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samedi 24 février 2018

Retraites : Macron oppose les agriculteurs aux cheminots

Macron est-il dans son rôle en dressant une catégorie sociale contre une autre ?

Macron compare les retraites des agriculteurs à celle des cheminots

Face à un salarié SNCF qui, au cours de sa visite samedi au salon de l'Agriculture, l'avait interpellé pour s'inquiéter de la réforme annoncée de la SNCF, le banquier-président a opposé la retraite des cheminots à celle des  agriculteurs. "Je ne peux pas avoir d'un côté des agriculteurs qui n'ont pas de retraite et de l'autre un statut cheminot et ne pas le changer", a frontalement rétorqué Macron au cheminot. 
"Je suis petit-fils de cheminot. Allez voir les agriculteurs, ils n'ont pas de statut... faut pas raconter de craques aux gens. Vous avez quel âge? Vous n'avez pas le même rythme que mon grand-père qui était cheminot" (son arrière-grand-père, à dire vrai, était chef de gare), a déclaré le président, fils de deux médecins, tout en assurant ne pas vouloir "tout casser"

Macron a ajouté qu'il n'était "pas du tout pour rogner sur les salaires 

"Mais
on a des éléments de statuts et une gestion de l'entreprise qu'il faut adapter" et "pour votre génération, c'est mieux", a-t-il poursuivi. 
"Le monde n'est plus comme avant, a-t-il constaté finement. Je ne vais pas faire rentrer un cheminot [à la SNCF avec un statut] comme il y a 50 ans, ce serait fou !" s'est exclamé le président tout en promettant au cheminot qu'il "viendra sur le terrain". 

Matignon doit faire connaître lundi la méthode et le calendrier de la réforme de la SNCF qu'il va entreprendre à la suite de la présentation, la semaine dernière, d'un rapport sur la question. Réalisé par l'ex-patron d'Air France Jean-Cyril Spinetta, il lane une quarantaine de pistes de réformes pour la SNCF, dont la transformation en société anonyme et la fin du ...statut des cheminots à l'embauche.

Macron est-il le président de tous les Français ?

vendredi 16 février 2018

Traitement de choc pour la SNCF : un projet inquiète le monde du rail et ses usagers

Statut des cheminots, départs volontaires et fermeture de lignes jettent les cheminots sur les quais

Commandé par le Premier ministre Edouard Philippe à la demande de Macron, 
un rapport préconise plusieurs bouleversements à la SNCF

Résultat de recherche d'images pour "SNCF suppression petites lignes""La situation du transport ferroviaire est préoccupante" et Matignon a annoncé l'ouverture d'une "première phase de concertation" la semaine prochaine.  Les propositions choc présentées par l’ancien patron d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, homme de gauche, et remis jeudi à Edouard Philippe dresse un constat sévère sur l’état de la SNCF. 
"Le vieillissement du réseau n'explique pas tout, loin de là," selon le dossier de 127 pages. Il pointe du doigt la dérive des coûts, un financement du système ferroviaire "gravement déséquilibré" et plus généralement "l'absence de réelles incitations à l'efficacité"

Pour faire face à cet abandon, le rapporteur préconise 43 propositions, dont certaines seraient un électro-choc pour la SNCF et ses usagers
 
Parmi les mesures phares du rapport, on retrouve la modification du statut de la SNCF
D’établissement public à caractère industriel, il pourrait se transformer en sociétés anonymes à capitaux publics. Ce changement permettrait à SNCF Réseau d’éviter un dérapage de sa dette, actuellement estimée à environ 46 milliards d’euros et le rapport envisage que l’Etat puisse en reprendre une partie : les Français endosseraient cette charge
L’évolution vers une société anonyme permettrait également à SNCF Mobilité de s’ouvrir à la concurrence, ce qui devrait être possible pour les TER dès la fin 2019.
  
Audit des "petites lignes" 
Jean-Cyril Spinetta estime qu'il faut "recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence", c'est-à-dire les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV entre les principales métropoles françaises.

Il encourage à un audit des "petites lignes" pour voir si certaines nécessitent d’être fermées. "Il paraît impensable de consacrer près de 2 milliards d’euros à seulement 2% des voyageurs, affirme le rapport. Le maintien des lignes héritées d’une époque où le transport ferroviaire était l’unique moyen de déplacement doit être revu.Le car, le scooter ou la voiture individuelle (malgré la suppression du gazole à prix abordable) pour les zones rurales et le train pour les urbains, sans discrimination évidemment des plus défavorisés par l'isolement et la désertification des campagnes.

Le rapport juge en revanche le réseau à grande vitesse "abouti". 
Selon Spinetta, la construction de nouvelles lignes "entraînerait le TGV au-delà de sa zone de pertinence économique". 

Fin du statut particulier des cheminots 
2016
Le rapport propose enfin un "nouveau contrat social" aux salariés de la SNCF, mais il mettrait fin à ce statut privilégié pour les nouveaux arrivants. C’est déjà la "solution" qui avait été retenue dans le passé pour Orange et La Poste. La direction d'Orange avait commencé par faire la "chasse" aux véhicules de fonction et de service. L'objectif était de mettre fin à ces avantages en nature à un moindre coût. La Banque Postale Financement profitait de 44 jours de vacances, de 7.275 euros de primes, d'une participation de l'employeur aux repas, d'une couverture sociale étendue et d'un bon comité d'entreprise. Et 36 heures de travail hebdomadaire...

Jean-Cyril Spinetta estime également que la SNCF devrait pouvoir "recourir pendant deux ans à la procédure des plans de départs volontaires", pour mettre fin aux "excédents d'effectifs qu'elle gère tant bien que mal" à la suite de changements d'activité et d'actions de modernisation. 

Matignon a réagi à ce rapport le qualifiant de "diagnostic complet et lucide". "Ces propositions doivent désormais faire l'objet d'un examen approfondi par le gouvernement et d'un dialogue avec l'ensemble des acteurs concernés", a-t-il ajouté. 
La semaine prochaine, la première phase de concertation réunira autour du Premier ministre et de la ministre des Transport, Elisabeth Borne, les représentants de la direction de la SNCF, des organisations syndicales, des régions, des représentants d'usagers, de l'établissement public de sécurité ferroviaire et de l'autorité de régulation. 

mercredi 18 octobre 2017

Borne nie avoir annoncé "des fermetures de gares ou de lignes TGV", mais...

Des fuites à grande vitesse, plus rapides que les annonces 

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a démenti mercredi avoir annoncé des fermetures de gares ou de lignes TGV

La ministre s'est fait prendre de vitesse. 
"Je n'ai jamais annoncé qu'il y aurait des fermetures de gares ou de lignes TGV", a déclaré E.Borne, interpellée à ce sujet lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, alors que le gouvernement vient de lancer une réflexion sur la "refondation" du modèle ferroviaire français.

Mais elle a prévenu que "ce choix collectif (du TGV) a un coût"... 
Il n'y a pas de fumée sans feu. "On ne peut pas tout à la fois vouloir un TGV qui va partout, des billets moins chers, et demander à la SNCF de payer des péages très chers pour faire circuler ces trains sur les lignes à grande vitesse", a ajouté la ministre.

L'économie et les populations des régions ne seront pas frappées ?
"C'est une question de cohérence, indispensable à la pérennité d'un modèle dans lequel nous avons investi et auquel nous sommes attachés", a cette poursuivi cette ancienne directrice du cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie .

Jean-Cyril Spinetta a été chargé d'un "chantier stratégique" de "refondation" de notre  modèle ferroviaire

Il y a anguille sous roche... 
Résultat de recherche d'images pour "slogan SNCF"
Les premiers TGV ne passaient pas
entre les quais...
Lundi, le gouvernement a missionné l'ex-PDG d'Air France-KLM  sur cette refondation.

Il s'agira d'abord de "préciser la stratégie de desserte par le transport ferroviaire à horizon 2030", notamment d'identifier "les segments sur lesquels les efforts doivent être renforcés afin de mieux répondre aux attentes", ainsi que de déterminer "le modèle de desserte à privilégier" pour les trains à grande vitesse, selon sa lettre de mission.

Utiliser des TGV pour desservir de nombreuses gares - en dehors des métropoles régionales - pèse sur la ...rentabilité, avait souligné Borne, sujet de débat de longue date opposant SNCF, élus locaux et usagers. 

"On a un sujet dont il faut être conscient, c'est que 
les dessertes fines du TGV ont un effet non négligeable sur le modèle économique du TGV", avait alors martelé la ministre. "Si on prend un parallèle avec l'aérien, on ne dessert pas Brive en (Airbus) A380", avait lâché la parisienne.

Résultat de recherche d'images pour "Pasidupes quai SNCF"

Après la désertification médicale des campagnes, l'isolement fin des régions...

dimanche 11 janvier 2009

Oui à l’Europe d’Air France-KLM à Alitalia

Le ciel est encore bleu à l'horizon de la récession
Le conseil d'administration de Air France-KLM a donné son feu vert au rachat de 30 % d'Alitalia.


Après deux ans de feuilleton à rebondissements, le mariage de la compagnie aérienne franco-néerlandaise et d'Alitalia semble cette fois devoir se concrétiser. Vendredi, le conseil d'administration d'Air France-KLM a en effet validé l'entrée du groupe à hauteur de 25 % dans le capital de la Compagnie aérienne italienne (CAI) qui a repris les actifs d'Alitalia.
Air France devrait débourser 250 à 300 millions d'euros pour entrer dans le capital de son partenaire italien, membre lui aussi de l'alliance SkyTeam. Pour l'instant, Air France se refuse à tout commentaire et attend de connaître l'issue du conseil d'administration de la CAI qui se tient lundi et doit se prononcer à son tour sur le projet de rapprochement. Un rebondissement de dernière minute semble peu probable, mais « le rapprochement peut encore achopper sur le prix de la participation, explique un proche du dossier, ainsi que sur le nombre de vols maintenus au départ de Milan. Mais cela semble très peu probable. »

Dernier gros coup

Autre raison d'être prudent dans le camp franco-néerlandais : Lufthansa, qui est également en lice, n'a pas encore officiellement renoncé. C'est la deuxième fois qu'Air France est prête à conclure avec Alitalia. La compagnie française avait manifesté son intérêt pour son partenaire italien dès 2007. Le conseil d'administration d'Alitalia s'est prononcé en faveur d'un mariage avec Air France en mars avant que les négociations entre les deux compagnies n'échouent face aux demandes des syndicats italiens et sous la pression de Silvio ­Berlusconi, président du Conseil nouvellement élu.

Air France-KLM ne sera qu'un partenaire industriel et la nouvelle compagnie conservera ses deux marques Alitalia et Air One. « Pour Air France, le rapprochement avec Alitalia ne changera pas grand-chose, explique un analyste. C'est un rapprochement d'Alitalia avec Lufthansa qui aurait été très pénalisant pour la compagnie française. Avec cette prise de participation, Air France verrouille la situation et a une option d'achat sur Alitalia si elle le souhaite dans quelques années. »


Cette entrée au capital d'Alitalia devrait être le dernier « gros coup » de Jean-Cyril Spinetta à la tête d'Air France. Le président n'a en effet jamais caché sa flamme pour la compagnie italienne qu'il connaît très bien. Mais ces fiançailles seront sans doute platonniques dans un premier temps. Il faudra attendre pour constater des synergies entre les deux compagnies. La compagnie française a fusionné avec KLM en 2004 et ne va en effet réaliser que cette année seulement sa première commande commune d'avions avec KLM.

vendredi 14 novembre 2008

Recul de l’âge de cessation d’activité : grève à Air France-KLM

Refus des pilotes français d’appliquer une décision internationale
L’exception syndicale française continue ses ravages dans le climat social et l’économie nationale au bord de la récession.

Un syndicat de pilotes d’Air France a appelé à la grève à partir de vendredi 14 et jusqu’à lundi soir pour protester contre le recul de la limite d’âge de cessation d’activité actuellement discuté par le Parlement.

Désunion syndicale

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) est le seul à refuser de décaler la grève
prévue initialement par toutes les catégories de personnels, du 14 au 17 novembre, alors que huit autres syndicats représentant les hôtesses de l’air et les stewards ont repoussé le mouvement du 5 au 9 décembre, à la suite de l’ouverture de discussions avec les pouvoirs publics.
Le maintien de la grève qui s’ouvre aujourd’hui est motivé par une volonté de pression sur la discussion parlementaire qui est ouverte et donc d’interférence syndicale avec le travail des élus du peuple.

Le Président Directeur Général d’Air France explique pourquoi cette grève n’a pas lieu d’être.
Jean-Cyril Spinetta dément fermement les raisons invoquées par le syndicat qui entretient la confusion avec le soutien de la presse engagée. Le PDG apporte donc les informations que ni les syndicats ni la presse ne diffusent. Ainsi,
alors même que le PDG s’exprime sur France Info dans un entretien avec Olivier de Lagarde, ses journalistes à l’antenne et Grégoire Lecalot de France Info continuent de répandre dans l’opinion des approximations en soutien à un mouvement social injustifié.

  • Une manipulation
    La désinformation est basée sur l’amalgame entre recul de la limite d’âge de départ à la retraite et âge de cessation d’activité.
    > Des organismes internationaux fixent les normes de sécurité et sur la base des progrès médicaux et l’OACI, qui dépend des Nations Unies, a admis qu’il est possible de voler à 65 avec la garantie de la présence d’un co-pilote de moins de 60 ans.
    > L’actualisation de cette règle ne pose de problème qu’à Air France . Déjà appliquée dans de nombreux pays, la norme actualisée en fonction de la baisse des risques de santé chez les pilotes, comme les autres, devrait entrer en vigueur en 2009 ou 2010 dans tout l’espace européen. La France peut-elle imaginer vivre en dehors du monde et singulièrement s’agissant d’une corporation censée relier les pays et les hommes ?
  • Les garanties données sont ignorées
    > Le gouvernement a expressément apporté les garanties demandées par les syndicats. Ils sont assurés que ne sont modifiés ni l’âge, ni les conditions de départ, ni le nombre d’annuités nécessaires, ni le montant des retraites. Et pourtant, bien que le système de retraite reste inchangé, ils s’opposent et lancent la grève.
    > Le PDG d’Air France a pourtant également répété qu’un amendement parlementaire portera explicitement la garantie écrite des engagements du gouvernement.
    > Le problème en suspens est négociable
    Jean-Cyril Spinetta admet que la conséquence actuelle d’une prolongation volontaire d’activité peut créer un ralentissement du déroulement de carrière au delà de 60 ans.
    C’est pourquoi il précise qu’Air France ouvrira des négociations pour assurer des mesures d’accompagnement.
    > Quelle issue possible au conflit ?
    Les garanties existent mais le Syndicat national des pilotes de ligne les ignore, avec l’objectif inavoué d’obtenir un maximum d’avantages pudiquement appelés ‘mesures d’accompagnement’…

    Le coût de la grève
    La grève est la manifestation coûteuse du rejet syndical d’une règle internationale.

  • > Bien que le conflit soit donc entre les pilotes et le gouvernement qui essaie de faire passer cette règle internationale dans son droit, comme c’est son devoir, et non entre les pilotes et Air France, la compagnie aérienne française va enregistrer des pertes.
    > 1000 millions d’euros de pertes de résultats (et non pas de chiffre d’affaire) constituent un lourd handicap pour la trésorerie d’Air France qui doit veiller à préserver sa capacité d’investissement, sa compétitivité et ses emplois…

    Est-ce donc, en période économique difficile, la manière des pilotes de ligne de participer à la protection de l’avenir de leur entreprise ?