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samedi 14 juillet 2018

Montgeron : le tapage dans la cité se termine dans un bain de sang

Le tapage nocturne fait un mort, un blessé dans un état critique et un blessé léger

Un travailleur privé de sommeil s'est plaint du bruit, avant de tirer sur une bande de jeunes désoeuvrés.

Résultat de recherche d'images pour "quartier de la Prairie de l'Oly"
En pleine nuit, ce vendredi, dans la cité de l'Oly à Montgeron (Essonne), il ne s'est pas fait respecter sans recourir aux armes. Des sirènes des pompiers, du Samu et des véhicules de police trouèrent le silence soudain rétabli. A la lumière tragique des gyrophares, une cinquantaine de proches des perturbateurs se tenait derrière le cordon de sécurité, sidérée.

A l'intérieur de la tour G de la place du Soleil à Montgeron (Essonne), il est 2h30 du matin, les secours comprennent qu'ils ne sauveront pas Ahmed, 31 ans, l'un de ces "jeunes". Son corps sans vie est transporté au commissariat voisin. 
Un autre individu est pris en charge dans un état critique, orienté vers un hôpital de la petite couronne parisienne. Un troisième blessé est seulement touché au bras.

Hakim, 25 ans, a tiré avec un pistolet sur un groupe de jeunes 

Il était environ 1h du matin, dans le quartier sensible de la Prairie de l'Oly, quand Hakim a tiré avec un pistolet sur un groupe d'excités montés au 2e étage pour le provoquer en frappant à sa porte. Il s'est ensuite retranché chez lui.

Le Raid, troupe d'élite de la police, s'est rapidement déployé autour de son appartement pour le forcer à se rendre peu avant 6 heures du matin. Lors de la perquisition, les enquêteurs de la police judiciaire ont retrouvé une dizaine d'armes, dont plusieurs fusils-mitrailleurs.

A l'origine de ce drame, un tapage nocturne de plus, de trop. Hakim, dont les fenêtres donnent sur la place, interpelle les mineurs et les menace verbalement, tout en exhibant une arme.

La bande se disperse et part chercher les "grands frères" de la cité. Ces derniers décident d'une expédition punitive contre l'empêcheur de tourner en rond
Les justiciers du quartier montent les étages et sont accueillis par plusieurs coups de feu. 
Deux victimes tombent au sol. Deux autres parviennent à fuir en hurlant. Des témoins appellent les secours. "Celui qui a tiré, c'est un mec qui vit là depuis peu; il s'est installé chez sa tante", indique un habitant sous le choc.

"Un petit groupe pourrit la vie de tous les habitants"

Quarante-huit heures plus tôt, dans la cité voisine de Montgeron, au centre commercial de La Forêt, deux hommes ont été blessés par balle dans un règlement de comptes devant un café. Les deux affaires ne sont pas liées, mais Sylvie Carillon, la maire (LR ou UMP depuis 2014) de la commune, a attiré l'attention de la préfecture. "C'est une situation triste et malheureuse, mais elle était prévisible. Nous souffrons d'une baisse d'effectifs dans la police nationale inacceptable sur notre secteur." 

Résultat de recherche d'images pour "quartier de la Prairie de l'Oly"
L'ancien maire UMP de Montgeron est président du Conseil départemental de l'Essonne depuis le 2 avril 2015. Déjà en matière de transports, il se plaignait déjà des "lenteurs administratives". Lors de son élection, François Durovray révéla une ardoise laissée par l'ancienne majorité départementale socialiste présidée par le PS Jérôme Guedj, impactant les aides sociales : 108 millions d'euros de factures impayées aux établissements de personnes âgées et handicapées du département. Par ailleurs, Guedj remboursait les repas de cantine aux familles des collégiens musulmans s'absentant en période de ramadan, "en vertu du principe de laïcité".
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Guedj était joueur de Scrabble à l'Assemblée
Sylvie Carillon ajoute qu'elle a déjà alerté le préfet et le ministre à de multiples reprises, mais en vain. "Nous avons 12 policiers municipaux qui ne peuvent pas absorber tout le travail de la police nationale, reprend-elle. Un petit groupe de jeunes pourrit la vie de tous les habitants de nos quartiers sensibles. Et après on se retrouve avec des gens qui se font justice eux-mêmes."


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Un policier pour 900 habitants. La maire a relancé le ministre de l'Intérieur ce vendredi par courrier et formulé une demande expresse pour doter le commissariat de Montgeron (qui gère aussi les villes de Yerres et Crosne, notamment) de renforts. Une requête appuyée aussi par Nicolas Dupont-Aignan, député (DLF) du secteur.

"Il y a un policier pour 900 habitants sur cette circonscription, détaille le syndicat de police Alliance 91. A Evry, l'une des communes les mieux dotées de l'Essonne, et ancien fief du député-maire Manuel Valls, ancien ministre de l'Intérieur et locataire de Matignon, c'est 1 pour 580 habitants, et quand on sait qu'à Paris on tourne aux alentours d'un policier pour 250 habitants... A cause de ce sous-effectif, nous ne pouvons agir en sécurité et répondre aux attentes de la population." Selon ce syndicaliste, ce qui se passe à l'Oly peut se dérouler ailleurs. "On nous demande de mettre en place la police de proximité, mais sans nous donner les moyens », déplore-t-il.


jeudi 2 février 2017

L'Assemblée a rémunéré 52 épouses, 28 fils et 32 filles de député(e)s en 2014, rapporte Mediapart

Tous et toutes n'étaient pas seulement des plantes d'agrément !

En 2014, au moins 20 % des députés ont rémunéré un membre de leur famille proche

Combien mensuel, Fabius,
pour dormir
au Conseil constitutionnel ?
Ainsi l'attestent des recherches du site trotskiste - et révolutionnaire, partisan du chaos et d'une VIe République Mediapart, qui a épluché la liste, désormais publique, des collaborateurs de députésD'après cette enquête de Mediapart alors que la loi sur la transparence de la vie publique a été votée en 2013 dans la foulée de l'affaire Cahuzac, en 2014, au moins un(e) député(e) sur cinq (115 sur 577) ont salarié un membre de leur famille, en CDD ou CDI, sur un temps plein ou partiel. Huit élus sont même allés jusqu'à rémunérer deux de leurs proches.

Les chiffres auraient toutefois évolué à la hausse depuis 2012 
 
Selon les informations de janvier 2017 publiées par Le Figaro et relatifs au quinquennat de Hollande, les "contrats familiaux" concernaient 79 députés, soit 13% des effectifs, au 1er janvier 2012. Cette année-là, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, entre autres, employait son épouse à son cabinet. Sur le site du palais Bourbon, à ce jour, elle figure toujours dans la composition du cabinet en tant que "Chargée de missions interventions et droits des femmes".

La plupart des députés assurent assumer, puisqu'ils sont dans leur bon droit. D'autres recourent à la langue de bois lors des enquêtes des journalistes d'investigation par téléphone. 
"C'est la chasse aux sorcières ou quoi ? s'étrangle Franck Gilard (UMP), quand on l'interroge sur le CDD de trois mois accordé à son fils. Avec ces histoires de transparence, tout le monde nous pisse sur les godasses !"

Le vertueux président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS) donne l'exemple en faisant aussi travailler sa femme depuis 2012. Et l'insolent se paie la tête des inquisiteurs : "je n'ai pas embauché ma femme; j'ai épousé ma collaboratrice !" réplique-t-il effrontément, assuré d'être intouchable.

Jusqu'ici,
l'identité des assistants parlementaires était top secret
Le nombre de ces "petites mains" employées sur fonds publics par les 925 sénateurs et députés est apparu pour la première fois dans les "déclarations d'intérêts" des élus, mises en lignes le 24 juillet 2014 par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HAT), chargée de prévenir les conflits d'intérêts. A la vérité, le site renvoie les curieux consulter les éléments à la préfecture de Paris. Les amateurs de transparence doivent se préparer à un parcours du combattant...

Et la plupart des députés n'y mentionnent pas le lien familial les unissant à tel ou tel collaborateur. Il faut que ce "trombinoscope” inédit soit croisé avec d'autres informations, telles que celles qu'on peut recueillir par la ruse dans les couloirs de l'Assemblée. C'est ainsi que Mediapart a pu reconstituer une liste relativement complète des députés signant des contrats en famille.

Députés : emplois familiaux
Ainsi, alors que le Parlement européen prohibe l'embauche de proches pour éviter tout emploi fictif ou de complaisance (conjoints, parents, enfants, frères et sœurs) depuis 2009, la pratique touche au moins 20 % de l'hémicycle en France.

Conjoint(e):
Carvalho Patrice,
Bartolone Claude, Gorges J Pierre, Gosselin Geneviève (conjoint chauffeur), Lambert Jérôme, Mennucci Patrick, Popelin Pascal, Pupponi François,...  
Ciotti Eric, Copé JF, Devedjian Patrick, Geoffroy Guy, Jégot Y, Lagarde JCh, Lefebvre Frédéric, Sauvadet F, Solère Th, ...
Dupont-Aignan Nicolas, ...
Gilbert Collard,...

Fils ou fille
Fourage Hugues, Gilard Franck, Gourgeade Linda, Iborra Monique, Jibrayel Henri, Vignal Patrick,...
Censi Y, Geoffroy Guy, Goasguen Claude, Le Fur M, Ollier P, Vigier Ph,...
Bompard J,...

Frère ou soeur
Sergio Coronado,... 

Le recours aux enfants sur des contrats saisonniers est visiblement tendance. 
Le député Étienne Blanc (UMP) a mis le pied à l'étrier de sa fille, étudiante en droit public, en "stage d'été sur 4 ou 5 semaines". Idem pour le fils de Béatrice Santais (PS). 
Le socialiste Hugues Fourage a récidivé en salariant son fils en juin et juillet (après un CDD d'un mois, déjà, l'été dernier). 
Son collègue Philippe Vigier (UDI), le président du groupe centriste, a aussi recruté sa fille pour deux mois, "après deux ans dans une ambassade et juste avant qu'elle rejoigne son nouveau poste [dans le privé] à la rentrée".

En fait, les embauches en précarité restent opaques. 
Les formulaires ayant été remplis par les élus en janvier 2014, ils ne mentionnent pas les nombreux 'CDD d'été' d'un, deux ou trois mois récemment accordés à un membre de la famille. Le syndicaliste breton élu député PS de... Haute-Garonne, Patrick Lemasle, par exemple, qui a recruté une première fille en mars 2014, puis une seconde en CDD pour juin et juillet, n'a pas pensé à mettre sa déclaration à jour.

Résultat de recherche d'images pour "scrabble députés"

En 2014, au moins 52 conjointes de députés étaient encore rémunérées par l'Assemblée 
Mais pour bien évaluer la situation, encore faudrait-il que tous les parlementaires daignent remplir convenablement leur déclaration d'intérêts. Ainsi Jean-Pierre Mignon (UMP), qui, d'après nos informations, a salarié sa conjointe en 2014, a-t-il écrit « Néant » dans la case censée lister ses collaborateurs. Sollicité par Mediapart, il n'a pas encore répondu à nos questions.

A l'Assemblée, la seule règle supposée prévenir les abus touche au salaire

Résultat de recherche d'images pour "scrabble députés"
Les députés ou sénateurs, qui sont leurs employeurs, disposent d'une enveloppe pour rémunérer leur(s) assistant(s) parlementaire(s). A l'Assemblée nationale, ce crédit s'élève à 9.561 euros mensuels, tandis qu'au Sénat, il est de 7.593,39 euros bruts par mois, dans la limite de 5 collaborateurs. Enfin, chaque député européen bénéficie de 21.000 euros, avec laquelle il peut salarier deux ou trois collaborateurs.

L'embauche d'un proche n'est pas illégale mais son salaire est plafonné à 4.750 euros brut par mois
(voir ici la précédente enquête sur le Sénat, un peu plus strict en la matière). Sinon, un député peut choisir librement son équipe et “distribuer” jusqu'à 9.504 euros mensuels de façon discrétionnaire entre ses divers collaborateurs.

Les députés Alexis Bachelay
(porte-parole du candidat Hamon2017)
et Jérôme Guedj jouent au Scrabble
pendant le travail parlementaire
Aucun contrôle n'a jamais été effectué, par exemple, sur les emplois offerts à leurs épouses par Jean-François Copé ou Bruno Le Maire, pris au hasard par Mediapart qui en a révélé l'existence, mais le contrat de Pauline Le Maire a a pris fin en septembre 2013). 

Certes, les députés ont raison de rappeler que des dizaines de conjoint(e)s ou d'enfants effectuent des tâches bien réelles, à Paris comme dans les permanences de circonscription. Certains de leurs arguments tiennent la route, comme la nécessité de recruter une personne de confiance ou de préserver un lien conjugal, souvent malmené par une vie politique chronophage. "Il ne s'agit pas d'avantager sa famille, insiste le député Michel Lesage, ancien directeur de l’Office Public HLM de Saint-Brieuc, qui connaît la musique et a fait appel à son fils pour un CDD de trois mois de juin à septembre. Mais il n'y a pas de raison non plus de la pénaliser quand elle a les compétences." Cela dit, lui ne se voit pas "salarier quelqu'un de (sa) famille en permanence…" Faut-il préciser que ces propos vertueux sont tenus par un socialiste ?...

"Il peut y avoir des emplois fictifs en dehors de tout lien familial, s'insurge Linda Gourjade (députée PS du Tarn et "frondeuse" exclue de la commission des Affaires sociales par le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux), qui vient d'embaucher sa fille, diplômée de Sciences Po Toulouse. Je ne suis pas sûre que ce soit un facteur aggravant." Précisons que la vindicative est agent du Conseil Général du Tarn... D'ailleurs, son collègue, Franck Gilard, s'emporte : "Si on nous l'interdit, alors il faut l'interdire dans les boîtes privées !" Quand ils en oublient la lutte des classes, ils relancent la guerre du public et du privé.

Partie de scrabble lucide
par Thomas Thévenoud
Quand on rappelle qu'il s'agit d'argent public, quelques élus font aussi valoir ce type d'argument édifiant : "Je n'épuise pas l'enveloppe à laquelle j'ai droit, souligne Jean-Pierre Door (UMP), qui vient de salarier son épouse. J'utilise 6.500 euros sur les 9.500 que l'Assemblée met à notre disposition pour payer nos collaborateurs !" Finalement, parmi les députés de la liste interrogés par Mediapart, seul Étienne Blanc (UMP) se déclare "plutôt favorable à une interdiction, comme au Parlement européen".

Olivier Besancenot, ancien collaborateur d'Alain Krivine (1999-2000) au Parlement européen
Xavier Bertrand, assistant parlementaire du RPR Jacques Braconnier (1987-1992)
Myriam El Komri, ancienne collaboratrice de Daniel Vaillant
François Fillon, ancien "collaborateur" (au sens propre) de Joël Le Theule
Benoît Hamon, ancien collaborateur de Pierre Brana, ancien conseiller de Michel Rocard
Marylise Lebranchu, assistante de la députée PS Marie Jacq 
Françoise de Panafieu, assistante parlementaire de son père, François Missoffe
Étienne Pinte, ancien collaborateur parlementaire d'Alain Peyrefitte (octobre 1961)
Jean-Luc Romero, assistant parlementaire de Pierre-Rémy Houssin (1986-1997), Jean-Marie Demange (1997) et Guy Drut (1997- 2000)
André Vallini, ancien collaborateur parlementaire de Gisèle Halimi
Manuel Valls, ancien collaborateur parlementaire (1983-1986) de Robert Chapuis, député PSU de l'Ardèche (1981-88) et secrétaire d'État au ministère de l'Éducation Nationale (1988-1991) 
Jean-Vincent Placé, ancien collaborateur parlementaire de Michel Crépeau, Radical de gauche. 
Ici, JV Placé accompagne Eva Sas (EELV)
Nommé secrétaire d’État de Manuel Valls, en charge de la Réforme de l'État et à la Simplification le 11 février 2016, Placé n'a encore rien produit au gouvernement et on peine à croire que son assistante parlementaire, Laure Lechatellier, avec laquelle il aurait une relation, soit une travailleuse acharnée puisqu'elle est apparue avec son boss dans les tribunes de Roland Garros en mai 2014. Combien touche-t-elle pour faire autant ?
Ces députés frappés de "phobie administrative"
Francis Vercamer, UDI, avait bien signalé sa fille dans sa déclaration d'intérêts de janvier, mais pas celle de sa conjointe. "Je prends (mon épouse) de temps en temps sur des CDD ponctuels, environ deux mois par an, justifie l'élu centriste. En général, c'est pendant les congés : en novembre, c'est pour préparer les vœux, en juin pour faire le bilan de l'année." Vive l'intérim...

Si le socialiste Olivier Véran a bien pensé à mettre sa déclaration à jour à la mi-juillet, c'est pour signaler l'interruption du contrat de sa sœur. Dans ce sens là, c'est évidemment plus spontané.

Côté qualifications, c'est tout ou rien 
Il n'y a parfois rien à redire, comme lorsque la socialiste Estelle Grelier fait valoir le "DESS et le diplôme de Sciences Po Grenoble" de sa cousine 'bilingue' (en CDI jusqu'en mars dernier). 
Mais le centriste Meyer Habib va jusqu'à ressortir "la mention au Bac" de son fils, pour expliquer l'octroi d'un CDD à temps partiel. 
De son côté, l'UMP de 2014 Claudine Schmid (élue par les Français expatriés en Suisse et au Liechstenstein) a vite fait de dégainer la "carte maîtresse" de son fils qui tient sa permanence outre-Léman : "Il parle le dialecte suisse-allemand et ça ne se trouve pas en France !" Certes, mais en Suisse ? De toutes façons, les élus ont beau jeu de rappeler en chœur que certaines tâches de secrétariat n'exigent pas d'expertise particulière.

Certains "emplois familiaux" semblent tout de même très actifs en dehors de l'Assemblée. 
Ainsi, était-il opportun que Florent Boudié (PS) recrute à temps plein sa conjointe, Émilie Coutanceau, alors qu'elle occupe déjà un siège de conseillère régionale (plus deux autres mandats d'élue locale jusqu'en mars dernier) ? Qui aurait à redire au cumul des fonctions ?

13 % de ces "emplois de 2014 familiaux" exercent une autre activité rémunérée.
Les filles de Jean-François Mancel (UMP) et Michel Françaix (PS partisan du non-cumul des mandats qui démissionna de ses fonctions de maire en mars 2013), respectivement actrice et "intermittente du spectacle", semblent avoir trouvé à l'Assemblée un job alimentaire. Quant au conjoint de Laure de La Raudière (UMP), « exploitant forestier », il se transforme visiblement en assistant la moitié de la semaine.
Le fils de Michèle Fournier-Armand (PS), quant à lui, exerce parallèlement, à temps plein, à la Mutuelle sociale agricole comme "gestionnaire de cotisations", alors la députée précise du coup qu'elle ne l'emploie que "7 heures par semaine". C'est toutefois un peu dérangeant, si on sait qu'elle fut conseillère municipale PS d'Avignon et présida l'Office HLM de la Ville dont la maire est première vice-présidente chargée des finances et du développement économique. Sept heures de conflits d'intérêts ?

Cette transparence sur les activités annexes des collaborateurs vise à identifier d'éventuels conflits d'intérêts.
Active sur les politiques de santé et du médicament en qualité de médecin ophtalmologue à Cahors depuis 1981,  la radicale de gauche Dominique Orliac a omis de mentionner le métier de son fils, un pharmacien en CDI jusqu'à cet hiver, qui effectuait "des remplacements" en parallèle. De même que celui de sa fille, médecin. D'ailleurs, le nom de celle-ci ne figurait pas alors dans la liste des collaborateurs de la députée, de surcroît présidente départementale du... Conseil de l'Ordre des médecins de Midi-Pyrénées...

Au final, c'est surtout le nombre et la masse des emplois familiaux qui interpelle.
Alors que le marché de l'emploi en France se contracte chaque trimestre davantage, comment les Français peuvent-ils regarder ces chiffres avec décontraction ? 
D'autant que, dans les couloirs du Palais-Bourbon, des observateurs avisés rappellent aussi que la "sous-qualification" et le "sous-investissement" de certains emplois familiaux ont des répercussions directes sur leurs collègues attachés sans attaches, qui doivent redoubler de travail et parfois se contenter d'un salaire amputé.

Dans un communiqué, le syndicat FO des collaborateurs parlementaires rappelle l'urgente nécessité de créer un statut pour ces milliers de salariés de l'ombre, privés de grille indiciaire et de convention collective. Sur-exploités? Esclavage moderne ?

mercredi 24 juin 2015

Elections: faut-il interdire les candidatures de septuagénaires ?

Juppé, le favori de la gauche, est-il trop vieux?

L
'électeur doit-il être privé de la liberté de choix ?

Fabius et Juppé: Hollande et Valls 
veulent les abandonner au bord de la route
Faut-il qu'un règlement décide de l'aptitude d'un candidat ? Il est dans le même temps question du droit de vote à 16 ans, alors que le Sénat a porté de 15 à 18 ans l'âge minimum légal du mariage des femmes et qu'une mère porteuse n'est jamais trop vieille. Il apparaît donc clairement que la majorité socialiste tient absolument à légiférer en tous sens en sorte de marquer pour longtemps le quinquennat de Hollande !

Liberté de vote: ils veulent décréter qui est apte à un mandat électoral, ou non !
La méthode sournoise du rapport fonctionne à plein. L'exécutif n'assume aucune de ses volonté: de crainte de se faire refouler, il désigne des hommes et des femmes à lui pour réaliser une pseudo étude qui abonde dans son sens. Ce rapport est intitulé "Reconnaître, valoriser, encourager l'engagement des jeunes", mais aurait pu être titré ""Rejeter, dévaluer, dénigrer l'engagement des aînés." Concocté sur mesures par le laboratoire d'idées France Stratégies, il estime "urgent de donner aux jeunes les moyens de prendre la place qui leur revient de droit". Alain Juppé, 70 ans en août, y voit-il une intention malveillante ?

Thévenoud (41 ans) et Guedj (43 ans), 
jeunes élus PS exemplaires en séance
Après la parité hommes-femmes imposée, la discrimination par l'âge. Elle formule 25 propositions pour son objectif, parmi lesquelles celle de restreindre l'accès à un mandat politique à 70 ans. Seraient alors concernés les mandats électoraux, parlementaires et même locaux. Remis ce jour au ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kranner, le rapport lance un débat qui promet d'être mouvementé. 

Or, ce labo administrativement appelé 'Commissariat général à la stratégie et à la prospective', est une institution créée en 2013 et rattachée au... Premier ministre. Dominique Strauss-Kahn serait-il visé par les snipers de Matignon, dont Jean Pisani-Ferry qui a resurgi sur les chaînes de télévisions, comme expert, sans indication de sa fonction de... Commissaire général de ce "comité Théodule" ? Il est aussi président du comité de suivi du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) par le gouvernement... Il est probablement compétent, mais son ADN en fait surtout un dévoué serviteur de l'Etat, puisqu'arrière-petit-neveu de Jules Ferry. A 65 ans, il ne prétend néanmoins plus à une encore longue carrière, à moins que les hauts fonctionnaires puissent continuer de compter, quant à eux, sur des reports de retraite au-delà de 70 ans... sans que soit mise en doute la jouissance de toutes leurs facultés. 
A noter qu'on est déjà éligible au Sénat à partir de 24 ans, mais si Valls arrivait à ses fins, puisque le mandat est de six ans, on ne pourrait plus faire acte de primo-candidature au-delà de 64 ans.

"La question mérite d'être posée", selon ces experts, après Valls
Les politiques n'ont pas manqué de réagir à cette proposition d'abandon en cours de vie. 
Pour René Dosière, député PS de 74 ans, l'impossibilité de se présenter aux élections législatives après 70 ans pose un sérieux problème. Il s'appuie sur l'histoire pour appuyer son argumentation et rappelle que le général de Gaulle ne serait jamais revenu au pouvoir si cette mesure avait existé. De même, François Mitterrand n'aurait jamais fait de second mandat avec une telle réglementation.
D'autres, tel Jean Glavany (66 ans), ancien ministre et simple député PS, estime que c'est "un moyen d'encourager la transmission".
Le député PS François Loncle, âgé de 73 ans, a assuré qu'il se trouve "plus en forme que beaucoup de ses collègues de la cinquantaine". "Je travaille plus que beaucoup d'entre eux", a-t-il lancé. Pensait-il aux joueurs de Scrabble de l'hémicycle, les Thomas Thévenoud et Jérôme Guedj (ci-dessous). 

Selon Yannick Moreau, 69 ans, il faut "du sang neuf en politique", rappelant que "227 sénateurs ont plus de 60 ans". Même pas le droit de prendre la retraite à 67 ans ! Or, la dame est une proche du pouvoir: nommée présidente du Conseil d'orientation des retraites (COR) par Lionel Jospin en 2000, Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, lui a commandé en 2013... un rapport sur nos retraites.

Moralisation et transparence de la vie publique
avec la bienveillante compréhension 
de Bruno Le Roux
Luc Carvounas, 44 ans, ancien militant associatif, sans profession connue mais directeur de campagne de... Manuel Valls aux primaires socialistes, n'a pas manqué de jouer la carte de la provocation en tweetant que "70 ans max ? c'est encore trop". Cette mesure peut toujours être débattue au sein de chaque parti et se régler en interne. En attendant, Martine Aubry - 65 ans - en a frisé l'apoplexie...

Mais certains de ses collègues, comme le député Républicains Bernard Debré y voient, lui, "un déni de démocratie." 
Dominique Reynié, 55 ans, candidat aux régionales pour Les Républicains, a quant à lui jugé que "c'est à l'électeur de trancher cela"

Faut-il par ailleurs écarter du gouvernement les ministres sans aucune assise électorale - tels Emmanuel Macron ou Fleur Pellerin - et les apparatchiks - - qui ont contourné tous les niveaux de scrutin populaire ?

Et si la carte d'électeur était retirée aux Français de plus de 70 ans ?...