POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est RATP. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est RATP. Afficher tous les articles

samedi 1 février 2020

Des primes de 300 à 1.500 euros versées à des cheminots non-grévistes

La gestion politicienne de la SNCF sert-elle les intérêts de l'entreprise d'Etat et de ses usagers? 

L'arrogante entreprise publique refuse toute "polémique" !

La SNCF "confirme et assume [ ! ] l’attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles", que ça nous plaise ou non
En remerciement de leur "professionnalisme", "implication" et "grande disponibilité" pendant la grève, des briseurs de grève proches de la CFDT ont reçu de la SNCF une prime sur leur paie de janvierdénonce la CGT-Cheminots.


Dans un tweet, Bérenger Cernon, responsable du syndicat à la gare de Lyon, à Paris, indique que la direction de la SNCF a octroyé des primes "de 300 à 1.500 euros" à des non-grévistes. "En même temps, elle nous explique que l’on doit vendre des actifs et faire des économies drastiques", proteste-t-il.

Le coût des grèves n'est pas imputable seulement aux grévistes

"
Ce n’est pas la première fois" que de telles primes sont versées à des non-grévistes, a déclaré Bérenger Cernon, croyant justifier ainsi ce redéploiement de l'argent public. "C’est déjà arrivé dans le passé et cela se produit de plus en plus", mais "cela nous choque après les différentes annonces de la direction sur des économies et des cessions d’actifs à faire parce qu’il faudrait se serrer la ceinture", a-t-il ajouté.

Elisabeth Borne, ministre des transports, finance les grévistes...

Dans son tweet, il copie un extrait d’un courrier où un salarié se voit octroyer "une gratification exceptionnelle de 500 euros" sur sa "paie de janvier" pour le "remercier pour (son) professionnalisme, (son) implication et (sa) grande disponibilité dans le cadre du mouvement de grève ayant débuté le 5 décembre". Selon le syndicaliste, ce salarié a décidé de verser sa prime à une caisse de grève pour "soutenir financièrement" les grévistes, faute d’avoir pu lui-même faire grève. 

Engagement et surcroît d’activité : les cheminots peuvent assurer plus d'heures.
Dans une déclaration, la direction de la SNCF "confirme et assume l’attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés de façon exceptionnelle et sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public pendant la grève".

"L’engagement et le surcroît d’activité de ces agents non-grévistes ont permis aux trains de circuler, y compris les week-ends et pendant les fêtes, aux postes d’aiguillage d’être tenus, et aux voyageurs d’être correctement informés pendant toute la période", estime la direction. "La tentative de polémique et de politisation de ces mesures managériales classiques récompensant du travail supplémentaire et de l’engagement pour le service est tout à fait déplacée", juge-t-elle.

"En même temps", la réforme des retraites dispose que
les avantages acquis doivent disparaître : Macron y veille !

mardi 21 janvier 2020

Sanctions sur les grévistes : étalement réduit du paiement des jours de grève

Le non-paiement des jours de grève ne sera pas trop étalé, prévient le gouvernement
Les directions de la SNCF et de la RATP ont reçu des ordres pour que le non-paiement des jours non travaillés des grévistes soit étalé

La ministre des Transports prévient les grévistes que le non-paiement de leurs jours de grève ne sera pas beaucoup étalé.
Tatie Elisabeth est allée se payer du bon temps au Maroc pour Noël
Or, après 45 jours de mouvement social, les caisses des grévistes s'amenuisent et ils ne pourront pas compter sur un salaire avant longtemps.

samedi 4 janvier 2020

Borne a aussi fait un oubli de mandat, en plus de passer ses vacances au Maroc pendant les grèves des transports

La ministre des Transports est de ceux qui sont toujours au travail: des emplois fictifs ?

Abondance de mandats fictifs nuit

Comment peut-on faire l'impasse sur des mandats qui demandent du travail ?
Image


De 2015 à 2016, en qualité de dirigeante de la RATP, Elisabeth Borne était censée siéger au conseil d'administration de l'Institut pour la Gestion Déléguée (IGD), un lobby qui vise à renforcer les délégations de service public.

Ce comité Théodule ne fait pas de mal, que du bien ! Pour commencer, c'est une... Fondation créée en avril 1996 par des entreprises à l'initiative de Marceau Long, ancien vice-président du Conseil d’Etat, retraité en 1995. Il a été fondé à la suite de la réforme du 29 janvier 1993 - loi Sapin - qui permet au décideur public de désigner librement et sans procédure codifiée le prestataire privé de son choix pour accomplir l’exécution du service public (restauration collective, collecte des déchets, autoroutes, énergie…) L’institut se voulait un appui, une aide méthodologique face au "nécessaire tâtonnement" que cette loi impliquait.
Il s'avère être
aujourd’hui une plateforme de réflexion et d’influence réunissant les acteurs concernés par la gestion des services publics : élus, usagers, opérateurs, personnels, fonctionnaires, experts, associations de consommateurs, etc. Les travaux de ses membres portent, entre autres, sur les modalités de mise en oeuvre et de contrôle des contrats de gestion déléguée en France et en Europe. L’IGD plaide pour une approche compétitive des différents modes de gestion des services publics locaux pour guider les décideurs locaux dans leur choix.
Au cours des cinq dernières années, l’IGD a acquis une influence certaine au niveau communautaire et international (ONU, Banque mondiale, Africités, etc.) et s’est fortement institutionnalisé. L’IGD a été prorogé en avril 2006 pour un troisième programme quinquennal qui s’achèvera en 2011
.
Bien qu'il déploie l'immense activité que l'on voit, Babeth Borne a oublié la somme de travail qu'elle lui a consacré...
Deux années d'un dur labeur qui ont aisément pu échapper à Babeth:  d'autant plus qu' "en même temps", elle était ministre des Transports du grand Nicodème de Matignon.


Malgré un cerveau bien fait de polytechnicienne, sa vigilance d'ex-préfète s'est trouvée prise en défaut : un trop plein de compétences finit par nuire...  Honorait-elle de sa présence les invitations au conseil d’administration de l’institut pour la Gestion Déléguée (IGP) ? Peut-être se faisait-elle oublier jusqu'au versement du chèque, car ce lobby vise à influencer la prise de décisions publiques et à favoriser la délégation aux profits d’intérêts privés. Une politique qui bénéficie à des groupes tels que Bouygues, Vinci ou Eiffage. 

Or, il n'est trouvé aucune trace de ce mandat dans la déclaration de la ministre à la HATVP
Image
Les ministres exemplaires du "monde nouveau" de Macron ne sont-ills pas pourtant supposés déclarer tout poste antérieur à 5 ans à la prise de fonction susceptible de faire naître un conflit d’intérêts. 

Le cabinet de la ministre tente de déminer l’affaire. 
C'est là qu'on apprend qu'il n'y avait pas de nécessité de déclarer à la HATVP le poste de Borne à l’IGD : il s’agirait d’un poste en qualité de dirigeante de la RATP. Et ça fait quelle différence, s'interroge le péquin. 
D’autant plus qu'elle n’y aurait jamais siégé personnellement, mais se serait fait représenter au nom de la RATP, toujours selon les affirmations de son cabinet: un peu comme Ségolène Royal qui peut être "ambassadrice des pôles", sans y être jamais allée se les geler. 
Selon Marianne, "l’Autorité s’est d’abord refusée à donner un avis sur un cas spécifique, en précisant que seul le Collège des neuf membres est habilité à le faire. Sur la règle générale, l’Autorité expliquait cyniquement: "Si la participation est liée automatiquement, le déclarant peut ne pas faire de mention spécifique". Un déclarant, c'est celui qui peut ne rien déclarer... 

Recontactée à la suite de la réponse de la ministre, ce vendredi 3 janvier, la HATVP reconnaît finalement avoir donné quitus [acte libératoire de responsabilité] à Elisabeth Borne sur ce point, après son interrogation, mardi 31 décembre."



Delevoye et de Rugy ont réagi quasiment de la même façon suite aux différentes révélations de leurs scandales. Ils ont pris l'un et l'autre les seules décisions qui vaillent.


De surcroît, le raisonnement qui sous-tend cette analyse ministérielle interroge : si la ministre n’a pas elle-même participé aux réunions de l’IGD, il n’en reste pas moins que le directeur juridique de la RATP, loin d’être un membre autonome votant comme bon lui semble, n’intervenait qu’en tant que… représentant et donc porte-parole de la présidente de l’entreprise publique, seule maîtresse de ses votes. 

Cette participation - même déléguée à un subordonné - aurait été un gage de cette transparence dont la macronie nous rebat les oreilles, étant donné que l’institut s’est imposé comme un acteur central sur un sujet fort sensible : la délégation de services publics, qui pèse 400 milliards d’euros annuels de chiffre d’affaires et 2 millions d’emplois au compteur. Des affaires de gros sous, dont certaines dérives évoquent une gabegie d’argent public qui a éveillé les soupçons du Parquet national financier (PNF) et les observations de la Cour des comptes. Ils ont à l'esprit que le lobby s'active pour que de plus en plus de projets publics soient confiés à des entreprises privées. Un objectif qui implique d’influencer les décideurs, y compris le ministre en personne. Les absences de Borne peuvent en dire long sur les marchés publics qui ont pu être délégués au secteur public.
Quelles sont les autres relations troubles de ministres du gouvernement avec des intérêts privés qui restent à mettre au jour au détour des réformes de privatisation et de délégations de service public ? De quoi s'offrir des vacances de Noël 2019 en famille à Marrakech, Maroc, loin des grèves des transports et des la galère des Franciliens ?

dimanche 29 décembre 2019

L'AFP avait suggéré une baisse de mobilisation des grévistes dans les transports: elle avoue sa manipulation de l'opinion

L'Agence de presse française évoqua dimanche une trêve "comme prévu après l'embellie annoncée ce week-end par la SNCF" 

Après avoir dramatisé les grèves des transports contre la réforme Macron des retraites, l'AFP souffla le chaud et le froid dans ses "prévisions de trafic : 

du mieux dans le métro avec seulement deux lignes fermées lundi, ça se dégrade de nouveau à la SNCF"
Prévisions de trafic : du mieux dans le métro avec seulement deux lignes fermées lundi, ça se dégrade de nouveau à la SNCF
L'illustration de l'AFP suggère-t-elle une "embellie"?


"Il y aura moins de trains en circulation lundi sur tout le territoire. En revanche, à la RATP, après les treize lignes totalement fermées dimanche, seules la 7bis et la 13 demeureront closes lundi" [suggestion d'une chute de la mobilisation]. 
Or, l'AFP aurait pu inverser ces deux informations, mais elle est clairement dans la critique du mouvement de grève contre la réforme Macron en marche : ses journalistes sont-ils menacés dans leur propre régime spécial de retraite. En fait, il n'est pas remis en cause et ils conservent leurs privilèges. Mais il ne faut manifester aucune ingratitude envers ce pouvoir... 
Le trafic dans la capitale restera cependant "perturbé" à "très perturbé," selon le moyen de transport choisi.
Le trafic restera perturbé à la SNCF lundi, au 26e jour de la grève [s'en agace-t-elle ou s'en félicite-t-elle en signalant cette reprise ? La présentation que donne l'AFP des faits qui suivent est une réponse] contre le projet de réforme des retraites, avec seulement un TGV sur deux et un Transilien (train de banlieue) sur 4 en circulation à la veille du réveillon de la Saint-Sylvestre. Pour les longs déplacements, c'est moins bien que ce week-end (6 TGV sur 10 et 7 OUIGO sur 10), l'entreprise publique s'étant concentrée [qu'elle en soit remerciée] sur les trois derniers jours pour permettre à un maximum de personnes de se déplacer entre Noël et le Jour de l'An.

La moitié des TGV desservant les axes Est, Atlantique et Sud-Est et la moitié des Ouigo circuleront, pour trois TGV sur cinq sur l'axe Nord [que les cadres non-grévistes - briseurs de grève - de la SNCF en soient remerciés]. Les liaisons intersecteurs (province-province) seront très limitées (trois TGV sur dix) et le trafic international toujours affecté, selon un communiqué du groupe ferroviaire, qui prévoit également quatre circulations sur dix en moyenne pour le TER - essentiellement assurées par des cars [dont l'AFP n'évoque pas la hausse vertigineuse des tarifs] - et un train Intercités sur quatre.

De son côté, le trafic RATP connaîtra - comme prévu là aussi - une "amélioration significative" lundi, veille du réveillon de la Saint-Sylvestre, avec 14 lignes de métro fonctionnant normalement ou partiellement, a annoncé la régie dimanche.

Les lignes 1 et 14 du métro fonctionneront toute la journée [l'AFP ne précise pas que ce sont les deux lignes automatiques du réseau !], comme les jours précédents. Sur toutes les autres lignes, à l'exception de la 7bis [19e arrondissement de Paris] et de la 13 [la plus longue du réseau parisien, reliant  à Paris notamment Saint-Denis et Saint-Ouen-sur-Seine, sur la branche nord-est, et Asnières-sur-Seine, Gennevilliers et Clichy] qui resteront fermées [volonté de minimisation de la mobilisation], le trafic sera limité aux heures de pointe, et parfois seulement le matin ou le soir, avec une fréquence réduite et des stations fermées. Sur les RER A et B (zone RATP), le trafic restera "très perturbé" mais sera assuré de 6h30 à 19h30.

Dans les tramways, le trafic sera "normal" sur cinq lignes sur huit, les trois autres présentant un trafic "quasi normal". 
Trois bus sur quatre sont annoncés en moyenne, les fréquences variant selon les lignes.

vendredi 27 décembre 2019

Philippe Martinez (CGT) est allé soutenir des grévistes rassemblés à Vitry aux aurores

L'absence de la droite signifie-telle indifférence au sort des plus précaires ?

La droite républicaine soutient les efforts de réformes de Macron sans même en dénoncé les procédés

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez lors d\'un rassemblement au dépôt de bus de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), vendredi 27 décembre 2019.

Pendant les fêtes de fin d'année, la CGT maintient la pression contre la réforme Macron des retraites. 
Vendredi 27 décembre, l'Union départementale du Val-de-Marne et le syndicat de la RATP Bus ont notamment organisé un blocage du dépôt de bus de Vitry-sur-Seine, bastion communiste depuis 1944, sans interrruption.

Le secrétaire général de la CGT était aux côtés des grévistes qui se sont rassemblés vendredi matin au dépôt de bus RATP de Vitry, bastion communiste.
Au petit matin ce vendredi 27, le leader de la CGT en a profité pour rappeler que la grève n'est pas terminée : "C'est un mouvement fort, qui est toujours soutenu par l'opinion, a-t-il souligné (...) 

"Il est temps que le gouvernement et le président de la République voient la colère, et qu'ils écoutent le peuple", a-t-il affirmé, avant de poursuivre : "quand on est face à une telle réforme, qui va complètement bouleverser notre système social, ça vaut le coup de s'investir dans la grève, dans les manifestations. C'est le moment ou jamais," a-t-il insisté.
VOIR et ENTENDRE le Cégétiste:


Quatre dépôts de bus étaient bloqués vers 6 heures, dont deux partiellement, à Paris et en petite couronne, selon la préfecture de police

"On est accueilli par des matraques. Cette conception du dialogue social, ça montre la fébrilité du gouvernement", a dénoncé Philippe Martinez.

Deux heures plus tard, après intervention des forces de l'ordre, il n'y avait "plus aucun blocage sur l'agglomération parisienne", a précisé le représentant local du ministère de l'Intérieur sur Twitter. 

lundi 23 décembre 2019

Des manifestants se sont rassemblés devant le siège de la RATP, avant d'envahir les couloirs du métro

Des bombes lacrymogène pour tenter de repousser les mécontents  

La police ne les a pas vu venir 

Des centaines de manifestants qui arboraient notamment des drapeaux de la CGT, Solidaires, Sud ou FO se sont rassemblés devant le siège de la RATP, près de la Gare de Lyon, ce lundi. Le rassemblement surprise intervient au 19e jour de mobilisation contre la réforme Macron des retraites. La foule s'est ensuite engouffrée dans les couloirs du métro de la gare de Lyon, direction la ligne 1, en allumant des fumigènes et en réaffirmant qu’il n’y aura pas de "trêve" à Noël.

Manifestation sauvage contre les lignes automatisées.
La ligne 1 du métro a été interrompue à 11h56 entre Châtelet et Nation en raison de la présence massive de manifestants, a indiqué une porte-parole de la RATP, sans plus de transparence. L'interruption du trafic a duré 20 minutes, a-t-elle précisé. Hier dimanche, seules les lignes automatiques avaient fonctionné.
La CGT assure que leur objectif n’est pas de bloquer cette ligne automatique (comme la 14) qui fonctionne normalement depuis le début de la grève, selon France Bleu - réseau de radios locales de service public - qui note maintenant que les transports en commun à Paris et en Ile-de-France sont toujours très perturbés ce lundi par la grève contre la réforme des retraites. A la RATP, six lignes seront totalement fermées  demain, deux TGV sur cinq seulement circuleront à la SNCF.

Parmi les manifestants, on a  pu remarquer la présence du député La France insoumise (LFI) Eric Coquerel.

La SNCF dément toute fermeture de la gare de Lyon et "condamne fermement ces actes qui mettent en danger la vie de ces personnes"

"Trois grévistes non SNCF sont venus occuper les voies SNCF, Gare de Lyon, pendant une dizaine de minutes. Ils ont mis leur vie en danger", a relevé un porte-parole de la SNCF, précisant que "leur action n'a pas eu d'incidence sur le trafic ferroviaire". 

De sa voix sépulcrale, Borne avait donné le ton. 
"Le quotidien de ceux qui ont besoin de se déplacer est déjà suffisamment difficile pour ne pas leur faire subir de telles actions inadmissibles, que je condamne», a-t-elle ajouté sur Twitter. Jean-Baptiste Djebbari, quant à lui,  ne moufte plus.
"Le libre exercice du droit de grève n'est pas un droit à envahir, à bloquer, à intimider les voyageurs", a polémiqué la ministre de la Transition écologique.

mardi 10 décembre 2019

Grève à la RATP : "Macron, on va le mettre à genoux"

Le président se tient en retrait et se tait, mais est visé

La colère populaire s'étend : sera-t-il emporté ?
(Pour cet article, le compteur est bloqué: vous n'y pouvez rien, moi non plus. Alors qui ?)
Manifestation du syndicat CGT des cheminots à Versailles (Yvelines), le 5 décembre 2019.Les conducteurs des lignes 5 et 7 du métro parisien, déterminés, ont déjà reconduit l'arrêt du travail jusqu'à jeudi inclus. Ils savent qu'ils n'ont rien à attendre des annonces du gouvernement mercredi 11, alors que les discussions sur le rapport Delevoye remis le 19 juillet ne cessent d'aggraver la situation, alimentant les angoisses des Français depuis six longs mois. Le Point et Capital insistent, maladroitement au final, sur "près de 50 réunions" que Jean-Paul Delevoye a eu avec les partenaires sociaux depuis juillet. Situation ubuesque provoquée par Macron, un apprenti stratège de la politique imbu de sa personne.

Dans cette assemblée générale de grévistes de la RATP, on commence par se compter. Pas besoin d'Occurrence, cabinet d'étude et de conseil en communication, ni d'aucun expert... "Un", crie un premier conducteur de métro au fond de la salle. "Deux", "trois", "quatre", enchaînent les autres, dans les coulisses de la station Porte de la Villette, sur la ligne 7… En quelques instants, on arrive au nombre significatif de 74 personnes : jeudi, il n’y avait que trente présents. Ce lundi, des chauffeurs des lignes 5 et 7 bis ont rejoint ceux de la 7 dans ce point fort de la contestation contre le projet de réforme des retraites qui menace le régime spécial des salariés de la régie des transports franciliens, sans proposition d'alternative acceptable. 

La grève ne fait que commencer

Cette forme de convergence consacre l’unité des conducteurs dans le combat et l’élargissement du conflit. Un délégué UNSA (syndicat majoritaire à la RATP) de la 5, Bastien, est le premier à prendre la parole : "Le projet de réforme est toujours là. On continue la grève, on durcit le mouvement. On n’a pas le choix. C’est nous le terrain, c’est nous qui décidons ! Mercredi, après les annonces, il faudra refermer la porte tout de suite." 

Le premier sinistre,
Edouard Philippe, va enfin faire l'annonce du détail de son projet en milieu de semaine. L'exécutif a tardé à accoucher de ses mesures et il est peut-être trop tard. Les grévistes anticipent un "enfumage" et ne veulent pas de "miettes" qu’on leur jetterait. La position est unanime, formulée sous les applaudissements, par Kader : c’est "le retrait de la réforme ou la grève jusque-là".  En fin de réunion, la grève sera reconduite jusqu’à jeudi inclus, par un vote à l’unanimité. Une nouvelle AG est programmée ce jour-là. Dans la salle, ils sont tous résolus à faire durer l’arrêt du travail toute la semaine. 

"C’est l’une des premières fois qu’on est plus nombreux au quatrième jour qu’au premier, souligne Kader, qui explique : "Je suis content qu’il y ait autant de monde. Il faut rester soudés. C’est aujourd’hui que la vraie grève commence." Tous savent que, la semaine dernière, les rames étaient vides parce que les voyageurs avaient pris leurs dispositions. Ce lundi matin, c’était autre chose dans les stations, avec des métros saturés, des quais remplis jusqu’aux escaliers, des bousculades, parfois des disputes entre usagers, racontent les présents, relayés par la presse détenue par les hommes d'affaires proches du pouvoir. 
Des grévistes de la RATP ont tenu des piquets de grève dès 6 heures en station, d’autres ont bloqué les tramways au départ de la ligne 1 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). 

Des directions syndicales suspectées

Des salariés prennent le micro pour dire tout le mal qu’ils pensent des leaders syndicaux, "les Martinez (CGT), Escure (UNSA, syndicat majoritaire) et compagnie", comme dit Youssef, un meneur : "Ils sont dans une logique de négociation, explique-t-il. On les laisse faire ou on s’organise nous-mêmes ? On doit faire remonter nos revendications au sommet." Elles tiennent en un mot, prononcé par la plupart : "retrait". 
Walid, qui se présente comme "frondeur" au sein de la CGT, suggère la mise en place d’un "comité de grève" et de "représentants" du nord-est du réseau, pour se mettre en lien avec "les autres secteurs". La proposition n’est pas, pour l'heure, adoptée.
L’objectif est clair : déborder les directions syndicales. "Les hautes sphères ne nous représentent pas", argumente Walid. A voir cette réunion particulière, la base, encouragée par le succès national de la mobilisation de jeudi, est remontée comme un ressort. La dynamique est lancée, fait d'ailleurs valoir Manu, l’une des rares femmes de l’assemblée, représentante de Solidaires, c'est-à-dire révolutionnaire trotskiste de SUD: "On est sur la bonne voie, on va réussir à faire fermer cette putain de ligne à la fin." La 7 circule encore un peu aux heures de pointe, en effet. La direction de l’entreprise a concentré des ressources sur cet axe de trafic important. A la SNCF, Lla direction a "formé" en quelques heures des cadres volontaires pour occuper les postes des grévistes. 

La presse citant Kaled, Youssef ou Walid suggère-t-elle que les employés issus de l'immigration sont les plus radicaux ? 
Faut-il comprendre qu'ils seraient des bras armés de l'islamisme en France ?
Libération observe un certain Laurent, conducteur sur la ligne 7 bis, qui arbore à son pull, un badge "la Base", groupe RATP, qui évoque la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la plus petite des centrales syndicales québécoises et appartient aux travailleuses et travailleurs majoritaires de la base. 
C'est un petit syndicat créé il y a un an en France dans la RATP sur des principes de démocratie participative. Il tient le même discours, appelant ses collègues à "prendre le contrôle de cette grève". "Macron, on va le mettre à genoux, promet-il. Vive la lutte !" Il s'oppose aux syndicats réformistes: outre la CFE-CGC (cadres) et la CFTC, en retrait dans l'entreprise, l'UNSA, dominante à la RATP et la CFDT de Laurent Berger, ex- secrétaire général de la JOC (1992 et 1994)

Ils dénoncent la désinformation par les media: les employers de la RATP s'élèvent contre leur discrimination, pointant leur stigmatisation des régimes spéciaux ou leur discrimination de leur métier, alors que la réforme des retraites "concerne tout le monde". 

dimanche 24 novembre 2019

Grèves du 5 décembre: Bruno Retailleau (LR) demande un "service minimum garanti"

Faut-il organiser un service minimum des transports en commun ?

La loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres" ne prévoit pas de réquisition de personnel.



La grève du 5 décembre s'annonce très suivie, singulièrement dans les transports en commun. Les trois principaux syndicats de la SNCF (CGT, Unsa et SUD-Rail) ont en effet lancé un appel à une grève reconductible à partir du 5 décembre contre la réforme des retraites. Les trois syndicats représentatifs de la RATP (Unsa, CGT et CFE-CGC), suivis par trois autres, appellent aussi à une grève reconductible. 
Quant à la CFDT, syndicat réformiste, elle défend globalement la réforme, mais il est hors de question pour la centrale d'"allonger la durée de vie active" des travailleurs et sa fédération de cheminots, quant à elle, est contre la réforme. Laurent Berger soutient l'idée d'un système universel par points - comme depuis dix ans -, mais à ses conditions. Et la première d'entre elle est donc le refus de reculer l'âge légal de départ à la retraite ou créer un âge-pivot.

Face au risque de blocage des transports publics, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a indiqué mardi 19 novembre qu'elle a demandé à la SNCF et à la RATP d'assurer le transport des voyageurs aux heures de pointe. "J'ai dit à la SNCF et à la RATP d'assurer le service minimum aux heures de pointe", a-t-elle fait savoir sur Franceinfo. Dans le cas contraire, "il faudra rembourser les voyageurs", a-t-elle exigé, rappelant que "la continuité des services publics doit être assurée dans la République française"

En 2018, Pécresse avait exprimé son soutien au gouvernement Philippe dans son projet de réforme de la SNCF. En septembre 2019, la présidente de Région et, à ce titre, présidente du syndicat des transports d'Ile-de-France (IDF-Mobilités) avait déjà réclamé une telle mesure. Dans un communiqué commun avec le député de l'Essonne Robin Reda, membre du groupuscule qu'elle a formé et le sénateur LR des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi, qui ont rejoint son mouvement (Soyons libres), elle demande "l'inscription en urgence de leur proposition de loi, déposée en mai 2018" qui institue "un service garanti dans les transports aux heures de pointe en cas de grève".

Actuellement, la loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres", à la différence du service minimum en vigueur dans le secteur hospitalier, ne prévoit pas de réquisition de personnel, vécue par les syndicats comme une atteinte au droit de grève, d'où l'impossibilité de garantir un quelconque service minimum en cas de taux très élevé de grévistes.

D'ici au 5 décembre, le groupe LR va déposer au Sénat une proposition de loi créant "le droit aux transports publics garanti"



"Nous devons instaurer un service minimum garanti", avant la date de la grève interprofessionnelle contre la réforme des retraitesassure Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, qui demande qu'"en cas de grève, l'entreprise (puisse) se tourner d'abord vers les non-grévistes". Et "en cas de mouvement massif", "comme c'est déjà le cas pour les personnels hospitaliers ou les pompiers par exemple", l'élu recommande "la réquisition de personnels grévistes".
 
"Le principe de continuité des services publics a une valeur constitutionnelle et il n'est clairement pas respecté aujourd'hui dans les transports", souligne Bruno Retailleau, qui souhaite "instaurer une obligation" pour ces entreprises "de garantir un tiers du trafic quotidien aux heures de pointes, c'est-à-dire le matin et le soir".
"Il y a une nouvelle donne que nous devons prendre en compte, (celle) des transports publics (qui) n'ont plus le même poids qu'hier. Ce sont désormais des millions de Français qui les utilisent au quotidien", explique l'élu. "Et il y a un enjeu écologique, aussi", ajoute le sénateur.

Interrogé sur la loi instaurée il y a 12 ans (2007) sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui oblige le personnel gréviste à informer sa direction 48 heures à l'avance, Bruno Retailleau juge que "c'est un progrès, mais cela n'a rien d'un service minimum garanti".