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mardi 21 juillet 2015

Face à la colère des éleveurs, le gouvernement se met au travail

Hollande et Valls ont mis un mois à se mobiliser

Pour que le gouvernement prenne en compte la détresse des éleveurs, 
Face à la colère des éleveurs, le gouvernement prépare un plan d'urgence
Le gouvernement finit par se manifester
il aura fallu qu'ils fassent éclater leur colère et étendent leurs blocages à travers la France. Hollande avait commencé par se défausser sur la grande distribution, pour qu'elle réduise ses marges sur la viande, et sur les consommateurs pour qu'ils paient plus cher la viande d'origine nationale -sans garantie de qualité supérieure et sans considération pour le maintien de leur pouvoir d'achat. 
Pépère a finalement annoncé la présentation mercredi d'un plan d'urgence en Conseil des ministres -après un mois de turbulencesSigne de l'apathie de son ministre Stéphane Le Foll, "c'est le président François Hollande soi-même qui monte en première ligne," selon la presse militante qui ne s'indigne nullement de la responsabilité du pouvoir socialiste dans la dégradation du secteur agricole.

Sur ce dossier -ouvert samedi- que le pouvoir a laissé pourrir pendant trois jours, jusqu'à mardi, 
le Premier ministre s'est finalement mobilisé

Plutôt que d'impliquer ses services, Manuel Valls a moralisé la question en appelant à "la responsabilité de chacun", en particulier aux "industriels" et à la "grande distribution", pour agir sur les prix et donner un coup de pouce aux éleveurs en colère.

Et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, a finalement décidé de céder en se déplaçant à Caen dans l'après-midi. Il avait initialement refusé de se rendre en Normandie, principal foyer de mobilisation des éleveurs, préférant les recevoir jeudi à Paris, après quatre jours et une réunion sur les filières d'élevage à Matignonrestant droit dans ses bottes immaculées.
La remise d'un rapport, très attendu mercredi à 17h00, sur les prix de la viande bovine a également été avancée de 24 heures. Il sera présenté mardi soir au ministre par un médiateur indépendant.

On ne peut pas plus "indépendant" que ce médiateur. Il a pour nom Francis Amand. 
C'est un administrateur de l’Institut national de la statistique (INSEE) -qui dépend du ministère de l'Economie et des études économiques- avant de rejoindre la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes... au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Francis Amand est actuellement chef du service de la régulation et de la sécurité à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), au ministère de... l’Économie, des Finances et de l’Emploi. Les propos du pouvoir sont-ils crédibles ?

Sur le terrain, les éleveurs normands ont étendu leurs blocages et leurs tracteurs bloquent l'accès à Caen et Evreux, au Mont Saint-Michel et aux ponts de Normandie et de Tancarville. Les manifestants ont aussi élevé des barrages sur plusieurs routes ou autoroutes de la région. 
Et les actions se sont propagées à d'autres régions. 
En Bretagne, des blocages s'organisaient à Saint-Malo et un autre a été signalé à Brest. 
Dans le Sud-Ouest, une vingtaine de producteurs laitiers bloquaient l'accès à la grotte de Lascaux 2, avec cinq tracteurs et deux bennes.
En Picardie, quelque 130 manifestants paralysaient tous les principaux axes de la commune d'Abbeville depuis mardi matin, selon une porte-parole de la FDSEA. Tandis qu'à Amiens, la circulation était également très perturbée, notamment sur la rocade nord, par environ 300 manifestants. "Ca peut durer de façon illimitée", a prévenu la porte-parole.

Le problème des prix du lait et de la viande, trop bas pour couvrir leurs coûts de production, doit être réglé au niveau "national", a insisté mardi le très désinvolte Stéphane Le Foll, entant d'expliquer ainsi son refus initial d'aller en Normandie, qui a justifié un "tir nourri de critiques de l'opposition" que la presse a peu relayé. C'est ainsi que l'ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire (Les Républicains), a observé un signe de "mépris".
Des mesures seront dévoilées en Conseil des ministres. Bruno Le Maire salue la démarche qui vient toutefois un peu tard, après un mois d'actions syndicales.
"C'est une réaction tardive qui traduit le mépris du gouvernement pour les paysans français" (Bruno Le Maire)
"Ça fait des semaines que l'on sait que l'agriculture française est dans une situation dramatique, déplore-t-il. C'est une réaction tardive qui traduit le mépris du gouvernement pour les paysans français". Le député normand n'a pas craint, quant à lui, d'aller à leur rencontre lundi.

Mais surtout,
il espère que "ce plan d'urgence sera à la hauteur des attentes des paysans et qu'il ne s'agira pas simplement de bonnes paroles mais d'actes et décisions fortes. Les paysans en ont besoin."

Une quinzaine de mesures "d'urgence" attendues un mois


Le gouvernement pourrait opter pour des mesures de désendettement des exploitations (un milliard d'euros de dettes cumulées selon la FNSEA) en prenant à sa charge une partie des intérêts. "Il va falloir sortir le chéquier dans la mesure du possible", juge le président de la FNB (fédération des éleveurs bovins) Jean-Pierre Fleury. Et quand c'est l'Etat qui prend quoi que ce soit en charge, ce ne sont pas -comme chacun sait-  les contribuables qui paient... 

Stéphane Le Foll a estimé récemment que 10% des élevages, ou 22.000 exploitations, étaient au bord du gouffre: ça lui en touche une sans faire bouger l'autre !
Thomas Diemer, le patron des Jeunes Agriculteurs (JA),  attend "des annonces fortes sur l'endettement et une mise au pas des acteurs de la filière qui ont refusé de s'engager sur les hausses de prix". Mais si certaines mesures peuvent être bienvenues, elles ne sont pas la première revendication des éleveurs, rappelle la FNSEA.
"Des mesures d'urgence, c'est pas ça qui va sauver l'élevage", a commenté Samuel Bidert, secrétaire général adjoint de la FDSEA du Calvados. "On veut des mesures sur le long terme pour structurer la filière et l'augmentation immédiate des prix", a-t-il ajouté, tandis que la Confédération paysanne reste très en retrait.

Le rapport du médiateur "indépendant-maison" sera scruté de très près 

Ce rapport vise à stigmatiser celui qui, de la grande distribution ou des industriels des abattoirs, manque à l'accord passé le 17 juin pour augmenter les prix d'achat de la viande bovine. Les professionnels s'étaient engagés à les augmenter de 5 centimes par semaine jusqu'à atteindre 4,50 euros le kilo. On en est loin: les prix n'ont gagné que 7 centimes au total.
Pour Thomas Diemer, "le rapport du médiateur n'est pas une fin en soi, mais il va nous aider à cibler plus finement les opérateurs en cause". 
Les éleveurs en détresse n'ont donc pas l'intention de lâcher prise sans garanties et les opérations devraient se poursuivre la nuit prochaine contre les mauvais joueurs.

lundi 20 juillet 2015

La détresse pousse les éleveurs au blocage du périphérique de Caen

Les éleveurs  protestent contre la faible rémunération des produits agricoles  

Les principaux accès au périphérique de Caen étaient bloqués

Plusieurs "dizaines" d'éleveurs au volant de leurs tracteurs protestent ce lundi 20 juilletDepuis dimanche, ils entendent sensibiliser l'opinion à la faiblesse des prix agricoles.
Les quatre branches d’accès, en direction de Rennes, Paris, Cherbourg et Falaise, étaient bloquées par "25 tracteurs", selon Jean-Yves Heurtin, président de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Calvados, alors que les adhérents de la Confédération paysanne ne semblent pas souffrir. Le syndicaliste a précisé que les véhicules étaient redirigés vers le centre-ville, qui risque "de se retrouver rapidement engorgé"

Des prix de vente inférieurs aux coûts de production 
Visiblement fermé:
réaction d'incompétent
Les agriculteurs protestent contre une chute des prix de la viande et du lait qui ne leur permet pas de couvrir leurs coûts de production. Samedi, François Hollande avait lancé un "appel à la grande distribution" pour améliorer la rémunération des éleveurs. Un appel qui n’est pas suffisant, selon les éleveurs, qui demandaient lundi à Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, d’agir.
Or, en juin dernier, les échanges entre les éleveurs porcins et le ministre de l'Agriculture. Le Foll, sous la pression, avait même fini par s'avouer bien impuissant pour "régler" leur situation...

Les éleveurs ont refusé de lever leurs barrages et continuent de demander la venue du ministre Stéphane Le Foll (ci-contre). Natif du Mans, le ministre intermittent de l'Agriculture a proposé de les recevoir... jeudi et à Paris, plutôt qu'en Bretagne, après avoir pris connaissance du rapport sur les prix des productions agricoles qui lui sera remis mercredi. "On reste sur notre position; on veut un ministre de terrain " qui réunisse tous les acteurs de la filière, producteurs, industriels des abattoirs et des laiteries et centrales d'achat des distributeurs, ont déclaré Jean-Yves Heurtin et Samuel Bidert, responsable des Jeunes Agriculteurs (JA). "Il faut que Stéphane Le Foll vienne traîner ses bottes dans les exploitations agricoles (…) et fasse respecter les accords du 17 juin" avec la grande distribution.
Le 20 juillet, aux accès de Caen

A la différence de Hollande qui cherche à mettre en cause les consommateurs, les éleveurs connaissent les problèmes de pouvoir d'achat des Français et ne cautionnent pas la détermination du pouvoir socialiste à leur imposer d'acheter français, sans garantie d'ailleurs que ces produits sont qualitativement meilleurs que du boeuf néerlandais ou du lait irlandais. 

Le 17 juin, les acteurs de la filière (transformateurs, industriels, grande distribution) s’étaient engagés à augmenter "de 5 centimes par semaine et par kilo" le prix de la viande payée aux éleveurs, "jusqu’au retour de la rentabilité, soit dix à douze semaines pour la viande bovine", ce qui se traduirait par une répercussion sur le consommateur d'une hausse de "1 euro au kilo", selon le représentant syndical, si la grande distribution refuse de réduire ses marges bénéficiaires.

La grande distribution assure avoir déjà fourni un effort

Les distributeurs assurent avoir respecté les termes de l’accord en baissant leurs prix. "Nous avons accepté d’augmenter les prix d’achat de manière importante (…). La seule chose, c’est que visiblement cet argent ne va pas dans la poche des éleveurs", a affirmé lundi Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, qui ajoute :
"Nous avons augmenté comme prévu les prix de 5 centimes chaque semaine, simplement visiblement ça ne redescend pas. Pourquoi ça ne redescend pas ? C’est l’opération transparence que nous réclamons aujourd’hui, il faut que ce que nous avons fait se répercute sur les éleveurs."
Selon lui, la grande distribution réalise "une marge négative de 1,5 % sur la viande fraîche" et "99 % de la viande" d’origine française vendue en supermarché et hypermarché. "Si c’était le cas dans les cantines et dans la restauration, ça marcherait mieux", a-t-il asséné.

Dépôt de lisier au Crédit Agricole de Caen
Les actions des agriculteurs du Calvados avaient commencé dimanche après-midi avec le déversement de gravats et de déchets devant plusieurs cibles symboliques de la filière, comme des abattoirs, des grandes surfaces ou encore au moins une agence du Crédit agricole, ainsi qu’avec des opérations escargot sur les routes.

jeudi 21 novembre 2013

Les agriculteurs en colère bloquent l'accès à Paris

Le Foll mobilise les tracteurs contre lui 

Des barrages filtrants

Mobilisation agricole du 8 novembre dernier
Les agriculteurs d'Ile-de-France ont commencé le blocus des axes routiers majeurs pour faire entendre leurs revendications d'un gouvernement dont la prétendue méthode du dialogue n'est que sémantique.

Selon la Préfecture de police, "les secteurs sud et ouest franciliens sont fortement impactés", notamment les autoroutes A6, A10, A12, A13 et A15, et les routes nationales N12, N20 et N118 - sans exclure d'autres axes du réseau ainsi que les voies ferrées sur l'ouest - dont la ligne TGV.
La mobilisation concerne les départements de l'Essonne, des Yvelines et du Val-d'Oise, les autres appelant à une autre journée de mobilisation le 29 novembre.
Dès 5h30, des tracteurs se rassemblaient ainsi au rond-point à Monfort-l'Amaury (Yvelines), à 40 km de Paris. Une vingtaine de véhicules, arborant des panneaux "Fauchés comme des blés" ou "Le Foll démission", attendaient un second convoi, avant d'emprunter la Nationale 12 en direction de la Capitale. Ils devraient toutefois laisser libre une voie de circulation.

Les barrages filtrants tendent à respecter en effet les automobilistes. Peu avant 06h00, le Centre national d'informations routières ne signalait d'ailleurs pas encore de perturbations. "On appelle plutôt à du filtrant, l'idée c'est de pas être totalement impopulaires", a expliqué mercredi le président de la FDSEA Damien Greffin.

Explosion de colère

Deux organisations, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles d'Ile-de-France (FDSEA) et la section régionale des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé lundi leurs adhérents à organiser un "blocus de Paris", selon les uns, jusqu'en fin de matinée mais, selon d'autres, jusqu'à ce que le ministre les reçoive

Elles dénoncent la "surfiscalité" et l'excès de réglementations parfois contradictoires.
Le mot d'ordre s'est recentré contre la redistribution des aides européennes entre céréaliers et éleveurs (au profit de ces derniers) à la faveur de la nouvelle Politique agricole commune (PAC).
La FDSEA est particulièrement remontée contre la disposition, défendue par le gouvernement, qui consiste à surdoter les 52 premiers hectares, pour avantager les petites exploitations. 
C'est pourquoi elle réclame  la démission du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et la Confédération paysanne ne s'est donc pas associée au mouvement. 

Selon Damien Greffin, qui exploite seul 150 ha de céréales et betteraves dans l'Essonne, cette nouvelle répartition représenterait "une perte de revenus de 30 à 40% pour les céréaliers""On va massacrer l'agriculture végétale et laitière avec ce dispositif qu'on sera les seuls à appliquer en Europe. Ca va faire dévisser nos entreprises", prévient-il. 
"Le vrai chiffre est 25%," oppose le ministre dans un entretien au Figaro jeudi: soit "une diminution de 45 millions d'euros sur une enveloppe annuelle de 179 millions versée à quelque 5.000 exploitants".

Le président des JA, François Thabuis, mise  plutôt sur "la force de proposition" de son mouvement lors de l'examen de la loi d'avenir agricole, en janvier.

Mais Xavier Beulin, le patron de la FNSEA, la puissante fédération nationale, souligne que le mouvement n'est "pas isolé" : "les contraintes mises bout à bout finissent par faire exploser la colère sur le terrain", observe-t-il.

Pour sa part il a demandé et obtenu dit-il "deux rendez-vous la semaine prochaine sur l'écotaxe et la fiscalité en général", avec les ministres de l'Agriculture et des Transports d'une part, et avec le Premier ministre d'une autre, dans le cadre de la remise à plat de la fiscalité, dont le président Hollande a précisé qu'elle pourrait s'étaler sur les quatre années à venir. Mais la FNSEA entend "aller plus loin", notamment sur des questions réglementaires.

"Il y aura de la gêne" jeudi autour de Paris, "mais pas de blocus", confirmela FNSEA. Et "on n'est pas des terroristes", insiste Damien Greffin rejettant toute assimilation aux "bonnets rouges" de Bretagne.
Le ministre dont les choix provoquent cette "Foll journée" contre lui,  a prévenu les manifestants qu'il "n'a pas pour habitude de céder aux ultimatums".

mercredi 20 novembre 2013

"Partout la colère explose sur le terrain", avertit la FNSEA

A la veille du blocus de Paris, demain matin

Contre l'accumulation de taxes et réglementations, une manifestation des agriculteurs aux abords de Paris 

Manif FDSEA anti-écotax
à St Omer et Valenciennes - 8/11/2013
"On fera tout pour éviter les violences et les débordements", assure mercredi le président de la FNSEA, Xavier Beulin.

"Ce n'est pas une initiative isolée, beaucoup de régions bougent en ce moment et organisent des rassemblements dans les jours qui viennent" a prévenu X. Beulin,  en notant que "partout la colère explose sur le terrain".

Le "blocus de Paris" jeudi matin est à l'appel de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles d'Ile-de-France (FDSEA) et celle des Jeunes agriculteurs (JA), pour protester contre un "cumul" de taxes et de réglements.

"Il y aura de la gêne, mais pas de casse ni de débordements qui seraient mal compris par nos concitoyens".

"Faire en sorte qu'on puisse entendre ce message de la base et d'obtenir une réponse des pouvoirs publics, c'est aussi le rôle de la FNSEA, fait-il valoir. Or, "les contraintes mises bout à bout finissent par faire exploser la colère sur le terrain", souligne-t-il.

Mais il devra compter avec l'infiltration de gros bras de la Confédération paysanne déterminés à perturber les opérations, avec le renfort de ses camarades anarcho-révolutionnaires et la bienveillante discrimination des forces de police de Manuel Valls. 

A ce stade, X. Beulin dit avoir obtenu "deux rendez-vous la semaine prochaine sur l'écotaxe en particulier et la fiscalité en général" avec les ministres de l'Agriculture et des Transports d'une part, et avec le Premier ministre dans le cadre de la remise à plat de la fiscalité d'autre part.

"Mais je vais demander d'aller plus loin", a-t-il affirmé, citant des questions réglementaires.
X. Beulin n'appellera  pas à d'autres mobilisations dans l'immédiat, a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse.
Mais, "la FNSEA est une fédération de fédérations, c'est un réseau qui compte beaucoup d'autonomie et d'indépendance. Ce que nous attendons nous, malgré tout, c'est que ces manifestations se fassent dans les règles et le respect des personnes et du matériel public," insiste le président national.

mardi 19 novembre 2013

Appel des agriculteurs en colère à un "blocus" de Paris jeudi

Les syndicats qui réagissent et ceux qui acceptent la surfiscalisation

La Confédération paysanne, sous le joug de Hollande

Manif dissidente de Carhaix 
à l’appel des syndicats CGT, FSU et Solidaires 
 
Le syndicat des paysans altermondialistes accepte l'écotaxe et s'en prend aux arbitrages de l'U.-E. sur les aides à l'agriculture : "C'est le portique qui cache la forêt." 

Jean Cabaret, porte-parole de la Confédération paysanne en Bretagne, dénonce le report de l'écotaxe comme de mauvais augure sur les décisions à prendre pour l'avenir de la planète, avec ou, plutôt, sans paysans. Les amis de José Bové soutiennent que le réchauffement climatique implique une mutation des moyens de transport utilisés et que le monde agricole doit s'adapter coûte que coûte. "Pour répondre à ce défi, il va falloir financer de nouvelles infrastructures être moins dépendants du camion, développer le fret ferroviaire, explique Cabaret. Ce qui revient donc à préconiser la théorie de la sélection naturelle telle que décrite par Darwin...

Bien que l'écotaxe soit un coup de trop dans le matraquage fiscal du gouvernement actuel,
la Confédération paysanne maintient qu'il "faut garder le principe de cette réorientation des moyens de transports en remettant à plat le dispositif. Ne pas oublier que l'écotaxe aurait coûté 40 millions par an à l'économie bretonne et permis dans le même temps de financer 130 millions d'investissements."
La Confédération paysanne n'a pas participé au rassemblement de Quimper car, selon Cabaret, c'est trop facile de profiter du choc né de la fermeture de l'abattoir à Lampaul-Guimiliau" et des drames humains du chômage. Son organisation syndicale était au nombre des 600 d'extrême gauche qui ont manifesté à Carhaix, à l’appel des syndicats CGT et FSU (enseignants), Solidaires,  ainsi que de EELV et du Front de gauche. Pascal Durand, secrétaire national des Verts, était présent.


En revanche, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs exprimeront leur "ras-le-bol d'une sur-fiscalisation"

Ils  comptent "faire entendre la voix d'une agriculture sacrifiée".
Après la grogne des "bonnets rouges", celle des agriculteurs d'Ile-de-France. Les deux premiers syndicats, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs, ont appelé leurs adhérents à "un blocus de Paris" jeudi pour exprimer leur "ras-le-bol d'une sur-fiscalisation". Les fédérations prévoient "des rassemblements sur tous les axes routiers menant à Paris pour faire entendre la voix d'une agriculture aujourd'hui sacrifiée", explique un communiqué.

Ils s'oppose à "un matraquage tous azimuts, des réglementations environnementales toujours plus exigeantes, des contrôles toujours plus nombreux, des contraintes réglementaires de plus en plus fortes", les hausses de TVA et l'écotaxe - reportée sine die par le gouvernement mais pas supprimée

Pour les agriculteurs, la journée de jeudi "n'est plus un avertissement" lancé à Stéphane Le Foll, mais "un ultimatum". 
Ils demandent en outre la démission du ministre de l'Agriculture "pour incompétence notoire". Des menaces qui ne semblent pas impressionner le principal intéressé : "Je n'ai pas l'habitude de céder aux ultimatums", a commenté l'incompétent, lundi soir sur France 2.

vendredi 8 novembre 2013

Autoroute Valenciennes-Bruxelles: les agriculteurs ont bâché un portique écotaxe

Opération escargot des agriculteurs contre le matraquage fiscal 

Une cinquantaine de tracteurs
 ont occupé l'autoroute A2 (Valenciennes-Bruxelles)

Cortège empreint de gravité
hauteur de la ville de Marly, à l'appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, ils ont bâché le portique écotaxe symbole "le matraquage" fiscal qu'ils subissent au quotidien. Venus du sud du département, ces agriculteurs ont posé une banderole sur le portique. On pouvait y lire : "Vos contraintes vont nous tuer".
Contrairement à la révolte de l'agroalimentaire breton, ce mouvement s'est déroulé sans heurt, dans une ambiance "bon enfant". L'ambition des manifestants était de ne pas détruire un portique qui a été "payé par les contribuables". Pour eux, l'objectif consistait aussi à  communiquer sur les charges  qui pèsent sur les exploitants agricoles. "Stop aux contraintes économiques, réglementaires et environnementales (…) La pérennité de nos exploitations est en danger. A-t-on encore le droit de produire ?", expliquait le communiqué de la FDSEA.

Ce vendredi 8 novembre, de 10h à 13h, l'autoroute A2 a été coupée dans les deux sens
A Valenciennes, l'accès à la Place du Canada a été fermé à l'heure du déjeuner, le temps d'un rassemblement et d'un discours, entraînant des perturbations sur les routes, où aucun dégat n'a été constaté. 

vendredi 12 juin 2009

Les producteurs de lait lâchent Barnier et s’attaquent aux distributeurs

Les Européennes passées, recentrage des revendications…

Politisation des actions syndicales avant les Européennes

  • Les prix payés aux producteurs par les différentes entreprises de collectage du lait pouvaient varier entre 203,07 et 217,07 €/1000 L pour le mois d'avril, soit environ 30 % de baisse par rapport aux prix payés en avril 2008 ! Tout naturellement, les producteurs se tournèrent vers les entreprises. Mais le calendrier fut une aubaine à saisir.
  • Tirant profit du scrutin de désignation des eurodéputés au Parlement de Strasbourg, les producteurs de lait en colère se sont mobilisés et ont exercé des pressions politiques sur leur ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, tête de liste en Ile –de-France. La Confédération paysanne et les Jeunes Agriculteurs en fer de lance ont entraîné la FNSEA dans des actions 'coup de fourche poing' et gaspillage en déversant du lait sur la chaussée ou du foin devant des préfectures.
  • Le ministre-candidat Michel Barnier a donc assuré que le gouvernement était disposé à envoyer des inspecteurs du ministère des Finances dans les grandes surfaces ne jouant pas «le jeu de la transparence» sur les marges et les prix à la production sont passés à 0,28 du litre.

    Les élections passées, les producteurs ne décolèrent pas

    Une semaine après la conclusion d'un accord sur le lait contesté par leur base, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes agriculteurs (JA) appellaient jeudi à une "action nationale de blocage" des plateformes d'approvisionnement de la grande distribution afin d'exiger "la transparence sur les marges" des produits agricoles.

    Mardi 9 juin à Nantes, 400 agriculteurs du département ont donc manifesté pour protester contre le prix d'achat jugé trop faible du lait par les grandes surfaces. 400 ? Selon la police ou les producteurs ?
    VOIR et ENTENDRE


    A la veille de la journée nationale d’action syndicale, les producteurs tiennent bon

    Le 12 juin, environ 7.000 agriculteurs bloquaient en milieu de journée 41 plates-formes de distribution sur le territoire, selon la FNSEA, à l'origine de cette mobilisation qui ne touche pas l'Ile-de-France.
    Prévu pour durer 48 heures, le mouvement a débuté officiellement hier soir, mais a en fait commencé depuis plusieurs jours dans le Grand Ouest à l'initiative d'éleveurs en colère contre le récent accord sur le prix du lait, jugé encore très insuffisant.

    Le gouvernement médiateur

    Une réunion entre les différents ministères concernés et la FNSEA, vraisemblablement au ministère de l'Economie, pourrait se tenir ce week-end. Le principal syndicat agricole, qui a interpellé dans une lettre députés et sénateurs, réclame la création d'un «dispositif d'encadrement des marges» des grandes surfaces, déplorant les effets pervers de la LME.
    La loi de modernisation de l'économie (LME) «a conféré à la distribution un pouvoir de négociation encore plus grand qui, aujourd'hui, se répercute lourdement sur les équilibres économiques de leurs fournisseurs et par là même sur ceux des producteurs», selon le syndicat. Elle a pourtant prévu un organe de régulation, l'Observatoire des marges, mis en place en décembre 2008, mais les producteurs considèrent qu’il «ne fonctionne pas».

    Menace sur les consommateurs


    Les producteurs misent maintenant sur la colère des consommateurs.
    Les rayons pourraient en effet être affectés ce week-end. «Les consommateurs peuvent s'attendre à des difficultés», a déclaré un porte-parole de Système U, quatrième groupe de distribution en France. «La grande distribution repose sur le flux tendu, donc nos magasins n'ont pas de réserves. Cela veut dire qu'en cas de blocage, à très court terme, les magasins se retrouvent en rupture» de stock sur certains produits, notamment dans l'épicerie.


    Et tant pis (de vache), si les producteurs ne sont pas solidaires des consommateurs: pour ces derniers en revanche, solidaires par force, c'est aussi le temps des vaches maigres.
  • mercredi 10 juin 2009

    Européennes: la Judas Royal appelait à voter Cohn-Bendit

    La république du respect bloque aux portes du PS

    'Aimez-vous les uns les autres'

    Fin mai, dans des rôles de composition, l’amère Royal et la Ch’tite Aubry avaient mis en scène le spectacle de leur franche camaraderie au meeting de Rezé pour essayer de mobiliser l'électorat socialiste. Devant les caméras, Sa Cynique Majesté Royal avait alors appelé à voter PS aux Européennes.

    Mais la fourbe jouait encore un double jeu

    Avant le scrutin du 7 juin et sur le site dédié à la battue et rebattue socialiste, des internautes appelaient en effet à un "vote sanction contre le PS" et pour un "vote en faveur d'Europe Ecologie". Impensable ? Alors voici des exemples à l'appui.

  • De nombreux internautes n'ont pas caché leur envie de voter Verts, rapporte Le Nouvel Obs .

    De Ségolène à Dany...
    reaction(s)

    «Militant PS et Désirs d'avenir, je voterai en conscience et fier de mes engagements socialistes avec Ségolène Royal, pour la liste Europe Ecologie», écrit Marsupilami sur le forum du site web de l'ex-candidate à la présidentielle. Il n'a toujours pas digéré l'élection de Martine Aubry à la tête du PS : «Je sais quel PS je veux pour demain, et, désolé, ce n'est pas celui des putschistes...» Comme lui, de nombreux internautes «royalistes» ne cachent pas leur envie de voter Verts. «Pour élire des bosseurs et des bosseuses, il y a la possibilité de choisir Michèle Rivasi [tête de liste Europe Ecologie dans le Sud-Est], qui a un bilan impressionnant !» explique ainsi Patrick Gaillard, qui ne pardonne pas au candidat du PS Vincent Peillon de «tenir des propos ambigus sur Ségolène Royal». Et qu'on ne leur fasse pas le coup du vote utile : «Ne pas voter PS n'affaiblira que Martine Aubry et son équipe. Et, franchement, 2012 engagé avec elle est un suicide bien plus grand qu'une claque aux européennes pour le PS !» résume Annie.
  • Le forum du site associatif de soutien à l’amère Royal conserve des traces de ce débat participatif de sabotage. Les modérateurs n’ont pas modéré les commentaires… Voici quelques preuves de tentatives de 'rupture de caténaire' sur le réseau socialiste" La direction du PS l'aura cherché, je voterai Verts".

    vote sanction contre le ps
    Par
    hakim24 le 01/04/2009
    j entend sur des radios et aussi des sympatisants ps annoncer qu ils veulent sanctionner le ps et martine aubry pour les européennes qu en pensez vous beaucoup veulent meme voter extreme gauche est ce plosible

    Commentaires
    1-
    D'accord pour un vote sanction !
    Soumis par
    lorenzacchio le mer, 01/04/2009 - 14:56.

    Tout comme Sarkozy et sa clique méritaient un bon vote sanction lors des municipales de 2008, cette année c'est au tour de notre parti de la recevoir sa sanction !
    Personnellement, c'est décidé, je voterai Vert.
    Malgré la présence de Vincent Peillon, dont j'apprécie beaucoup les positions, un signal fort doit être envoyé à notre nouvelle direction car elle mène notre parti non pas à sa rénovation tant attendue mais à sa perte... et ce encore plus vite que je ne l'avais imaginé !
    Et que celles et ceux des autres courants qui nous liraient ici ne croient pas que c'est pour une quelconque "revanche" de Reims mais hélas bien parce-que depuis la fin du Congrès, les propositions du parti ne sont pas du tout à la hauteur de ce que doit proposer un parti socialiste du 21ème siècle.
    Ce parti sentait déjà pas mal la naphtaline. Il commence sérieusement à sentir le sapin !Alors, osons un bon électro-choc avant qu'il ne soit trop tard.

    2-Moi je suis d'accord avec le
    Soumis par
    Alex75020
    le mer, 01/04/2009 - 18:52.

    Moi je suis d'accord avec le vote sanction, car on peut voter à gauche pour l'Europe tout en sanctionnant cette direction qui pour ma part me dégoute du ps, et peut-être bien de la politique mais heureusement il y a un désir d'avenir ailleurs.... Donc, il serait normal de sanctionner le ps, un mal pour un bien, peut-être que après une telle claque, le PS Pourrait d'abord se ressaisir pour se rétablir, ensuite il pourrait mieux respecter le vote de ses militants avant de demander le vote des citoyens.

    3-
    Moi non plus,je ne voterai pas PS tout en votant à Gauche
    Soumis par Rodrigue 43 le mer, 01/04/2009 - 19:30.

    Comme lorenzacchio,je considère que le PS n'est pas à la hauteur ni sur le plan national ni sur le plan européen.
    Personnellement il s'agira d'accorder ma préférence à un parti qui incarnera mieux mes idées sur l'efficacité du socialisme tant sur le plan interne qu'européen.
    La sanction attendue d'une perte de l'électorat du PS au détriment d'autres partis de Gauche (et non pas de l'UMP)devrait être l'occasion d'une véritable remise en cause du parti dans le sens de la rénovation pronée par Ségolène.
    Le temps n'est plus aux sentiments ni aux déclarations mais aux actes...et vite,s'il en est encore temps.

    Europe Ecologie ne dément pas.

    On sait qu’en région la présidente de Poitou-Charentes a tout fait pour affaiblir la FNSEA en favorisant la Confédération Paysanne et les Jeunes Agriculteurs et José Bové a donc reçu aux Européennes les gages d’allégeance de l’amère de Melle. Et ça, Monsieur Cohn-Bendit, n’est-ce pas « minable »?
  • mardi 9 juin 2009

    Européennes 2009: les censeurs sanctionnés

    Hamon, battu aux Européennes, doit-il être sanctionné ?

    Les socialistes ont préféré « nationaliser » les Européennes

  • Le PS et, plus largement, l’opposition se faisaient une fête des Européennes. Ils comptaient réussir à instrumentaliser le scrutin et les électeurs pour sanctionner le pouvoir issu des présidentielles deux ans plus tôt.
  • Pareillement, les politologues distingués continuent de perdre de vue que les Européennes ne représentent toujours pas un enjeu national pour les Français. Sur la même ligne, les media militants insistent pour leur donner le sens qu’ils souhaitent.
    Or, les Français ont infligé une défaite cuisante à l’opposition et la gauche permissive, mais prompte à condamner aveuglément la droite, a reçu la sanction des urnes qu’ils comptaient infliger au pouvoir.

    L’opposition a mené une campagne « hystérique et obsessionnelle » contre Nicolas Sarkozy

    C’était le mardi 2 juin, en pleine campagne des Européennes. Le Parti socialiste déblatérait et n’avait toujours pas de propositions pour l’Europe. Il ne parlait donc pas d'écologie. Mais de Sarkozy, oui ! Les socialistes en étaient encore à faire leur travail de deuil de l’Elysée et dénonça ce qu’il appela "l'échec cuisant et sidérant" de la politique de Nicolas Sarkozy au cours des deux premières années de son mandat. Dans un document de 32 pages au titre lapidaire, définitif et objectif ("L'échec"), le PS annonça avoir "examiné les promesses" de campagne du chef de l'Etat "en matière de pouvoir d'achat, d'emploi, d'éducation, de libertés, d'insécurité." A la veille du deuxième anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence.
  • Le porte-parole du PS n’était autre que Benoît Hamon "Et à l'aune de toutes ces promesses, nous voyons que les résultats du président de la République marquent un échec cuisant, un échec sidérant", a affirmé M. Hamon. Selon lui, sur "la question internationale, nous sommes aussi en échec, avec une influence beaucoup moins grande aujourd'hui" de la France. Les Français n'ont pas vu en quoi !...

    Le sort est cruel mais juste

    Le verdict de l’Ile-de-France hier fut "cuisant" pour le MoDem, mais "un échec sidérant" pour le PS et son quadra « play boy » plein d’avenir, le ricanant Hamon, 3e de la liste et première victime du vote populaire. En 2004, la liste socialiste, déjà conduite par Harlem Désir, avait réalisé le meilleur score (25,03 %) et décroché cinq sièges, loin devant l’UMP (17,80 %, 3 sièges) et l’UDF Marielle de Sarnez (12,63 %, 2 sièges).

    Au final, les Français sanctionnent les censeurs

    Avec 14 %, soit une perte de plus de dix points
    , la chute est lourde de conséquences pour le PS qui n’enverra que deux élus franciliens à Strasbourg. Le Parlement européen devra donc se priver du petit Hamon.

    Hamon perd son mandat européen et s’accroche à son poste de porte-parole hexagonal. Certes, les trois premiers de la liste PS s’entendaient mal : le premier est delanoiste, la seconde fabiusienne et le troisième n’est que le bras flétri d’Henri Emmanuelli. Ce boiteux trio francilien a donc parfaitement incarné les dissensions internes dans une campagne socialiste, non seulement malfaisante, mais illisible au plan national. Les électeurs du PS n’ont pas eu d’autre choix que de se rabattre sur la liste Europe Ecologie du "minable" Daniel Cohn-Bendit, brillant second avec 20 %.

    Dans ce climat socialiste délétère et de crise économique internationale, l’UMP, emmenée par un Michel Barnier très « pro » (ci-contre) et une Rachida Dati populaire, bondit avec près de 30 % (et 5 sièges).
    Michel Barnier, tête de liste de la majorité présidentielle, a démontré qu’il pouvait à la fois faire campagne et accomplir sa tâche ministérielle. L’opposition vertueuse et démocrate n’a pas craint de le harceler pendant un mois avant le scrutin. Pour revendiquer des prix, certes plus justes, du lait, la Confédération Paysanne (proche de Bové, candidat Europe Ecologie...) et les Jeunes Agriculteurs avaient choisi leur heure… Juste un peu oublieux de tout ce que le « marché commun » leur a apporté en termes de subventions et de réglementation.


    Le PS s’appliquera-t-il les sanctions qu’il destinait à ses vainqueurs ?
    Hamon passera-t-il à la trappe? La sanction du vote populaire n'est-elle pas la seule qui vaille?

    samedi 6 juin 2009

    Européennes 2009: des producteurs de lait, s’en prennent à Barnier, tête de liste

    Un accord n’empêche pas les actions en régions

    Les trois familles du secteur (producteurs, industriels et coopératives) se sont entendues pour établir des règles pour les prochaines années
    .
    Mais surtout
    les 1.000 litres seront payés 280 euros en moyenne en 2009.


    Agriculteurs et laiteries se sont mis d'accord mercredi 3 juin au soir sur le prix du lait pour 2009 et sur les modalités pour fixer ce prix à l'avenir, après plusieurs jours de négociations et trois semaines de mobilisation des producteurs.

    Le premier round de négociations qui s'était tenu jeudi dernier avait achoppé sur le prix. Dans un premier temps,
    les producteurs avaient demandé 305 euros la tonne, puis 290 euros, mais les industriels avaient tenu à 267 euros.
    Depuis plus de trois semaines les agriculteurs ont mené des actions tous azimuts, bloquant laiteries et grandes surfaces.

    Les professionnels du lait avaient repris les négociations, les troisièmes depuis le début de la crise, en milieu de journée mercredi, au ministère de l'Agriculture, sous l'égide des deux médiateurs nommés par le gouvernement le 19 mai.
    Auparavant, les professionnels avaient rencontré le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, qui s'était déclaré prêt à mettre la main à la poche pour «accompagner» les trésoreries des producteurs laitiers, fragilisées par la chute des prix du lait en avril.
    Les aides gouvernementales
    Elles prennent la forme «d'allègement de charges financières et sociales» et de «renforcement du dispositif de modernisation des bâtiments d'élevage» pour un montant de «30 millions d'euros», précise le ministère.
    Et pourtant, des extrémistes maintiennent la pression.

    Les Européennes instrumentalisées par les radicaux

    Avant les accords


    -> Dans la nuit de mercredi 13 au jeudi 14 mai, des producteurs de lait ont mené des actions contre trois laiteries de l’Orne, à Alençon, Domfront et Saint-Hilaire-de-Briouze, ont indiqué jeudi peu après minuit les gendarmes et la FNSEA.
    Des producteurs de lait ont lancé peu avant minuit des actions "coups de poing" contre les laiteries Lactalis (Président, Bridel) de Domfront (Orne) et Sodiaal (Candia, Yoplaît) d’Alençon, à l’initiative des Jeunes agriculteurs (JA) branche de la FNSEA, a indiqué le syndicat.
    Les producteurs se trouvaient peu après-minuit dans les bureaux des directeurs de ces deux laiteries. "Nous sommes en discussion sur les prix du lait. Le bureau du directeur a été retourné", a indiqué Stanislas Delabasle, responsable lait des Jeunes Agriculteurs (FNSEA) de l’Orne, à Alençon.
    "Nous avons fait tomber une clôture pour pouvoir rentrer dans la laiterie. C’est tendu", a ajouté Stéphane Davy, président des JA de l’Orne à Domfront.

  • Le 20 mai, Harlem Désir, tête de liste PS aux Européennes en Ile-de-France, a sommé son rival, Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, de choisir: "soit il est candidat, soit il est ministre".
  • Mercredi 27 mai, des producteurs laitiers de l'ouest de la France ont mené des actions sporadiques devant des hypermarchés, à la veille de discussions au sein de l'interprofession laitière à Paris sur les prix du lait à la collecte qu'ils jugent trop bas. Quelques dizaines de producteurs bloquaient à grand renfort de tracteurs les parkings d'un Leclerc à Guingamp dans les Côtes d'Armor, d'un autre à Pontchâteau en Loire-Atlantique et d'un magasin Géant près de Morlaix dans le Finistère, empêchant les clients d'entrer, a-t-on appris auprès des gendarmes.
  • D’après les gendarmes, sept camions étaient en outre bloqués devant la fromagerie Gillot à Saint-Hilaire-de-Briouze, que des producteurs bloquaient depuis la fin de matinée mercredi 27, à l’initiative de la Confédération paysanne.

    Depuis les accords
  • Dans la nuit du 3 au 4 juin, alors que la nouvelle d'un accord survenu à Paris parvenait dans la région de l’amère Royal, des producteurs de lait de la Confédération Paysanne dans les Deux-Sèvres, qui bloquaient une laiterie Lactalis dans le nord du département à St-Varent, ont décidé de rester sur place et poursuivre leur action. Pour eux, l'accord n'était pas satisfaisant.
  • Le matin du 5 mai, des producteurs de lait bloquaient encore les accès aux parkings d'hypermarchés à Guingamp et Dinan (Côtes d'Armor) pour protester contre l'accord conclu le mercredi précédent sur le prix du lait, a-t-on appris de la Confédération Paysanne. Installés sur la voie publique avec tracteurs et remorques, les producteurs, réunis à l'appel de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), empêchent les clients des grandes surfaces d'accèder avec leur voiture aux parkings où ils peuvent cependant se rendre à pied. "L'idée est clairement d'empêcher les grandes surfaces de faire leur chiffre d'affaires pendant que les éleveurs sont en train de crever", a-t-on déclaré de source syndicale.
    Les producteurs accusent les GMS (grandes et moyennes surfaces) de ne pas répercuter vers les consommateurs les baisses des prix à la production et d'en profiter pour conforter leurs marges. Sous la pression du gouvernement, un accord avait été conclu mercredi soir entre représentants des producteurs laitiers et industriels mais cet accord est contesté par la Confédération Paysanne et les Jeunes Agriculteurs (JA), qui font pression sur la FNSEA, seul syndicat représentatif aux négociations.
  • Les agriculteurs radicaux de la Confédération Paysanne et les jeunes excités des JA réclament désormais 0,35 euro le litre, en affirmant qu'avec un euro de plus au litre ils ne bouclent toujours pas les fins de mois."On est en train de mourir, 280 euros, ça couvre à peine le prix de la production, il faut qu'on vive à côté", affirme Alexandra Tournadre, jeune agricultrice de 31 ans. "On travaille pour la gloire et on aimerait bien vivre de notre métier", a renchéri à ses côtés Sylvain Murat, un autre éleveur. Or, à 350 euros, un militant de la Confédération paysanne déclarait sur une radio qu’il ne pourrait toujours pas survivre. La surenchère des revendications ne serait-elle pas suspecte ?
    Les producteurs ont déversé plus de 15.000 litres de lait jeudi 4 juin devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand, autant de litres qui n’iront pas aux Restos du Cœur…

    Il faudrait croire que les actions de producteurs ne seraient pas politiques.

    Pourtant, outre le harcèlement du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, qui est tête de liste en Ile-de-France, Une centaine d'éleveurs partis de Pontaumur (Puy-de-Dôme) à bord d'une trentaine de véhicules et de tracteurs, ont rejoint vers 02H30 la préfecture du Puy-de-Dôme, traversant bruyamment les rues de Clermont-Ferrand en klaxonnant.
    Pourquoi le Puy-de-Dôme ?
    Officiellement, la « colère saine » des agriculteurs tombe, comme un fait exprès, en pleine campagne pour les Européennes. Ils protestent certes contre le niveau du prix du lait, mais cela malgré un accord conclu quelques heures avant à Paris, mais parce que dans la grande région Auvergne-Centre-Limousin, le numéro trois de la liste de la majorité présidentielle est le ministre du Travail, un proche de Nicolas Sarkozy : Brice Hortefeux.

  • Et ils veulent à tout prix ignorer, et avec eux la presse partisane, qu'une nouvelle rencontre est prévue par les accords en septembre 2009, pour réévaluer la situation.
    Les Français apprécieront qu'en période de crise économique internationale, leur solidarité -sous la forme des aides gouvernementales- ne soit pas sollicitée à l'aveugle.

  • Les producteurs de lait qui les jugent peu généreux reviendront peut-être à la raison au lendemain des Européennes, lorsque leur ministre, Michel Barnier, sera élu...