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mardi 5 mai 2020

Le SNJ s'élève contre "Desinfox Coronavirus", la page de tri des sites "fiables" selon le gouvernement

La presse saisit le Conseil d'Etat contre le gouvernement et son offensive de sélection des media 

Le Syndicat national des journalistes demande que soit retirée du site du gouvernement la nouvelle rubrique 'Desinfox Coronavirus'

Macron installe la France - "pays des droits de l'Homme" -
au rang de "république bananière"
Ce site s'est en effet donné pour mission d'ostraciser certaines sources d'information, en dressant la liste verte des liens vers des articles "de media français luttant, contre la désinformation, dans le cadre de la crise sanitaire". Un nouveau pas vers le rétablissement d'un ministère de l’Information, de l'ORTF ?
Les journalistes dénoncent une "ingérence manifeste des autorités publiques dans la liberté de presse".

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a déposé lundi un recours devant le Conseil d'Etat. 
Il veut ainsi que le gouvernement supprime de son site la page "Desinfox Coronavirus" qu'il a créée pour lutter contre "la prolifération" de " fausses informations", selon lui, sur la crise sanitaire, a annoncé sur Twitter cette organisation syndicale professionnelle révolutionnaire syndiquant exclusivement les journalistes professionnels, membre fondateur de l'Union syndicale Solidaires, acronyme SUD (anciennement Groupe des Dix) et de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
Dans son référé-liberté (recours en urgence), le SNJ demande au juge d'enjoindre le Premier ministre à supprimer cette page et de "faire cesser immédiatement l'atteinte grave et manifestement illégale portée aux principes de pluralisme dans l'expression des opinions et de neutralité des autorités publiques".

Une nouvelle rubrique du site gouvernement.fr !
Mis en ligne fin avril, en catimini, il distingue des "mauvais", les "bons" liens vers des articles "de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation". Mais cette initiative a aussitôt suscité la polémique.
Les média qui ont l'agrément de Macron et que les démocrates boycottent depuis sont franceinfo, Libération, 20 Minutes, Le Monde et l'AFP (Agence France-Presse
Ils appartiennent, dans l'ordre, à France Télévisions, à Bruno Ledoux et Patrick Drahi (avec aussi BFM, ainsi que L'Expansion ou L'Etudiant du Groupe L'Express); au groupe SIPA-Ouest-France et au groupe Rossel, La Voix du Nord, le Courrier Picard et la chaîne régionale WEO; aux hommes d'affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse (avec aussi Télérama et Courrier international), ainsi que L'Obs, et l'agence de presse, largement financée par l'Etat, bien que n'étant pas une entreprise publique.
Selon La Voix du Nord, soutien du "centralisme démocratique", le gouvernement serait une victime:


La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a raconté ses salades.

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"Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, le gouvernement travaille à garantir à l'ensemble de nos concitoyens l'accès aux informations les plus fiables possibles, en temps réel", a affirmé la menteuse assumée, samedi. 
"Nous assistons à une prolifération, que je qualifierai d'inouïe, de fausses informations, (...) et qui peuvent entraîner des conséquences sanitaires lourdes", a-t-elle expliqué pour tenter de justifier la main mise de Macron sur la bien-pensance médiatique, ajoutant, sans garanties, que cette page scélérate a "vocation à être supprimée une fois la crise terminée".


Pour mémoire, VOIR et ENTENDRE qui sont les auteurs de de l'infox officielle, comment la doctrine officielle a changé et qui se fait porteur servile des nouveaux messages:






Levée de boucliers : l'Etat n'est pas l'arbitre de l'information"

Une trentaine de Sociétés des journalistes et Sociétés des rédacteurs a dénoncé l'opération d'une seule voix, estimant, dans un texte publié dimanche, que "l'Etat n'est pas l'arbitre de l'information" et qu'il "donne l'impression, dans un mélange des genres délétère, de labelliser la production de certains médias".

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Le SNJ dénonce une "ingérence manifeste des autorités publiques dans la liberté de presse", disant, dans son recours, ses craintes, notamment, que cette initiative introduise "dans l'esprit du lecteur de la suspicion quant aux relations entre la presse et le monde politique".

L'étranger s'émeut de cette dérive autoritaire de l'Elysée.

mercredi 25 décembre 2019

Quand la macronie et sa presse font obstacle au débat sur la réforme des retraites

Une femme peut-elle se permettre ce qui est interdit à un homme?

Une députée LREM confisque le micro d'un intervenant

Tel maître, telle servante
A Roanne (42), Nathalie Sarles a littéralement arraché le micro des mains d’un Gilet Jaune :


Cette quinqua est une ex-professeure d'anglais en Afrique qui a dû se reconvertir en infirmière à son retour en France : un mastère n'est pas un concours d'aptitude à l'enseignement. Ni à la démocratie...

 La presse ne permet pas davantage le débat.

Une journaliste de BFMTV s'approche d'une contestataire, puis s'en écarte et interrompt le reportage:
Amélie Rosique virevoltait allègrement sur un quai de gare, micro en main, quand elle se fit interpeller en direct par cette usagère - modérée mais ferme -  qui ne put développer son point de vue : la grand reporter de retour de Syrie y aurait-elle perdu la notion de liberté d'expression ? 

lundi 13 mai 2019

France 2, Molière de la censure des Gilets jaunes

Les Gilets jaunes invités-surprise se font couper au montage par le service public de France Télévisions

Une "attaque", dirait Castaner pour caractériser l'irruption de Gilets jaunes en marge de la grand-messe païenne du théâtre parisien

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Le "grand" débat a enfin eu lieu, en présence du ministre de la Culture, Franck Riester, en l'absence de Macron : il a donc été très bref et pourtant amputé de la cérémonie des Molières 2019 sur France 2

Sous le regard blasé d’une salle habituée aux interruptions par des 
activistes LGBT et autres intermittents du spectacle,
des Gilets jaunes se sont invités sur scène au début de la cérémonie des Molières, dénonçant les coupes budgétaires pour la culture.

Une vingtaine de Gilets jaunes a interpellé le monde du spectacle en paillettes ce lundi soir, vers 20h30, "en marge" de la 31e cérémonie qui avait lieu dans la salle prestigieuse du 9e arrondissement de Paris, les Folies-Bergère, propriété de Lagardère SCA, en association avec Jean-Marc Dumontet (propriétaire de sept autres salles de spectacle), lequel soutient et conseille Macron...

Image associéeLe maître de cérémonie, l’humoriste belge Alex Vizorek, lisait la liste des favoris, avec un talent que Stéphane Séjourné peut aisément lui envier depuis sa prestation pourrie de lecture, devant la presse médusée, des noms des candidats de la liste présidentielle 'Renaissance' du président Macron aux Européennes, quand le petit groupe est sorti des coulisses en chantant et brandissant une banderole de soutien aux chômeurs et aux intermittents.


Le présentateur leur a accordé une minute pour s’exprimer, mais les contestataires en ont eu besoin d'une dizaine,
le temps de décerner leurs propres prix. 
Venus avec deux petites statuettes de Molière drapées de jaune, ils ont remis leur récompense aux techniciens, symbole des classes laborieuses, les invitant à rejoindre le mouvement. Puis vint le tour d’un Molière "de déshonneur", attribué à Emmanuel Macron et à Franck Riester, sorti du garage familial pour faire le ministre de la Culture et représenter Jupiter, ce soir-là. Les manifestants leur reprochaient notamment "les violences policières", sous les sifflets d'une partie de la salle. 
Des agents de sécurité sont alors intervenus pour libérer la scène et les gilets jaunes sont repartis pacifiquement en chantant, sous les applaudissements.

Une séquence censurée par le service public

Les ciseaux du monteur qui, sur aucune des huit chaînes de diffusion, n'avaient pas coupé les activistes d'Act Up lors de la retransmission de l'odieux spectacle du Sidaction de 1996 au Zenith, n'ont pas épargné les Gilets jaunes de 2019, preuve que démocratie, pluralisme et liberté d'expression régressent en France depuis deux ans.
VOIR et ENTENDRE la véhémence des activistes :

Le "monde nouveau" annoncé par Macron est un retour à l'ORTF et à la désinformation. 
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France 2 a privé les citoyens de France de la vérité intégrale de cette cérémonie: les images de la contestation sociale et politique ont été amputées de cette scène, la cérémonie étant diffusée en différé ce lundi soir, trois heures après son démarrage.
Les responsables de la censure sont Delphine Ernotte,  Caroline Got (photo ci-dessus) qui a licencié l'humoriste Tex, et Dumontet. 
Pour Gilles-William Goldnadel, le licenciement de Tex fut caractéristique d'un climat "de censure et d'hystérie collective", dès novembre 2017.
Olivier de Benoist regretta que les humoristes soient devenus des "cibles faciles" et jugea que la liberté de ton dans le comique était désormais en recul. Le 10 janvier 2018, dans un entretien avec Média+, Caroline Got, se défendit par un amalgame militant, inspiré de facho-féminisme, avançant que "
le public féminin a un énorme problème avec Tex et ses blagues que le public juge déplacées et lourdes. Il s’avère qu’il a fait la blague de trop."
En se cachant derrière un certain public sexiste, elle confondait les activistes et les pisse-froid avec les femmes qui aiment les hommes.
En donnant le pouvoir à certaines femmes, les politiques déconstruisent notre société.

jeudi 28 mars 2019

Européennes: Hamon saisit la justice pour participer au débat de France 2, comme la paire Faure-Glucksmann

Hamon veut être le ...10e débatteur

La chaîne publique de télévision travaille pour la liste Glucksmann-
PS

Image associée
Liste commune Glucksmann-Salamé
France 2 respecte-t-elle sa déontologie professionnelle? 

Le CSA va-t-il jouer son rôle de gendarme de l'audiovisuel ?
Le candidat de Génération.s pour les européennes, Benoît Hamon, a annoncé avoir saisi la justice administrative mercredi pour contraindre France 2 à l'inviter à son débat sur les européennes du 4 avril.

Son avocat Me Philippe Bluteau a saisi le tribunal Administratif de Paris en référé-liberté, arguant de l'atteinte à une "liberté fondamentale" commise par la chaîne de service public, en l'espèce "le respect du principe du caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion", et de l'obligation pour France 2 d'une "égalité de traitement" entre les candidats.
Le dernier sondage sur les élections européennes - La dernière étude a été effectuée par Ifop Opinion, publiée le 18 mars 2019.
Voici les résultats par formation politique : Lutte ouvrière (LO) : 0,5% ; Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : 1% ; Parti communiste (PCF) : 2% ; La France Insoumise (LFI) : 7,5% ;
Génération.s : 3% ; Parti socialiste (PS) : 6% ; Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : 8% ; La République en Marche (LREM) : 23,5% ; Union des démocrates indépendants (UDI) : 1,5% ; Les Républicains (LR) : 13,5% ; Debout la France (DLF) : 4,5% ; Les Patriotes : 0,5% ; Rassemblement national (RN) : 20,5% ; Union populaire républicaine (UPR de François Asselineau) : 1% ; Gilets jaunes : 4% ; Résistons! : 1,5%
Le défenseur du candidat affirme que rien ne justifie que M. Hamon ne soit pas invité, notamment au regard de la situation du candidat du PCF Ian Brossat et celui de l'UDI Jean-Christophe Lagarde.
La liste Génération.s est en effet "créditée de deux fois plus d'intentions de vote que la liste du PCF et la liste de l'UDI (4% dans l'étude IPSOS de mars 2019 portant sur 10.000 électeurs, contre 2% pour ces deux autres listes)".
De plus, le PCF ne compte "que deux députés européens sortants dans ses rangs et l'UDI aucun, au lieu de trois" pour Générations.
Enfin, Benoît Hamon est "la personnalité la plus populaire parmi l'ensemble des candidats tête de liste à l'élection du 26 mai", en recueillant par exemple l'adhésion de 21% des électeurs dans une étude Odoxa du 26 mars.


Hamon a lâché (dans le désordre) une trentaine de noms (des 79 requis) sur sa liste.
Si plusieurs figures politiques (un peu) connues apparaissent (les eurodéputés Isabelle Thomas et Guillaume Balas, l’ancien député Michel Pouzol, les conseillers régionaux Naïma Charaï -Nouvelle Aquitaine- et Pierre Serne -Île-de-France-, etc...), le mouvement a également mis en avant des responsables associatifs. Ainsi l’ancienne présidente de Médecins du Monde-France  Françoise Sivignon; Eric Pliez, le président du Samu social; Salah Amokrane, le cofondateur de l’association Tactikollectif, ont décidé de s’investir aux côtés de Benoît Hamon, qui sera tête de liste. Seront aussi en lice des proches de l’ex-ministre de Hollande (les deux porte-parole du mouvement Génération.s Aurore Lalucq et Mehdi Ouraoui, et son ancienne porte-parole pendant la présidentielle, Laura Slimani). Enfin, Benoît Hamon a rallié à lui l’ancienne oratrice de la France insoumise et ex-championne du monde de kick-boxing, Sarah Soilihi. 

France 2 a annoncé le 18 mars que neuf candidats seraient invités à son débat
du 4 avril: 
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Manon Aubry (LFI, jeune porte-parole de l'ONG Oxfam France), Jordan Bardella (RN), François-Xavier Bellamy (LR), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Raphaël Glucksmann (liste commune Place publique-PS, avec Sylvie Guillaume, Eric Andrieu, Nora Mebarek, Christophe Clergeau, Pernelle Richardot, Jean-Marc Germain, mari d'Anne Hidalgo), Yannick Jadot (EELV) et Nathalie Loiseau (LREM), ainsi donc que I. Brossat et J-C. Lagarde, repêchés après avoir été écartés. Aucun des Gilets jaunes (de Patrick Cribouw, 64 ans, ci-contre, ou d'Ingrid Levavasseur) n'est sélectionné.

Le 24 mars 2019, la liste PS-PLace Publique était créditée de 7% des suffrages dans le sondage Harris INterractive / Epoka. Le Parti socialiste revenait dans les intentions de vote à hauteur de EELV et à un point de La France Insoumise, mais le flan Glucksmann s'est depuis affaissé et, bien que la 5e place soit réservée au fondateur de Nouvelle Donne et promoteur du 'Pacte finance climat', Pierre Larrouturou, sa pâte molle se situe entre 7 et 5%.

Dans un courrier adressé aux militants de Génération.s qui l'ont interpellée, et publié par le parti sur Twitter mercredi, la chaîne publique répond avoir tenu compte de la représentation des différents partis au Parlement européen et au Parlement français, des intentions de vote - donc des préférences des entreprises de sondages - et de "l'exigence de pluralisme dans l'exposition des courants de pensée politique".

France 2 ne distingue pas les "courants de pensée"  Glucksmann et Hamon.
"En effet, le courant de pensée PS incarné par Benoît Hamon à la présidentielle en 2017 est représenté par la liste commune PP-PS", argue l'auteur du courrier.

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La responsable du service politique de France 2 est Nathalie Saint-Cricq. Elle est l'un des deux actionnaires majoritaires du groupe Nouvelle République du Centre-Ouest (présent dans cinq départements des régions Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine) et, depuis septembre 2017, elle est chroniqueuse dans L'Emission politique sur ...France 2, présentée par ...Hala (dite Léa) Salamé, laquelle vient d'avoir un petit garçon de ...Raphaël Glucksmann (Place publique).

vendredi 19 juin 2015

LCI, chaîne paria, bientôt éligible à la TNT?

Les chaînes concurrentes dressent des barrages
Les nantis font de l'obstruction

Des absences aberrantes
Le Conseil d'Etat vient d'annuler la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel dans les dossiers de LCI et de Paris Première, un camouflet qui a sonné l'institution. Pointant du doigt des erreurs de procédure de la CSA, les Sages du Palais Royal ont envoyé au broyeur la copie d'Olivier Schrameck et ainsi redonné espoir aux dirigeants de M6 et de TF1 qui comptent profiter de ce coup de semonce pour prendre la place qui leur revient dans l'offre TNT, mais qui leur avait été sèchement refusée voilà un an.

Or, ce carambolage juridique modifie tout. 
En l'espace d'une année la donne a changé : les paramètres économiques dont le CSA se prévalait à l'époque pour justifier sa décision sont aujourd'hui obsolètes. L'instance de régulation présidée par Olivier Schrameck avait prêté une oreille complaisante aux jérémiades de BFMTV et i-télé notamment qui craignait des intrusions dans le pré-carré de leur marché publicitaire: elles assuraient qu'il n'était pas en mesure de supporter deux chaines supplémentaires dans l'univers de la TNT. Olivier Schrameck avait donc choisi de débouter de ses demandes Paris Première et LCI, ouvrant ainsi une crise au sein de cette dernière, une chaîne d'info condamnée à mort jusqu'à ce que l'horizon s'éclaircisse à nouveau hier. 

La donne a changé, parce que la conjoncture publicitaire a évolué

En télévision, la durée publicitaire poursuit son envahissement depuis un an, simultanément sur les chaînes historiques (+10,6%) et sur celles de la TNT (+22,2%). Le media enregistrait une hausse de +19,8% de sa durée publicitaire en janvier 2015. "Dans la même tendance, le portefeuille annonceurs de la télévision s'enrichissait de 73 annonceurs supplémentaires avec les chaînes de la TNT qui recrutent deux fois plus d'intervenants que les chaînes historiques", relève-t-on dans une étude de l'institut Kantar Media: des tendances qui se confirment et se renforcent en ce début d'été. 

Le CSA ne pourra ignorer l'impact de cette embellie économique quand il sera amené à se pencher sur les dossiers LCI et Paris Première que vont redéposer les groupes TF1 et M6. Or, on imagine mal le CSA refuser de nouveau des fréquences TNT à ces deux chaines, s'il est admis que l'équation publicitaire n'est plus celle qui prévalait il y a un an. C'est l'espoir des dirigeants de TF1 et des salariés de LCI qui pour la première fois depuis le début de cette crise peuvent entrevoir une sortie du tunnel.
C'est aussi un espoir d'avancée de la démocratie qui a tout à gagner au pluralisme.

 

samedi 20 décembre 2014

"Eric Zemmour est victime d'une fatwa médiatique", observe Jean-François Kahn

Le co-fondateur de Marianne dénonce l'impossibilité de débattre sereinement en France

Jean-François Kahn prend la défense d'Éric Zemmour
dans un entretien accordé à FigaroVox.
Journaliste, écrivain et historien de formation, Jean-François Kahn créa L'Événement du jeudi en 1984, puis l'hebdomadaire d'information Marianne, en 1997,  dont il est resté le directeur jusqu'en 2007.  

Etes-vous choqué par le fait qu'i-télé se sépare d'Eric Zemmour suite à une polémique lancée par Jean-Luc Mélenchon et relayée par le patron des députés PS [Bruno Le Roux] et le ministre de l'Intérieur [Bernard Cazeneuve]?

Jean-François Kahn: Oui, je suis extrêmement choqué pour trois raisons. D'abord, à travers le succès inouï de son livre, on voit qu'une part importante de la population se reconnaît dans ce que dit Éric Zemmour. On peut le regretter, c'est parfois mon cas. Mais peut-on se réfugier dans le déni? Peut-on vraiment rayer de la sorte une sensibilité forte dans le pays? D'une certaine manière, le cas Zemmour rejoint celui du scrutin électoral. Peut-on vraiment se réjouir du fait qu'un parti qui obtient 19% des suffrages ne soit représenté que par deux députés à l'Assemblée nationale? Le cas Zemmour pose le problème du manque de pluralisme dans notre démocratie. [J.-F. Kahn a soutenu la candidature de F. Bayrou, MoDem, en 2007]

Deuxièmement, le fait qu'i-télé cède à une campagne de presse, qui confine au lynchage médiatique, me choque. Eric Zemmour ne dit rien de nouveau. Cela fait vingt ans qu'il tient le même discours. i-télé l'a [pourtant] engagé en connaissance de cause, et peut-être d'ailleurs parce qu'il défendait ces idées. Pourquoi s'en séparer maintenant? A cause d'un "mot" qu'il n'a même pas prononcé. Je trouve le procédé qui consiste à utiliser un "mot" ou une "phrase", souvent sorti de son contexte, pour éliminer quelqu'un, détestable. Je le dis d'autant plus volontiers que j'ai été moi-même victime de cette méthode.

Enfin, il faut rappeler que 'Ça se dispute', est une émission de débat dans laquelle Eric Zemmour doit faire face à un contradicteur. Ce n'est pas comme s'il bénéficiait d'une tribune libre. Dans un débat, il est normal qu'il y ait deux sensibilités. On ne peut pas décider que l'une d'entre elle n'est pas propre et qu'il faut la virer. Ce qui me choque aujourd'hui à la télé, ce ne sont pas les débats où il y a un véritable affrontement idéologique, mais les débats où tout le monde est d'accord. Il y a aujourd'hui dans les médias une ligne modernisto-libérale dominante qu'Alain Minc qualifiait de "cercle de la raison". Cette ligne n'est pas pas forcément mauvaise, mais si elle continue d'être hégémonique, les conséquences peuvent être terrifiantes.

Diriez-vous que Marine Le Pen peut dire merci à tous ceux qui préfèrent interdire que contredire?
En virant Zemmour, on ne fait que nourrir le ressentiment d'une partie de la population, qui, à juste titre, ne se sent plus représentée. C'est effectivement un formidable cadeau pour Marine Le Pen. Cela légitime évidemment sa rhétorique anti-système. J'ajoute que c'est un formidable cadeau à Eric Zemmour lui-même qui aura beau jeu de se faire passer pour un martyr du politiquement correct. On peut être sûr qu'il va vendre 40.000 livres de plus et que cela va renforcer son statut de rebelle anti-establishment qu'il adore.
Comprenez-vous que des associations demandent qu'un journaliste n'ait plus de tribune?

Là aussi, on s'éloigne de plus en plus des principes fondamentaux de la démocratie. Qui nomme et qui élit les associations? [Et les juges. Et les journalistes "redoutés" (sic)] Leur poids politique me paraît démesuré par rapport à leur représentativité. [C'était un engagement de Hollande de les développer...] Suffit-il de réunir douze personnes et de faire des communiqués pour être légitime? Ces associations sont des imams laïcs, pas toujours laïcs d'ailleurs, qui lancent des fatwas.
Si "Le Suicide français" est le livre le plus réactionnaire écrit depuis longtemps, c'est aussi un brûlot antilibéral [qui pourrait convenir à Mélenchon ou à la Gauche forte du PS]. Sur le plan économique et social, c'est un véritable manifeste néo-marxiste dans lequel Zemmour se déchaîne contre le capitalisme financier

N'y a-t-il pas, malgré tout, des limites à la liberté d'expression? Éric Zemmour les a-t-il franchies?

Il y a des lois, notamment sur le racisme ou l'apologie du crime de guerre. Mais à partir du moment où vous représentez une forte sensibilité sans violer la loi, vous devez avoir la possibilité de vous exprimer. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas en particulier en matière économique et sociale si on s'avise de sortir du consensus "modernisto-néolibéral". La question de la sortie de l'euro est par exemple taboue. On se souvient également qu'en 2005, 90% des médias s'étaient prononcés pour le "Oui" au traité constitutionnel en diabolisant au passage toute forme d'opposition. Le "Non", qui était très peu représenté, l'avait pourtant emporté.

Peut-on encore débattre aujourd'hui?

Tout d'abord, il faut rappeler que le livre de Zemmour est assez difficile à lire. Si on est occupé par ailleurs, cela demande une semaine. Or, le jour de sa sortie il y a eu des pages entières consacrées au Suicide français dans la presse de gauche. Il est évident que la plupart des journalistes n'avait lu que quelques extraits [et seulement à l'AFP ?]. On a donc assisté à la montée en puissance d'une polémique à partir d'un livre que personne n'avait lu. On s'est polarisé sur le chapitre sans intérêt consacré à Vichy alors qu'il y avait de nombreux passages beaucoup plus intéressants. Je pense notamment au chapitre sur le Crif qui dénonce l'évolution communautariste de beaucoup de Français juifs. Il n'y a pourtant pas eu un seul article sur cette question.

En réaction au déchaînement de la presse de gauche, la presse de droite a plutôt fait l'éloge du livre. Pourtant, de toute évidence, celle-ci non plus ne l'avait pas lu. En effet, si Le Suicide français est le livre le plus réactionnaire écrit depuis longtemps, c'est aussi un brûlot antilibéral. Sur le plan économique et social, c'est un véritable manifeste néo-marxiste dans lequel Zemmour se déchaîne contre le capitalisme financier responsable, selon lui, de toutes les dérives. Il faut lire les dix pages d'éloges qu'il consacre à Georges Marchais ou le chapitre dithyrambique où il soutient le mouvement social contre les lois Juppé en 1996. Tout cela en dit long sur le débat d'idées aujourd'hui: on ne lit plus, on raisonne par étiquette et on lance des anathèmes à partir de petites phrases.