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samedi 12 octobre 2019

Lubrizol : la préfecture, cible des agriculteurs en colère

Des agriculteurs en colère déversent du lait à Rouen, geste symbolique d'hostilité au gouvernement

Une trentaine d'agriculteurs a déversé du lait devant la préfecture de Seine-Maritime, vendredi soir à Rouen
L'usine Lubrizol de Rouen en feu, le 26 septembre 2019.
Capture d'écran d'une vidéo de l'AFPTV du 11 octobre 2019

Un agriculteur déverse du lait devant la préfecture de Seine-Maritime à Rouen, pour protester contre la consignation de  produits laitiers en raison de la contamination probable liée à l'incendie de produits chimiques à l'usine Lubrizol France, première filiale du groupe américain à avoir produit hors des Etats-Unis..Ce site industriel est classé au titre des risques pour l’environnement et la santé, selon la directive Seveso, seuil haut avec servitudes. 

A l'appel de la FNSEA de Seine-Maritime, des producteurs ont lancé du lait à travers les grilles de la préfecture vers 21h30.

Le préfet pourrait dès cet après-midi "lever les séquestres sur le lait", avait dit le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, lors d'une conférence de presse vendredi, selon l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), "tous les prélèvements étaient négatifs".

Or, "à cette heure, aucune décision de l'administration n'a été prise"...

Pire, "les délais seraient même repoussés à lundi,"fait savoir un communiqué de la FNSEA diffusé vendredi en début de soirée.
"Les éleveurs ne comprennent pas pourquoi ils sont encore obligés de détruire du bon lait", indique le syndicat agricole.

Ce report de la commercialisation du lait a également suscité la colère de la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime. 
"Les résultats sont bons; on est sous blocus depuis 15 jours et il faut encore attendre lundi ! Et on va encore jeter notre lait samedi et dimanche, moralement, c'est compliqué", a-t-elle déclaré sa vice-présidente, Aline Catoire.

mercredi 29 juillet 2015

Le Daily Mail déconseille les vacances en France

La France serait devenue un pays dangereux, selon le tabloïd anglais de mardi soir

A cause des incendies et des éleveurs.

Un reportage sur son site, illustré de nombreuses photos,explique aux vacanciers britanniques que la France est un pays à risques, notamment à cause des incendies et des éleveurs. Le journal propose une sélection d'images chocs montrant les derniers événements ayant secoués la France comme les barrages routiers des agriculteurs en Bretagne et dans l'Est, les incendies en Aquitaine et dans le Var ou encore les photos inquiétantes de migrants tentant de rentrer sur le site d'Eurotunnel depuis Calais. 

La liste noire des régions sinistrées est longue, tandis que le prolixe Bernard Cazeneuve assure que l'Etat fait tout ce qu'il faut...

"Les touristes affrontent embouteillages, barrages routiers, feux de forêts près des campings, 2.000 migrants dans le tunnel sous la Manche..."

C'est en ces termes dissuasifs que la Perfide Albion décrit le chaos de la situation sociale en France à ses lecteurs "Vous songez toujours à passer vos vacances en France ? et maintenant les agriculteurs pulvérisent du fumier sur les voitures." (traduction du sur-titre au photo-reportage ci-dessus)

Les photos publiées des vacanciers évacués des campings du Var incitent les Anglais à réfléchir à deux fois avant de se rendre dans le Sud Ouest cet été ou sur la Côte d'Azur, comme ils en ont l'habitude chaque année.

L'article conclut avec un reportage apocalyptique sur la mobilisation des éleveurs français en expliquant que les exploitants agricoles jetés dans la détresse par l'Union européenne déversent du fumier sur les voitures des touristes. Ainsi le Daily Mail dresse-t-il un panorama complet de la France du Nord au Sud en expliquant qu'il serait dangereux de s'y rendre cet été.

Tout comme le journal anglais, la chaîne américaine Fox News avait mis en garde les Américains en les informant de l'existence de "No go Zone" à Paris pendant les attentats de janvier 2015.


mercredi 22 juillet 2015

Colère paysanne: Caen sécurisé pour l'arrivée de Le Foll à reculons

Le Foll découvre la campagne normande: mieux vaut tard tard que jamais

Le pouvoir socialiste cherche des responsables
Les éleveurs en colère bloquent le pont de l'Iroise, mardi 21 juillet

Les agriculteurs en colère qui ont bloqué le magasin Leclerc de Quimper les ont trouvés.

VOIR et ENTENDRE
un éleveur en détresse dénoncer la désinvolture du ministre intermittent de l'Agriculture des "beaux" parleurs Hollande et Valls:


Allègrement, Hollande renonce à redonner du pouvoir d'achat aux Français:
 
"Stéphane Le Foll est venu à la rencontre des éleveurs en colère à Caen, mardi." 

Ainsi s'exprime la presse dévote (Ouest France), alors que le ministre a baissé le pantalon après avoir refusé jusqu'à mardi de sortir de son bureau, exigeant -à l'inverse et à la vérité- des représentants des éleveurs qu'ils viennent "à sa rencontre" au ministère. 
Ce qui n'a pas empêché le badin président godillot du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume, de faire un jeu de mots, lors de l'émission Preuves par 3. "Bruno Le Maire agite et Stéphane Le Foll agit", a-t-il déclaré en parfaite mauvaise foi socialiste. 
VOIR et ENTENDRE le sénateur PS agresser plutôt que de réagir en trois années aux manettes, sans que D. Guillaume - bien que député de la Drôme productrice de fruits et légumes et de viande (blocage de l'abattoir de Roanne, Rhône-Alpes, en juin 2015) - ne mentionne ses propositions, ce que fait Bruno Le Maire:


Sous la pression, 

François Hollande s'est en revanche donné le beau rôle en annonçant un plan dit d'urgence après un mois d'appels de détresse de la filière viande, et prenant son gouvernement par surprise.
VOIR et ENTENDRE Hollande informer par voie de presse son collaborateur à Matignon de sa décision:

Renforts de police pour l'arrivée de Le Foll à Caen

Stéphane Le Foll a donné un petit point presse à son arrivée à Caen.Le déploiement de police a convaincu les incrédules de la présence de Le Foll à Caen : "Je suispour être auprès des éleveurs. Le gouvernement est à l'écoute et pour se mobiliser. Il me semblait normal de venir ici , a-t-il eu l'audace de raconter, pour rencontrer les éleveurs dont je connais les difficultés." 
La-la-lère !

Les télévisions n'ont pas manqué cet événement...
 
Dailymotion (Orange) a fixé dans le marbre sa déclaration chargée de "respect" et d'assurance de proximité...

Le ministre de l'Agriculture est arrivé à Caen par OuestFranceFR

Le quartier de la préfecture à Caen bouclé: Vigipirate? 
Réunion avec Le Foll, apparu désinvolte, menton haut...

Le quartier de la préfecture de Caen, complètement bouclé.
Le quartier de la préfecture de Caen, complètement bouclé. 

Une réunion entre des représentants de syndicats agricoles et de la grande distribution a débuté dans la Manche. Ils sont tous réunis à la Chambre d'agriculture de Saint-Lô.
Cette réunion - sans bain de foule - fait suite à une étude des agriculteurs, notamment sur les prix constatés dans les magasins. Elle a justifié la demande d'explications auprès des responsables de la grande distribution.

Les agriculteurs vident les chargements suspects de camions étrangers


L' "audacieux" Hollande va-t-il porter à question au niveau européen ? 
En urgence !

mardi 21 juillet 2015

Face à la colère des éleveurs, le gouvernement se met au travail

Hollande et Valls ont mis un mois à se mobiliser

Pour que le gouvernement prenne en compte la détresse des éleveurs, 
Face à la colère des éleveurs, le gouvernement prépare un plan d'urgence
Le gouvernement finit par se manifester
il aura fallu qu'ils fassent éclater leur colère et étendent leurs blocages à travers la France. Hollande avait commencé par se défausser sur la grande distribution, pour qu'elle réduise ses marges sur la viande, et sur les consommateurs pour qu'ils paient plus cher la viande d'origine nationale -sans garantie de qualité supérieure et sans considération pour le maintien de leur pouvoir d'achat. 
Pépère a finalement annoncé la présentation mercredi d'un plan d'urgence en Conseil des ministres -après un mois de turbulencesSigne de l'apathie de son ministre Stéphane Le Foll, "c'est le président François Hollande soi-même qui monte en première ligne," selon la presse militante qui ne s'indigne nullement de la responsabilité du pouvoir socialiste dans la dégradation du secteur agricole.

Sur ce dossier -ouvert samedi- que le pouvoir a laissé pourrir pendant trois jours, jusqu'à mardi, 
le Premier ministre s'est finalement mobilisé

Plutôt que d'impliquer ses services, Manuel Valls a moralisé la question en appelant à "la responsabilité de chacun", en particulier aux "industriels" et à la "grande distribution", pour agir sur les prix et donner un coup de pouce aux éleveurs en colère.

Et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, a finalement décidé de céder en se déplaçant à Caen dans l'après-midi. Il avait initialement refusé de se rendre en Normandie, principal foyer de mobilisation des éleveurs, préférant les recevoir jeudi à Paris, après quatre jours et une réunion sur les filières d'élevage à Matignonrestant droit dans ses bottes immaculées.
La remise d'un rapport, très attendu mercredi à 17h00, sur les prix de la viande bovine a également été avancée de 24 heures. Il sera présenté mardi soir au ministre par un médiateur indépendant.

On ne peut pas plus "indépendant" que ce médiateur. Il a pour nom Francis Amand. 
C'est un administrateur de l’Institut national de la statistique (INSEE) -qui dépend du ministère de l'Economie et des études économiques- avant de rejoindre la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes... au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Francis Amand est actuellement chef du service de la régulation et de la sécurité à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), au ministère de... l’Économie, des Finances et de l’Emploi. Les propos du pouvoir sont-ils crédibles ?

Sur le terrain, les éleveurs normands ont étendu leurs blocages et leurs tracteurs bloquent l'accès à Caen et Evreux, au Mont Saint-Michel et aux ponts de Normandie et de Tancarville. Les manifestants ont aussi élevé des barrages sur plusieurs routes ou autoroutes de la région. 
Et les actions se sont propagées à d'autres régions. 
En Bretagne, des blocages s'organisaient à Saint-Malo et un autre a été signalé à Brest. 
Dans le Sud-Ouest, une vingtaine de producteurs laitiers bloquaient l'accès à la grotte de Lascaux 2, avec cinq tracteurs et deux bennes.
En Picardie, quelque 130 manifestants paralysaient tous les principaux axes de la commune d'Abbeville depuis mardi matin, selon une porte-parole de la FDSEA. Tandis qu'à Amiens, la circulation était également très perturbée, notamment sur la rocade nord, par environ 300 manifestants. "Ca peut durer de façon illimitée", a prévenu la porte-parole.

Le problème des prix du lait et de la viande, trop bas pour couvrir leurs coûts de production, doit être réglé au niveau "national", a insisté mardi le très désinvolte Stéphane Le Foll, entant d'expliquer ainsi son refus initial d'aller en Normandie, qui a justifié un "tir nourri de critiques de l'opposition" que la presse a peu relayé. C'est ainsi que l'ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire (Les Républicains), a observé un signe de "mépris".
Des mesures seront dévoilées en Conseil des ministres. Bruno Le Maire salue la démarche qui vient toutefois un peu tard, après un mois d'actions syndicales.
"C'est une réaction tardive qui traduit le mépris du gouvernement pour les paysans français" (Bruno Le Maire)
"Ça fait des semaines que l'on sait que l'agriculture française est dans une situation dramatique, déplore-t-il. C'est une réaction tardive qui traduit le mépris du gouvernement pour les paysans français". Le député normand n'a pas craint, quant à lui, d'aller à leur rencontre lundi.

Mais surtout,
il espère que "ce plan d'urgence sera à la hauteur des attentes des paysans et qu'il ne s'agira pas simplement de bonnes paroles mais d'actes et décisions fortes. Les paysans en ont besoin."

Une quinzaine de mesures "d'urgence" attendues un mois


Le gouvernement pourrait opter pour des mesures de désendettement des exploitations (un milliard d'euros de dettes cumulées selon la FNSEA) en prenant à sa charge une partie des intérêts. "Il va falloir sortir le chéquier dans la mesure du possible", juge le président de la FNB (fédération des éleveurs bovins) Jean-Pierre Fleury. Et quand c'est l'Etat qui prend quoi que ce soit en charge, ce ne sont pas -comme chacun sait-  les contribuables qui paient... 

Stéphane Le Foll a estimé récemment que 10% des élevages, ou 22.000 exploitations, étaient au bord du gouffre: ça lui en touche une sans faire bouger l'autre !
Thomas Diemer, le patron des Jeunes Agriculteurs (JA),  attend "des annonces fortes sur l'endettement et une mise au pas des acteurs de la filière qui ont refusé de s'engager sur les hausses de prix". Mais si certaines mesures peuvent être bienvenues, elles ne sont pas la première revendication des éleveurs, rappelle la FNSEA.
"Des mesures d'urgence, c'est pas ça qui va sauver l'élevage", a commenté Samuel Bidert, secrétaire général adjoint de la FDSEA du Calvados. "On veut des mesures sur le long terme pour structurer la filière et l'augmentation immédiate des prix", a-t-il ajouté, tandis que la Confédération paysanne reste très en retrait.

Le rapport du médiateur "indépendant-maison" sera scruté de très près 

Ce rapport vise à stigmatiser celui qui, de la grande distribution ou des industriels des abattoirs, manque à l'accord passé le 17 juin pour augmenter les prix d'achat de la viande bovine. Les professionnels s'étaient engagés à les augmenter de 5 centimes par semaine jusqu'à atteindre 4,50 euros le kilo. On en est loin: les prix n'ont gagné que 7 centimes au total.
Pour Thomas Diemer, "le rapport du médiateur n'est pas une fin en soi, mais il va nous aider à cibler plus finement les opérateurs en cause". 
Les éleveurs en détresse n'ont donc pas l'intention de lâcher prise sans garanties et les opérations devraient se poursuivre la nuit prochaine contre les mauvais joueurs.

lundi 20 juillet 2015

La détresse pousse les éleveurs au blocage du périphérique de Caen

Les éleveurs  protestent contre la faible rémunération des produits agricoles  

Les principaux accès au périphérique de Caen étaient bloqués

Plusieurs "dizaines" d'éleveurs au volant de leurs tracteurs protestent ce lundi 20 juilletDepuis dimanche, ils entendent sensibiliser l'opinion à la faiblesse des prix agricoles.
Les quatre branches d’accès, en direction de Rennes, Paris, Cherbourg et Falaise, étaient bloquées par "25 tracteurs", selon Jean-Yves Heurtin, président de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Calvados, alors que les adhérents de la Confédération paysanne ne semblent pas souffrir. Le syndicaliste a précisé que les véhicules étaient redirigés vers le centre-ville, qui risque "de se retrouver rapidement engorgé"

Des prix de vente inférieurs aux coûts de production 
Visiblement fermé:
réaction d'incompétent
Les agriculteurs protestent contre une chute des prix de la viande et du lait qui ne leur permet pas de couvrir leurs coûts de production. Samedi, François Hollande avait lancé un "appel à la grande distribution" pour améliorer la rémunération des éleveurs. Un appel qui n’est pas suffisant, selon les éleveurs, qui demandaient lundi à Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, d’agir.
Or, en juin dernier, les échanges entre les éleveurs porcins et le ministre de l'Agriculture. Le Foll, sous la pression, avait même fini par s'avouer bien impuissant pour "régler" leur situation...

Les éleveurs ont refusé de lever leurs barrages et continuent de demander la venue du ministre Stéphane Le Foll (ci-contre). Natif du Mans, le ministre intermittent de l'Agriculture a proposé de les recevoir... jeudi et à Paris, plutôt qu'en Bretagne, après avoir pris connaissance du rapport sur les prix des productions agricoles qui lui sera remis mercredi. "On reste sur notre position; on veut un ministre de terrain " qui réunisse tous les acteurs de la filière, producteurs, industriels des abattoirs et des laiteries et centrales d'achat des distributeurs, ont déclaré Jean-Yves Heurtin et Samuel Bidert, responsable des Jeunes Agriculteurs (JA). "Il faut que Stéphane Le Foll vienne traîner ses bottes dans les exploitations agricoles (…) et fasse respecter les accords du 17 juin" avec la grande distribution.
Le 20 juillet, aux accès de Caen

A la différence de Hollande qui cherche à mettre en cause les consommateurs, les éleveurs connaissent les problèmes de pouvoir d'achat des Français et ne cautionnent pas la détermination du pouvoir socialiste à leur imposer d'acheter français, sans garantie d'ailleurs que ces produits sont qualitativement meilleurs que du boeuf néerlandais ou du lait irlandais. 

Le 17 juin, les acteurs de la filière (transformateurs, industriels, grande distribution) s’étaient engagés à augmenter "de 5 centimes par semaine et par kilo" le prix de la viande payée aux éleveurs, "jusqu’au retour de la rentabilité, soit dix à douze semaines pour la viande bovine", ce qui se traduirait par une répercussion sur le consommateur d'une hausse de "1 euro au kilo", selon le représentant syndical, si la grande distribution refuse de réduire ses marges bénéficiaires.

La grande distribution assure avoir déjà fourni un effort

Les distributeurs assurent avoir respecté les termes de l’accord en baissant leurs prix. "Nous avons accepté d’augmenter les prix d’achat de manière importante (…). La seule chose, c’est que visiblement cet argent ne va pas dans la poche des éleveurs", a affirmé lundi Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, qui ajoute :
"Nous avons augmenté comme prévu les prix de 5 centimes chaque semaine, simplement visiblement ça ne redescend pas. Pourquoi ça ne redescend pas ? C’est l’opération transparence que nous réclamons aujourd’hui, il faut que ce que nous avons fait se répercute sur les éleveurs."
Selon lui, la grande distribution réalise "une marge négative de 1,5 % sur la viande fraîche" et "99 % de la viande" d’origine française vendue en supermarché et hypermarché. "Si c’était le cas dans les cantines et dans la restauration, ça marcherait mieux", a-t-il asséné.

Dépôt de lisier au Crédit Agricole de Caen
Les actions des agriculteurs du Calvados avaient commencé dimanche après-midi avec le déversement de gravats et de déchets devant plusieurs cibles symboliques de la filière, comme des abattoirs, des grandes surfaces ou encore au moins une agence du Crédit agricole, ainsi qu’avec des opérations escargot sur les routes.

dimanche 19 juillet 2015

Plus de 22.000 éleveurs au bord de la faillite, observent Hollande et Valls

L'"audacieux" président socialiste délègue aux consommateurs la responsabilité de sauver les éleveurs 

Typiquement, le président de la République s'est contenté de lancer un appel aux grandes surfaces
 
'Nuit de la détresse' : la colère des éleveurs français (juillet 2015) 
pour qu'elles soutiennent les producteurs en détresse.

Alors que 22.000 éleveurs sont au bord de la faillite, sans que le ministre de l'Agriculture ait vu venir le risque, et pendant que François Hollande se consacrait à la Grèce, le président socialiste appelle la grande distribution à faire un effort sur les prix et donc ses marges

Or, pour les producteurs, cela ne suffira pas. 
Nathalie Marchand élève 2.500 porcs. Cette année, elle a fait 170.000 euros de pertes et pointe du doigt une mesure qui ne va pas assez loin. "Il ne faut pas qu'appeler, il faut les contraindre. Sans contrainte, on n'avance pas", s'impatiente-t-elle au micro de France 2.

"J'ai une famille à nourrir"

Patrick Vanderbeken, éleveur de porcs, compte parmi les producteurs en grande difficulté. Cet éleveur vend son porc 1,30 euro le kilo et accumule ainsi les pertes : "Nous on ne sait pas payer nos charges, nos frais d'aliments, nos prêts à la banque et puis j'ai une famille à nourrir", s'inquiète ce producteur que ni les coopératives agricoles, ni le ministre socialiste Stéphane Le Foll n'ont les moyens de secourir.


Coup de gueule de Bruno Le Maire qui fait trois propositions 

"Monsieur le ministre [Le Foll], je vous en supplie, mettez-vous au travail et respectez les paysans français ! " 
Bruno Le Maire, l’ancien ministre de l’Agriculture, est resté sensible aux difficultés des agriculteurs et à la crise que traversent les producteurs de lait, de viande bovine et porcine. Il pousse un coup de gueule contre Stéphane Le Foll et le gouvernement seulement préoccupés d'international. 
Bruno Le Maire fait aussi trois propositions concrètes en matière de respect des prix, de débouchés à l’export et de normes environnementales.

Pendant ce temps, la presse se satisfait des déclarations de Hollande et Valls... 
Indifférente au désespoir des agriculteurs  en colère et à la mise en cause de la grande distribution qu'ils pointent du doigt avec les consommateurs qu'ils  veulent pénaliser dans leur pouvoir d'achat, la presse a choisi de militer au côté de l'exécutif socialiste contre la population.

"Quand le Gouvernement entendra-t-il la détresse des éleveurs ?", interpelle Xavier Beulin

Xavier Beulin, le président de la FNSEA, a confié sa désespérance face à l'autisme du gouvernement incapable d'action face à la crise "économique et morale" traversée par l'élevage français.


Web-agri : Jeudi 2 juillet 2015 à Saint-Brieuc, vous êtes venu soutenir les éleveurs des Côtes-d’Armor. Mais en l’absence de mesures tangibles pour améliorer la situation des éleveurs, vous avez été chahuté par vos propres troupes. Cette prise à parti était-elle fondée ?

Xavier Beulin : Je la comprends, car les éleveurs n’en peuvent plus. Le cadre réglementaire et normatif est insoutenable. Contrairement à 2009, où il s’agissait avant tout d’une crise économique, nous sommes dans une crise à la fois économique, mais aussi morale. Jamais la situation n’a été telle. J’ai été surpris de l’intensité de la mobilisation. Ce ne sont pas des vieux pleurnichards qui descendent dans la rue. Ce sont des jeunes qui se sont installés il y a peu et qui ont investi car ils croient en l’élevage. Nous avons même vu des éleveurs de la Coordination rurale ou de la Confédération s’associer à cette action

WA : Que dites-vous aux éleveurs qui vous reprochent de ne pas défendre suffisamment l’élevage ?

Xavier Beulin : Je leur dit que nous avons fait des propositions de simplification au Gouvernement, que nous avons initié les Etats généraux de l’Agriculture la veille du salon. La FNSEA martèle aussi depuis des mois que le Gouvernement doit prendre ses responsabilités. Ces derniers mois, quatre réunions ont eu lieu avec les transformateurs et les distributeurs. A chaque fois, cela ne donne pas grand-chose. Mais face à l’absence de résultats, bien sûr que je comprends la colère des éleveurs.

WA : Que demandez-vous au ministre [Stéphane Le Foll] qui, lui, explique qu’il ne peut s’immiscer dans les relations commerciales et imposer la revalorisation des prix ?

Xavier Beulin : Nous demandons que le ministre, le Gouvernement et les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités. Aujourd’hui, lorsqu’une norme est supprimée, deux autres viennent s’ajouter. Ce renchérissement des normes n’est plus supportable. Nos élus doivent absolument décider des allègements. Regardez la réforme de la PAC et toutes les complexités administratives qu’elle a généré. C’est risible. Autre exemple avec les cours d’eau. Nous avons dû attendre 18 mois pour qu’on nous explique que, finalement, un cours d’eau créé par l’homme pouvait être logiquement entretenu.

WA : Et sur la question des prix ?

Xavier Beulin : Sur la problématique à court terme des prix, lorsque des acteurs de l’aval prennent des engagements devant le ministre, on peut s’attendre à ce que le ministre, qui incarne l’autorité de l’Etat, fasse respecter ces engagements. En attendant, lorsque les éleveurs ciblent les transformateurs et les distributeurs, ils ne se trompent pas de cible.

Tnm : Appelez-vous à de nouvelles manifestations ?

Xavier Beulin : Je ne peux pas écarter les risques de débordements lors des actions syndicales. La situation des éleveurs est telle que ces risques sont plus grands. La FNSEA ne donnera pas de mot d’ordre national pour de nouvelles actions. Mais les producteurs vont continuer à se mobiliser, en département, jusqu’à ce qu’ils obtiennent des résultats.



jeudi 6 novembre 2014

Les agriculteurs déchargent leur colère contre les contraintes administratives et européennes, grandissantes et contradictoires

Un trop-plein de réglementation et la défense de la production jettent les agriculteurs 

Les agriculteurs ont manifesté un peu partout en France mercredi
Le mot d'ordre de la FNSEA et des JA (Jeunes agriculteurs) étaient la dénonciation de règles sanitaires ou de la bureaucratie, et la défense du " patriotisme alimentaire" et de "la valorisation des produits français".

La faute à "une crise économique, sociale et morale", selon Manuel Valls  lors des questions au gouvernement. Les agriculteurs ont "besoin de retrouver confiance dans l'avenir de leur profession," commente le Premier ministre. Rappelant que 3,5 milliards d'euros d'aides européennes ont été versées en urgence, le Premier ministre a annoncé la création d'une mission parlementaire ad hoc !
Elle sera confiée à un agriculteur et à un fonctionnaire du ministère de l'Agriculture pour qu'ils proposent des améliorations et simplifications des dispositifs existants et fassent en sorte que les contrôles se passent mieux dans le respect de tous", a-t-il promis.

La mobilisation s'est déroulée dans un contexte de tensions

L'extrême gauche écologiste n'a pas levé son blocage de la retenue d'eau de Sivens 
dans le Tarn et le souvenir des actions violentes de la Confédération paysanne de Joseph Bové reste vif, dont l'incendie du centre des impôts et du bâtiment de la Mutualité sociale agricole de Morlaix, en Bretagne ou le "démontage" de la Ferme des 1.000 vaches dans la Somme.

Les grands classiques des manifestations 
Des manifestations, épandages de produits, plantations fictives ou contrôles d'origine des produits utilisés notamment dans les cantines des administrations publiques ont eu lieu dans de nombreuses régions de France.
Or, dans la plupart des établissements de restauration hors domicile, on ne mange plus français", a fait savoir Gilles Becker, secrétaire général de la FDSEA, joint par téléphone sur le barrage. C'est aussi le cas des vertueux de Bercy...

A Dijon ou à Valence, où un feu  a été allumé devant le centre des finances publiques. 
A Toulouse également, des bâtiments publics ont essuyé des jets d'oeufs, une permanence EELV a été aspergée de fumier.
A Paris, des camions ont déversé une cinquantaine de tonnes de pommes de terre, poires ou pommes sur la place de la République au petit matin, afin de les distribuer aux passants.
"On exprime un ras-le-bol, très clairement, le ras-le-bol du monde paysan dans sa globalité", a déclaré Damien Greffin, président de la FNSEA en Ile-de-France. 

Des banderoles déployées disaient "Stop aux contraintes" 

"Aujourd'hui, un agriculteur consacre autant de son temps à la sur-administration, à la paperasse, qu'à produire des denrées pour nourrir la population", a-t-il souligné le leader syndical. 

Chaque action avait un mot d'ordre spécifique, tantôt le "manger français", comme à Paris, tantôt les "huit points durs" sur lesquels, 
ces dernières semaines la FNSEA avait déjà tenté de sensibiliser le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, encore une fois inactif et laissant pourrir les choses.

Le bras cassé du ministère s'est contenté d'exprimer sa compréhension d'une colère "justifiée."  "Ils sont dans une situation qui n'est pas favorable en terme de prix dans beaucoup de productions", a-t-il observé lors du compte rendu du Conseil des ministres.

Politicien déphasé, 
Stéphane Le Foll a fait porter la responsabilité à l'embargo russe, pourtant provoqué par la politique occidentale en faveur de l'Ukraine pro-européenne, et a dressé le catalogue des causes du mécontentement paysan: la surproduction laitière, la mauvaise qualité de certaines récoltes céréalières et les conséquences de certaines directives européennes comme celle sur les nitrates.

La directive européenne sur les nitrates est la dernière des contraintes qui fait déborder le lisier. Le monde agricole voit s'étendre le nombre de "zones vulnérables" aux nitrates, dérivés des engrais et responsables de pollution des eaux, et avec elles les contraintes. Exemple d'aberration: la zone de Volvic, apte à produire des eaux minérales déclarées saines, est frappée par la réglementation de Bruxelles.

La plupart des manifestations prévues se sont déroulées sans violences

Wissembourg, Alsace
A la différence de Sivens, ND-des-Landes ou la ferme des 1.000 vaches, pas de casseurs décidés à en découdre avec la police.

En Moselle, un barrage était prévu sur l'autoroute A4 pour contrôler les chargements en provenance d'Europe, mais les autorités avaient détourné le trafic international.
A Nancy, près de 270 tracteurs ont convergé vers la direction départementale du territoire pour déverser du fumier. 
A Strasbourg, les agriculteurs ont répandu terre et fumier avant de planter du blé devant la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement.

"Le gouvernement ne fait rien pour nous.
"Une bande de hippies est capable de changer l'orientation agricole de notre pays. La prise en compte de l'environnement dépasse la raison économique", a-t-il ajouté en référence aux manifestations contre le barrage de Sivens.

Dans le Sud-Ouest, on a compté un millier d'agriculteurs à Pau, où la circulation a été perturbée. Des rassemblements ont eu lieu aussi dans le Sud-Est (Marseille, Montpellier, Avignon), dans le Nord et à Niort, Poitiers, La Rochelle, zone hébergeant Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, ainsi qu'en Bretagne (Nantes, Angers, Rennes, Quimper), première région socialiste sur-représentée aux gouvernements de Hollande.