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mardi 10 décembre 2019

Grève à la RATP : "Macron, on va le mettre à genoux"

Le président se tient en retrait et se tait, mais est visé

La colère populaire s'étend : sera-t-il emporté ?
(Pour cet article, le compteur est bloqué: vous n'y pouvez rien, moi non plus. Alors qui ?)
Manifestation du syndicat CGT des cheminots à Versailles (Yvelines), le 5 décembre 2019.Les conducteurs des lignes 5 et 7 du métro parisien, déterminés, ont déjà reconduit l'arrêt du travail jusqu'à jeudi inclus. Ils savent qu'ils n'ont rien à attendre des annonces du gouvernement mercredi 11, alors que les discussions sur le rapport Delevoye remis le 19 juillet ne cessent d'aggraver la situation, alimentant les angoisses des Français depuis six longs mois. Le Point et Capital insistent, maladroitement au final, sur "près de 50 réunions" que Jean-Paul Delevoye a eu avec les partenaires sociaux depuis juillet. Situation ubuesque provoquée par Macron, un apprenti stratège de la politique imbu de sa personne.

Dans cette assemblée générale de grévistes de la RATP, on commence par se compter. Pas besoin d'Occurrence, cabinet d'étude et de conseil en communication, ni d'aucun expert... "Un", crie un premier conducteur de métro au fond de la salle. "Deux", "trois", "quatre", enchaînent les autres, dans les coulisses de la station Porte de la Villette, sur la ligne 7… En quelques instants, on arrive au nombre significatif de 74 personnes : jeudi, il n’y avait que trente présents. Ce lundi, des chauffeurs des lignes 5 et 7 bis ont rejoint ceux de la 7 dans ce point fort de la contestation contre le projet de réforme des retraites qui menace le régime spécial des salariés de la régie des transports franciliens, sans proposition d'alternative acceptable. 

La grève ne fait que commencer

Cette forme de convergence consacre l’unité des conducteurs dans le combat et l’élargissement du conflit. Un délégué UNSA (syndicat majoritaire à la RATP) de la 5, Bastien, est le premier à prendre la parole : "Le projet de réforme est toujours là. On continue la grève, on durcit le mouvement. On n’a pas le choix. C’est nous le terrain, c’est nous qui décidons ! Mercredi, après les annonces, il faudra refermer la porte tout de suite." 

Le premier sinistre,
Edouard Philippe, va enfin faire l'annonce du détail de son projet en milieu de semaine. L'exécutif a tardé à accoucher de ses mesures et il est peut-être trop tard. Les grévistes anticipent un "enfumage" et ne veulent pas de "miettes" qu’on leur jetterait. La position est unanime, formulée sous les applaudissements, par Kader : c’est "le retrait de la réforme ou la grève jusque-là".  En fin de réunion, la grève sera reconduite jusqu’à jeudi inclus, par un vote à l’unanimité. Une nouvelle AG est programmée ce jour-là. Dans la salle, ils sont tous résolus à faire durer l’arrêt du travail toute la semaine. 

"C’est l’une des premières fois qu’on est plus nombreux au quatrième jour qu’au premier, souligne Kader, qui explique : "Je suis content qu’il y ait autant de monde. Il faut rester soudés. C’est aujourd’hui que la vraie grève commence." Tous savent que, la semaine dernière, les rames étaient vides parce que les voyageurs avaient pris leurs dispositions. Ce lundi matin, c’était autre chose dans les stations, avec des métros saturés, des quais remplis jusqu’aux escaliers, des bousculades, parfois des disputes entre usagers, racontent les présents, relayés par la presse détenue par les hommes d'affaires proches du pouvoir. 
Des grévistes de la RATP ont tenu des piquets de grève dès 6 heures en station, d’autres ont bloqué les tramways au départ de la ligne 1 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). 

Des directions syndicales suspectées

Des salariés prennent le micro pour dire tout le mal qu’ils pensent des leaders syndicaux, "les Martinez (CGT), Escure (UNSA, syndicat majoritaire) et compagnie", comme dit Youssef, un meneur : "Ils sont dans une logique de négociation, explique-t-il. On les laisse faire ou on s’organise nous-mêmes ? On doit faire remonter nos revendications au sommet." Elles tiennent en un mot, prononcé par la plupart : "retrait". 
Walid, qui se présente comme "frondeur" au sein de la CGT, suggère la mise en place d’un "comité de grève" et de "représentants" du nord-est du réseau, pour se mettre en lien avec "les autres secteurs". La proposition n’est pas, pour l'heure, adoptée.
L’objectif est clair : déborder les directions syndicales. "Les hautes sphères ne nous représentent pas", argumente Walid. A voir cette réunion particulière, la base, encouragée par le succès national de la mobilisation de jeudi, est remontée comme un ressort. La dynamique est lancée, fait d'ailleurs valoir Manu, l’une des rares femmes de l’assemblée, représentante de Solidaires, c'est-à-dire révolutionnaire trotskiste de SUD: "On est sur la bonne voie, on va réussir à faire fermer cette putain de ligne à la fin." La 7 circule encore un peu aux heures de pointe, en effet. La direction de l’entreprise a concentré des ressources sur cet axe de trafic important. A la SNCF, Lla direction a "formé" en quelques heures des cadres volontaires pour occuper les postes des grévistes. 

La presse citant Kaled, Youssef ou Walid suggère-t-elle que les employés issus de l'immigration sont les plus radicaux ? 
Faut-il comprendre qu'ils seraient des bras armés de l'islamisme en France ?
Libération observe un certain Laurent, conducteur sur la ligne 7 bis, qui arbore à son pull, un badge "la Base", groupe RATP, qui évoque la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la plus petite des centrales syndicales québécoises et appartient aux travailleuses et travailleurs majoritaires de la base. 
C'est un petit syndicat créé il y a un an en France dans la RATP sur des principes de démocratie participative. Il tient le même discours, appelant ses collègues à "prendre le contrôle de cette grève". "Macron, on va le mettre à genoux, promet-il. Vive la lutte !" Il s'oppose aux syndicats réformistes: outre la CFE-CGC (cadres) et la CFTC, en retrait dans l'entreprise, l'UNSA, dominante à la RATP et la CFDT de Laurent Berger, ex- secrétaire général de la JOC (1992 et 1994)

Ils dénoncent la désinformation par les media: les employers de la RATP s'élèvent contre leur discrimination, pointant leur stigmatisation des régimes spéciaux ou leur discrimination de leur métier, alors que la réforme des retraites "concerne tout le monde". 

dimanche 1 avril 2018

Début d'une grève SNCF usante: lundi 2 au soir; fortes perturbations, mardi

Il ne suffisait pas à la SNCF d'acheter le silence des usagers abandonnées en rase campagne

Les cadres-cheminots ont déjà gagné une prime de plus, avant même que la base ait commencé à nous gâter la vie pendant trois mois

Nostalgie de Mai 68
La direction de la SNCF a proposé à des cadres une prime pour les inciter à conduire des trains pendant la grève qui doit débuter lundi soir, a-t-on appris dimanche auprès de sources syndicales qui dénoncent une tentative de déstabilisation du mouvement.
"Depuis la semaine dernière", la direction "propose une prime de conducteur occasionnel" à des "cadres opérationnels qui ne la touchaient pas jusqu'à présent", a clamé Erik Meyer (SUD-Rail), qui avait commencé par faire fuiter l'information par franceinfo.

Cette prime mensuelle d'un montant de "150 euros" était jusqu'alors versée à des "cadres de direction issus de la conduite" amenés à conduire un train de temps en temps, "une fois par trimestre", a développé E. Meyer. La direction "a commencé à étendre ce dispositif" aux "cadres traction", les "chefs d'équipe" des agents de la conduite, leur proposant cette prime "de manière pérenne", a-t-il précisé.

Il s'agit d'"une prime qui existait déjà" et qu'on rendrait "plus incitative", a commenté Bernard Aubin, du syndicat FiRSTémanation de la CFTC (non-représentatif), en dénonçant des "pressions exercées sur l'encadrement pour remplacer les grévistes". C'est "la politique de la carotte et du bâton" pour "réduire au maximum les impacts de la grève", a-t-il commenté.

La direction de la SNCF a confirmé l'existence de "cette prime forfaitaire de 150 euros", qui "a pris effet au 1er janvier 2018", et a dénoncé "un faux procès", les discussions à ce sujet "remontant à 2017".

Qui sont les "jaunes" ciblés par l'offre ?
Résultat de recherche d'images pour "les jaunes briseurs de greve"Désormais, la prime "va être versée aux chefs conducteurs qui ont quitté la direction de la traction (...), mais qui continuent à entretenir leurs compétences", afin de pouvoir "remplacer des conducteurs au pied levé, quelle que soit la cause du remplacement", a expliqué un porte-parole.

"Jusque là, ils le faisaient sans rémunération supplémentaire", a-t-on précisé de même source. Les briseurs de grèves seront désormais récompensés par cette prime "tous les mois, indépendamment du nombre de jours de conduite effectués" et cela "va aider à assurer la continuité du service public pendant la grève", a ajouté le porte-parole.

Face à la grève dure qui s'annonce, "on voit bien" que la direction est "aux abois", a estimé E. Meyer. 
Cédric Robert (CGT Cheminots) a accusé pour sa part la direction d'être "prête à tous les subterfuges pour casser la grève".

La grève à la SNCF contre le projet de réforme de leur statut démarre lundi soir

CGT, Unsa et CFDT appellent à un mouvement par épisode de deux jours sur cinq jusqu'au 28 juin, SUD-Rail appelle à une grève illimitée, reconductible par 24 heures.

L'opposition des syndicats de la SNCF est unitaire, face à un gouvernement déterminé à ne pas céder. Evoquant les remontées de certaines régions, E. Meyer a parlé par exemple d'"un TER sur dix en Picardie" pour mardi et, en région parisienne, d'une circulation sur le RER D "catastrophique". C'est la ligne du réseau express régional d'Ile-de-France qui dessert une grande partie de la région selon un axe nord-sud. Elle comprend trois arrêts dans Paris intra-muros : Gare du Nord, Châtelet - Les Halles et Gare de Lyon.

Lundi soir, le trafic devrait être peu perturbé, mais la grève entrera dans  le dur mardi, à l'aube, avec la promesse de très fortes perturbations.

En atteignant le "haut du spectre" de la démagogie, la SNCF verse dans le populisme.
Après le remboursement du ticket des usagers abandonnés au milieu de nulle part (sondage PaSiDupes ci-dessous : colonne de droite -> SNCF et catastrophe naturelle) et les chocolats aux voyageuses pour la Journée internationale de la femme (lien PaSiDupes), voici la prime aux "jaunes"...

mardi 17 mai 2016

Grèves contre la loi travail: les routiers ouvrent la voie du refus dans les transports

Les routiers démarrent une semaine de grèves reconductibles dans les secteurs routier et ferroviaire

Barrages filtrants, blocages de zones logistiques... contre la loi travail, mais des négociations en cours à la SNCF et dans le rail en général.


Le début d'une semaine de galère dans les transports. Grèves et perturbations sont attendues tout au long de la semaine, notamment dans les secteurs routier et ferroviaire. A l'origine des mouvements: la loi travail mais aussi les négociations en cours à la SNCF et dans le rail en général.

• Sur les routes:

Les routiers ont entamé dans la nuit de lundi à mardi une grève reconductible, à l'appel des fédérations FO et CGT, contre le projet de loi travail.

Tôt ce matin, des routiers CGT et FO ont bloqué une centrale d'achats de Leclerc à Cestas, en Gironde:

D'autres villes comme Saint-Omer, Caen, Lanester (Morbihan) et Marseille sont également touchées.
La CGT prévoit également de bloquer les ports du Havre et de Nantes-Saint-Nazaire, ainsi que la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) dès 5 heures mardi. Lundi soir, il était dit que les routes ne seraient pas bloquées, «les gens pourront aller au travail» a dit sur BFMTV un responsable de la CGT Transports.

• Sur les rails:
La CGT-cheminots et SUD-rail appellent à la grève reconductible à la SNCF à partir de cette semaine avec une double motivation: peser dans les négociations sur les conditions de travail des cheminots et protester contre le projet de loi travail.
Les premier et troisième syndicats de la SNCF ont opté pour des modalités différentes de grève: chaque mercredi et jeudi pour la CGT-Cheminots, tous les jours pour SUD-rail, dont le préavis court jusqu'au 11 juillet, soit le lendemain de la finale de l'Euro de football.
A la RATP, la CGT a déposé un préavis allant de lundi 22h30 à mercredi 6 heures, afin de permettre aux agents de rejoindre mardi la manifestation parisienne pour le retrait du projet de loi travail.
En juin 2014, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, évaluait le coût de la grève:

• Dans les airs:
Le trafic aérien devrait être perturbé jeudi avec l'appel à la grève lancé par l'Usac-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC), tous corps confondus (contrôleurs aériens, personnels administratifs, ingénieurs, techniciens, etc.). L'impact sur la navigation aérienne sera connu mardi.
Lors de la précédente grève contre la loi travail à l'initiative de l'Usac-CGT, deuxième force syndicale parmi les aiguilleurs du ciel, 20% des vols avaient notamment été annulés à Orly.
A Aéroports de Paris (ADP), la CGT appelle à une grève de 24 heures reconductible dès mardi, FO s'est inscrite dans un mouvement à durée indéterminée et l'UNSA a déposé un préavis de 24 heures à partir de jeudi 11 heures. Les trois syndicats réclament le retrait du projet de loi travail, en plus de revendications propres à leur entreprise (emploi, salaires, conditions de travail, dialogue social, etc).

• Dans les ports:
La Fédération nationale des syndicats maritimes CGT a demandé à ses syndicats de mener des "actions fortes" en opposition au projet de loi travail, notamment par des grèves reconductibles ou illimitées, à partir de mardi. La CGT des ports et docks a ainsi programmé «deux arrêts de travail de 24 heures», mardi et jeudi, "en réponse à l'utilisation du 49-3", une "basse manoeuvre" et "un mépris pour les travailleurs en lutte".

• Dans les raffineries:
Les syndicats CGT du pétrole ont décidé d'appeler au blocage progressif des produits pétroliers dans les raffineries, sites aéroportuaires et dépôts à compter de mardi, en laissant aux salariés le choix des formes d'actions. Ils appellent à la tenue d'assemblées générales vendredi pour décider des suites et mettent en garde contre la probable mise à l'arrêt des huit raffineries françaises.