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jeudi 30 janvier 2020

Rattrapée par sa critique partisane des religions, Nicole Belloubet fait marche-arrière

Plus qu'une imprudence politique, sa "phrase maladroite" sur l'affaire 'Mila' est une faute

Une petite jeune fille peut être plus nuancée qu'une ministre de la Justice



 La garde des Sceaux s'est mise en difficulté et l'opposition, trop peu à gauche, l'étrille pour des propos trahissant sa pensée. Elle a dû se défendre concédant une phrase "maladroite" remettant en cause le droit au blasphème. "Quand on est Garde des Sceaux on n'a pas le droit d'être maladroit avec le droit" a-t-elle admis à propos de l'affaire Mila, du nom de cette adolescente de l'Isère déscolarisée après avoir été menacée de mort sur les réseaux sociaux en raison de propos hostiles à l'islam radical.
Pour sa défense, après avoir assimilé mercredi matin la critique des religions à "une atteinte à la liberté", la ministre ne suit pas la méthode Macron consistant à accuser ses interlocuteurs d'inaptitude à comprendre sa "pensée complexe." "Je n'avais pas à dire ça, c'est sûr"', concède t-elle, à la suite du scandale provoqué par sa phrase sur la critique des religions.

La ministre de la Justice certifie maintenant qu'elle n'a pas l'intention de remettre en cause "le droit de critiquer la religion"

VOIR et ENTENDRE 
la repentance de Belloubet sur Radio Classique :

Après l'auto-flagellation de Benjamein Griveaux pour récupérer l'électorat parisien de Cédric Villani, La République en Marche ne manquerait-elle pas de dignité ? 

"Dans une démocratie, la menace de mort est inacceptable (...). L'insulte à la religion, c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c'est grave [jugement moral], mais ça n'a pas à voir avec la menace [de mort]", avait déclaré la ministre, une ancienne... rectrice d'académie (à Toulouse, il est vrai !), sur Europe 1. "On peut critiquer les religions. Pas inciter à la haine", avait-elle ensuite ajouté.
Ce jeudi 30 janvier, la ministre - une ancienne encartée au PS - a choisi une radio du Groupe Les Echos-Le Parisien, dirigé par l'homme d'affaires Bernard Arnault (l'homme le plus riche du monde, avec des actifs évaluésen janvier 2020, à 117 milliards de dollars), propriétaire du groupe LVMH : "Je n'avais pas à dire ça, c'est sûr", a t-elle reconnu à l'antenne de Radio Classique. "La phrase prise en tant que telle, c'est une erreur, évidemment, il n'y a aucun doute là-dessus". "Mon propos, il était et il est forcément général".

"On ne rétablit pas le blasphème. Jamais ni dans ma pensée ni dans mes propos on ne peut lire ça. On a le droit de critiquer une religion, c'est très clair, ça fait partie de la liberté d'expression et il n'est pas question de revenir là-dessus", a t-elle poursuivi. 
Pourtant, entre autres "anecdotes", AlloCiné cite un moment fort du film La Lutte des Classes (2019) qui contient, parmi les musiques originales "grand public" se trouve une chanson censée être l'oeuvre d'un personnage, Paul, interprété par Edouard Baer en "vieux punk", et intitulée "J'encule le Pape". Michel Leclerc, qui en est l'auteur, confie qu'avec sa compagne, la scénariste Baya Kasmi, il a réellement connu à Bagnolet en 2015, au moment de Charlie, dans cette même école Jean Jaurès où j’ai tourné La Lutte des classes…" Cette scénariste est notamment connue pour le scénario du film Le Nom des gens, inspiré de sa propre vie et pour lequel elle a remporté en 2011 le César du meilleur scénario original.



"Vous aggravez votre cas!"
lui répond  la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen.



Le chef de file des députés LR Damien Abad n'a pas laissé passer la légèreté de Nicole Belloubet

Si la gauche colle à son laïcisme du 20e siècle, Les Républicains sont très critiques des partis-pris de Belloubet, malgré le devoir de réserve qui s'impose à tout ministre. "Cela laisse perdurer l'idée qu'il y aurait un délit de blasphème en France, ce qui est totalement faux: on a le droit de critiquer une religion, et heureusement, ça s'appelle la liberté d'expression", a réagi le modéré Damien Abad à l'antenne de France Inter. Les propos de la ministre, même si elle est revenue dessus par la suite, "montrent surtout une arrière-pensée avec une dérive assez dangereuse et inquiétante. Ce gouvernement aujourd'hui a du mal parfois à mettre des mots à une réalité: sur ce sujet, ce qui est d'abord condamnable en premier, même si on a eu les propos très vulgaires de Mme Mila, ce sont les menaces de mort qu'elle a encourues et qui sont inacceptables". Il a donc plaidé pour "lever l'anonymat sur les réseaux sociaux", pour tous, y compris les modérés, car cet anonymat "permet tout". Une position sans nuance qui met tout le monde dans le même sac, torchons et serviettes dans le même bain. "La loi du numérique ne doit pas être la loi de la jungle dans un Etat de droit". La presse se garde d'applaudir, mais elle boit du petit laid, elle qui adopte des comportements douteux, que ce soit pour faire le buzz ou pour meubler un temps d'antenne dont elle ne sait que faire. 
LR se place ainsi au côté du pouvoir de l'argent contre les réseaux sociaux, alternatives à la désinformation institutionnelle : intox contre intox, avatar de la liberté d'expression et stimulus au développement du jugement individuel. Tandis que la chaîne d'info en continu de l'homme d'affaires libano-israélo-et un peu français Patrick Drahi fait des économies sur le dos des internautes en leur demandant de lui livrer leurs clips d'amateurs, Le Parisien et Les Echos qui appartiennent au groupe de Bernard Arnault sont bien classés parmi les organes de presse subventionnés (respectivement 10e et 13e rangs) pour empocher une aide directe de l'Etat, tout en exigeant du lecteur particulier de leurs sites internet de contribuer à la fortune du groupe LVMH.

Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau avait, lui, fustigé mercredi "une totale inversion du sens": "qui menace la liberté de conscience? Mila ou bien cet islam politique qui tord nos valeurs? Cessons d'être naïfs et surtout cessons d'être faibles !", avait-il grondé dans un tweet.




Le député Eric Ciotti avait de son côté dénoncé le gouvernement pour avoir "légitimer la haine des islamistes contre Mila", appelant sur Twitter "la République" à "se lever face à l'islamisme" et Emmanuel Macron à "sortir de sa torpeur et de son silence" sur ce sujet.





mercredi 24 octobre 2018

France : les plans des prisons étaient disponibles sur un site du ...ministère de la Justice

Belloubet demande à Google de flouter les vues aériennes des prisons

L
a garde des Sceaux, Nicole Belloubet, assure avoir 
pris des mesures

Ni les Chinois, ni Poutine ne sont en cause ! Alors, Trump ? 
Non! Il a seulement fallu que l'hebdomadaire anarchiste Le Canard enchaîné fasse le travail de la Chancellerie et livre ses conclusions. Dès que lui sont parvenues les révélations, à la lecture de l'édition du Canard, le mercredi 24 octobre, elle a aussitôt pris des mesures, a-t-elle assuré...

Jugeant "pas normal que des établissements sécurisés comme nos prisons se retrouvent sur Internet", l'improbable ministre de la Justice a réclamé début octobre à Google de flouter les vues aériennes des prisons françaises visibles sur Google Maps et Google Earth. Une demande à laquelle le géant du Net a bien voulu répondre favorablement, a précisé la semaine dernière la garde des Sceaux.

Les vues aériennes du moteur de recherche n'étaient pas les seuls éléments qui ont pu aider les prisonniers à s'évader

Des plans de prisons françaises, comme celles de Moulins-Yzeure (Allier) ou de Villefranche-sur-Saône (Rhône) étaient encore visibles sur le site de l'Agence publique pour l'immobilier de la justice (Apij) - sous tutelle du ministère de la Justice, il y a 10 jours assure en outre l'hebdomadaire satirique. Quiconque dénoncerait l'incurie des derniers ministres de la Justice - abusivement jugés laxistes - tels Taubira, Urvoas ou Bayrou, serait aussitôt qualifié d'anti-républicain... 

"Il y avait des plans effectivement, qui sont des plans masse, où n'apparaissent pas les mesures de sécurité. Cela dit, ça n'est pas possible, et c'est donc la raison pour laquelle dès que je m'en suis aperçue, nous avons retiré tout cela," a minimisé la ministre de la Justice à l'antenne de France Info.

Plans de prisons accessibles sur le web ? "J’ai pris les mesures nécessaires", assure la ministre de Macron :

"Je pense que nous aurions pu être plus adroit de ce point de vue", a-t-elle concédé, tout en se flattant qu'aucune mesure de sécurité n'apparaît sur ces plans
La garde des Sceaux a par ailleurs affirmé qu'elle ne pensait pas que ces plans ont pu servir lors de tentatives d'évasions... Redoine Faïd n'a pas pu bénéficier d'un défaut de professionnalisme des hauts fonctionnaires du ministère. Par trois fois...


samedi 15 septembre 2018

Benallagate : la garde de Sceaux refuse la co-existence d'enquêtes judiciaire et parlementaire parallèles

Nicole Belloubet accuse le Parlement "d'empiéter sur le domaine judiciaire"

La ministre a-t-elle le droit de tenter une intimidation du Sénat en s'immisçant dans les missions parlementaires ?

Nicole Belloubet, instrument des intérêts du président
et entrave (non élue) aux droits des citoyens à l'information
Le principe de séparation des pouvoirs interdit à l'exécutif d'entraver le législatif. Belloubet contrevient donc à un principe constitutionnel fondamental élaboré par Locke (1632-1704) et Montesquieu (1689-1755). Et le "nouveau monde" de Macron ne peut à cet égard s'affranchir de ce principe.
L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 se réfère également à cette théorie en disposant que "Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution". La séparation des pouvoirs apparaît ainsi comme le corollaire indispensable de la protection des droits naturels de l’homme : le contrôle mutuel qu’exercent les trois pouvoirs les uns envers les autres préserve l’individu des atteintes à ses droits fondamentaux. Dans le même temps, la séparation des pouvoirs constitue un obstacle au despotisme et à la tentation du pouvoir personnel, puisqu’aucune personne ne peut concentrer entre ses mains la totalité des attributs de la souveraineté.
Dans une tribune publié dans Le Monde, la garde des Sceaux s'autorise un avertissement aux membres de la commission d'enquête sénatoriale. Or, ces derniers ont le droit d'interroger sous serment Alexandre Benalla, l'ancien chargé de mission de l'Elysée et le parti-pris de la ministre constitue une atteinte au libre fonctionnement de la démocratie.
Le principe de séparation des pouvoirs a pris, en France, une signification particulière, que le Conseil constitutionnel a qualifiée, dans une décision du 23 janvier 1987, de "conception française de la séparation des pouvoirs". Celle-ci se distingue de la théorie classique, puisqu’elle trouve son origine dans les lois des 16 et 24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III (2 septembre 1795) qui interdisent aux tribunaux de l’ordre judiciaire de connaître des litiges intéressant l’administration. Par ces textes, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif ont été soustraits au contrôle des juridictions judiciaires, au motif que celles-ci ne disposaient pas d’une légitimité suffisante pour juger des actes émanant d’autorités procédant du suffrage universel et agissant au nom de l’intérêt général. 
Dans cette tribune, la ministre admet que "les pouvoirs d’une commission d’enquête sont régis par plusieurs textes de rang constitutionnel et législatif ou internes aux assemblées parlementaires". Elle reconnaît ainsi que la Constitution attribue au Parlement une mission de contrôle de l'action du gouvernement. En revanche, "le président de la République, distinct constitutionnellement du gouvernement – et tout ce qui touche à la fonction présidentielle – ne saurai[en]t faire l’objet d’une commission d’enquête", juge-t-elle, égarée par son souci de protection, non pas des citoyens, mais du président qui l'a élevée à la fonction ministérielle. Mais en estimant que "cela reviendrait dans les faits à rendre le chef de l’Etat, qui tire sa légitimité directement du peuple souverain, responsable devant le Parlement", Belloubet se contredit et ne respecte pas les pouvoirs constitutionnels du Parlement qu'elle énonce elle-même plus haut.
Depuis 1991, grâce à l’élargissement de leurs moyens d’investigation et à la publicité de leurs auditions, les commissions d’enquête sont à l’heure actuelle des instruments d’information et de contrôle efficaces, dont les conclusions sont susceptibles d’infléchir l’action gouvernementale. Leur existence est, depuis la révision du 23 juillet 2008, inscrite à l’article 51‑2 de la Constitution, qui prévoit que "des commissions d’enquête peuvent être créées au sein de chaque assemblée pour recueillir, dans les conditions prévues par la loi, des éléments d’information."
"Une atteinte à leur droit de garder le silence" ?

"Le principe de séparation des pouvoirs interdit également au Parlement d’empiéter sur le domaine judiciaire", selon elle, déterminée à rogner les pouvoirs des représentants du peuple et donnant corps à la menace de despotisme que veut prévenir l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.

La ministre de la justice rappelle le contenu de l'ordonnance du 17 novembre 1958, prise dans un contexte douloureux de fin de guerre civile en Algérie (le référendum approuvant les accords d'Evian mettant fin aux événements d'Algérie date d'avril 1962) : "Il ne peut être créé de commission d’enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d’enquêter."
Mais une ordonnance est une mesure prise par le gouvernement (pouvoir exécutif) dans des domaines juridiques relevant normalement de la loi et donc ...du Parlement (pouvoir législatif).
Belloubet accuse les sénateurs de partialité politique 
En temps que responsable politique, adhérente à 'La République en marche', la garde des Sceaux raconte que "ces dispositions protègent aussi les justiciables, accusés ou victimes, en écartant tout risque de procès conduit par une instance politique [sic], devant laquelle n’existe aucune des garanties procédurales essentielles prévues dans notre droit pénal ".

Tous deux mis en examen, Alexandre Benalla et Vincent Crase sont convoqués par la commission sénatoriale le 19 septembre. "Les contraindre à comparaître sous serment devant une commission parlementaire pourrait être regardé comme constituant une atteinte à leur droit de garder le silence et de ne pas contribuer à leur propre incrimination garanti par l’article 6 de la Convention européenne", estime Nicole Belloubet, qui fait fi de la Constitution de son pays. 

Article 51-2
Pour l'exercice des missions de contrôle et d'évaluation définies au premier alinéa de l'article 24, des commissions d'enquête peuvent être créées au sein de chaque assemblée pour recueillir, dans les conditions prévues par la loi, des éléments d'information. 




mercredi 13 décembre 2017

Urvoas, le garde des Sceaux qui viole le secret de l'enquête pour Solère

Le ministre PS de Hollande aurait informé Thierry Solère d'une enquête le concernant

Le journal Le Monde est affirmatif

Entre les deux tours de l'élection présidentielle, l'ancien ministre de la Justice aurait transmis au député LREM (ex-LR) une note confidentielle décrivant l'avancement de l'enquête préliminaire pour fraude fiscale, blanchiment et trafic d'influence le concernant, révèle le Canard enchaîné ce mercredi.

"Signé 'Amitiés, Jean-Jacques Urvoas', le message a été retrouvé par les flics qui, le 26 juin, ont perquisitionné le domicile de Solère", précise le journal d'extrême gauche.

Frère Solère aurait sollicité les confidences du Frère Urvoas

Le journal Le Monde n'utilise pas le conditionnel

Le franc-maçon arriviste se serait ouvert à son frère arrivé garde des Sceaux   pour "savoir où en étaient ses déboires", alors qu'entre les deux tours de l'élection présidentielle de mai 2017, il espérait intégrer le gouvernement. Toujours selon le Canard, "Emmanuel Macron pense (ou laisse penser à l'intéressé) qu'il [Solère] pourrait prendre le portefeuille de l'Intérieur".
Solère a été initié à la Grande Loge Nationale Française (GLNF) le 10 décembre 1998 et a fréquenté la loge de la Province maçonnique 'Lutèce'. Pour l'Intérieur, Macron choisira un autre maçon, Gérard Collomb (GODF).

L'ancien ministre de la Justice aurait prudemment utilisé la messagerie cryptée Telegram pour effectuer le transfert à l'élu la note confidentielle qui a été rédigée à son intention par la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG). 
Mais si le ministre en exercice est prudent (membre du Grand Orient de France, le député de Quimper a le goût du secret), l'ambitieux Thierry Solère va précieusement - mais imprudemment - stocker le document sur son téléphone. "C'est délirant: ces mecs jouent aux espions en utilisant des messageries soi-disant secrètes, et ils se font prendre comme des bleus!", aurait déclaré l'informateur du Canard enchaîné, un enquêteur. Une investigation facile...

Pour Thierry Solère, un message "neutre", en toute bonne foi !

Le journal satirique s'est vu confirmer ces informations par le procureur de Nanterre, Catherine Denis, qui les a transmises à Jean-Claude Marin, le procureur général près la Cour de Cassation, "lequel pourrait enclencher une procédure pour violation du secret professionnel devant la Cour de justice de la République".

"Solère confirme", précise Le Canard enchaîné. Si les avocats du député de la majorité confirment bien l'existence d'un message adressé à leur client par Jean-Jacques Urvoas (sectaire qui traquait les photos de croix celtiques), le contexte est bien différent: Thierry Solère raconte qu'il ne s'agit que d'une petite conversation avec l'ancien garde des Sceaux, alors qu'il vient de saisir la justice d'une enquête pour diffamation, car le contenu détaillé de l'enquête préliminaire le concernant a fuité dans la presse. 
"C'est dans ces conditions que le ministre lui a adressé un message qui, de façon neutre et objective, confirmait l'existence du contenu de l'enquête en cours, d'ores et déjà rendu publique, sans se prononcer sur les suites qui en seraient données», rapporte le journal "satirique" de déstabilisation de la République.

jeudi 15 juin 2017

Macron menace l'indépendance et les privilèges de la presse

Les journalistes inquiets pour l'indépendance de la presse sous le règne de Macron 1er 

Plusieurs sociétés de journalistes (SDJ) s'inquiètent de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement

Empires de presse en péril....
Après avoir fait campagne pour le banquier Macron, à l'instigation de leurs patrons de presse, des hommes d'affaires engagés, ces SDJ amères expriment leur inquiétude, notamment en matière d'"indépendance des media"Mardi, dans une tribune publiée sur plusieurs sites, une vingtaine de sociétés de journalistes se sont alarmées de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement en matière, non seulement d' "indépendance des media", mais aussi de "protection des sources". 

"Face à la liberté d'informer, le nouvel exécutif fait le choix de la tentative de pression, de la répression judiciaire et du procès d'intention", dénoncent dans ce texte les SDJ du privé l'AFP, Alternatives économiques, BFM TV, Les Échos, Europe 1, L'Express,  Libération, les JT de M6, Mediapart, Le Monde, L'Obs, Le Point, Premières Lignes Télévision,RMC, RTL, Télérama, La Vie et les rédactions de Dream Way Production et LaTeleLibre, ainsi que le service public de  Radio France, RFI, France 2 et la Rédaction nationale de France 3

"Deux ministres ont envoyé des signaux extrêmement préoccupants quant à la manière dont ils conçoivent l'indépendance des media et la protection des sources, ou plutôt leurs limites", la semaine dernière, précisent les SDJ. 

Vendredi 9 juin, le ministère du Travail a porté plainte contre X pour vol et recel de documents à la suite de la publication dans Libération d'informations présentées comme des pistes de la future réforme du Code du travail. La ministre en charge est Muriel Pénicaud, 62 ans (ci-contre), ex-membre du cabinet de la ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (1985-1991), Martine Aubry, puis conseillère pour la formation (1991-1993) auprès de la ministre qui devait devenir frondeuse sous François Hollande, avant de passer dans le privé comme dirigeante d’entreprise multi-nationales (Dassault, Danone, Orange). 
Le gouvernement assure que la plainte ne vise pas Libération, mais le fonctionnaire à l'origine de la fuite. Or, le syndicat SNJ-CGT -affiliée à la CGT- y a vu "un signal envoyé à la profession pour la museler". 
Cette plainte a conduit Reporters sans frontières (RSF) à réitérer mardi "sa demande d’abroger le délit de recel" pour les journalistes et à appeler la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, "à abandonner sa plainte".
"Ces fuites, si désagréables soient-elles pour la ministre, portent sur des informations qui présentent un intérêt indéniable pour les citoyens, et leur publication relève du droit du public à l’information", déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de RSF, citée dans un communiqué. "Il est inacceptable que des journalistes puissent, en démocratie, être considérés comme pénalement suspects de n’avoir fait qu’une chose : leur métier."

Le ministre d'Etat chargé de la Justice avait quant à lui exercé des pressions directes sur l'un des directeurs de Radio France 

François Bayrou lui avait adressé des reproches en fin de semaine dernière, se plaignant des appels de journalistes de France Inter au MoDem, parti dont il est toujours président, et les accusant de "harcèlement". Cet appel était intervenu mercredi, quelques heures avant la diffusion d.'une enquête sur les emplois d'assistants parlementaires d'une dizaine d'eurodéputés du parti centriste, allié au mouvement du président Macron, En marche!. 

Les SDJ s'inquiètent également d'une plainte déposée par En marche! le 11 mai. Elle vise la lettre d'information spécialisée La Lettre A, exclusivement destinée à l'information sur les cercles de pouvoir en France, "pour 'recel d’atteinte à un systèmes de traitement automatisé de données’. En clair, En Marche ! reproche à la Lettre A d’avoir exploité dans un article des informations tirées des 'MacronLeaks’, issues d’un vol numérique, le piratage de ses boîtes mail, au sujet des premiers grands donateurs du mouvement d'Emmanuel Macron, et son financement, questions "ultrasensibles pour le mouvement" présidentiel.


Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a d'ailleurs estimé dans un tweet que "le nouveau pouvoir n’a pas un problème avec la presse mais avec tous les corps intermédiaires".

Mardi, le Premier ministre, Édouard Philippe, a dû rappeler François Bayrou à son devoir d'"exemplarité", soulignant que "quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen". A quoi le maire de Pau a répliqué qu'il entend conservé sa liberté de ton et de parole, notamment face à la différence de la presse qui déconstruit son image frelatée de vertueux.

mardi 13 juin 2017

Affaire des assistants parlementaires MoDem : Bayrou dénonce Hidalgo

Une "opération politique", selon Bayrou

Le garde des Sceaux continue à créer des embarras

Le dénonciateur à l'origine de l'enquête sur des assistants parlementaires du MoDem est un "collaborateur direct de la maire de Paris". Le patron du MoDem voit un "lien entre ceci et cela", mais Bayrou ne dément pas sur le fond de l'affaire d'emplois fictifs.

Le Parquet de Paris a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête préliminaire, cherchant à savoir si le MoDem, parti de l'actuel garde des Sceaux François Bayrou, a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens.

Un ex-collaborateur du MoDem assure en effet avoir été payé en 2011 sur l'enveloppe parlementaire de l'ancien eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, alors qu'il avait été recruté en CDI pour travailler pour le parti centriste. Allié à Emmanuel Macron, le parti conteste et assure avoir respecté "toutes les règles". 

Bayrou dénonce une "opération politique" ? 

"C'est exactement l'impression qui est la mienne", a répondu mardi matin 13 juin François Bayrou sur CNews. "Cette dénonciation anonyme, elle a une caractéristique particulière : c'est que tous les journalistes savent qui est l'auteur de la dénonciation anonyme", a lancé ensuite le garde des Sceaux, mais retiennent l'information: auto-censure de la presse ou censure de l'Elysée ? "Non seulement je sais qui c'est, mais vous le savez, tout le monde le sait", a-t-il insisté. Tout le monde sait, sauf le citoyen. Quant au Parquet ?

Ca tombe mal : Bayrou a été choisi par le président Macron pour mettre en oeuvre un projet de moralisation de la vie publique... 

Ni transparence, ni moralisation : "On protège cet anonyme" 

"La question, ce n'est pas quel est le nom, mais quelle est la fonction de celui qui pratique la dénonciation anonyme", insiste le garde des Sceaux de Philippe. "C'est peut être la raison pour laquelle on protège cet anonyme", a affirmé François Bayrou, sans en révéler l'identité...

Et d'ajouter : "Car peut être s'apercevrait-on quelle est la vraie nature de la dénonciation, trois jours avant le premier tour des élections législatives. Il suffit de regarder quelle est cette fonction". Peut-on savoir ou l'électeur doit-il voter les yeux fermés ?

Selon le Journal du Dimanche, il s'agit de Matthieu L. (sic) 
Or, l'homme est un ancien chargé de communication du MoDem et aujourd'hui collaborateur, en charge du service de presse de la maire PS de Paris, depuis 2014. Pourquoi ne pas le dire: le traître s'appelle Matthieu Lamarre.
Agé de 28 ans, cet ancien conseiller en communication de François Bayrou avait quitté avec fracas le MoDem pour soutenir Anne Hidalgo lors des élections municipales.
Le mercenaire n'a pas tardé à se faire offrir la responsabilité du service de presse de la mairie de Paris, lorsque son prédécesseur a  été nommé au Quai d'Orsay, au côté de Laurent Fabius.
Le jeune homme avait été licencié du MoDem pendant les élections municipales après avoir appelé à voter pour Anne Hidalgo, tandis que le parti centriste avait accordé son soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet. En février 2014, Matthieu Lamarre dénonça dans un entretien avec Metronews la "légèreté" de la candidate UMP... 
Ancien journaliste, à 19 ans, il a été adjoint à Jean-François Vigier, maire de Bures-sur-Yvette (Essonne),  avant d'être responsable de la campagne internet du MoDem lors de la campagne présidentielle de 2012.
Il explique que le poste s'est libéré à l'occasion du départ de Gaspard Gantzer du Quai d'Orsay pour le ministère de l'Agriculture puis de l'Elysée. "J'ai passé trois entretiens", raconte Matthieu Lamarre qui assure ne pas avoir négocié ce poste en échange de son soutien à la candidate PS. Entre-temps, il assurait les relations avec la presse du député MoDem, Jean Lassalle. C'est le deuxième cadre du parti centriste attiré dans ses filets par Anne Hidalgo et Julliard.
Un "collaborateur direct" d'Anne Hidalgo, s'insurge son ex-patron au MoDem. "Il pourrait y avoir un lien entre ceci et cela". Mais dans quel but ? "Les élections législatives, vous avez suivi? Regardez les gens qui se présentaient et les gens qui ont été éliminés...", a-t-il répliqué.

Le dénonciateur riposte

Contacté par la rédaction de CNews, le "jeune homme en question (AFP) s'est dit "estomaqué" par les propos du ministre de la Justice. 
Il précise qu'il a appelé le parquet de Paris quand il a appris qu'une enquête ciblait 18 eurodéputés pour "contribuer à la manifestation de la vérité" en apportant son témoignage. 

Que cela ait été rendu public "est complètement indépendant de ma volonté", jure le renégat qui assure que cette affaire le place dans "une situation très délicate auprès de son employeur". "Il a du mal à comprendre pourquoi le garde des Sceaux tient de tels propos", rapporte la presse.

vendredi 19 mai 2017

François Bayrou, actuel garde des Sceaux, mis en examen par le tribunal de Paris

Affaire El Sistema : François Bayrou, convoqué au tribunal de Paris

Mis en examen pour diffamation dans l’affaire El Sistema, 

le nouveau ministre de la Justice du président du renouvellement des moeurs politiques par la moralisation très dans l'air du temps de la vie publique est "cité à comparaître" ce vendredi 19 mai 2017, devant le Tribunal de Grande instance de Paris.

La Haute autorité pour la transparence de la vie publique a fermé les yeux

Depuis le 3 avril, il est connu de tous, sauf de la HATVP, que la juge d’instruction chargée du litige avec El Sistema a rendu son ordonnance dans laffaire de diffamation entre l’association El Sistema France et François Bayrou. La juge d’instruction chargée du dossier a rendu l’ordonnance de renvoi du maire de Pau devant le tribunal correctionnel.

En matière de diffamation publique, les instructions sont sommaires et n’abordent pas le fond du dossier. La mise en examen est quasi automatique ; François Bayrou l’a été en novembre 2016. Passé cette ordonnance de renvoi, susceptible d’appel, le Parquet - qui est placé sous l'autorité de ...Bayrou, nommé par Emmanuel Macron - a trois mois pour citer le prévenu. On ne saura qu’à ce moment-là quand est fixée la date du procès. L’audience se déroulera devant la 17e Chambre du tribunal de Paris dont les délais de renvois avoisinent les douze mois en moyenne.

François Bayrou a été visé par une plainte d’El Sistema suite au conseil communautaire du 28 septembre 2015. Le président de l’Agglo y expliquait pourquoi il se séparait de cette association, à l’origine avec la mairie de l’orchestre El Camino.

"Je ne retire pas un mot," a lancé Bayrou. "Quand nous avons découvert qu’on voulait nous faire signer l’engagement de reverser à ces gens 8 à 15 % de tous les fonds publics et privés collectés pour l’orchestre d’enfants, nous nous sommes gendarmés", avait expliqué le maire MoDem de Pau, après sa mise en examen, paraphrasant sa sortie de 2015 : "Je l’ai dit et je ne retire pas un mot de ce que j’ai dit."

Jeudi, après son renvoi devant le tribunal, le garde des Sceaux était toujours aussi sûr de l'issue du procès. "Je n’ai pas eu cette confirmation, mais dès que je l’aurai, j’avancerai devant le juge avec toutes les preuves que ce que j’ai dit était la vérité absolue."

L'Elysée avait certifié qu'il prenait le temps de soumettre les nouveaux ministres au contrôle de moralité exigé par le président Macron. 
Membres de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique:
la relève promise est-elle bien assurée ?

Pour justifier la nécessité d'un délai de 48h supplémentaires dans la composition du gouvernement Philippe, la presse dévouée à la gauche avait évoqué le spectre des affaires Thévenoud et Cahuzac planant donc encore sur la vie politique. Alors que la moralisation de la vie publique était l'un des points saillants de son programme, Emmanuel Macron, le nouveau président et "maître des horloges" auto-proclamé, a préféré reporter la fixation de sa liste de ministres (18 au lieu des 15 de Bernard-le-Bref Cazeneuve, son éphémère prédécesseur). Tout ça pour escamoter les difficultés de Bayrou, ministre d'Etat et garde des Sceaux, avec la Justice ? Avec la complicité des hauts magistrats de la Haute Autorité pour la transparence...