Des agriculteurs en colère déversent du lait à Rouen, geste symbolique d'hostilité au gouvernement
Une trentaine d'agriculteurs a déversé du lait devant la préfecture de Seine-Maritime, vendredi soir à Rouen
Capture d'écran d'une vidéo de l'AFPTV du 11 octobre 2019
Un agriculteur déverse du lait devant la préfecture de Seine-Maritime à Rouen, pour protester contre la consignation de produits laitiers en raison de la contamination probable liée à l'incendie de produits chimiques à l'usine Lubrizol France, première filiale du groupe américain à avoir produit hors des Etats-Unis... Ce site industriel est classé au titre des risques pour l’environnement et la santé, selon la directive Seveso, seuil haut avec servitudes.
A l'appel de la FNSEA de Seine-Maritime, des producteurs ont lancé du lait à travers les grilles de la préfecture vers 21h30.
Le préfet pourrait dès cet après-midi "lever les séquestres sur le lait", avait dit leministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, lors d'une conférence de presse vendredi, selon l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), "tous les prélèvements étaient négatifs".
Or, "à cette heure, aucune décision de l'administration n'a été prise"...
Pire, "les délais seraient même repoussés à lundi," a fait savoir un communiqué de la FNSEA diffusé vendredi en début de soirée.
"Les éleveurs ne comprennent pas pourquoi ils sont encore obligés de détruire du bon lait", indique le syndicat agricole.
Ce report de la commercialisation du lait a également suscité la colère de la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime.
"Les résultats sont bons; on est sous blocus depuis 15 jours et il faut encore attendre lundi ! Et on va encore jeter notre lait samedi et dimanche, moralement, c'est compliqué", a-t-elle déclaré sa vice-présidente, Aline Catoire.
L'acteur Guillaume Canet a annoncé son engagement pour les agriculteurs en détresse L'acteur n'est resté ni 12, ni 15 heures, au Mondial de l'Agriculture, mais il a pris un engagement
Il n'est pas chef de l'Etat, mais il n'attend pas que le secteur s'auto-régule naturellement. Présent au Salon de l'Agriculture avec son ami Edouard Bergeon, qui a réalisé le film "Au nom de la terre", Guillaume Canet est revenu sur la détresse du monde agricole au micro de Public Sénat.
“Ca fait pas rêver”, a osé commenter une internaute...
"Au nom de la terre" retrace la vie du père d'Edouard Bergeon, le réalisateur. Un monde que l'acteur - qui est bon cavalier - connait bien. "J'ai grandi à la campagne parmi les chevaux avec un père qui a fait de l'élevage et avec des agriculteurs, mais j'ai découvert une triste réalité qui fait que, un jour sur deux, un agriculteur se suicide en France. Et c'est un chiffre assez insupportable...", raconte Guillaume Canet. Pour le coup, ça ne fait pas rêver...
Il est allé à la rencontre de plusieurs agriculteurs en France avec l'association Solidarité Paysans,
mouvement de lutte contre l'exclusion en milieu rural, explique ensuite le comédien. Cette association nationale fédère des structures départementales et régionales.
Il dénonce aujourd'hui la "non-assistance à personne en danger" du pouvoir et attend des mesures concrètes pour le monde agricole. "Ça fait très très longtemps qu'on attend l'action des politiques", assure-t-il.
Par entêtement et cynisme aussi, le pouvoir pourrait conduire à des émeutes xxl
L'Etat tout-puissant convoque le chaos et ... la mort
Autrefois hélitreuillé depuis un hélicoptère sur un sous-marin,
Macron ne parle plus, ne se montre plus et se cache
Macron va-t-il transformer le colère citoyenne en rage insurrectionnelle ?
Les Gilets jaunes menacent de réinvestir Paris samedimalgré quelques concessions à court terme du gouvernement et du fait du refus obstiné de Macron de rétablir l'ISF (IFI). Le président a ainsi pris le risque d'"une très grande violence" et de pertes humaines. "Nous avons des raisons de redouter une très grande violence", a fait savoir mercredi soir la présidence. Le 8 décembre, "nous savons que nous aurons des blessés et nous craignons d'avoir des morts parmi nous", explique le syndicat de police Vigi.
Le président Emmanuel Macron a demandé mercredi aux responsables politiques et syndicaux de lancer un "appel au calme".
L'inquiétude de l'exécutif peut paraître surjouée. Surtout, elle implique cyniquement les responsables politiques qui seront incriminés dans le cas d'un déchaînement de violences dans Paris, encore sous le choc des scènes d'émeute vécues samedi 1er décembre.
Ces images, qui ont fait le tour du monde, ont d'ailleurs porté un coup à l'économie et au tourisme et l'Etat macronien s'est emparé de cet argument pour accabler les "factieux" et discréditer le mouvement pacifique des Gilets jaunes.
Quatre personnes sont mortes et des centaines ont été blessées - de part et d'autre - en marge des manifestations contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, déclenchées le 17 novembre. Et la colère s'étend désormais aux lycéens, aux agriculteurs et aux étudiants.
Jupiter a-t-il renoncé à exercer un pouvoir vertical et solitaire ?
"Le président de la République a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat, de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, alors que le président n'est plus apparu en public - si ce n'est de nuit, en catimini au Puy-en-Velay, où il a été copieusement hué et insulté et sa voiture prise en chasse.
Pour le porte-parole Griveaux, cet appel s'adresse à "ceux qui font preuve de cynisme, d'opportunisme (...) Inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront". Ce membre du gouvernement, comme Sandra Motin, députée LREM de l'Isère plus haut, discrimine les Français et provoque le passage à la haine insurrectionnelle.
"Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions. Je lance ici un appel à la responsabilité", a pour sa part dit le premier ministre Edouard Philippe devant l'Assemblée nationale. Humblement et piteusement.
Il a aussi affirmé que le gouvernement sera "intraitable" face aux "factieux" et aux "casseurs".
On notera au passage la brutalité de Ruth El Krief, hôtesse maltraitante aux abois, arc-boutée sur sa position menacée de privilégiéesous la critique de la rue pour son mépris de classe:
Pour tenter de désamorcer la "colère jaune", l'exécutif a reculé mercredi soir, en renonçant pour l'an prochain - 2019 seulement - aux augmentations de taxes sur les carburants. Mais Macron reste inflexible sue l'ISF...
Ces hausses à l'origine prévues pour le 1er janvier sont "annulées pour l'année 2019", a affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy. Mais les hausses des dernières semaines - 40 centimes par litre de diesel - continueront de peser sur les budgets de plus défavorisés.
Un premier recul mortifiant pour Emmanuel Macron qui, depuis le début de son mandat en mai 2017, s'était fait fort de "garder le cap" et de ne pas céder à la rue. La majorité des manifestants ne lâchent rien, quant à eux, et multiplient blocages et rassemblements parfois violents - quand ils se laissent infiltrer - depuis trois semaines dans tout le pays.
Seuls deux dépôts pétroliers ont été débloqués, tandis que la plupart des "gilets jaunes" dénoncent des "mesurettes" et promettent de poursuivre leur mouvement.
Le mépris de classe de Macron peut mettre le feu au pays
"Les Français ne veulent pas des miettes; ils veulent la baguette au complet", a déclaré Benjamin Cauchy, l'une des figures du mouvement.
Le mouvement a gagné le soutien de la population : près de huit Français sur dix (78%), estiment que les premières annonces du gouvernement ne répondent pas aux attentes, selon un sondage Elabe qui confirme que l'approbation de la mobilisation reste élevée, avec 72% des Français.
Celui qui disait "entendre" et "comprendre" est en revanche resté sourd sur une autre revendication des "gilets jaunes": le rétablissement de l'Impôt sur la fortune (ISF), qui frappait les ménages les plus fortunés avant d'être supprimé dès son arrivée au pouvoir, en plein mois de juillet 2017. Il a filtré dans l'entourage présidentiel que Macron a déclaré en Conseil des ministres mercredi qu'il ne veut "rien détricoter de ce qui a été fait depuis dix-huit mois". Un entêtement qui le rend d'avance responsable des gestes de colère et de désespoir que la presse dit craindre, surjouant la peur.
Signe des tensions dans la France profonde, mardi soir au Puy-en-Velay (Haute-Loire, Auvergne), où un bâtiment officiel avait été incendié samedi, le chef de l'Etat a été hué et insulté frontalement au cours de sa visite surprise nocturne. Venu de Paris en avion, il est resté deux heures, sans autre contact avec la population. Et sans plus manifester aucune volonté de pédagogie avec des Gilets jaunes.
L'un des plus connus des "gilets jaunes",Eric Drouet, qui se déroba au débat dans l'émission spéciale de BFMTV, 'Sortir de la Crise'- destinée d'une part à ridiculiser les quatre Gilets jaunes présents face à une Marlène Schiappa frontalement agressive (mais prise en flagrant délit de mensonge) et à un de Rugy, faux-cul et soucieux de son image, et d'autre part, à convaincre de ne pas participer au rassemblement du 8 décembre à Paris, sous la pression de la peur de débordements - mercredi soir animée par Ruth El Krief, tour à tour cinglante et condescendante, et Bruce Toussaint, narquois,a appelé à "retourner à Paris" samedi, "près des lieux de pouvoir, les Champs-Elysées, l'Arc de Triomphe, (la place de la) Concorde". On dit que des blindés de l'Armée les y attendent.
La contestation a gagné les lycéens, qui protestent notamment contre la réforme du baccalauréat. Au lendemain de heurts parfois violents, le fonctionnement de quelque 200 lycées restait perturbé mercredi et des associations lycéennes appelaient à une mobilisation générale à partir de jeudi.
Certains étudiants commençaient à rejoindre le mouvement. "Les circonstances actuelles dans notre pays font que la violence est en train d'envahir les débats et de faire en sorte que nos lycéens soient mêlés à des contextes dangereux", a averti mercredi soir le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. Dramatisation de dissuasion ?
Les agriculteurs ont quant à eux annoncé qu'ils manifesteront la semaine prochaine, contre l'"agri-bashing".
Macron est-il dans son rôle en dressant une catégorie sociale contre une autre ?
Macron compare les retraites des agriculteurs à celle des cheminots
Face à un salarié SNCFqui, au cours de sa visite samedi au salon de l'Agriculture,l'avait interpellé pour s'inquiéter de la réforme annoncée de la SNCF,le banquier-président a opposé la retraite des cheminots à celle des agriculteurs. "Je ne peux pas avoir d'un côté des agriculteurs qui n'ont pas de retraite et de l'autre un statut cheminot et ne pas le changer", a frontalement rétorqué Macron au cheminot.
"Je suis petit-fils de cheminot. Allez voir les agriculteurs, ils n'ont pas de statut... faut pas raconter de craques aux gens. Vous avez quel âge? Vous n'avez pas le même rythme que mon grand-père qui était cheminot" (son arrière-grand-père, à dire vrai, était chef de gare), a déclaré le président, fils de deux médecins, tout en assurant ne pas vouloir "tout casser".
Macron a ajouté qu'il n'était "pas du tout pour rogner sur les salaires
"Maison a des éléments de statuts et une gestion de l'entreprise qu'il faut adapter" et "pour votre génération, c'est mieux", a-t-il poursuivi.
"Le monde n'est plus comme avant, a-t-il constaté finement. Je ne vais pas faire rentrer un cheminot [à la SNCF avec un statut] comme il y a 50 ans, ce serait fou !" s'est exclamé le président tout en promettant au cheminot qu'il "viendra sur le terrain".
Matignon doit faire connaître lundi la méthode et le calendrier de la réforme de la SNCFqu'il va entreprendre à la suite de la présentation, la semaine dernière, d'un rapport sur la question. Réalisé par l'ex-patron d'Air France Jean-Cyril Spinetta, il lane une quarantaine de pistes de réformes pour la SNCF, dont la transformation en société anonyme et la fin du ...statut des cheminots à l'embauche.
Jeudi soir à la télé, le président Hollande avait solennellement promis que "les choses allaient bouger." Elles bougent !
Fantôme et pourtant reconduit- le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, ne se fera finalement pas représenter par l'ambassadeur lors de ce Conseil européen, où la France compte notamment demander "un plan européen de stockage" pour désengorger le marché de la surproduction de lait et de porc.
Dès 06h00 lundi, les agriculteurs méfiants, qui réclament que leur production soit payée au juste prix,dénoncent les sanctions européennes contre la Russie et les cours trop bas de leurs productions et les pressions de la grande distribution française.
Samedi 13 février, de nouvelles actions ont été menées en Ille-et-Vilaine à Saint-Grégoire, Saint-Malo, Fougères et Vitré, et dans les Côtes-d'Armor à Saint-Brandan, Ploufragan, Pléneuf-Val-André, Lamballe et Pluduno. Le centre Leclerc de Quimperlé, dans le Finistère, a lui aussi été bloqué. Ce lundi matin, ils ont répliqué à la promesse présidentielle en encerclant Vannes, peu avant le début d'un Conseil européen sur l'agriculture, à Bruxelles.
A 08h45, les agriculteurs occupaient environ six échangeurs d'accès à la ville, selon le préfet du Morbihan. Ils ont mis en place des barrages bloquants ou filtrants qui laissent possible l'accès à la ville. Dimanche, le préfet du Morbihan avait pourtant pris un arrêté pour interdire la circulation des véhicules agricoles lundi de 06h00 à 19h00 dans la commune de Vannes.
Arrivés en opérations escargot, ils se sont donc positionnés aux échangeurs conduisant à la ville, tandis que les forces de l'ordre filtraient les entrées de la ville pour empêcher le passage des engins agricoles, au risque de ralentir le trafic.
VOIR et ENTENDRE un reportage sur le blocage de la laiterie Laïta à Créhen, dans les Côtes-d'Armor :
L'un des tracteurs de la manifestation, qui arbore un drapeau breton, arborait une pancarte de désespoir: "La mort est dans le pré".
Le centre E. Leclerc de Quimperlé à nouveau bloqué ce lundi
Les agriculteurs multiplient depuis un mois les actions de sensibilisation des pouvoirs publics, principalement en Bretagne, mais aussi dans l'Ain, ce lundi. Sur les barrages routiers de Bretagne, ils ont brûlé des pneus et déversé des tonnes de déchets, encerclant Lorient et Rennes le 27 janvier lors d'une journée où ils ont mis en place près d'une trentaine de barrages en Bretagne. Des barrages qui ont tenu parfois plusieurs jours.
Ils ont aussi manifesté devant des permanences d'élus, puis leur colère s'est tournée il y a plusieurs semaines vers les plateformes logistiques de la grande distribution, tandis que ni Valls, ni Hollande n'a fait le déplacement en Bretagne pour écouter leurs appels au secours.
En septembre dernier, Stéphane Le Foll, ministre intermittent de l'Agriculture, avait annoncé qu'il ne se rendrait pas au Salon international des production animales (Space), à Rennes. "Il y a une volonté que le Space se déroule dans de bonnes conditions", avait déclaré Le Foll, justifiant ainsi son absence au deuxième salon agricole de France, pour la première fois depuis 2012. Il s'était fait tirer les oreilles et s'était finalement ravisé pour deux heures de visite, comprenant une rencontre avec les organisations syndicales, les élus et les institutionnels et une déambulation dans les travées du salon: à 10h30, l'ex-député de la Sarthe n'était plus là.
VOIR et ENTENDREles ostréiculteurs justifier leur soutien aux agriculteurs:
Les agriculteurs sont étranglés par les prix qui leurs sont imposés à la production,alors qu'à la vente ils ne baissent pas dans la grande distribution. Ils réclament donc, entre autres, de meilleurs prix d'achat de leurs produits.
Les ministres de l'Agriculture et de l'Economie ont alors accentué la pression sur la grande distribution, vendredi, afin d'amener les grandes enseignes du secteur à revoir leurs pratiques de fixation des prix auprès des industriels et producteurs agricoles, asphyxiés par des rémunérations trop basses.
Sur 5 départements, 3 ont voté PS et la Bretagne est entre les mains du cumulard Le Drian, ministre et président de région intermittents
Le Drian reste transparent en Bretagne. 66 départements ont voté pour la droite, 30 pour la gauche en France, dont le Finistère, l'Ille-et-Vilaine et la Loire Atlantique:particularisme breton ?
Heureux que la Loire-Atlantique reste à gauche dans ce contexte de défaite pour la majorité qui devra en tirer les leçons
— Jean-Marc Ayrault (@jeanmarcayrault) 29 Mars 2015
Ayrault en a tiré sa leçon: il est entré au gouvernement, comme ministre de voyages à l'étranger. Quand les élus socialistes de Bretagne et les Bretons vont-ils exprimer leur soutien aux agriculteurs de leur région ?
Les agriculteurs poursuivent leurs actions dans l'ouest de la France
Les éleveurs tiraient, depuis des mois, la sonnette d'alarme en raison des cours trop bas
Ces prix sont inférieurs aux coûts de production, auxquels le porc, le lait et la viande bovine sont achetés par les industriels de la transformation. De nombreux agriculteurs en faillite sont contraints de mettre la clé sous la porte.
Le gouvernement doit prendre en compte l’urgence de la situation, insiste Yves Bazy, producteur de lait dans les Côtes-d’Armor et secrétaire général de la FDSEA. Et il doit prendre, par exemple, ses responsabilités par rapport aux conséquences de l’embargo russe. "Cette décision politique nous a touchés par effet de domino. Les Allemands, qui vendaient beaucoup aux Russes, ont perdu de gros marchés, donc ils se sont rabattus sur notre marché national. Sauf qu’ils sont plus compétitifs que nous et vendent mieux. "Je ne produis pas encore à perte mais ça ne saurait tarder ! Il me manque six centimes d’euros par litre de lait pour couvrir mes dépenses et faire un minimum de bénéfice. Le prix payé au producteur pour son travail est bien en dessous de son coût de production. Certains d’entre nous ont vraiment du mal à s'en sortir", explique-t-il depuis des mois.
A l'appel des Jeunes agriculteurs (JA) et de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA), mercredi 20 janvier, une centaine d'agriculteurs des Côtes d'Armor et une quarantaine de tracteurs a donc commencé, à bloquer la N12, qui relie Rennes et Brest, à la sortie de Saint-Brieuc. Les éleveurs voulaient ainsi attirer l'attention du gouvernement sur les milliers d'emplois menacés par la crise du secteur.
Le blocage de la Nationale 12 le 22 janvier dans l'après-midi ou le rassemblement dans les rues de Rennes ce matin attestent de la volonté des producteurs de lait et de viande de continuer à faire pression sur le gouvernement. A Quimper, la situation avait été très tendue, avec des poubelles incendiées et des déchets déversés devant la préfecture.
Et les actions se sont multipliées. Au même moment, devant la préfecture de Laval, des agriculteurs sont venus avec des panneaux de leurs villages, comme pour montrer qu'ils craignent d'être rayés de la carte. "Les consommateurs continuent de payer, voire même plus cher, et pourtant nos produits sont de moins en moins chers", explique ainsi un éleveur aux autres manifestants. Des actions sporadiques se propagent dans tout l'ouest de la France.
En pleine manifestation devant la préfecture de Rennes (Ille-et-Vilaine), les autorités se résolvent à organiser une réunion de conciliation. Mais boycottée par la principale fédération agricole, son échec symbolise du difficile dialogue entre les éleveurs et les pouvoirs publics.
Jeudi 28 janvier, les autoroutes ont été bloquées à une vingtaine d'endroits. Une semaine maintenant que les agriculteurs en colère sont mobilisés, comme dans la Manche. "C'est pas la première fois malheureusement, donc on espère que ce sera la dernière mais si on doit revenir, on reviendra", assure Aurélie Cauchard, agricultrice.
La table ronde a été reportée en Bretagne et Stéphane Le Foll a été hué et sifflé par les céréaliers à Reims. Le ministre intermittent de l'Agriculture a reçu une salve de remarques hostiles telles que "vous avancez en reculant !", "au travail !" ou "démission !"
Bruno Le Maire interpelle même François Hollande sur l'agriculture qui se meurt. Les éleveurs ont poursuivi la mobilisation.
Après un "mercredi noir", le 27 janvier, les manifestants ont poursuivi leur mobilisation le jeudi 28 en Bretagne, en Normandie et dans les Pays de la Loire.
VOIR et ENTENDRE le patron de la FNSEA réclamer "un ministre à temps plein"...
Ils demandent au premier ministre de leur accorder un peu d'intérêt et de considération et réclament la venue de Manuel Valls.
Les agriculteurs d'Eure-et-Loir ont appelé à la "mobilisation générale," le mardi 2 février
La FDSEA et les Jeunes agriculteurs d’Eure-et-Loir attendent une "mobilisation générale", demain mardi, à Chartres "pour la survie des exploitations agricoles d'Eure-et-Loir". Les agriculteurs d'Eure-et-Loir ont déjà démontré ni de détermination, ni d’imagination pour mener des actions marquantes et spectaculaires lorsqu'ils doivent défendre leur avenir.
- Le grand parking du restaurant "Mon idée" près du rond-point de la route d'Illiers-Combray.
- La ferme des Quatre Vents entre Bonville et Gellainville.
- Face au magasin Baobab, à Lèves.
Les tracteurs convergeront, ensuite, vers la cité administrative, à Chartres, afin d’en bloquer les accès: les cortèges devraient s'y retrouver pour 7 heures.Jean-Michel Gouache, président départemental de la FDSEA, en explique le motif : "L’État nous empêche de travailler. Nous allons donc empêcher l’État de travailler."
Une délégation devrait être reçue par le préfet d'Eure-et-Loir. "Nous souhaitons, également, rencontrer les parlementaires, pour leur exposer nos difficultés," insiste aussi les agriculteurs en colère.
Depuis le début des manifestations des agriculteurs, dans l'ouest de la France, ceux d'Eure-et-Loir étaient restés plutôt discrets. Mais des représentants de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs d’Eure-et-Loir se sont déplacés au Mans, ce mercredi 27 janvier 2016, pour manifester avec leurs homologues de la Sarthe.
Ce vendredi 29 janvier, les secrétaires généraux de la FDSEA et Jeunes agriculteurs d’Eure-et-Loir cosignent l'appel à mobilisation "pour la survie des exploitations agricoles d'Eure-et-Loir".
Etrangement, les agriculteurs de la Confédération paysanne (gauche altermondialiste) et du MODEF (anarcho-communistes) ne semblent pas souffrir
En revanche, Bertrand Petit, secrétaire général FDSEA 28, et Pierre Manent, secrétaire général JA 28 l'affirment: "Nos productions souffrent. Ce n’est malheureusement pas nouveau pour l’élevage, mais la situation est loin de s’améliorer malgré les fortes mobilisations de l’an passé et la crise s’étend désormais aux productions végétales."
"[...] La pression ne doit pas tomber si l’on veut se faire entendre. [...] Les organisations professionnelles agricoles, les coopératives, les centres de gestion et les concessionnaires doivent se sentir concernés par cette mobilisation et devront se montrer solidaires en rejoignant le mouvement. Tenez-vous prêts, nous comptons sur votre présence pour la survie de notre agriculture !"
Le ministre de l'Agriculture devait rencontrer les éleveurs dans les prochains jours.
Sous la pression, Stéphane Le Foll a finalement consenti ce dimanche à rencontrer des agriculteurs (triés sur le volet) mardi prochain. En compagnie du président François Hollande, il rencontrera la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, a-t-il annoncé à l'occasion du Grand Rendez-Vous Europe 1/i-télé/Le Monde.
Le ministre de l'Agriculture a également fait savoir qu'il déposera un texte la semaine prochaine à l'Union européenne "pour faire bouger les lignes":
Je déposerai un texte la semaine prochaine à l'#UE pour faire bouger les lignes avt le Conseil Européen des min. de l'#Agriculture#GRDV
Sur la question de l'endettement des éleveurs, Stéphane Le Foll a rappelé qu'"un délai supplémentaire est accordé aux éleveurs. L'année blanche se poursuit jusqu'à la fin juin".
Après que la France ait été moteur pour des sanctions contre la Russie sur le sujet de l'Ukraine, le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement s'est à nouveau déclaré favorable à la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine". Au vu des effets désastreux de leur politique étrangère, les matamores de l'exécutif a rétro-pédalé. "Bien sûr, je souhaite une levée des sanctions; le président de la République le souhaite également. Je suis allé en Russie pour négocier avec les Russes à ce sujet", a-t-il déclaré. Cette position est partagée par l'ensemble du gouvernement, selon le ministre. "Emmanuel Macron, qui est allé en Russie il n'y a pas longtemps, souhaite que les sanctions soient levées d'ici l'été; je suis d'accord", a-t-il ajouté, quoiqu'un peu tard.
Ce revirement et ces propos pour que Stéphane Le Foll souligne au final que "ce n'est ni le ministre de l'Agriculture ni même la France qui négocie avec la Russie", mais l'Union européenne. Or, Le Foll ne précise pas qu'il y sera absent: il se fera représenter par l'ambassadeur...
Réformer d'accord, mais en prenant le temps du dialogue et du respect
57% des Français réclament de "laisser le temps au dialogue"
Une grande majorité de Français voudrait du dialogue, quitte à aller moins vite dans le rythme des réformes, selon un sondage Odoxa pour MCI, France Info et Le Parisien/Aujourd'hui-en-France, publié ce jeudi.
Une alternative... "D'ici à l'élection présidentielle de 2017,souhaitez-vous, l'accélération du rythme des réformes dans le pays,
La CFDT suit toujours ce gouvernement
quitte à laisser moins de temps au dialogue ou, au contraire, laisser le temps au dialogue, quitte à aller moins vite ?" 57% des personnes interrogées ont répondu "laisser le temps au dialogue", indépendamment du type de réforme, structurelle ou sociétale, et de sujet, chômage, croissance ou dette publique.
Réformes pour l'emploi
Les négociations du DRH d'Air France avec la CGT, FO et Sud tournent au lynchage...
"Il y a un an, ils étaient 57% à souhaiter le contraire", souligne Odoxa dans Le Parisien. 42% souhaitent "accélérer le rythme des reformes".
"Ce sont davantage les sympathisants de la gauche (62%, contre 50% pour ceux de la droite) qui plaident pour qu'on mette le holà aux réformes", précise le quotidien.
Pour "mener des réformes économiques et sociales efficaces en termes d'emploi": 70% des sondés "font le plus confiance à la négociation entre les syndicats et le patronat". Seulement 27% ont eux plus confiance "à l'Etat et aule Parlement".
Contestation sociale
Enfin, 83% des personnes interrogées voient "dans les troubles causés par les taxis en juin, les agriculteurs en juillet, et ceux déclenchés par l'annonce de nouvelles suppressions de postes chez Air France, le signe d'un dialogue social qui se dégrade".
Pour seulement 16% des sondés, ce sont "des cas isolés qui ne sont pas représentatifs de l'évolution du dialogue social dans notre pays".
Sondage réalisé auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, âgées de 18 ans et plus, interrogées par internet les 22 et 23 octobre, selon la méthode des quotas.
La loi Rebsamen sur le dialogue social
Après 16 mois au ministère du Travail, François Rebsamen laisse une loi qui porte son nom, une réforme du dialogue social simplifiant les règles dans les entreprises, qui constitue selon lui "un levier de performance économique et sociale". Une gageure aussi, après le parcours chaotique de la loi Macron, imposée sans vote parlementaire, grâce à l'article 49-3 de la Constitution.
Adopté fin juillet, le texte offre une représentation aux 4,6 millions de salariés des très petites entreprises (TPE, moins de 11 salariés), permet de regrouper des instances ou encore de sécuriser le régime des intermittents du spectacle.
Rebsamen, un modèle de maîtrise du dialogue social...
Il a accumulé les couacs. Comme lorsqu'il a fait retirer un entretien publié par un magazine bourguignon dans lequel ce ministre socialiste affirmait "se battre depuis longtemps pour une vision libérale de l'économie".
Ou quand il assura que le gouvernement allongera la durée de cotisation pour la retraite "s'il le faut", avant d'être aussitôt démenti.
Il a aussi provoqué un tollé en appelant à renforcer le contrôle des chômeurs et à sanctionner les fraudeurs. Des propos qui aboutiront quelques mois plus tard à la mise en place à Pôle emploi d'un nouveau dispositif de contrôle de la recherche d'emploi.
Parmi les mots maladroits, citons aussi le qualificatif de "petit syndicaliste" attribué au patron du Medef, Pierre Gattaz, accusé de "nuire à l'image de l'entreprise" avec ses "postures". Le ministre du Travail présentera ses excuses... aux syndicats ouvriers !