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vendredi 5 août 2016

El Khomri place un membre de son Cabinet à l’Inspection générale des finances, en embuscade

Pierre-André Imbert va pantoufler et noyauter ce service d'inspection interministériel "indépendant"

Ce quadra discret s’est révélé un pilier du ministère du Travail. 



Pierre-André Imbert (à droite de Myriam El Khomri), 
lors d'une réunion avec le Medef à Matignon, le 30 juin 2016.
A noter le regard direct de Manuel Valls...
Arrivé dès 2012, alors que Michel Sapin occupait le poste de conseiller aux mutations économiques et aux entreprises, Pierre-André Imbert s’est peu à peu imposé comme directeur de cabinet adjoint, avant d’être nommé, l’année dernière, directeur de cabinet de François Rebsamen, un franc-maçon notoire.

Ce technicien de l’ombre a agité l'opinion lors de son suivi de tous les dossiers contestés du ministère de la R
ue de Grenelle, de celui du chômage à la loi sur le dialogue social, en passant par le travail du dimanche ou les grandes restructurations. Il a toutefois peiné dans les arcanes du droit du travail et s'est échoué sur les écueils du paritarisme, malgré l'indéfectible soutien de la CFDT. 

Ancien collaborateur du pape français du social, Raymond Soubie, PDG du cabinet de conseil en ressources humaines Altedia, puis d'Alixio (stratégie sociale et management du changement)Raymond Soubie, Pierre-André Imbert a géré les affaires courantes du ministère en attendant que François Rebsamen, démissionnaire de son portefeuille ministériel, soit remplacé. En tout cas, c’est Imbert qui a préparé les dossiers nourris de plusieurs rapports sur le sujet de la Loi travail, dont celui de l’Institut Montaigne, un groupe de réflexion,  que Myriam El Khomri -une proche de Martine Aubry- a trouvés prêts à l'emploi. Citons notamment la création au 1er janvier 2017 d'un compte personnel d’activité (annoncé en avril 2015, qui regroupera le compte de formation, le compte pénibilité, etc. pour une "flexi-sécurité à la française")L'enjeu est politique: faire baisser le chômage et inverser sa trop douloureuse courbe, à l'ouverture de la campagne présidentielle de Hollande qui en a fait une cause personnelle d'abandon.

Imbert prendra ses fonctions à partir du 1er septembre.

Cet économiste de formation a été nommé inspecteur général des finances,
selon le compte-rendu du conseil des ministres mercredi. Il sera chargé notamment de conseiller les autorités publiques...

Ex-
directeur de cabinet de Sapin, ministre baratineur du Travail de 2012 à 2014. 
Arrivée  rue de Grenelle en septembre 2015, Myriam El Khomri l'avait gardé à ce poste. Il était alors présenté comme l'homme de la continuité et le mentor de la ministre. Il a en fait la synthèse des diverses réflexions sur le projet de loi Travail, à en croire Pierre Jacquemain - issu de la gauche radicale et collaborateur de Clémentine Autain, mais proche conseiller de la ministre du Travail-  un objecteur de conscience qui a choisi de  déserter mi-février, pour marquer son désaccord avec le projet de loi El Khomri.  

Pierre-André Imbert  est par ailleurs l'auteur d'"Attac: contre la dictature des marchés", en collaboration avec Bernard Cassen (président d'honneur de l'organisation altermondialiste Attac-France) et Liêm Hoang-Ngoc (démissionnaire du PS pour promouvoir le dialogue avec le Front de gauche, le mouvement écologiste et la gauche radicale et fondateur du mouvement de "déçus du PS" jugé "moribond", la Nouvelle Gauche socialiste).
Signataires d'un appel à voter Mélenchon
Liêm Hoang-Ngoc, ex-membre du bureau national du PS; Julien Jusforgues, ex-membre du conseil national; Daniel Bonnot, ex-membre de la Commission nationale des conflits; Roger Tropéano, ex-délégué national; Catherine Renaud-Mayer, ex-première secrétaire fédérale de la Manche; Laurent Beaud, ex-membre du bureau fédéral de l’Hérault; Alain Bourgeade, ex-membre du bureau fédéral de Haute-Garonne; Jean-Claude Bridon, ex-membre du bureau fédéral du Cher; Fabienne Chiche, ex-membre du bureau fédéral du Val-de-Marne; Annie Darrieux, ex-membre du bureau fédéral du Gers; Sabrina Ghallal, ex-membre du bureau fédéral de la Marne; Denis Gouteux, ex-membre du bureau fédéral du Cantal; Nicolas Grondin, ex-membre du bureau fédéral de l’Essonne; Laurent Hecquet, ex-membre du bureau fédéral du Puy-de-Dôme; Catherine Laur, ex-membre du bureau fédéral de l’Aveyron; Frédéric Martin-Delvincourt, ex-membre du bureau fédéral des adhésions de Paris; Jean-Claude Maurin, ex-membre du bureau fédéral du Gard; Anas Moutabarrik, ex-membre du bureau fédéral de la Marne; Daniel Orts, ex-membre du conseil fédéral de l’Aveyron; Franck Rey, ex-membre du bureau fédéral du Cantal; Olivier Spinelli, ex-membre du bureau fédéral de la Somme.
C'est François Rebsamen qui a nommé Pierre-André Imbert directeur de cabinet pour la première fois.
Myriam El Khomri va perdre son bras gauche.
L'IGF n'est pas indépendante du pouvoir exécutif, puisque son chef est nommé par le président de la République lui-même, sur proposition de son ministre des Finances. Placée sous  les tutelles du ministre de l'Économie et des Finances et du ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, l'IGF alimente la critique sur le caractère fermé et mandarinal du pouvoir: les proches des politiques y trouvent "un placard doré" pour pantoufler jusqu'à l'heure de la retraite, mais les politiques y casent aussi des hommes dévoués, voire des 'francs tireurs', dans la perspective de l'alternance politique. Après l'avoir dirigée de novembre 2005 à juin 2007, l'ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations et actuel secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Pierre Jouyet, pourra y retourner pour en reprendre la présidence, sur décision de son actuel employeur, le président de la République soi-même, sur proposition de son ministre des Finances, peut-être Emmanuel Macron, inspecteur des finances.
Claire Waysand, première femme à diriger le cabinet des Finances, devrait bientôt atterrir également à l'Inspection des Finances, sans aucune obligation de réussite. 

Il faut la protéger de Sapin: comme Georges Tron, porté sur la réflexologie plantaire, accusé d'agressions sexuelles et mis en examen pour viol, Michou a une addiction pour les élastiques de strings: il tire tout ce qui dépasse, mais impunément.

samedi 28 mars 2015

En Corrèze et en Essonne, les départementales pourraient être fatales à l'exécutif

Hollande et Valls sont des abcès de fixation du mécontentement populaire   

Parmi les départements à surveiller, la Corrèze et l'Essonne

  
Président Hollande tendu et hautain
lors de son passage à Tulle
pour le 1er tour de la départementale
Le PS a beaucoup à perdre, notamment le Nord et le Pas-de-Calais, le Vaucluse, le Val-de-Marne, l'Isère, les Pyrénées-Orientales, le Finistère ou les Bouches-du-Rhône, lors des départements pour le second tour des élections départementales dimanche. 

La politique de François Hollande met le PS en danger en Corrèze  

Aura-t-il suffi de faire pleuvoir la manne présidentielle sur Tulle et ses environs? Lors des municipales, l’an dernier, François Hollande avait été frappé par la perte de Limoges, aux mains de la gauche depuis un siècle. Ce dimanche, au second tour des départementales, c’est la Corrèze de Chirac, dans le même Limousin, que l’UMP rêve de reprendre. Le trophée ne serait pas que symbolique: il serait le starter de la débâcle nationale. Le département est le fief du chef de l’Etat, après avoir été jadis celui de Jacques Chirac. 
C’est là que le leader socialiste a été parachuté de Rouen et Paris, à 550 km, dans les années 1980, et a construit sa carrière politique. C’est aussi sur cette terre qui "fait pousser des champignons et des présidents " – selon sa propre formule – qu’il s’est officiellement lancé dans la course à l’Elysée en mars 2011, juste après avoir été réélu à la tête du Conseil général (qu’il a présidé de 2008 à 2012). A l’époque, la gauche l’avait emporté de peu, comme en 2008. 

Cette fois, la majorité sortante, conduite par le socialiste Gérard Bonnet, est en difficulté. Victime de l'impopularité nationale du président Hollande. Malgré une participation relativement élevée, de 59,6 %, le PS n’a remporté aucun canton au premier tour. Et un seul de ses binômes a viré en tête : celui de Bernard Combes, maire de Tulle, premier vice-président du Conseil général et conseiller à l’Elysée, à qui il n’a manqué que 8 voix pour l’emporter. La droite, rassemblée autour de Pascal Coste, chef de file de Corrèze demain (UMP-UDI), a déjà gagné 4 cantons sur 19 – dont 2 arrachés à la gauche – et est en ballottage favorable dans au moins 5 autres. Beaucoup sont indécis. " La Corrèze se joue à rien", tente-t-on de se rassurer Rue de Solferino. Mais l’inquiétude domine : seule la mobilisation des électeurs de toute la gauche pourrait encore permettre au PS de renverser la vapeur. Mais la tentation est forte pour les militants d'extrême gauche comme d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) de se faire respecter. 

Essonne : le " frondeur" Jérôme Guedj (PS) est sur un siège éjectable

La  droite est aux portes de l’Essonne. Elle est arrivée en tête au premier tour dans 9 cantons sur 21 et elle est en ballottage favorable dans plusieurs autres. La dynamique de l'opposition s'amplifie depuis les municipales de 2014, à l’issue desquelles elle avait raflé de nombreuses villes, dont Palaiseau, à la gauche, qui contrôle le département depuis 1998. 
Malgré une méchante affaire montée de toutes pièces -par deux employées communales frontistes défendues par Me Gilbert Collard- et jetée dans les pieds du maire de Draveil, l’ancien ministre (2010-2011) UMP Georges Tron, candidat à la présidence du Conseil départemental, s’est imposé avec 10 points d’avance dans le canton de Draveil. Mais le Front national pourrait jouer les arbitres après sa percée dimanche dernier. Le parti d’extrême droite est arrivé en tête à Corbeille-Essonne et se maintient au second tour dans sept autres cantons de l'Essonne. Ainsi comprend-on pourquoi Manuel Valls agresse le FN à longueur de journées.
Face à la pression des oppositions, le PS ne pourra exploiter l'excuse de divisions de la gauche qui, pour la circonstance, s'est rassemblée  dès le premier tour dans 8 cantons. Et elle s’est au final qualifiée dans 17 cantons. Jérôme Guedj, le président sortant PS (depuis 2012 seulement) du Conseil général, veut donc encore y croire et martèle son message de rassemblement.
La secrétaire d'Etat P. Boistard accompagnée du secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et ancien député de l'Essonne Thierry Mandon,
portaient à bouts de bras le président sortant du CG Jérôme Guedj,
outre la secrétaire nationale d'EELV E. Cosse,
distribuant des tracts contre Georges Tron à Juvisy-sur-Orge.
 
Mercredi, le canton a vu déferler les responsables parisiens: la patronne des Verts, Emmanuelle Cosse, qui intrigue pour entrer au gouvernement, et rien que deux  secrétaires d’Etat du gouvernement  de Manuel Valls (député de l'Essonne, 2002-2012, et président de la Communauté d'agglomération Évry Centre Essonne, 2008-2012), Pascale Boistard (Droits des femmes et députée de la... Somme) et Thierry Mandon (Réforme de l’Etat et député de... l'Essonne), venus tracter pour faire barrage à Georges Tron. 
 Taubira est venue soutenir, non pas Valls,
mais Guedj, qui aurait préféré la laisser hors de tout
Le forcing est d'autant plus manifeste que, comme ces membres du gouvernement, Christiane Taubira est allée faire campagne en Essonne, le département du premier ministre Manuel Valls, où le PS est en très grande difficulté.
Une telle pression socialiste s'apparente à de l'abus de pouvoir mais risque d'indisposer l'électorat résistant au parti unique et à toute forme de totalitarisme.

 

lundi 23 mars 2015

Départementales: la politique de Valls sanctionnée; l'UMP reprend la tête, devant le FN

La politique et les vociférations de Valls divisent et  coulent la gauche, comme le pays 

La droite domine, le FN s’enracine, le PS trébuche: la droite est sortie largement en tête du premier tour des départementales

Le FN, à plus de 25%, s'est non seulement affirmé comme la deuxième force politique du pays, mais il est qualifié dans plus d'un canton sur deux.
Dans 43 départements (sur 98 où avait lieu le scrutin), le FN arrive en tête. Outre ses bastions du Sud-Est ou du Nord/Nord-Est, il termine premier jusque dans les Côtes d'Armor (19%). Surtout, après 8 élus dès le premier tour, il sera présent au second dans près de 1.100 cantons sur environ 1.900 encore à pourvoir.

Le FN en tête dans les Bouches-du-Rhône. L'ancien homme fort du PS local, Jean-Noël Guérini, recule devant la forte poussée du Front National du fait des casseroles judiciaires qu'il traîne depuis des années avec la complicité d'une justice indulgente du même coup sanctionnée par les électeurs:  plusieurs candidats de sa majorité ont été éliminés dès le premier tour. De ce fait, le FN est en tête du département avec 33,5% des suffrages et n'est absent que dans un seul des 29 cantons au second tour.

La gauche a en revanche souffert de la politique de Valls, contestée au sein du PS qui est sur le point de perdre une trentaine de Conseils généraux dimanche prochain, soit autour de 50% puisqu'il en détenait 61.
A un peu plus de 21%, le résultat du PS est certes largement au-dessus de son score catastrophique (14%) des Européennes de 2014, selon une totalisation partielle du ministère de l'Intérieur, mais son arrogance avec le Front de gauche et les écologistes risque de priver la gauche d'un grand nombre de présidences départementales, alors que celle-ci détenait 61 départements.
Le Nord, forteresse socialiste perdue. 
Symbole du revers national, le Nord, qui compte le plus grand nombre de cantons et qui est un bastion de la gauche, est d'ores et déjà perdu. Pour le PS de Martine Aubry et des affaires de corruption, le premier tour annonce une débâcle dimanche, à deux ans de l'élection présidentielle de 2017. Ne garder qu'une vingtaine de départements correspondrait au scénario du pire redouté par l'exécutif, alors que Valls s'est démultiplié, venant vociférer jusqu'à Lille (Carvin, le 18 mars).
En Corrèze, l'atmospère est tendue
La Corrèze pourrait revenir à droite

Si Tulle est gavée de crédits déversés depuis Paris et repue de textos, appels et visites, le chef de l'Etat -parachuté dans le Limousin en 1981- n'a pu que constater la progression de la droite dans son fief électoral menacé de bascule. Avec 49,85% des suffrages, le maire de Tulle, protégé de Hollande, rate son élection au premier tour. Et en Corrèze, malgré une participation en hausse à 63,12%, la soirée est encore plus morose pour le PS. La droite, elle, a déjà gagné 4 cantons. Le socialiste Gérard Bonnet, président sortant du Conseil général, est contraint à un second tour.

L'Essonne de Valls vacille. Le département de la grande couronne parisienne pourrait basculer à droite, après avoir déjà connu une hécatombe aux municipales. La gauche avait alors perdu les villes de Viry-Châtillon, les Ulis ou encore Palaiseau. Le scrutin s'annonce serré entre la gauche, en place depuis 1998, et la droite menée par G. Tron, tandis que le Front national entend jouer les trouble-fête au second tour.

"Les conditions d'un basculement massif en faveur de la droite et du centre sont réunies"
L'ancien président Nicolas Sarkozy s'en est félicité et renouvelle la consigne du "ni-ni" de l'UMP pour le deuxième tour, à savoir ni FN, ni PS dans les cantons où la droite est éliminée.
Après les municipales de 2014, le premier parti d'opposition remporte un nouveau succès pour le premier rendez-vous électoral de N. Sarkozy depuis son accession à la présidence de l'UMP.

La gauche sera d'ores et déjà éliminée de 500 cantons au second tour

L'institut Opinionway a publié des projections fondées sur 71 départements "probablement à droite", 19 "probablement à gauche" - soit une perte des 2/3 et 3 "sans majorité" (Pas-de-Calais, Vaucluse, Seine-Maritime), à l'issue du second tour dimanche prochain.
Jean-Marie Le Guen, un proche du premier ministre, diffuse les éléments de langage de Matignon pour qui la politique gouvernementale de Valls ne serait pas responsable de l'échec du pouvoir aux départementales, le quatrième. "Une centaine que nous aurions pu remporter, en raison de la division de la gauche", a raconté le secrétaire d'Etat. Mais la division est la conséquence des choix politiques de Valls, mais aussi de son arrogance avec ses alliés et ses tonitruants anathèmes sur tous ses opposants.

Selon les estimations de l'"institut" Ipsos, les listes investies par l'UMP ont obtenu 32,5%. Les listes ayant le soutien du PS emporteraient elles 24%. Le Front de gauche est crédité de 6,5% des suffrages, tandis qu'EELV émarge à seulement 1,9%.
L'ensemble de la gauche, qui pointait à 34% au soir des Européennes, a plutôt mieux résisté qu'annoncé: les sondeurs avaient amplifié la menace FN (crédité de 30%) et dramatisé une déroute dans le sillage des municipales et des européennes de 2014, tandis qu'à l'instigation de Matignon, ils ont marginalisé la droite républicaine. Au final, la stratégie des manipulateurs de l'opinion a donc créé l'effet escompté: minimiser la poussée du FN et la gamelle de la gauche. A ceci près que l'opposition de droite a sereinement capitalisé sur les promesses non tenues et les outrances des uns et des autres. 

Un maquillage des résultats par "blocs"

Cette intox technique permet de gonfler un score cumulé de 36,2% pour la gauche -escamotant les querelles des frondeurs, les portes claquées par les radicaux Verts ou les attaques du Front de gauche - contre 36,5% pour le bloc de droite, selon une présentation fallacieuse du ministère à la faveur de la nuitvers 02h00. Car ce coude-à-coude apparent est en réalité purement théorique et ne devrait pas empêcher un revers électoral, en raison des divisions, selon les politologues.

Ainsi, quatre fois plus de candidats de droite étaient élus dès le soir du premier tour. 220 candidats de droite (soit 110 binômes) avaient par exemple déjà été élus au premier tour, 56 de gauche, 8 FN et 6 divers.

La presse de lundi évoque une "fessée monumentale" du PS et ne peut nier une "vague bleue" (UMP-UDI) plutôt que "bleu Marine (FN) qui a déferlé sur le premier tour.

La campagne du second tour

Débat sur le 'ni-ni' à droite 
Le score du Front national (25,35%, selon les derniers décomptes du ministère vers 02h00), nettement inférieur aux 30% gonflés par plusieurs entreprises commerciales de sondages, peut être exploité comme un encouragement par Manuel Valls. Mais, en arrivant au 3e rang, le Premier ministre qui s'était promis de l'abattre à coups de  matraque, a échoué à maintenir le parti de Marine Le Pen derrière le PS. "Quand on mobilise les Français, ça marche", s'est félicité cet adepte de la méthode Coué qui n'est pas à une contre-vérité près.
Le directeur du département opinion chez Harris Interactive  n'est pas de reste dans la manipulation. "Objectivement, chacun peut vraiment se réjouir." Et Jean-Daniel Lévy de citer le PS "parce que notamment le surplus de mobilisation leur a permis de passer la barre des 20%" ! 

M. Le Pen avait des raisons d'afficher sa satisfaction, saluant "l'exploit" de dépasser le score des européennes (24,86%), qui l'autorisait à se poser en "premier parti de France". Or, le parti frontiste gagne près de 10 points par rapport aux cantonales de 2011.

Tous les responsables de la gauche aux abois ont appelé à faire barrage à l'extrême droite
Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, exige  "la réciproque" à droite.
Mais, arrivée en tête,  l'UMP reste fidèle à sa politique du "ni-ni", tandis qu'au centre, Jean-Christophe Lagarde, président de son principal allié, l'UDI, et Marielle de Sarnez (MoDem, combien de divisions?) ont appelé à "faire barrage à l'extrême droite" avec un "bulletin républicain". Alain Juppé (UMP) avait jugé un peu plus tôt que "la seule force d'alternance" était l'alliance de la droite et du centre.Le nouveau maire de Pau (Modem) a lui aussi invoqué les "valeurs" pour justifier son opposition au "ni-ni". C'est ainsi que le tandem François Bayrou - Alain Juppé a permis que la gauche conserve tout le Sud-Ouest...
Pour sa part, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a reconnu un "risque d'un basculement massif des départements", qui "annonce une large victoire de la droite et de l'extrême droite". 

Relativisant le  score pitoyable de son parti, Emmanuelle Cosse, la patronne d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a reproché au gouvernement et au PS d'être "responsables de la désunion autour d'eux".

Parmi les personnalités politiques candidates, le radical de gauche Jean-Michel Baylet a été réélu dès le premier tour dans le Tarn-et-Garonne, tout comme le socialiste Henri Emmanuelli dans les Landes, Patrick Devedjian (UMP, Hauts-de-Seine) ou Eric Ciotti, le président UMP sortant du Conseil général des Alpes-Maritimes.
Le ministre des Sports Patrick Kanner (Nord), les secrétaires d'Etat socialistes André Vallini (Isère) et Ségolène Neuville (Pyrénées-Orientales) sont en revanche en ballottage.

La participation des électeurs, qui avoisine les 49%, est nettement supérieure aux Européennes de mai 2014 (57,5%) et des cantonales de 2011 (55,7%).

mardi 10 décembre 2013

Non-lieu prononcé dans l'affaire Georges Tron

Abandon de l'action judiciaire une fois la campagne présidentielle passée

Confirmation d'une machination politique

L'ancien secrétaire d'État contesta 
les interprétations de sa pratique, 
et avait été laissé en liberté 
sous contrôle judiciaire
Alors qu'il était secrétaire d'État du gouvernement Fillon sous la présidence de N. Sarkozy, Georges Tron, 54 ans, maire de Draveil, avait été mis en examen le 22 juin 2011 pour viols et agressions sexuelles en réunion par personne ayant autorité, et laissé en liberté sous contrôle judiciaire. L'ancien secrétaire d'État, qui continue de contester les accusations portées à son encontre, a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Le profiteur socialiste 
avec le président par défaut
 
L'affaire avait conduit Georges Tron à démissionner de son poste ministériel à la Fonction publique en mai 2011. En juin 2012, cette affaire avait profité au socialiste Thierry Mandon qui lui avait  ravi son siège de député

Un non-lieu sanctionne les accusations des deux anciennes employées de la commune de Draveil (Essonne) visant le ministre UMP Georges Tron, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Les deux juges d'instruction, qui ont également conclu à un non-lieu pour son adjointe à la culture, Brigitte Gruel, ont suivi les réquisitions de la procureure d'Evry, Marie-Suzanne Le Quéau, a-t-on précisé.

L'ex-ministre avait expliqué son intérêt pour la réflexologie plantaire
et avait reconnu avoir pris en mains les pieds des plaignantes, tout en se défendant d'avoir eu des intentions sexuelles.

L'ancien ministre avait été victime


Georges Tron avait dénoncé à la fois 
une vengeance d'employées sanctionnées et un complot politique venu du Front national. Les plaignantes étaient défendues par Me Gilbert Collard, proche de Marine Le Pen, devenu député du Rassemblement Bleu Marine. "Je n'ai strictement rien à voir dans ces accusations", avait vivement réagi Marine Le Pen aux paroles de Georges Tron.
L'un des avocats de l'homme politique sali par le PS et le FN, Me Olivier Schnerb, a certes publiquement imputé ces accusations à une volonté de vengeance des employées en question, sanctionnées pour des malversations ou insuffisances, mais Georges Tron avait également invoqué un complot ourdi par l'extrême droite. Il avait en effet expliqué que ses deux accusatrices avaient été manipulées par des personnalités du Front national.

Il avait également estimé qu'
avec sa mise en cause, "on cherchait à faire écho" à l'affaire Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol aux Etats-Unis.Georges Tron avait en outre été frappé dans son immunité parlementaire. Les juges instructeurs s'étaient tournés vers le bureau de l'Assemblée nationale pour lui demander la levée de l'immunité de l'ancien secrétaire d'EtatIl l'avait récupérée, fin juin 2011, avec son siège un mois après avoir quitté ses fonctions.

Un contentieux judiciaire copieux

"L'ordonnance ne répond pas aux questions qui lui ont été posées.
Ma cliente va interjeter appel devant la chambre de l'instruction", a déclaré Vincent Ollivier, avocat d'une ex-collaboratrice de la mairie de Draveil.

Virginie Faux
 est en fait une personne au comportement instable. 
"Elle était régulièrement en état d'ébriété et avait fait plusieurs tentatives de suicide, après sa rupture avec son ancien amant. Cela n'avait rien à voir avec Georges Tron", assure Martine Thomas, l'ancienne attachée parlementaire du secrétaire d'Etat. Dans une lettre à charge datée de juin 2010, Florence Fernandez de Ruidiaz, adjointe chargée des Affaires scolaires et du personnel communal, relate un incident survenu lors des voeux du maire, en janvier 2010. "Elle s'est couchée sur une table, à soulevé ses vêtements, et a eu des gestes très déplacés envers un adjoint", raconte cette élue dans un courrier évoqué par lexpress.fr. 

Le contentieux de la mairie avec l'autre plaignante, Eva Loubrieu est plus grave. 
Cette jeune femme de 36 ans, embauchée en janvier 2007, occupait le poste de responsable du pôle livres à la direction des affaires culturelles. En 2009, la mairie de Draveil l'accusa de détournement de l'argent de la régie dont elle avait la charge. Le 10 avril, une plainte fut déposée auprès du procureur de la République d'Evry. Après le remboursement des sommes (745,85 euros d'achats effectués chez Ikea, de novembre 2008 à février 2009 ) réclamé par le procureur, la plainte fut classée sans suite et la jeune femme licenciée à l'issue d'une procédure disciplinaire. 
"Georges Tron avait indiqué en conseil municipal qu'elle s'était rendue coupable d'indélicatesses qui avaient nécessité son renvoi", indique Jean-Pascal Bonsignore, élu communiste de Draveil.

Les témoignages des deux plaignantes étaient aussi fragilisés par les rapports des experts psychologues.
Les expertises se sont révélées plutôt défavorables aux deux plaignantes. "Dépressives, conduites addictive importantes, absence totale de séquelles sexuelles", les rapports sur Eva et Virginie fragilisent leurs témoignages, selon RTL. Et selon les expertises citées par lefigaro.fr, Georges Tron ne présente aucune "perversion sexuelle dans le registre du fétichisme du pied". 
 

jeudi 2 juin 2011

L'homme présumé coupable doit-il avoir peur des femmes ?


L'affaire DSK a introduit la peur des sanctions chez les hommes

Un précédent aux effets contrastés

Dix ans après que l'instruction de l'affaire d'Outreau a débuté, en 2001, et six ans après l'acquittement des inculpés, sans plus de discernement, l'affaire DSK fera-t-elle de tous les hommes des saligauds invétérés ? La parole des enfants est sacrée, a-t-on proclamé et, tous ensemble, éducateurs, psychologues et juges ne l'ont-ils pas alors sacralisée ?
Entre 1997 et 2000, les éducateurs scolaires approuvèrent la ministre déléguée à l'Enseignement scolaire puisqu'elle appartenait au gouvernement Jospin. Elles'attacha à la défense des droits de l'enfant et à la lutte contre la violence à l'école (loi de juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs). Pendant longtemps, la révélation par l’enfant de violences sexuelles fut interprétée comme des fantasmes. Mais, à partir de 1998, pour des raisons plus politiques que psychologiques, elle devint parfaitement fiable et indiscutable. C'est ainsi qu'au procès d'Outreau, la parole de l'enfant avait tout à coup été prise au pied de la lettre et des adultes accusés à tort et traînés dans la boue. Certains subirent trois années d’incarcération et l’un d’entre eux se suicida même en prison. Aujourd’hui, on ne s’interdit pas de lui attribuer du sens, mais les professionnels réactivent leur capacité de compréhension et l’obligation de signalement ne les affranchit plus de l'obligation d’analyse. Le procès d’Outreau les a rappelés à l'ordre et la raison. Il aurait fallu se méfier des brusques retournements de tendances et prendre la distance nécessaire avec la loi portée par ...Marie-sEGOlène Royal qui dès 1997 avait créé une psychose contre la pédophilie.
L'expérience ne nous a rien appris
Cette fois, l'affaire DSK délie les langues et l'affaire Tron, sans pourtant aucune mesure, lui est assimilée, tandis que Luc Ferry lance des accusations floues à l'encontre d'un ex-ministre.
Chantal Brunel s'en est agacée estimant que ou Luc Ferry sait des choses, et c'est à la justice qu'il doit aller les dire, ou il se tait.

Le Monde a d'ailleurs invité Chantal Brunel a réagir à ce flot de paroles soudainement libérées, dès lors qu'un poisseur socialiste de femme de chambre s'est fait poisser dans une suite luxueuse du Sofitel de Manhattan: lien PaSiDupes

Une campagne de banalisation

Libération, autre journal socialiste, a récemment sollicité les témoignages de femmes politiques.
Que ne l'a-t-il fait plus tôt, si sa démarche n'est pas inspirée par une volonté d'amalgame et de généralisation des comportements de Dominique Strauss-Kahn ?

Chantal Brunel consent à participer à cette entreprise, puisqu'elle ne peut que juger remarquables ces témoignages et les faire siens: " On a toutes nos histoires, nos références en matière de machisme ". Féministes de combat, Yvette Roudy, Marilyse Lebranchu ou Martine Billard peuvent-elles en dire autant ?

Chantal Brunel souligne que le voile intégral est le symbole même de l'infériorité de la femme vis-à-vis de l'homme, puisqu'il cache le corps impur de la femme et que celle-ci ne serait pas maîtresse de son corps. Cette dissimulation puritaine, voire moyen-âgeuse, de l'objet de la tentation par le voile intégral et la burqa est imposée à la femme soumise pour protéger l'homme de la concupiscence à laquelle l'exposent les jupes extra-courtes et les talons aiguilles, les attitudes provocantes et le langage cru des femmes modernes et libérées.
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Il ne vient pas encore à un esprit européen de penser que la femme occidentale exercerait un harcellement sexuel sur l'homme, du seul fait que, puisque ce corps lui appartient, elle peut exhiber sa poitrine opulente au-dessus de son étal de concombres ou projeter ses petits seins au-delà du comptoir: rien vraiment qui puisse être assimilé à de la nymphomanie, de l'allumage ou du racolage. On parle d'exultation du corps ou d'épanouissement de la femme, mais parlerait-on de séduction naturelle et légitime si, dans les rames de métro, les hommes exposaient leurs tablettes de chocolat et si des justaucorps bleus de travail moulaient leurs formes évolutives dans tous les bons garages et bureaux de France et de Navarre ?
Notre société impose à l'homme à la fois -et tour à tour- qu'il reste maître de lui-même et de ses pulsions et qu'il manifeste toutefois son appréciation du spectacle offert: il peut se rincer l'oeil, sans ostentation, mais ne doit pas consommer. Un exercice de corde raide: trop ou pas assez démonstratif, il est présumé obsédé ou impuissant.

Toute femme revendique d'ailleurs d'avoir été importunée, mais en conserve une impression variable, selon qu'elle aura été disponible ou non, flattée ou dépréciée, tant il est vrai que la femme dispose et qu'à un petit homme chauve il vaut mieux un encéphalogramme plat qu'un porte-feuille dégarni. Le traitement social des inégalités amoureuses, voilà donc un créneau nouveau pour les syndicats en déconfiture: tous ensemble contre les fils de ... qui draguent en dormant et les play boys gâtés par dame nature !
Chantal Brunel évoque le temps où, nouvellement élue, elle s'est rendue à une cérémonie dans une commune limitrophe de sa circonscription. A son arrivée, elle entendit s'exclamer son collègue député, élu en 2002-2007, et qui ne s'était pas représenté: "Qu'est-ce qu'elle fait là, celle-là ? Ici, c'est chaque putain dans son bordel." Tétanisée, elle s'était tue.
Mais l'interrogée explique aussitôt que les propos machistes ont plutôt durci une certaine cuirasse. Je crois que quand on fait de la politique, il faut savoir de temps en temps être sourd.

Libération positive l'affaire DSK

Le journal partisan passe du lourd au banal, avec légerté.

L'étalage sur la voie publique de la pathologie d'un grand du PS - fût-elle une agression sexuelle, voire une tentative de viol - fournit au quotidien Libération l'occasion d'un nouveau grand écart. Il ne voit aucune différence entre le crime de DSK et le délit de Georges Tron. Ce qui seul importe désormais, c'est que DSK est un libérateur: son affaire a donné du courage aux femmes victimes d'agressions sexuelles ou de harcèlement et les encourage à porter plainte.

L'affaire DSK est un mal pour un bien: olé !
Chantal Brunel estime que l'affaire DSK va changer trois choses:
- visibilité de comportements occultés;
- libération de la parole des femmes(cf. supra !) et, "accessoirement" (sic), la fin du droit de cuissage d'un puissant sur une jeune femme de condition modeste. Mme Brunel participe à l'imagerie marxisante, mais ne connaît donc pas le monde du spectacle ni le milieu sportif où les petites minettes rodent autour des loges des artistes ou des vestiaires des rugbymen prometteurs ou de footballeurs argentés pour s'abandonner au droit de cuissage et mettre un terme aux fins de mois difficiles;
- introduction de la peur chez les hommes qu'ils aient des comportements sexuels de dominants ou qu'ils égayent leur semaine de travail en pimentant leur vie de couple de fantaisies sexuelles inédites et osées. Finies l'inventivité et la gaudriole intempestive. Les sanctions vont tomber, à la maison comme au bureau et, à l'usine comme au lit, le travailleur sera soumis aux horaires et aux rythmes imposés, à la performance et au rendement, au quantitatif contre le qualitatif. La prise en compte de la pénibilité amoureuse sera-t-elle prise en compte dans le calcul des annuités donnant droit à la retraite ? A quand SUD à la tête de cortèges d'hommes opprimés par les femmes et à l'entrée des bureaux de poste et des chambres de harcélés ?
De beaux combats syndicaux en perspective pour, d'une part, imposer aux hommes la délicatesse, le rafinement et la conviction profonde qu'une femme est l'égale de l'homme, et pour,d'autre part, apprendre aux femmes la tolérance de l'homme qui a peur de l'éjaculation précoce, du coup de mou et d'être pour sa peine traîné devant les prud'hommes.

Car les lois sur la parité ne changent rien
Chantal Brunel considère que l'affaire DSK va faire plus que toutes les lois pour la cause des femmes dans le domaine des violences. Selon elle, puisque la législation existe sur les violences, le problème est la parole des femmes.
On estime qu'un viol sur dix est dénoncé, et qu'en plus, souvent, la victime d'un viol est considérée comme responsable. Dans l'affaire DSK, la presse a suspecté la femme de chambre : pourquoi était-elle là ? s'interrogeait finement la presse d'investigation; qu'est-ce qu'elle faisait là après l'heure de libération des chambres. La presse socialiste n'imagina pas qu'elle puisse essayer de faire son travail. L'opinion, y compris féministe, a trouvé une part de responsabilité à la victime. N'a-t-on pas parlé de complot ? De lynchage et de mise à mort ? La presse indépendante et laïque faisait porter à l'homme du XXIe le fardeau de la faute originelle de la femme de l'Ancien testament. Mais Mme Brunel estime que ce schéma va s'effacer.

Au problème posé par l'affaire DSK de la dépendance et de la situation de hiérarchie ou de pouvoir d'un homme sur une femme, Mme Brunel apporte sa réponse.
Les solutions sont à l'évidence de mettre des femmes à des postes de responsabilité de haut niveau, qui donnent l'exemple aux autres femmes. Ce qui suppose que les femmes de pouvoir soient des romantiques ethérées dépourvues de pulsions.

Chantal Brunel doit en outre retoucher l'image du soi-disant handicap à être membre d'un parti de droite tout en défendant l'égalité homme-femme.
Le droit de vote a pourtant été accordé aux femmes en France le 21 avril 1944 par le Comité français de la Libération nationale, confirmé par l’ordonnance du 5 octobre sous le Gouvernement provisoire de la République française dirigé par le général de Gaulle, en dépit des sénateurs du parti radical: il n'est utilisé que le 29 avril 1945 pour les élections municipales, puis en octobre pour les élections à l’Assemblée constituante où 5,6 % de femmes sont élues députées. Depuis le 10 juin 2007, elles sont 41,6 %.

S'il existe une tradition historique à gauche de la présence des femmes en politique, il reste vrai que les femmes conquièrent désormais des sièges, non point tant pour leurs compétences que par leur persévérance, comme Marie-sEGOlène Royal, qui harcela le président Mitterrand pour obtenir une circonscription éligible, mais des places au bénéfice de contraintes législatives, de quotas et de parité, qui ne doivent pas toujours sufisamment aux compétences de la bénéficiaire. Un contre-exemple aux affirmations de Chantal Brunel sera Édith Cresson (PS) devenue la première femme Premier ministre (1991) par la grâce d'un homme, mais unique en son genre à ce jour, car le coup médiatique à la socialiste du président Mitterrand s'avéra contreproductif pour plusieurs générations. Malgré leur pacte qui donnait la prééminence à l'homme, les frasques du goujat DSK auront de surcroît privé la féministe Aubry de Matignon.

Cela étant, une clivage artificiel gauche-droite arrange le PS. L'Observatoire de la parité, créé en 1995 par Jacques Chirac et présidé par le premier ministre, regroupe pourtant des femmes et des hommes de toutes tendances politiques.
Des femmes, de droite comme de gauche, s'y retrouvent souvent sur des sujets communs. La gauche n'a pas ce monopole-là. L'égalité professionnelle, l'égalité des salaires, le problème du temps partiel sont des sujets aussi bien portés par les hommes et les femmes de la majorité présidentielle que le gouvernement. Roselyne Bachelot a été la première rapporteurE générale de l'Observatoire de la parité à sa création. Ensuite, des femmes socialistes de l'opposition lui ont succédé. Janine Mossuz Lavau, soutien de Désirdavenir Royal en 2007, Nicole Borvo-Cohen-Seat (PCF) et Me Martine Moscovici (expert en viol Viol par soumission chimique, défend des femmes victimes de viols ou d'agressions sexuelles) en ont été membres.

Le machisme est-il équitablement réparti à droite et à gauche
Il est partagé à droite comme à gauche par les élus comme dans la société. Ce ne sont pas uniquement des mots ou des actes, c'est aussi un soupçon de moindre compétence et un confinement des femmes dans des tâches secondaires.
A l'Assemblée nationale, deux femmes sur sept sont vice-présidentes (une femme de droite, une femme de gauche); une seule sur six est présidente de commission; cinq femmes sur soixante-douze sont à la commission des finances. Et à l'Assemblée nationale, les femmes sont plus ouvertes sur l'extérieur et les media mais n'ont pas souvent un rôle de stratégie et de pouvoir.

L'évolution est pourtant notable depuis les années 80
La part des femmes s'est accrue avec la parité en politique, la proportionnelle et l'obligation de listes "chabadabada", un homme et une femme au Parlement européen, à la région et dans les communes de plus de 3 500 habitants. En revanche, à l'Assemblée nationale et dans les conseils généraux, où l'élection se fait sur un nom, au scrutin uninominal, les femmes sont moins bien représentées : 18 % de femmes à l'Assemblée nationale, selon Chantal Brunel ( mais 107 sur 577, en vérité) , 13 % dans les conseils généraux en mars 2011 (13,5% de conseillères générales, pour être précis). La loi du 26 février 2008 avait modifié le code électoral en imposant que tout conseiller général élu ait un suppléant de sexe opposé 5 présidentes de départements, contre 6 précédemment. Depuis 1970, onze femmes ont accédé à la tête d'un conseil général et depuis 2008, sur les 16 nouveaux présidents, 2 sont femmes). Ces chiffres ne sont pas à l'avantage de l'opposition qui détient actuellement 61 des 101 CG.
Pourquoi ?
Parce que ce sont des scrutins qui demandent un engagement très fort sur le terrain, dans la campagne, et que les femmes sont réticentes à cet engagement total. Elles ont souvent une carrière à mener, mais ce sont toujours elles qui assument la plus grande part de responsabilité parentale, d'autant que les parents séparés sont en passe de devenir plus nombreux que les autres. Toutes les études sur la parentalité montrent d'ailleurs que les femmes assument la plus grande part des responsabilités domestiques. Ce qui fait qu'elles sont moins disponibles. Et elles répugnent à une élection qui suppose un combat très dur et assez personnel.

Les jeunes hommes sont davantage sensibles à la parité et au partage
Chantal Brunel assure que le combat des femmes doit être avec les hommes, et non pas contre les hommes: tous ensemble, ils arriveront à faire progresser l'égalité salariale, la parité en politique, le respect des femmes, sur le long terme.
Aucune étude sur les hommes sous l'influence des femmes

Chantal Brunel a écrit un livre sur les violences faites aux femmes, mais rien sur le sujet des hommes battus, mais elle admet que le tabou est encore plus fort.

L'après-DSK devrait favoriser la prise de mesures plus ambitieuses
L'Observatoire ne peut pas adopter des mesures, mais il a vocation à proposer des mesures au premier ministre, qui, de droite comme de gauche, devra porter une attention plus spécifique à l'égalité salariale, au temps partiel subi par les femmes, à la dépendance, qui concerne davantage les femmes, qui sont les aidantes et vivent encore le plus longtemps.

La réforme des collectivités territoriales pourrait marquer un recul pour la parité
Chantal Brunel déplore ce risque en allant sur un scrutin uninominal plutôt que proportionnel. Mais dans une proposition de loi cette UMP a préconisé une sanction financière à l'encontre des partis politiques qui ne respectent pas la parité en fonction du nombre de femmes élues, et non pas en fonction du nombre de femmes candidates. Car il est facile, à droite comme à gauche, de mettre une femme sur des territoires ou une circonscription législative là où elle a peu de chances de l'emporter.

La règle de la parité ne cantonnera pas la femme au rôle de suppléante
Chantal Brunel note que pour les cantonales, les femmes sont à 87 % remplaçantes Elle souhaite donc que le financement des partis politiques par l'Etat soit calculé en fonction du nombre de femmes élues et non pas des femmes candidates.
Elle est de ces femmes qui veulent imposer aux partis un objectif de résultat sur l'élection des femmes à l'Assemblée nationale et dans les futurs territoires, mais ne fourni pas le chiffre des femmes candidates...

Laurence Parisot defend un congé paternité obligatoire
Chantal Brunel juge l'idée intéressante, mais le congé parental existe et il peut déjà être partagé avec le père. Elle estime que c'est au couple de choisir librement, car les longs congés maternité ont l'inconvénient de trop souvent écarter durablement les mères du monde professionnel.

Les journalistes et les politiques ont tu la pathologie de DSK
Les journalistes ont fait le choix, discutable au regard des derniers événements, de séparer vie privée et vie publique des puissants. La connivence des media et de la politique avait jusqu'ici résisté aux évolutions du monde contemporain: l'Internet menace la suprématie de la presse écrite et l'affaire DSK marquera un tournant dans cette lutte d'influence, puisque Twitter a brisé l'omerta de la presse en divulguant ce que le Canard Enchaîné et Mediapart s'appliquaient à dissimuler. Le temps est donc révolu où les journalistes pouvaient cacher l'enfant naturel du président Mitterrand aux Français.

Chantal Brunel s'en tient à la réaffirmation de la nécessité que l'homme politique affiche des convictions fortes sur son attachement à la famille et à la fidélité et qu'il n'ait pas des comportements complètement contraires.

mercredi 1 juin 2011

Pédophilie: la rumeur autocensurée par Mediapart et le Canard


Quand, à gauche, ça ne veut pas fuiter !

Avec l'affaire DSK, la rumeur lancée lundi soir sur Canal+ par un ancien ministre de la Culture rend à gauche la vertu mal seyante.

Il ne fait aucun doute que l'opposition s'estimera heureuse que MAM ou Longuet se satisfassent de la Tunisie et de ses charmes de bon aloi: pierre et confort, plutôt que stupre, n'en déplaise à l'opposition.
Mais les histoires glauques ne ravissent personne -et PaSiDupes n'y consacrerait pas un instant- si, pour plagier Tartine Aubry, elles ne 'salisaient' des enfants et n'impliquait le PS, si prompt par ailleurs à se poser sans pudeur en exemple et à condamner au nom d'une morale socialiste entre toutes supérieure.

Luc Ferry a accusé, sans le nommer, un ancien ministre français d'avoir eu des relations pédophiles au Maroc.

Au cours du Grand Journal consacré aux scandales sexuels touchant - à des degrés divers - Dominique Strauss-Kahn et Georges Tron, l'ancien ministre de l'Education (2002-2004) a provoqué la stupeur sur le plateau en citant un article paru samedi dans le Figaro Magazine. "Vous avez un épisode qui est raconté d'un ancien ministre qui s'est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons. Probablement ici, nous savons tous de qui il s'agit ", a-t-il indiqué.

Le Figaro avait mentionné l'affaire à laquelle Luc Ferry faisait allusion.
"La loi du silence peut aussi couvrir des crimes à l'étranger. Il y a quelques années, des policiers de Marrakech effectuent une descente nocturne dans une villa de la palmeraie où une fête bien spéciale bat son plein. Les participants, des Français, sont surpris alors qu'ils «s'amusent» avec de jeunes garçons. Comme il se doit, la police embarque les adultes pris en flagrant délit. Parmi eux, un personnage proteste avec véhémence. Au commissariat, son identité est confirmée: il s'agit d'un ancien ministre français.
Le consul de France local est aussitôt avisé, qui informe à son tour l'ambassade à Rabat. L'affaire est rapidement arrangée et «l'excellence», libérée sur-le-champ, peut embarquer dans un avion pour la France. Aucune procédure ne sera engagée contre quiconque au Maroc. Et, bien que le tourisme sexuel soit, en principe, poursuivi par la justice française, cet homme n'aura aucun ennui à son retour.

Notre source marocaine craint pour sa carrière, l'affaire a été étouffée. Faute d'éléments de procédure ou de témoignage, la loi nous interdit légitimement de nommer le personnage. "

Mais aucun organe de presse libre et insolent, comme ils disent, n'avait mené l'enquête: ne revendiquent-ils pas un droit à l'investigation, dans certains cas ?

VOIR et ENTENDRE Luc Ferry sur Canal+:

Soupçonné, Jack Lang, se sent éclaboussé par la rumeur de pédophilie.
Or, le silence qui recouvre de supposées parties avec des enfants marocains revêt une singulière gravité quand le présumé innocent est ancien ministre de l'Education.

Pourquoi cet accès de pudeur dans la presse socialiste ?

Le ministre chouchou de François Mitterrand a pu compter sur la presse 'libre'...

Les journalistes muets pourront-ils rester coits plus longtemps, tous autant qu'ils sont, bien qu'ils se targuent volontiers d'insolence et d'impertinence ? A quoi servent donc leur liberté d'expression et leur droit au secret des sources, sans parler de leur inviolable déontologie professionnelle, si, par son silence, la presse démocratique et vertueuse ne couvre pas l'actualité des pervers dans leurs coupables activités ?
Libération, Le Monde ou Le Nouvel Observateur, et aussi Rue 89 et le crapoteux LePost, mais encore, n'est-ce pas incroyable, Mediapart et Le Canard Enchaîné, pourtant toujours prêts à dénoncer et rouler dans la boue, au nom de la vertu républicaine, ont failli à leur devoir d'information ? Avec discernement, certes, si on en juge par cette massive occultation complice des moeurs d'un ex-ministre, comme par hasard socialiste.

Jack Lang se dit prêt à contre-attaquer contre la rumeur

Pas content D'Jack qui sent à nouveau planer la honte sur lui.
Dans figaro.fr, l'ancien ministre PS menace de poursuivre pénalement ceux qui « mettront [son] honneur en cause», après les sous-entendus formulés lundi par Luc Ferry sur Canal + qui pourraient le concerner.

Le microcosme bruisse et s'alarme
Les propos de Luc Ferry provoquent des sueurs froides dans le corps politique. Parce qu'il n'a pas cité de nom, les anciens ministres seraient plus nombreux qu'on ne croie à se sentir à l'étroit dans leur probité. C'est en effet l'ensemble de la classe politique qui presse le philosophe de lever l'ambiguïté. Ce tressaillement annonce-t-il un grand déballage ? Va-t-on vers un nettoyage de printemps ? Attendons-nous à ce que les malins osent accuser la droite d'un retour à l'Ordre moral !

l'Express.fr a donc indiqué mercredi que les propos du philosophe faisaient référence à « une vieille rumeur» mettant en cause Jack Lang, que « rien n'est jamais venu étayer ».
Interrogé par le figaro.fr, ce dernier a déclaré : "Je ne souhaite pas me mêler de ces histoires pour l'instant. Je m'exprimerai en temps et en heure. Cette affaire est tristement banale", a estimé l'ancien ministre PS de l'Education nationale. Et d'ajouter, désabusé: "La vulgarité est de notre monde. Seront poursuivis pénalement tous ceux - journaux et personnes - qui mettront mon honneur en cause".

=> La non-dénonciation de crime est prescrite, mais les faits allégués sont imprescriptibles.
Il semble difficile que le Parquet ne se saisisse pas de l'affaire. Mais nos juges militants se flattent de ne pas être américains et si DSK venait à être condamné, comment,en revanche, nos juges indépendants, mais justes et sans laxisme ni parti-pris, pourraient-ils conduire D'Jack au trou ?
Reste l'immunité parlementaire...

Pour sa défense, Lang a dû subir la mauvaise influence de Daniel Cohn-Bendit !
Lien PaSiDupes