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samedi 10 mars 2018

Pimkie: la direction présente son plan de départs volontaires

La direction de Pimkie abaisse le montant des indemnités supra-légales  

Ce vendredi 9,
 la direction de Pimkie a présenté son plan de départs volontaires pour les 208 salariés de l'entreprise 
menacée de fermeture

Mobilisation de décembre 2017
Le 8 janvier 2018, la chaîne de prêt-à-porter féminin Pimkie a présenté aux salariés un projet de suppressions de postes, via des ruptures conventionnelles collectives. Permises par la réforme du Code du Travail, ces ruptures de contrat amiables en nombre nécessitent un accord majoritaire avec les syndicats. Il s'agit d'une forme de plan de départs volontaires hors du cadre d'un plan social.  
"Ils nous ont annoncé le 19 décembre en comité d'entreprise leur volonté de signer un accord de ruptures conventionnelles collectives", a expliqué Valérie Pringuez (CGT), secrétaire du CE Pimkie PPP. La CGT avait annoncé qu'elle ne signerait pas. 
Pour Maley Upravan (FO), la direction entend "s'éviter plein de contraintes" (de reclassement notamment) en supprimant des postes via des ruptures conventionnelles collectives. Si le projet aboutit, les salariés "vont payer des impôts plein pot sur leurs indemnités", a-t-elle dénoncé.

Les indemnités supra-légales, notamment, ont été abaissées. La direction de Pimkie a présenté à son siège de Villeneuve-d'Ascq ses mesures pour les 208 emplois . 
Dans son plan de départs volontaires, l'ensemble des mesures négociées dans le cadre des discussions avec les syndicats a été conservé, à l'exception des indemnités supra-légales. 

Alors que les négociations avaient fixé un socle de base de 4.000 euros pour l'ensemble des salariés avec des indemnités supplémentaires selon différentes tranches d'ancienneté, la direction a finalement supprimé ce socle et diminué le montant des indemnités de 100 euros par tranche d'ancienneté. 
Elle a toutefois accepté de déplafonner les indemnités concernant les salariés de plus de 30 ans d'ancienneté. 

Projet d'accord rejeté le  lundi 5 mars

La direction s'est félicitée des mesures présentées vendredi. 
Elle estime qu'elles sont "supérieures à ce qui était proposé initialement, que ce soit celles relatives à la formation, à la création d'entreprise, ou au congé de reclassement, et identiques sur le quantum comme sur le contenu à celles qui ont été négociées avec les organisations syndicales". Les indemnités supra-légales ont été jugées "tout à fait correctes, et supérieures à ce qui était proposé initialement". 

De leur côté, les syndicats se braquent. 
"L'entreprise reste butée sur ses positions et démontre qu'elle avait ciblé certains salariés", a réagi Valérie Pringuez, secrétaire CGT du CE, qui parle d'une "grosse déception". 
"L'attitude de la direction est irrespectueuse face à notre position de signature, car elle n'a pas mis a minima (sur les indemnités) les mesures négociées, à croire qu'elle ne souhaite pas préserver le climat social", a regretté Marie-Annick Merceur, déléguée CFDT. 

Lundi, les syndicats majoritaires, FO et CGT, avaient refusé de signer le projet d'accord négocié avec la direction à l'issue de plusieurs séances de discussions. Les mesures proposées avaient été jugées bien trop insuffisantes, notamment concernant 83 salariés soumis à une clause de mobilité et menacés de licenciement pour "motif personnel". 
En dépit de leur rejet, la direction de Pimkie peut cependant faire appliquer son plan de départs volontaires si celui-ci est homologué par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte). Ce plan affecterait à la fois le siège, la logistique et les magasins, dont 37 sont promis à la fermeture, avec les 83 emplois soumis à une clause de mobilité en moins à la clé.

Connaissez-vous Pimkie ?

Cette entreprise de 1900 employés est une enseigne de prêt-à-porter française pour femmes. Elle compte aujourd'hui 718 magasins dans 30 pays, un siège international en France, 5 bureaux d'achat-sourcing (Maroc, Tunisie, Turquie, Chine et Hong Kong), 1 dépôt fédéral en Allemagne et 5 dépôts de distribution en Europe.
Pimkie dégraisse-t-il tous les 9 ans ?En 2009 déjà une centaine d'employés de l'enseigne s'étaient mis en grève au moment de Noël dans les locaux de la société à Wasquehal. Les grévistes demandaient de meilleures indemnités de départ dans le cadre d'un plan social. L'intersyndicale CFDT-FO souhaitait également la sauvegarde d'une quarantaine des 190 postes menacés ainsi que des garanties sur le reclassement des salariés concernés par le plan social.Pimkie international a fini l'année 2017 avec "un trou de 45 millions d'euros", dont "plus d'1 million pour la France", déficitaire pour "la première année", d'après Maley Upravan (FO).
Cette enseigne fait partie de l'Association familiale Mulliez.
C'est un groupement d'intérêt économique composé des 550 membres de la famille Mulliez oeuvrant pour les intérêts économiques de la famille Mulliez, originaire du département du Nord. 
C'est le groupe Auchan, Saint Maclou, Maxauto, Midas, Norauto, Kiloutou, Kiabi, Brice, Flunch, Boulanger,Saturn, Cultura, et Phildar, outre des participation dans Jules, Aquarelle ou Alinéa.
Troisième fortune de France, Gérard Mulliez et sa famille sont ainsi à la tête d'une fortune évaluée à 26 milliards d'euros en 2016, .

vendredi 16 février 2018

Traitement de choc pour la SNCF : un projet inquiète le monde du rail et ses usagers

Statut des cheminots, départs volontaires et fermeture de lignes jettent les cheminots sur les quais

Commandé par le Premier ministre Edouard Philippe à la demande de Macron, 
un rapport préconise plusieurs bouleversements à la SNCF

Résultat de recherche d'images pour "SNCF suppression petites lignes""La situation du transport ferroviaire est préoccupante" et Matignon a annoncé l'ouverture d'une "première phase de concertation" la semaine prochaine.  Les propositions choc présentées par l’ancien patron d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, homme de gauche, et remis jeudi à Edouard Philippe dresse un constat sévère sur l’état de la SNCF. 
"Le vieillissement du réseau n'explique pas tout, loin de là," selon le dossier de 127 pages. Il pointe du doigt la dérive des coûts, un financement du système ferroviaire "gravement déséquilibré" et plus généralement "l'absence de réelles incitations à l'efficacité"

Pour faire face à cet abandon, le rapporteur préconise 43 propositions, dont certaines seraient un électro-choc pour la SNCF et ses usagers
 
Parmi les mesures phares du rapport, on retrouve la modification du statut de la SNCF
D’établissement public à caractère industriel, il pourrait se transformer en sociétés anonymes à capitaux publics. Ce changement permettrait à SNCF Réseau d’éviter un dérapage de sa dette, actuellement estimée à environ 46 milliards d’euros et le rapport envisage que l’Etat puisse en reprendre une partie : les Français endosseraient cette charge
L’évolution vers une société anonyme permettrait également à SNCF Mobilité de s’ouvrir à la concurrence, ce qui devrait être possible pour les TER dès la fin 2019.
  
Audit des "petites lignes" 
Jean-Cyril Spinetta estime qu'il faut "recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence", c'est-à-dire les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV entre les principales métropoles françaises.

Il encourage à un audit des "petites lignes" pour voir si certaines nécessitent d’être fermées. "Il paraît impensable de consacrer près de 2 milliards d’euros à seulement 2% des voyageurs, affirme le rapport. Le maintien des lignes héritées d’une époque où le transport ferroviaire était l’unique moyen de déplacement doit être revu.Le car, le scooter ou la voiture individuelle (malgré la suppression du gazole à prix abordable) pour les zones rurales et le train pour les urbains, sans discrimination évidemment des plus défavorisés par l'isolement et la désertification des campagnes.

Le rapport juge en revanche le réseau à grande vitesse "abouti". 
Selon Spinetta, la construction de nouvelles lignes "entraînerait le TGV au-delà de sa zone de pertinence économique". 

Fin du statut particulier des cheminots 
2016
Le rapport propose enfin un "nouveau contrat social" aux salariés de la SNCF, mais il mettrait fin à ce statut privilégié pour les nouveaux arrivants. C’est déjà la "solution" qui avait été retenue dans le passé pour Orange et La Poste. La direction d'Orange avait commencé par faire la "chasse" aux véhicules de fonction et de service. L'objectif était de mettre fin à ces avantages en nature à un moindre coût. La Banque Postale Financement profitait de 44 jours de vacances, de 7.275 euros de primes, d'une participation de l'employeur aux repas, d'une couverture sociale étendue et d'un bon comité d'entreprise. Et 36 heures de travail hebdomadaire...

Jean-Cyril Spinetta estime également que la SNCF devrait pouvoir "recourir pendant deux ans à la procédure des plans de départs volontaires", pour mettre fin aux "excédents d'effectifs qu'elle gère tant bien que mal" à la suite de changements d'activité et d'actions de modernisation. 

Matignon a réagi à ce rapport le qualifiant de "diagnostic complet et lucide". "Ces propositions doivent désormais faire l'objet d'un examen approfondi par le gouvernement et d'un dialogue avec l'ensemble des acteurs concernés", a-t-il ajouté. 
La semaine prochaine, la première phase de concertation réunira autour du Premier ministre et de la ministre des Transport, Elisabeth Borne, les représentants de la direction de la SNCF, des organisations syndicales, des régions, des représentants d'usagers, de l'établissement public de sécurité ferroviaire et de l'autorité de régulation. 

dimanche 4 février 2018

Enseigne Carrefour : semaine de mobilisation contre le plan social

La CGT appelle les salariés de l’enseigne de grande distribution à se mobiliser dès ce 5 février

Le plan social provoque une protestation qui doit durer jusqu’au samedi 10 février
  
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Le siège de l'enseigne Carrefour est à Massy, Essonne
Le choix du lieu du rassemblement suggère une opération syndicale. Le collectif CGT Carrefour appelle en effet les salariés du groupe à se mobiliser contre le plan de restructuration annoncé le 23 janvier par le groupe de grande distributionà Montreuil (Seine-Saint-Denis) sur la commune où se trouve le siège national de la CGT
C’est pour protester contre cette "casse sociale" que la CGT prévoit "un temps fort" lundi 5 devant l’hypermarché Carrefour de Montreuil en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. L’appel à mobilisation court sur toute la semaine, jusqu’au samedi 10 février. 
Le 8 février, FO appelle de son côté à une manifestation. 

2.400 suppressions de postes 
Le plan présenté par Carrefour prévoit la suppression de 2.400 postes dans les sièges du groupe, via un plan de départs volontaires (PDV), ainsi que la sortie du groupe, par cession ou fermeture, de 273 ex-magasins Dia, qui affecte 2.100 salariés avec un plan social (plan de sauvegarde de l’emploi, PSE) à la clé. 

Le projet de la direction vise aussi à réduire la surface des hypermarchés de 100.000 m2 et une réduction des coûts de deux milliards d’euros. 

Le ministère du Travail a assuré suivre "avec la plus grande attention le déroulement" de ces deux plans...

"Tous deux de grande ampleur". Et d’ajouter, le mercredi 31 janvier : "Nous serons extrêmement vigilants sur la qualité du dialogue social, ainsi que sur les moyens mis en œuvre pour favoriser le retour à l’emploi des salariés (affectés), notamment la formation, les mesures de reclassement…" Une préoccupation que le ministère a affirmée en recevant les organisations syndicales au cours de la semaine du 29 janvier

La CGT refuse le dialogue

Initiatrice des protestations à partir du 5 février, la CGT a prévenu les autorités qu’elle "ne négociera pas. Elle se battra pour qu’il n’y ait pas de plan", a assené Philippe Allard, délégué CGT, après sa rencontre rue de Grenelle. 
Il a souligné que l’Etat avait "subventionné" Carrefour en lui versant "plus de 700 millions d’euros via le CICE" (crédit d’impôt compétitivité emploi, proposé par le gouvernement Ayrault, PS) depuis le 1er janvier 2013, représentant un coût pour les finances publiques évalué à 11,3 milliards d'euros en 2013 et à 19 milliards d'euros en 2015
En juillet 2014, Rue89 (du groupe L'Obs, propriété de Xavier Niel et Matthieu Pigasse, également détenteurs du groupe Le Monde) révéla que le rapporteur de la mission d'information parlementaire sur le CICE, le député socialiste Yves Blein (qui soutiendra la candidature Macron) est membre de la famille Mulliez, groupe Auchan, ce qui peut poser un problème de conflit d'intérêts dans la mesure où le groupe Mulliez a largement bénéficié de ce dispositif (44 millions d'euros en 2013).Un journal d'extrême gauche auquel collabora François Ruffin (LFI), Fakir, en décembre 2016 dénonça le fait que plusieurs enseignes de la grande distribution aient pu transformer l'aide de l'État en dividendes pour les actionnaires, ou en rétributions pour les patrons.
Dans Le Point, Jean Nouailhac critiqu
e l'identité des entreprises qui ont le plus bénéficié du CICE. Il dénonce le fait que des entreprises, dont l’État est actionnaire, comme La Poste, ont grandement bénéficié du dispositif, sans pour autant embaucher.
La délégation Force ouvrière a de son côté exigé "une négociation quantitative et qualitative" en termes de "reclassements, de formation et de retour à l’emploi". 
Une délégation CFDT a, quant à elle, exposé au ministère ses interrogations et "inquiétudes", alertant notamment le gouvernement sur l'"ampleur" de l’impact social, "plus de 5 .000" postes en ajoutant deux projets de restructuration en cours depuis l’automne. Laurent Berger, secrétaire général de cette organisation, avait de son côté demandé que Carrefour, "groupe rentable", ne verse pas cette année de dividendes à ses actionnaires et qu’il utilise plutôt cet argent pour "le reclassement et l’accompagnement des salariés concernés". Populisme ?

jeudi 1 février 2018

"Départs volontaires" : le gouvernement a un plan pour la fonction publique

La "société civile" macronienne s'en prend aux fonctionnaires

Gérald Darmanin en a fait l'annonce dans le cadre de la future réforme de l'Etat
Philippe attend les fonctionnaires comme au coin d'un bois


L'exécutif veut étendre "largement" dans la fonction publique le recours aux contractuels
et travaille à un plan de départ volontaires pour les fonctionnaires dans le cadre de l'objectif présidentiel de suppression de 120.000 postes, ont annoncé, ce jeudi 1er février, le premier ministre Edouard Philippe et Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics.

Une "grande concertation" va être ouverte en février entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique
, a annoncé Edouard Philippe au terme d'un comité interministériel. Cette concertation doit courir sur l'ensemble de 2018, précise Gérald Darmanin, ancien UMP, qui en sera chargé avec le secrétaire d'Etat Olivier Dussopt, ex-PS marqué à son aile gauche.

L'exécutif veut étendre "largement" le recours aux contractuels ne bénéficiant pas de l'emploi à vie
et développer davantage la rémunération au "mérite", a ajouté Edouard Philippe, lors d'un discours devant la presse, après la réunion d'une quinzaine de ministres.

Outre ces deux dossiers traditionnellement sensibles, la discussion doit également porter sur deux autres chantiers délicats la simplification des instances représentatives du personnel et l'accompagnement des départs ou des reconversions dans la fonction publique.

"Adapter le statut de la fonction publique"

Résultat de recherche d'images pour "departs volontaires"La surprise est venue de Gérald Darmanin qui est empêtré dans une affaire de viol, certes occultée par plusieurs affaires de meurtres qui semblent davantage motiver la presse que les violences faites aux femmes  : le ministre a annoncé qu'un "plan de départs volontaires" allait être discuté avec les organisations syndicales, parmi les projets de réforme de l'Etat.
Il s'agit, selon le ministre, d'"imaginer avec les agents publics un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir, en conséquence de la réforme de l'Etat".
"Il ne s'agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s'agit d'adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics", a affirmé Gérald Darmanin lors d'une conférence de presse. 
Dans le projet du gouvernement, les possibilités de recourir aux contrats plutôt qu'au statut de fonctionnaire "seront largement étendues, notamment pour les métiers ne relevant pas d'une spécificité propre au service public", a annoncé le Premier ministre.

"Ce qui est en jeu, c'est d'adapter le statut de la fonction publique, de l'assouplir, de faire en sorte qu'il puisse redevenir un cadre efficace pour l'action publique", a-t-il plaidé.

Le premier ministre a par ailleurs confirmé une réforme évoquée par Emmanuel Macron il y a dix jours : deux ans après leur sortie de l'école de la haute fonction publique, les diplômés de l'ENA issus des grands corps les plus prestigieux, seront désormais affectés, aux "projets prioritaires" de l'exécutif, en administration centrale ou territoriale.

mardi 23 janvier 2018

Emploi : Macron parade avec le Japonais Toyota, mais s'éclipse face aux difficultés du Français Carrefour

Les bons comptes de Macron n'y sont pas à l'INSEE et à Pole emploi

Macron s'affiche à Toyota, mais est absent à Carrefour
Le président-soleil se déplace pour le constructeur de l'"Empire du soleil levant"

Macron s'est rendu à Onnaing pour féliciter le Japonais et saluer le fer de lance du ..."made in France" ! Intox ou info ?
La direction de l’entreprise a annoncé la création de 700 CDI, alors le chef de l’Etat a aussitôt accouru aux côtés de ses dirigeants (ci-dessus), lors d'un déplacement - éclair, mais lourdement  médiatisé - sur le site du constructeur japonais de la Toyota Yaris, à Onnaing (Nord), lundi 22 janvier après-midi.

L'Europe est attractive et quand les investisseurs étrangers ne retirent pas leurs billes de l’industrie tricolore, Macron fait de la récupération : la Toyota Yaris est une automobile produite depuis 1999 au Japon et aussi construite à partir de 2001 en France, près de Valenciennes, à Onnaing, où Toyota procure du travail à 3.950 personnes. 
Le groupe nippon n’a cessé d’y investir, chiffrant à 1,4 milliard d’euros les fonds consacrés à son développement. Et dimanche, le PDG de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF), Luciano Biondo, a annoncé plus de 300 millions d’euros supplémentaires pour permettre la modernisation du site, l’un des principaux du groupe en Europe. La presse avait récemment avancé le chiffre de 400 millions d’euros.
Macron se pose en héraut du "France is back", mais la direction de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF) a nommé, non pas un Français, à la direction du site valenciennois, mais l'Italien Luciano Biondo : à compter du 1er janvier 2017, il a succédé à Koreatsu Aoki.
Dans le même temps,
le Japonais a été nommé président de Toyota Peugeot Citroën Automobiles (TPCA) sur le site TPCA situé à Kolin en République Tchèque qui produit la Toyota Aygo, la Peugeot 108 et la Citroën C1...
L. Biondo a confirmé l’ambition du constructeur extra-européen de produire d’ici à 2020 plus de 300.000 véhicules par an, contre 230.000 actuellement. "Ce qui est important, c’est d’avoir un site compétitif en accélérant la modernisation de notre outil", a-t-il insisté. Ce qui est secondaire, c'est de soutenir les constructeurs automobiles français...

Un nouvel immeuble accueillera ainsi la production de pièces en plastique actuellement usinées en Espagne. Rendre le site plus performant devrait ensuite permettre d’accueillir la production d’un second véhicule, en plus de la Yaris. Mais pas question pour l’instant d’annoncer la fabrication d’un autre modèle.

Le Japonais salue le savoir-faire français et Macron, le savoir-faire tchèque 
Hormis la courte prise de parole du PDG de TMMF, aucune annonce officielle n’a eu lieu, évitant ainsi au président français de révéler le montant de la facture consacrée par l'Etat à la modernisation de l’usine Toyota. Dans l’entourage du président de la République, on évoque 2 millions d’euros quand la région des Hauts-de-France présidée par le juppéiste Xavier Bertrand s’engage à hauteur de 11 millions (dont 9 millions issus des fonds européens Feder).  

Macron masque le coût de l'opération derrière une opération de com' sur le savoir-faire français
L'essentiel n’était pas pour lui le montant à charge du contribuable, mais l’illustration du savoir-faire français. Le président a consacré près de 2 h 30 à visiter le site sous les caméras et il a enchaîné les selfies avec les salariés.

La culture macronienne ? "Dans notre usine, il y a de la rigueur, du respect et une vision industrielle, confirme Thomas Mercier, délégué ...CFDT, syndicat majoritaire (40 %). La culture japonaise fait la différence. On a la chance d’avoir une direction franche et directe. Ici, c’est pas Carlos Ghosn."
FO est tout à l'euphorie du moment : "La culture Toyota, c’est de n’être jamais content pour toujours s’améliorer et innover", explique Fabrice Cambier, délégué syndical. 
Quant à la CGT, cinquième syndicat de l’usine nordiste, elle n'est pas éblouie par la culture japonaise et une dizaine de manifestants a été repoussée par la police qui leur a interdit l’entrée de l’usine : "Tous les salariés ont été filtrés, confirme un cadre de la CFDT. Ils ont demandé de retirer toutes les chasubles et les badges des syndicats.
Pas question de gâcher ce beau moment, promesse de 300 emplois en contrat à durée indéterminée (CDI) dès cette année, puis de 400 autres CDI quand les nouveaux équipements seront installés.
Constat plus mitigé du président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand : "Attention, il ne faut pas se contenter d’en parler et de faire de la communication…"


Le Français Carrefour va supprimer 2.400 postes sur 10.500 à son siège, en revanche.


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Voyez-vous Macron, Philippe ou Pénicaud ?

Le groupe, qui emploie 115.000 salariés en France, annonce un plan de départs volontaires, dans le cadre de son plan de relance annoncé mardi, qui vise à accélérer dans le bio, le commerce en ligne et de proximité. Philippe sera-t-il délégué par l'Elysée aux selfies avec les "départs volontaires" ?

Carrefour a par ailleurs annoncé une réduction des coûts de deux milliards d'euros dès 2020, en année pleine, notamment via des économies sur la logistique et les coûts de structure, ainsi qu'un projet de réduction de 273 magasins anciennement Dia, passés sous sa propre enseigne.

Un processus de recherche de repreneurs sera lancé pour ces magasins, qui seront fermés si le processus n'aboutit pas. Carrefour favorisera "systématiquement" une offre de reclassement, précise toutefois le groupe dans un communiqué.

En Ile-de-France, le siège de Boulogne va être fermé et le projet d'un nouveau siège de 30.000 m2 en Essonne, abandonné.

Carrefour s'est en effet fixé un objectif de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le commerce en ligne alimentaire et une part de marché supérieure à 20% en France d'ici à 2022, précise-t-il, à propos de son nouveau plan de transformation. Il lancera en 2018 un site unique en France, Carrefour.fr, qui aura vocation à être élargi à d'autres pays.

Il prévoit d'ailleurs d'investir 2,8 milliard d'euros sur 5 ans, "soit six fois plus que les investissements actuellement consentis", pour se renforcer dans le numérique.



Carrefour veut également presque quadrupler son chiffre d'affaires dans le bio à 5 milliards d'euros en 2022, et ouvrir au moins 2.000 magasins de proximité dans les cinq prochaines années.

Carrefour annonce "un soutien financier et durable à la conversion au bio d'agriculteurs", avec un partenariat avec l'organisation mondiale de protection de l'environnement WWF, une ONGI qui a pignon sur rue  (c'est un fonds qui, en 2013, tirait 56 % de ses ressources des particuliers, 17 % du secteur public et 10 % d'entreprises privées), mais sans légitimité.



Par ailleurs, la Chine s'apprête  à entrer au capital de Carrefour par le biais de la filiale du géant de l'internet chinois Tencent et de la chaîne de supermarchés chinoise Yonghui, selon un accord préliminaire signé entre les trois partenaires. Carrefour précise qu'il restera le premier actionnaire de sa filiale en Chine.
Parallèlement à ce projet d'investissement, Carrefour et Tencent annoncent la signature d'un "protocole d'accord de coopération stratégique en Chine", l'objectif étant de mettre en commun l'expertise de Carrefour dans la distribution avec le savoir-faire technologique de Tencent, géant des réseaux sociaux en Chine. De cet "allié" de Carrefour, Jack Ma d’Alibaba Group a déclaré: "Le problème de Tencent est qu’ils ne font aucune innovation. Tout n’est que copie.
Carrefour peut s'attendre à la naissance d'un clone chinois de Carrefour...

mercredi 13 janvier 2016

Alstom: Bercy avait permis le rachat du pôle énergie, General Electric veut y supprimer 6.500 postes

6.500 postes supprimés à Alstom et  1.000 re-créations promises : le compte n'y est pas !

6.500 postes supprimés dans l’ex-pôle énergie d’Alstom
Le conglomérat américain envisage un plan de restructuration en Europe avec promesse de créer 1.000 emplois nets en France d’ici trois ans. Les syndicats dénoncent des "licenciements boursiers".

Quand un géant de la taille de General Electric s’engage dans un plan de réorganisation, les chiffres apparaissent immédiatement impressionnants, justifie une certaine presse économique française.
Le conglomérat américain envisage de supprimer 6.500 postes en Europe dans les deux années à venir dans les anciennes activités énergie d’Alstom, dont le rachat a été finalisé en novembre. En France, 765 postes pourraient ainsi être concernés.

L'information confidentielle a fuité. 
"Le plan de restructuration va toucher plusieurs pays européens et impacter potentiellement 6.500 emplois sur 35.000. En France, 765 personnes seront impactées, sur un peu moins de 9.000, essentiellement au siège de Levallois et dans les activités grid [réseaux électriques]", a révélé un représentant syndical ulcéré, précisant que "le site de Belfort ne sera pas touché, ni les activités dans les énergies renouvelables". De quoi se plaint-on ?

Les fonctions support seront les premières concernées

Ce sont aussi des drames humains. 
Alstom en tricolore, c'était avant Hollande...
A quand la commémoration ?
Une vague de départs était attendue au sein du siège de l’ancienne branche énergie d’Alstom à Levallois, écrit non sans complaisance Les Echos. L'opération de licenciements intervient dans le cadre du regroupement avec GE, principalement dans les fonctions support (ressources humaines, juridique, communication), précise GE et le quotidien du groupe LVMH. 

Le site de Massy (Essonne), spécialisé dans les activités liées aux réseaux électriques, va également fermer pour être transféré en Angleterre, selon un représentant du syndicat CFE-CGC. Les partenaires sociaux ont été informés d’un tel projet mardi au cours d’une réunion au niveau européen.
Mercredi, Les syndicats CGT et CFE-CGC ont dénoncé "un plan de licenciements boursiers". Laurent Santoire, représentant CGT, estimé mercredi que cela "marque la première étape du démantèlement des activités Alstom énergie en France et en Europe". Ailleurs en Europe, ce plan de restructuration devrait toucher en premier lieu l’Allemagne, avec 1.700 postes concernés, et la Suisse, avec 1.300 emplois.

Le gouvernement Valls était prévenu
Le groupe américain, dont la nouvelle division énergie compte désormais 65.000 salariés à travers le monde, a justifié sa décision par un contexte économique difficile. Il a rappelé qu’il n’a "jamais caché que les fonctions support allaient être touchées", insiste son porte-parole, et que "ces suppressions de postes se feront essentiellement par des départs volontaires".

La création de 1.000 emplois nets confirmée, à réaliser...

Dans le même temps, General Electric a confirmé son intention de créer 1.000 emplois nets en France dans les trois années à venir - si le contexte économique le permet ! - , un engagement pris au cours des huit mois de négociations de rachat des activités énergie d’Alstom avec l’Etat, pour un montant de 17 milliards de dollars, contre le rival allemand -et européen- Siemens, après avoir fait mine de s'inquiéter des activités nucléaires, des emplois et du futur de ses activités ferroviaires, invitant General Electric à regrouper son ferroviaire avec celui d'Alstom.
Début 2015, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, dénonça les conditions de cette vente à l'américain General Electric soulignant que, contrairement aux promesses d'Arnaud Montebourg, assurant que le secteur nucléaire resterait sous contrôle français, le protocole d'accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l'assemblée générale, a pour conséquence de placer sous la coupe du groupe américain les turbines produites par Alstom et de cette manière la maintenance des centrales françaises. " Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire…"
Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, affirme aujourd'hui que le gouvernement, observateur passif,  "va être comptable et va surveiller l’application de cet engagement". Comme prévu, ce plan social hors normes - avalisé par l'Etat socialiste- frappe principalement les "services partagés", ceux qui font doublon dans les deux sociétés rassemblées.

De nouvelles promesses sous le regard de Macron
Début décembre, le conglomérat, dont l’un des axes stratégiques est de devenir la "première entreprise industrielle numérique au monde", avait détaillé cette stratégie : il va ainsi créer début 2016 à Paris un petit "centre d’excellence pour les logiciels" (250 postes): nous y sommes ! Un centre de services partagés emploiera aussi 200 personnes, entre Paris et Belfort. Un programme de "leadership" sera créé (240 postes): sans date ? Enfin, 310 postes seront créés dans la "réinternalisation de postes de fabrication". Le patron de GE Europe, Mark Hutchinson, estimait alors que, pour compenser les départs naturels, il devrait au total "embaucher au minimum 3.700 personnes d’ici à 2018", dans le meilleur des hypothèses.

Reste maintenant à attendre le millier de nouveaux emplois promis en France promis
et, pour l'heure, l’addition est lourde. Tous les salariés concernés appartiennent exclusivement à Alstom Power, qui se verra amputé de près d’un collaborateur sur six, puisqu’avant la fusion, l’entreprise en comptait 65.000 sur la planète.

lundi 1 décembre 2014

Goodyear, perdu corps et biens, "à cause de vos lois", selon Titan

La CGT a sabordé l'usine Goodyear d'Amiens-Nord et l'Etat l'y a aidé
L'américain Titan a finalement renoncé 
Les ouvriers de Goodyear avaient confiance
en Hollande le 14 octobre 2011 à Amiens
L'unique repreneur potentiel a jeté l'éponge. C'est le dernier soupir après six ans de lente agonie pour les anciens salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, fermée depuis le mois de janvier. Pressenti depuis de nombreux mois pour reprendre l'activité pneus agricoles de l'usine (qui employait plus de 600 des 1143 salariés du site), Titan n'en peut plus des difficultés dressées par la CGT. "Toute discussion avec un repreneur potentiel, y compris Titan, est terminée", a reconnu Jean-Philippe Cavaillé, directeur des ressources humaines de Goodyear en France, dans le Courrier Picard. 
Alors que le redresseur présumé de l'industrie, Nono Montebourg, avait promis de sauver 333 emplois, mais a quitté le gouvernement pour aller à l'université apprendre le métier de patron, aujourd'hui, la droite amiénoise et le nouveau ministre de l'Economie, font un constat d'échec et accusent.

Bercy accuse la direction de Goodyear mais aussi la CGT

Au ministère, l'entourage d'Emmanuel Macron reconnaît qu'il reste "peu d'espoir d'une reprise" et déplore, surtout, "l'incapacité des parties prenantes au dossier de se faire confiance pour affronter ensemble les difficultés"Après s'être entretenu avec le patron de Titan, Maurice Taylor, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avait discuté vendredi 28 novembre avec les dirigeants de Goodyear, Brigitte Fouré, maire d'Amiens (UDI) et Alain Gest, député de la Somme et président d'Amiens Métropole (UMP). 

Le gouvernement est ici rejoint par la droite amiénoise
au pouvoir depuis les dernières élections municipales et intercommunales. Elle a désigné vendredi les responsables à leurs yeux de cet "immense gâchis social", du "jusqu'au boutisme" de la CGT à la "gestion approximative des ressources humaines" chez Goodyear.

Alain Gest a pointé la CGT locale qui a fait  capoter l'accord de 2012 quand 550 emplois pouvaient être sauvegardés dans le cadre d'un Plan de départs volontaires. Pour bien faire comprendre son propos, il s'est réjoui que Dunlop, une autre usine amiénoise du groupe, a accepté en 2007 un compromis avec la direction, ait son avenir assuré.

Titan : "On ne peut pas racheter Goodyear à cause de vos lois"

La politique dela CGT du tout ou rien a produit 1.143 suppressions d'emploi. Jeudi, le directeur des ressources humaines de Goodyear Dunlop Tires France avait mis en garde qu'il n'y aurait aucun repreneur pour l'usine Goodyear, qui a fermé en janvier.

Le patron de Titan est très critique du système social de la France. 
Longtemps intéressé par une reprise partielle de l'usine de pneumatiques Goodyear d'Amiens-Nord, Maurice Taylor, le P-DG de Titan a expliqué vendredi qu'il a dû renoncé à ce projet à cause du nombre de salariés qu'il aurait été obligé de reprendre.  "On ne peut pas racheter Goodyear à cause de vos lois. On doit reprendre au minimum 652 ou 672 ouvriers, c'est impossible. Au maximum, c'est 333 parce qu'après ce n'est pas rentable", a déclaré sur France Info le P-DG du fabricant américain de pneus.

"Dites aux syndicats que s'ils sont si intelligents, ils n'ont qu'à racheter l'usine", a lancé Maurice Taylor. "La France est devenue un pays communiste et, quand vous tomberez aussi bas que la Russie, peut-être que vous aurez une chance de repartir", a-t-il affirmé, après avoir notamment dénoncé le rythme de travail des ouvriers français: "trois heures par jour"...

Mickaël Wamen, le leader CGT de Goodyear Amiens-Nord, a qualifié de "énième farce", et de "mascarade sans nom" l'échec des discussions. Et surtout les motifs invoqués par Maurice Taylor, à savoir le nombre excessif de salariés à reprendre. Selon le syndicaliste, "Titan a tout intérêt à attendre pour qu'un jour il ait l'usine pour rien ou qu'on lui vende les machines agraires et tout le process".

Ça ne coûte rien à la CGT, c'est l'Etat qui paye...
L'entourage d'Emmanuel Macon estime que "l'attention collective doit désormais se concentrer sur l'avenir des salariés et de leurs familles et du territoire au travers de la venue de nouvelles activités créatrices d'emplois".
Brigitte Fouré et Alain Gest ont demandé un "rendez-vous" au Premier ministre, Manuel Valls, pour "être informés par le gouvernement des négociations qu'il est censé avoir eu avec" Goodyear et Titan, et savoir "quelles mesures il compte prendre pour la ré-industrialisation du site". Ils ont également annoncé une réunion extraordinaire en session commune du conseil municipal d'Amiens et du conseil d'Amiens Métropole le 4 décembre.
Et ce n'est encore pas l'Etat qui paie...