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mardi 18 juin 2019

Les djihadistes français de retour bénéficient d'une requalification en "terroristes"

Les brebis galeuses réintégreront le bercail sous la houlette de Macron

Battus et haineux, "150 djihadistes français vont revenir sur le territoire national dans les semaines qui viennent."



Conséquence de la reprise en main de la Syrie par le pouvoir légitime et souverain, l'annonce du retour de djihadistes français a secoué la classe politique suscitant la crainte de l'importation du terrorisme islamiste en France ainsi que de nombreux casse-tête juridique, carcéral, humain et politique. 

Dans le cas de l'Irak, la position de la France a toujours été de laisser cet Etat souverain juger les ressortissants français ayant commis des faits à caractère terroriste sur son sol, à la seule réserve que ne leur soit pas infligé un traitement inhumain et dégradant et qu'ils ne soient pas condamnés à mort.
Seuls les détenus français ayant commis des actes en Irak peuvent y être transférés pour y être jugés. 
Sur le nombre de Français qui se trouvent toujours aux mains des Kurdes et dont on craint qu'ils se dispersent dans la nature après le départ des troupes américaines de Syrie ou qu’ils soient arrêtés par les troupes de Bachar el-Assad - environ 115 personnes ? – tous ne sont pas des enfants de moins de 7 ans comme il est affirmé dans la presse pour faire pleurer dans le chaumières.

Quel cadre juridique pour les djihadistes de retour sur le territoire français ?

Résultat de recherche d'images pour "revenants islamistes"Ils sont partis faire le djihad et combattre la coalition internationale dont des troupes françaises, mais le sort des détenus par les Kurdes en Syrie pose pourtant un véritable problème aux autorités françaises.
Le gouvernement français étudie aujourd’hui le moyen de rapatrier 150 djihadistes français en leur évitant la peine de mort en Syrie et des poursuites en France en tant qu'ennemis de la France et traîtres. Ainsi, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a précisé : "nous avons fait un choix, qui est celui de la préférence du contrôle et donc du rapatriement en France". 
Ces intentions vertueuses ne respectent pas le voeu d'une majorité de la population hostile à ce traitement qui met en péril notre avenir, ainsi menacé de terrorisme intérieur, et celui de nos enfants, condamnés à côtoyer la progéniture de djihadistes nés dans des camps, élevés dans la haine des occidentaux et formatés pour le djihad.

Didier Rebut, professeur de droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas et Membre du Club des juristes se livre à une analyse de la situation.

"Les Français de retour de Syrie pourraient aussi être poursuivis pour crimes contre l’humanité"

Le Gouvernement français a fait savoir qu’il envisage de faire revenir en France les djihadistes français détenus par les Kurdes dans la zone Irako-Syrienne. Quel serait le cadre juridique de ce retour ?

Ce retour ne peut pas avoir pour cadre juridique les procédures connues d’extradition et d’expulsion parce que celles-ci ne peuvent intervenir que dans une relation d’Etat à Etat. Or, les forces kurdes qui détiennent les ressortissants français en Syrie n’appartiennent pas à un Etat, ce qui interdit de recourir au mécanisme de l’extradition ou de qualifier leur remise aux autorités françaises d’expulsion. 
Les prémisses de l'analyse sont inexactes : les Kurdes de Syrie constituent la minorité la plus importante de ce pays et ont résisté victorieusement aux attaques des djihadistes de Daesh sur Kobané en 2014, lors d'une bataille qui a été surnommée le 'Stalingrad du Moyen-Orient', mais ils ont ensuite été chassés de leurs terres par des Turcs salafistes en 2018. Ils sont aujourd'hui syriens revendiquant leur autonomie dans le cadre de la Syrie, une stratégie qui s'est révélée payante en Irak et qui contredit la propagande qui les décrit comme incompétents.
Ce retour ne pourrait pas davantage s’analyser comme un rapatriement consulaire qui consiste dans l’octroi d’une aide financière à un ressortissant français sans aucune ressource pour lui permettre de rentrer sur le territoire français [comme si aucune faute n'avait été commise contre la France]. Il est évident que cela ne serait pas la mesure mise en œuvre, étant donné qu’il ne s’agirait pas d’aider financièrement ces djihadistes à revenir en France mais de les ramener par le biais de moyens matériels et humains entièrement mis en œuvre par les autorités françaises [qui ne les laisseraient pas rentrer par leurs propres moyens]. Le rapatriement consulaire est par ailleurs, comme son nom l’indique, une mesure prise par un consulat, ce qui ne serait pas le cas. [...] Cette mesure a une finalité humanitaire qui ne serait pas apparemment celle du rapatriement des ressortissants français détenus en Syrie, même si cette préoccupation est celle d’un certain nombre de personnes qui réclament leur retour en France.

Ce retour n’aurait donc pas de cadre juridique précis. Il donnerait certes lieu à un rapatriement, dès lors qu’il serait organisé et mis en œuvre par les autorités françaises avec le consentement des ressortissants concernés mais ce rapatriement répondrait, semble-t-il, à une demande des Kurdes qui ne souhaitent pas continuer à détenir ces ressortissants français. Il serait aussi destiné à les remettre aux autorités françaises à leur arrivée en France pour les poursuivre et les juger. C’est donc une mesure qui relèverait à la fois du rapatriement, de l’expulsion et de l’extradition sans correspondre à aucune de ces procédures.

L’incertitude sur le cadre juridique de ce retour pourrait-elle fragiliser les poursuites pénales à leur encontre ?

On ne peut pas exclure bien sûr que certains des ressortissants français rapatriés contestent les poursuites pénales exercées contre eux au motif que leur retour en France n’aurait relevé d’aucune procédure précise et cela alors même qu’ils ont demandé à revenir. Mais cette contestation ne devrait pas aboutir.

La Cour de cassation considère qu’une personne peut être valablement poursuivie en France, même si elle n’a pas fait l’objet d’une procédure d’extradition. C’est une solution qu’elle a appliquée dans l’affaire "Barbie" dans un arrêt du 6 octobre 1983 (n° 83-93194). [...] Elle a répété sa solution dans un arrêt du 21 février 1995 (n° 94-85626) rendu dans l’affaire "Carlos". [...]
Il n’apparaît pas en effet que les ressortissants français rapatriés de Syrie pourraient se plaindre de leur retour en France alors qu’ils l’ont demandé. Cette demande devrait conduire à considérer que leur présence en France a sa cause dans leur volonté, de sorte qu’aucun reproche ne pourrait être adressé à ce sujet aux autorités françaises.

S’agissant de ceux qui seraient éventuellement revenus contre leur gré, il sera permis de leur opposer que plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont instamment demandé aux Etats membres de poursuivre et de juger les auteurs d’actes de terrorisme. On pourra donc soutenir que leurs poursuites ne font que répondre à cette demande, laquelle s’impose à la France en vertu de l’autorité des résolutions du Conseil de sécurité. [...]

Quelles sont les infractions pour lesquelles les ressortissants français revenus de Syrie pourraient être poursuivis ?

Les poursuites devraient évidemment viser la commission d’actes de terrorisme prévue par l’article 421-1 du Code pénal. Elles pourraient aussi porter sur la qualification d’association de malfaiteurs terroriste pour ceux qui n’ont pas participé à la commission de crimes terroristes ou dont il n’est pas possible de rapporter la preuve de la participation à des actes de terrorisme. La France est compétente pour poursuivre et juger ces faits, alors même qu’ils ont été commis à l’étranger en application de l’article 113-13 du Code pénal. Cet article, qui a été adopté en 2012, concerne spécialement le cas des crimes et délits terroristes commis à l’étranger par des Français ou des personnes résidant habituellement en France. Il ne pose aucune condition à cette compétence pour qu’elle ne soit pas soumise aux restrictions applicables à la compétence fondée sur la nationalité ou compétence personnelle active. Il s’ensuit notamment que les poursuites françaises contre des Français ayant commis des actes de terrorisme à l’étranger ne se heurtent pas à l’autorité de chose jugée à l’étranger pour les mêmes faits. Des ressortissants français ayant été poursuivis ou jugés à l’étranger pour terrorisme peuvent donc être rejugés en France, ce qui n’aurait pas été possible avant l’adoption de l’article 113-13.

Les ressortissants français de retour de Syrie pourraient aussi être poursuivis pour crimes contre l’humanité. Les crimes susceptibles de leur être reprochés en caractérisent, semble-t-il, les éléments constitutifs. Ils ont été commis en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’une population civile dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique, ce qui correspond aux termes de l’article 212-1 du Code pénal qui définit les crimes contre l’humanité. 
On pourrait même retenir la qualification distincte de génocide prévue par l’article 211-1 du Code pénal pour les crimes commis contre la population yézidie, étant donné qu’ils semblent présenter l’élément intentionnel de destruction d’un groupe qui est le critère de ce crime. La France est compétente pour juger ces crimes commis à l’étranger par des ressortissants français en application de la compétence personnelle active prévue par l’article 113-6 du Code pénal.

Des poursuites pour crimes contre l’humanité contre les djihadistes français de retour de Syrie permettraient de mieux rendre compte des crimes djihadistes que la qualification de terrorisme banalise. Ces crimes ont en effet une autre nature qui les fait relever des crimes contre l’humanité et non pas seulement du terrorisme. Il s’agirait alors des premières poursuites pour crimes contre l’humanité contre des ressortissants français depuis les condamnations de Paul Touvier et Maurice Papon en 1994 et 1998. Les crimes de Daesh sont comparables par leur horreur et leur idéologie aux crimes nazis. Cela justifierait que leurs auteurs soient poursuivis pour crimes contre l’humanité comme l’ont été les criminels nazis.

Le sujet de la requalification des poursuites fait débat


On estime qu'il y a environ 300.000 Kurdes en France. Depuis plus de 30 ans la langue, la littérature et l'histoire kurdes, ainsi que la géographie du Kurdistan, sont enseignés à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Langues O) à Paris. Or, des militants de l'AKP - parti islamo-conservateur, au pouvoir en Turquie depuis 2002, dont le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, est le président général depuis le 21 mai 2017 - et du MHP - parti politique turc généralement classé à l'extrême droite - sont d'ores et déjà responsables d'actions d'intimidation visant la communauté kurde.

L'assertion - "150 djihadistes français de retour sur le territoire national" - est fausse. Ce chiffre recouvre en effet des réalités bien différentes qui ouvrent la porte à des interprétations variées du droit. 
Plusieurs vont être jugés en Irak : "une quinzaine" ont d'ores et déjà été transférés des camps kurdes aux autorités irakiennes. Il s'agit de détenus ayant commis des faits en lien avec une entreprise terroriste sur le territoire irakien. Ceux-ci y seront jugés et exécuteront leur peine en Irak, comme d'autres Français avant eux : Mélina Boughedir, Djamila Boutoutaou et Lahcen Guebouj, tous trois condamnés à la prison à perpétuité en Irak pour appartenance au groupe Etat islamique. Au moins une quinzaine d'autres Français se trouvent également déjà détenus en Irak, en attente de leur procès. 
De nombreux autres sont trop jeunes pour être appelés "djihadistes". On en dénombre environ 80. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a précisé que 75% d'entre eux seraient âgés de moins de 7 ans.

Parmi les autres Français détenus par les Kurdes – une petite quarantaine – se trouvent des femmes et des hommes impliqués à des degrés divers dans l'organisation de l'Etat islamique.

Parmi eux, se trouvent des "figures" du djihad :
Parmi les femmes, sept ou huit sont considérées des combattantes actives. C'est le cas notamment de la Bretonne Emilie König, qui a été un temps recruteuse de Daesh et placée sur la liste noire des "combattants terroristes étrangers" par la CIA.
Du côté des hommes, on compte aussi des "figures" du djihad français. C'est le cas d'Adrien Guihal, l'une des voix françaises qui avait revendiqué l'assassinat à Magnanville d'un policier et de sa compagne en juin 2016, puis l'attentat de Nice, le 14 juillet ; et des membres de la filière d'Artigat, Thomas Barnouin et Thomas Collange notamment, par laquelle sont passés les frères Clain (les "voix" des attentats du 13 novembre 2015) et les frères Merah.
Les autres Français, parmi lesquelles se trouvent de nombreuses femmes, ont été moins impliqués dans le djihad, mais se trouvent sur le territoire syrien depuis longtemps, quatre ou cinq ans selon les experts.

Le plus grand nombre bénéficiera d'une requalification de "djihadistes" en "terroristes".
La justice française sera magnanime... Ainsi a-t-elle choisi arbitrairement de ne retenir contre nos djihadistes que leur passage dans une mouvance subalterne de Daesh, laquelle pourrait constituer une circonstance atténuante à leurs crimes...

Ces 70 à 80 enfants et ces 40 personnes environ qui seront rapatriés en France pour y être "judiciarisés", comme l'a dit le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Ils seraient expulsés du territoire kurde et pourraient transiter par l'Irak avant d'atterrir en France. Parmi les adultes, tous sont visés dans des procédures.
Les enfants passeront systématiquement par le juge des enfants et seront placés en famille d'accueil, plutôt qu'en foyer ou chez leur famille proche si elle existe. Cela a déjà été fait pour des enfants rapatriés de zones de combat. Actuellement, le département de Seine-Saint-Denis prend en charge 36 jeunes "revenants".
Les adultes déjà jugés en leur absence et condamnés feront l'objet d'une exécution de peine.
Les adultes faisant l'objet de mandats d'arrêt dans le cadre d'information judiciaire seront présentés à un juge d'instruction pour être mis en examen et le cas échéant placés en détention provisoire.
Les adultes visés par des mandats de recherches seront placés en garde à vue, qui pourra durer jusqu'à 96 heures.

Tous pourront être mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste, car le simple fait d'avoir rejoint un groupe djihadiste dans une zone de combat permet de retenir cette qualification, contrairement à l'Allemagne où doit être prouvée la participation effective aux combats.

Selon les experts, le nombre de Français encore présents sur place et qui n’ont pas encore été arrêtés par les Kurdes ou les forces de Damas est évalué entre 100 et 200 personnes, dont de nombreuses femmes avec des enfants.

jeudi 25 janvier 2018

Pénitentiaire : la ministre Belloubet, huée et sifflée par les surveillants à Borgo, Corse

Nicole Belloubet, rappelée à l'ordre pour sa désinvolture

La ministre de la Justice s'est rendue en Corse le 20 janvier 2018 après l'agression de deux surveillants de la prison de Borgo, le 19...

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet s'est montrée plus réactive en Corse qu'à Vendin-le-Vieil
Elle était à Borgo dès le samedi 20, au lendemain des faits du vendredi 19, après l'agression de deux gardiens de prison. La ministre a été accueillie par les sifflets d'une centaine de surveillants massée devant la maison d'arrêt

En revanche, après les agressions, à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), de trois gardiens par un islamiste allemand Christian Ganczarski, 51 ans, de retour du djihad la ministre avait commis une erreur de jugement en négligeant d'engager le dialogue en urgence avec les hommes qu'elle a en charge, alors que tous les commentateurs parisiens et les élus, notamment de la majorité macronienne, s'accordent pour dire que le sujet est explosif et ...ancien et au moment où l’établissement doit accueillir Salah Abdeslam, islamiste considéré comme le cerveau de l’attentat contre une synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en 2002 et seul survivant du commando des attentats du 13 novembre 2015 lors de son procès en Belgique début février… 
"J’ai entendu des cris, des hurlements, comme si on égorgeait quelqu’un… Et, par terre, il y avait du sang partout, c’était impressionnant", raconte, encore un peu secoué, un détenu de Vendin. "Il a tenté de frapper celui qui avait ouvert la porte à la carotide, puis a blessé le deuxième collègue, qui tentait de le ceinturer, à la tête." Des faits qui devaient être au rapport adressé à la sexagénaire de 63 ans.
Une petite dizaine de surveillants se sont enchaînés aux grilles de la prison de Vendin-le-Vieil. / © Grégory Strzempek
Des surveillants pénitentiaires se sont attachés aux grilles de l'établissement de Vendin-le-Vieil

L'assassin de Vendin avait écopé d’une peine de dix-huit ans de prison qu’il terminait de purger à Vendin-le-Vieil. Il devait sortir le 24 janvier… Or, ce djihadiste est l'ancien responsable de la maintenance et du cryptage des réseaux de communication d’Al-Qaïda et a vécu au côté de Ben Laden en Afghanistan. Il était donc déterminé à tuer ses gardiens pour créer un empêchement à son extradition vers les Etats-Unis.
L’annonce de sa possible extradition vers les Etats-Unis dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 a sans doute tout fait basculer : d’après des écoutes téléphoniques, Ganczarski semblait prêt à tout pour empêcher son transfert outre-Atlantique. Il avait de ce fait été placé à l’isolement vendredi avec des équipements spécifiques (casque, bouclier, pare-coup) pour les surveillants devant l’approcher. "Mais parce qu’il s’est tenu à carreau, les mesures d’isolement ont été réduites lundi [8 janvier] par le chef d’établissement", regrette Jean-François Forget, secrétaire général de l’Ufap-Unsa-Justice, évoquant alors la colère des personnels pénitentiaires et la possibilité d’une action nationale à venir.
Jeudi, la section antiterroriste du Parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste. Des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

La ministre a sous-estimé la légitimité de la colère des personnels

Ils risquent leurs vies au quotidien auprès de bêtes fauves, sans les moyens d'assurer leur propre sécurité, ni considération hiérarchique.
Ganczarski, un converti, "qui travaillait, ne posait pas de problème particulier et ressemblait plus à un grand-père", raconte Frédéric Charlet, secrétaire régional adjoint de l’Ufap-Unsa-Justice dans les Hauts-de-France . Il a aussi ce charisme [ou simplement une réputation] qui lui permet d’avoir un ascendant notable sur les prisonniers. "Dès qu’il était placé à l’isolement, il y avait des mouvements de soutien des autres détenus qui parvenaient à bloquer le fonctionnement quotidien de la prison… On avait fini par renoncer", se souvient ainsi un surveillant l’ayant côtoyé lors de son passage dans une prison d’Ile-de-France, au milieu des années 2000. Discret, avenant, poli, cultivé et polyglotte (polonais, allemand, français et anglais), Ganczarski s’était pourtant fait remarquer par son prosélytisme, caractérisé par des appels à la prière et la distribution de textes religieux. "L’agresseur a accompagné ses gestes du cri d’Allouha Akbar, et ce à au moins trois reprises", poursuit le représentant syndical.

"On avait l'impression qu'ils s'en foutaient qu'on fasse grève, alors on a décidé de frapper fort", entame Grégory Strzempek, délégué UFAP à Vendin. Ce mardi matin, peu après 6h, une dizaine de surveillants se sont enchaînés aux grilles de l'établissement, bloquant totalement l'accès à la prison.


Alors que la mobilisation nationale des surveillants pénitentiaires est engagée depuis lundi 15 janvier, deux gardiens ont en effet été attaqués au couteau par un détenu islamiste dit "radicalisé" ce vendredi matin dans la prison de Borgo, en Corse. La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est rendu_ au chevet des victimes, qualifiant l'agression de "grave et intolérable". 

A sa sortie de l'hôpital, la garde des Sceaux a trouvé des manifestants devant la maison d'arrêt. Mais les surveillants l'ont huée et sifflée avant de lui tourner le dos, rapporte Igor Sahiri, journaliste de BFMTV (qui ne sait pas faire un accord du participe passé : cf. ci-dessus), "présent sur place", précise BFMTV (mais qui ne fait que reprendre des phrases entières de la dépêche de l'AFP : pas besoin d'aller en Corse !)
"On ne veut pas te parler, retourne à Paris", "Vous ne faites rien", ont-ils scandé, alors que la ministre, entourée de gendarmes, tentait d'ouvrir le dialogue qu'elle avait tant tardé à engager à Vendin, après s'être entretenue à l'intérieur de l'établissement avec les organisations syndicales et des agents.

"Je crois qu'il y a beaucoup d'émotion dans ce que disent et les surveillants qui ont été touchés et les personnels de l'établissement. 
Beaucoup d'émotion, beaucoup de colère", a déclaré Nicolas Belloubet [selon BFMTV : Nicole serait un homme] qui a assuré "comprendre parfaitement" cette colère. 
"Je m'engage à leur apporter des réponses", a-t-elle promis, ajoutant, en référence aux négociations en cours entre syndicats et administration pénitentiaire au niveau national, qu'elle "attendra la fin de ces discussions pour faire des annonces précises".
Or, les syndicats ont claqué sa porte : l'urgence peut attendre !

dimanche 4 septembre 2016

Un attentat aurait été déjoué à Metz: réalité ou fantasme politicien ?

Le quotidien marocain Assabaha assure que la France a échappé à un nouvel attentat

Deux Marocains, expulsés de France la semaine dernière, auraient préparé des attaques dans des lieux publics à Metz
(Moselle)

C'est ce qu'un quotidien marocain révèle
alors que Cazeneuve n'a pas bondi sur l'occasion pour affirmer sa détermination et sa maîtrise de la situation. Et inutile de dire, élément de langage qui a déjà beaucoup servi, qu'il s'agit de "radicalisation récente" et de "déséquilibrés".

La France a-t-elle échappé à un nouvel attentat ?
 
A en croire Assabah, le journal privé arabophone, deux Marocains, Redouane Dahbi et Ayyoub Sadki, expulsés de Francele 26 août, à "la demande des autorités marocaines"pour cause de radicalisation, alors qu'ils  projetaient des attentats.

Le quotidien Assabah assure que les services de sécurité du royaume ont "sauvé la France d'un coup fatal
".
Soirée Féria (13 août 2015)
Et de citer un restaurant du centre-ville et une boîte de nuit fréquentée par des homosexuels, L'Endroit, à MetzCe qui ne semble être que la reprise du scénario de l'attentat contre une boîte nuit gay à Orlando (Etats-Unis), qui avait fait 50 morts mi-juin.

"Les investigations des services de sécurité marocains ont révélé qu'ils voulaient frapper la place de la République, en plein cœur de Metz" (photo ci-dessous), affirme le quotidien Assabah sans toutefois mentionner la source de ses informations. Selon le journal, les deux hommes préparaient des attaques à l'arme à feu sur le même mode opératoire que les attentats de Paris, en novembre 2015. 

Ils prévoyaient aussi des attaques à la voiture bélier en fonçant dans la foule, comme à Nice (Alpes-Maritimes) "avec pour objectif de faire le plus grand nombre de victimes" au nom du groupe Etat islamique.


Une "menace grave"

L'EI avait promis de leur fournir les moyens nécessaires pour commettre ces attentats. Les armes en particulier devaient servir à attaquer des lieux fermés publics, fréquentés par la jeunesse, ajoute Assabah. 
Pendant la dernière semaine des vacances, la ville de Metz organisait en effet sa traditionnelle fête de la Mirabelle où elle fait la promotion du célèbre fruit d’or lorrain. Le maire socialiste, Dominique Gros, avait annoncé le maintien des festivités malgré la menace mais avait – avec la préfecture de Moselle – considérablement relevé les dispositifs de sécurité : fouille de spectateurs, renforcement des effectifs, appel à la sécurité privée, dispositif anti-intrusion de véhicules, mobilisation plus forte des secours notamment.

Les deux hommes voulaient
mettre leur plan à exécution "la dernière semaine des vacances d'été". Expulsés le 26 août, ces deux ressortissants marocains de 19 et 26 ans, dont un fiché S, représentaient une "menace grave," explique un communiqué du ministère de l'Intérieur, 
après révélation marocaine.
Le fiché S vivait dans la rue de Paris à Metz (Moselle), un quartier situé à quelques pas du campus de l’Université et du centre-ville de la cité messine. Les deux suspects occupaient chacun un appartement d’un immeuble dont l’un était déclaré inoccupé.  Le contenu des ordinateurs et des documents ont permis de confirmer les doutes et de procéder à la mesure d’expulsion vers le Maroc.
La presse française diffuse la version officielle que son homologue marocain ne corrobore pas. La police de Cazeneuve a-t-elle 
été mise sur la piste de ce duo radicalisé grâce au signalement de riverains inquiets de voir une activité suspecte autour de ces deux appartements ou la police marocaine était-elle sur la piste de ses deux ressortissants djihadistes sur le territoire français  ? 
Beauvau assure que l'extradition a eu lieu dans le cadre de l’état d’urgence et qu'une perquisition administrative a été menée par les forces spéciales.
La Place Beauvau avait annoncé des "expulsions" (ou extraditions ?) par un communiqué rendu public vendredi 26 août, sans fournir plus de précisions. "En parallèle, le "fiché S" a adhéré à une large campagne d'incitation auprès des partisans de Daesh pour exécuter des opérations terroristes d'envergure au Maroc prenant pour cible des secteurs vitaux et les différents services de sécurité", explique désormais le ministère.

Partisan d'un islam modéré et très en pointe dans la lutte contre le djihadisme,
le Maroc a été épargné par des attentats meurtriers ces quatre dernières années, contrairement à la France et d'autres pays. Le royaume avait été frappé dans le passé quand des attaques avaient fait 45 morts à Casablanca en 2003 et 17 morts sur un site touristique de Marrakech en 2011. Les autorités marocaines ont multiplié ces derniers mois les annonces sur le démantèlement de cellules liées à Daesh et l'arrestation de recruteurs présumés pour le compte de ce groupe ultra radical.

L'État marocain a quant à lui annoncé sa prise en charge de deux ressortissants, précisant que les deux hommes "radicalisés et expulsés de France le 26 août projetaient de commettre des attentats d'envergure au nom du groupe terroriste Daesh en France et au Maroc".
Une confusion liée à un flou artistique qui pourrait cacher un loup... Des précisions qui se contredisent ou ne veulent rien dire mais qui peuvent donner à penser qu'il s'agit d'une opération de comm' visant à donner des gages d'action du gouvernement français. Pourquoi en effet reconduire à la frontière des terroristes islamistes dangereux, au risque de les voir resurgir sur le territoire français, plus déterminés qu'en août et mieux aguerris ?

Une dernière question...

Pourquoi ce journal marocain en langue arabe  insert-il des photos de femmes légèrement vêtues en dernière page de ses éditions?


Un effet pervers du port du burkini ?

 

dimanche 20 mars 2016

L'avocat de Salah Abdeslam raconte qu'il pourrait porter plainte contre le procureur de Paris

Le cabinet d'avocats d'activistes a encore frappé

Salah Abdeslam 
a confirmé son intention de "se faire exploser au Stade de France"
Sven Mary n'est pas le terroriste
Le terroriste islamiste a déclaré aux enquêteurs qu'il avait bien l'intention de mourir en martyr d'Allah avant de choisir de vivre et de faire "machine arrière", révèle le procureur de Paris, François Molins. Des confidences publiques qu'exploite l'avocat du terroriste présumé incarcéré à la prison ultra-sécurisée de Bruges.

Me Sven Mary, 44 ans, déclare vouloir porte  plainte
"C'est une faute et je ne peux pas la laisser passer", a-t-il déclaré dimanche à la radio-télévision belge RTBF.  L'avocat de Salah Abdeslam accuse  le procureur de Paris, François Molins, d'avoir violé le secret de l'instruction en divulguant hier le projet de son client de se faire exploser au Stade de France, le 13 novembre dernier, alors que le président Hollande se trouvait dans la tribune officielle.
VOIR et ENTENDRE le journaliste belge pointer les "conditions drastiques" de détentions de l'islamiste: 
Pourvu que ce régime pénitentiaire ne le radicalise pas...

S'exprimant au surlendemain de la capture Salah Abdeslam, Sven Mary a déclaré: "la lecture d'une partie de sa conférence de presse est une violation. C'est une faute et je ne peux pas la laisser passer".

François Molins a lu samedi lors d'une conférence de presse une déclaration recueillie par les enquêteurs belges dans laquelle Salah Abdeslam déclarait qu'il avait initialement projeté de se faire exploser au Stade de France et qu'il avait fait "machine arrière".
"Ces premières déclarations qu'il faut prendre avec précaution laissent en suspens toute une série s'interrogations sur lesquelles Salah Abdeslam devra s'expliquer, en particulier quant à sa présence dans le 18e arrondissement le 13 novembre au soir dès 22h", a ajouté le procureur.

Quand Salah Abdeslam sera t-il extradé et remis à la justice française ?
Dans 3 mois maximum. Tous les 15 jours, une nouvelle étape : il y aura d'abord dans 2 semaines une première décision de la justice belge qui dira si oui ou non elle accepte la remise de Salah Abdeslam à la France et il y a tout à penser que ce pays européen ne pourra pas opposer une réponse négative.
Le terroriste présumé aura alors 24h pour faire appel de cette décision. S'il le fait, la justice belge aura de nouveau 15 jours pour rendre sa décision d'appel, puis encore 15 jours s'il se pourvoit en cassation.
Mais entre temps, Salah Abdeslam subira des interrogatoires de la justice belge sur le fond du dossier et il risque bien de parler.

Comment l'interrogatoire va-t-il se dérouler en France ?
Le terroriste présumé ne sera pas entendu sous le régime de la garde à vue: il sera interrogé par les juges du pole antiterroriste de Paris. La justice va vouloir savoir quel était le scénario précis de la soirée du 13 novembre et le rôle de Salah Abdeslam. Devait-il vraiment se faire exploser au stade de France comme il l'a indiqué hier, lors de sa premier audition en Belgique ?

Sven Mary, "l'avocat des crapules" ?

Présenté comme l'un des dix meilleurs avocats pénalistes de Bruxelles, depuis l’affaire Fortis ou encore le dossier Habran, Sven Mary est bien connu des activistes de tout poil. Ou presque. C'est lui qui a acquis la confiance de l'islamiste et il prend l'offensive: c'est le "dossier de sa vie", reconnaît-il et il n'entend pas la laisser lui échapper. Depuis l'arrestation de Salah Abdeslam, Maître Sven Mary prend la lumière alors que son client a passé sa première nuit à l'ombre.
Crâne rasé et barbe rare, il ne porte pas la robe traditionnelle de l'avocat, selon Le Point. Ce samedi, il était en anorak kaki de combat, sur tee-shirt noir (un indice !),  pour annoncer que Salah Abdeslam refuse son extradition vers la France. Premier coup d'éclat pour ce militant qui n'entend pas plier face à l'énorme pression de la justice française. Ce dimanche, en redoutable procédurier, il déclencha le tonnerrelançant qu'il va porter plainte pour violation du secret de l'instruction contre le procureur de Paris, François Molins. Un coup médiatique, puisque le droit français ne permet pas encore de poursuivre un procureur !

La robe ne fait pas la fillette 
Ce baroudeur du barreau, qui porte souvent le jean à défaut de 'battle dress', est pourtant décrit comme "l'un des dix meilleurs avocats pénalistes" de Bruxelles par le quotidien La Capitale, mais il reproche à François Molins d'avoir dévoilé samedi des éléments du premier interrogatoire de Salah Abdeslam après son arrestation. "La lecture d'une partie de l'audition de M. Abdeslam en conférence de presse constitue une violation" du secret de l'instruction, a estimé dimanche Me Sven Mary. François Molins avait précisé qu'Abdeslam avait affirmé aux enquêteurs belges qu' avant de faire "machine arrière", il "voulait se faire exploser au stade de France" le soir des attentats. 

La meilleure défense, c'est l'attaque
L'avocat bruxellois, qui en tant que jeune du quartier a joué à Anderlecht, le prestigieux club de la capitale belge,  considère que l'attaque reste la meilleure des défenses. "A un moment, il faut arrêter de s'agenouiller, de vivre sur ce sentiment de culpabilité qu'on semble avoir en Belgique, vis-à-vis de la France, depuis les attentats.
Dutroux, en avant, suivi de son avocat
On a l'impression qu'il suffit qu'elle claque des doigts... Il faut d'abord balayer sur son propre trottoir avant d'aller sur celui d'un autre", a-t-il lancé dans un entretien avec le quotidien La Dernière Heure. C'est
un spécialiste du grand banditisme, ce qui lui a valu le surnom d'"avocat des crapules". Il a notamment défendu Michel Lelièvre, l'homme à tout faire de Marc Dutroux, (ci-contre, à droite) auteur de meurtres et de viols sur des enfants et des jeunes adolescentes.

Sven Mary, qui a défendu le chef du groupuscule Sharia4Belgium, groupuscule aujourd'hui dissout,
Fouad Belkacem, ci-contre au centre, l'une des figures de proue du djihadisme en Belgique, avait été approché fin 2015 par l'entourage de Salah Abdeslam, à la recherche d'un éventuel avocat sur le fugitif le plus recherché d'Europe. Les avocats de Fouad Belkacem, leader de Sharia4Belgium, ont introduit une requête en récusation visant le président de la chambre du conseil d’Anvers. Celui-ci a donc décidé de laisser la place à un autre juge, qui être choisi et rendre sa décision aujourd’hui. Dans le cas contraire, Fouad Belgacem devra être libéré.
Leur maître à penser est Anjem Choudary, un théoricien de l’action subversive. Très actif, il a créé les branches indienne et indonésienne de la multinationale islamiste. Elles s’appellent respectivement Sharia4Ind et Sharia4Indonesia.
Et si la rigueur des lois de la "charia" peut être affaiblie dans certaines sociétés, ce n’est pas la conception d'Anjem Choudary, né au Royaume-Uni. Selon lui, par exemple, les homosexuels méritent la peine de mort, les femmes musulmanes ou non doivent porter la burqa, les ivrognes doivent être fouettés, une femme adultère doit être lapidée à mort. Et devant un tribunal, le témoignage d’un homme vaut celui de deux femmes.
L'avocat bruxellois avait expliqué au quotidien Le Soir : "Moi, ce qui me motive, c'est de lutter contre l'arbitraire et l'abus de pouvoir. Et là, on est en plein dedans", disait-il à propos du volet belge de l'enquête sur les assassinats de masse islamistes de Paris, en partie fomentées depuis la Belgique.

Une affaire comme cela, "ça change la vie"
Néerlandophile, Me Sven Mary dénonce la 
soumission de la Belgique 
qui collabore avec la France
dans la lutte contre le terrorisme islamiste 
"Vous vous souvenez de ces conférences de presse données, en direct, par le parquet fédéral dans les jours, et même les nuits, qui ont suivi les attentats de Paris ? Moi, elle m'a écoeuré cette façon de surfer sur la peur pour obtenir encore plus de pouvoir", arguait-il. 
A nouveau sollicité par un proche de Salah Abdeslam après son arrestation, à moins qu'il n'ait plutôt offert lui-même ses services, Me Mary n'a pas longtemps hésité, reconnaissant qu'un "dossier comme celui-là, ça change la vie", y compris "celle des proches".

Malgré la pression, cet avocat subversif marqué à l'extrême gauche a décidé d'aller de l'avant. "J'ai choisi mon métier et ma spécialité et j'assume. Les attentats parisiens m'ont révulsé et j'ai des idées personnelles au sujet du djihadisme qu'on ne m'enlèvera pas de la tête. Mais mon mandat est de défendre les personnes qui me demandent de le faire", a raconté Sven Mary dans la presse locale.

Capable de tout défendre, sauf l'extrême droite
Il a toutefois posé une condition : que Salah Abdelslam ne nie pas sa présence à Paris le 13 novembre. Car c'est le terrorisme islamiste que l'avocat entend justifier. Une ligne que le Français d'origine marocaine de 26 ans, qui a grandi à Molembeek, a d'ailleurs suivie lors de son premier interrogatoire, en confirmant qu'il n'a pas voulu y mourir. 
Pour le reste, Sven Mary, qui avait dû s'y prendre à trois reprises pour réussir sa première année de droit à l'université néerlandophone de Bruxelles (VUB), ne dément pas son goût pour les arcanes du Code pénal. "J'aime le droit. Les règles de procédures sont capitales. Tout avocat, s'il a un peu de fierté, est par définition procédurier", a-t-il assuré. 
Sur le site de son ancienne université, il se dit prêt à défendre tout le monde. A l'exception de l'extrême droite. Ce qui n'implique pas son rejet de tout extrémisme...