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jeudi 21 novembre 2019

Evacuation de migrants: "le bruit et l'odeur", de Chirac à Hidalgo

1.606 migrants évacués de deux campements à la Porte de la Chapelle à Paris, sur ordre de la maire sortante

En évoquant 
"le bruit et l'odeur" dans un discours sur les immigrés, l'ancien président Chirac avait suscité de nombreuses critiques.

La maire socialiste de Paris semble s'être alignée sur la droite. Lors d’un échange avec des militants RPR le 19 juin 1991, Jacques Chirac, récemment décédé, avait pointé une "overdose" d’étrangers.  
Or, ce jeudi 7 novembre 2019, pour des raisons également sanitaires, Anne Hidalgo a requis les forces de l'ordre pour procéder à des expulsions massives de plusieurs camps improvisés de migrants dans le nord-est de Paris. Mais c'est lministère de l'Intérieur qui a fait l'annonce que plus de 1.600 clandestins ont été transportés vers des gymnases. 
Des policiers vont désormais rester sur place pour éviter "la reconstitution de ces camps", assure le préfet de région Michel Cadot.
Image
1.606 migrants répartis dans deux campements, situés porte de la Chapelle, à cheval sur le nord-est parisien et la Seine-Saint-Denis, où les associations d'accueil les dirigent, ont été évacués à partir de 6 heures dans la matinée du jeudi 7. Une heure plus tard, les premiers bus partaient en direction de 15 gymnases de la région parisienne. 
Evacuation de camps de migrants au nord de paris - Radio FranceA 9h, l'évacuation était terminée. L'opération d'"assainissement" avait duré trois heures.

En fait, d'après les associations qui les regroupent et les autorités, ce sont entre 1.500 et 3.000 illégaux qui squattent l'espace public aux abords du périphérique parisien, de la Porte de la Chapelle à Paris à l'avenue Wilson à Saint-Denis.
Des camps de migrants ont été évacués au nord de Paris ce jeudi matin
Expulsions qui ont nécessité des opérations de nettoyage 


Faut-il déployer plusieurs centaines de policiers, 
s'il s'agit de "mettre à l'abri" 1.606 migrants ?

600 policiers ont été mobilisés pour cette opération "humanitaire", selon les chiffres officiels de la préfecture de police de Paris. Il faut ajouter les nombreux bénévoles de certaines associations qui ont accepté de participer à ces expulsions.
Mercredi, campagne des municipales obligent, lors des annonces gouvernementales sur l'immigration, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait pris "l'engagement d'évacuer d'ici la fin de l'année les campements du nord-est parisien". La préfecture de police de Paris et la préfecture de la région Ile-de-France avaient annoncé dans la foulée que cette évacuation aurait lieu dans la matinée du 7 novembre.


Le préfet de région Michel Cadot, le préfet de police Didier Lallement et la maire de Paris Anne Hidalgo étaient présents. Michel Cadot a déclaré que l'évacuation permettra "de reconquérir normalement l'espace public", "de manière stabilisée dans la durée puisqu'il y aura un maintien de présence policière permettant d'éviter la reconstitution de ces campements".

Mais l'Intérieur n'a pas tardé à rectifier le tir.  
"Nous mettons à l'abri, c'est une démarche humanitaire, pour assurer à ceux qui sont des situations extrêmement difficiles un hébergement, mais nous ne tolérerons pas de réinstallations", a déclaré de son côté le préfet de police de Paris, Didier Lallement. Sachant qu'il reste environ autant de clandestins en campements précaires sur la zone.

L'humanitaire n'exclut pas le sécuritaire

Contrôle de police dans un des camps de migrants,
Porte d'Aubervilliers à Paris
"Des effectifs de police contrôleront systématiquement les gens [des gens qui ne sont rien?]. Ceux en situation irrégulière qui reviendront seront traités comme toutes les personnes en situation irrégulière. 
Ceux en situation régulière, on essaiera de leur trouver des solutions d'hébergement, mais je préfère être très clair, il n'est pas question qu'ils recampent", a asséné Didier Lallement, préfet de police de Paris.

"Cette opération vise non seulement à prendre en charge les migrants, mais aussi à faire cesser ces installations déplorables - ou inversement, dans l'ordre des motivations - qui sont sur des délaissés de voiries qui appartiennent à la commune de Paris ou à l'Etat,"  a assuré le préfet de police de Paris.  

La maire Hidalgo était sur la défensive.
"Nous avons obtenu des garanties des deux préfets pour que les personnes soient acheminées vers des hébergements, a commenté Anne Hidalgo, maire de Paris.
Et d'insister, dans l'optique des municipales de mars prochain : "Une de nos conditions, c'était que ça ne peut pas être une évacuation pure et simple, où une partie des gens ici auraient été dirigés vers des centres de rétention. Nous n'aurions pas été présents dans ce cas-là". "La rue n'est pas un lieu pour vivre. C'est un lieu de danger et d'indignité", a encore ajouté Anne Hidalgo, intarissable. 
L'Andalouse à la tête de la mairie a également dit avoir obtenu la garantie d'un "accueil inconditionnel" des personnes présentes sur les campements. Ce que les propos du préfet Lallement contredisent lorsqu'il distingue les squatteurs en situations régulière et irrégulière.


La maire  en campagne - officieuse mais agile - a eu une pensée aussi pour les riverains... "Et c'est un lieu où y compris les riverains ne peuvent pas accepter que l'espace public devienne ce qu'il était devenu ici porte de la Chapelle". 
Le candidat officiel LREM en campagne à Paris n'arborait pas son sourire niais: il n'était pas sur le terrain à 6 heures du matin, mais était pourtant très favorable à cette opération. Que dire alors de l'adjoint communiste à la socialiste Hidalgo, en charge du logement, Ian Brossat.

L'ancienne secrétaire d'Etat de Jean-Pierre Raffarin, en charge de la Lutte contre la précarité et l'Exclusion (2002-2004) - qui créa le plan 'Urgence hivernale' destiné à venir en aide aux SDF durant les mois d'hiver, après avoir participé à la création du SAMU social avec le Dr Xavier Emmanuelli - , Dominique Versini, son adjointe chargée des solidarités et de l'accueil des réfugiés, a observé "qu'une partie des personnes" présentes sur le campement "se sont évaporées dans Paris".



samedi 11 août 2018

L'Allemagne signe avec Madrid un accord de reconduite des migrants en provenance d'Espagne

L'Espagne est devenue la porte principale d'entrée de migrants clandestins, devant l'Italie

L'accord avec Madrid permet à l'Allemagne de renvoyer vers l'Espagne des demandeurs d'asile qui s'y sont fait enregistrer à leur arrivée en Europe.

Les migrants interceptés aux frontières allemandes, alors qu'ils ont déjà été enregistrés en Espagne, seront dorénavant renvoyés, sous 48 heures, dans la péninsule ibérique.

D'après le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l'Espagne aurait supplanté cette année l'Italie et serait devenue le principal pays d'arrivée de migrants en Europe, avec 23.500 arrivées enregistrées depuis janvier sur les côtes espagnoles, notamment avec la complicité de SOS Méditerranée. A titre de comparaison, ils sont 5.000 de moins à être arrivés en Italie par la Méditerranée.

L'accord germano-espagnol doit entrer en vigueur dès ce samedi 11 août. 
D'après le ministère de l'Intérieur à Berlin, l'Espagne n'aurait pas posé de condition.

Horst Seehofer, membre de la CSU bavaroise, ministre allemand de l'Intérieur, avait annoncé son intention de "clarifier" les choses d'ici la fin du mois d'août, avec ou sans l'assentiment des autres Etats européens, ce qui avait fait grincer des dents des membres de la coalition gouvernementale à Berlin.
Angela Merkel sera en Andalousie le week-end prochain, où elle s'entretiendra avec son homologue des inflexions à donner à la politique migratoire et aux réformes en Europe. L'Andalouse Anne Hidalgo n'en prend pas pour autant de la graine.

Des accords bi-latéraux avec l'Espagne sont en préparation dans plusieurs pays européens
Résultat de recherche d'images pour "Ankerzentren"
Selon lui, même sans accord bilatéral passé avec les autorités très conservatrices de Vienne, l'Autriche serait d'accord pour la reconduite à ses frontières des demandeurs d'asile, avant leur expulsion vers l'Espagne.

Des accords similaires avec Madrid sont encore en négociation avec la Grèce et l'Italie.

Par ailleurs, en Allemagne, une étude publiée hier par des chercheurs de l'Université de Göttingen marquée à gauche, estime que les répercussions des "Ankerzentren", ces centres d'accueil fermés pour demandeurs d'asile, seront néfastes pour l'intégration des migrants.

Résultat de recherche d'images pour "Ankerzentren"
Selon ce principe, les lois seraient inutiles
Néfastes parce que ces étrangers y seront "parqués" pour une durée de 18 mois maximum, hors des structures sociales des communes, et donc coupés de la "vraie vie" en Allemagne. Plus idéologues que scientifiques, ces chercheurs supputent, par ailleurs, qu'ils pourraient également, conduire à une hausse des préjugés xénophobes de certaines franges de la population.
Des opinions du même tonneau que l'idée selon laquelle les prisons seraient des fabriques de délinquants et des foyers d'islamisation.

samedi 26 août 2017

La France expulse trois islamistes radicaux vers le Maroc

Pléonasme: s'il était modéré, un musulman serait-il un islamiste ?

Les trois fanatiques musulmans, de nationalité marocaine, vivaient à Trappes dans les Yvelines. 

Agés de 37 à 41 ans,  ils ont été expulsés de Trappes (Yvelines) vers le Maroc en raison de leurs liens avec la mouvance "islamiste radicale", a fait savoir le ministère de l'Intérieur.

Deux frères de l'agresseur de la prison d'Osny. 
Parmi eux, deux font partie d'une fratrie de six frères bien connue des services de renseignement. Ils sont frères du djihadiste détenu à la prison d'Osny qui avait agressé deux surveillants en septembre 2016, aidé par plusieurs complices. 
Après avoir blessé deux policiers avec une arme artisanale à la faveur d'une promenade, le détenu s'est agenouillé pour entamer une prière au milieu de la coursive, puis, en garde à vue, il a tenu des propos sans équivoque, rapportent surveillants et policiers de l'unité dédiée aux "personnes" radicalisées violentes, où les détenus sont surveillés 24 heures sur 24 par l'administration. Les enquêteurs du Parquet antiterroriste, à qui l'enquête a été confiée, cherchent à savoir si l'acte était prémédité, comme l'islamiste l'aurait reconnu devant les policiers, et si "l'homme" était en relation avec Larossi Abballa, l'assassin du couple de policiers de Magnanville (le 16 juin 2016), originaire des Yvelines, comme lui, et qui avait réalisé des vidéos appelant à tuer des gardiens de prison. On notera que l'individu était radicalisé avant son incarcération : le système pénitentiaire ne peut être tenu pour responsable.
Condamné le 23 mars pour un voyage avorté vers les terres du djihad syrienBilal T. [Taghi], 24 ans, avait blessé deux de ses gardiens dans le dos et à la gorge avec un couteau fabriqué avec un morceau de métal de 15 cm (25 cm, selon Le Figaro), dimanche 4 septembre : une lame "très fine et très aiguisée qui a transpercé de part en part la gorge du surveillant à 2 mm de la carotide puis est passée à quelques millimètres du poumon', affirme-t-on de sources pénitentiaires.
Prière musulmane dans une salle de culte de la prison d'Osny en 2005

Le Parquet antiterroriste s'était saisi de cette agression apparaissant comme la
première action djihadiste fomentée en prison, c'est-à-dire "concertée". Bilal Taghi a été mis en examen pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".
Le 07 septembre 2016, Libération écrivait : "Bilal Taghi, qui a frappé au couteau deux gardiens de la prison d’Osny dimanche, ne présentait « pas de problème particulier », selon un représentant syndical." Et ajoutait pourtant : "Sur un mur de la prison d’Osny, dans le Val-d’Oise, Bilal Taghi dessine un cœur avec le sang d’un gardien et se met à prier." Libération commente les faits : "L’attaque, qu’il a reconnu avoir préméditée devant les enquêteurs, relance le débat sur l’efficacité de ces quartiers où sont concentrés les profils islamistes." Le quotidien ne préconise aucune solution.

Depuis au moins un an, le ministre connaît la famille Taghi 

"Chez les Taghi, la radicalisation est une histoire de famille, écrit Libération en septembre 2016. Trois frères de Bilal sont impliqués à différents niveaux dans la sphère djihadiste. 
En juin 2014, son cadet, alors âgé de 14 ans, était frappé [sic] par une interdiction de quitter le territoire au motif qu’il pratiquait sa religion de « manière extrême » et s’informait sur les départs en Syrie ; tout en indiquant : « Je ne veux pas partir encore, je suis trop jeune. » "

Deux de ses aînés, Abdelhafid et Khalid, ont rejoint la Syrie respectivement courant 2012 et durant l’été 2014.
Khalid y aurait trouvé la mort en novembre 2014, à l’âge de 25 ans. Extrêmement engagé dans les rangs de l’organisation Etat islamique (EI), Abdelhafid apparaît quant à lui dans l’enquête sur la cellule de Verviers, pilotée par Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Il aurait été tué dans des bombardements aériens sans que sa mort n’ait pu être confirmée.

Bilal Taghi, lui, a été condamné en mars à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme. Il était parti à Rakka, en Syrie, fief de l’EI avec femme (22 ans) qui n'est autre que la nièce d'Ahmed Laidouni, un vétéran du djihad - et enfant, dix jours après l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo. Un voyage qui s’est finalement arrêté à 400 km de la frontière syrienne dans un accident de la route, le 21 janvier 2015. Ils sont hospitalisés, puis placés en centre de rétention avant d'être renvoyés vers la France, en mars 2015.

Devant les enquêteurs, Bilal Taghi - surnommé "l'émir" - avait "reconnu et revendiqué vouloir tuer un gardien de prison", qu'"il voulait passer à l'acte immédiatement au nom de Daech" "sans attendre de sortir de prison" et "faute d'avoir pu partir en Syrie", selon une source proche du dossier. 
De source pénitentiaire, selon Le Figaro, "l'individu bénéficiait de fortes complicités parmi les autres détenus avec lesquels cette agression aurait été programmée. Les enquêteurs auraient trouvé sur un autre détenu des liens qui font penser que l'idée était de procéder à une «exécution» telle que Daech a l'habitude de les pratiquer.
Selon cette source pénitentiaire,
l'auteur de l'agression «aurait badigeonné l'une des portes de cellules du sang du surveillant et aurait levé les mains afin de prier».
Enfin,
un téléphone portable a été retrouvé dans l'une des cellules de cette unité dédiée. De quoi alimenter le débat 
 actuellement ouvert pour ou contre le portable dans les cellules. 
L'identité du troisième homme expulsé vers le Maroc n'a pas été précisée. 
Ces trois nouveaux expulsés portent à 51 le nombre d'expulsions exécutées depuis le début de l'état d'urgence.

Les personnels pénitentiaires sont excédés.
"Nous sommes fatigués de ce mot de déradicalisation qui ne veut rien dire", s'insurge, en septembre 2016, Jean-François Forget, secrétaire général de l'UFAP-UNSA, le principal syndicat de surveillants de prison. "A Osny, poursuit-il, "ces détenus reçoivent des massages de masseurs professionnels et des cours d'escrime... 
Après Fresnes, les prisons de Fleury-Mérogis et Osny vont regrouper les islamistes radicauxEn février 2015, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, avait annoncé l'extension à deux nouvelles prisons de l'expérimentation du regroupement de détenus identifiés comme islamistes radicaux. Une telle expérience était déjà menée à Fresnes depuis novembre. Elle l'est désormais à Fleury-Mérogis et Osny qui regroupent également les islamistes radicaux, preuve que leur nombre va  grandissant.
De plus, le quartier arrivants de cette maison d'arrêt est tellement débordé par la surpopulation qu'il n'est pas rare que des détenus soient affectés dans l'unité dédiée alors qu'ils n'ont rien à y faire. A l'inverse, les détenus qui sont accueillis dans l'unité dédiée sont régulièrement remis en détention classique puisque les sessions ne durent pas plus de 8 semaines. Certes, depuis dimanche soir, des mesures ont été prises mais pour combien de jours?", s'interrogeait-il.

vendredi 4 novembre 2016

600 policiers mobilisés à déplacer les 3.000 clandestins de Paris-Est

82 autobus participent à l'évacuation du campement du Nord-Est de Paris

Hollande a lancé la "bataille" de Stalingrad contre les milliers de clandestins récidivistes 


Les trottoirs entre les stations Jaurès et Stalingrad du métro aérien sont actuellement dégagés par le gouvernement Valls. 
L'opération d'éradication du plus grand bidonville de France (depuis la dispersion des immigrés clandestins de Calais) a commencé dans le calme vendredi matin, avec le concours d'associations, assure la presse. C'est environ la 30e évacuation menée à Paris depuis un peu plus d'un an par les pouvoirs publics.
Évacué à plusieurs reprises, avec notamment deux évacuations record ces derniers mois, le 26 juillet (près de 2.500 mises à l'abri) et le 16 septembre (près de 2.100), le campement de Soudanais, Afghans et Érythréens s'était reconstitué rapidement - sans cesse alimenté par des arrivées depuis la Méditerranée et des aller-retours entre la capitale et Calais - au cours des dernières semaines, disséminé sur plusieurs centaines de mètres,  près du canal Saint-Martin et surtout sur le terre plein de l'avenue de Flandres. Il y a quelques jours, "une cinquantaine de cas suspects de varicelle" avaient été signalés selon la préfecture.
Avec la collaboration d'Emmaüs

Plusieurs centaines d'Afghans ont été triés et regroupés peu avant 06h00, leur paquetage à la main, derrière un cordon de gendarmes, quai de Jemmapes, dans leur partie du campement. 
Des bus scolaires doivent ensuite les emmener dans la matinée vers des centres d'hébergement (CAO) en Ile-de-France. 



La ministre du Logement s'arrange avec la réalité


"On emmène les gens où ? A Paris ou en province ?" s'inquiète Abderrahmane, 19 ans, Guinéen.
"
Je n'ai aucune idée de où on va. A Paris, à côté, ça me va. L'important pour moi, c'est d'avoir des papiers. Ca fait un mois que j'étais ici dans une tente, c'est bien de partir", explique Khalid, 28 ans. C'est dire aussi que les voeux des "réfugiés" ne sont nullement pris en compte, malgré les déclarations gouvernementales devant les media.
Les policiers portent des masques sanitaires...
Sur place, la ministre du Logement a dû avouer que la presse diffuse des chiffres a minima. En réalité, l'évacuation concerne "entre 3.000 et 3.500 migrants", a-t-elle déclaré. 

Emmanuelle Cosse n'a pas hésité à affirmer "On a les places pour héberger tout le monde (...) Ca se passe bien; il y a peu de familles", a-t-elle précisé.

Or, en vérité, les 74 CAO de la région ne sont pourtant pas tous en capacité d'accueillir les migrants en situation irrégulière. Dans l'attente que les centres spécifiques annoncés soient opérationnels, des gymnases sont réquisitionnés et "privatisés" pour les "mettre à l'abri".


Le ministère de l'Intérieur est visiblement mieux informé que Cosse
"On estime à peu près 3.800 personnes présentes sur l'ensemble du campement (...) Si tout se passe bien, on espère avoir terminé en début d'après midi", a  précisé le directeur de cabinet du préfet d'Ile-de-France, Patrick Vieillescazes
Aux alentours de 08h00, environ un millier de "personnes" avaient déjà 
 été évacuées, selon lui.

Une dizaine de gymnases a été mobilisée sur l'ensemble de l'Ile-de-France
, soit environ 2.000 places (gymnases et hébergements temporaires) sur les 3.800 déplacés, dont 270 places en gymnases à Paris. "Les premiers gymnases vont être libérés dès lundi", a assuré P. Vieillescazes. Rentrée scolaire, mercredi, oblige.
"On avait 2.855 places disponibles; on en cherche à l'heure qu'il est". Le problème sera résolu par la fuite de migrants...

Le pouvoir socialiste compte pouvoir déplacer 2.500 personnes dans la journée.
Ce soir, à Stalingrad, ils seront encore 1.300.




samedi 24 septembre 2016

Les bulldozers "humanitaires" de Calais: la dernière de Hollande pour disperser les migrants sur le territoire

Les bulldozers font-ils une politique ?

L’unique réponse qu’envisagent les pouvoirs publics, c’est l’évacuation d'un camp de clandestins et leur dispersion


Le 22 février 2016, Emmaüs France co-signa une tribune parue ce jour dans les colonnes du journal LeMonde. Sept mois ont passé et Hollande en est au même point.

On feint de s’attaquer aux causes réelles du problème, mais en réalité,
en s’en prenant aux victimes condamnées à se disperser dans la peur, cette politique ne fait que le déplacer et l’aggraver. Cette "solution" n’en est pas une.

Aux huit organisations qui ont adressé une lettre ouverte à Bernard Cazeneuve pour lui demander de surseoir à l’évacuation programmée d’une grande partie de la "jungle" de Calais, le ministre de l’Intérieur vient d’adresser [février 2016] une réponse qui est une fin de non-recevoir : il justifie sa décision à coups de propos incantatoires sur le respect des droits fondamentaux des migrants et le bien-fondé de politiques qui ne varient pas depuis des années, malgré leur échec évident ; et il rappelle aux associations leur "partenariat" avec l’État comme pour les impliquer dans la politique qu’elles contestent. Dans la foulée, la préfecture du Pas-de-Calais vient de publier un arrêté ordonnant aux occupants de la zone sud du bidonville, dite "la Lande", de quitter les lieux mardi 23 février au plus tard.

Les bulldozers ne peuvent pas tenir lieu de politique

Cela n’implique évidemment pas de nous accommoder d’une 'jungle' dont le nom dit tout. Personne ne saurait accepter le maintien en l’état du bidonville de Calais, pas plus que du camp de Grande-Synthe, ni d’aucun autre. Personne ne peut se satisfaire de voir des réfugiés contraints de survivre dans de tels lieux.

Depuis des années, nous ne cessons d’ailleurs de dénoncer l’indignité de ces conditions de vie, comme l’a fait également Jacques Toubon, le Défenseur des droits, l’été dernier. Plus récemment, le tribunal administratif de Lille a même condamné l’État à procéder en urgence à des améliorations, décision confirmée par le Conseil d’État.

Pour autant, il n’est pas question non plus de cautionner l’évacuation annoncée, non seulement parce qu’elle est inhumaine, mais aussi parce qu’elle ne résoudra rien. Chasser les habitants [des squatteurs] d’une large partie du bidonville, y faire passer des bulldozers et détruire tout ce qui, dans la précarité et avec les moyens du bord [et en toute illégalité], a été construit au fil des mois : à quoi bon ?

23 janvier 2016
Les migrants qui se trouvent dans le Calaisis veulent souvent [?] rejoindre des proches en Grande-Bretagne. D’autres seraient en droit de demander l’asile en France [on a même inventé les "réfugiés climatiques"] mais ils ne le savent pas toujours, ou bien ils se méfient de l’accueil qui leur serait réservé. [Le partenariat des associations serait-il un leurre contre-productif?] D’autres encore attendent une réponse à leur demande. Parmi eux, il y a beaucoup d’enfants… [Jouez violons !] Or, pour plusieurs catégories de migrants [nommons-les], il existe des solutions inscrites dans les textes, avec des dispositifs, des acteurs, des fonds alloués à cet effet. Elles auraient pu être mises en œuvre depuis longtemps déjà.

Au lieu de s’y atteler, les pouvoirs publics ont préféré procéder à des "démantèlements" successifs. En 2015, ils ont contraint les migrants [clandestins] ainsi délogés à s’installer dans une zone "aménagée" pour eux . Bref, ils ont déjà défait ce qui se faisait, forçant ceux qu’ils chassaient à vivre dans une précarité plus grande encore [une action pourtant présentée comme humanitaire].

Aujourd’hui, la partie principale du bidonville d’État de Calais est constituée de tentes et d’abris sommaires, bâtis par les réfugiés avec des bénévoles de différentes associations. Dans ces quelques kilomètres carrés sont nés peu à peu des cafés ou des restaurants de fortune, de minuscules épiceries, des lieux de culte de différentes religions, de toutes petites écoles, un théâtre sous chapiteau, une cabane d’aide juridique, plusieurs endroits dévolus à des soins, etc. Autant d’espaces de vie sociale, partagés par les réfugiés des différentes nationalités présentes dans le bidonville [et animés par des activistes associatifs].

Qu’est-ce qui justifie de raser tout cela ? Le ministre veut convaincre que c’est pour le bien des occupants. En réalité, c’est une politique de dissuasion : rendre la vie invivable aux réfugiés [comme ils la rendent intenable aux habitants indigènes]. A ceux qu’ils ont hier installés dans cette zone, les pouvoirs publics enjoignent depuis des semaines d’occuper des conteneurs – sortes d’Algecos – ou sinon d’être dispersés loin de Calais, dans des CAO (centres d’accueil et d’orientation), baptisés "lieux de répit".

Or, c’est une alternative impossible.

Le ministre vante les mérites des conteneurs, qui sous sa plume semblent des bungalows pour vacanciers. Le fait est qu’il s’agit de cabanes de chantier, avec dans chacune des lits superposés pour douze personnes, où l’on ne peut qu’être debout ou couché ; toute installation de mobilier y est interdite, toute intimité impossible…

Concernant les CAO, le ministre se félicite de ce qu’ils permettraient aux migrants, grâce à "un accompagnement associatif de qualité" et à "un suivi particulier" des personnes, de déposer des demandes d’asile dans de bonnes conditions, ce qui n’était pas le cas dans le bidonville. "Au dernier recensement ", écrit-il, "80 % des migrants encore présents en CAO étaient engagés dans une démarche d’asile"… Il oublie de parler de ceux qui, mis en hôtel, sont privés de tout accompagnement et risquent une prochaine expulsion du territoire. Il oublie aussi de préciser que les CAO ont été conçus comme des solutions à très court terme ; après leur fermeture, qu’adviendra-t-il des personnes qui y auront été envoyées ?

Conteneurs, CAO ; expulsion, dispersion ; ces réponses ne feront qu’aggraver le sort des migrants sans régler pour autant le problème auquel est confrontée la région du Calaisis, pas plus qu’en son temps la fermeture du camp de Sangatte. Et dans un an, on nous rejouera la même scène. Car c’est avant tout l’inaction des pouvoirs publics, mais aussi leur action, qui, en créant des conditions de vie impossibles, rend la situation ingérable. L’État veut nous faire croire qu’il prend le parti des habitants contre les réfugiés ; en réalité, il monte les premiers contre les seconds en abandonnant les uns et les autres.
Manifestation pour soutenir les réfugiés, à Calais, le 23 janvier:
Poutou, NPA, accuse les Français de "repli sur soi et de xénophobie"
et Karima Delli, EELV, dénonce l’inaction de Hollande et Valls

Il faut cesser de chasser de jungle en bidonville toute la misère du monde, persécution qui ne fait qu’exaspérer le ressentiment des "riverains". Non, le malheur des migrants ne fera pas le bonheur des Français [qui dit ça?], pas plus à Calais qu’ailleurs. En réalité, laisser se dégrader la situation est plus pénible pour les populations du Calaisis, et plus coûteux aussi pour les pouvoirs publics, que s’employer à l’améliorer. L’humanité la plus élémentaire nous interdit ces destructions à répétition ; mais notre intérêt bien compris aussi.

Ce pays peut-il se satisfaire de devenir le champion du non-accueil [peut-on en revanche chiffrer le coût de ce 'non-accueil' pour le contribuable, quand on est associatif subventionné ?], alors que les réfugiés y sont moins nombreux qu’ailleurs ? Ce que d’autres pays font déjà, la France doit pouvoir le faire. La Grande-Bretagne, qui porte une lourde responsabilité dans cette situation, doit elle aussi revoir sa position à cette frontière. Il faut en finir avec l’improvisation perpétuelle ; il est temps de penser dans la durée. Et si l’État ne fait pas son travail, nous allons y travailler nous-mêmehumanitaires mondialistes]s [menacent les humanitaires mondialistes et pacifistes] – avec les associations sur le terrain [et hors nos frontières ?], avec les habitants du Calaisis et avec les réfugiés.

Les jours prochains, nous irons à Calais pour le clamer haut et fort
Clandestins enrôlés dans la manifestation organisée par 
plusieurs organismes de soutien aux sans-papiers 
et partis politiques, dont les altermondialistes d'EELV et 
le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) 
et la Ligue des droits de l’homme, le 23 janvier 2016,
en écho à une initiative à la frontière gréco-turque
nous ne sommes pas condamnés à choisir entre la "jungle" et sa destruction. Nous refusons de réduire la France à des barbelés et des bulldozers. Nous tiendrons une conférence de presse. Nous voulons faire entendre un autre discours que celui des pouvoirs publics qui occupent les médias. Détruire, dit la Préfète ? Avec, sans ou contre l’État si nécessaire, il faudra pourtant bien construire un avenir.

85 organisations signataires, dont : Auberge des migrants (Calais), La Cimade, Emmaüs, Gisti, Ligue des droits de l’Homme, Médecins sans frontières (Calais), Réseau Éducation sans frontières, Le Réveil voyageur (Calais), Syndicat de la magistrature [SM], Syndicat de la médecine générale.
175 personnalités signataires, dont : Laurence Abeille (députée [née à Neuilly-sur-Seine, EELV] du Val-de-Marne), Guy Bedos (humoriste insulteur, soutien d'Ivan Colonna, tueur de préfet, ou de Mélenchon, et condamné en 1995 par le Conseil des prud'hommes de Tours pour avoir licencié abusivement un couple de RMIstes, qu'il avait embauché pour l'entretien d'un château), Rodolphe Burger (artiste inconnu au-delà de son quartier), Laurent Cantet (cinéaste primé par le Festival politique de Cannes pour Entre les murs, 2008, tombé dans l'oubli 

depuis ), Éric Fassin (professeur de science politique à l’université Paris VIII, "sociologue de l’ultra-gauche" et expert en homosexualité), Noël Mamère (député écologiste de la 3e circonscription de la Gironde), Laurent Mucchielli (sociologue de la délinquance et des politiques de sécurité), Jacques Rancière (professeur émérite à l’Université Paris VIII, comme Fassin, à Saint-Denis, 93, et marxiste), Sandrine Rousseau (porte-parole d’EELV, également signataire signataire du Manifeste d'économistes atterrés et féministe), Serge Slama (maître de conférences en droit public, Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense et Gisti), Étienne Tassin (philosophe politique à Paris VII, ex-Jussieu).

dimanche 4 septembre 2016

Un attentat aurait été déjoué à Metz: réalité ou fantasme politicien ?

Le quotidien marocain Assabaha assure que la France a échappé à un nouvel attentat

Deux Marocains, expulsés de France la semaine dernière, auraient préparé des attaques dans des lieux publics à Metz
(Moselle)

C'est ce qu'un quotidien marocain révèle
alors que Cazeneuve n'a pas bondi sur l'occasion pour affirmer sa détermination et sa maîtrise de la situation. Et inutile de dire, élément de langage qui a déjà beaucoup servi, qu'il s'agit de "radicalisation récente" et de "déséquilibrés".

La France a-t-elle échappé à un nouvel attentat ?
 
A en croire Assabah, le journal privé arabophone, deux Marocains, Redouane Dahbi et Ayyoub Sadki, expulsés de Francele 26 août, à "la demande des autorités marocaines"pour cause de radicalisation, alors qu'ils  projetaient des attentats.

Le quotidien Assabah assure que les services de sécurité du royaume ont "sauvé la France d'un coup fatal
".
Soirée Féria (13 août 2015)
Et de citer un restaurant du centre-ville et une boîte de nuit fréquentée par des homosexuels, L'Endroit, à MetzCe qui ne semble être que la reprise du scénario de l'attentat contre une boîte nuit gay à Orlando (Etats-Unis), qui avait fait 50 morts mi-juin.

"Les investigations des services de sécurité marocains ont révélé qu'ils voulaient frapper la place de la République, en plein cœur de Metz" (photo ci-dessous), affirme le quotidien Assabah sans toutefois mentionner la source de ses informations. Selon le journal, les deux hommes préparaient des attaques à l'arme à feu sur le même mode opératoire que les attentats de Paris, en novembre 2015. 

Ils prévoyaient aussi des attaques à la voiture bélier en fonçant dans la foule, comme à Nice (Alpes-Maritimes) "avec pour objectif de faire le plus grand nombre de victimes" au nom du groupe Etat islamique.


Une "menace grave"

L'EI avait promis de leur fournir les moyens nécessaires pour commettre ces attentats. Les armes en particulier devaient servir à attaquer des lieux fermés publics, fréquentés par la jeunesse, ajoute Assabah. 
Pendant la dernière semaine des vacances, la ville de Metz organisait en effet sa traditionnelle fête de la Mirabelle où elle fait la promotion du célèbre fruit d’or lorrain. Le maire socialiste, Dominique Gros, avait annoncé le maintien des festivités malgré la menace mais avait – avec la préfecture de Moselle – considérablement relevé les dispositifs de sécurité : fouille de spectateurs, renforcement des effectifs, appel à la sécurité privée, dispositif anti-intrusion de véhicules, mobilisation plus forte des secours notamment.

Les deux hommes voulaient
mettre leur plan à exécution "la dernière semaine des vacances d'été". Expulsés le 26 août, ces deux ressortissants marocains de 19 et 26 ans, dont un fiché S, représentaient une "menace grave," explique un communiqué du ministère de l'Intérieur, 
après révélation marocaine.
Le fiché S vivait dans la rue de Paris à Metz (Moselle), un quartier situé à quelques pas du campus de l’Université et du centre-ville de la cité messine. Les deux suspects occupaient chacun un appartement d’un immeuble dont l’un était déclaré inoccupé.  Le contenu des ordinateurs et des documents ont permis de confirmer les doutes et de procéder à la mesure d’expulsion vers le Maroc.
La presse française diffuse la version officielle que son homologue marocain ne corrobore pas. La police de Cazeneuve a-t-elle 
été mise sur la piste de ce duo radicalisé grâce au signalement de riverains inquiets de voir une activité suspecte autour de ces deux appartements ou la police marocaine était-elle sur la piste de ses deux ressortissants djihadistes sur le territoire français  ? 
Beauvau assure que l'extradition a eu lieu dans le cadre de l’état d’urgence et qu'une perquisition administrative a été menée par les forces spéciales.
La Place Beauvau avait annoncé des "expulsions" (ou extraditions ?) par un communiqué rendu public vendredi 26 août, sans fournir plus de précisions. "En parallèle, le "fiché S" a adhéré à une large campagne d'incitation auprès des partisans de Daesh pour exécuter des opérations terroristes d'envergure au Maroc prenant pour cible des secteurs vitaux et les différents services de sécurité", explique désormais le ministère.

Partisan d'un islam modéré et très en pointe dans la lutte contre le djihadisme,
le Maroc a été épargné par des attentats meurtriers ces quatre dernières années, contrairement à la France et d'autres pays. Le royaume avait été frappé dans le passé quand des attaques avaient fait 45 morts à Casablanca en 2003 et 17 morts sur un site touristique de Marrakech en 2011. Les autorités marocaines ont multiplié ces derniers mois les annonces sur le démantèlement de cellules liées à Daesh et l'arrestation de recruteurs présumés pour le compte de ce groupe ultra radical.

L'État marocain a quant à lui annoncé sa prise en charge de deux ressortissants, précisant que les deux hommes "radicalisés et expulsés de France le 26 août projetaient de commettre des attentats d'envergure au nom du groupe terroriste Daesh en France et au Maroc".
Une confusion liée à un flou artistique qui pourrait cacher un loup... Des précisions qui se contredisent ou ne veulent rien dire mais qui peuvent donner à penser qu'il s'agit d'une opération de comm' visant à donner des gages d'action du gouvernement français. Pourquoi en effet reconduire à la frontière des terroristes islamistes dangereux, au risque de les voir resurgir sur le territoire français, plus déterminés qu'en août et mieux aguerris ?

Une dernière question...

Pourquoi ce journal marocain en langue arabe  insert-il des photos de femmes légèrement vêtues en dernière page de ses éditions?


Un effet pervers du port du burkini ?