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dimanche 1 mars 2020

Recours à l'article 49.3, le sénateur Michel Amiel quitte le parti de Macron

"Extrêmement déçu" par le passage en force de Macron, le sénateur LREM des Bouches-du-Rhône traverse la rue

"Ces pratiques nous éloignent de plus en plus des aspirations des gens", explique le sénateur, aussi candidat aux municipales aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône)
Ex-socialiste Guériniste

Le recours à l'article 49.3 ne passe pas dans l'opposition, mais la majorité présidentielle contrainte au silence dans les rangs regimbent contre le caporalisme à LREM. "Extrêmement déçu", le sénateur LREM des Bouches-du-Rhône Michel Amiel a décidé de sauter en marche du train fou LREM à la suite de l'annonce du premier ministre devant l'Assemblée nationale, samedi 29 février. "Dégainer le 49.3, un samedi soir, en pleine période de coronavirus, est pour le moins malheureux", a denoncé le sénateur, dimanche 1er mars.

"Ces pratiques nous éloignent de plus en plus des aspirations des gens", explique le sénateur, aussi candidat aux municipales aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône). "Je siégerai avec les Constructifs, groupe composite de centristes et de radicaux, ex-UDI  fondé par Borloo, grossi de déçus de Macron (Joachim Son-Forget), présidé à vue par Jean-Christophe Lagarde), car je ne m'imagine pas partager le même banc que le Front national [devenu Rassemblement national]. Ne serait-ce qu'administrativement !" a-t-il indiqué.

Bravant les consignes du groupe LREM, Michel Amiel a voté contre l'extension de la PMA lors de l'examen du projet de loi de bioéthique au Sénat. L'ancien médecin généraliste et chrétien.

mardi 1 août 2017

Candidat au Conseil constitutionnel, Michel Mercier employait sa fille au Sénat quand elle était en Angleterre

L'ex-garde des Sceaux est candidat au Conseil constitutionnel, malgré des emplois familiaux...

Le sénateur Modem du Rhône Michel Mercier a employé deux de ses filles comme assistantes parlementaires

Il a d'abord recruté sa fille Véronique entre 2003 et 2012, soit sur neuf années, "comme assistante parlementaire au Sénat et dans les différents ministères qu'il a occupés".

Dans son édition du mercredi 2 août et en plein débat sur la moralisation de la vie publique, Le Canard enchaîné fait même mieux que de révéler que ce proche de François Bayrou a embauché deux de ses filles dans des emplois présumés fictifs.

L'ancien garde des Sceaux a ensuite fait signer un contrat à sa fille Delphine

Document à l'appui, l'hebdomadaire pointe quelques "détails cocasses" sur la période de son embauche par le Sénat, de septembre 2012 à avril 2014. Delphine Mercier, rémunérée pour cette mission 2000 euros brut par mois, habitait à l'époque à Londres. Le lieu de travail indiqué était pourtant bien Parisprécise le journal anarchiste.
Comme l'atteste son CV en ligne, la fille du sénateur était alors responsable des collections d'ethnographie à l'University College London, Delphine Mercier étant une "spécialiste reconnue des reliques textiles de Thomas Becket conservées en France et en Belgique".

Interrogé par Le Canard enchaîné sur le don d'ubiquité de la petite Delphine, Michel Mercier s'est défendu en assurant que sa fille lui apportait une expertise sur les questions culturelles. "J'ai fait venir ma fille pour me seconder dans mes fonctions à la commission de la Culture que je venais d'intégrer", argue-t-il.
Delphine Mercier explique avoir travaillé à temps partiel à Londres. "J'ai effectué une veille sur les sujets qui me sont familiers (culture, patrimoine, coopération)", a-t-elle écrit au Canard enchaîné, ajoutant avoir également contribué à l'élaboration de fiches de son père. 

Or, vérification faite auprès des services du Sénat par l'hebdomadaire, le sénateur n'a été membre de cette commission qu'entre 2008 et 2009, soit trois ans avant l'embauche de sa famille.
Embarrassé, l'élu du MoDem a concédé son erreur mais a produit une nouvelle explication"J'ai bien embauché ma fille pour travailler sur des dossiers culturels. Je m'occupais alors de questions culturelles localement (...) Je voulais mieux connaître les questions culturelles par rapport aux nouvelles technologies" assure-t-il.  Entre 2012 et 2014, Michel Mercier siégeait en réalité à la commission des Lois. 

Ce sage septuagénaire Michel Mercier est pourtant sur le point de rejoindre le Conseil constitutionnel

La candidature du sénateur Modem du Rhône, bientôt examinée.
Proposée par le président du Sénat, Gérard Larcher, pour succéder à Nicole Belloubet au Conseil constitutionnel, la candidature du sénateur MoDem doit être examinée ce mercredi par la Commission des Lois, présidée à l'Assemblée par Yaël Braun-Pivet (La République en Marche), avocate de 46 ans impliquée dans le monde associatif et engagée dans une grande association d'aide alimentaire.

La confirmation de cette nomination n'est qu'une formalité.
La république compte un nouveau "sage", le sénateur imaginatif du Rhône et ancien garde des Sceaux. Ancien président du Conseil général du Rhône (1990-2013) et maître-assistant enseignant les finances et le droit des collectivités locales à la faculté de droit de l'université Lyon III Jean Moulin, Mercier rejoindra le Conseil constitutionnel, quelles que soient les révélations de la presse.

Cet élu du MoDem devient l'un des neufs magistrats chargés de veiller au respect de la loi fondamentale. 
Michel Mercier remplace Nicole Belloubet rue de Montpensier, cette dernière ayant été nommée ministre de la Justice en juin dernier.

Quant à François Bayrou, rappelons qu'il a été contraint à la démission. 
Nommé ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice du premier gouvernement Édouard Philippe, il a été cité implicitement dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen, mais le centriste moralisateur n'a pas été renouvelé au second gouvernement Édouard Philippe, un mois plus tard.

mercredi 22 février 2017

L'attaché parlementaire d'un sénateur PS faisait l'apologie du terrorisme malgré l'état d'urgence

Le ministère de l'Intérieur apprend l'information d'une ...militante associative

Le djihadiste, son sénateur PS et l'association sont anonymés
Le collaborateur d'un sénateur socialiste est soupçonné d'apologie du terrorisme et a suscité l'ouverture d'une enquête préliminaire par le Parquet de Paris, a-t-on appris ce mardi 22 février : il appelait notamment au djihad, sur sa page Facebook en arabe.

Or, il aura fallu un mois pour que le ministère de la Justice de JJ. Urvoas communique sur cette enquête préliminaire ouverte le 25 janvier dernier. Selon Le Canard enchaîné, qui a révélé l'affaire, la page Facebook du collaborateur socialiste présentait des images d'égorgements qui auraient été retirées un temps, avant de réapparaître en langue arabe.

Le sénateur PS employeur du djihadiste sur fonds publics a confirmé l'enquête visant l'attaché parlementaire, sans plus de précisions. Son identité du parlementaire socialiste est donc connue de la justice et de la presse, mais voilée.

Des appels au djihad sur Facebook : 
au grand jour, malgré l'état d'urgence et au coeur de la République

C'est une militante associative, anonymée, alertée par les messages de propagande djihadiste postés par le salarié du sénateur socialiste, qui a effectué un signalement auprès des autorités policières, conduisant à l'ouverture de cette enquête. Police et justice seraient-elles détournées de leurs fonctions sur des tâches politiques ? 

Après avoir repéré ces contenus diffusés sur le réseau social, la responsable de cette association floutée a d'abord alerté le sénateur qui emploie le djihadiste. La page a alors été un temps désactivée..., probablement à l'instigation de l'employeur. Mais elle a réapparu, en langue arabe, précise l'hebdomadaire. 
La militante associative a alerté les autorités policières et l'hebdomadaire anarchiste ("ni dieu, ni loi, ni patron, ni mari") lève alors une partie du voile pour glisser qu'elle est "militante du dialogue inter-religieux"...
Parmi ces associations, on peut penser à Parler en Paix, présidée par Véronique Teyssandier,
ou à l’association parisienne
'Fen’Art' de Zouhir Boudjema, artiste peintre algérien partisan du "dialogue interconvictionnel et interculturel" dans le XIe parisien, lieu des attentats du 13 novembre 2015 : 18 personnes ont été assassinées rue de Charonne, à proximité du restaurant La Belle Equipe et cinq personnes abattues à la terrasse du restaurant Casa Nostra. On peut également citer Kawaa-Grandir Ensemble, dans le même style. Réunissant le fonds de dotation Grandir Ensemble (créée en 1985 par un groupe d'amis bénévoles sensibles aux conditions de vie des enfants des bidonvilles de Colombie) et l’entreprise sociale Kawaa (concept : un tête-à-tête autour d’un café pendant une heure), ce projet propose depuis un an, à des inconnus de se retrouver et de parler librement de leurs convictions religieuses.Ou l'association Un-par-Un, fondée par Kévin André (et Zup de Co) qui a pour objet de renforcer le lien social, de favoriser l'insertion et de lutter contre l'exclusion.
Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). 
Bien plus qu’un speed dating religieux
Officiellement, chaque rencontre vise à faire tomber les préjugés. Avec succès, chiffres à l’appui : "98 % des participants ont passé un bon moment," raconte Marine Quenin, déléguée générale du fonds de dotation 
(outil innovant de financement du...  mécénat) Grandir Ensemble. A ce jour, 1.027 personnes ont déjà participé à l’un des 63 rendez-vous organisés dans 23 villes de France, de Belgique (Molenbeek, à Bruxelles ?) et de Tunisie. Et d’ici deux ans, Kawaa-Grandir Ensemble espère que 230 000 Français auront pris le temps, au moins une fois, d’aller à la rencontrer d’un voisin de confession et de culture différentes.
M. Quenin a également fondé l’association Enquête, qui sensibilise les enfants aux religions et leur enseigne la... laïcité.

C'est ainsi que la quadra peut accompagner un petit groupe d’enfants à la mosquée Omar à Paris pour entendre le prêche du vendredi de l’imam.

Payé par le sénateur socialiste sur son enveloppe mensuelle, appelée crédit collaborateur, l'attaché parlementaire parsemait ses appels au djihad d'images d'égorgements d'Européens ou bien de critiques des koufars ("mécréants", dans la propagande djihadiste).

Un sénateur embarrassé, bien qu'anonymé

Le sénateur socialiste précise au Canard qu'il savait que son collaborateur était musulman pratiquant. 
L'élu de la majorité parlementaire savait aussi que l'individu avait par le passé été condamné pour violences conjugales. Mais, "il a payé pour ça", estime son patron. Pour le reste, balaie-t-il..."Je ne crois que ce que je vois."

La "presse d'investigation" diffuse le même texte...



jeudi 2 février 2017

L'Assemblée a rémunéré 52 épouses, 28 fils et 32 filles de député(e)s en 2014, rapporte Mediapart

Tous et toutes n'étaient pas seulement des plantes d'agrément !

En 2014, au moins 20 % des députés ont rémunéré un membre de leur famille proche

Combien mensuel, Fabius,
pour dormir
au Conseil constitutionnel ?
Ainsi l'attestent des recherches du site trotskiste - et révolutionnaire, partisan du chaos et d'une VIe République Mediapart, qui a épluché la liste, désormais publique, des collaborateurs de députésD'après cette enquête de Mediapart alors que la loi sur la transparence de la vie publique a été votée en 2013 dans la foulée de l'affaire Cahuzac, en 2014, au moins un(e) député(e) sur cinq (115 sur 577) ont salarié un membre de leur famille, en CDD ou CDI, sur un temps plein ou partiel. Huit élus sont même allés jusqu'à rémunérer deux de leurs proches.

Les chiffres auraient toutefois évolué à la hausse depuis 2012 
 
Selon les informations de janvier 2017 publiées par Le Figaro et relatifs au quinquennat de Hollande, les "contrats familiaux" concernaient 79 députés, soit 13% des effectifs, au 1er janvier 2012. Cette année-là, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, entre autres, employait son épouse à son cabinet. Sur le site du palais Bourbon, à ce jour, elle figure toujours dans la composition du cabinet en tant que "Chargée de missions interventions et droits des femmes".

La plupart des députés assurent assumer, puisqu'ils sont dans leur bon droit. D'autres recourent à la langue de bois lors des enquêtes des journalistes d'investigation par téléphone. 
"C'est la chasse aux sorcières ou quoi ? s'étrangle Franck Gilard (UMP), quand on l'interroge sur le CDD de trois mois accordé à son fils. Avec ces histoires de transparence, tout le monde nous pisse sur les godasses !"

Le vertueux président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS) donne l'exemple en faisant aussi travailler sa femme depuis 2012. Et l'insolent se paie la tête des inquisiteurs : "je n'ai pas embauché ma femme; j'ai épousé ma collaboratrice !" réplique-t-il effrontément, assuré d'être intouchable.

Jusqu'ici,
l'identité des assistants parlementaires était top secret
Le nombre de ces "petites mains" employées sur fonds publics par les 925 sénateurs et députés est apparu pour la première fois dans les "déclarations d'intérêts" des élus, mises en lignes le 24 juillet 2014 par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HAT), chargée de prévenir les conflits d'intérêts. A la vérité, le site renvoie les curieux consulter les éléments à la préfecture de Paris. Les amateurs de transparence doivent se préparer à un parcours du combattant...

Et la plupart des députés n'y mentionnent pas le lien familial les unissant à tel ou tel collaborateur. Il faut que ce "trombinoscope” inédit soit croisé avec d'autres informations, telles que celles qu'on peut recueillir par la ruse dans les couloirs de l'Assemblée. C'est ainsi que Mediapart a pu reconstituer une liste relativement complète des députés signant des contrats en famille.

Députés : emplois familiaux
Ainsi, alors que le Parlement européen prohibe l'embauche de proches pour éviter tout emploi fictif ou de complaisance (conjoints, parents, enfants, frères et sœurs) depuis 2009, la pratique touche au moins 20 % de l'hémicycle en France.

Conjoint(e):
Carvalho Patrice,
Bartolone Claude, Gorges J Pierre, Gosselin Geneviève (conjoint chauffeur), Lambert Jérôme, Mennucci Patrick, Popelin Pascal, Pupponi François,...  
Ciotti Eric, Copé JF, Devedjian Patrick, Geoffroy Guy, Jégot Y, Lagarde JCh, Lefebvre Frédéric, Sauvadet F, Solère Th, ...
Dupont-Aignan Nicolas, ...
Gilbert Collard,...

Fils ou fille
Fourage Hugues, Gilard Franck, Gourgeade Linda, Iborra Monique, Jibrayel Henri, Vignal Patrick,...
Censi Y, Geoffroy Guy, Goasguen Claude, Le Fur M, Ollier P, Vigier Ph,...
Bompard J,...

Frère ou soeur
Sergio Coronado,... 

Le recours aux enfants sur des contrats saisonniers est visiblement tendance. 
Le député Étienne Blanc (UMP) a mis le pied à l'étrier de sa fille, étudiante en droit public, en "stage d'été sur 4 ou 5 semaines". Idem pour le fils de Béatrice Santais (PS). 
Le socialiste Hugues Fourage a récidivé en salariant son fils en juin et juillet (après un CDD d'un mois, déjà, l'été dernier). 
Son collègue Philippe Vigier (UDI), le président du groupe centriste, a aussi recruté sa fille pour deux mois, "après deux ans dans une ambassade et juste avant qu'elle rejoigne son nouveau poste [dans le privé] à la rentrée".

En fait, les embauches en précarité restent opaques. 
Les formulaires ayant été remplis par les élus en janvier 2014, ils ne mentionnent pas les nombreux 'CDD d'été' d'un, deux ou trois mois récemment accordés à un membre de la famille. Le syndicaliste breton élu député PS de... Haute-Garonne, Patrick Lemasle, par exemple, qui a recruté une première fille en mars 2014, puis une seconde en CDD pour juin et juillet, n'a pas pensé à mettre sa déclaration à jour.

Résultat de recherche d'images pour "scrabble députés"

En 2014, au moins 52 conjointes de députés étaient encore rémunérées par l'Assemblée 
Mais pour bien évaluer la situation, encore faudrait-il que tous les parlementaires daignent remplir convenablement leur déclaration d'intérêts. Ainsi Jean-Pierre Mignon (UMP), qui, d'après nos informations, a salarié sa conjointe en 2014, a-t-il écrit « Néant » dans la case censée lister ses collaborateurs. Sollicité par Mediapart, il n'a pas encore répondu à nos questions.

A l'Assemblée, la seule règle supposée prévenir les abus touche au salaire

Résultat de recherche d'images pour "scrabble députés"
Les députés ou sénateurs, qui sont leurs employeurs, disposent d'une enveloppe pour rémunérer leur(s) assistant(s) parlementaire(s). A l'Assemblée nationale, ce crédit s'élève à 9.561 euros mensuels, tandis qu'au Sénat, il est de 7.593,39 euros bruts par mois, dans la limite de 5 collaborateurs. Enfin, chaque député européen bénéficie de 21.000 euros, avec laquelle il peut salarier deux ou trois collaborateurs.

L'embauche d'un proche n'est pas illégale mais son salaire est plafonné à 4.750 euros brut par mois
(voir ici la précédente enquête sur le Sénat, un peu plus strict en la matière). Sinon, un député peut choisir librement son équipe et “distribuer” jusqu'à 9.504 euros mensuels de façon discrétionnaire entre ses divers collaborateurs.

Les députés Alexis Bachelay
(porte-parole du candidat Hamon2017)
et Jérôme Guedj jouent au Scrabble
pendant le travail parlementaire
Aucun contrôle n'a jamais été effectué, par exemple, sur les emplois offerts à leurs épouses par Jean-François Copé ou Bruno Le Maire, pris au hasard par Mediapart qui en a révélé l'existence, mais le contrat de Pauline Le Maire a a pris fin en septembre 2013). 

Certes, les députés ont raison de rappeler que des dizaines de conjoint(e)s ou d'enfants effectuent des tâches bien réelles, à Paris comme dans les permanences de circonscription. Certains de leurs arguments tiennent la route, comme la nécessité de recruter une personne de confiance ou de préserver un lien conjugal, souvent malmené par une vie politique chronophage. "Il ne s'agit pas d'avantager sa famille, insiste le député Michel Lesage, ancien directeur de l’Office Public HLM de Saint-Brieuc, qui connaît la musique et a fait appel à son fils pour un CDD de trois mois de juin à septembre. Mais il n'y a pas de raison non plus de la pénaliser quand elle a les compétences." Cela dit, lui ne se voit pas "salarier quelqu'un de (sa) famille en permanence…" Faut-il préciser que ces propos vertueux sont tenus par un socialiste ?...

"Il peut y avoir des emplois fictifs en dehors de tout lien familial, s'insurge Linda Gourjade (députée PS du Tarn et "frondeuse" exclue de la commission des Affaires sociales par le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux), qui vient d'embaucher sa fille, diplômée de Sciences Po Toulouse. Je ne suis pas sûre que ce soit un facteur aggravant." Précisons que la vindicative est agent du Conseil Général du Tarn... D'ailleurs, son collègue, Franck Gilard, s'emporte : "Si on nous l'interdit, alors il faut l'interdire dans les boîtes privées !" Quand ils en oublient la lutte des classes, ils relancent la guerre du public et du privé.

Partie de scrabble lucide
par Thomas Thévenoud
Quand on rappelle qu'il s'agit d'argent public, quelques élus font aussi valoir ce type d'argument édifiant : "Je n'épuise pas l'enveloppe à laquelle j'ai droit, souligne Jean-Pierre Door (UMP), qui vient de salarier son épouse. J'utilise 6.500 euros sur les 9.500 que l'Assemblée met à notre disposition pour payer nos collaborateurs !" Finalement, parmi les députés de la liste interrogés par Mediapart, seul Étienne Blanc (UMP) se déclare "plutôt favorable à une interdiction, comme au Parlement européen".

Olivier Besancenot, ancien collaborateur d'Alain Krivine (1999-2000) au Parlement européen
Xavier Bertrand, assistant parlementaire du RPR Jacques Braconnier (1987-1992)
Myriam El Komri, ancienne collaboratrice de Daniel Vaillant
François Fillon, ancien "collaborateur" (au sens propre) de Joël Le Theule
Benoît Hamon, ancien collaborateur de Pierre Brana, ancien conseiller de Michel Rocard
Marylise Lebranchu, assistante de la députée PS Marie Jacq 
Françoise de Panafieu, assistante parlementaire de son père, François Missoffe
Étienne Pinte, ancien collaborateur parlementaire d'Alain Peyrefitte (octobre 1961)
Jean-Luc Romero, assistant parlementaire de Pierre-Rémy Houssin (1986-1997), Jean-Marie Demange (1997) et Guy Drut (1997- 2000)
André Vallini, ancien collaborateur parlementaire de Gisèle Halimi
Manuel Valls, ancien collaborateur parlementaire (1983-1986) de Robert Chapuis, député PSU de l'Ardèche (1981-88) et secrétaire d'État au ministère de l'Éducation Nationale (1988-1991) 
Jean-Vincent Placé, ancien collaborateur parlementaire de Michel Crépeau, Radical de gauche. 
Ici, JV Placé accompagne Eva Sas (EELV)
Nommé secrétaire d’État de Manuel Valls, en charge de la Réforme de l'État et à la Simplification le 11 février 2016, Placé n'a encore rien produit au gouvernement et on peine à croire que son assistante parlementaire, Laure Lechatellier, avec laquelle il aurait une relation, soit une travailleuse acharnée puisqu'elle est apparue avec son boss dans les tribunes de Roland Garros en mai 2014. Combien touche-t-elle pour faire autant ?
Ces députés frappés de "phobie administrative"
Francis Vercamer, UDI, avait bien signalé sa fille dans sa déclaration d'intérêts de janvier, mais pas celle de sa conjointe. "Je prends (mon épouse) de temps en temps sur des CDD ponctuels, environ deux mois par an, justifie l'élu centriste. En général, c'est pendant les congés : en novembre, c'est pour préparer les vœux, en juin pour faire le bilan de l'année." Vive l'intérim...

Si le socialiste Olivier Véran a bien pensé à mettre sa déclaration à jour à la mi-juillet, c'est pour signaler l'interruption du contrat de sa sœur. Dans ce sens là, c'est évidemment plus spontané.

Côté qualifications, c'est tout ou rien 
Il n'y a parfois rien à redire, comme lorsque la socialiste Estelle Grelier fait valoir le "DESS et le diplôme de Sciences Po Grenoble" de sa cousine 'bilingue' (en CDI jusqu'en mars dernier). 
Mais le centriste Meyer Habib va jusqu'à ressortir "la mention au Bac" de son fils, pour expliquer l'octroi d'un CDD à temps partiel. 
De son côté, l'UMP de 2014 Claudine Schmid (élue par les Français expatriés en Suisse et au Liechstenstein) a vite fait de dégainer la "carte maîtresse" de son fils qui tient sa permanence outre-Léman : "Il parle le dialecte suisse-allemand et ça ne se trouve pas en France !" Certes, mais en Suisse ? De toutes façons, les élus ont beau jeu de rappeler en chœur que certaines tâches de secrétariat n'exigent pas d'expertise particulière.

Certains "emplois familiaux" semblent tout de même très actifs en dehors de l'Assemblée. 
Ainsi, était-il opportun que Florent Boudié (PS) recrute à temps plein sa conjointe, Émilie Coutanceau, alors qu'elle occupe déjà un siège de conseillère régionale (plus deux autres mandats d'élue locale jusqu'en mars dernier) ? Qui aurait à redire au cumul des fonctions ?

13 % de ces "emplois de 2014 familiaux" exercent une autre activité rémunérée.
Les filles de Jean-François Mancel (UMP) et Michel Françaix (PS partisan du non-cumul des mandats qui démissionna de ses fonctions de maire en mars 2013), respectivement actrice et "intermittente du spectacle", semblent avoir trouvé à l'Assemblée un job alimentaire. Quant au conjoint de Laure de La Raudière (UMP), « exploitant forestier », il se transforme visiblement en assistant la moitié de la semaine.
Le fils de Michèle Fournier-Armand (PS), quant à lui, exerce parallèlement, à temps plein, à la Mutuelle sociale agricole comme "gestionnaire de cotisations", alors la députée précise du coup qu'elle ne l'emploie que "7 heures par semaine". C'est toutefois un peu dérangeant, si on sait qu'elle fut conseillère municipale PS d'Avignon et présida l'Office HLM de la Ville dont la maire est première vice-présidente chargée des finances et du développement économique. Sept heures de conflits d'intérêts ?

Cette transparence sur les activités annexes des collaborateurs vise à identifier d'éventuels conflits d'intérêts.
Active sur les politiques de santé et du médicament en qualité de médecin ophtalmologue à Cahors depuis 1981,  la radicale de gauche Dominique Orliac a omis de mentionner le métier de son fils, un pharmacien en CDI jusqu'à cet hiver, qui effectuait "des remplacements" en parallèle. De même que celui de sa fille, médecin. D'ailleurs, le nom de celle-ci ne figurait pas alors dans la liste des collaborateurs de la députée, de surcroît présidente départementale du... Conseil de l'Ordre des médecins de Midi-Pyrénées...

Au final, c'est surtout le nombre et la masse des emplois familiaux qui interpelle.
Alors que le marché de l'emploi en France se contracte chaque trimestre davantage, comment les Français peuvent-ils regarder ces chiffres avec décontraction ? 
D'autant que, dans les couloirs du Palais-Bourbon, des observateurs avisés rappellent aussi que la "sous-qualification" et le "sous-investissement" de certains emplois familiaux ont des répercussions directes sur leurs collègues attachés sans attaches, qui doivent redoubler de travail et parfois se contenter d'un salaire amputé.

Dans un communiqué, le syndicat FO des collaborateurs parlementaires rappelle l'urgente nécessité de créer un statut pour ces milliers de salariés de l'ombre, privés de grille indiciaire et de convention collective. Sur-exploités? Esclavage moderne ?