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mercredi 17 février 2016

Le Foll et Valls interpellés par un drame du désespoir en milieu agricole

La souffrance des agriculteurs a fait un mort en Aveyron

Agression mortelle d'une "inspectrice" de la chambre agricole

Une salariée de la chambre agricole est décédée lors de ce qui semble être un "contrôle" sur une exploitation laitièremercredi matin, près de Meyran, tandis que les agriculteurs en colère manifestent à Rennes, mais aussi en Haute-Garonne, voisine de l'Aveyron.

Agé de 47 ans, le frère du producteur a disjoncté au cours de cette inspection de l'exploitation sur le lieu-dit les FarguettesLes faits se sont produits vers 7h30. 

La jeune femme de 26 ans aurait basculé dans un étang


Dans l’eau, dont la température ne dépasse pas les deux degrés au petit matin, la jeune femme a été victime d’un arrêt cardiaque. 
Alertés par un voisin, les pompiers aussitôt arrivés sur place n’ont pas pu sauver la jeune femme. 
Le Parquet a ouvert une enquête, confiée aux gendarmes de la SR de Meyran.

Le Foll est-il attendu sur place? 

Pour l'heure, il parle et affirme que la victime était une jeune  "technicienne" venue prodiguer ses "conseils" à ce professionnel expérimenté.

lundi 14 septembre 2015

Raid du candidat Hollande sur la Haute-Saône, en reconquête de la ruralité à Vesoul

L'impopulaire Hollande a voulu voir Vesoul et Valls l'a escorté à Vesoul

Le tandem Hollande/Valls a discriminé ses interlocuteurs agricoles en Haute-Saône

Hollande et 12 ministres à Vesoul : la campagne est dans le pré

Le président "de tous les Français" a discriminé les agriculteurs radicaux...
Non seulement l'exécutif socialiste n'a pas affronté les exploitants agricoles lundi matin, seulement leurs représentants agricoles, mais François Hollande et Manuel Valls n'ont reçu qu'une sélection d'entre eux, les plus modérés et ouverts au dialogue, tandis que quelque 150 militants de la Confédération paysanne (gauche écologiste) et de la CGT (ci-dessous) ont manifesté en marge d'un "Comité interministériel aux ruralités" en Haute-Saône, présidée par un socialiste.

Lors d'une rencontre d'une demi-heure, à laquelle assistait le ministre apparent de l'Agriculture, le grand Nicodème Le Foll, des responsables des Jeunes Agriculteurs (JA, proches de la FNSEA), de la Fédération Départementale des Producteurs de Lait de Haute-Saône (FDPL), venus de Chaumont en voisins, et de la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FDSEA) de Haute-Saône ont pu leur exposer leurs doléances, a raconté l'un d'eux.

"Nous avons été droit au but et nous avons l'impression d'avoir été entendus par le président", a indiqué  Sylvain Crucerey, président de la FDSEA.
"Nous lui avons notamment expliqué que les normes européennes et françaises sont trop lourdes pour nos exploitations", a-t-il précisé.

Les représentants des trois syndicats ont par ailleurs demandé que la Haute-Saône reste classée "zone défavorisée simple" à l'issue des discussions européennes prévues en 2018, ce qui permet aux agriculteurs de toucher des "indemnités compensatoires de handicaps naturels" à hauteur de quelque 6 millions d'euros pour ce seul département, à la charge de l'Etat. Et l'Etat, c'est qui ? 

Des représentants de la Confédération paysanne ont été reçus - séparément -   en préfecture 

Ils ont réclamé la diminution de la production laitière. "Les quotas laitiers sont terminés, mais il faut remettre en place un système de régulation réactif de la production", a déclaré Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, tandis que ses adhérents manifestaient devant les grilles de la préfecture.

"Si on veut garder des paysans, il faut réguler le marché", a-t-il lancé au président, prenant l'exemple du marché très encadré du lait destiné à la fabrication du comté.

Quelque 150 militants de la Confédération paysanne et de la CGT s'étaient rassemblés à Vesoul, tenus à distance respectable du convoi présidentiel.
Les agriculteurs ont gaspillé du lait en poudre en le déversant sur la route, "symbole du lait d'exportation qui tire les prix vers le bas", sur une distance d'environ 200 mètres.

"Il faut que les petites exploitations soient aidées pour continuer à vivre, car les prix de vente sont inférieurs aux coûts de revient", a expliqué Didier Barberot, producteur de lait et membre de la Confédération paysanne.

Formant un peu moins de la moitié des manifestants, les militants du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) de  la CGT - plus politisés (communistes et anarcho-communistes) - étaient davantage mobilisés contre "la politique d'austérité et la casse de nos acquis, nos droits et nos services publics".
Dans un tract, ils dénonçaient en particulier "la loi Macron, les attaques contre le Code du travail, le système de retraite et retraite complémentaire".


jeudi 10 décembre 2009

Conflits sociaux: solliciter la médiation de l'Etat pour lui soutirer le maximum

Les syndicats rejettent la responsabilité sur le patronat

Noël, temps béni du chantage syndical

A moins de quinze jours de Noël, les producteurs de lait français se prévalent de l'effondrement des cours du lait et trouvent naturel de brandir la menace du blocage du pays avec les routiers, lesquels font du chantage à la grève à partir de dimanche.
La prise d'otages est aussi au programme des syndicats avec deux nouvelles journées de galère pour les usagers du RER A en région parisienne. En Ile-de-France, un préavis de grève a en effet été lancé par six syndicats.
La RATP prévoit jeudi et vendredi un train sur deux aux heures de pointe (7h30-9h30 et 16h30-19h30) et un trafic quasi nul aux heures creuses, sur la partie du réseau gérée par la régie parisienne et fréquentée par un million d'usagers journaliers.
Dépôts bloqués, rayons dégarnis dans les grandes surfaces: consommateurs mécontents. Distributeurs de billets non réapprovisionnés: consommation ralentie. Producteurs de lait menaçant de reprendre la traite des subventions de l'Etat: déficit public creusé. Prise d'otages: c'est bon pour le moral des travailleurs et les sondages d'opinion...

  • Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, cherche à éviter un conflit social avant les fêtes de fin d'année et a proposé mercredi soir une réduction supplémentaire de la "taxe carbone" de 100 millions d'euros pour le secteur. Le débat a été suspendu et doit reprendre ce jeudi à 16h00, mais les syndicats, échaudés par la tournure des discussions et l'intervention de Dominique Bussereau qui a, selon eux, "jeté un froid", font planer le doute sur leur retour.
    Les parties en conflit n'ont pas intérêt à tomber trop vite d'accord mais s'entendent pour faire monter la pression.
  • L'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) a annoncé qu'elle se réunirait à 14h00 pour décider de participer ou non à la suite des négociations.
    Elle assure vouloir que les négociations aboutissent d'ici vendredi matin, faute de quoi ils mettront à exécution leur menace de bloquer les entrepôts de livraisons à partir de dimanche à 21h30.
    L'intersyndicale réclame le passage à un salaire de dix euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés, 4% d'augmentation pour toute la grille et 3% de hausse pour les frais de déplacement, ainsi qu'une protection sociale conventionnelle pour tous et la généralisation du 13e mois.
  • Mercredi, les maîtres chanteurs n'ont pas fait plier les patrons, qui ont dit n'avoir rien à donner et s'en sont remis à l'aide de l'Etat.

  • Les entreprises du secteur souhaitent a minima obtenir un taux de réduction sur la "taxe carbone" équivalent à celui des agriculteurs pour 2010 au moins, soit 75%, et l'application de la défiscalisation des heures supplémentaires.
    "On a pondu une loi qui permet d'alléger partiellement les charges sociales et patronales sur les heures supplémentaires. Or, paradoxalement, nous sommes la seule profession dans le transport logistique qui ne bénéficie pas à plein de cette mesure", a dit Philippe Grillot, président de la Fédération des entreprises de transport et logistique de France (TLF).
    "Ce n'est pas une aumône, c'est un principe d'équité", a-t-il expliqué au micro de France Info, ajoutant que la proposition sur la "taxe carbone" n'était pas pertinente pour l'heure parce qu'elle concerne un nouvel impôt.

    Or, l'OTRE, l'une des trois organisations patronales du transport routier, met du sucre dans le réservoir. Dans un communiqué diffusé jeudi, elle estime en effet que l'exonération partielle sur la taxe carbone (pour des pollueurs parmi les plus gros) proposée par le gouvernement est un "cadeau empoisonné" et réclame des mesures fiscales supplémentaires.
  • Dominique Bussereau, en tampon, a prévenu que les cartes étaient désormais entre les mains des deux parties.
    -> Il est toutefois confiant. "Je crois qu'ils viendront. Le transport routier, ce sont des gens sérieux, aussi bien les organisations syndicales que les organisations professionnelles. Je suis persuadé que la bonne volonté l'emportera", a-t-il dit sur i>Télé.
    "Ce n'est plus le problème du gouvernement. Le gouvernement a fait un geste (...) je l'ai mis sur la table. Maintenant, c'est un problème de négociation salariale", a-t-il expliqué.

    -> Mise en garde du secteur contre les conséquences d'un blocage des entrepôts à l'approche des fêtes de fin d'année.
    "Bloquer les plateformes, ça veut dire plus de courses de Noël, plus d'alimentation dans les supermarchés. La reprise économique française est fondée sur la consommation des ménages, si en plein moment de consommation des ménages, les fêtes de Noël, on stoppe la machine, c'est un coup économique", a dit le secrétaire d'Etat. "Les Français ne pardonneront pas", a-t-il ajouté.

    Qu'elle soit politique ou sociale, la gauche demande toujours tout à l'Etat.
    Or, le gouvernement n'est pas en capacité de réduire les quotas laitiers et la profession ne réussit pas à s'autogérer. Peut-elle dès lors lui reprocher son activité débordante et les loupés qui vont avec ? Les patrons et les syndicats sont incapables de se parler.
    Ils ont besoin de médiation, mais alors, de grâce, qu'ils aient tous l'honnêteté de lui reconnaître le mérite de sa volonté de dialogue, sans lui impossible.
  • vendredi 19 juin 2009

    Des producteurs de lait européens sont allés meugler au Sommet de Bruxelles

    Le lait, prétexte politique bidon anti-Barroso

    Des Français y sont, en dépit d'un accord national !

    Des producteurs de lait ont profité de l’ouverture du sommet européen pour protester contre la chute des cours et réclamer des mesures à l‘échelle de l’Union.
    Les agriculteurs, dont des éleveurs de vaches laitières, réclament notamment un réajustement du système des quotas au niveau européen.

    Des embouteillages importants

    Des centaines de tracteurs venus d’Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, et même de Suisse, mais aussi de France, ont convergé vers le centre de Bruxelles. Ils ont bloqué la circulation principalement sur l'autoroute E40 et dans les quartiers du rond-point Montgoméry, de la Bourse et de la porte Louise.

    Autre manifestation, celle de militants de Greenpeace...

    En concertation avec les syndicalistes paysans, des militants de cette organisation supranationale ont distribué quelque 50 000 exemplaires d’un faux numéro du quotidien International Herald Tribune pour mettre la pression sur les chefs d’Etat et de gouvernement en vue du sommet de Copenhague en décembre sur le changement climatique.
    Nous voulons qu’ils débloquent des enveloppes substantielles pour aider les pays en voie de développement à faire face au changement climatique à en atténuer les effets et à protéger les forêts et aussi à s’adapter au changement climatique “ explique une militante de Greenpeace.
    Les forces de l’ordre avaient déployé des centaines d’hommes et installé des barrières pour empêcher les manifestants d’accéder au bâtiment où se déroule le sommet.


    Au volant de leurs tracteurs, des producteurs laitiers européens du syndicat EMB (European Milk Board - comprenant le syndicat français OPL appartenant à la Coodination Rurale-) se rendront les 18 & 19 juin à Bruxelles pour faire part de leur mécontentement aux chefs d'État et de gouvernement des États européens.

    Par ailleurs, les producteurs laitiers allemands appellent leurs collègues européens à venir camper la nuit du 18 au 19 juin devant le Conseil de l’Europe pour venir soutenir leurs revendications.

  • En mai déjà en Allemagne, des éleveurs de la BDM, l'Union des producteurs laitiers allemands, avaient passé quelques nuits devant la Chancellerie de Berlin et certains d’entre eux avaient même entamé une grève de la faim sur plusieurs jours. Ils avaient demandé à la Chancelière Angela Merkel de mettre la crise laitière au coeur de ses préoccupations.

  • Auparavant, en avril aux Pays-Bas, des éleveurs de l’EMB avaient passé ladite « nuit du lait » devant le Parlement néerlandais pour demander aux politiques d’agir enfin contre la crise du prix du lait.
  • A noter que dans un grand nombre de pays, les éleveurs n'obtiennent pas plus de 20 centimes d’euro par litre de lait et plus de 25 000 producteurs laitiers ont manifesté dans 10 pays pour revendiquer des prix du lait équitables. Or, quoi que la presse militante et l’opposition françaises en disent, le problème n’est pas spécifique de la France, mais européen. De plus, bien que la France ait conclu un accord, depuis, des paysans minoritaires et extrémistes de la gauche anti-libérale sont néanmoins passés à la phase politique, au niveau européen.
  • samedi 6 juin 2009

    Européennes 2009: des producteurs de lait, s’en prennent à Barnier, tête de liste

    Un accord n’empêche pas les actions en régions

    Les trois familles du secteur (producteurs, industriels et coopératives) se sont entendues pour établir des règles pour les prochaines années
    .
    Mais surtout
    les 1.000 litres seront payés 280 euros en moyenne en 2009.


    Agriculteurs et laiteries se sont mis d'accord mercredi 3 juin au soir sur le prix du lait pour 2009 et sur les modalités pour fixer ce prix à l'avenir, après plusieurs jours de négociations et trois semaines de mobilisation des producteurs.

    Le premier round de négociations qui s'était tenu jeudi dernier avait achoppé sur le prix. Dans un premier temps,
    les producteurs avaient demandé 305 euros la tonne, puis 290 euros, mais les industriels avaient tenu à 267 euros.
    Depuis plus de trois semaines les agriculteurs ont mené des actions tous azimuts, bloquant laiteries et grandes surfaces.

    Les professionnels du lait avaient repris les négociations, les troisièmes depuis le début de la crise, en milieu de journée mercredi, au ministère de l'Agriculture, sous l'égide des deux médiateurs nommés par le gouvernement le 19 mai.
    Auparavant, les professionnels avaient rencontré le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, qui s'était déclaré prêt à mettre la main à la poche pour «accompagner» les trésoreries des producteurs laitiers, fragilisées par la chute des prix du lait en avril.
    Les aides gouvernementales
    Elles prennent la forme «d'allègement de charges financières et sociales» et de «renforcement du dispositif de modernisation des bâtiments d'élevage» pour un montant de «30 millions d'euros», précise le ministère.
    Et pourtant, des extrémistes maintiennent la pression.

    Les Européennes instrumentalisées par les radicaux

    Avant les accords


    -> Dans la nuit de mercredi 13 au jeudi 14 mai, des producteurs de lait ont mené des actions contre trois laiteries de l’Orne, à Alençon, Domfront et Saint-Hilaire-de-Briouze, ont indiqué jeudi peu après minuit les gendarmes et la FNSEA.
    Des producteurs de lait ont lancé peu avant minuit des actions "coups de poing" contre les laiteries Lactalis (Président, Bridel) de Domfront (Orne) et Sodiaal (Candia, Yoplaît) d’Alençon, à l’initiative des Jeunes agriculteurs (JA) branche de la FNSEA, a indiqué le syndicat.
    Les producteurs se trouvaient peu après-minuit dans les bureaux des directeurs de ces deux laiteries. "Nous sommes en discussion sur les prix du lait. Le bureau du directeur a été retourné", a indiqué Stanislas Delabasle, responsable lait des Jeunes Agriculteurs (FNSEA) de l’Orne, à Alençon.
    "Nous avons fait tomber une clôture pour pouvoir rentrer dans la laiterie. C’est tendu", a ajouté Stéphane Davy, président des JA de l’Orne à Domfront.

  • Le 20 mai, Harlem Désir, tête de liste PS aux Européennes en Ile-de-France, a sommé son rival, Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, de choisir: "soit il est candidat, soit il est ministre".
  • Mercredi 27 mai, des producteurs laitiers de l'ouest de la France ont mené des actions sporadiques devant des hypermarchés, à la veille de discussions au sein de l'interprofession laitière à Paris sur les prix du lait à la collecte qu'ils jugent trop bas. Quelques dizaines de producteurs bloquaient à grand renfort de tracteurs les parkings d'un Leclerc à Guingamp dans les Côtes d'Armor, d'un autre à Pontchâteau en Loire-Atlantique et d'un magasin Géant près de Morlaix dans le Finistère, empêchant les clients d'entrer, a-t-on appris auprès des gendarmes.
  • D’après les gendarmes, sept camions étaient en outre bloqués devant la fromagerie Gillot à Saint-Hilaire-de-Briouze, que des producteurs bloquaient depuis la fin de matinée mercredi 27, à l’initiative de la Confédération paysanne.

    Depuis les accords
  • Dans la nuit du 3 au 4 juin, alors que la nouvelle d'un accord survenu à Paris parvenait dans la région de l’amère Royal, des producteurs de lait de la Confédération Paysanne dans les Deux-Sèvres, qui bloquaient une laiterie Lactalis dans le nord du département à St-Varent, ont décidé de rester sur place et poursuivre leur action. Pour eux, l'accord n'était pas satisfaisant.
  • Le matin du 5 mai, des producteurs de lait bloquaient encore les accès aux parkings d'hypermarchés à Guingamp et Dinan (Côtes d'Armor) pour protester contre l'accord conclu le mercredi précédent sur le prix du lait, a-t-on appris de la Confédération Paysanne. Installés sur la voie publique avec tracteurs et remorques, les producteurs, réunis à l'appel de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), empêchent les clients des grandes surfaces d'accèder avec leur voiture aux parkings où ils peuvent cependant se rendre à pied. "L'idée est clairement d'empêcher les grandes surfaces de faire leur chiffre d'affaires pendant que les éleveurs sont en train de crever", a-t-on déclaré de source syndicale.
    Les producteurs accusent les GMS (grandes et moyennes surfaces) de ne pas répercuter vers les consommateurs les baisses des prix à la production et d'en profiter pour conforter leurs marges. Sous la pression du gouvernement, un accord avait été conclu mercredi soir entre représentants des producteurs laitiers et industriels mais cet accord est contesté par la Confédération Paysanne et les Jeunes Agriculteurs (JA), qui font pression sur la FNSEA, seul syndicat représentatif aux négociations.
  • Les agriculteurs radicaux de la Confédération Paysanne et les jeunes excités des JA réclament désormais 0,35 euro le litre, en affirmant qu'avec un euro de plus au litre ils ne bouclent toujours pas les fins de mois."On est en train de mourir, 280 euros, ça couvre à peine le prix de la production, il faut qu'on vive à côté", affirme Alexandra Tournadre, jeune agricultrice de 31 ans. "On travaille pour la gloire et on aimerait bien vivre de notre métier", a renchéri à ses côtés Sylvain Murat, un autre éleveur. Or, à 350 euros, un militant de la Confédération paysanne déclarait sur une radio qu’il ne pourrait toujours pas survivre. La surenchère des revendications ne serait-elle pas suspecte ?
    Les producteurs ont déversé plus de 15.000 litres de lait jeudi 4 juin devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand, autant de litres qui n’iront pas aux Restos du Cœur…

    Il faudrait croire que les actions de producteurs ne seraient pas politiques.

    Pourtant, outre le harcèlement du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, qui est tête de liste en Ile-de-France, Une centaine d'éleveurs partis de Pontaumur (Puy-de-Dôme) à bord d'une trentaine de véhicules et de tracteurs, ont rejoint vers 02H30 la préfecture du Puy-de-Dôme, traversant bruyamment les rues de Clermont-Ferrand en klaxonnant.
    Pourquoi le Puy-de-Dôme ?
    Officiellement, la « colère saine » des agriculteurs tombe, comme un fait exprès, en pleine campagne pour les Européennes. Ils protestent certes contre le niveau du prix du lait, mais cela malgré un accord conclu quelques heures avant à Paris, mais parce que dans la grande région Auvergne-Centre-Limousin, le numéro trois de la liste de la majorité présidentielle est le ministre du Travail, un proche de Nicolas Sarkozy : Brice Hortefeux.

  • Et ils veulent à tout prix ignorer, et avec eux la presse partisane, qu'une nouvelle rencontre est prévue par les accords en septembre 2009, pour réévaluer la situation.
    Les Français apprécieront qu'en période de crise économique internationale, leur solidarité -sous la forme des aides gouvernementales- ne soit pas sollicitée à l'aveugle.

  • Les producteurs de lait qui les jugent peu généreux reviendront peut-être à la raison au lendemain des Européennes, lorsque leur ministre, Michel Barnier, sera élu...
  • mercredi 27 août 2008

    Entremont : le lait breton tourne à l’aigre

    Les extrémistes bloquent d’abord et discutent ensuite…
    La méthode suivie est immuable et rappelle d’autres actions extrémistes. Le débat participatif proposé par Sa Cynique Majesté Royal doit donc faire des progrès dans la gauche anti-républicaine.
    Curieusement, le durcissement des actions des producteurs de lait bretons correspond à l’annonce hier soir de la condamnation de Bové à 8 mois fermes pour violences anti-OGM (Lire PaSiDupes): est-ce une indication assez claire sur l’orientation politique des paysans en pays breton ? Après les hospitaliers de Carhaix et les pêcheurs du Guilvinec, la Bretagne se révèle noyautée par la gauche extrême.

    Les producteurs de lait ont durci leurs actions mercredi soir, en bloquant démocratiquement l'ensemble des sites du groupe en Bretagne pour réclamer un meilleur prix d'achat du lait, font savoir des syndicats.

    Quelque 400 producteurs ont été mobilisés par les syndicats pour bloquer les sites de transformation et de collecte de …Carhaix, Quimper, Guingamp, Loudéac, Mautauban de Bretagne, Malestroit et la base logistique de Brécé, en Ille-et-Vilaine, déjà bloquée depuis dimanche, par où transite 40% de la production du groupe. Quelle idée pour Entremont de s’établir sur certaines communes !

    "Tout ce que nous demandons, c'est qu'Entremont revienne à une situation normale en payant le lait le même prix que les autres entreprises. La levée des blocages dépendra de la rencontre de ce matin", a déclaré Yves Bazy, l'un des représentants de la section laitière de la FRSEA. Au même prix que les autres entreprises : il ne veut pas dire ‘européennes’, mais ‘françaises’, car il sait où est son intérêt…
    Depuis environ deux semaines les producteurs de lait bretons dénoncent le prix payé par Entremont qui a décidé, pour rester compétitif, de limiter l'augmentation prévue en juillet à 30,10 euros pour mille litres de lait, alors que les autres transformateurs ont accordé aux éleveurs une augmentation de 49 euros comme le demandait la FNSEA.

    Lors d'une rencontre avec la presse mercredi le président du groupe Entremont-Alliance, Christian Mazuray, a justifié la décision de l'entreprise par un "retournement des marchés" des produits laitiers en 2008, aussi "sévère" que les gains avaient été importants en 2007. Les autres entreprises de transformateurs risquent donc de s’aligne sur Entremont. Mais si Entremont est contraint de se soumettre, c’est tout le secteur qui sera bientôt amené à se soumettre et sera fragilisé.
    "La cotation de la poudre de lait a baissé de 30% en trois mois. Nous sommes confrontés à un marché des produits laitiers plus volatile. Il faut davantage de réactivité dans la fixation des prix. On ne peut rester sur un décalage de douze mois", a t-il affirmé. Mais la ‘volatilité’ fonctionne dans les deux sens : à la baisse et aux beaux jours succèdent la hausse et les mauvais.
    Le président du groupe a aussi estimé que le prix payé par chaque entreprise aux producteurs ne pouvait pas être "homogène", chaque production - produits laitiers de grande consommation, lait UHT, fromages frais, etc. - étant soumise à des contraintes économiques et de marchés différentes.
    "Nous avons dû augmenter ces derniers mois nos prix de vente et nous avons perdu des parts de marché en France qui ont été pris par nos concurrents allemands et irlandais", a indiqué le président d'Entremont, dont l'emmental représente 80% de la production. Les syndicats n’entrent pas dans ces considérations et exposent les salariés à des lendemains qui déchantent.
    Le prix payé aux producteurs de lait suivait jusqu'à présent les recommandations de l'interprofession réunissant producteurs, transformateurs et coopératives. Ce système a été remis en cause au printemps dernier par la Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) du ministère de l'Economie.
    Une délégation de producteurs doit rencontrer la direction du groupe Entremont-Alliance ce jeudi matin à Rennes.

    Eléments de réflexion

    Entremont Alliance est une société familiale française de transformation du lait. Alliance de la société Entremont et de la branche produits laitiers d'UNICOPA, cette société fabrique essentiellement de l'emmental et des produits dérivés comme par exemple le fromage à raclette.
    Le groupe Entremont est une des grandes sociétés industrielles françaises du secteur secondaire. Le groupe, une société par action simplifiée (S.A.S.), emploie plus de 4000 personnes sur l’ensemble de la France.

    L’existence de ce groupe français, numéro un mondial du fromage à pâte pressée cuite et pourvoyeur d’emplois, est-elle sous la menace de ses propres fournisseurs ? Ceux-ci, qui trouvent auprès d’elle la sécurité pour l’écoulement de leur production, cherchent-ils l’insécurité ?
    Pourquoi en Bretagne et non pas ailleurs en France ?