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lundi 21 janvier 2019

La loi "anti-casseurs" arrive à l'Assemblée, plongeant la majorité dans l'embarras

La proposition de loi anti-casseurs voulue par Edouard Philippe sera à l'ordre du jour de la commission des lois de l'Assemblée, mercredi

Certains dans la majorité craignent une atteinte à la liberté et réclament des modifications

Après deux mois de mobilisation des Gilets jaunes et de manifestations que des éléments radicaux incontrôlés ont pu faire dégénérer en décembre, le gouvernement a sauté sur l'opportunité pour légiférer contre la violence de rues. Le 7 janvier, Edouard Philippe avait appelé de ses voeux et défendu la création d'un nouveau texte censé venir muscler l'arsenal répressif contre les casseurs

Prévue pour début février, cette loi permettrait en particulier de durcir les sanctions contre les casseurs venant cagoulés ou les organisateurs ne respectant pas l’obligation de déclarer des manifestations. Un fichier de recensement de ces individus avait alors été mis sur la table. Un de plus, sachant que les 'fichés S' courent les rues.

Dès mardi 22 janvier, cette promesse du premier ministre sera bien examinée en commission de l'Assemblée. Elle passera ensuite par l'Hémicyle dès le mardi 29. Or, seulement une partie des députés LREM semble approuver ce texte en l'état. Ces mesures voulues par le gouvernement, en vérité déjà existantes contre le hooliganisme dans le sport, sont aujourd'hui attribuées - pour certains axes - au Républicain Bruno Retailleau. 
Celui-ci avait en effet proposé une loi sur la question, votée au Sénat le 23 octobre dernier. Dans les grandes lignes, le texte prévoyait des fouilles à l'entrée des cortèges de manifestants, ce qui a déjà été mis en application, notamment sur les Champs-Elysées, un fichier national de personnes interdites de manifestations ou encore de faire du port de la cagoule un délit passible de prison. 
Des supporters se battent en tribune lors du match Angleterre-Russie au stade Vélodrome de Marseille, en phase de pools de l\'Euro de foot de 2016.
En fait, depuis, Edouard Philippe l'a ardemment désirée, répétant trois fois en dix minutes, lundi 7 janvier, au 20h de TF1 : les casseurs "n'auront pas le dernier mot", dans la crise des "gilets jaunes". Et pour cela, il voulait déjà une loi dédiée qui permettrait, notamment, la création d'un fichier national recensant les auteurs de violences pendant les manifestations. Un document dont le chef du gouvernement a précisé qu'il se ferait sur le modèle de ce qui existe déjà contre les ...hooligans.

Nul n'a oublié que, lorsqu'ils étaient aux affaires, les socialistes et la gauche radicale dans son ensemble refusaient de faire un délit du port de capuches et de cagoules. 
En février 2015, des hommes cagoulés et armés ont ouvert le feu sur la police, dans les minutes précédent le passage du premier ministre socialiste, Manuel Valls, en pleine rue dans une cité sensible des quartiers Nord de Marseille, la cité de la Castellane, en quasi-état de siège. Sept kalachnikovs et plusieurs kilos de drogue ont été retrouvés, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, en fin d'après-midi. 
En octobre 2016, une dizaine d'activistes d'extrême-gauches encagoulés a pourtant détruit le local de la permanence du PS à Saint-Etienne.

Avant le phénomène Gilets jaunes, le 23 octobre dernier, les sénateurs socialistes et communistes s'étaient alors opposés au projet de loi, arguant qu'une telle loi ne pouvait qu'être une atteinte à la liberté de manifester, certains faisant même le rapprochement avec la loi anti-casseurs de 1970 supprimée par François Mitterrand.

Du côté de la majorité, on se montre donc plus qu'incertain, écrit le JDD, comme le résume le responsable du texte pour la majorité Jean-François Eliaou, député LREM de l'Hérault, candidat de l'Union de la droite aux Élections départementales de 2015 et pédiatre, qui proposa à François de Rugy, alors président de l'Assemblée, une feuille de route pour la création d'une agence d’évaluation parlementaire permanente.
"Il y a un équilibre à trouver entre les outils à mettre à la disposition de nos forces de l'ordre et la tentative de liberticide qui limiterait le droit constitutionnel de manifester".

Car c'est bien ce qui effraie les députés: comment appliquer un système initialement mis en place dans le cadre d'interdictions de stade lié à l'anti-hooliganisme, à des manifestations?

Des amendements déposés par les élus LREM

Plusieurs députés  majorité présidentielle ont donc déposé des amendements dont l'un propose par exemple de supprimer deux des mesures principales du texte. En outre, celle qui autorise des fouilles lors de filtrages et celle qui permet aux maires ou préfets d'interdire de manifestations certains individus. Parmi la douzaine à l'étude, celui porté par Sacha Houlié, 31 ans, ex-militant du Parti socialiste, qui propose de renforcer le contrôle par le Parlement de ces dispositions, avec le soutien d'une cinquantaine d'élus.

Si la doxa socialiste entraîne une réticence du côté des députés LREM qui sont issus du PS, certains renégats concèdent tout de même que sur le principe, une telle loi permettrait "de répondre à une demande d'ordre public qui émane de la population", nuance Sacha Houlié dans le JDD. Les macroniens se préparent à trouver  un consensus, de gré ou de force, toute idéologie passée bue.

Après la réponse économique, la réponse sécuritaire. 
La loi dite "anti-casseurs" est examinée en commission des lois à partir de mercredi matin, et débattue la semaine suivante dans l'Hémicycle. Le texte, qui comporte huit articles, vise à sanctionner plus durement les auteurs de violences lors des manifestations et à identifier les "casseurs", notamment par la création d'un fichier dédié. 

"Reprendre un texte proposé pendant notre semaine de niche parlementaire, au départ, on n'était pas vraiment contents", reconnaît un député macronien. D'autant que les récents questionnements sur l'utilisation du Flash-Ball par les forces de l'ordre risquent d'agiter un peu plus les débats. "Je pense que ce texte ne pose aucune difficulté, rassure la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, une ex-socialiste et avaleuse de couleuvres...

Le temps des faux-culs et des faux-semblants


Le dialogue se tend entre le gouvernement et sa majorité à l’Assemblée nationale autour de la proposition de loi anticasseurs. Désireux d’accentuer la répression, le gouvernement s’est appuyé sur une proposition de loi (PPL) déjà votée en octobre au Sénat à l’initiative de Bruno Retailleau (Les Républicains).Les députés doivent commencer à en débattre mercredi 23 janvier en commission, après l’audition la veille du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. 
Mais, dégainé début janvier par le premier ministre, Edouard Philippe s'expose à  la fronde de députés de La République en marche (LRM) qui redoutent des dispositions "liberticides". Dimanche soir, ces derniers envisageaient la suppression de trois des dispositions phares de la PPL. Les velléitaires tiendront-ils tête jusqu'au vote ?

Premier élément de crispation, l’article 1 qui instaure un périmètre de sécurité autour des lieux de manifestation. Lors d’une première rencontre avec Christophe Castaner, mardi 15 janvier, les députés l’ont interrogé sur l’intérêt d’une telle mesure. "Je n’ai toujours pas compris", lâche le blanc-bec Sacha Houlié, avocat par protection. 

Autre mesure clivante : la création d’un fichier de "casseurs". La députée LRM Paula Forteza, élue d'Amérique latine et Caraïbes et partisane de la participation citoyenne, a déposé un amendement pour supprimer cette disposition. Dimanche soir, l’élue était soutenue par une vingtaine de ses collègues.

"Risque arbitraire" ?
Mais la principale pierre d’achoppement reste l’article 2 de la proposition de loi. Celle-ci prévoit un dispositif-clé : l’interdiction administrative de manifester. Lors de la première rencontre avec Christophe Castaner, plusieurs députés LREM et MoDem s’en sont inquiétés. Tel qu’il est actuellement rédigé, le texte permet aux préfets d’interdire de manifester à toute personne déjà condamnée pour violences, appartenant à des groupes "incitant, facilitant ou participant" à de tels faits, mais aussi "à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public".  
C’est ce dernier point qui suscite la frilosité de la majorité. "Nous avons une réserve majeure sur ces interdictions administratives qui ne sont pas fondées sur une condamnation", estime la députée MoDem Laurence Vichnievsky, ancienne magistrate. "Le risque d’arbitraire existe !", insiste une députée LREM anonymée, face au manque de "critères" précis permettant d’encadrer ces interdictions. On sait pourtant que la précision est un obstacle à toute application. 
Si plusieurs élus demandent la suppression de cet article, ils pourraient se heurter à l’opposition du gouvernement. "Le ministre a l’air de vouloir le préserver", observe ainsi L. Vichnievsky. Et elle ne convoque pas encore le Conseil constitutionnel en appui à ses réserves...

Les cagoules des casseurs sont interdites par décret depuis ...2009
Les cagoules, foulards et lunettes de piscine étaient tolérés
par les socialistes et leurs alliés d'extrême gauche
Sarkozy avait dû défendre Nice de nouvelles mesures pour endiguer la violence des bandes. Le président de la République y défendit son plan contre les bandes qui pourrissent la vie des quartiers de la Seine-Saint-Denis à Marseille, en passant par la périphérie de Strasbourg.
Alors que les images de Black Bloc saccageant la capitale alsacienne lors du Sommet de l'OTAN étaient pourtant encore fraîches à la mémoire, Nicolas Sarkozy a déjà fait savoir qu'à sa demande, son ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait transmis un projet de décret à Matignon pour faire interdire le port d'une cagoule ou d'une capuche servant à dissimuler les traits du visage lors des manifestations de rue. L'objectif était de permettre à la police d'identifier les casseurs, en les distinguant des manifestants paisibles. "C'est pour séparer le bon grain de l'ivraie que nous sommes contraints d'adopter ces mesures que d'autres pays européens, comme l'Allemagne, ont mises en application depuis longtemps", soulignait-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
La capitale des Alpes-Maritimes s'était imposée pour ce déplacement, puisque son député-maire, Christian Estrosi, devait être le rapporteur de la proposition de loi contenant l'arsenal anticasseur voulu par le chef de l'Etat. Un texte dont le Parlement doit se saisir avant la fin du mois. 
Dans sa mouture initiale, il devait permettre de punir de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende quiconque fait partie "en connaissance de cause", d'un groupement, "même formé de façon temporaire", dès lors que cette bande "poursuit le but, caractérisé par un ou plusieurs faits matériels, de commettre des violences volontaires contre les personnes ou des destructions ou dégradations de biens".

"Sanctuariser" l'école
Ses rédacteurs avaient même voulu rendre ces sanctions "également applicables à la personne qui, sans être elle-même porteuse d'une arme, participe volontairement à un attroupement dont une ou plusieurs personnes portent des armes apparentes". Mais cette rédaction fit débat dans la majorité. "D'autant que le Code pénal contient déjà une définition des bandes dans son article L 132-71", assurait-on à la commission des lois de l'Assemblée nationale. Le chef de l'Etat dut lever les éventuelles ambiguïtés sur ce point. 

A Nice, il entendait surtout réaffirmer les axes forts de son plan qui visait aussi à "sanctuariser" l'école, en augmentant les peines en cas d'intrusion en bande dans les établissements scolaires. Elles pouvaient aller jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros si le groupe de voyous concerné comprenait ne serait-ce qu'un membre porteur d'une arme. Même le fait d'agresser les proches d'un professeur ou d'un agent de vie scolaire deviendrait, selon les nouvelles dispositions, une cir­­constance aggravante.

Sarkozy en profita aussi pour "rétablir certaines vérités"
, renvoyant les adeptes de la "police de proximité" à leur bilan, en quelques chiffres : depuis 2002 et Jospin, la délinquance avait baissé de 15 %, faisant 600.000 victimes de moins, quand, durant les cinq années de gestion socialiste, juin 1997-mai 2002, elle avait fait 600.000 victimes de plus.

samedi 14 juillet 2018

Montgeron : le tapage dans la cité se termine dans un bain de sang

Le tapage nocturne fait un mort, un blessé dans un état critique et un blessé léger

Un travailleur privé de sommeil s'est plaint du bruit, avant de tirer sur une bande de jeunes désoeuvrés.

Résultat de recherche d'images pour "quartier de la Prairie de l'Oly"
En pleine nuit, ce vendredi, dans la cité de l'Oly à Montgeron (Essonne), il ne s'est pas fait respecter sans recourir aux armes. Des sirènes des pompiers, du Samu et des véhicules de police trouèrent le silence soudain rétabli. A la lumière tragique des gyrophares, une cinquantaine de proches des perturbateurs se tenait derrière le cordon de sécurité, sidérée.

A l'intérieur de la tour G de la place du Soleil à Montgeron (Essonne), il est 2h30 du matin, les secours comprennent qu'ils ne sauveront pas Ahmed, 31 ans, l'un de ces "jeunes". Son corps sans vie est transporté au commissariat voisin. 
Un autre individu est pris en charge dans un état critique, orienté vers un hôpital de la petite couronne parisienne. Un troisième blessé est seulement touché au bras.

Hakim, 25 ans, a tiré avec un pistolet sur un groupe de jeunes 

Il était environ 1h du matin, dans le quartier sensible de la Prairie de l'Oly, quand Hakim a tiré avec un pistolet sur un groupe d'excités montés au 2e étage pour le provoquer en frappant à sa porte. Il s'est ensuite retranché chez lui.

Le Raid, troupe d'élite de la police, s'est rapidement déployé autour de son appartement pour le forcer à se rendre peu avant 6 heures du matin. Lors de la perquisition, les enquêteurs de la police judiciaire ont retrouvé une dizaine d'armes, dont plusieurs fusils-mitrailleurs.

A l'origine de ce drame, un tapage nocturne de plus, de trop. Hakim, dont les fenêtres donnent sur la place, interpelle les mineurs et les menace verbalement, tout en exhibant une arme.

La bande se disperse et part chercher les "grands frères" de la cité. Ces derniers décident d'une expédition punitive contre l'empêcheur de tourner en rond
Les justiciers du quartier montent les étages et sont accueillis par plusieurs coups de feu. 
Deux victimes tombent au sol. Deux autres parviennent à fuir en hurlant. Des témoins appellent les secours. "Celui qui a tiré, c'est un mec qui vit là depuis peu; il s'est installé chez sa tante", indique un habitant sous le choc.

"Un petit groupe pourrit la vie de tous les habitants"

Quarante-huit heures plus tôt, dans la cité voisine de Montgeron, au centre commercial de La Forêt, deux hommes ont été blessés par balle dans un règlement de comptes devant un café. Les deux affaires ne sont pas liées, mais Sylvie Carillon, la maire (LR ou UMP depuis 2014) de la commune, a attiré l'attention de la préfecture. "C'est une situation triste et malheureuse, mais elle était prévisible. Nous souffrons d'une baisse d'effectifs dans la police nationale inacceptable sur notre secteur." 

Résultat de recherche d'images pour "quartier de la Prairie de l'Oly"
L'ancien maire UMP de Montgeron est président du Conseil départemental de l'Essonne depuis le 2 avril 2015. Déjà en matière de transports, il se plaignait déjà des "lenteurs administratives". Lors de son élection, François Durovray révéla une ardoise laissée par l'ancienne majorité départementale socialiste présidée par le PS Jérôme Guedj, impactant les aides sociales : 108 millions d'euros de factures impayées aux établissements de personnes âgées et handicapées du département. Par ailleurs, Guedj remboursait les repas de cantine aux familles des collégiens musulmans s'absentant en période de ramadan, "en vertu du principe de laïcité".
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Guedj était joueur de Scrabble à l'Assemblée
Sylvie Carillon ajoute qu'elle a déjà alerté le préfet et le ministre à de multiples reprises, mais en vain. "Nous avons 12 policiers municipaux qui ne peuvent pas absorber tout le travail de la police nationale, reprend-elle. Un petit groupe de jeunes pourrit la vie de tous les habitants de nos quartiers sensibles. Et après on se retrouve avec des gens qui se font justice eux-mêmes."


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Un policier pour 900 habitants. La maire a relancé le ministre de l'Intérieur ce vendredi par courrier et formulé une demande expresse pour doter le commissariat de Montgeron (qui gère aussi les villes de Yerres et Crosne, notamment) de renforts. Une requête appuyée aussi par Nicolas Dupont-Aignan, député (DLF) du secteur.

"Il y a un policier pour 900 habitants sur cette circonscription, détaille le syndicat de police Alliance 91. A Evry, l'une des communes les mieux dotées de l'Essonne, et ancien fief du député-maire Manuel Valls, ancien ministre de l'Intérieur et locataire de Matignon, c'est 1 pour 580 habitants, et quand on sait qu'à Paris on tourne aux alentours d'un policier pour 250 habitants... A cause de ce sous-effectif, nous ne pouvons agir en sécurité et répondre aux attentes de la population." Selon ce syndicaliste, ce qui se passe à l'Oly peut se dérouler ailleurs. "On nous demande de mettre en place la police de proximité, mais sans nous donner les moyens », déplore-t-il.


dimanche 5 février 2017

Seine-Saint-Denis : quatre policiers soupçonnés du viol d'un jeune homme

Pruno Le Roux: ça lui en touche une, sans faire bouger l'autre ?

Un "petit jeune" a été sérieusement blessé jeudi après-midi, au cours d’un contrôle de police  à Aulnay-sous-Bois (9.3)

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Les faits remonteraient à jeudi lors de l'interpellation d'un jeune homme de 22 ans dans le quartier de la Rose-des-Vents. Un jeune adulte de 22 ans,  M*., a été opéré dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir été sérieusement blessé, en marge  au cours d'un contrôle de police jeudi après-midi, dans le quartier de la Rose-des-Vents à Aulnay-sous-Bois.

Quatre policiers du commissariat local sont soupçonnés de viol en réunion sur le jeune blessé et ont été placés en garde à vue dans les locaux de l'inspection générale de la police nationale (IGPN). Les quatre fonctionnaires nient les accusations, mais leur garde à vue a été prolongée de 24 heures samedi

Le patron des policiers, le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux a dit "souhaiter que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires": langue de bois d'un communiqué  classique rédigé par un sous-fifre.  

L'interpellation a été filmée, mais l'identité de la victime, floutée... 

"M. était juste sorti apporter une paire de baskets à une copine", raconte la mère. En fait, la famille ne sait que ce qu'en ont raconté quelques jeunes du quartier et M. lui-même. Elle a aussi visionné les vidéos tournées depuis leurs fenêtres par des habitants. Sur celles-ci, on voit quatre fonctionnaires qui font tomber à terre un grand gaillard, avant de l'embarquer sans ménagement dans leur voiture. Arrivée juste après l'interpellation, la grande soeur de M., qui rentrait du travail ce jeudi après-midi, raconte néanmoins ce qu'elle n'a pas vu : "J'ai vu les regards dans le quartier se tourner vers moi. Un jeune est venu me voir, m'a dit : M. a été embarqué, on n'a rien pu faire: on a été gazés. Désolé. Et il m'a tendu une basket de M., c'est tout ce qu'ils avaient pu récupérer de lui."

Policiers accusés de viol à Aulnay : un témoin du quartier raconte 

L'un des frères appelés par la grande soeur, accouru au commissariat, indique avoir aperçu M., le visage tuméfié, partir en fauteuil roulant pour l'hôpital.
Or, la famille n'apprendra que vers 22 heures que le jeune homme a été pris en charge à l'hôpital. "Il n'a pas pu lui parler", précise cette fois la soeur. 

Arrivé au commissariat, le jeune homme se serait plaint "de saignements à la bouche et à l'anus", explique une source proche du dossier. Il aurait alors expliqué que, lors de l'interpellation, tout en tentant de le maîtriser, l'un des quatre policiers aurait réussi à introduire une matraque télescopique dans l'anus du malabar.
La victime précise que le viol ne se serait pas déroulé dans un véhicule ou au commissariat, mais sur la voie publique. L'examen médical pratiqué à l'hôpital d'Aulnay a effectivement mis en évidence "des lésions importantes", poursuit cette source, sans préciser à quand  - avant ou après l'interpellation - peuvent remonter les violences. 
L'auteur de l'examen hospitalier ajoute: "Ce qui correspond clairement à l'introduction d'un objet." Mais l'enquête devra établir quand...

VOIR et ENTENDRE le récit sujet à caution d'un habitant qui commente de supposés mauvais traitements de policiers municipaux sur un "ptit jeune" de 22 ans,par ailleurs décrit comme "costaud" :

La video montre la résistance du "ptit jeune" lors de son interpellation et les lieux de la scène où l’avocat Jean-Pierre Mignard, parrain des deux fils du président François Hollande, dispose d'un cabinet juridique depuis 2004.


Les faits rapportés par les quatre policiers divergent de la version familiale

"Ils reconnaissent qu'il y a eu des coups de bâton télescopique car ils ne parvenaient pas à maîtriser ce grand costaud", indique un collègue. 

Le groupe de jeunes hostiles présents aurait de leur côté assuré que M., comme d'autres, aurait réagi bruyamment à une gifle donnée par un représentant des forces de l'ordre à un ado qu'il contrôlait. L'analyse des vidéosurveillances devrait permettre d'éclaircir cette accusation. 

Les jeunes - une cinquantaine à 22h00 - auraient opposé de la résistance. 
On y distinguerait les quatre policiers en train de lui donner des coups au niveau des jambes et on le verrait tomber. "Ce sont des scènes de violences, mais nous n'avons pas identifié de gestes à connotation sexuelle", souligne une "personne" (anonyme)  qui aurait pu visionner la vidéo. 

Les caméras de vidéosurveillance de la ville d'Aulnay ne sont pas les seules à avoir capturé cette "intervention suspecte", selon l'AFP. 
Une "cinquantaine de personnes étaient présentes", indique un policier. Leurs images sont en cours d'examen, tout comme la matraque télescopique du fonctionnaire qui aurait servi à commettre les violences. Ces fonctionnaires appartiennent à la brigade spécialisée de terrain (BST). 
Les Brigades spécialisées de terrain (BST) anciennement (UTeQ), sont des unités de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) de la police nationaleImplantées dans les quartiers sensibles, pour des missions plutôt de façon pédestres, elles sont parfois présentées comme une nouvelle version de la police de proximité. Elles ne sont pas constituées de "policiers d'ambiance ou des éducateurs sociaux", ni de "grands frères inopérants en chemisette qui font partie du paysage", avait prévenu le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux
"Ce sont des agents sectorisés sur les zones sensibles ou en cas de violences urbaines. Ils sont là pour faire de l'interpellation", précise un policier qui ajoute qu'il serait "consterné si les faits étaient avérés". La famille de M. a annoncé son intention de déposer plainte. "C'est inacceptable, nous ne pouvons pas en rester là."
* Le prénom a été modifié pour le grand public, mais la video le désigne sous le prénom de Théo qui ne commence pas par un M. Qui dit vrai ?...

Du bled au ghetto en passant par le paradis de la Rose-des-Vents

La cité des 3.000, à Aulnay-sous-Bois, a une culture de la rébellion depuis plusieurs émeutes violentes depuis le 29 octobre 2005. Construite en 1969 pour loger les ouvriers et les cadres des usines Citroën, elle s'est progressivement dégradée. Au milieu des années 1960, les Bellakhal, une famille marocaine venue chercher du travail en 1958, vivaient dans une cave louée par un compatriote indélicat : "C'était atroce. On a fait une demande de logement à la mairie. Quand la Rose-des-Vents s'est bâtie, on nous a donné un quatre-pièces. J'avais 11 ans. Pour moi, c'était le paradis. On se roulait dans la salle à manger de bonheur. On a dû appeler le gardien pour qu'il nous explique comment fonctionnaient les toilettes. C'était tout neuf, tout beau. Et dès qu'on sortait, on se retrouvait dans les champs de blé." Le quartier comptait alors "plus de Français que d'immigrés", commente M. Bellakhal.

Sur la dalle du centre commercial Surcouf, "les boutiques se sont peu à peu développées. Il y avait aussi des banques, des assureurs... Les gens étaient contents de quitter des logements insalubres pour des appartements fonctionnels." Débarquaient des ménages de toutes origines. Des gendarmes du Bourget et de Roissy, des agents des PTT s'étaient vu réserver deux ou trois tours.

En dix ans, du premier choc pétrolier (1973-1974) à la crise de l'automobile (1982-1984), les choses se sont dégradées, avec les suppressions d'emplois chez Citroën et la fermeture d'Ideal Standard, et la "ghettoïsation" au moment où les centres commerciaux régionaux ouvraient leurs portes. Conséquence du chômage, les magasins du centre Surcouf "ont commencé à fermer les uns après les autres", se rappelle M. Prévost, boulanger de 58 ans.


19 octobre 1994


Aulnay-sous Bois, au coeur des émeutes urbaines de 2005

Plusieurs nuits de violences urbaines ont secoué Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, à la suite de celles qui qui ont commencé à Clichy-sous-Bois, consécutivement à la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré (octobre 2005), électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique dont l'accès était condamné. 
Des voitures ont été incendiées dans l’entrée du parking de l’allée de La Bourdonnais, à Aulnay-sous-Bois et devant la préfecture à Bobigny. Des "caillassages et prises à partie des forces de police" ont été signalés dans six communes du département, au Blanc-Mesnil, La Courneuve, Clichy-sous-Bois, Tremblay-en-France, Livry-Gargan et Sevran, selon la préfecture. Aulnay-sous-Bois, c'est l’antenne de police du Galion qui, bien qu'elle fasse de la "prévention", a également fait l’objet d’une tentative d’incendie dans le quartier de la cité des 3.000...  "Elle a été "investi" (sic: orthographe dans son jus) sans que l’on sache dans l’immédiat si la police a réussi à faire sortir les intrus," écrivit Jérôme Charré du MoDem à Aulnay"Les forces de police arrivent dans le quartier de la Rose des Vents [...] Ils tirent des flash-ball dans le tas sans se soucier de savoir si les personnes peuvent essayer de déplacer leur voiture au cs où se produirait un nouvel incendie. Les jeunes étant aussi courtois, aimables et solidaires accompagnent les pauvres victimes jusqu’à chez eux," écrivit cet acteur politique local.

Dans les services de la protection maternelle et infantile (PMI), certaines employées estiment aussi que les relations entre hommes et femmes se sont dégradées
"Ici, la libre circulation, c'est valable pour les garçons", regrette Sérénade Chafik, conseillère conjugale. Elle reçoit des femmes en souffrance, victimes de violences, des adolescentes "en grande détresse, traitées de "pute" parce qu'elle porte une jupe et dont les parents, obsédés par la virginité, contrôlent les règles". Sous l'emprise du mari, les femmes "vont reproduire le même schéma en laissant les garçons exercer leur virilité notamment sur leurs soeurs", estime-t-elle. "La place des filles n'est pas acquise, et celle des mères est à réhabiliter", car "la génération actuelle est plus sur la défensive que sur la revendication".

L'islam a rendu les quartiers invivables. 
Un bel "entrepôt"
"Il y a dix ans, je ne voyais qu'une seule femme voilée et en noir de pied en cap. Maintenant, c'est monnaie courante." Sérénade Chafik se dit inquiète "d'une présence active des intégristes, notamment sur les marchés". D'après le père Xavier Chavanne, responsable de la chapelle Saint-Jean, il y a deux fois plus de musulmans que de chrétiens dans les quartiers nord d'Aulnay. La Rose-des-Vents et ses alentours comptent cinq mosquées ou salles de prière, qui illustrent toute la diversité de l'islam en France.

La mosquée turque est dans une cave d'immeuble. La mosquée Al-Salam, fréquentée par des Maghrébins, est installée dans un pavillon en lisière du quartier. Le foyer de travailleurs, rue Henri-Matisse, compte une salle de prière fréquentée majoritairement par les Africains. Une confrérie sénégalaise mouride anime un lieu de culte.


La commune possède pourtant une grande mosquée, Al-Irchad, installée dans un ancien "entrepôt" (trois photos de l'entrepôt, à gauche), sur la zone industrielle. Aucun croissant ou minaret ne la signale de l'extérieur. Tous les vendredis, elle accueille 1.200 personnes, et plus de 5.000 lors des grandes fêtes. Le président marocain de l'association, Aït Hamou, est un ancien ouvrier de Citroën. Il est à la recherche d'un imam parlant français. "Le prêche est en arabe, se plaint-il. Les jeunes ne comprennent pas. Même mes enfants ne parlent pas bien l'arabe. A la maison, on utilise le berbère... Difficile de lancer des appels au calme dans ces conditions." 
S'il ne s'inscrit pas dans le paysage par des minarets, l'islam est visible dans le voile porté par les femmes, pour l'essentiel des mères de famille. Un voile traditionnel porté par beaucoup de Marocaines venues du bled. Très peu portent le foulard islamique.

Dans ce contexte, l'homosexualité est non seulement taboue, mais réprimée.

samedi 8 octobre 2016

Tentative d'assassinats: des policiers de proximité attaqués par des caïds de quartier en Essonne

Etat d'urgence ? Deux policiers grièvement brûlés dans une attaque aux cocktails Molotov

Depuis plus d’un an, la mairie de Viry-Châtillon tente de reprendre le territoire aux agresseurs à ce carrefour dit "du Fournil" – du nom de la boulangerie voisine – et y a dans ce but installé une caméra de vidéosurveillance, que les policiers attaqués étaient chargés de... protéger. 
L’attaque du samedi 8 octobre a eu lieu peu avant 15h00 près de cette caméra vue comme un obstacle à leur "business" par des délinquants, qui l’ont visée à plusieurs reprises. 

"Une dizaine [?] d’individus s’en est prise à eux avec des jets de cocktails Molotov" sur la voiture de police des deux fonctionnaires, alors que les plus gravement blessés effectuaient leur mission de surveillance, a indiqué "une source policière". 
Ces deux policiers grièvement brûlés, un homme de 28 ans, très grièvement brûlé au visage, au torse et aux mains, et une femme de 39 ans, mère de trois enfants, ont été admis dans un hôpital parisien: l'un d'eux est "entre la vie et la mort", révèle une source policière. Deux autres agents, une femme de 28 ans et un homme de 38 ans, appelés en renfort pour leur porter secours, ont été légèrement blessés après avoir été la cible eux aussi de cocktails Molotov. Choqués, ils ont également été évacués vers un centre hospitalier. 

"On peut penser que c’était organisé et prémédité", a déclaré le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, qui s’est rendu sur place et s’est dit " scandalisé" ! Des individus cagoulés ont brisé les vitres du véhicule de police pour y jeter leurs cocktails Molotov incendiaires, avec la volonté de tuer.

L’exécutif a condamné l’attaque et promis des sanctions pour les agresseurs. Après cette attaque "inqualifiable et intolérable", le président François Hollande - ou ses services - a assuré, en langue de bois dans un communiqué, que "tout sera fait pour retrouver les auteurs de cette attaque et les traduire devant la justice pour qu’ils soient condamnés à une peine à la mesure de la gravité de leur acte", selon la formule consacrée. 
"Des actes aussi intolérables appellent des sanctions exemplaires", a promis le premier ministre, un ancien député de l’Essonne: Manuel Valls a été 1er vice-président du Conseil régional d'Île-de-France de mars 1998 à juin juin 2002. 
Fustigeant des "actes d’une extrême gravité", son successeur à l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué qu’il se rendra au chevet des policiers blessés " dès que possible". Malgré l'"extrême gravité", il a, semble-t-il, droit à son repos du weekend...

"Quand on attaque des fonctionnaires qui portent un uniforme, c'est l'Etat qu'on attaque", a rappelé J.-J. Urvoas, ministre de la Justice, soulignant "l'intention de porter atteinte aux policiers et à la vie".

De nombreux policiers, armés de lanceurs de grenades lacrymogènes et de boucliers, ont été envoyés sur place. 
Plusieurs camions de CRS restaient positionnés à l’entrée de la cité en fin de journée. Les deux véhicules de police, stationnés sur un trottoir et entièrement calcinés, ont été remorqués. L’enquête a été confiée à la sûreté départementale de l’Essonne. 

"Assassins" et "trafics" 

"On a affaire à des assassins mais nous travaillons de concert avec l’État. Cette attaque va accélérer les choses qui perdurent malgré la prise en charge du ministère de l’Intérieur de mai 2012 à mars 2014 par Manuel Valls, ex-maire d'Evry situé à 9 km de Viry-Chatillon et Grigny
La prochaine étape, c’est d’aller à l’intérieur de la Grande Borne pour faire cesser tous ces trafics car c’est bien ça que la caméra dérange", a déclaré le maire Jean-Marie Vilain (UDI).
"Aujourd’hui on a un crime", a dénoncé le secrétaire départemental du syndicat policier Alliance Claude Carillo, réclamant des effectifs supplémentaires "dans le département du Premier ministre"

"Les violences contre les policiers doivent être sévèrement sanctionnées", a jugé Eric Ciotti (Les Républicains) sur Twitter. 
"La République s’indigne de cette montée continue des violences. Que fait Valls?", a dit Florian Philippot (FN).
En revanche, Christophe Cambadélis (PS) reste coi... 

Samedi dernier, une attaque avait déjà eu lieu au même carrefour de Viry-Châtillon

Un camion volé avait brûlé mais sans endommager la caméra. Le lendemain, des blocs de béton ont été disposés autour du mât supportant la caméra. Cette caméra est toute neuve: la précédente avait en effet été détruite il y a deux semaines à l’aide d’une fourgonnette volée, utilisée comme voiture-bélier puis incendiée au cocktail Molotov. La scène s’était déroulée à l’heure du déjeuner, exposant de nombreux passants.