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vendredi 12 avril 2019

La politique clivante de Macron fissure aussi LREM

Edouard Philippe s'en agace !

Le "bric-à-brac" du parti présidentiel ne résiste pas aux épreuves

Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste (à gauche) et Aurelien Taché, député LRM du Val d'Oise, dans le bureau de ce dernier, à l’Assemblée, le 8 avril.
Jean-Pierre Mignard, 68 ans, avocat pénaliste (à gauche) et
Aurelien Taché, 34 ans, député LRM du Val d'Oise,
dans le bureau de ce dernier, à l’Assemblée, le 8 avril
Le "en même temps" à LREM aurait-il du plomb dans l’aile? A 'La République en marche', le clivage gauche-droite refait surface à tout moment, sous l'effet des mesures non débattues voulues par Macron, au point d'irriter visiblement le premier ministre, ces derniers jours.

Y a-t-il une gauche, un centre et une droite à l'auberge espagnole LREM ?
Les récentes passes d’armes entre certains de ses cadres interdisent de les nier. Si on croyait le parti présidentiel monolithique et plombé, il apparaît que les tensions émergent de plus en plus entre les courants. Sur le fond, des polémiques sur l’âge de départ à la retraite, le déficit public, la suppression de la redevance, la baisse des impôts ou, avant cela, la loi anti-casseurs ou asile-immigration de Gérard Collomb. Ca fait beaucoup...


Sur la forme, le dernier exemple en date est l’initiative, remarquée, d’Aurélien Taché et Jean-Pierre Mignard. Les deux hommes, l’un ancien socialiste, l’autre avocat et intime de l’ex-président - il a rejoint Macron lorsque François Hollande a renoncé à se présenter - lancent Hypérion, un laboratoire de la gauche démocrate au sein de la majorité. Une initiative qui déplaît visiblement au Premier ministre : Edouard Philippe juge “absurde” de persister à considérer le clivage gauche-droite.
 
"Pas là pour nous envoyer nos origines à la figure" (Edouard Philippe, juppéiste). 
"Je trouve incroyable qu’on se revendique encore aujourd’hui d’appellations d’origine contrôlée", s’est en effet agacé le chef du gouvernement lundi soir, face au bureau exécutif de La République en marche, selon les informations de France Inter. 

Les cadres du parti autour de la table, Edouard Philippe (ex-LR) d’un côté avec Stanislas Guerini, ex-PS, le patron de LREM, à ses côtés. Face à eux, en ligne de mire, Aurélien Taché, Guillaume Chiche (deux ex-PS)
Une fois par mois, Edouard Philippe s’invite au 'Burex', comme l'appellent les fidèles, avec ironie. 

Taché et Mignard annoncent d’ailleurs leur mal-être et leurs intentions.
 
Ils ne comptent pas rater le train en marche et en ont marre de voir passer les ballons d'essais sans réagir, selon Le Monde daté de ce mardi après-midi: “Dans la grande maison de La République en marche, nous avons envie d’incarner la sensibilité de la gauche démocrate" dit le premier - sous-entendant que les macroniens primaires ne le sont pas -,  avant de poursuivre, revendiquant leur différence : "Il n’a jamais été question d’effacer les clivages, mais de les réinventer : sans clivages, il n’y a plus de politique"

Regrettant de voir la vie politique du mouvement "anesthésiée", insiste le second, l'avocat Mignard, ex-soutien de Marie-Ségolène Royal en 2006, estimant que La République en marche (LREM) "doit savoir assumer les débats". 

“On leur rend service, sinon c’est l’hémorragie," met en garde Jean-Pierre Mignard 
Et d'ajouter, au téléphone de France Inter: "Il faut que les gens de gauche puissent se dire ‘On a encore notre place là dedans’. On n’attaque pas une seconde le premier ministre : l’équilibre est tellement fragile que quiconque veut toucher aux autres, fait tout tomber. Il y a une gauche, un centre, une droite : on est où là dedans ?”. Selon lui, Emmanuel Macron n'a mis "aucun veto" à cette initiative.

Lundi soir, le premier ministre a lui visiblement perdu son calme.
"Si ceux qui viennent de la gauche font de l’entre-soi, qu’est-ce qu’il se passera si ceux qui viennent de la droite s’en vont ?". Edouard Philippe, avec Gérald Darmanin (ministre de l'Action et des Comptes publics) ou Bruno Le Maire (ministre de l'Economie et des Finances) formeraient un bloc de droite. Deux ministres qui soutiennent l’idée de réformer le pays, tout en maintenant les comptes publics et en baissant les impôts. 
Avec Sébastien Lecornu aussi, le ministre chargé des Collectivités territoriales (qui a mis le pied à l'étrier à Alexandre Benalla) : "Pour rien au monde il ne faut réinventer ce clivage gauche-droite. [...]. Et le ré-instituer au sein de la majorité présidentielle serait, je pèse mes mots, stupide. Stupide,” a asséné ce dernier sur France Inter mardi matin.



Il se défend : "Que les deux ministres de Bercy fassent attention à l’argent des Français et disent des choses [?] sur le terrain des économies, je pense que c’est plutôt rassurant [le flou est rassurant] et
ce n’est pas un problème de gauche-droite que d’expliquer qu’il faut moins d’impôts et des économies"

“Je suis quelqu’un qui garde son calme, mais quand je vois dans la presse [la mal-aimée] que certains essaient de me monter contre le président, je ne me laisserai pas faire," avait, quant à lui, menacé Edouard Philippe lundi soir. Au bureau exécutif de La République en marche d'ailleurs, la conclusion de la discussion est venue de Laeticia Avia, avocate entrée en politique avec Macron : "Moi je viens de nulle part," lance-t-elle. C'est où la Seine-Saint-Denis, s'interroge la Togolaise d'origine.

Pas certain que cela close définitivement le débat : la question du clivage est loin d’être réglée dans la majorité. La lutte d'influences, sur le fond, ne fait en effet que commencer. Hyperion sera bientôt une association, dotée d'un site internet, qui entend bien faire entendre sa singularité dans la majorité sur l'Europe ou bien la laïcité.
LREM nourrit une reconstruction de la gauche socialiste en son sein. Le député LREM et l’avocat, soutiens conditionnels d’Emmanuel Macron, ont expliqué au journal Le Monde ce qu'ils recherchent en montant Hypérion, un laboratoire de gauche au sein de la majorité. 
Dans le "et de droite et de gauche" porté par Emmanuel Macron, nous appartenons au pôle de gauche, pour lequel il n’y a pas de hiérarchie entre performance économique et performance sociale. Nous devons édifier le nouvel Etat-providence dans la mondialisation, définir le rôle d’une nouvelle gauche démocratique dans une majorité pluraliste et la place éminente des syndicats et de la société civile dans la construction du projet politique." 
Hollande? auquel on prête des velléités à la prochaine présidentielle? est attentif à ce "débat"...

jeudi 28 mars 2019

Européennes: Hamon saisit la justice pour participer au débat de France 2, comme la paire Faure-Glucksmann

Hamon veut être le ...10e débatteur

La chaîne publique de télévision travaille pour la liste Glucksmann-
PS

Image associée
Liste commune Glucksmann-Salamé
France 2 respecte-t-elle sa déontologie professionnelle? 

Le CSA va-t-il jouer son rôle de gendarme de l'audiovisuel ?
Le candidat de Génération.s pour les européennes, Benoît Hamon, a annoncé avoir saisi la justice administrative mercredi pour contraindre France 2 à l'inviter à son débat sur les européennes du 4 avril.

Son avocat Me Philippe Bluteau a saisi le tribunal Administratif de Paris en référé-liberté, arguant de l'atteinte à une "liberté fondamentale" commise par la chaîne de service public, en l'espèce "le respect du principe du caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion", et de l'obligation pour France 2 d'une "égalité de traitement" entre les candidats.
Le dernier sondage sur les élections européennes - La dernière étude a été effectuée par Ifop Opinion, publiée le 18 mars 2019.
Voici les résultats par formation politique : Lutte ouvrière (LO) : 0,5% ; Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : 1% ; Parti communiste (PCF) : 2% ; La France Insoumise (LFI) : 7,5% ;
Génération.s : 3% ; Parti socialiste (PS) : 6% ; Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : 8% ; La République en Marche (LREM) : 23,5% ; Union des démocrates indépendants (UDI) : 1,5% ; Les Républicains (LR) : 13,5% ; Debout la France (DLF) : 4,5% ; Les Patriotes : 0,5% ; Rassemblement national (RN) : 20,5% ; Union populaire républicaine (UPR de François Asselineau) : 1% ; Gilets jaunes : 4% ; Résistons! : 1,5%
Le défenseur du candidat affirme que rien ne justifie que M. Hamon ne soit pas invité, notamment au regard de la situation du candidat du PCF Ian Brossat et celui de l'UDI Jean-Christophe Lagarde.
La liste Génération.s est en effet "créditée de deux fois plus d'intentions de vote que la liste du PCF et la liste de l'UDI (4% dans l'étude IPSOS de mars 2019 portant sur 10.000 électeurs, contre 2% pour ces deux autres listes)".
De plus, le PCF ne compte "que deux députés européens sortants dans ses rangs et l'UDI aucun, au lieu de trois" pour Générations.
Enfin, Benoît Hamon est "la personnalité la plus populaire parmi l'ensemble des candidats tête de liste à l'élection du 26 mai", en recueillant par exemple l'adhésion de 21% des électeurs dans une étude Odoxa du 26 mars.


Hamon a lâché (dans le désordre) une trentaine de noms (des 79 requis) sur sa liste.
Si plusieurs figures politiques (un peu) connues apparaissent (les eurodéputés Isabelle Thomas et Guillaume Balas, l’ancien député Michel Pouzol, les conseillers régionaux Naïma Charaï -Nouvelle Aquitaine- et Pierre Serne -Île-de-France-, etc...), le mouvement a également mis en avant des responsables associatifs. Ainsi l’ancienne présidente de Médecins du Monde-France  Françoise Sivignon; Eric Pliez, le président du Samu social; Salah Amokrane, le cofondateur de l’association Tactikollectif, ont décidé de s’investir aux côtés de Benoît Hamon, qui sera tête de liste. Seront aussi en lice des proches de l’ex-ministre de Hollande (les deux porte-parole du mouvement Génération.s Aurore Lalucq et Mehdi Ouraoui, et son ancienne porte-parole pendant la présidentielle, Laura Slimani). Enfin, Benoît Hamon a rallié à lui l’ancienne oratrice de la France insoumise et ex-championne du monde de kick-boxing, Sarah Soilihi. 

France 2 a annoncé le 18 mars que neuf candidats seraient invités à son débat
du 4 avril: 
Résultat de recherche d'images pour "Patrick Cribouw"
Manon Aubry (LFI, jeune porte-parole de l'ONG Oxfam France), Jordan Bardella (RN), François-Xavier Bellamy (LR), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Raphaël Glucksmann (liste commune Place publique-PS, avec Sylvie Guillaume, Eric Andrieu, Nora Mebarek, Christophe Clergeau, Pernelle Richardot, Jean-Marc Germain, mari d'Anne Hidalgo), Yannick Jadot (EELV) et Nathalie Loiseau (LREM), ainsi donc que I. Brossat et J-C. Lagarde, repêchés après avoir été écartés. Aucun des Gilets jaunes (de Patrick Cribouw, 64 ans, ci-contre, ou d'Ingrid Levavasseur) n'est sélectionné.

Le 24 mars 2019, la liste PS-PLace Publique était créditée de 7% des suffrages dans le sondage Harris INterractive / Epoka. Le Parti socialiste revenait dans les intentions de vote à hauteur de EELV et à un point de La France Insoumise, mais le flan Glucksmann s'est depuis affaissé et, bien que la 5e place soit réservée au fondateur de Nouvelle Donne et promoteur du 'Pacte finance climat', Pierre Larrouturou, sa pâte molle se situe entre 7 et 5%.

Dans un courrier adressé aux militants de Génération.s qui l'ont interpellée, et publié par le parti sur Twitter mercredi, la chaîne publique répond avoir tenu compte de la représentation des différents partis au Parlement européen et au Parlement français, des intentions de vote - donc des préférences des entreprises de sondages - et de "l'exigence de pluralisme dans l'exposition des courants de pensée politique".

France 2 ne distingue pas les "courants de pensée"  Glucksmann et Hamon.
"En effet, le courant de pensée PS incarné par Benoît Hamon à la présidentielle en 2017 est représenté par la liste commune PP-PS", argue l'auteur du courrier.

Résultat de recherche d'images pour "SAINT CRICQ Salamé"
La responsable du service politique de France 2 est Nathalie Saint-Cricq. Elle est l'un des deux actionnaires majoritaires du groupe Nouvelle République du Centre-Ouest (présent dans cinq départements des régions Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine) et, depuis septembre 2017, elle est chroniqueuse dans L'Emission politique sur ...France 2, présentée par ...Hala (dite Léa) Salamé, laquelle vient d'avoir un petit garçon de ...Raphaël Glucksmann (Place publique).

lundi 18 mars 2019

Maître Mignard plaide pour l'interdiction des manifestations de Gilets jaunes

"Interdire ces manifestations est la seule solution raisonnable," selon ce proche des Segollande

L’avocat Jean-Pierre Mignard, ex-socialiste, parrain de deux enfants de Hollande et Royal, milite pour la limitation de la liberté de manifester 

Il serait préférable à un durcissement des affrontements, assure ce désormais proche d’Emmanuel Macron, après les violences perpétrées par l'ultra-gauche infiltrée dans le rassemblement de l'Acte XVIII des Gilets jaunes du samedi 16 mars 2019. Des Gilets jaunes sont accusés de  "radicalisation" et  qualifiés d' "ultra-jaunes" qui auraient fait leurs les méthodes violentes du Black bloc, parce qu'exaspérés par les attaques policières avec tirs au LBD...

En février, ce proche d’Emmanuel Macron sonnait le tocsin dans Libération contre la loi dite "anti-casseurs" : l’avocat Jean-Pierre Mignard jugeait  liberticide ce texte tentant de circonscrire les débordements en marge des rassemblements de gilets jaunes. Un mois plus tard, après un rebond de la participation multipliée par quatre à Paris et un nouvel accès de violence urbaine samedi 16 mars, cet opportuniste de la macronie se prononce en faveur d’une interdiction très encadrée des manifestations et réclame de nouvelles avancées économiques et sociales.

Comment analysez-vous les débordements de "l’acte XVIII" ?

Résultat de recherche d'images pour "Mignard Royal Hollande"Alors que depuis le début du mouvement des gilets jaunes nous avons connu des Champs-Elysées totalement fermés et des boutiques barricadées, cette fois ils sont restés ouverts. Même s’il était protégé, l’Arc de triomphe était accessible toute la journée en dépit de remontées du terrain qui étaient, semble-t-il, alarmantes. [On s'attendrait donc logiquement que ce rallié à Macron réclame des mesures fortes de re-structuration des forces de police]  Certains manifestants radicaux parlaient d’un "acte définitif", donc quel choix a été fait par le ministère de l’Intérieur en matière de maintien de l’ordre ? Des syndicats policiers attribuent l’embrasement aux consignes de modération sur l’usage des lanceurs de balle de défense (LBD) mais, enfin, entre le tout et le rien… Ou alors nous aurions tout essayé et serions au bout de nos moyens ?

L’exécutif parle de nouvelles "réponses fortes" à apporter en matière de maintien de l’ordre, que recommandez-vous ?

Le climat politique et social est très lourd en France depuis quatre mois, mais on peut se résoudre à y répondre sans nouvelle loi. Il existe une jurisprudence constante du Conseil d’Etat qui fait de la liberté de manifester le principe, sauf lorsque les risques sont trop élevés et que les pouvoirs publics motivent cette décision après avoir épuisé tous les moyens existants pour permettre l’exercice de ce droit. Ce serait la seule solution raisonnable.

Vous êtes un défenseur des libertés publiques, une telle décision ne vous choquerait pas ?

Ce qui est inquiétant, c’est d’entendre certains policiers dire que l’étape suivante, c’est "d’aller au contact" et donc de prendre le risque de beaucoup de blessés, voire pire, parmi les manifestants [esquive l'avocat]. Si on ne peut empêcher que les mobilisations se terminent par des incidents graves, violents, voire meurtriers, on est alors fondé à les interdire. Ce qui est au cœur de telles interdictions - qui doivent être solidement motivées sur le fond -, c’est la question de la proportionnalité entre le droit fondamental de manifester et les dommages objectivement prévisibles de l’exercice de ce droit. C’est la position du Conseil d’Etat et de la Cour européenne des droits de l’homme. Vu le niveau de violence redouté, la restriction de la liberté est un dommage moins grave que ceux éventuels lors d’une manifestation qui dégénère et que l’on ne pourrait pas empêcher. [Mignard ne répond pas à l'interrogation concernant sa flexibilité morale et politique]

Existe-t-il des solutions non sécuritaires ?

Résultat de recherche d'images pour "Mignard Segolene Royal"Nous sommes dans une crise sociale gravissime, dans une atmosphère de haine sociale qui ne s’apaise pas [le pourrait-elle quand Castaner, Darmanin et Macron lancent des accusations injustes et injurieuses : les Gilets jaunes en lutte pour la défense de leur pouvoir d'achat et contre la fiscalité sont-ils des "factieux" et des "assassins", mêmes potentiels, des porteurs de "peste brune" ou la mise en garde du président contre la "lèpre nationaliste" et un retour aux années 1930, sans parler de BHL qui voit réapparaître les ligues du 6 février 34], qui n’est pas sans rappeler le mouvement chartiste au Royaume-Uni au XIXe siècle, quand des artisans, petits patrons et employés se sont organisés contre les élus, les élites, pour la justice fiscale et contre les inégalités… [Une évocation qui occulte encore la ruralité, notamment frappée par la sur-fiscalité sur les carburants]. Toute doctrine de maintien de l’ordre la plus raffinée soit-elle ne peut pas venir à bout d’un mouvement social et il n’est pas question de multiplier les textes de loi indéfiniment. Une crise politique et sociale se résout sur le plan politique et social [pontifie Mignard].

Vous réclamez donc de nouveaux gestes ?

Résultat de recherche d'images pour "racoleuse transgenre"
Les Marianne sont apparues dans les rues de Paris 
lors de l'acte X des Gilets jaunes du 15 décembre 2018, 
contre les violences sécuritaires faites aux manifestants
On ne peut pas dire que rien n’a été fait. Certaines mesures annoncées cet hiver sont justes et efficaces, comme la suppression d’une partie de la hausse de la CSG frappant les retraités [seulement les plus démunis d'entre eux, et alors que  la désindexation des pensions de retraite frappe toujours la totalité d'entre eux, faut-il le rappeler à ce converti tendancieux au macronisme ?]
Il y a eu beaucoup de débats de qualité dans les mairies [assure Mignard bien qu'il s'agisse d'un entre-soi dont sont exclus les Gilets jaunes] et cela aura des répercussions sur l’administration communale et la gestion des finances locales [les participants qui ne refusent pas leur participation à cette mascarade sont pris en charge à l'hôtel]
Mais on a peu parlé de salaires et de revenus. Il faut maintenant, comme le réclame la CFDT, un Grenelle social [c'est l'ancien socialiste qui parle], une conférence nationale sur les salaires. Les manifestants veulent de l’Etat, toujours plus d’Etat. Je pense que c’est au tour des entreprises d’entrer dans le jeu de l’apaisement [sic]. Elles ne peuvent pas se contenter de verser une prime exceptionnelle. Les gens qui descendent dans la rue depuis mi-novembre - qu’on soit d’accord ou pas avec eux - veulent sortir de l’aléatoire. C’est compréhensible et c’est juste.

Homme de réseaux, maître Jean-Pierre Mignard sert Macron en mobilisant des soutiens. 
Mais il se défend de vouloir "créer une tendance" au sein du parti du président, il y a un pas que cet ex-socialiste ne franchit pas. Il s'en explique :"Ce n'est pas Emmanuel Macron qui en a eu l'idée, c'est moi. J'ai eu un bref entretien avec le président de la République, qui ne m'en a pas dissuadé..."

S'agit-il d'organiser des courants à l'intérieur de La République en Marche (LREM) ?
Résultat de recherche d'images pour "racoleuse"
Mignard veut plutôt contribuer à agréger des familles politiques, "dans le sens de ce qu'a accompli Emmanuel Macron depuis des années". Il précise :"La question n'est pas de réunir des personnalités connues pour leur engagement à gauche. C'est comment le débat démocratique peut avoir lieu au niveau de La République en Marche, de ses électeurs, de ses adhérents, de ses élus. Le débat doit se déployer pour que ce parti joue pleinement son rôle." Agrégateur, plutôt que débaucheur: c'est plus flatteur...

L'avocat proche de François Hollande souhaite un élargissement de la majorité.
"La question, c'est quelle famille politique voulons-nous construire dans la durée ? Je défends depuis longtemps la thèse selon laquelle la structuration de La République en Marche correspond à une séquence de la recomposition politique en cours. Sa vocation est de s'élargir afin de constituer un grand arc allant des socialistes jusqu'aux républicains sociaux. Je vais militer en ce sens."
Sur son compte Twitter, Mignard explique : "les socialistes pro-européens devraient, en tant que tels, devenir une composante majeure de la majorité présidentielle".

mardi 11 octobre 2011

L'UMP donne naissance à la "droite humaniste"

L'humanisme n'est pas le monopole de la gauche

Les centristes de l'UMP se structurent


Après la " gauche molle " de François Hollande et la " gauche dure " de Martine Brochen-Aubry, voilà la droite des " humanistes " de l'UMP. vont donc lancer Ce nouveau courant de l'UMP est detiné à faire contre-poids à la " droite populaire ", afin " d'équilibrer " la majorité présidentielle, ont annoncé les deux initiateurs du projet, les ministres Marc Laffineur (Anciens combattants) et Jean Leonetti (Affaires européennes).
"
Nous voulons mettre l'humain et l'innovation au cœur des débats. En cette période de crise, les Français souhaitent qu'on leur apporte un projet, ils ont besoin de savoir comment ils vont vivre dans les prochaines années. Nous devons donner un sens à la société. Il est donc à la fois populaire et indispensable de mettre l'humanisme au cœur de la campagne présidentielle, avec des thématiques comme l'Europe sociale, l'éducation ou encore une fiscalité plus juste et plus moderne " explique Jean Leonetti dans un entretien au figaro.fr, ce mercredi.

Un aimant pour le centre dispersé

Ce courant humaniste est destiné à contrebalancer l'influence prise par la Droite populaire. " L'association du "Groupe des Européens" de Marc Laffineur et de "République et Humanisme" de Jean Leonetti donnera naissance à un 'large' courant qui accueillera toutes les sensibilités humanistes de la majorité et qui comprendra plus d’une centaine de parlementaires de la majorité présidentielle ", prédisent-ils.

" Afin d’équilibrer les propositions adressées à nos concitoyens, ce courant aura vocation à donner plus d’écho à la voix humaniste, sociale, républicaine et européenne en proposant des mesures dans le cadre du projet présidentiel de l’UMP ", ajoutent Laffineur (libéral proche de Jean-Pierre Raffarin) et le docteur Leonetti.

=> Initialement membre de l'UDF, l'UMP Marc Laffineur (1945, Nord) est docteur en médecine et conseiller général de Maine-et-Loire. Il est par ailleurs membre de la Commission des Finances, membre du Comité des Finances Locales et de la Commission chargée de la labellisation des pôles d’excellence rurale. Son travail parlementaire est apprécié pour l'attention particulière qu'il porte aux élus et aux territoires.
Marc Laffineur est depuis 2008 1er vice-président délégué de Dialogue & Initiative, fondé en 2000 par Michel Barnier, Jacques Barrot, Dominique Perben et Jean-Pierre Raffarin.
Il occupa la fonction de 1er vice-président de l'Assemblée nationale de 2007 jusqu'au 29 juin 2011, date à laquelle il fut nommé secrétaire d'État auprès du ministre de la Défense et des Anciens combattants.

=> Jean Leonetti (1948, Bouches-du-Rhône), est maire d'Antibes et réélu député des Alpes-Maritimes en juin 2007 avec 63,99% des voix au 1er tour.
Médecin cardiologue en exercice, il est très impliqué dans les questions d'éthique, notamment médicales: il a présidé la " Mission parlementaire sur l’accompagnement de la fin de vie " en 2004, qui a conduit à la " Loi relative aux droits des malades et à la fin de vie " (22 avril 2005) dont il était le rapporteur au Parlement.
Il est premier vice-président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, et vice-président du Parti radical valoisien, dont le président et porte-parole est Jean-Louis Borloo.
Il a été nommé ministre chargé des Affaires européennes le 29 juin 2011.

Nicolas Sarkozy est-il favorable à ce mouvement ?

" Je n'ai pas demandé l'aval de l'Élysée. "
Mais il est clair, que dans un premier temps, le Président de la République a approuvé l'accès de ces deux personnalités au gouvernement Fillon.

Ensuite, le maire d'Antibes précise que le président nous a toujours laissés exprimer nos idées. Notre démarche s'inscrit dans la majorité et pour la majorité, dans une volonté d'unité ", souligne-t-il enfin.

Le courant servira les intérêts du candidat de l'UMP en 2012.

Il devrait être l'étoile du berger des centristes égayés dans le paysage politique et le centre de ralliement des humanistes en quête d'unité, favorisant leur retour au sein de la majorité présidentielle.

La présentation de ce courant aura lieu mercredi à 14h30 au 1er bureau de l'Assemblée nationale, indiquent les co-fondateurs.


jeudi 15 mai 2008

L’UMP n’est pas un parti godillot

"L'UMP n'est pas utile à Nicolas Sarkozy", observe Chritian Estrosi
Christian Estrosi, le maire de Nice et ancien secrétaire d'Etat, estime jeudi que l'UMP "n'est pas utile à Nicolas Sarkozy aujourd'hui" et qu'il y a "un vrai problème d'organisation" en son sein.

Estrosi n'est pas satisfait du comportement à la socialiste des courants de l’UMP. Ce que la presse militante et hostile qualifie de couacs serait appelé ‘débat’ au PS, qui compte des fabiusiens, comme l’UMP possède des chiraquiens, tels Hervé Mariton ou Geoges Tron, et des villepinistes, tels Jean-Pierre Grand, mais aussi des alliés turbulents au Nouveau Centre, tel Charles-Amédée de Courson. Cette diversité est du pain béni pour la presse d’opposition, qui ne prétend pas être neutre ni objective mais garante de la liberté d’expression à sens unique, de la diffusion de la pensée unique.

L’UMP doit prendre conscience de sa responsabilité en alimentant la polémique. "Ce qui m'inquiète, c'est que le parti n'est pas utile à Nicolas Sarkozy aujourd'hui, alors qu'il devrait être le garant de ses engagements. Il n'est pas non plus utile dans la vie politique parce qu'il y a un vrai problème d'organisation, de débat interne et de confrontation des idées", explique ce proche du président de la République dans une interview au site Internet du magazine Le Point.

Cet ancien ministre délégué à l'Aménagement du territoire auprès de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Dominique de Villepin, souligne les faiblesses du parti. "Je ne reproche rien à la direction de l'UMP!", assure le maire de Nice, tout en notant une coupure de l'UMP avec ses "racines populaires".
"L'UMP doit endosser le rôle d'animateur de débat, dans chacune de ses fédérations et au niveau national. Nous devons faire appel au peuple en permanence, susciter les débats sur les grands sujets de société", poursuit-il avant de citer "l'accompagnement de fin de vie", "la bioéthique", ou encore "la sécurité", "la religion", "la justice" et "l'égalité des chances".