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jeudi 18 janvier 2018

LREM : Richard Ferrand fait l'objet d'une nouvelle enquête judiciaire

le chef des députés En marche! n'en a pas fini avec la justice

Le juge d'instruction Van Ruymbeke a été désigné pour enquêter sur des soupçons de prise illégale d'intérêts

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Cette relance de l'enquête fait suite à la plainte d'Anticor. L'association anticorruption réagit trois mois après le classement sans suite d'une première enquête.  Richard Ferrand fait à nouveau l'objet d'une information judiciaire, selon des sources judiciaires qui ont fuité  mardi

Cette fois, un juge d'instruction parisien a été désigné pour enquêter sur des soupçons de prise illégale d'intérêts visant le chef des députés de La République en marche (LREM). C'est le doyen des juges d'instruction du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke, qui a ouvert, le 12 janvier, une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts", selon une source proche du dossier confirmant une information du Canard enchaîné. 

L'hebdomadaire anarchiste avait révélé en mai qu'un bien immobilier indirectement acquis par la compagne de Richard Ferrand était loué aux Mutuelles de Bretagne, dont l'ex-député PS était alors le directeur général (1998-2012). 

Le président Macron avait recasé son ami Ferrand à la tête du groupe présidentiel à l'Assemblée

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Richard Ferrand avait été contraint à quitter le gouvernement, lors d'un remaniement intervenu après les législatives de juin. Macron l'avait alors désigné chef du groupe parlementaire de la majorité.
Or, en octobre, le parquet de Brest avait classé son enquête préliminaire sans suite à la surprise générale. 
Dans son communiqué, le procureur de la République représentant la ministre Belloubet, garde des Sceaux, avait estimé que "les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie" n'étaient "pas constituées, faute d'un préjudice avéré". 

Le délai de prescription fait débat. Concernant le délit de prise illégale d'intérêt, "la question est apparue complexe" et "le parquet de Brest aurait pu envisager l'ouverture d'une information judiciaire", avait-il reconnu, précisant que cette "infraction éventuelle" était prescrite, puisqu'une période de trois ans était passée. "Les investigations menées n'ont pas mis au jour d'éléments de dissimulation avérée permettant de reporter le point de départ de la prescription", concluait le procureur... 

C'est ce prétexte du parquet de Brest - et notamment de dernier point - qui a conduit l'association anti-corruption Anticor à déposer une plainte avec constitution de partie civile en novembre, afin d'obtenir la désignation d'un juge d'instruction. L'enquête va notamment s'attacher à établir s'il y a eu "dissimulation avérée", et donc si la prescription tient toujours. "Il était important qu'un juge indépendant étudie les suites judiciaires à donner à cette affaire", a déclaré mardi Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor. 

A noter que, habituellement incisif, le parquet national financier (PNF) s'était, quant à lui, déclaré incompétent au début de l'affaire en mai. Dans ce nouveau volet, il ne s'est pas opposé à l'ouverture de cette information judiciaire, selon Jérôme Karsenti. 

Richard Ferrand a tenu à relativiser cette annonce, auprès de ...BFMTV, mardi. L'élu du Finistère a assuré que l’information judiciaire du PNF était "mécanique" après un dépôt de plainte et qu'il s'agissait de "la suite logique des choses" : "Cela m'agace quand on est mis en cause, s'est-il pourtant lamenté. Mais moi je sais que je n'ai rien commis d'incompréhensible". Il ne faudrait pas en revanche qu'il ait commis quoi que ce fût de répréhensible...
Il a par ailleurs qualifié "d'acharnement" la plainte déposée par Anticor.

samedi 27 mai 2017

Affaire Ferrand: la Justice assume son décalage avec la morale et l'opinion

Le Parquet selon Bayrou fait bloc derrière le ministre préféré de Macron

Le Parquet national financier (PNF) se déclare incompétent "à ce stade" pour ouvrir une enquête

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Le PNF ne compte pas se saisir de l'affaire immobilière impliquant le ministre Richard Ferrand", car les infractions révélées dans la presse ne rentreraient pas dans le champ de compétences du PNF, selon les juges financiers dépendants de François Bayrou, ministre de la Justice, mercredi de source proche du dossier.
Des infractions qui ne rentrent pas dans les compétences du PNF: le Parquet de la République se satisfait d'une simple lecture du journal satirique.  "A la lecture du Canard enchaîné et au vu de l'article 705 du code de procédure pénale" qui énumère les infractions qu'il couvre, "les faits évoqués à ce stade n'entrent pas dans le champ de compétence du PNF", a affirmé cette source. 
La morale politique exigeant des explications approfondies, le parti Les Républicains avait auparavant annoncé son intention de saisir le PNF pour qu'il ouvre une enquête sur les "agissements" présumés du ministre de la Cohésion des territoires. Cette saisine se ferait au moyen de l'article 40 du code de procédure pénale qui oblige les autorités publiques à dénoncer des délits éventuels dont ils auraient connaissance.

Au ministère de la Justice, Bayrou fait circuler la patate chaude.
Seul le Parquet de Brest serait pour l'heure compétent pour se saisir du dossier. Mercredi soir, Les Républicains ont d'ailleurs également annoncé  qu'ils comptaient saisir le procureur de la République de Brest, compte tenu de faits présumés "d'une gravité certaine" et qui "pourraient revêtir plusieurs qualifications pénales", a indiqué le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, dans un communiqué.

Selon le Canard enchaîné de mercredi, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, était le directeur-général au moment du montage financier irrégulier et jusqu'en 2012, ont loué à partir de 2011 des locaux commerciaux appartenant à sa compagne pour un loyer annuel de 42.000 euros et au nom d'une SCI qui n'était pas encore constituée au moment de l'attribution du marché par le conseil d'administration des Mutuelles dirigées par le compagnon de la bénéficiaire.

Le Parquet de Brest s'aligne sur Paris et n'ouvrira pas d'enquête sur Ferrand

Les révélations du Canard enchaîné ne changent rien. Elles jettent pourtant sur la place publique un montage financier de Richard Ferrand au profit de sa compagne et l'emploi d'assistant parlementaire dont a bénéficié son fils. Mais elles  ne permettent pas d'ouvrir une enquête, selon le procureur de la République de Brest, vendredi. 
"Il apparaît qu'en l'état, aucun des faits relatés n'est susceptible de relever d'une ou plusieurs qualifications pénales permettant d'ouvrir une enquête préliminaire", annonce le procureur, Eric Mathias, dans un communiqué.

Le procureur de Brest confirme avoir reçu un signalement de la part de l'avocat du parti Les Républicains.
Vendredi, le député Les Républicains et ancien magistrat George Fenech a annoncé  avoir saisi l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution, organe de supervision des banques et des assurances, pour "forte suspicion" sur "les conditions d'occupation, de fixation des loyers et des montants des travaux".

Maître du PNF et du Parquet de Brest, le ministre de la Justice ne s'est encore pas exprimé sur le débat politique ouvert.