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mardi 14 novembre 2017

Levothyrox : la comédienne Anny Duperey dénonce l'opération menée par Élise Lucet

Une presse "responsable, mais pas coupable" en toute circonstance 

Anny Duperey demande des comptes à Elise Lucet et ses journalistes d'Envoyé Spécial

Suite à un numéro d'Envoyé Spécial à charge contre le médicament, en octobre, la comédienne avait exprimé son mécontentement à la journaliste Elise LucetLa comédienne atteinte de troubles de la thyroïde avait proposé à Elise Lucet de consacrer l'une de ses émissions à ce sujet polémique. Dans une lettre, elle lui reprochait son traitement bien trop complaisant du sujet.

Ce lundi 13 novembre dans les colonnes de Télé Star, Anny Duperey redit son indignation et pointe à nouveau à Elise Lucet. 
L'émission avait pour objectif de découvrir les dessous de la nouvelle formule du médicament qui fait débat. "Elle a préparé ce reportage à ma demande, très très vite, en y collant deux journalistes, qui ont conclu que tout se résumait à un problème administration, car on n'avait pas prévenu les patients de cette nouvelle formule", dénonce l'actrice, qui pointe même une "faute journalistique fabuleuse".
Dans les colonnes du magazine, Anny Duperey en dit plus que ce qu'en rapportent certains media. "Ces deux journalistes sont allées en Belgique, interviewer un pharmacien qui leur a déclaré que, chez lui, tout s'était fait de façon exemplaire, car le changement s'était accompagné d'une mention informative sur la boîte. Or, la nouvelle formule était, en réalité, notre ancienne qui n'a jamais provoqué d'effets secondaires !", balance-t-elle en évoquant cette "faute journalistique fabuleuse" de la part de l'émission du service public qui n'a pas pris la peine de vérifier la composition des deux produits avant de publier ce reportage bâclé.

Anny Duperey est frappée dans sa chair par le scandale du Levothyrox
.
L'agression de la journaliste (ci-contre dans Cash Investigation, une autre émission de combat anti-libérale) contre le Levothyrox est une cause personnelle puisque, depuis 12 ans, l'actrice soigne son hypothyroïdie avec le médicament désormais montré du doigt. 

Un avocat, Me Christophe Lèguevaques, qui a assigné le laboratoire Merck dans le cadre d’
une action collective de malades, reproche aussi aux autorités sanitaires (l’Agence nationale de sécurité du médicament, ANSM, ainsi que les médecins et pharmaciens) et à Merck de ne pas faire appel à une usine située à Bourgoin-Jallieu, Isère, qui fabrique toujours l’ancienne version du Lévothyrox (commercialisée en France sous le nom d’Euthyrox).

Une autre plainte visant notamment la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le ministre de l'Économie, Bruno le Maire
pour non-assistance à personne en danger a été déposée dans l'affaire du Lévothyrox, vendredi au tribunal de Grasse, par une patiente, par ailleurs avocate, Mme Anne-Catherine Colin-Chauley, qui avait déjà déposé plainte contre le laboratoire Merck pour "mise en danger de la vie d’autrui" fin août 2017.
Pour l'heure et malgré la gravité de la situation, Elise Lucet n'a pas daigné répondre à la lettre d'Anny Duperey.

Lucet, activiste protégée par l'"immunité journalistique"

Une légèreté dont la journaliste n'est pas coutumière.
A en croire la presse, CloserMag ici, Rachida Dati s'en serait prise à Elise Lucet... 
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Elise Lucet équipée de micro et oreillette, épaulée de son équipe,
pourchassant l'eurodéputée dans les couloirs du Parlement de Strasbourg
"Elise Lucet essaie d'obtenir une déclaration de l'élue sur les liens qui la lient [sic] à GDF-Suez, devenu depuis Engie. Or, Rachida Dati s'obstine à l'ignorer, avant de perdre patience, et de se retourner vers elle, visiblement en colère : "Vous êtes juge d'instruction ? Non", et de parler "d'accusations à la con".
Entourée de ses gardes du corps [nécessité oblige visiblement], Rachida Dati continue sa course dans les couloirs, mais Elise Lucet [qui se tenait en embuscade] ne désespère pas et essaie à nouveau d'obtenir une déclaration de la femme politique [poursuivie à travers les couloirs du Parlement européen, lieu public]: "On veut avoir une réponse de votre part. [Nous avons les moyens de vous faire parler ?] Avoir des réponses pour une journaliste, c'est tout à fait normal". [Le harcèlement aussi ?] N'obtenant toujours pas de déclaration, [la harceleuse] Elise Lucet se lance alors, et pose la question de manière on ne peut plus directe :"C'est une question assez simple, est-ce que vous pouvez y répondre ? Vous êtes élue, vous devez défendre l'intérêt général. On veut savoir si vous défendez des intérêts privés. C'est juste une interview, je ne vois pas ce qui vous fait peur" [insinue la journaliste].
"Grosse colère de Rachida Dati, qui, excédée, répond alors à Elise Lucet : "Je n'ai pas peur de vous, ma pauvre fille" [Macron ne s'exprimera pas autrement face à un syndicaliste en t-shirt portant une inscription provocante qui déclenchera la célèbre exhortation sur le moyen de se payer un "costard"]. Avant de répéter, une deuxième fois : "Ma pauvre fille...". Mais ce n'est pas tout. L'extrait de l'émission se termine par une dernière déclaration de l'eurodéputée qui ne semble pas avoir apprécié l'insistance [euphémisme] d'Elice Lucet, et lui lance : "Non mais quand je vois votre carrière, votre carrière pathétique...". 
Voyons le pitbull dans ses oeuvres, avec les encouragements de la justice :



"Victoire pour Elise Lucet," 
écrivit Florian Guadalupe pour PureMedias (filiale du groupe M6, comme RTL), quand le PDG de Lactalis fut débouté de sa plainte contre "Envoyé Spécial", le 25 septembre 2017. Emmanuel Besnier avait porté plainte en 2016 contre l'émission de France 2 pour la diffusion, le 13 octobre 2016, du reportage intitulé "Le beurre et l'argent du beurre", pour "atteinte à la vie privée".
"Monsieur Besnier est un personnage public, de sorte que le respect dû à sa vie privée n'est pas atteint par la publication de renseignements d'ordre purement patrimonial", est-il écrit dans le jugement du tribunal de Laval. Après la diffusion du reportage en octobre 2016, le tribunal avait pourtant adressé à l'émission de France 2 l'injonction de ne pas rediffuser certaines parties du reportage consacré à Lactalis.


VOIR et ENTENDRE  la chronique humoristique de Christine Berrou sur RTL consacrée notamment à Lucet, alors qu'on la retrouve associée aux dénonciations des "Paradise papers" :


La presse est-elle par définition irréprochable ?

La plainte pour diffamation de l’Azerbaïdjan contre Élise Lucet a été déboutée.

Le mardi 7 novembre, le tribunal correctionnel de Nanterre a jugé irrecevable la procédure intentée par l’État d’Azerbaïdjan contre France Télévisions et deux journalistes dont la présentatrice de France 2 Élise Lucet, poursuivie en diffamation pour avoir qualifié cet État de "dictature" dans son émission 'Cash Investigation' diffusée le 7 septembre 2015.
L'insulte était en vérité beaucoup plus lourdee, puisque la journaliste présentait le régime de Bakou comme une "dictature, l’une des plus féroces au monde", l'une des plus féroces au monde".
La charge n'était encore pas suffisante. Evoquant le même jour sur France Info ce reportage dont il est l’auteur, le journaliste et réalisateur Laurent Richard - également jugé dans cette affaire, tout comme la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte - avait qualifié le pays de " dictature" et aussi son président azerbaïdjanais Ilham Aliev, non moins  frontalement, de "despote".

Un front commun de la presse, de la justice et de l'Etat.
Le Syndicat National des Journalistes apporte "son total soutien à Elise Lucet et Laurent Richard et invite la profession à le faire très concrètement." Ce syndicat administre aussi une piqûre de rappel aux juges : "Le SNJ rappelle qu'il n'appartient pas à la justice française de donner un satisfecit à la politique d'un pays étranger." 
Les avocats de la défense avaient demandé l’irrecevabilité de cette procédure, suivis par le ministère public. Le juge "indépendant" a donc estimé que la loi sur la liberté de la presse ne permettait pas d’étendre à un État souverain d’attaquer un citoyen, a fortiori un journaliste, en diffamation.

jeudi 17 août 2017

Plainte du président qui prend et jette les personnes utiles à sa gloire médiatique

Macron, pressé par un syndicat de retirer sa plainte contre un photographe

Le président absolu ne prend pas de repos dans les media



Un syndicat demande à Macron de retirer sa plainte contre un photographe

Le président de la République a porté plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe qui faisait son travail en le suivant sur son lieu de villégiature, dans le quartier huppé du Roucas-Blanc à Marseille.

Le syndicat de journalistes SNJ-CGT a demandé mercredi à Emmanuel Macron de retirer sa plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe de presse qui faisait un reportage sur ses vacances phocéennes, tantôt privées, tantôt ultra médiatisées. Le président de la République, actuellement en vacances dans la villa de son ami préfet de Région, a porté plainte mardi contre un photographe qui, selon l'Élysée, se serait montré "insistant", en dépit de mises en garde, et se serait introduit sur la propriété où réside le chef de l'État. Cette version a été contestée par le photographe.

Dépôt d'une plainte "inapproprié"

Sardine du port de Marseille
ou maquereau des media ?
Tout en se démarquant de la presse "people", le communiqué du SNJ-CGT explique qu'il "ne peut accepter de voir un président de la République, qui a largement usé et abusé de la presse, aussi bien 'people' que d'information, porter plainte contre un photographe". Selon le SNJ-CGT, les différentes versions des faits concernant l'interpellation du photographe "sont si éloignées que tout dépôt d'une plainte apparaît inapproprié".

Le syndicat relève la bipolarité du président-monarque. 
Le test sur les troubles bipolaires"Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron a multiplié les poses et a personnellement alimenté quelques réseaux sociaux pour immortaliser sa visite aux footballeurs de l'Olympique de Marseille", un séance de propagande -en maillot- au côté de joueurs de l'OM, dont les journalistes "avaient été écartés". 
Pubs comprises: InterSport et Adidas,
sociétés de droit allemand
Le syndicat voit dans cette séquence "une nouvelle manifestation" de la volonté du président "de maîtriser sa communication et d'adresser un message à la profession de journaliste".

Si des supporteurs de l'OM se sont sentis flattés, la plupart ont déjoué le coup de pub politicienne et la tentative de récupération de l'électorat phocéen, car
le manipulateur a joué le même tour aux fans du PSG... avec la même sincérité.
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Prochain coup de com', l'OL ?

Le prince-président s'inscrit dans une tradition faible d'instrumentalisation de la presse. 
Eux-mêmes protégés de poursuites durant leurs mandats par leur immunité présidentielle, les chefs d'État, portent exceptionnellement plainte. 
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La presse récompensée de sa servilité

Macron 1er n'a pas tardé à frapper la presse : après à peine plus de cent jours, certes décevants, c'est donc une première depuis le début du quinquennat d' Emmanuel Macron. 

Nicolas Sarkozy, avait porté plainte à plusieurs reprises, dont une contre L'Obs : l'hebdomadaire avait affirmé que l'ancien président de la République avait envoyé un SMS à son ex-épouse, Cécilia, lui proposant d'annuler son mariage avec Carla Bruni.
Son successeur François Hollande n'avait pas personnellement intenté d'actions en justice durant son quinquennat.
 Le magazine people Voici qui avait publié en 2014 des photos d'elle et du chef de l'État, avait été poursuivi par sa concubine officieuse, l'actrice Julie Gayet, qui s'était chargée d'attaquer en justice, bien qu'ils aient été surpris dans l'enceinte de l'Elysée, palais officiel de la République et non pas dans un lieu privé.



jeudi 15 juin 2017

Macron menace l'indépendance et les privilèges de la presse

Les journalistes inquiets pour l'indépendance de la presse sous le règne de Macron 1er 

Plusieurs sociétés de journalistes (SDJ) s'inquiètent de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement

Empires de presse en péril....
Après avoir fait campagne pour le banquier Macron, à l'instigation de leurs patrons de presse, des hommes d'affaires engagés, ces SDJ amères expriment leur inquiétude, notamment en matière d'"indépendance des media"Mardi, dans une tribune publiée sur plusieurs sites, une vingtaine de sociétés de journalistes se sont alarmées de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement en matière, non seulement d' "indépendance des media", mais aussi de "protection des sources". 

"Face à la liberté d'informer, le nouvel exécutif fait le choix de la tentative de pression, de la répression judiciaire et du procès d'intention", dénoncent dans ce texte les SDJ du privé l'AFP, Alternatives économiques, BFM TV, Les Échos, Europe 1, L'Express,  Libération, les JT de M6, Mediapart, Le Monde, L'Obs, Le Point, Premières Lignes Télévision,RMC, RTL, Télérama, La Vie et les rédactions de Dream Way Production et LaTeleLibre, ainsi que le service public de  Radio France, RFI, France 2 et la Rédaction nationale de France 3

"Deux ministres ont envoyé des signaux extrêmement préoccupants quant à la manière dont ils conçoivent l'indépendance des media et la protection des sources, ou plutôt leurs limites", la semaine dernière, précisent les SDJ. 

Vendredi 9 juin, le ministère du Travail a porté plainte contre X pour vol et recel de documents à la suite de la publication dans Libération d'informations présentées comme des pistes de la future réforme du Code du travail. La ministre en charge est Muriel Pénicaud, 62 ans (ci-contre), ex-membre du cabinet de la ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (1985-1991), Martine Aubry, puis conseillère pour la formation (1991-1993) auprès de la ministre qui devait devenir frondeuse sous François Hollande, avant de passer dans le privé comme dirigeante d’entreprise multi-nationales (Dassault, Danone, Orange). 
Le gouvernement assure que la plainte ne vise pas Libération, mais le fonctionnaire à l'origine de la fuite. Or, le syndicat SNJ-CGT -affiliée à la CGT- y a vu "un signal envoyé à la profession pour la museler". 
Cette plainte a conduit Reporters sans frontières (RSF) à réitérer mardi "sa demande d’abroger le délit de recel" pour les journalistes et à appeler la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, "à abandonner sa plainte".
"Ces fuites, si désagréables soient-elles pour la ministre, portent sur des informations qui présentent un intérêt indéniable pour les citoyens, et leur publication relève du droit du public à l’information", déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF, citée dans un communiqué. "Il est inacceptable que des journalistes puissent, en démocratie, être considérés comme pénalement suspects de n’avoir fait qu’une chose : leur métier."

Le ministre d'Etat chargé de la Justice avait quant à lui exercé des pressions directes sur l'un des directeurs de Radio France 

François Bayrou lui avait adressé des reproches en fin de semaine dernière, se plaignant des appels de journalistes de France Inter au MoDem, parti dont il est toujours président, et les accusant de "harcèlement". Cet appel était intervenu mercredi, quelques heures avant la diffusion d.'une enquête sur les emplois d'assistants parlementaires d'une dizaine d'eurodéputés du parti centriste, allié au mouvement du président Macron, En marche!. 

Les SDJ s'inquiètent également d'une plainte déposée par En marche! le 11 mai. Elle vise la lettre d'information spécialisée La Lettre A, exclusivement destinée à l'information sur les cercles de pouvoir en France, "pour 'recel d’atteinte à un systèmes de traitement automatisé de données’. En clair, En Marche ! reproche à la Lettre A d’avoir exploité dans un article des informations tirées des 'MacronLeaks’, issues d’un vol numérique, le piratage de ses boîtes mail, au sujet des premiers grands donateurs du mouvement d'Emmanuel Macron, et son financement, questions "ultrasensibles pour le mouvement" présidentiel.


Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a d'ailleurs estimé dans un tweet que "le nouveau pouvoir n’a pas un problème avec la presse mais avec tous les corps intermédiaires".

Mardi, le Premier ministre, Édouard Philippe, a dû rappeler François Bayrou à son devoir d'"exemplarité", soulignant que "quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen". A quoi le maire de Pau a répliqué qu'il entend conservé sa liberté de ton et de parole, notamment face à la différence de la presse qui déconstruit son image frelatée de vertueux.

vendredi 3 mars 2017

Dimanche, rassemblement de soutien au projet LR de Fillon, à Paris

Fillon appelle à venir "très nombreux" le soutenir dimanche  5 mars au Trocadéro

Le candidat désigné de la droite républicaine a appelé ses partisans à venir "très nombreux" soutenir son projet, dimanche  à 15h à Paris

Il leur demande "de résister", avec "la force calme", dans une vidéo postée sur Twitter et sur Facebook. "Je vous attends nombreux dimanche à 15h place du Trocadéro, pour montrer, aux yeux de tous, ce qu'est la volonté des militants de la France", écrit F. Fillon. 

"Ne vous laissez pas faire, ne laissez personne vous priver de votre choix. Je vous demande de résister et encore plus, je vous invite à aller de l'avant", ajoute-t-il. 

"Mes chers compatriotes, mes amis, dans sept semaines ce seront les élections présidentielles et vous aurez à trancher entre plusieurs conceptions de la France et de son avenir. (…) 
Devant nous, il y a la gauche et ses 32 heures, il y a l'extrême droite et son retour au franc, il y a l'alliance Macron-Bayrou. Bref, rien qui ne puisse à mes yeux restaurer la force de la France", lance le candidat, menacé par la justice contrainte de donner suite aux soupçons du journal anarchiste Le Canard enchaîné sur de présumés emplois fictifs de son épouse et lâché par de très nombreux soutiens, essentiellement des Juppéistes revanchards et des centristes volatiles. 

"C'est bien plus que ma personne qui est maintenant en jeu. La France est plus grande que moi", souligne-t-il, comme il l'avait déjà dit mercredi, en annonçant sa convocation chez les juges le 15 mars, pour "mise en examen". 

L'ex-Premier ministre demande à ses partisans de venir au rassemblement du Trocadéro pour "faire entendre (leurs) voix, avec la force calme et la force assurée de ceux qui respectent nos institutions démocratiques". "Je vous attends nombreux, très nombreux, pour montrer aux yeux de tous ce qu'est la volonté populaire des militants de la France", conclut-il.

mardi 29 juillet 2014

Le Parquet dément l'ouverture d'une enquête visant la campagne 2007 de Sarkozy

Tout est possible à la presse, mais le ministère doit démentir ses infos, sous couvert du secret

Campagnes de Sarkozy 2007-2012: les mêmes symptômes pour le même diagnostic?
N. Sarkozy lors d'un meeting en 2007. 
"Cette campagne présidentielle est l'objet aujourd'hui d'une enquête préliminaire": le commentaire n'a pas varié, entre 6h et 12h00.
Aux aurores, Le Parisien affirmait que la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy fait l'objet d'une enquête préliminaire.

Le Parquet de Paris a eu beau démentir, embarrassé par le fuitage, à la mi-journée, L'Express continue d'exploiter le Fillon filon... 

"Les ressemblances entre 2007 et 2012 -objet d'une enquête judiciaire- sont pourtant nombreuses", insiste le site. "Même si l'information du Parisien a été rapidement démentie par le Parquet de Paris, l'ouverture d'une enquête préliminaire visant la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy invite à remonter le temps de sept années", maintient L'Express. "Que s'est-il passé cette année-là pour l'ambitieux ministre de l'Intérieur", s'interroge Matthieu Deprieck, ex-journaliste pour L'Equipe.fr - le sport menant naturellement au journalisme politique - et ancien critique cinéma - avec un goût inassouvi pour le polar. "Des dépenses de confort, une explosion des frais de déplacement et une multiplication des meetings et visites. Ca ne vous rappelle rien?" nous interpelle-t-il. Faisant les questions et les réponses, il poursuit, bille en tête: "La campagne de 2012, peut-être?" Car pour cet esprit fécond logé derrière le protège-tibia gauche, point de place au doute, en effet. Son papier étant prêt, pourquoi ce sans grade ambitieux ne pas saisirait-il la chance de sa vie en le publiant malgré tout, toute déontologie professionnelle balayée d'une main vertueuse ?



L'individu ne se tient plus: "Maladie: la fièvre acheteuse"

"Symptômes: En septembre 2011, L'Express s'était intéressé aux comptes de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy. "Comme sa rock star préférée, Johnny Hallyday, Nicolas Sarkozy prépare son entrée en scène", écrivions-nous [finement! N'est pas rock star qui veut et spécialement F. Hollande. Mais on ne s'improvise pas non plus journaliste...]. Pour le meeting de Lille en mars 2007, il disposait d'un espace de 100 mètres carrés réalisé de toutes pièces, décoré d'un canapé trois places et d'un fauteuil de cuir (525 euros). Surprise, en 2012, c'est à Marseille cette fois-ci que l'on retrouve un sofa design blanc. Pour 3400 euros. L'inflation [mais c'est davantage dans les prix d'un "sofa"!]."

"Le candidat semble également accorder une attention particulière à l'isolation sonore. En 2007, comme en 2012, il avait demandé et obtenu l'installation de cloisons pour se couper du bruit ambiant." L'ironie est d'autant plus inappropriée que la cible du journaliste était victime d'écoutes illégales, au corps défendant de la ministre de la Justice... Un journaliste sportif n'est pas à cela près.

Lors de ces deux années de campagnes présidentielles, la ligne de budget "congrès, manifestations, universités" de l'UMP explose les dépenses enregistrées par le PS: 7,1 millions en 2007 (2,7 pour le PS), 22,9 millions en 2012 (4,7 pour le PS). [Une incitation au contrôle des comptes de campagne du socialiste ?" [L'Express avait réservé à Sarkozy des attentions particulières...] 

"Maladie: la frénésie des meetings", poursuit ce médecin du sport

2007, c'était S. Royal, ici au Zenith,

campagne financée par des fonds privés
dont ceux du milliardaire Pierre Bergé
"Symptômes: Nicolas Sarkozy est un candidat qui multiplie les rencontres avec les électeurs [ce qui s'appelle une campagne de terrain, une proximité avec l'électeur]. Sur BFMTV, en mai dernier, Jérôme Lavrilleux décrivait la campagne de 2012 comme un pédalo   un train "qui filait à grande vitesse" et qu'il n'avait pas su arrêter. Résultat: une quarantaine de meetings en à peine plus de deux mois -autant que François Hollande mais sur une période beaucoup plus longue. [l'un exerçait le pouvoir, l'autre sortait de onze années d'hibernation au PS..]

Et en 2007 ? 25 meetings pour le candidat UMP entre janvier et début mai, 32 pour Ségolène Royal (si l'on se fie à cet inventaire, [ce qui semble bien être le cas]). Et 64 déplacements sur le terrain contre 32 pour sa rivale socialiste. Lors de ses deux campagnes présidentielles, Nicolas Sarkozy s'est beaucoup plus déplacé que son adversaire direct.
Si l'on se tient aux montants déclarés à la commission des comptes de campagne, le prix des meetings de 2007 était bien plus élevé que ceux de 2012. 640 000 euros pour le plus onéreux il y a sept ans ; 444 000 euros il y a deux ans. Mais depuis, les montants de 2012 ont été considérablement revus à la hausse compte tenu de l'affaire Bygmalion. De 444 000 euros à Villepinte, le montant est passé à 1,8 million d'euros. 

"Maladie: une hyperactivité chronique", face il est vrai à une "gauche molle"

"
Symptômes: La multiplication des déplacements du candidat Sarkozy a forcément un coût. En 2007, le futur président de la République avait dépensé plus d'un demi-million d'euros en avions d'affaires, révélait L'Express. Une somme intégrée à son compte de campagne. 
En 2012, les socialistes réclamaient le même décompte, accusant le président Sarkozy de faire peser sur les contribuables certains de ses frais de déplacement": alors qu'il était en exercice, il aurait dû mettre l'Etat en roue libre et rester bloqué à l'Elysée en regardant faire Hollande. "La justice le soupçonne aujourd'hui d'avoir plutôt privilégié les adhérents de l'UMP. [Accusation insensée: faut-il demander aux juges comment mener une campagne et qui rencontrer ?] Le parti aurait ainsi pris en charge des dépenses de campagne. Si l'on se penche sur les comptes du parti, on s'aperçoit que les frais de déplacements ont progressé de 131% entre 2011 et 2012 (9,7 millions d'euros contre 3,1 millions pour le PS). C'est la grande différence avec 2007: si l'écart entre UMP et PS est encore plus impressionnant cette année-là (6,1 millions contre 1,4 pour les socialistes), la progression par rapport à 2006 est, elle, beaucoup plus mesurée : +17%. [des si qui mettent en cause la campagne 2012 et non pas celle de 2007 qui intéresse Le Parisien aujourd'hui, si le footeux le permet] 

Diagnostic: rien ne dit que les mêmes symptômes entre 2007 et 2012 conduisent la justice à poser le même diagnostic sur les campagnes présidentielles de Nicolas Sarkozy. Preuve en est : pour le moment, le parquet de Paris a démenti l'ouverture d'une enquête préliminaire, comme l'écrivait Le Parisien quelques heures auparavant.

L'intention de l'article de l'Express
(ci-dessus) - mis à jour à 11.03
 - était-elle donc également malveillante 

Pas d'acharnement, non, mais une nouvelle enquête visant Nicolas Sarkozy

Cette fois, une enquête est ouverte sur la campagne de Sarkozy en 2007

Nouvel assaut judiciaire contre l'ancien président


C'est maintenant sa campagne de 2007 qui fait l'objet d'investigations. Il suffit en effet de soupçons et du type qui impacte les Français, des soupçons de financement illégal. La justice de Christiane Taubira établit donc pour la campagne 2007 une copie de l'affaire Bygmalion qui salit déjà celle de 2012.

Selon des fuites du Parquet, le procureur de la République de Paris a ouvert une nouvelle enquête préliminaire visant Nicolas Sarkozy et l'UMP, début juillet . "En toute discrétion", assure d'ailleurs Le Parisien !
Cette fois, les magistrats s'intéressent à la campagne 2007 de l'ex-chef de l'Etat. Les investigations s'inspirent de l'affaire Bygmalion et visent un système de fausses factures présumé qui aurait pu permettre d'imputer frauduleusement des dépenses de campagne du candidat sur les comptes de son parti. A la suite de l'exploitation d'éléments du dossier Bygmalion qui suscitent des interrogations, des policiers se prennent à espérer que le nouveau dossier pourrait être plus fructueux. Comme pour l'agence événementielle, il est apparu qu'une société impliquée dans la campagne de 2007 aurait facturé diverses prestations à l'UMP, alors qu'elles avaient été assurées pour le compte du candidat Sarkozy. 
"Au moins une", selon la presse qui recueille les eaux usées du Quai des Orfèvres. Et elle affirme, sans les précautions d'usage, n'employant pas le conditionnel. La présomption d'innocence n'est pas pour demain...

Le Parisien dit savoir plus encore de cette enquête ouverte "en toute discrétion".  Une première perquisition a eu lieu, le 8 juillet, dans la foulée de l'ouverture de cette nouvelle enquête. Ces investigations, "dont le Parquet national financier a eu connaissance", écrit Le Parisien (mais sauf Christiane Taubira !), ont finalement été maintenues secrètes dans les profondeurs moites du ministère, ou, si l'on préfère, au Parquet de Paris, déjà en charge de l'affaire Bygmalion.

L'enquête de trop pour la crédibilité d'impartialité de la justice?

Les fuites organisées dans la presse d'un dossier qui n'en est qu'à ses premières supputations 
ne visent qu'à impacter un moment clé pour l'UMP comme pour son ancien leader mis en examen pour "trafic d'influence, corruption active et recel de violation du secret de l'instruction " dans l'affaire dite des écoutes téléphoniques. Illégales, rappelons-le, puisque c'est un détail de l'histoire...

Nicolas Sarkozy est aussi visé, directement ou indirectement, par plusieurs autres soupçons
- le financement présumé de sa campagne 2007 par le régime libyen: depuis que les accusations du fils d'un "dictateur" selon la gauche, Kadhafi, a du crédit auprès des juges, a demandé, il y a sept ans, "que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye", l'affaire a été saisie par les juges français, sur fond de "trafic d'influence".

- l'affaire Bygmalion: le 27 février 2014, c'est l'hebdomadaire de centre gauche Le Point qui accuse Bygmalion d'avoir surfacturé la tenue de meetings de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Le quotidien Libération ajoute au feuilleton que sur les 18 millions d'euros de prestations facturées, certaines n'auraient jamais eu lieu, soulevant la question de l'affectation de ces fonds. Par l'entremise de l'avocat de Bygmalion, son ex-patron, Bastien Millot, un proche d'Anne Hidalgo, maire PS de Paris, confirme l'émission de 10 millions d'euros de fausses factures à la demande de l'UMP. Jean-François Copé, patron de l'UMP, dépose plainte contre X. À la mi juin, d'autres députés de l'UMP déposent plainte à leur tour. Mediapart, le site trotskiste d'information, réplique alors, après avoir consulté la "comptabilité secrète" [sic] de Bygmalion [aussi "secrète" que la nouvelle enquête est "discrète"], alourdissant le dépassement à 17 millions d'euros
Sans preuves, car le secret des sources de la presse permet toutes les allégations. C'est donc sur parole qu'il faut croire les journalistes militants, puisque la police semble avancer dans ses enquêtes par le biais d'indics collaborant à la presse d'investigation à charge. Les ténors de l'UMP en profitent pour mettre la main sur l'UMP en poussant Jean-François Copé à la démission. Il est remplacé par une "troïka" de transition composée de candidats potentiels ou déclarés à la prochaine présidentielle (Fillon, Juppé et Raffarin), en attendant la tenue d'un congrès extraordinaire en octobre.
Fin juin, le Parquet requiert "l'ouverture d'une information judiciaire contre "X".
Trois juges d'instruction du pôle financier sont désignés, dont Serge Tournaire et, un revenant, Renaud Van Ruymbeke, notamment connu pour l'affaire Clearstream 2, notamment, dans laquelle D. de Villepin a été relaxé.

- celle dite des "sondages de l'Elysée" suspectés d'avoir été surfacturés et commandés à des proches de l'ex-président sans mise en concurrence, ou encore les soupçons d'entente autour de l'arbitrage Tapie.

Pour mémoire, dans l'affaire Woerth-Bettencourt, Nicolas Sarkozy avait été sali et déjà sur la base d'allégations et de soupçons de la presse, dont Mediapart. L'ex-comptable de la milliardaire Liliane Bettencourt, Claire Thibout, avait d'abord évoqué un possible financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, mais s'était rétractée et le site trotskiste avait aussitôt dénoncé  des pressions quand l'ex-comptable était revenue sur ses déclarations, disculpant disculpant notamment Nicolas Sarkozy. On le voit, la presse et les juges ne renoncent pas et relancent les attaques sur le financement de la campagne de 2007.

Malgré le harcèlement qu'il subit, Nicolas Sarkozy s'est montré serein, balayant toutes les suspicions dont il est l'objet lors d'un entretien donné le 2 juillet. Il avait aussi souligné l'absence de toute charge finalement retenue contre lui dans les dossiers Bettencourt ou Karachi, où son nom avait été cité. L'ancien chef de l'Etat avait même laissé entendre qu'il pourrait être candidat aux primaires pour la présidence de l'UMP, prévues à l'automne. C'était s'exposer à de nouvelles attaques et c'est ce qui se produit.

La république du soupçon


"Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose" C'est la devise communément attribuée à Bazile dans le Barbier de Séville (acte II, scène VIII) de Beaumarchais (1775). A propos de dignité et de jactance, on peut d'ailleurs dire aussi, après Francis Bacon (1561-1626): "Crois-moi, vante-toi hardiment, il en reste toujours quelque chose".
Quelle que soit l'issue de ce nouveau harcèlement judiciaire, nul doute qu'ils pèseront encore un peu plus sur son futur destin politique. A moins qu'à propos des méthodes du président Hollande, de la justice et de la presse, les Français jugent que "Trop, c'est trop!"