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mercredi 18 décembre 2019

Depuis l'Olympe, Jupiter émet des signaux d'ouverture sur sa réforme des retraites

Macron se dit désormais ouvert à une "amélioration possible autour de l'âge pivot"

Il n'est pas en retrait, assure-t-il, mais modestement ..."en surplomb" !

En difficultés, l'impopulaire président se fixe maintenant pour "objectif d'obtenir une pause" de la mobilisation "pendant les fêtes" de fin d'année, lâche l'Elysée.

Les syndicats auraient-ils donc été enfin entendu au 14e  jour de grève ? 
L'ex-président jupitérien mollit : dorénavant, il se dit en effet "disposé à améliorer" le projet de réforme des retraites et envisage notamment "une amélioration possible autour de l'âge pivot" de départ à la retraite, a indiqué son entourage, mercredi 18 décembre, à l'adresse des organisations syndicales qui doivent défiler à Matignon cet après-midi pour une série de rencontres bilatérales de mise au point des violons, avant une rencontre multilatérale jeudi. 

Le chef de l'Etat tente de sauver la face.
"En même temps" qu'il affirme qu'il "n'abandonnera pas le projet" et ne le dénaturera pas non plus, il fait savoir aux responsables sociaux qu'il est disposé à l'améliorer, par le truchement des discussions avec les syndicats et au sein des établissements clé que sont la SNCF et la RATP", a nuancé l'Elysée, pour qui "c'est dans l'ordre des choses qu'il y ait des avancées d'ici la fin de la semaine". 

Le président met de l'eau dans son fiel pour se rallier l'opinion.
Il s'est fixé pour "objectif d'obtenir une pause" de la mobilisation "pendant les fêtes" de fin d'année, assure-t-on.

Macron a renoncé à créer assez d'emplois pour financer son régime universel de retraite 

Il n'est plus question ni de réduction du chômage, ni de pouvoir d'achat, donc de création de richesse et de financement des retraites par l'augmentation du nombre des actifs.
Le gouvernement souhaite reculer l'âge de départ à la retraite, avec un âge pivot fixé à 64 ans à partir de 2027, afin d'équilibrer financièrement le système. Les salariés prenant leur retraite avant cet âge subiraient une décote, c'est-à-dire un malus,  s'ils en ont les moyens, ceux partant plus tard percevant au contraire un "bonus", s'ils ont encore la santé. 
Les syndicats rejettent en bloc cette discrimination, notamment la CFDT, qui est favorable à une unification des 42 systèmes de retraites existants, mais considère l'âge pivot comme une "ligne rouge". Son problème, c'est que sa proposition d'augmentation des cotisations est loin de faire l'unanimité.

Macron en est à quémander des idées pour faire rendre son projet controversé attractif et équitable. Il espère des propositions de la part des syndicats et c'est pourquoi l'entourage de Macron a décrit mercredi un gouvernement la gueule ouverte "dans un cycle de négociations et de discussions permanentes" en vue d'obtenir une pause de la mobilisation contre la réforme. Qui dit pause dit démobilisation...

Mardi, au soir de la troisième journée nationale de mobilisation intersyndicale contre la réforme de retraites, qu'ils ont qualifiée de "franc succès", les syndicats ont décidé qu'il n'y aura pas de trêve avant le retrait du projet de réforme et ont décidé de poursuivre le mouvement.
Dans l'intérêt bien compris de tous.

dimanche 15 décembre 2019

Temps de travail des internes : Agnès Buzyn menace de sanctions

La ministre de la Santé s'en prend aux plus vulnérables 

Buzyn 
rappelle ses confrères à la loi


Les hôpitaux ne respectant pas la loi en matière de temps de travail des internes sont dans le viseur de la ministre. En grève illimitée depuis mardi, les internes en médecine ont été entendus par la ministre, qui renvoie la responsabilité du dépassement des horaires de travail sur les hôpitaux, ce dimanche.
"Leur temps de travail n'est pas respecté, c'est contre la loi", a observé la ministre, sur BFMTV, à deux jours d'une manifestation regroupant médecins, soignants et internes.
Selon la ministre, les internes "ne doivent pas travailler plus de 48 heures par semaine. Or, c'est parfois beaucoup plus". Elle a ainsi promis que les dépassements du temps de travail réglementaire seraient "rendus publics, dans tous les hôpitaux", qui "pourraient avoir des sanctions".

Un bras de fer est engagé entre les médecins et la ministre qui réagit à la tribune de ses confrères (lien PaSiDupes). 
Agnès Buzyn l'assure : "Je suis la ministre qui, depuis 10 ans, a ré-augmenté le budget des hôpitaux".

L'hôpital public, lieu privilégié de formation à l'abandon

Appelés à la grève par l'Intersyndicale nationale des internes, principal syndicat (Isni), depuis le 10 décembre, les internes dénoncent depuis plusieurs mois la "dégradation des soins" et le dépérissement de l'hôpital public, "lieu privilégié" de leur formation. 
"La qualité et le temps de formation est en constante décadence", écrit l'Isni samedi. Pour lutter contre "les dérives de leur temps de travail", il réclame le décompte de leurs heures pour identifier les services avec les plus importants manquements.

Buzyn, prête à desserrer le garrot.
L'ouverture prochaine de discussions pourrait être décidée sous la pression pour  "valoriser leur temps de travail additionnel" et "faire en sorte que la réglementation s'applique, c'est-à-dire qu'ils aient un repos compensatoire après une garde". Ce qui supposerait des créations de postes dans sept et neuf ans...

En attendant, les internes rejoindront mardi les médecins et soignants mobilisés partout en France, après neuf mois de crise à l'hôpital public, pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs.
Leur souci est de "rester visibles" parmi les actions prévues le même jour contre la réforme des retraites. 
Rendez-vous à Paris le lundi 20 janvier : le syndicat appelle en effet à une manifestation nationale. 
Pas sûr que ses confrères laissent à Buzyn un peu de "repos compensatoire" pendant les fêtes de fin d'année. Mais ça fait deux ans et demi qu'ils nous disent qu'ils sont au travail. Qu'ils gardent le rythme !

660 médecins hospitaliers menacent de démissionner

En refusant le dialogue social, la ministre Buzyn les pousse à bout

Ils sont chefs de service, responsables d'unités ou médecins hospitaliers...




Si la ministre de la Santé, Agnès Buzyn n'ouvre pas de "réelles négociations", quelque 660 médecins de l'hôpital public menacent de démissionner, menacent-ils dans une tribune parue dimanche 15 décembre dans le Journal du dimanche (JDD), alors que les médecins généralistes se mobilisent. 
"Afin de crier leur désespoir, des chefs de service, responsables d'unités de soins et médecins participant à la gestion des hôpitaux, nommés ou élus, ne demandant rien pour eux-mêmes, s'engagent à démissionner si la ministre n'ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l'hôpital public", écrivent-ils dans la tribune.
"Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l'alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l'austérité, pénurie", écrivent les signataires du texte, venus de "toutes spécialités, de tous hôpitaux, de toutes régions" et membres du collectif Inter-hôpitaux qui appelle à la mobilisation mardi prochain.

"Comment forcer le gouvernement à ouvrir un Grenelle de l'hôpital public avec un vrai plan financé répondant aux besoins ?"

Pour les signataires, les mesures annoncées en novembre par le gouvernement pour répondre à la crise dans l'hôpital public ne répondent pas aux besoins des établissements. Par exemple, ces mesures "se résument, pour 2020, à moins de 300 millions supplémentaires, alors que de l'avis général, il manque 1,3 milliard d'euros pour répondre à la seule augmentation des charges".

Si Buzyn a confirmé au début du mois de décembre le déblocage "immédiat" de 415 millions d'euros, issus de la réserve du budget de l'Assurance maladie, les médecins signataires ne croient plus en leur ministre de tutelle. "La ministre actuelle ne manque pas de témoigner sa compassion, mais le vrai ministère de la Santé est à Bercy, écrivent-ils. L'hôpital se meurt, et la ministre ne lui administre que des soins palliatifs."

"Lorsque nous serons 1.000, concluent-ils, nous adresserons notre lettre à la ministre pour lui enjoindre d'ouvrir les négociations avec le collectif Inter-Hôpitaux (CIH)... ou de nous rejoindre."

Après neuf mois de crise à l'hôpital public, médecins, soignants ou encore internes sont de nouveau appelés à se mobiliser partout en France mardi, par des collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences rejoints par des organisations de praticiens et les syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD, UNSA.

vendredi 15 novembre 2019

Le gouvernement laisse "dépérir l'hôpital" public, accusent les oppositions

L'exécutif fait l'unanimité contre lui autour du budget de la Santé

Les oppositions, rassemblées au chevet de l'hôpital

Résultat de recherche d'images pour "madone Buzyn"Le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, met en garde : "il faut des moyens en plus, 800 millions à 1 milliard, au moins, mais ça ne suffira pas". 

"Il faut débureaucratiser" le système, car "c'est l'administration qui a pris le pas sur les soignants"; "il faut le décentraliser", a-t-il insisté sur France 2.

Olivier Faure, le patron du PS a dénoncé "un gouvernement qui continue à laisser dépérir l'hôpital" parce qu'il a une "vision comptable et très étriquée", a-t-il observé sur Sud Radio, et il ne "saisit pas l'état dans lequel se trouvent" les hôpitaux publics.

"C'est une société à deux vitesses; il y a ceux qui ont la carte de Sécurité sociale et il y a ceux qui auront la carte bancaire" pour aller se faire soigner dans le privé, a estimé le communiste Fabien Roussel, sur BFMTV.
Selon le secrétaire national du PCF, "il manque 4 milliards d'euros pour notre système de santé publique pour répondre aux besoins de nos concitoyens en matière d'hôpitaux publics, en matière de désert médical et en matière de médicaments".

Accusant pareillement le gouvernement de laisser "dépérir l'hôpital" public qui descend dans la rue jeudi, Marine Le Pen (RN) a sommé la ministre de la Santé Agnès Buzyn d'"exiger un budget" ou de "démissionner".
"A partir du moment où elle [Agnès Buzyn, médecin de profession] vient de l'hôpital, elle ne peut pas ne pas savoir que la situation de l'hôpital est catastrophique. Donc, quand on est ministre dans cette situation-là, soit on exige d'avoir un budget pour arrêter la fermeture des centaines de lits, des dizaines de salles d'opérations, des unités de soins qui ferment chaque semaine, soit on démissionne", a déclaré sur LCI la présidente du Rassemblement national.
"Le pouvoir dans notre pays, hélas, il est bien souvent entre les mains de Bercy", le ministère de l'Economie, duquel émanent "des décisions qui sont budgétaires", a dénoncé M. Le Pen.

Des médecins aux aides-soignantes, des doyens aux étudiants, c'est un hôpital public à bout de souffle qui est appelé à manifester jeudi pour exiger davantage de moyens et d'effectifs, pendant que le gouvernement peaufine un "plan de soutien" très attendu.

Agnès Buzyn a promis un "plan de soutien", mais la ministre de la Santé a déjà échoué par deux fois à sortir de ce conflit: ni la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet, ni le plan de "refondation" annoncé en septembre n'ont suffi à faire baisser la tension. 
La poudre de perlimpinpin est inopérante.

dimanche 25 novembre 2018

"Gilets jaunes" : rendez-vous samedi 1er décembre à Paris ?

Un appel à une nouvelle journée de mobilisation à Paris a vu le jour.

"Acte 3 Macron démission !", l'objectif de cette nouvelle journée de mobilisation est clairement affiché sur la page de l'événement


Alors que Macron s'apprête à endormir la population, mardi, avec des annonces qui ne feront pas bouger les lignes, puisqu'il s'est dit déterminé à garder le cap,
les Gilets jaunes jouent franc-jeu sur Facebook avec un appel à une nouvelle manifestation à Paris, lancée samedi 24 novembre.
Dimanche matin, déjà 14.000 personnes annoncent qu'elles y participeront, 76.000 autres se déclarent intéressées. 

"Plus de pouvoir d'achat" et "l'annulation des taxes sur les carburants", ce sont les revendications des "gilets jaunes" portées par les organisateurs .
"Sinon, en marche vers la démission de Macron !", prévient-on sur le réseau social.

La question de la sécurité prise au sérieux

Les "gilets jaunes" ne bénéficient pas d'un service d'ordre syndical ou politique, mais les dégâts et violences causés par les "casseurs "en marge" des rassemblements ne sont pas plus importants que lors des défilés à l'appel d'organisations syndicales ou politiques. 

Ils ont appris des deux expériences précédentes et s'attellent à la mise en place de moyens de limiter ou dissuader les fauteurs de troubles, qu'ils soient d'extrême droite ou gauche.
Car, certaines chaînes ont fait un tort immense aux gilets jaunes, singulièrement CNews qui, pendant ces quinze premiers jours de barrages filtrants, n'a pas cessé de dénigrer le mouvement populaire et citoyen de défense du pouvoir d'achat des plus défavorisés, notamment accablés par les taxes diverses sur les automobiles. 
BFMTV est plus sournois, tantôt compréhensive, tantôt répressive, le méprisant Dominique Rizet et l'intransigeant représentant du Syndicat des Commissaires de la Police Nationale (SCPN) s'étant particulièrement distingués.
Il est vivement recommandé de boycotter ces deux chaînes commerciales de désinformation
"Pour le 1er décembre, il faudra faire ça proprement. 
Aucune casse et 5 millions de Français dans la rue ! Notre mouvement prend de l'ampleur ! Il ne faut rien lâcher !", ajoute également les organisateurs de l'événement. Afin d'assurer la sécurité lors de ce prochain rassemblement, les organisateurs proposent que des manifestants excluent eux-mêmes les individus violents : "nous proposons de mettre en place des gilets 'rouges' qui auront la responsabilité de sortir les casseurs de nos rangs. Il ne faut surtout pas se mettre la population à dos. Faisons attention à notre image les amis". 

"La lutte a commencé, elle ne s’arrêtera pas sans contreparties importantes redonnant la dignité aux citoyens", ont averti les organisateurs dans une publication s’apparentant à un communiqué.


Lieu du rassemblement ? L'avenue des Champs-Elysées, théâtre, samedi 24 novembre, d'une violente manifestation de colère et d'affrontements entre la police et des casseurs.
Objectif : faire mieux, en nombre et en sérénité

dimanche 4 février 2018

Enseigne Carrefour : semaine de mobilisation contre le plan social

La CGT appelle les salariés de l’enseigne de grande distribution à se mobiliser dès ce 5 février

Le plan social provoque une protestation qui doit durer jusqu’au samedi 10 février
  
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Le siège de l'enseigne Carrefour est à Massy, Essonne
Le choix du lieu du rassemblement suggère une opération syndicale. Le collectif CGT Carrefour appelle en effet les salariés du groupe à se mobiliser contre le plan de restructuration annoncé le 23 janvier par le groupe de grande distribution, à Montreuil (Seine-Saint-Denis) sur la commune où se trouve le siège national de la CGT. 
C’est pour protester contre cette "casse sociale" que la CGT prévoit "un temps fort" lundi 5 devant l’hypermarché Carrefour de Montreuil en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. L’appel à mobilisation court sur toute la semaine, jusqu’au samedi 10 février. 
Le 8 février, FO appelle de son côté à une manifestation. 

2.400 suppressions de postes 
Le plan présenté par Carrefour prévoit la suppression de 2.400 postes dans les sièges du groupe, via un plan de départs volontaires (PDV), ainsi que la sortie du groupe, par cession ou fermeture, de 273 ex-magasins Dia, qui affecte 2.100 salariés avec un plan social (plan de sauvegarde de l’emploi, PSE) à la clé. 

Le projet de la direction vise aussi à réduire la surface des hypermarchés de 100.000 m2 et une réduction des coûts de deux milliards d’euros. 

Le ministère du Travail a assuré suivre "avec la plus grande attention le déroulement" de ces deux plans...

"Tous deux de grande ampleur". Et d’ajouter, le mercredi 31 janvier : "Nous serons extrêmement vigilants sur la qualité du dialogue social, ainsi que sur les moyens mis en œuvre pour favoriser le retour à l’emploi des salariés (affectés), notamment la formation, les mesures de reclassement…" Une préoccupation que le ministère a affirmée en recevant les organisations syndicales au cours de la semaine du 29 janvier. 

La CGT refuse le dialogue

Initiatrice des protestations à partir du 5 février, la CGT a prévenu les autorités qu’elle "ne négociera pas. Elle se battra pour qu’il n’y ait pas de plan", a assené Philippe Allard, délégué CGT, après sa rencontre rue de Grenelle. 
Il a souligné que l’Etat avait "subventionné" Carrefour en lui versant "plus de 700 millions d’euros via le CICE" (crédit d’impôt compétitivité emploi, proposé par le gouvernement Ayrault, PS) depuis le 1er janvier 2013, représentant un coût pour les finances publiques évalué à 11,3 milliards d'euros en 2013 et à 19 milliards d'euros en 2015
En juillet 2014, Rue89 (du groupe L'Obs, propriété de Xavier Niel et Matthieu Pigasse, également détenteurs du groupe Le Monde) révéla que le rapporteur de la mission d'information parlementaire sur le CICE, le député socialiste Yves Blein (qui soutiendra la candidature Macron) est membre de la famille Mulliez, groupe Auchan, ce qui peut poser un problème de conflit d'intérêts dans la mesure où le groupe Mulliez a largement bénéficié de ce dispositif (44 millions d'euros en 2013).Un journal d'extrême gauche auquel collabora François Ruffin (LFI), Fakir, en décembre 2016 dénonça le fait que plusieurs enseignes de la grande distribution aient pu transformer l'aide de l'État en dividendes pour les actionnaires, ou en rétributions pour les patrons.
Dans Le Point, Jean Nouailhac critiqu
e l'identité des entreprises qui ont le plus bénéficié du CICE. Il dénonce le fait que des entreprises, dont l’État est actionnaire, comme La Poste, ont grandement bénéficié du dispositif, sans pour autant embaucher.
La délégation Force ouvrière a de son côté exigé "une négociation quantitative et qualitative" en termes de "reclassements, de formation et de retour à l’emploi". 
Une délégation CFDT a, quant à elle, exposé au ministère ses interrogations et "inquiétudes", alertant notamment le gouvernement sur l'"ampleur" de l’impact social, "plus de 5 .000" postes en ajoutant deux projets de restructuration en cours depuis l’automne. Laurent Berger, secrétaire général de cette organisation, avait de son côté demandé que Carrefour, "groupe rentable", ne verse pas cette année de dividendes à ses actionnaires et qu’il utilise plutôt cet argent pour "le reclassement et l’accompagnement des salariés concernés". Populisme ?

jeudi 25 janvier 2018

Pénitentiaire : la ministre Belloubet, huée et sifflée par les surveillants à Borgo, Corse

Nicole Belloubet, rappelée à l'ordre pour sa désinvolture

La ministre de la Justice s'est rendue en Corse le 20 janvier 2018 après l'agression de deux surveillants de la prison de Borgo, le 19...

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet s'est montrée plus réactive en Corse qu'à Vendin-le-Vieil
Elle était à Borgo dès le samedi 20, au lendemain des faits du vendredi 19, après l'agression de deux gardiens de prison. La ministre a été accueillie par les sifflets d'une centaine de surveillants massée devant la maison d'arrêt. 

En revanche, après les agressions, à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), de trois gardiens par un islamiste allemand Christian Ganczarski, 51 ans, de retour du djihad la ministre avait commis une erreur de jugement en négligeant d'engager le dialogue en urgence avec les hommes qu'elle a en charge, alors que tous les commentateurs parisiens et les élus, notamment de la majorité macronienne, s'accordent pour dire que le sujet est explosif et ...ancien et au moment où l’établissement doit accueillir Salah Abdeslam, islamiste considéré comme le cerveau de l’attentat contre une synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en 2002 et seul survivant du commando des attentats du 13 novembre 2015 lors de son procès en Belgique début février… 
"J’ai entendu des cris, des hurlements, comme si on égorgeait quelqu’un… Et, par terre, il y avait du sang partout, c’était impressionnant", raconte, encore un peu secoué, un détenu de Vendin. "Il a tenté de frapper celui qui avait ouvert la porte à la carotide, puis a blessé le deuxième collègue, qui tentait de le ceinturer, à la tête." Des faits qui devaient être au rapport adressé à la sexagénaire de 63 ans.
Une petite dizaine de surveillants se sont enchaînés aux grilles de la prison de Vendin-le-Vieil. / © Grégory Strzempek
Des surveillants pénitentiaires se sont attachés aux grilles de l'établissement de Vendin-le-Vieil

L'assassin de Vendin avait écopé d’une peine de dix-huit ans de prison qu’il terminait de purger à Vendin-le-Vieil. Il devait sortir le 24 janvier… Or, ce djihadiste est l'ancien responsable de la maintenance et du cryptage des réseaux de communication d’Al-Qaïda et a vécu au côté de Ben Laden en Afghanistan. Il était donc déterminé à tuer ses gardiens pour créer un empêchement à son extradition vers les Etats-Unis.
L’annonce de sa possible extradition vers les Etats-Unis dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 a sans doute tout fait basculer : d’après des écoutes téléphoniques, Ganczarski semblait prêt à tout pour empêcher son transfert outre-Atlantique. Il avait de ce fait été placé à l’isolement vendredi avec des équipements spécifiques (casque, bouclier, pare-coup) pour les surveillants devant l’approcher. "Mais parce qu’il s’est tenu à carreau, les mesures d’isolement ont été réduites lundi [8 janvier] par le chef d’établissement", regrette Jean-François Forget, secrétaire général de l’Ufap-Unsa-Justice, évoquant alors la colère des personnels pénitentiaires et la possibilité d’une action nationale à venir.
Jeudi, la section antiterroriste du Parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste. Des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

La ministre a sous-estimé la légitimité de la colère des personnels

Ils risquent leurs vies au quotidien auprès de bêtes fauves, sans les moyens d'assurer leur propre sécurité, ni considération hiérarchique.
Ganczarski, un converti, "qui travaillait, ne posait pas de problème particulier et ressemblait plus à un grand-père", raconte Frédéric Charlet, secrétaire régional adjoint de l’Ufap-Unsa-Justice dans les Hauts-de-France . Il a aussi ce charisme [ou simplement une réputation] qui lui permet d’avoir un ascendant notable sur les prisonniers. "Dès qu’il était placé à l’isolement, il y avait des mouvements de soutien des autres détenus qui parvenaient à bloquer le fonctionnement quotidien de la prison… On avait fini par renoncer", se souvient ainsi un surveillant l’ayant côtoyé lors de son passage dans une prison d’Ile-de-France, au milieu des années 2000. Discret, avenant, poli, cultivé et polyglotte (polonais, allemand, français et anglais), Ganczarski s’était pourtant fait remarquer par son prosélytisme, caractérisé par des appels à la prière et la distribution de textes religieux. "L’agresseur a accompagné ses gestes du cri d’Allouha Akbar, et ce à au moins trois reprises", poursuit le représentant syndical.

"On avait l'impression qu'ils s'en foutaient qu'on fasse grève, alors on a décidé de frapper fort", entame Grégory Strzempek, délégué UFAP à Vendin. Ce mardi matin, peu après 6h, une dizaine de surveillants se sont enchaînés aux grilles de l'établissement, bloquant totalement l'accès à la prison.


Alors que la mobilisation nationale des surveillants pénitentiaires est engagée depuis lundi 15 janvier, deux gardiens ont en effet été attaqués au couteau par un détenu islamiste dit "radicalisé" ce vendredi matin dans la prison de Borgo, en Corse. La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est rendu_ au chevet des victimes, qualifiant l'agression de "grave et intolérable". 

A sa sortie de l'hôpital, la garde des Sceaux a trouvé des manifestants devant la maison d'arrêt. Mais les surveillants l'ont huée et sifflée avant de lui tourner le dos, rapporte Igor Sahiri, journaliste de BFMTV (qui ne sait pas faire un accord du participe passé : cf. ci-dessus), "présent sur place", précise BFMTV (mais qui ne fait que reprendre des phrases entières de la dépêche de l'AFP : pas besoin d'aller en Corse !). 
"On ne veut pas te parler, retourne à Paris", "Vous ne faites rien", ont-ils scandé, alors que la ministre, entourée de gendarmes, tentait d'ouvrir le dialogue qu'elle avait tant tardé à engager à Vendin, après s'être entretenue à l'intérieur de l'établissement avec les organisations syndicales et des agents.

"Je crois qu'il y a beaucoup d'émotion dans ce que disent et les surveillants qui ont été touchés et les personnels de l'établissement. 
Beaucoup d'émotion, beaucoup de colère", a déclaré Nicolas Belloubet [selon BFMTV : Nicole serait un homme] qui a assuré "comprendre parfaitement" cette colère. 
"Je m'engage à leur apporter des réponses", a-t-elle promis, ajoutant, en référence aux négociations en cours entre syndicats et administration pénitentiaire au niveau national, qu'elle "attendra la fin de ces discussions pour faire des annonces précises".
Or, les syndicats ont claqué sa porte : l'urgence peut attendre !

samedi 16 septembre 2017

Surexploitation : des policiers et leurs compagnes manifestent leur colère à Paris

"Citoyens ! désavouée votre police se meurt"

Près d’un an après le déclenchement d’une mobilisation inédite dans la police, pendant l'"état d'urgence"


Ils étaient encore plusieurs centaines à manifester à Paris et dans plusieurs grandes villes, 
L’image contient peut-être : textesamedi 16 septembre : avec leurs compagnes, ils ont exprimé leur "colère" sur leurs conditions de travail.
Femmes de policiers en tête du cortège, environ 200 personnes défilaient en début d’après-midi dans la capitale, dans le quartier des Invalides, derrière une banderole "Citoyens ! désavouée, votre police se meurt". Un mannequin représentant un policier était dressé sur une voiture, une cible placée dans le dos, et des manifestants scandaient des slogans comme "Assez, assez de policiers brûlés !".

Les policiers ont le sentiment d'être les "éboueurs" de la société 


VOIR et ENTENDRE la vidéo de l'Association MPC - Mobilisation des Policiers en Colère :

Née après l’attaque aux cocktails Molotov de policiers gravement blessés le 8 octobre 2016 à Viry-Châtillon (Essonne), 
L’image contient peut-être : une personne ou plus et textela fronde parmi les policiers avait duré plusieurs semaines, avec des manifestations la nuit à travers la France. Spontanée, grâce aux réseaux sociaux et sans les syndicats, elle était inédite par son ampleur. Il s’agit d’alerter sur "nos conditions de travail avec des véhicules hors d’âge, des lourdeurs procédurales…", a expliqué Tom, vice-président de l’Union nationale des policiers indépendants (UPNI), l’une des trois associations qui ont appelé à manifester (MPC, Mobilisation des Policiers en Colère, l'UPNI, Union des Policiers Nationaux Indépendants, et les FFOC, Femmes des Forces de l'Ordre en Colère).

VOIR et ENTENDRE cette vidéo de mobilisation des policiers et de sensibilisation de la population :

"On ira jusqu’au bout"
L’UPNI compte envoyer la semaine prochaine au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, un "magazine" compilant 
des photos réunies dans le cadre d’un concours lancé cet été pour dénoncer la vétusté de leurs équipements. "Le commissariat de Coulommiers [Seine-et-Marne] a "gagné" ", a fait savoir le vice-président de l’UPNI. Le maire de la ville fut Franck Riester ((2008-2017).



Les "défavorisés" du ministère de l'Intérieur, dont on ne parle pas :

D’autres mobilisations ont eu lieu en France, comme à Strasbourg et Lyon. 
A Marseille, une soixantaine de personnes, des policiers et leurs femmes, s'est rassemblée vers 13 heures. "Tout le monde ne déteste pas les forces de l’ordre. Nous on les aime, et on ira jusqu’au bout", déclarait Isabelle, femme de policier marseillais et porte-parole régionale de la fédération 'Femmes de forces de l’ordre en colère'.
A Bordeaux :
Face à la mouvement social de l’automne 2016, le gouvernement précédent avait débloqué 250 millions d’euros pour améliorer l’équipement des policiers, et fait voter une loi assouplissant les règles de la légitime défense.



mercredi 13 septembre 2017

Journée d'action anti-loi Travail: incidents à Paris, Lyon et Marseille

Forte présence policière et des affrontements dans plusieurs villes

Ce mardi 12 septembre a marqué le début des hostilités contre la réforme du code du travail par ordonnances du gouvernement.
 

Les manifestants contre la réforme du code du travail étaient 223.000 personnes dans toute la France, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, contre un chiffre de 400.000 annoncé par la CGT. 
"Pour une première, c'est une bonne première", a réagi Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, à l'initiative de cette journée d'action avec Solidaires, la FSU et l'UNEF. 

Des manifestants de Force ouvrière (Cgt-FO) étaient présents
, en dépit de la décision de Jean-Claude Mailly, leur secrétaire général, de ne pas se joindre à la mobilisation appelée par la CGT et Sud. Interrogé par le journaliste des Échos sur la participation annoncée de certaines unions départementales de Force ouvrière, comme celle du Finistère, à cette journée de mobilisation, le secrétaire général a mis cette décision sur le compte du positionnement "anarchiste" des militants de cette structure : "A Force ouvrière, il y a des gens qui se disent anarchistes; ils sont très critiques de manière générale."

S
ur CNews, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a reconnu une "mobilisation d'un certain niveau",  assurant avoir "entendu les craintes" et l'obligation du gouvernement d'"y apporter des réponses".
De prochaines mobilisations sont déjà prévues.

Des affrontements se sont déroulés dans plusieurs villes lors de manifestations contre la réforme du droit du Travail, a confirmé mardi le ministère de l‘Intérieur.

Treize personnes ont été interpellées par les forces de l‘ordre sur l‘ensemble du territoire français

A Paris, ci-contre Place d'Italie, 
le cortège a réuni 60.000 personnes, selon la CGT, et 24.000, selon la police, entre Bastille et place d'Italie au son d'une fanfare animée par des forains, certains déguisés en clowns. Il a été stoppé à plusieurs reprises par des dégradations. 

Un groupe de près de 300 individus vêtus de noir avait pris la tête du cortège 
dès le début du défilé. Les forces de l'ordre ont répliqué à des jets de projectiles par des gaz lacrymogènes et un canon à eau.

Des heurts ont eu lieu entre des opposants encagoulés et des policiers sur le parcours et non en marge de la manifestation. Une vitrine de magasin a été cassée, du mobilier urbain et une voiture de police ont été abîmés, ont précisé les autorités.


Les policiers ont eu recours au gaz lacrymogène et à un canon à eau
 notamment pour protéger les abords de l‘hôtel de police du 13e arrondissement.
Deux participants ont été interpellés - quatre, selon la préfecture de police - , pour avoir notamment lancé des pierres, une autre a été arrêtée en possession de fumigène et une dernière pour outrage et rébellion.
Sept manifestants ont été pris en charge par les services de secours. L‘un d‘eux, légèrement blessé, a été conduit à l‘hôpital.
Société - Politique - Premier round dans la rue contre la loi Travail XXL
Marseille, 2016

A Lyon, 5.400 participants, selon la police, ont défilé contre la loi.
Les opposants à la réforme du code du travail lancent des "Macron démission !"

La police a aussi fait usage de gaz lacrymogène, indisposant de nombreux manifestants.
Les forces de l‘ordre ont isolé une centaine de jeunes pour procéder à des contrôles d’identité. Ces procédures ont permis la saisie de bombes lacrymogènes et des couteaux.
A Marseille, où la préfecture a recensé 7.500 manifestants - les organisateurs en en comptant 60.000, quelques incident ont aussi eu lieu.

Dans les autres métropoles régionales
A Toulouse, les opposants à la réforme étaient entre 8.000 et 16.000. 
Au Havre, la ville du Premier ministre Edouard Philippe, la police comptabilisait 3.400 manifestants. 
A Nantes, des échauffourées ont éclaté en fin de manifestation. 
Au total, 13 personnes ont été interpellées en France, a précisé l'Intérieur.

Derrière sa banderole, en tête du cortège, Christian râle un peu. "Ils attendent tous le leader maximo, ou quoi ?" envoie le syndiqué SUD à la nuée de caméras guettant l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon. Dans le cortège marseillais, la tête de gondole de 'La France insoumise', Jean-Luc Mélenchon, a annoncé qu'il ira saluer les dirigeants syndicaux avant de rejoindre ses troupes militantes en queue de cortège, et a promis de "faire reculer" le président de la République.
"Nous ne sommes pas en train de faire des barouds d’honneur, mais d’organiser une défense implacable du Code du travail", a-t-il déclaré. "Ce qui va être la surprise, c’est qu’il va finir par céder, ce pays ne veut pas du monde libéral. Ici, c’est la France, c’est pas l’Angleterre", a-t-il ajouté.
Mélenchon et les Insoumis défileront, eux, le 23 septembre contre le "coup d’État social" d’Emmanuel Macron.