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mardi 5 mai 2020

Le SNJ s'élève contre "Desinfox Coronavirus", la page de tri des sites "fiables" selon le gouvernement

La presse saisit le Conseil d'Etat contre le gouvernement et son offensive de sélection des media 

Le Syndicat national des journalistes demande que soit retirée du site du gouvernement la nouvelle rubrique 'Desinfox Coronavirus'

Macron installe la France - "pays des droits de l'Homme" -
au rang de "république bananière"
Ce site s'est en effet donné pour mission d'ostraciser certaines sources d'information, en dressant la liste verte des liens vers des articles "de media français luttant, contre la désinformation, dans le cadre de la crise sanitaire". Un nouveau pas vers le rétablissement d'un ministère de l’Information, de l'ORTF ?
Les journalistes dénoncent une "ingérence manifeste des autorités publiques dans la liberté de presse".

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a déposé lundi un recours devant le Conseil d'Etat. 
Il veut ainsi que le gouvernement supprime de son site la page "Desinfox Coronavirus" qu'il a créée pour lutter contre "la prolifération" de " fausses informations", selon lui, sur la crise sanitaire, a annoncé sur Twitter cette organisation syndicale professionnelle révolutionnaire syndiquant exclusivement les journalistes professionnels, membre fondateur de l'Union syndicale Solidaires, acronyme SUD (anciennement Groupe des Dix) et de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
Dans son référé-liberté (recours en urgence), le SNJ demande au juge d'enjoindre le Premier ministre à supprimer cette page et de "faire cesser immédiatement l'atteinte grave et manifestement illégale portée aux principes de pluralisme dans l'expression des opinions et de neutralité des autorités publiques".

Une nouvelle rubrique du site gouvernement.fr !
Mis en ligne fin avril, en catimini, il distingue des "mauvais", les "bons" liens vers des articles "de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation". Mais cette initiative a aussitôt suscité la polémique.
Les média qui ont l'agrément de Macron et que les démocrates boycottent depuis sont franceinfo, Libération, 20 Minutes, Le Monde et l'AFP (Agence France-Presse
Ils appartiennent, dans l'ordre, à France Télévisions, à Bruno Ledoux et Patrick Drahi (avec aussi BFM, ainsi que L'Expansion ou L'Etudiant du Groupe L'Express); au groupe SIPA-Ouest-France et au groupe Rossel, La Voix du Nord, le Courrier Picard et la chaîne régionale WEO; aux hommes d'affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse (avec aussi Télérama et Courrier international), ainsi que L'Obs, et l'agence de presse, largement financée par l'Etat, bien que n'étant pas une entreprise publique.
Selon La Voix du Nord, soutien du "centralisme démocratique", le gouvernement serait une victime:


La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a raconté ses salades.

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"Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, le gouvernement travaille à garantir à l'ensemble de nos concitoyens l'accès aux informations les plus fiables possibles, en temps réel", a affirmé la menteuse assumée, samedi. 
"Nous assistons à une prolifération, que je qualifierai d'inouïe, de fausses informations, (...) et qui peuvent entraîner des conséquences sanitaires lourdes", a-t-elle expliqué pour tenter de justifier la main mise de Macron sur la bien-pensance médiatique, ajoutant, sans garanties, que cette page scélérate a "vocation à être supprimée une fois la crise terminée".


Pour mémoire, VOIR et ENTENDRE qui sont les auteurs de de l'infox officielle, comment la doctrine officielle a changé et qui se fait porteur servile des nouveaux messages:






Levée de boucliers : l'Etat n'est pas l'arbitre de l'information"

Une trentaine de Sociétés des journalistes et Sociétés des rédacteurs a dénoncé l'opération d'une seule voix, estimant, dans un texte publié dimanche, que "l'Etat n'est pas l'arbitre de l'information" et qu'il "donne l'impression, dans un mélange des genres délétère, de labelliser la production de certains médias".

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Le SNJ dénonce une "ingérence manifeste des autorités publiques dans la liberté de presse", disant, dans son recours, ses craintes, notamment, que cette initiative introduise "dans l'esprit du lecteur de la suspicion quant aux relations entre la presse et le monde politique".

L'étranger s'émeut de cette dérive autoritaire de l'Elysée.

lundi 16 décembre 2019

Radio France entre dans sa 4e semaine de grève

L'abattement fiscal de 7.650 euros des journalistes permet de tenir sur la durée?

Des employés de Radio France manifestent devantle ministère de la Culture, le 29 novembre 2019

Le conflit s'enlise à Radio France qui est entré lundi dans sa quatrième semaine de grève à l'appel de la CGT, "organisation représentative" qui  reconduit la mobilisation jusqu'à mercredi minuit et qui ne semble pas s'apaiser.

Les salariés du groupe public, en grève pour le 22e jour, réclament toujours le retrait du plan d'économies et de suppressions de postes prévu par la direction.

Le taux de grévistes à la mi-journée était de 3,21% des effectifs prévus, d'après un décompte communiqué à l'AFP par la direction du groupe, après 1,80% vendredi au même moment.

Les antennes de France Inter, France Info, France Culture diffusaient un service musical et quelques bulletins d'information, lundi et la perspective du mouvement interprofessionnel contre la réforme des retraites de mardi et celle d'un nouveau mouvement de grève intersyndical jeudi à Radio France ne laissent pas présager d'amélioration.

Outre la CGT, qui a déposé un préavis renouvelable le 25 novembre, la section FO de Radio France appelle à la grève jeudi, dénonçant un projet dangereux "pour chacun.e des salarié.es et pour la pérennité de l'entreprise" tandis que le SNJ, la CFDT, Sud et l'Unsa ont déposé ensemble un autre préavis pour jeudi.

"La mobilisation par tous les moyens se poursuivra en 2020. 

L'Etat et la direction de Radio France doivent considérablement revoir leur copie", écrivent les organisations dans un communiqué, dénonçant "l'inconscience" de la direction qui convoque jeudi les syndicats à une réunion de négociation "sur les seules modalités d'accompagnement des salariés volontaires au départ".

Dans un entretien au JDD ce week-end, la patronne du groupe Sibyle Veil a opposé que retirer ce plan "serait irresponsable" mais admis qu'"il reste des inquiétudes auxquelles je souhaite répondre par le dialogue social. Pour cela, la négociation doit s'intensifier".

"Si sa volonté de dialogue était si grande que ça je ne pense pas qu'il y aurait l'ensemble des organisations syndicales représentatives de la maison qui seraient opposées à ce plan", a répliqué un représentant du personnel lors de l'AG de lundi.

Les représentants du personnel ont également dénoncé les propos de Mme Veil sur le fait qu'"il ne doit pas y avoir de disproportion entre mobilisation réelle et mobilisation ressentie".

Un représentant syndical du SNRT-CGT de France Medias Monde, invité à s'exprimer, a dénoncé de son côté un projet de 30 suppressions de postes via un plan de départ volontaire dans le groupe qui coiffe la radio RFI et la chaîne France 24.


mardi 23 avril 2019

RSF et SNJ dénoncent des atteintes à la liberté d'informer dans la France de Macron

L'Acte 23 des Gilets jaunes a été l'occasion de règlements de comptes de l'Etat avec la presse non alignée

Après des incidents avec les forces de l'ordre, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et Reporters dans frontières (RSF) font état d'atteintes à la liberté d'informer.

Résultat de recherche d'images pour "Gaspard Glanz"
Deux journalistes en garde à vue, plusieurs touchés par des grenades de désencerclement… Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et Reporters sans frontières​ (RSF) ont dénoncé dimanche des atteintes à la liberté d’informer après des incidents entre forces de l’ordre et journalistes samedi lors de l’acte 23 des Gilets jaunes. "Il y a eu plusieurs interpellations de journalistes et d’autres incidents", a révélé Vincent Lanier, premier secrétaire national du SNJ, suite notamment à l’interpellation de deux reporters indépendants à Paris, Gaspard Glanz et Alexis Kraland (reporter indépendant de 'Street Politics').

Ces deux poils à gratter de Macron ont été placés en garde à vue samedi, notamment pour "participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations", selon le Parquet de Paris.
COMMUNIQUÉS DE PRESSE
23e samedi des Gilets Jaunes : respectez la liberté de manifester et d’informer !

A la veille du 23e samedi de manifestations des Gilets Jaunes, le syndicat national des journalistes (SNJ), première organisation de la profession, constate :
- que le gouvernement n’a toujours pas proposé de solution politique en réponse aux revendications sociales des femmes et des hommes qui manifestent depuis plus de cinq mois dans notre pays ;
- que les manifestant(e)s sont soumis(e)s à des entraves dans leurs droits constitutionnels ;
- que les forces de police et de gendarmerie utilisent des matériels dangereux à l'encontre des citoyen(ne)s ;
- que loin de laisser la presse faire son travail, de nombreux témoignages (comme la semaine dernière à Toulouse) démontrent que les forces de l’ordre agissent brutalement contre les journalistes, comme en témoignent les 62 signalements effectués par notre confrère David Dufresne.
Le SNJ rappelle qu’il est aux côtés des journalistes victimes et interpelle les ministres concernés :
La France ne doit pas devenir un pays de non-droits.
Respectez et faites respecter la liberté de manifester et d’informer !
Paris, le 19 Avril 2019
"Assurer la sécurité des manifestants et des journalistes"
Le ministère de l’Intérieur répète à l'envi que "les forces de l’ordre sont mobilisées chaque samedi pour empêcher les violences, assurer la sécurité des manifestants, mais aussi celle des journalistes, régulièrement – et ce samedi encore – prises à partie. Si des journalistes sont interpellés – ce qui peut arriver – ils ne le sont évidemment pas ès qualités mais en raison des infractions relevées" (déclaration du dimanche 21 avril) .

"Une pente très dangereuse"
"On commence à se poser des questions : est-ce qu’il n’y a pas une volonté déterminée d’intimider notamment les photographes sur le terrain ? On a l’impression que certains sont ciblés", a dénoncé Vincent Lanier du SNJ. "Il y a des tensions, c’est vrai, sur le terrain entre des policiers et des photographes, mais de là à interpeller, il y a un gros problème. On est sur une pente très dangereuse par rapport à la liberté d’informer, c’est la liberté de la presse qui est menacée", a-t-il insisté. 
La question est de savoir si ils ont reçu des consignes de leur hiérarchie et à quel niveau supérieur.

"Le nombre d’incidents depuis le début du mouvement des Gilets jaunes qui visent autant des journalistes professionnels et non professionnels clairement identifiés "Presse" au moment où ils sont en train de filmer ou photographier entrave le travail de la presse et limite de facto la captation d’images de ces événements qui sont par nature d’un intérêt crucial pour le public" [et la démocratie], a de son côté regretté Catherine Monnet, rédactrice en chef adjointe à RSF. "Cela va à l’encontre du droit et de la liberté fondamentale d’informer. 
Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement ces manifestations afin de pouvoir rapporter leur déroulement et les agissements des manifestants comme celui des forces de l’ordre", a-t-elle rappelé.

Plusieurs journalistes blessés

Plusieurs journalistes ont été blessés samedi lors des manifestations, alors que les anarcho-révolutionnaires du Black bloc s'étaient très peu mobilisés. 21 personnes ont été interpellées à titre préventif et placées en garde à vue.

En milieu d'après-midi, la police avait procédé à Paris à 189 interpellations et à plus de 17.500 contrôles préventifs, selon la préfecture. 
A 16h, 122 personnes avaient été placées en garde à vue dans la capitale, dont 4 mineurs.


Communiqué :
Lors de la 22e journée de mobilisation à Toulouse samedi 13 avril, la répression policière a été d’une forte intensité.
La presse a été particulièrement ciblée.
SEPT journalistes ont été la cible de violences physiques de la part de la police et des CRS.

Une journaliste de TVBruits a été blessée à la tête par une grenade lacrymogène, elle a été soignée immédiatement par une équipe de streetmedics de La Rochelle et est hors de danger.

Un journaliste filmant en live pour le site 'Révolution Permanente' a été blessé par une grenade explosive de désencerclement reçu au niveau des jambes.

Deux journalistes ont été violemment agressés rue Merly. Un policier de la BAC a arraché le sac à dos de la journaliste, puis la bousculée et jetée au sol, arraché son casque, lui a donné plusieurs coups de matraque, un coup de pied. Le photographe a côté d’elle a tenté de la protéger, il a reçu plusieurs coups de matraque et coup de pieds, son matériel a été cassé.

Un cinquième nom se rajoute [s'ajoute] à la liste des journalistes frappés par la police samedi 13 avril à Toulouse. Il s’agit du caméraman de l’émission Quotidien sur TMC, frappé à coups de matraque quand lui aussi essayait de sortir de la nasse policière de 12h, allée Jean Jaurès.

Un photographe a reçu un coup de matraque ayant cassé son objectif rue Alsace Lorraine.

Un photographe a été plaqué au sol avec son trépied, son matériel cassé, rue Alsace Lorraine.

Face à une telle situation, nous tenons à interpeller citoyens et responsables politiques sur les dérives autoritaires de l’état constituant une atteinte à la liberté de la presse, qui se joint à une atteinte à la liberté d’expression et de manifestation.

Nos équipes présentes de 9h30 à 19h sur le terrain n’ont à aucun moment été la cible d’agressions verbales ou physiques de la part des manifestants gilets jaunes et ne nous ont pas empêchés de faire nos reportages. Comme lors des 21 manifestations précédentes organisées par les Gilets jaunes.

TVBRUITS

A Paris, un photographe de l’Agence France-Presse "a reçu une grenade lacrymogène dans les jambes" et a "pris un coup, hors action" d’un policier, a indiqué son rédacteur en chef photo France Olivier Morin. 

Une vidéaste de l’AFP a également indiqué que sa chaussure avait pris feu après le tir d’une grenade de désencerclement. Elle a été prise en charge par des " treet medics".
Phénomène préoccupant, une libération de la parole contre la profession et une rhétorique anti-média dans bon nombre de démocraties s’est installé en Europe en 2018. RSF ne se préoccupe pas des motifs de colère dans la population; il élude. Les journalistes sont déclarés persona non grata, menacés et insultés par des personnalités qui sont au plus haut sommet du pouvoir. Cette tendance s’amplifie, notamment en France (32e, +1), où le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a estimé que la haine des journalistes était “saine et juste”. Elle est proportionnée à la désinformation et au parti-pris.

Mercredi 4 avril 2018, Street Politics avait déjà alerté les démocrates : "la police réprime à la manif des cheminots" 
"Etudiant-e-s, postiers, enseignants, salariés d'Air France... Partie de gare de l'Est, la manifestation des cheminots appelée par Sud-Rail et Force Ouvrière a rassemblé 5.000 personnes. Bloquée par les forces de police, la manifestation n'a pas pu rejoindre le point d'arrivée, Saint-Lazare, pourtant déposé en préfecture, et a été dispersée aux alentours de Notre-Dame-de-Lorette. La police a réprimé violemment, nous relayons ci-dessous la vidéo tournée par Street Politics."

Interpellé samedi lors de l'Acte XXII des Gilets jaunes, le journaliste indépendant Gaspard Glanz sera jugé pour "outrage", le 18 octobre. Dans l'attente, il est interdit de venir à Paris chaque samedi avant son procès, dans six mois.

Pour son avocat, les poursuites contre son client sont une forme de pression politique. Il dénonce notamment le deuxième chef d’infraction initialement retenu contre son client lors de sa garde à vue : "Le motif de participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations est un délit qui punit une intention et non pas des actes. Gaspard Glanz, comme des milliers de manifestants, est mis en cause en raison de ce texte et nous espérons que celui-ci sera abrogé", assure-t-il.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, foule et plein air
Lundi, à 10 heures, une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées devant le commissariat où M. Glanz était gardé à vue. 
Selon la rubrique CheckNews de Libération, Gaspard Glanz avait auparavant interpellé le groupe de CRS, demandant à parler "au commissaire" après avoir été visé par un tir de grenade lacrymogène consécutif à un doigt d’honneur contre un policier. Une source judiciaire précise au Monde que sa garde à vue avait justement été prolongée dimanche afin de "permettre la poursuite des investigations en présence de la personne".

mardi 15 janvier 2019

Hara-Kiri, patron "bête et méchant"

Zineb El Rhazoui et son mari menacés de mort

"Bête et méchant, mais pas au sens de Hara-Kiri"

Tw1
 Repris environ 7.400 fois en deux mois, cet appel au meurtre est en fait utilisé par des comptes se revendiquant proches du groupe État Islamique, ci-dessus.

Comme scénariste d'un livre, "La Vie de Mahomet", dessiné par Charb, cette sociologue franco-marocaine des religions vit actuellement sous protection renforcée. Elle explique qu'elle n’a pas pu travailler normalement depuis les attentats. "Mon mari a perdu son emploi car des djihadistes ont dévoilé son lieu de travail, il a dû quitter le Maroc, je suis menacée, je vis dans des chambres d’amis ou à l’hôtel et la direction envisage de me licencier... Bravo Charlie", ironise la trentenaire, né d'un père marocain et d'une mère française.

Alors que les appels au meurtre de  la collaboratrice de Charlie Hebdo et de son mari, l'écrivain marocain Jaouad Benaissi, se multiplient sur Twitter, des syndicats professionnels d'extrême gauche se mobilisent: la Fédération internationale des journalistes (FIJ, membre de la Confédération syndicale internationale - laquelle rassemble notamment la CGT française, la CTA argentine, dissidente de la CGT argentine, et l'OPZZ polonaise, proche du Parti communiste jusqu'en 1990), le Syndicat national des journalistes - SNJ, membre fondateur de l'Union syndicale Solidaires, union syndicale SUD, révolutionnaire trotskiste - et le Syndicat national de la presse marocaine.

Une fatwa lancée par des intégristes musulmans
"Aujourd'hui, Zineb El Rhazoui et son mari sont visés. Les menaces sont accompagnées de la photo et d'informations sur le domicile et le lieu de travail de son mari, et diffusées sur le réseau social" Twitter, explique la Fédération internationale des journalistes (FIJ) dans un communiqué. "Les syndicats français, membres de la FIJ et de la FEJ [Fédération européenne des journalistes], appellent à la solidarité envers notre consoeur et son mari", ajoute le communiqué.


Un journaliste de la rédaction s’indigne du sort réservé à Zineb El Rhazoui 

"Je suis très surpris d’une décision aussi bête et méchante, mais pas au sens de Hara-Kiri..." dénonce-t-il. "La méthode est incroyable pour Charlie. C’est violent."

L'indignation monte contre la procédure de licenciement pour "faute grave" de la journaliste Zineb El Rhazoui par "Charlie Hebdo".
La publication par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet du Jyllands-Posten, en 2006, a déclenché contre le journal de vives réactions, parfois violentes, dans des pays musulmans. Parce que l'hebdomadaire persiste et signe dans la provocation, en novembre 2011, le siège du journal est endommagé par un incendie criminel. Pour le même motif d'intolérance aux religions, le 7 janvier 2015, un attentat perpétré par les frères Kouachi tue douze personnes, dont huit collaborateurs de l'hebdomadaire. Le numéro 1178 dit "des survivants" sort le mercredi suivant. Tiré à près de huit millions d'exemplaires, le journal passa en moins d'un mois de 10.000 à 220.000 abonnés, sous le coup de l'émotion. Il a depuis perdu les deux tiers de ses lecteurs en deux ans.
La jeune journaliste a reçu un courrier de la direction de Charlie Hebdo la convoquant à un entretien préalable à un licenciement pour faute grave, a appris le journal Le Monde. Inconsciente de la faute grave évoquée, la salariée s’étonne de la méthode "bureaucratique" employée. "Je suis choquée et scandalisée qu’une direction qui a bénéficié d’autant de soutien après les attentats de janvier fasse preuve d’aussi peu de soutien envers un de ses salariés, qui est sous pression comme tous dans l’équipe et fait l’objet de menaces," déclare cette militante des droits de l'homme franco-marocaine, 37 ans.
Résultat de recherche d'images pour "Cnews Zineb El Rhazoui"
 Zineb (son nom de plume) est co-fondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) qui réclame notamment l'abrogation de l'article 222 du Code pénal marocain punissant d'emprisonnement et d'amende les musulmans qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan. En septembre 2009, le MALI provoqua ainsi une vive polémique au Maroc pour avoir tenté d'organiser un pique-nique en public en plein mois de jeûne.
Or, la journaliste avait fait partie des signataires d’une tribune demandant une "refondation" du journal. Parue fin mars dans Le Monde, c'est cette prise de position qu'elle estime payer aujourd'hui. 

Chroniqueuse sur CNews, Zineb El Rhazoui est la femme la plus protégée de France depuis les attentats à Charlie Hebdo qui ont coûté la vie à ses collègues. Sous le joug de cette fatwa, elle vit sous escorte policière en continu. Elle insiste pour se faire filmer en extérieur, quand sa vie quotidienne est conditionnée par l’insécurité et l’exclusion. Ses tribunes dans les media sont autant de pied de nez à ceux qui lui veulent du mal : "Leurs menaces et leur haine sont quelque chose qui m’honore."
 

mardi 12 décembre 2017

France Télévisions : motion de défiance des journalistes contre la présidente

PDG de France Télévisions nommée par Hollande via le CSA, Delphine Ernotte, sur un siège éjectable

Seules les féministes regretteront peut-être Ernotte-Cunci, première femme à diriger France Télévisions, sa principale caractéristique 

La perspective de nouvelles suppressions de postes dans le secteur de l'information en 2018 a mis le feu aux poudres. Les journalistes des rédactions nationales devaient procéder au vote d'une motion de défiance, ce mardi 12 décembre.  

Cinquante millions d'euros, c'est le montant des économies imposées par l'Etat service public de France Télévisions en 2018. La société des journalistes (SDJ) de France 2 n'apprécie guère la gestion de la crise par la direction et organise donc ce vote de défiance. 

Cette motion a été soumise mardi à l'ensemble des rédactions du groupe (France 2 et 3, franceinfo, franceinfo.fr et le service des sports), avec l'appui de leurs SDJ respectives. Le vote est organisé de 9h à 19h et son résultat devrait être connu en début de soirée.

Une seconde motion de défiance contre la direction de l'information a été repoussée. 
En revanche, une seconde motion de défiance contre la direction de l'information du groupe (pilotée par le successeur de Michel Field à la direction de l'info, Yannick Letranchant, dont il faut savoir que la potiche Sophie Le Saint est l'épouse, pour le cas où vous vous ne parveniez pas à comprendre comment elle peut aujourd'hui être présentatrice inamovible des journaux de "Télématin" sur France 2) a été repoussé lors de l'AG par une large majorité, selon la même source.

La direction du groupe est aussi engagée dans un plan de suppression de 500 postes d'ici à 2020. 
Pour y arriver, le choix de la direction de France Télévisions s'est tout d'abord porté sur les moyens des magazines d'investigation 'Complément d'enquête' et 'Envoyé spécial' présenté par Élise Lucetjugés radicaux à la suite de plusieurs polémiques, sans compter 'Cash investigation', présenté par la cumularde Élise Lucet, pourtant également controversé.
Une décision de fusion a fait bondir les journalistes, obligeant la direction à faire machine arrière. Mais les démentis n'ont pas suffi. 

Environ 250 journalistes de France Télévisions ont validé ce lundi, en assemblée générale, la mise au vote mardi d'une motion de défiance intitulée : "Faites-vous confiance à Delphine Ernotte-Cunci pour préserver la qualité et les moyens de l'information à France Télévisions ?", à l'encontre de la présidente du groupe. 

L'extrême gauche durcit le conflit : grève, mercredi 

Trois importants syndicats du groupe, le SNJ-CGT (extrême gauche), FO et le SNJ (Syndicat national des journalistes, fondateur de l'Union syndicale Solidaires, trotskistes de SUD), ont lancé un appel à lune grève de 24 heures mercredi 13. 

Déjà affaiblie en interne, la PDGère du groupe doit aussi faire face au lâchage du président de la République. "L'audiovisuel public est la honte de la république", aurait lancé Emmanuel Macron devant des députés. Sans qu'on sache, à vrai dire, qui, de  la patronne  ou des journalistes politisés, étaient visés. 
Ces propos prêtés au président sont rapportés par l'hebdomadaire L'Express, mais démentis par l'Elysée. 

Une chose est sûre néanmoins, le président veut transformer radicalement et rapidement le paysage audiovisuel public françaisalors que le milliardaire Patrick Drahi est en situation de grande faiblesse le propriétaire franco-israélien du groupe L'Express, qui détient également Libération ou i24news - avec des visées sur le groupe NextRadioTV (la radio RMC et la chaîne d’info en continu BFM TV) -, outre Numéricable et SFR, ne parvient plus à financer sa dette.

Féministe, Delphine Ernotte est engagée pour l'égalité professionnelle homme-femme. 
Dans un entretien de 2012, elle déclara "Les femmes se demandent toujours si elles sont capables, il faut que ça change". Elle fait actuellement l'expérience qu'il ne suffit pas d'être une femme pour être capable.