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lundi 16 avril 2018

Macron annonce que les Français paieront la dette de la SNCF

L'Etat reprendra la dette à partir du 1er janvier 2020: une charge fiscale nouvelle

La réforme de la SNCF contribuera faiblement à l'assainissement de l'entreprise nationale

Double peine : achat du billet
et reprise de la dette
Si 56% de Français approuvaient la réforme, ils vont déchanter. Emmanuel Macron a en effet précisé dimanche que l'Etat reprendra progressivement une partie de la dette, "de manière substantielle", de la SNCF, quand le groupe sera réformé, répétant que sa réforme était "indispensable".

C'est pas cher, c'est l'état qui paie, nous dit encore Macron
"Oui, à partir du 1er janvier 2020, l'Etat reprendra progressivement de la dette" de SNCF Réseau, qui devrait alors atteindre une cinquantaine de milliards d'euros, a déclaré le président de la République dans son entretien-spectacle sur BFMTV, RMC et Mediapart.
"Quand on dit 'l'Etat la reprend', ce sont (les) contribuables", a-t-il finalement admis.

Quel est le montant de cette reprise par 50% des Français ?
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"Ce sont les débats avec les organisations syndicales des prochaines semaines qui le diront", a-t-il confirmé. Il s'est ainsi refusé à donner un quelconque "chiffre magique", quand les spécialistes évoquent 30 à 35 milliards, mais est resté dans le flou sur la part de l'Etat, qualifiant le montant de sa prise en charge de "substantielle, parce qu'une entreprise ne peut pas la porter elle-même". 

Image associéeLes Français supporteront la charge la plus lourd de la dette. Et ce, dès le 1er janvier 2020, date annoncée pour la naissance de la future version de la SNCF, qui doit devenir une société anonyme à capitaux publics.
"On voit bien la folie de cette dette", a commenté Macron, rappelant que la SNCF paie chaque année 1,5 milliard d'euros de frais financiers.

"Moi, je suis favorable à ce qu'on [un Français sur deux] reprenne le maximum de dette possible

Résultat de recherche d'images pour "reforme de SNCF"Emmanuel Macron a ainsi rappelé ce qu'il avait dit en juillet à des cheminots "en échange de la modernisation que vous ferez de votre statut".

"La SNCF, chaque année, elle perd 1,5 milliard parce qu'elle n'est pas suffisamment efficace, et parce qu'il y a un statut", a-t-il relevé. "Nous sommes face à une SNCF qui est 30% moins performante que ses grands voisins, c'est ça la réalité", a d'ailleurs taclé Emmanuel Macron.
Mais, tout en soulignant le lien avec le statut des cheminots, dont le gouvernement souhaite l'extinction, "existe" et "est factuel", selon lui, il a pointé le manque de polyvalence, "des règles de temps de travail qui ne sont pas conformes au reste de la société" ou des règles d'avancement et de gestion de carrière trop avantageuses.
"C'est largement plus de 700 millions d'euros par an que l'on peut obtenir si l'on modernise ce statut", a-t-il conclu.

Sa réforme permettra, selon lui, de rendre la SNCF "plus forte"

Image associée"Ce sera une entreprise publique, (...) je le dis solennellement", a-t-il dit: une société anonyme à capitaux "100% publics dans la loi", "incessibles". "Je ne veux pas privatiser la SNCF, ça n'a aucun sens", a-t-il martelé.

"Rien n'est fait contre les cheminots", a-t-il prétendu, ajoutant que les syndicats "auront à inventer le système de demain", 
alors que des négociations vont s'ouvrir sur les conditions de travail à la SNCF. 
"Il y a énormément de choses a négocier", même si la réforme "va s'achever", a souligné le président, à cet égard. 
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Attention à la gaffe...
Mais la réforme structurelle du système ferroviaire, "indispensable", est, pour lui, un coup parti.

"Est-ce que je peux faire l'économie de cette réforme? Non!"
Le président fait du chantage aux syndicats. "Oui, plus on aura une réforme ambitieuse collectivement, plus l'Etat la reprendra (...) Et derrière, la clef, c'est qu'on arrive à moderniser cette entreprise publique (la SNCF), pour notre pays, et c'est ainsi qu'on pourra continuer à investir, et investir au bon endroit", a-t-il conclu, sur le sujet.

samedi 24 mars 2018

Pourquoi la mobilisation du 22 mars n'est pas un franc succès des syndicats

La division et la faiblesse des syndicats expliquent la faible mobilisation du 22 mars

La stratégie du "faible au fort" des syndicats de cheminots est ainsi mise en cause
. 

Résultat de recherche d'images pour "stratégie du "faible au fort""
Première d'une série de mobilisations étalées sur les mois à venir, la manifestation des cheminots a rassemblé 25.000 personnes à Paris, selon Sud-Rail. 

Décevante chez les fonctionnaires et plus élevée que prévu à la SNCF, quelles conclusions en tirez-vous ? 
Cela démontre qu'il n'y a pas eu la "coagulation des mécontentements" que certains annonçaient, conclut Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail. La grogne sociale s'exprime secteur par secteur – Ehpad, retraités, SNCF, etc. –, mais ne débouche pas sur un large mouvement de contestation des réformes du gouvernement. 
Emmanuel Macron continue d'avoir les cartes en main et d'être porté par son élection, assure-t-il. Cela ne durera sans doute pas cinq ans, mais pour l'heure il n'est pas inquiété.

Comment expliquez-vous la forte mobilisation à la SNCF qui a comptabilisé plus de 35 % de grévistes ? 
Cela montre la sensibilité du sujet de la suppression du statut pour les futurs embauchés. Les cheminots y sont particulièrement attachés et se sentent responsables de son devenir pour les générations suivantes. Pour autant, je doute que le gouvernement recule sur ce point, tant il est crucial pour préparer la SNCF à l'ouverture à la concurrence du rail français. 

Le succès de la mobilisation est-il aussi lié à l'unité syndicale au sein de la SNCF ? 
Cela a pu jouer, mais cette unité syndicale est fragile. La CFDT et l'Unsa sont prêtes à négocier avec la direction de la SNCF, tandis que la CGT et Sud Rail affichent une attitude plus contestataire, même si la CGT met un point d'honneur à présenter des contre-propositions. 
Les élections professionnelles à la fin de l'année ne favorisent pas un front syndical uni. Chaque organisation veut marquer ses différences. Sud Rail aura ainsi à cœur de porter des revendications toujours plus radicales que la CGT. 

Que pensez-vous de la stratégie dite de "grève perlée" prévue entre le 3 avril et le 28 juin ? 
En réalité, il ne s’agit pas d’une "grève perlée" - pratique qui consiste à ralentir l’activité [par un excès de zèle] et qui est interdite –, mais d’une grève par intermittence reconductible. C’est un système très astucieux pour des syndicats affaiblis qui savent qu’ils auraient bien du mal à tenir une grève ininterrompue de quinze jours. Une forme de stratégie du "faible au fort". Cela aboutit à une désorganisation maximale pour une mobilisation limitée tout en donnant à l’avance le calendrier des grèves aux usagers. 

Comment expliquez-vous la faible mobilisation des fonctionnaires (12,8 % de grévistes dans l’Etat) ? 
Cela ne signifie pas que les fonctionnaires adhèrent aux propositions du gouvernement – plan de départs volontaires, recours accru aux contractuels, etc. –, mais sans doute qu’ils ne croyaient pas que la mobilisation aurait un effet. Et, là encore, Emmanuel Macron bénéficie d’un soutien de l’opinion publique sur plusieurs des mesures envisagées.

Qui sont les interlocuteurs ?

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C'est un entretien de Challenges, un magazine économique qui appartient au groupe de presse Perdriel, détenu à 40% par Renault et à 40 par Claude Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur pour seulement 36%, mais à 66 % par des hommes d'affaires, le milliardaire Xavier Niel (Free) et le banquier Matthieu Pigasse.

Quant à Bernard Vivier, il est directeur de l’Institut supérieur du travail, un centre privé de recherche, de formation et d'expertise sur les relations sociales et syndicales, et ex-dirigeant de la CFTC. 
L'IST est proche du grand patronat et L'Humanité, l'organe de presse du Parti communiste, le considère comme "une officine du patronat", lequel est supporteur de Macron.
Cet entretien est donc le fruit du mariage de la carpe et du lapin.

dimanche 18 mars 2018

Crèche : les députés travaillent dur à leur bien-être personnel

L'Assemblée nationale aura sa crèche réservée 

Le palais Bourbon pourra accueillir une trentaine d'enfants dès septembre prochain

On aurait pu croire les esprits de nos députés occupés par les nombreuses réformes de Macron, ces bébés que Brigitte ne lui donnera jamais. Or, nos législateurs sont en fait obsédés par la garde de leurs rejetons.

Députés et membres du personnel du palais pourront laisser leurs rejetons dans une salle qui devrait pouvoir chouchouter entre 30 et 40 espoirs de la macronie. 
Une étude aurait été commandée à un cabinet indépendant qui, après une courte gestation de quelques semaines, fait tomber les réticences de certains députés : la naissance d'une crèche est nécessaire.

Les écoute-bébé audio et vidéo remplaceront-ils les jeux sur tablettes ?
Les orateurs devront baisser d'un ton et l'opposition muselée sera définitivement réduite au silence : bébé dort !
Le député LREM Florian Bachelier, 39 ans, ci-contre, premier questeur et avocat d'affaires en couple avec une référente LREM en Ille-et-Vilaine, avait lancé le projet en décembre, ainsi qu'une élue féministe de La France insoumise, Clémentine Autain. Les députés, leurs collaborateurs, ainsi que le personnel de l'Assemblée, avaient été consultés sur le sujet

Le statut des cheminots a-t-il beaucoup à envier à celui des députés ?
"Cette crèche est destinée aux députés, aux fonctionnaires de l'Assemblée et aux collaborateurs des élus. Mais ce sont surtout ces derniers qui en auront le plus l'usage", a estimé avec force et conviction le député Bachelier. 

Cette précision tentait en fait de désamorcer les critiques des parents choyés de l'Assemblée nationale. "Les députés gagnent suffisamment bien leur vie pour trouver des solutions de garde", avait ainsi estimé la députée des Yvelines passée de Sarkozy (LR) à Emmanuel Macron (LREM), en passant par Alain Juppé (RPR, UMP), Aurore Bergé, épouse divorcée du socialiste Nicolas Bays, ex-chef de cabinet de l'illustre Jacques Mellick (maire de Béthune, puis ministre de la Mer et secrétaire d'État à la Défense inquiété par la justice pour faux témoignage dans l'affaire VA-OM), et accusé d'avoir accepté de l’ancien ambassadeur du Qatar en France de nombreux avantages en nature, tels que des montres Rolex, des voyages et des bons d’achat dans des grands magasins.


En 2013 déjà, l'ex-secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire avait déjà porté un projet similaire. A l'époque de sa troisième grossesse, elle prônait la parité (son compagnon - un ingénieur, selon les uns, un salarié du tertiaire, selon les autres - allait prendre un congé parental à la naissance de leur garçon). Alors sous la tutelle du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, elle avait proposé de transformer la ...buvette du palais Bourbon en crèche ! 
Cette fois, le choix se porterait plutôt sur le très chic l'hôtel de Broglie, 7.158 m2 à quelques minutes de marche de l'Assemblée. Cette ruine réhabilitée à coups de millions d'euros, avait pourtant fait débat chez les élus LREM qui avait finalement voté son aménagement pour 20 millions d'euros en espaces de travail et des bureaux-couchettes.

La courbe démographique du pays pourrait se redresser : ainsi Macron délègue-t-il en assurant l'aide sociale dont les élus ont tant besoin. Alors que les Français se faisaient réduire, impuissants, le montant de leurs allocations familiales (quand elles ne leur étaient pas supprimées), en 2014, la ministre PS des Affaires sociales Marisol Touraine n'avait pas fermé la porte à la discussion sur la durée de l'indemnisation du congé parental et de nombreux députés socialistes (probablement nécessiteux) avaient demandé une modulation des allocations en fonction des revenus.

Image associéeLe jeunisme du quinquennat Macron se confirme donc. 
Alors que Macron "assume" de demander "patience", "efforts" et sacrifices aux retraités dont il ampute le pouvoir d'achat, l'Assemblée à majorité macronienne vient, dans le même temps (il y a quatre jours), de réduire l'allocation pour les obsèques des députés. Un montant forfaitaire était jusqu'alors versé, de 18.255 euros au maximum, pour le décès du député ou ancien député, son conjoint ou ses enfants à charge.
Si injuste soit ce privilège, en effet, il n'était qu'un des nombreux acquis auxquels nos élus restent attachés, tels des cheminots, mais que Macron n'a toujours pas alignés sur le secteur privé...

Plusieurs détails ne sont pas réglés : 
qui paie la garde en crèche (personnels - agents et  psychologues -, sans compter les frais généraux - couches et eau-électricité), le contribuable, pendant trois ans, ou les seuls géniteurs les plus défavorisés, ce qui allégerait très sensiblement la charge des retraités, par ailleurs actifs dans la garde de leurs propres petits-enfants, sans aide aucune ?
Les personnels voilés seront-ils agréés ? La crèche Babyloup de Chanteloup-les-Vignes a en effet suscité des affrontements judiciaires en 1991, à la suite du licenciement, en 2008, d'une salariée de la crèche, au motif qu'elle portait un foulard islamique.

mardi 27 février 2018

SNCF : pendant la concertation, les couteaux ne resteront pas au vestiaire

Pas de négociations : la bataille du rail aura lieu

Macron refuse de négocier, acceptant deux mois de ...concertation

Les quatre principales fédérations de la SNCF (CGT, Unsa, Sud et CFDT) se  réunissent ce mardi en fin d'après-midi pour discuter d'une réponse commune à apporter à la réforme du rail, annoncée lundi par le premier ministre.

Interrogé à l'émission Les 4 Vérités de France 2 sur la menace d'un long conflit social, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a nié toute volonté de s'engager dans un "bras de fer" et de passer "en force".

La ministre de Transports, Elisabeth Borne, lui a fait écho sur BFMTV, assurant qu'il y a "urgence à agir", mais de "la place pour la concertation", c'est-à-dire un dialogue de sourds, notamment sur le calendrier de l'ouverture à la concurrence et le changement de statut des cheminots. "Le rapport de force, ce n'est pas ce que souhaite le gouvernement. Commençons par discuter," a-t-elle répété. "Je comprends leur inquiétude. Ca veut dire qu'il faut en parler, et mettre les sujets sur la table." Et de souligner: "Ma méthode, c'est le dialogue, la concertation." Elle prévoit de rencontrer à partir de jeudi les organisations syndicales dans le cadre d'une concertation prévue pour courir en mars et en avril.

69% des Français applaudiraient à la fin du statut de cheminot.
L'opinion semble pour l'instant être du côté du gouvernement. D'après un sondage Harris interactive pour RMC et Atlantico, 69% des Français sont pour la fin du statut de cheminot et 54% se montreraient favorables au recours aux ordonnances pour faire adopter la réforme de la SNCF. 
Enfin, 69% des personnes interrogées estimeraient que cette réforme permettrait avant tout de "réduire la dette de la SNCF". Cette dette s'élèverait actuellement à environ 47 milliards d'euros.

Sur ce point, la collectivité nationale devrait reprendre à son compte la dette de la SNCF, a confirmé le ministre de l'Economie et des Finances, sans toutefois préciser dans quelle proportion. 
Il s'est contenté d'affirmer que l'objectif est que le contribuable ait à terme "moins à payer" - après avoir réglé la dette - grâce à l'amélioration de la situation financière de la SNCF. "Aujourd'hui, la SNCF perd trois milliards d'euros par an. On ne peut pas continuer comme ça, on va droit dans le mur", a insisté Bruno Le Maire.

En 1995, la France avait été paralysée trois semaines, poussant Alain Juppé  à reculer sur un plan de réforme du rail et des retraites.
Malgré ce précédent, la menace d'une grève massive ne semble pas inquiéter le gouvernement. "Je ne crois pas un seul instant que des syndicats, y compris la CGT, qui sont responsables, qui connaissent leur outil de travail, qui aiment leur métier sont capables de prendre en otage les Français pendant de très longues semaines", a voulu croire le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, interrogé sur RTL. 
"Manifestement il y aura une grève, mais le statu quo n'est pas possible sur cette question importante qu'est l'avenir de la SNCF", a averti pour sa part le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur France Info, ce matin.

Quelle va être la riposte des cheminots à la réforme annoncée de la SNCF ? 

Les fédérations CGT, Unsa, Sud et CFDT se réunissent ce mardi à 17 heures pour en discuter. Alors que le gouvernement compte procéder par ordonnances pour réformer sans tarder le statut de l'entreprise publique, ainsi que celui des cheminots, les syndicats semblent déterminés à ne rien céder. 

Dès lundi, la CGT qui a déjà lancé un appel à la mobilisation pour le 22 mars, s'était dite prête à "un mois de grève" pour "faire plier" le gouvernement. 
Le secrétaire général du premier syndicat à la SNCF promet une "réponse appropriée" des syndicats, laissant aux cheminots le soin de décider de la forme du mouvement, a expliqué Philippe Martinez mardi sur l'antenne de RMCsans remettre en cause la nécessité d'une réforme, "mais pas celle-là". 
"On va déclencher une alerte sociale. Et probablement dans la foulée, après le 15 mars, un conflit si jamais le gouvernement maintient son agression à l'égard des cheminots", a aussi précisé Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT Cheminot, au micro de France Info. "On adaptera nos réponses à cette durée", alors que le gouvernement souhaite faire voter les "principes clés" de la réforme du rail avant l'été.

Il y a "urgence" à répondre à "l'attaque gravissime portée contre les cheminots et les usagers," estime le numéro un de la CGT. "Il faut expliquer, il y a une campagne mensongère qui a lieu en ce moment, dénonce-t-il. Des salariés qui touchent moins de 2.000 euros par mois, qui travaillent souvent la nuit, le week-end, est-ce que c'est ça être privilégié ?". 
Alors que le premier ministre Edouard Philippe a annoncé lundi qu' "à l'avenir" il n'y aura plus de recrutement au statut de cheminot, le leader de la CGT estime au contraire "les droits collectifs sont justifiés". Selon lui, il faudrait même "améliorer les grilles de salaire des cheminots parce qu'ils sont mal payés".

D'autres syndicats pourraient venir renforcer le mouvement. 
Deuxième syndicat représentatif, l'Unsa-ferroviaire a également annoncé lundi son intention de proposer à l'intersyndicale une grève "avant le 22 mars", journée de mobilisation commune avec les fonctionnaires. 

Quatrième à la SNCF, la CFDT-Cheminots veut proposer une "grève reconductible à partir du 14 mars" aux trois autres syndicats représentatifs.

samedi 24 février 2018

Retraites : Macron oppose les agriculteurs aux cheminots

Macron est-il dans son rôle en dressant une catégorie sociale contre une autre ?

Macron compare les retraites des agriculteurs à celle des cheminots

Face à un salarié SNCF qui, au cours de sa visite samedi au salon de l'Agriculture, l'avait interpellé pour s'inquiéter de la réforme annoncée de la SNCF, le banquier-président a opposé la retraite des cheminots à celle des  agriculteurs. "Je ne peux pas avoir d'un côté des agriculteurs qui n'ont pas de retraite et de l'autre un statut cheminot et ne pas le changer", a frontalement rétorqué Macron au cheminot. 
"Je suis petit-fils de cheminot. Allez voir les agriculteurs, ils n'ont pas de statut... faut pas raconter de craques aux gens. Vous avez quel âge? Vous n'avez pas le même rythme que mon grand-père qui était cheminot" (son arrière-grand-père, à dire vrai, était chef de gare), a déclaré le président, fils de deux médecins, tout en assurant ne pas vouloir "tout casser"

Macron a ajouté qu'il n'était "pas du tout pour rogner sur les salaires 

"Mais
on a des éléments de statuts et une gestion de l'entreprise qu'il faut adapter" et "pour votre génération, c'est mieux", a-t-il poursuivi. 
"Le monde n'est plus comme avant, a-t-il constaté finement. Je ne vais pas faire rentrer un cheminot [à la SNCF avec un statut] comme il y a 50 ans, ce serait fou !" s'est exclamé le président tout en promettant au cheminot qu'il "viendra sur le terrain". 

Matignon doit faire connaître lundi la méthode et le calendrier de la réforme de la SNCF qu'il va entreprendre à la suite de la présentation, la semaine dernière, d'un rapport sur la question. Réalisé par l'ex-patron d'Air France Jean-Cyril Spinetta, il lane une quarantaine de pistes de réformes pour la SNCF, dont la transformation en société anonyme et la fin du ...statut des cheminots à l'embauche.

Macron est-il le président de tous les Français ?