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lundi 21 janvier 2019

La loi "anti-casseurs" arrive à l'Assemblée, plongeant la majorité dans l'embarras

La proposition de loi anti-casseurs voulue par Edouard Philippe sera à l'ordre du jour de la commission des lois de l'Assemblée, mercredi

Certains dans la majorité craignent une atteinte à la liberté et réclament des modifications

Après deux mois de mobilisation des Gilets jaunes et de manifestations que des éléments radicaux incontrôlés ont pu faire dégénérer en décembre, le gouvernement a sauté sur l'opportunité pour légiférer contre la violence de rues. Le 7 janvier, Edouard Philippe avait appelé de ses voeux et défendu la création d'un nouveau texte censé venir muscler l'arsenal répressif contre les casseurs

Prévue pour début février, cette loi permettrait en particulier de durcir les sanctions contre les casseurs venant cagoulés ou les organisateurs ne respectant pas l’obligation de déclarer des manifestations. Un fichier de recensement de ces individus avait alors été mis sur la table. Un de plus, sachant que les 'fichés S' courent les rues.

Dès mardi 22 janvier, cette promesse du premier ministre sera bien examinée en commission de l'Assemblée. Elle passera ensuite par l'Hémicyle dès le mardi 29. Or, seulement une partie des députés LREM semble approuver ce texte en l'état. Ces mesures voulues par le gouvernement, en vérité déjà existantes contre le hooliganisme dans le sport, sont aujourd'hui attribuées - pour certains axes - au Républicain Bruno Retailleau. 
Celui-ci avait en effet proposé une loi sur la question, votée au Sénat le 23 octobre dernier. Dans les grandes lignes, le texte prévoyait des fouilles à l'entrée des cortèges de manifestants, ce qui a déjà été mis en application, notamment sur les Champs-Elysées, un fichier national de personnes interdites de manifestations ou encore de faire du port de la cagoule un délit passible de prison. 
Des supporters se battent en tribune lors du match Angleterre-Russie au stade Vélodrome de Marseille, en phase de pools de l\'Euro de foot de 2016.
En fait, depuis, Edouard Philippe l'a ardemment désirée, répétant trois fois en dix minutes, lundi 7 janvier, au 20h de TF1 : les casseurs "n'auront pas le dernier mot", dans la crise des "gilets jaunes". Et pour cela, il voulait déjà une loi dédiée qui permettrait, notamment, la création d'un fichier national recensant les auteurs de violences pendant les manifestations. Un document dont le chef du gouvernement a précisé qu'il se ferait sur le modèle de ce qui existe déjà contre les ...hooligans.

Nul n'a oublié que, lorsqu'ils étaient aux affaires, les socialistes et la gauche radicale dans son ensemble refusaient de faire un délit du port de capuches et de cagoules. 
En février 2015, des hommes cagoulés et armés ont ouvert le feu sur la police, dans les minutes précédent le passage du premier ministre socialiste, Manuel Valls, en pleine rue dans une cité sensible des quartiers Nord de Marseille, la cité de la Castellane, en quasi-état de siège. Sept kalachnikovs et plusieurs kilos de drogue ont été retrouvés, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, en fin d'après-midi. 
En octobre 2016, une dizaine d'activistes d'extrême-gauches encagoulés a pourtant détruit le local de la permanence du PS à Saint-Etienne.

Avant le phénomène Gilets jaunes, le 23 octobre dernier, les sénateurs socialistes et communistes s'étaient alors opposés au projet de loi, arguant qu'une telle loi ne pouvait qu'être une atteinte à la liberté de manifester, certains faisant même le rapprochement avec la loi anti-casseurs de 1970 supprimée par François Mitterrand.

Du côté de la majorité, on se montre donc plus qu'incertain, écrit le JDD, comme le résume le responsable du texte pour la majorité Jean-François Eliaou, député LREM de l'Hérault, candidat de l'Union de la droite aux Élections départementales de 2015 et pédiatre, qui proposa à François de Rugy, alors président de l'Assemblée, une feuille de route pour la création d'une agence d’évaluation parlementaire permanente.
"Il y a un équilibre à trouver entre les outils à mettre à la disposition de nos forces de l'ordre et la tentative de liberticide qui limiterait le droit constitutionnel de manifester".

Car c'est bien ce qui effraie les députés: comment appliquer un système initialement mis en place dans le cadre d'interdictions de stade lié à l'anti-hooliganisme, à des manifestations?

Des amendements déposés par les élus LREM

Plusieurs députés  majorité présidentielle ont donc déposé des amendements dont l'un propose par exemple de supprimer deux des mesures principales du texte. En outre, celle qui autorise des fouilles lors de filtrages et celle qui permet aux maires ou préfets d'interdire de manifestations certains individus. Parmi la douzaine à l'étude, celui porté par Sacha Houlié, 31 ans, ex-militant du Parti socialiste, qui propose de renforcer le contrôle par le Parlement de ces dispositions, avec le soutien d'une cinquantaine d'élus.

Si la doxa socialiste entraîne une réticence du côté des députés LREM qui sont issus du PS, certains renégats concèdent tout de même que sur le principe, une telle loi permettrait "de répondre à une demande d'ordre public qui émane de la population", nuance Sacha Houlié dans le JDD. Les macroniens se préparent à trouver  un consensus, de gré ou de force, toute idéologie passée bue.

Après la réponse économique, la réponse sécuritaire. 
La loi dite "anti-casseurs" est examinée en commission des lois à partir de mercredi matin, et débattue la semaine suivante dans l'Hémicycle. Le texte, qui comporte huit articles, vise à sanctionner plus durement les auteurs de violences lors des manifestations et à identifier les "casseurs", notamment par la création d'un fichier dédié. 

"Reprendre un texte proposé pendant notre semaine de niche parlementaire, au départ, on n'était pas vraiment contents", reconnaît un député macronien. D'autant que les récents questionnements sur l'utilisation du Flash-Ball par les forces de l'ordre risquent d'agiter un peu plus les débats. "Je pense que ce texte ne pose aucune difficulté, rassure la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, une ex-socialiste et avaleuse de couleuvres...

Le temps des faux-culs et des faux-semblants


Le dialogue se tend entre le gouvernement et sa majorité à l’Assemblée nationale autour de la proposition de loi anticasseurs. Désireux d’accentuer la répression, le gouvernement s’est appuyé sur une proposition de loi (PPL) déjà votée en octobre au Sénat à l’initiative de Bruno Retailleau (Les Républicains).Les députés doivent commencer à en débattre mercredi 23 janvier en commission, après l’audition la veille du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. 
Mais, dégainé début janvier par le premier ministre, Edouard Philippe s'expose à  la fronde de députés de La République en marche (LRM) qui redoutent des dispositions "liberticides". Dimanche soir, ces derniers envisageaient la suppression de trois des dispositions phares de la PPL. Les velléitaires tiendront-ils tête jusqu'au vote ?

Premier élément de crispation, l’article 1 qui instaure un périmètre de sécurité autour des lieux de manifestation. Lors d’une première rencontre avec Christophe Castaner, mardi 15 janvier, les députés l’ont interrogé sur l’intérêt d’une telle mesure. "Je n’ai toujours pas compris", lâche le blanc-bec Sacha Houlié, avocat par protection. 

Autre mesure clivante : la création d’un fichier de "casseurs". La députée LRM Paula Forteza, élue d'Amérique latine et Caraïbes et partisane de la participation citoyenne, a déposé un amendement pour supprimer cette disposition. Dimanche soir, l’élue était soutenue par une vingtaine de ses collègues.

"Risque arbitraire" ?
Mais la principale pierre d’achoppement reste l’article 2 de la proposition de loi. Celle-ci prévoit un dispositif-clé : l’interdiction administrative de manifester. Lors de la première rencontre avec Christophe Castaner, plusieurs députés LREM et MoDem s’en sont inquiétés. Tel qu’il est actuellement rédigé, le texte permet aux préfets d’interdire de manifester à toute personne déjà condamnée pour violences, appartenant à des groupes "incitant, facilitant ou participant" à de tels faits, mais aussi "à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public".  
C’est ce dernier point qui suscite la frilosité de la majorité. "Nous avons une réserve majeure sur ces interdictions administratives qui ne sont pas fondées sur une condamnation", estime la députée MoDem Laurence Vichnievsky, ancienne magistrate. "Le risque d’arbitraire existe !", insiste une députée LREM anonymée, face au manque de "critères" précis permettant d’encadrer ces interdictions. On sait pourtant que la précision est un obstacle à toute application. 
Si plusieurs élus demandent la suppression de cet article, ils pourraient se heurter à l’opposition du gouvernement. "Le ministre a l’air de vouloir le préserver", observe ainsi L. Vichnievsky. Et elle ne convoque pas encore le Conseil constitutionnel en appui à ses réserves...

Les cagoules des casseurs sont interdites par décret depuis ...2009
Les cagoules, foulards et lunettes de piscine étaient tolérés
par les socialistes et leurs alliés d'extrême gauche
Sarkozy avait dû défendre Nice de nouvelles mesures pour endiguer la violence des bandes. Le président de la République y défendit son plan contre les bandes qui pourrissent la vie des quartiers de la Seine-Saint-Denis à Marseille, en passant par la périphérie de Strasbourg.
Alors que les images de Black Bloc saccageant la capitale alsacienne lors du Sommet de l'OTAN étaient pourtant encore fraîches à la mémoire, Nicolas Sarkozy a déjà fait savoir qu'à sa demande, son ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait transmis un projet de décret à Matignon pour faire interdire le port d'une cagoule ou d'une capuche servant à dissimuler les traits du visage lors des manifestations de rue. L'objectif était de permettre à la police d'identifier les casseurs, en les distinguant des manifestants paisibles. "C'est pour séparer le bon grain de l'ivraie que nous sommes contraints d'adopter ces mesures que d'autres pays européens, comme l'Allemagne, ont mises en application depuis longtemps", soulignait-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
La capitale des Alpes-Maritimes s'était imposée pour ce déplacement, puisque son député-maire, Christian Estrosi, devait être le rapporteur de la proposition de loi contenant l'arsenal anticasseur voulu par le chef de l'Etat. Un texte dont le Parlement doit se saisir avant la fin du mois. 
Dans sa mouture initiale, il devait permettre de punir de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende quiconque fait partie "en connaissance de cause", d'un groupement, "même formé de façon temporaire", dès lors que cette bande "poursuit le but, caractérisé par un ou plusieurs faits matériels, de commettre des violences volontaires contre les personnes ou des destructions ou dégradations de biens".

"Sanctuariser" l'école
Ses rédacteurs avaient même voulu rendre ces sanctions "également applicables à la personne qui, sans être elle-même porteuse d'une arme, participe volontairement à un attroupement dont une ou plusieurs personnes portent des armes apparentes". Mais cette rédaction fit débat dans la majorité. "D'autant que le Code pénal contient déjà une définition des bandes dans son article L 132-71", assurait-on à la commission des lois de l'Assemblée nationale. Le chef de l'Etat dut lever les éventuelles ambiguïtés sur ce point. 

A Nice, il entendait surtout réaffirmer les axes forts de son plan qui visait aussi à "sanctuariser" l'école, en augmentant les peines en cas d'intrusion en bande dans les établissements scolaires. Elles pouvaient aller jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros si le groupe de voyous concerné comprenait ne serait-ce qu'un membre porteur d'une arme. Même le fait d'agresser les proches d'un professeur ou d'un agent de vie scolaire deviendrait, selon les nouvelles dispositions, une cir­­constance aggravante.

Sarkozy en profita aussi pour "rétablir certaines vérités"
, renvoyant les adeptes de la "police de proximité" à leur bilan, en quelques chiffres : depuis 2002 et Jospin, la délinquance avait baissé de 15 %, faisant 600.000 victimes de moins, quand, durant les cinq années de gestion socialiste, juin 1997-mai 2002, elle avait fait 600.000 victimes de plus.

mercredi 16 octobre 2013

L'expulsion de Leonarda, jeune rom du Kosovo, met le gouvernement Ayrault en péril

Les associations s'opposent à la loi, la gauche radicale s'enflamme et Peillon fustige son collègue Valls

Le ministre de l'Education, Vincent Peillon, a demandé mercredi qu'on "sanctuarise l'école" contre son "camarade" Valls.


Le professeur Peillon a tiré l'oreille du p'tit Valls , lui faisant promettre qu'il ne recommence pas. Demain la fessée déculottée?
La gauche veut-elle la tête de Valls ?

Les conditions d'expulsion de la collégienne Leonarda, une collégienne kosovare, la semaine dernière dans le Doubs, plonge la majorité dans une nouvelle crise politique. Les réactions d'indignation se succèdent contre le ministre de l'Intérieur, très populaire dans l'opinion, mais beaucoup moins au sein de son propre parti.

"Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme", a écrit Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale sur Twitter
Le député socialiste du Nord Bernard Roman a quant à lui qualifié de "rafle" l' expulsion de Leonarda alors qu'elle était en sortie scolaire, revendiquant un "devoir d'insurrection" contre de tels actes. "Je soutiens sans aucun problème la politique et le positionnement de Manuel Valls dans sa tâche de ministre de l'Intérieur. Mais il y a des limites au-delà desquelles on sort du champ de ce qui est acceptable pour la gauche, et là on l'a fait", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée. "Aller chercher un enfant dans une activité scolaire, ce n'est pas une expulsion, c'est une rafle. Ce n'est pas acceptable" (...). "Si cela avait été la droite, nous l'aurions condamné avec force, ce n'est pas parce que c'est la gauche qu'on ne doit pas le condamner avec force. On n'a pas respecté nos valeurs", a-t-il ajouté.

Deux responsables du PS ont tweeté pour exprimer leur fort mécontentement, l'un d'entre eux se montrant particulièrement incisif à l'encontre du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, en prônant même sa démission du gouvernement. "Manuel Valls qui justifie l'expulsion de #Leonarda ! Quand est-ce qu'on prend une mesure d'éloignement du gouvernement à l'encontre de Valls ?", a lancé Frédéric Hocquard, secrétaire national du PS à la Culture, en réagissant à la reconduite à la frontière de la jeune fille de 15 ans. "Perso, je ne me vois pas rester à la direction du PS si rien n'est fait pour #Léonarda j'en tirerai les conséquences"a appuyé dans un autre tweet Stéphane Delpeyrat, le secrétaire national du PS à la Recherche, évoquant "la goutte d'eau" qui fait déborder le "vase".

Peillon : "Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas"

Dans un registre plus modéré, le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon n'a pu s'empêcher de regretter cette expulsion  "à l'intérieur du temps scolaire". "Le ministre de l'Intérieur est dans son rôle quand il exécute des décisions de justice mais elles doivent être exécutées avec discernement. Et dans ce discernement il y a le respect de ce sanctuaire qu'est l'école", a-t-il déclaré à la sortie du conseil des ministres. "Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas", a-t-il  prévenu.



"On ne doit pas aller chercher des enfants à l'école"

En attendant les résultats de l'enquête administrative ordonnée par le gouvernement pour déterminer les circonstances de cette expulsion,
Harlem Désir demande le retour en cours de la jeune fille. "Aujourd'hui, le gouvernement demande une enquête administrative urgente, c'est un premier pas. En attendant, Leonarda doit pouvoir revenir dans sa classe", explique le premier secrétaire du PS. Et avec elle son père accusé de violences conjugales, sa mère et ses quatre frères et soeurs, soit 7 personnes. Une pétition, signée par de nombreux responsables politique de la gauche, a d'ailleurs été mise en ligne pour exiger le retour en France de Leonarda. Sur les faits, Harlem Désir estime que "les conditions de l'interpellation de cette jeune collégienne sont choquantes, pendant une sortie scolaire, devant les autres enfants".

Le porte-parole du PS, David Assouline , qualifie également de choquantes les conditions dans lesquelles cette élève de 3e a été remise à la police : "Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant l'ensemble de ses camarades de classe est insupportable et inacceptable", a-t-il estimé. 

Invité mercredi matin sur i>Télé, le député de Seine-Saint-Denis (comme Bartolone...) Bruno Le Roux s'est également élevé contre les conditions d'expulsion de la jeune Kosovare. "On ne doit pas aller chercher des enfants à l'école", a déploré le député socialiste. Cette expulsion aurait dû "être différée", selon lui. "Il faut avoir quelques principes : il y a les textes, il faut avoir quelques capacités de discernement", a précisé l'élu.


Même agacement de la part de Sandrine Mazetier sur LCI. Selon la députée et secrétaire nationale du PS en charge de l'immigration fait valoir que cette famille aurait pu, dans quelques jours, déposer une demande de régularisation. Elle accuse, quant à elle, le préfet du Doubs d'avoir manqué de discernement.




Valls demande à ce "que chacun garde son sang-froid"

Pour calmer les esprits, Manuel Valls a lancé ce mercredi une enquête administrative sur les "conditions d'éloignement" de la jeune Leonarda. "J'ai vu qu'il y a une polémique que je crois stérile, inutile", a déclaré-t-il. Il demande par ailleurs "que chacun garde son sang-froid". En marge d'un déplacement à Lorient, il recommande d'attendre le rapport de l'inspection générale de  l'administration qui doit se pencher sur le sujet. "Ne doutez pas un seul  instant que les règles de droit public sont appliquées avec intelligence, discernement, humanité (...) par mes services", a-t-il ajouté.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur a lui aussi tenté de légitimer l'action des forces de l'ordre. Interrogé sur LCI, Pierre-Henry Brandet a assuré que dans cette affaire, "le respect du droit des étrangers a été total". Selon lui, l'expulsion "a été faite en concertation avec un membre de son comité de soutien", précisant que l'opération s'était faite "dans les conditions les plus sereines possibles". "On est venu chercher cette jeune fille dans le bus, on ne l'a pas arrachée à ses camarades", explique le porte-parole. Il a reconnu toutefois que "ce sont des situations traumatisantes".
Enfin, malgré la colère qui monte dans les rangs socialiste, le président Hollande se tient bravement à distance de la mêlée. "Il y a des divergences d'appréciation sur la façon dont les choses se sont réellement passées (...). Il nous appartient d'y voir plus clair avant de commenter les faits", a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

samedi 3 août 2013

Sécurité : la France fait peur aux visiteurs étrangers

Valls tente de rassurer les touristes étrangers

La France n'apparaît pas très sûre dans le monde
D’après un sondage CSA pour BFMTV révélé Le jeudi 6 juin 2013, plus des deux tiers des Français estiment que l’insécurité n’a pas évolué dans leur entourage ces derniers mois. Un Français sur quatre (24%) jugent que l’insécurité a augmenté, tandis que seulement 6% pensent qu’elle a diminué. C'est en Ile-de-France que l'augmentation de l'insécurité est la plus sensible (29%). Il est également plus important dans les régions de la moitié Est du pays (25%) que dans celle de la façade Ouest (19%), relève le sondage.

Parmi les grands pays d’Europe, l’Allemagne tire correctement son épingle du jeu, avec une honorable 15e place.
La France, malgré son supposé modèle de "vivre-ensemble", pointe à une médiocre 53e place , loin derrière le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Croatie, la Roumanie ou encore Chypre. Sur les autres continents, la Malaisie, le Botswana, le Chili ou les Emirats arabes unis – liste non exhaustive – font également mieux.
Nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que la France pâtit de son insécurité intérieure: incivilités, zones de non droit, culture de l’excuse et justice laxiste qui provoquent chez nos concitoyens et nos visiteurs étrangers ce "sentiment d’insécurité" théorisé par Lionel Jospin.

Les étrangers craignent les agressions, les vols et les grèves.
 
Le ministre de l’Intérieur a tenté de rassurer les touristes en affirmant que Paris est "une ville sûre". "Venez ici, l’Etat, le gouvernement, la Ville de Paris sont totalement engagés pour que le séjour à Paris soit le plus sûr possible", a déclaré le ministre de l’Intérieur, en visite vendredi au pied de la Tour Eiffel. Mais le ministre hyperactif ne réalise pas que le laxisme des socialistes au pouvoir est en cause. Chaque année, 27 millions de touristes passent par Paris. Une véritable manne financière que le gouvernement veut pérenniser, alors que les agressions de pickpockets et les vols à l’arrachée sont de plus en plus nombreux, en pas seulement en Seine-Saint-Denis ou à la gare du Nord, provoquant la méfiance des visiteurs à l’égard de la France et la colère des professionnels
Ainsi, en avril dernier, les gardiens du musée du Louvre s’étaient-ils mis en grève en réaction à la recrudescence des violences commises sous leurs yeux.
Les agents du Louvre "sont de plus en plus victimes d'agressions, crachats, menaces, coups et insultes de la part de voleurs en bandes, souvent mineurs, qui dérobent les visiteurs et que rien n'arrête", avaient dénoncé les syndicats. Ces voleurs, ont témoigné plusieurs agents, sont souvent des mineurs d'Europe de l'Est (des Rom ?) qui entrent dans le musée, gratuit pour les moins de 26 ans...
La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, s'était déchargée sur son homologue de l'Intérieur Manuel Valls "afin de mettre en place un dispositif de sécurité adapté à cette situation inacceptable et des moyens policiers supplémentaires à l'extérieur du musée". Filippetti est pourtant partie en vacances, l'âme en paix, sans laisser d'adresse...

Valls se félicite comme il se doit mais renforce le dispositif policier

Le ministre de l'Intérieur vante les mérites du dispositif lancé en juin dernier par la préfecture de police pour lutter contre ces phénomènes de délinquance. Ce plan prévoit le renforcement de la présence policière dans les zones de forte affluence, la collaboration accrue des forces de l’ordre avec les professionnels du tourisme et un "grand" travail de prévention à destination des visiteurs. "Ce plan a montré son efficacité. Chaque jour, 200 policiers consacrent leur mission à la protection des touristes exclusivement", a hasardé Manuel Valls. 
Sur les sites sensibles, les patrouilles ont augmenté, comme au Louvre où elles sont passées de 5 à 12, et à la Tour Eiffel où elles ont augmenté de 16 à 28.

"Je suis vigilante mais je ne vais pas gâcher mon voyage"
Parmi les touristes les plus touchés, on retrouve les Chinois. N’hésitant pas à se déplacer avec de fortes sommes d’argent et achetant beaucoup d’objets de luxe, ils sont la proie idéale des agresseurs. "Je suis prudent car je veux qu’ils viennent, mais je ne peux pas nier qu’il y ait des agressions à l’égard des touristes asiatiques", a reconnu dans le même temps Manuel Valls. 

Des visiteurs qui sont pourtant briefés avant leur départ. "On nous a bien informés avant d’arriver de faire très attention à nos affaires, à notre argent et à nos papiers parce qu’il y a des voleurs en France", explique Wang, un touriste chinois de passage à Paris pour quelques jours. Un dommage collatéral de la prise de possession du Club Med par le conglomérat Fosun. Le dragon chinois qui a croqué le spécialiste des villages de vacances met en garde ses clients asiatiques contre l'insécurité croissante en France.
Rebecca, Mexicaine de 24 ans en vacances avec des amis, a bien conscience que son sac de luxe et ses vêtements griffés lui font courir un risque particulier, mais elle refuse de céder à l’alarmisme et à abandonner sa panoplie d’élégante. "Je me sens bien comme cela. Alors oui, je suis vigilante mais je ne vais pas gâcher mon voyage pour autant", assure la jeune fille. Car c’est surtout cette image d’élégance et de romantisme que ces visiteurs viennent chercher dans la capitale. Une image difficilement compatible avec la peur de se faire dépouiller.

Notre-Dame, le Sacré-Cœur, Le Louvre, le Centre Pompidou, l’Arc de triomphe ou encore les Champs-Elysées,
le ministre a promis de "sanctuariser tous ces sites touristiques où convergent des dizaines de milliers de personnes par jour". Le dispositif devrait être étendu à d’autres villes touristiques, notamment dans le sud de la France.


samedi 23 mai 2009

Education Nationale : la fouille ou le poignard

Une CPE vient précisément d’être rouée de coups

La gauche prend le risque du poignard…

L’évocation par Xavier Darcos d'une fouille des élèves pour lutter contre la violence à l'école relance le débat dans le monde politique.


Faire face à la situation ou laisser courir ?

Mener une réflexion

Le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, en visite au collège de Fenouillet, en Haute-Garonne, où une enseignante à été grièvement poignardée, vendredi 15 mai (Lire PaSiDupes), a envisagé l’installation de portiques de détection de métaux devant certains établissements.
Le journal Le Monde cite les paroles du ministre, le 15: “Nous sommes en face d’un fait divers grave, face auquel il faut chercher des solutions, mais nous ne sommes pas en face d’un problème structurel”, a déclaré M. Darcos après s’être entretenu avec les enseignants et les parents d’élèves du collège François-Mitterrand.

“Est-ce que nous sommes capables d’empêcher que des armes par destination puissent entrer dans les établissements ?”, a demandé M. Darcos. Il a annoncé l’organisation mercredi d’une réunion des services du ministère “avec les responsables des établissements que sont les départements et les régions”. Il s’agit, a-t-il dit, “d’examiner toutes les solutions possibles : on peut imaginer dans certains établissements des portiques, des systèmes de fouille. Nous verrons. Les collectivités territoriales estimeront peut-être que dans certains établissements, c’est une réponse possible”.

Reconnaître le problème, c’est déjà progresser

Il a par ailleurs annoncé que le recteur et l’inspecteur d’académie de Haute-Garonne reviendraient lundi au collège de Fenouillet pour faire “un diagnostic”. Si “cet établissement n’a pas de difficultés particulières, il y a un public scolaire qui se dégrade un peu”, a-t-il dit. “Cet établissement de 600 élèves est très bien doté [...] Vous ne réglerez pas avec un demi-poste de surveillant de plus le fait qu’un enfant de 13 ans arrive avec un couteau pour frapper un professeur alors qu’on n’a aucun signalement de violence”, a-t-il souligné.

Vendredi, le ministre de l’éducation a pris connaissance d’une liste de 184 établissements scolaires considérés comme particulièrement vulnérables aux intrusions. Des mesures devraient être mises en place rapidement pour renforcer la sécurité de ces collèges et lycées.

Le président Sarkozy avait annoncé la “sanctuarisation” des établissements scolaires et le recensement des plus exposés aux intrusions, le 18 mars à Gagny
en Seine-Saint-Denis, huit jours après une expédition punitive menée dans un lycée de la ville par une vingtaine de personnes capuchonnées et armées de barres de fer, bâtons et couteaux, .

Polémique ou réflexion et action ?

  • Dès le jeudi suivant, devant le congrès de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) à La Rochelle le ministre de l'Education a envisagé l’étude de "toutes les solutions possibles", comme l'installation de portiques de détection de métaux à l'entrée des collèges et lycées.
  • Xavier Darcos a aussi lancé l’idée de la création dans les établissements d’"une force mobile d'agents" qui seraient formés pour constater des délits, confisquer des armes ou procéder à des fouilles si besoin.
    "Ce que nous voulons, c'est dissuader les candidats à la violence", a-t-il expliqué à la presse. "Il faut pour cela donner aux personnels des établissements des moyens juridiques et matériels d'agir."

  • La gauche condamne sans discussion

  • Nathalie Arthaud
    , porte-parole de Lutte ouvrière, dénigre aussitôt, bien qu’elle ne souhaite ni mandat électif ni responsabilité: "toutes ces mesures sont très démagogiques". "Que veut-il faire croire ? Qu'il suffira de faire porter un uniforme de policier aux enseignants pour qu'il n'y ait plus de violence, de comportements agressifs dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées ? Non, ça personne ne le croira", a-t-elle dit sur France 2. La trotskiste ferait-elle donc de la surenchère sécuritaire ?
  • Le socialiste Jean-Christophe Cambadélis a comparé, sur RMC Info et BFM TV, le projet de Xavier Darcos à un "GIGN scolaire".
    "Le problème n'est pas tant d'avoir une brigade spéciale ou de demander aux enseignants de fouiller les cartables des enfants, le problème est d'avoir un encadrement de surveillants" suffisant, a déclaré le député parisien. Un bataillon de surveillants à temps partiel, sans uniforme, ni formation ? Combien d’heures croit-il qu’ils doivent à l’E.N. pour assurer la continuité du service ? 28 heures à temps complet, mais le plus souvent 14 heures à temps partiel.
  • Bruno Julliard, secrétaire national chargé de l'Education au PS, a considéré qu'il s'agit d'"un aveu d'échec de la droite". "Quand un gouvernement en vient à proposer de substituer des policiers aux enseignants, c'est qu'il a échoué sur toute la ligne", a-t-il commenté.
  • Daniel Cohn-Bendit a estimé sur i-télé que "fouiller les enfants à l'entrée de l'école, c'est de la folie". Et se faire tripoter la braguette, c’est quoi ?
  • Egalement en campagne, Nicolas Dupont-Aignan a qualifié l'idée de Xavier Darcos de "grotesque". Pour lui, c'est très simple: "Il suffirait de mettre des surveillants qui manquent (...). On a supprimé des postes et maintenant on va mettre des portiques? Tout ça est ridicule", a affirmé le dirigeant du mouvement "Debout la République" sur Canal+.

  • Après les protestations des syndicats d'enseignants et de lycéens, le syndicat FSU des personnels de direction (SnU.pden-FSU) a affirmé vendredi dans un communiqué que les mesures envisagées par le ministre ne régleraient "en rien les problèmes de violences scolaires".
    "Nous refuserons de devenir des agents supplétifs des forces de sécurité", déclare, en guise de discussion, le syndicat, qui prétend que les statistiques des violences graves dans les établissements scolaires ne seraient pas en augmentation.
  • Le PS appelle à revenir sur les 13.500 suppressions de postes prévues en 2009 dans l'Education Nationale et à recruter des "surveillants éducatifs formés, sous la responsabilité des conseillers principaux d'éducation." Il faut savoir que les CPE n’ont rien de commun avec les « surveillants généraux . Ce sont des bureaucrates retranchés dans leurs bureaux où, sans autre formation qu’à l’IUFM, ils font de la psychologie sur les jeunes.

    L’actualité montre que le PS est à côté de la plaque.

    Le 22 mai, le journal Le Parisien titre : « Yvelines : la conseillère rouée de coups au collège »

    « Un adolescent de 16 ans été mis en examen jeudi à Versailles après avoir mercredi matin à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), roué de coup sa conseillère principale d'éducation. Mercredi matin vers 9 h 30 l'employée du collège René-Cassin, âgé de 32 ans, surprend trois élèves dans les couloirs de l'établissement.
    La jeune femme ordonne aux ados de la suivre pour aller dans le bureau du directeur. Arrivée à destination, la jeune femme menace le minot de le faire renvoyer du collège. Il s'énerve devient incontrôlable et s'en prend physiquement à la conseillère. Il la frappe à coups de poings et de pieds. Elle n'a que trois jours d'incapacité temporaire totale (itt) mais elle a été touchée à l'œil et il y a des risques de lésions. L'agresseur a été remis en liberté à l'issue de sa présentation devant le juge pour enfants qui a ordonné un suivi éducatif. »

    Cette CPE n’aurait-elle pas manqué de respect à ces ‘gamins’ ? S’est-elle montrée assez psychologue ? A-t-elle reçu une formation suffisante ? En bref, est-elle apte à former des brigades de jeunes surveillants ?

    Les statistiques dissimulent la réalité

    Avec la complicité des élus locaux et des syndicats dominants, les chefs d’établissements maquillent la vérité, font pression sur les victimes et truquent les statistiques. Les chiffres des incivilités et des agressions sont minorés pour préserver la réputation et des communes et des établissements et attirer les inscriptions. Seule une faible partie des actes répréhensibles est connue et prise en compte.

    Selon le ministère de l'Education, une vingtaine de faits avec arme sont recensés chaque mois dans des établissements scolaires en France.

    Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a défendu les "propositions innovantes" du ministre de l'Education au nom du "droit à la sécurité" des enseignants et des familles.

    L’opposition n’est pas unanime… <
    br>La gauche sera sensible au rafraîchissement de mémoire que propose PaSiDupes sur un avis de Sa Cynique Majesté Royal. Elle n’a pas fait de déclaration depuis longtemps et c’est exact, mais elle va pourtant devoir demander pardon pour ses propos de 1998.
  • Lire le prochain article de PaSiDupes !
  • Ne surtout pas manquer un des articles lamentables de LePost, mais édifiant (lien), que PaSiDupes offre à votre appréciation dans un prochain article, pour le cas où le lien se briserait tout seul...
    Ces fachos de parents qui auraient le courage d’exercer un contrôle parental sur les fréquentations Internet de leurs ados enfants ont-ils prévu ça ?
  • samedi 21 mars 2009

    La prévention échoue contre les violences scolaires

    «Sanctuariser» les établissements devient-il nécessaire ?

    Lors d'une visite le 18 mars au lycée Jean-Baptiste Clément à Gagny le (Seine-Saint-Denis), où une bande avait mené le 10 mars une expédition punitive, le Président, accompagné de ses ministres de l'Education, de l'Intérieur et de la Justice, a déclaré ce mercredi que les établissements scolaires doivent être «sanctuarisés» contre la violence.

    Nicolas Sarkozy a par ailleurs déclaré à la presse, alors qu’il se trouvait encore dans le lycée, que les coupables de l'intrusion «ont été arrêtés et seront sévèrement condamnés». Trois individus âgés de 15 à 19 ans
    ont été mis en examen vendredi 13.
    «L'impunité ne sera jamais la politique du gouvernement»
    Nicolas Sarkozy avait annoncé la création d'un plan contre «les bandes violentes» lors d'une rencontre avec les représentants de la communauté éducative de Gagny le 11 mars.
    «On va veiller à ce que dans tous les établissements où il y a des problèmes de sécurité, les élèves se sentent protégés», a-t-il ajouté, sans préciser quel dispositif était envisagé, puisque la question est à l’étude. «Je n'ai pas l'intention de laisser se développer ces actes scandaleux, l'impunité ne sera jamais la politique du gouvernement», a-t-il encore souligné.