte a conduit Reporters sans frontières (RSF) à réitérer mardi "sa demande d’abroger le délit de recel" pour les journalistes et à appeler la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, "à abandonner sa plainte".
"Ces fuites, si désagréables soient-elles pour la ministre, portent sur des informations qui présentent un intérêt indéniable pour les citoyens, et leur publication relève du droit du public à l’information", déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF, citée dans un communiqué. "Il est inacceptable que des journalistes puissent, en démocratie, être considérés comme pénalement suspects de n’avoir fait qu’une chose : leur métier."

Le ministre d'Etat chargé de la Justice avait quant à lui exercé des pressions directes sur l'un des directeurs de Radio France 

François Bayrou lui avait adressé des reproches en fin de semaine dernière, se plaignant des appels de journalistes de France Inter au MoDem, parti dont il est toujours président, et les accusant de "harcèlement". Cet appel était intervenu mercredi, quelques heures avant la diffusion d.'une enquête sur les emplois d'assistants parlementaires d'une dizaine d'eurodéputés du parti centriste, allié au mouvement du président Macron, En marche!. 

Les SDJ s'inquiètent également d'une plainte déposée par En marche! le 11 mai. Elle vise la lettre d'information spécialisée La Lettre A, exclusivement destinée à l'information sur les cercles de pouvoir en France, "pour 'recel d’atteinte à un systèmes de traitement automatisé de données’. En clair, En Marche ! reproche à la Lettre A d’avoir exploité dans un article des informations tirées des 'MacronLeaks’, issues d’un vol numérique, le piratage de ses boîtes mail, au sujet des premiers grands donateurs du mouvement d'Emmanuel Macron, et son financement, questions "ultrasensibles pour le mouvement" présidentiel.


Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a d'ailleurs estimé dans un tweet que "le nouveau pouvoir n’a pas un problème avec la presse mais avec tous les corps intermédiaires".

Mardi, le Premier ministre, Édouard Philippe, a dû rappeler François Bayrou à son devoir d'"exemplarité", soulignant que "quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen". A quoi le maire de Pau a répliqué qu'il entend conservé sa liberté de ton et de parole, notamment face à la différence de la presse qui déconstruit son image frelatée de vertueux.

dimanche 4 décembre 2016

70 journalistes cassent i-télé, leur outil de travail, et puis s'en vont

La rédaction s'inflige une purge de près de 70 casseurs 

Après 31 jours de grève, le service de l'information a repris
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On reconnaît Bruce Toussaint

L'hémorragie des journalistes de la chaîne d'information s'arrêtera-t-elle ? Fin novembre, près de 70 d'entre eux promettaient de quitter i-Télé à la suite de leur longue contestation - celle d'Audrey Pulvar, Laurence Ferrari ou Aymeric Caron (2006-2008) - qui a paralysé la chaîne d'information en continu du groupe Canal+ pendant trente et un jours, ont indiqué plusieurs salariés vendredi.
 
Résultat de recherche d'images pour "adrien borne itele"Résultat de recherche d'images pour "sonia chironi i tele"Les présentateurs des matinales du week-end, Sonia Chironi (ci-contre à gauche) et Adrien Borne (ci-contre à droite, sorte de pitbull socialiste à lunettes avec l'excuse d'un traumatisme par un pédophile à l'âge de 13 ans: une raison pour être discriminant?), la responsable du web Élodie Safaris,
Résultat de recherche d'images pour "François Pinet itele"les journalistes Clément Méric (qui lâcha en direct "C'est très chiant pour l'instant" pendant un discours de Marine le Pen) et François Pinet (ci-contre, à droite, venu de France 2), notamment, avaient annoncé leur départ.
<br>Ainsi, 25 des 120 journalistes de la rédaction avaient déjà signé la rupture conventionnelle de leur contrat avec la direction de la chaîne, selon une source syndicale. 
Citons Guillaume Auda (dès août), Bruce Toussaint, Laurent Bazin, Florent Peiffer, Olivier Le Foll ou Mickaël Darmon (Sud Radio). 

Les autres négocient leur départ. 
"Il y a eu un effet boule de neige", a indiqué une salariée sous le couvert de l'anonymat." : secret de l'information ! "Ceux qui ne comptaient pas partir voient une rédaction décimée et se disent qu'ils ne pourront pas continuer", avait-elle assuré. 

Aucun remplaçant n'a encore été embauché,
car les ruptures conventionnelles prévoient un délai de rétractation de 15 jours, selon cette source. 

Restent Olivier Galzi ou Pascal Praud.

A noter que tous les départs notables ne sont pas la conséquence du changement d'actionnaire principal: Bruno Jeudy (sur BFMTV depuis la rentrée), Christophe Barbier (pour cause de conflit du fait que L'Express est détenu par Altice / BFM)

Une chaîne d'info assainie 

Depuis la reprise de l'antenne le 20 novembre, i-Télé présente une grille des programmes allégée, avec des émissions de 6 heures à 10 heures et de 18 heures à minuit, et des rediffusions de reportages le reste du temps. L'animateur controversé Jean-Marc Morandini, que les grévistes avaient désigné comme leur tête de turc en réclamant sa mise en retrait, a eu la possibilité de tourner des numéros pilotes de sa nouvelle émission, selon une source proche de la direction de la chaîne. Mais son retour à l'antenne n'est pas prévue avant l'arrivée de CNews, la nouvelle identité de la chaîne, dont la date de lancement n'est pas encore connue. 

Les départs prévus de six rédacteurs en chef et de deux chefs de service soulignent leur appartenance politique sans contre-poids. 
Résultat de recherche d'images pour "Michaël Darmon"
Résultat de recherche d'images pour "Jean-Jérôme Bertolus"De nombreux "figures" d'i-Télé avaient déjà annoncé leur départ de la chaîne, comme le journaliste politique Jean-Jérôme Bertolus ou les présentateurs Mickaël Darmon 
Résultat de recherche d'images pour "amandine bégot itélé"et Amandine Bégot, partie infiltrer LCI début novembre.

Les militants socialistes qui ont quitté l'organe de presse contre la direction duquel ils ont des a priori. Ils craignent pour leur identité éditoriale alignée sur le PS, comme les autres, ce qui interpelle sur leur volonté de pluralisme. Les grévistes réclamaient des garanties d'indépendance de leur rédaction vis-à-vis de leur actionnaire Vincent Bolloré. Ils ont obtenu la nomination d'un directeur délégué à l'information et de meilleures conditions de départ pour ceux qui ne partagent pas le projet prêté à la chaîne.  

Meneur du mouvement de grève qui a épuisé iTélé en octobre et novembre contre la direction, le journaliste Antoine Genton, ci-contre, président de la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne d'information, a utilisé l'antenne pour annoncer son départ, le 27 novembre 2016, à l'issue d'une édition spéciale consacrée à la primaire de la droite.