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lundi 16 décembre 2019

Grèves et blocages: les chauffeurs-routiers entrent dans la grève

Les salariés du transport routier réclament de meilleures conditions de travail

De nombreuses opérations étaient en cours lundi matin

Les chauffeurs-routiers  - ici à Saint-Martin-de-Crau - ont des demandes spécifiques, mais aussi concernant la réforme des retraites
Barrages filtrants, opérations escargot et blocages ont débuté à l’appel de quatre syndicatsce lundi 16 décembre, pour demander de meilleurs salaires et conditions de travail.
"Les blocages se sont mis en place à partir de 4 heures du matin, à Lille, Vannes, Toulouse, Lyon (le marché MIN), Nancy (zone industrielle de Ludres), etc...", a précisé Charles Morit de la CFDT-Transports et environnement, premier syndicat de la branche, à l’origine du mouvement, rejointe par FO, la CFTC et la CFE-CGC. 
"Les voitures particulières ne sont pas concernées" par les barrages filtrants, a-t-il précisé, alors que les cheminots sont eux-mêmes mobilisés contre la réforme des retraites.

Augmentation des salaires, 13e mois conventionnel, permis professionnel, maintien du dispositif de congé de fin d’activité (CFA)…, leurs mots d’ordre sont spécifiques au secteur. 
"A l’heure où la profession est au plus mal avec une pénurie de 50.000 salariés, où le dialogue social peine à s’installer dans les entreprises", et face à "des conditions de travail qui mènent à la recrudescence des arrêts maladie" pour " des salaires qui peinent à être revalorisés", la CFDT-Transport et environnement appelle à la mobilisation.
Les syndicats - UFR-CFDT, premier syndicat du transport routier et logistique, FO (3e), CFTC (4e) et  CGC (5e) - réclament notamment "la mise en place d’un 13e mois conventionnel, de vraies revalorisations des grilles salariales, une amélioration des conditions de travail". 

Le dossier des retraites est également ouvert
Ces syndicats s’inquiètent en effet de leur congé de fin d’activité (CFA), que l’Etat souhaite renégocier avec les partenaires sociaux. Il s’agit d’un dispositif financé à la fois par l’Etat et les cotisations patronales et salariales, permettant aux conducteurs attestant d’une certaine ancienneté de partir en retraite cinq ans avant l’âge légal. "On ne veut pas que les organisations professionnelles le dénoncent en invoquant les tensions sur l’emploi", souligne Thierry Douine (CFTC).
"Il y a une tension énorme dans la profession, souligne Th. Douine, et on ne veut pas améliorer les conditions sociales, [malgré une] pénibilité monstrueuse qui se développe dans la logistique."

"Le gouvernement leur a confirmé que ce congé de fin d’activité sera maintenu; il faut maintenant qu’il y ait des discussions avec les organisations patronales," a répliqué, lundi sur France 2, la ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, qui a la tutelle sur les transports. C'est elle qui, début 2018, a conduit une réforme dans la douleur de la SNCF - ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, transformation du statut de l'entreprise et arrêt du recrutement au statut de ses agents à partir du 1er janvier 2020, ainsi que la reprise progressive par l'Etat de 35 milliards d'euros de la dette de l'entreprise publique. 

En région, des chauffeurs-routiers sont déterminés.

Près de Lyon, ils bloquent les accès au marché de gros de Corbas depuis le matin. Vers 10h00, environ 300 chauffeurs venus de toute la région Rhône-Alpes y participaient, selon Nicolas Peyrot, responsable du syndicat CFTC chez XPO-Logistics.

Ce lundi matin dans le Pas-de-Calais, quelque 200 personnes ont bloqué dès 5 heures l’accès à la zone industrielle de Douvrin, une importante base logistique au nord de Lens, puis ont entamé une opération escargot jusqu'à l'A1 qui devrait "durer jusqu'à la mi-journée", a précisé Henri Talleu (CFDT).
"Nous venons de quitter la zone escortés par la police. Nous roulons à 20 km/h sur la N41, il y a plusieurs kilomètres de bouchons derrière nous. On va rejoindre l’A25 puis l’A1, l’opération devrait durer jusqu’à la mi-journée", a précisé Henri Talleu (CFDT). 

Au sud de Nancy, environ 150 routiers organisent des barrages sur la zone industrielle de Ludres depuis 3 h 30 et a priori jusqu’à la mi-journée.

En Alsace, une opération escargot est également menée depuis tôt ce matin sur l’A35-A4 par une vingtaine de camions avec une trentaine de militants, occasionnant un trafic très ralenti au sud et au nord de Strasbourg.
La manifestation au péage de Schwindratzheim (Bas-Rhin) se poursuit sans que la circulation y soit complètement bloquée.

En banlieue parisienne, des blocages ont été installés en Seine-et-Marne et Hauts-de-Seine (à Genevilliers). Un rassemblement doit se tenir à Paris devant le siège de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) dans le 17e arrondissement, où les routiers devaient être reçus en fin de matinée.

D
ans les Bouches-du-Rhône, une centaine de routiers qui bloquaient depuis 4H00 du matin la plateforme logistique "Clesud" à Miramas,  a été délogée par les gendarmes. Une cinquantaine d'entre-eux se sont alors rabattus vers la zone industrielle de Saint-Martin de Crau, où ils empêchaient la sortie des camions venant d'enseignes comme Maison du monde, Amazon ou encore Castorama.

Dans l'Ouest, des blocages ont été mis en place à Vannes (Morbihan) et à l'entrepôt ID Logistics de Derval (Loire-Atlantique), avant une manifestation prévue à Nantes en début d'après-midi. 

A Rouen, le dépôt de bus est bloqué par les manifestants.

Une réunion a débuté à 12h00 au siège de la Fédération nationale des transports routiers dans le XVIIe arrondissement entre les représentants syndicaux et trois organisations d'employeurs, la FNTR, OTRE et Union TLF. Près de 80 transporteurs sont rassemblés devant le bâtiment selon une porte-parole de la FNTR.

jeudi 20 juin 2019

Acte XXXII : samedi 22, des Gilets jaunes veulent bloquer les ports, les raffineries et les aéroports

Les réfractaires à la politique de Macron se renouvellent en changeant de lieux et de méthodes

Les Gilets jaunes appellent à une journée de blocages, le samedi 22 juin

Le temps de ce premier jour de l'été sera-t-il ou non de leur côté ? 


Ils ne restent plus que les plus déterminés, soit qu'ils sont victimes de la politique de Macron, exécutée par Philippe, soit que leurs idéologies soient irréconciliables, alors que le président tente une opération débauchage à droite, en vue des municipales. 

Exactement 8 mois après le début du mouvement des Gilets jaunes, le 17 novembre 2018, les manifestations continuent chaque semaine dans le mépris de la majorité présidentielle, alors que la presse continue d'attribuer au mouvement social tout ce que l'exécutif foire, telle la mortalité routière de mai en hausse du fait, affirme-t-elle, de la dégradation de nombreux radars... 
les-decodeurs-du-monde
Un observatoire des mensonges,
mais aussi menteur que les autres
les-observateurs-de-france-24
France 24 (France télévisions)

L’image contient peut-être : texteLa semaine dernière, pour l'Acte XXXI, le ministère de l'Intérieur a affiché  un plus bas historique de la contestation, avec 7.000 manifestants décomptés sur l'ensemble du territoire, contre 18.000, selon le comptage des Gilets jaunes, raconte la presse à qui la désinformation ne fait pas peur : cf: le comptage officiel du mouvement, ci-contre.  Les détecteurs d'infox ont-ils poussé des hauts cris dans Libération, du Monde ou sur France Info.

Mais certains militants ne désarment pas. Pour relancer un mouvement en état végétatif, ils souhaitent organiser une journée de blocages à partir du samedi 22 juin.
Les Gilets jaunes sont inventifs et se trouvent de nouveaux objectifs chaque samedi : la décentralisation des actions et l'éparpillement des rassemblement jouent en leur défaveur, car les organes de presse à la botte pointent les effectifs plus réduits, pris individuellement, s'agaçant toutefois de le voir perdurer, malgré leur travail de sape.La dernière grande mobilisation, baptisée "ultimatum 3", devait se tenir à Paris le 25 mai, à la veille des européennes. Les Gilets jaunes ont finalement choisi de ne pas peser sur le scrutin. Et le mouvement a repris de plus belle, sans décourager tout le monde. Comment l'expliquer? Pour continuer à mobiliser les partisans du mouvement, les Gilets jaunes ont pris pour habitude de fixer des grands rendez-vous régulièrement. Le prochain est ainsi prévu le 22 juin. "Une mobilisation générale" est annoncée, avec le retour des blocages.
Depuis quelques semaines, certaines figures de la contestation comme Eric Drouet poussent à l'arrêt des manifestations déclarées le samedi pour privilégier des actions plus dures et plus inattendues des forces de l'ordre. "Vivement le 22 qu'on passe vraiment à autre chose! Fini d'être gentil, on va toucher à l'économie directement!" a, par exemple, écrit Eric Drouet mardi soir sur Facebook. 
Maxime Nicolle soutient lui aussi cette mobilisation. Il a indiqué sur Facebook qu'il participera à des blocages, si sa situation personnelle (familiale) lui permet*. "On ne va pas mettre un an pour se rendre compte que cela ne sert à rien les manifestations déclarées", a également dit Eric Drouet dans un live Facebook publié le 10 juin. 
* Sa fille est à l'hôpital depuis plusieurs jours.

Un dernier baroud d'honneur, selon la presse partisane

Cette presse-là envisage donc un samedi explosif !
Est-elle responsable en incitant ainsi les participants les plus radicaux à des violences ultimes? 
Est-elle neutre en mettant aussi en garde les sympathisants paisibles contre des affrontements avec la police? 

Les membres du groupe Facebook "le Nombre jaune" qui s'astreignent à un décompte alternatif du nombre de manifestants chaque semaine - avec diffusion des relevés, point par point, à la différence de celui à la louche et non vérifiable du ministère  - mettent sur la table le sujet difficile du moyen de maintenir la pression et donc des actions les mieux appropriées pour assurer le devenir du mouvement : "Le nombre de personnes mobilisées devient critique pour le mouvement et pour le comptage. Il nous semble temps de se poser les bonnes questions : faut-il continuer les samedis qui viennent de la même façon, en perdant force et crédibilité? Ou faut-il réfléchir sérieusement à une transformation, de nouveaux types d'actions permettant de relancer le mouvement et créer une dynamique positive auprès de l'opinion publique?", ont-ils écrit sur leur page.
*Un "baroud d'honneur" est par définition

Les actions prévues le 22 juin ne sont pas divulguées

Des blocages de ports, de raffineries, d'aéroports, de centre commerciaux, de stations Total et de routes ont été annoncés. Mais, où et quand restent top secret. 
Les Gilets jaunes aviseront le jour même de la mobilisation. La presse qui n'envisage depuis deux jours que le cas d'un flop - manière de démobiliser les participants par avance - , assure que les forces de l'ordre mobilisées à coup sûr en nombre n'auront aucun mal à faire évacuer les objectifs visés par les Gilets jaunes. 
Après 32 semaines de rassemblement et à seulement quelques jours des premiers départs en vacances estivales, les Gilets jaunes comptent dresser un bilan à l'occasion de ce dernier samedi avant le grand rush de juillet le 29. Les media sont passé des élections européennes aux municipales, mais les Gilets jaunes n'ont pas encore capitulé. 
Ce jour-là, les Français pourront faire un compte provisoire des avancées qu'ils leur doivent. 
Selon Le Monde en décembre dernier, "Macron concède aux Gilets jaunes, sans rien céder. Le président de la République a [néanmoins] annoncé plusieurs mesures immédiates sur le pouvoir d’achat mais [maintenait-il] ne renonce pas à la politique qu’il a mise en œuvre depuis son arrivée à l’Elysée." Le même journal ajoutait aussitôt : "les travailleurs au smic verront leur revenu augmenter de 100 euros par mois dès 2019, a annoncé Emmanuel Macron, lundi 10 décembre, dans son allocution télévisée aux Français. Cent euros de plus pour tenter de répondre au mouvement des Gilets jaunes "qui, a reconnu le chef de l’Etat, appelle "l'Etat d’urgence économique et sociale".

Pour tenter de détourner l'attention des Gilets jaunes, l'exécutif lança un "grand" débat national,  de mi-décembre 2018 à mi-mars 2019, dans lequel Macron se mit d'abord en vedette sous les caméras de l'Elysée et dans des huis-clos réservés aux élus et sympathisants triés sur le volet. Un débat bidouillé, puisque  l'exécutif exclut notamment l’immigration, la peine de mort, l’interruption volontaire de grossesse et le mariage homosexuel. Plusieurs défaillances ou manipulations dans la tenue et la restitution des résultats par le gouvernement furent même relevées par plusieurs media. Dans la conférence de presse de clôture à l'Elysée, le showman annonça notamment une baisse de l'impôt sur le revenu et la réindexation des petites retraites sur l'inflation.

Les Echos titra : "Gilets jaunes : Macron a cédé à la rue, pour la presse italienne", évoquant la Une de La Republica : faut-il toujours que la vérité sorte de la presse étrangère ? ...

mardi 10 octobre 2017

Grève des profs: 35% à 50% de participants, selon syndicats

Le ministère de l'Education nationale n'en dénombre que 17,5%

Bataille de chiffres, comme sur le chômage entre l'INSEE et Pôle emploi
Résultat de recherche d'images pour "greve enseignants octobre 2017"
Des villes mettent en place le Service Minimum d'Accueil (SMA) 
dans les écoles, ce mardi 10 octobre 2017

Les syndicats recensent tous les professeurs qui ne sont pas en présence d'élèves ce mardi. Le ministère exclut, en revanche, les enseignants qui se sont déclarés malades à l'occasion de la journée d'action des fonctionnaires... 
Selon les chiffres remontés au ministère de l'Education nationale par les chefs d'établissement zélés, 17,47% des professeurs, tous niveaux confondus, étaient en grève sur la totalité des académies: près de 20% dans le primaire (écoles maternelles et élémentaires) et près de 16% dans le second degré (collèges et lycées).

Image associée
Lille, ce jour
Syndicat de gauche dominant dans les écoles, le SNUIpp-FSU,  a, quant lui, avancé un taux de 50% de grévistes dans le primaire. Dans le secondaire, le SNES-FSU indique qu'"un personnel du second degré sur trois a répondu à l'appel" à la grève et que la mobilisation de ce jour constitue "un sévère avertissement" au gouvernement.

A Paris, neuf lycées ont vu leurs entrées et sorties perturbées par des blocages - des poubelles amassées la plupart du temps - mis en place par quelques lycéens ou autres jeunes incontrôlés, selon le rectorat, mais qui répondent présents à tous les mots d'ordre...

De jeunes extrémistes ont déclenché un incendie devant le collège et lycée Voltaire, dans le XIe arrondissement (est parisien devenu bobo, tandis que Voltaire maintient sa réputation de radicalité : un feu de poubelles s'est propagé à une porte annexe, a indiqué le principal-adjoint Saïd Shauri. Un blocus mis en place "par des personnes extérieures à l'établissement et probablement des lycéens de Voltaire a dérapé en milieu de matinée", avec ce feu de poubelles, a-t-il raconté. L'équivalent lycéen des "casseurs", "en marge" des actions syndicales de rue. 
Les cours ont été suspendus et devraient reprendre mercredi matin. Les policiers sont venus effectuer des prélèvements et la direction de l'établissement va porter plainte.
Au classement national des lycées les plus efficaces au baccalauréat 2017, Voltaire est 2.230 sur 2.277...
A Paris toujours, l'accès de cinq lycées a été perturbé par des barrages filtrants  et quatre barrages ont interdit aux non-grévistes la possibilité de suivre leurs cours, ne laissant passer personnes, a souligné le rectorat.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (LR), a condamné "avec la plus grande fermeté [selon la formule consacrée] les dégradations inadmissibles" au lycée Voltaire, et réclamé "des sanctions exemplaires". La région "portera plainte contre les auteurs des dégradations", a prévenu la gestionnaire des lycées d'Ile-de-France.

vendredi 24 mars 2017

Guyane en pleine révolte sociale : pour Hollande et Cazeneuve, ça peut attendre encore un mois ?

Violences, barrages, écoles fermées, racket...

Hollande n'a toujours pas signé le Pacte pour l'Avenir de la Guyane, promis en ...2013

La situation restait très difficile jeudi 23 mars en Guyane, paralysée par un mouvement de grogne sociale d'ampleur qui a conduit Arianespace à ajourner le lancement d'une fusée, et le rectorat à fermer les établissements scolaires jusqu'à nouvel ordre (voir la vidéo en tête de cet article).

La mobilisation des transporteurs et chefs d'entreprise a commencé le 16 mars avec l'arrivée en Guyane de la ministre de l'Environnement Ségolène Royal. Ils ont lancé l'appel de Guyane pour un déblocage du fameux pacte d'avenir appelant à la mise en place d'un véritable plan Marshall pour booster l'économie et stopper l'hémorragie.

La ministre des Outre-mer a appelé jeudi à la levée des barrages, et proposé des discussions à Paris autour de l'économie, alors que Sapin est soupçonné, de la santé, alors que Touraine est persona non grata au côté de Macron,  et de la sécurité, alors que le ministère de l'Intérieur vient de passer aux mains d'un quatrième ministre en cinq ans. 

Fonctionnaire territoriale réunionnaise, la ministre  Ericka Bareigts dit soudain vouloir aborder ces vastes sujets de revendication, sous la pression et à un mois du premier tour de la présidentielle,  et "traiter sans délai les problèmes immédiats" que le pouvoir socialiste laisse pendant depuis plusieurs semaines.


Mais en Guyane, les  manifestants, organisateurs  depuis lundi des barrages bloquants, "ont fait part de leur refus d'une négociation à Paris". Et, demandeurs mercredi d'un plan Marshall, les députés et sénateurs de Guyane, ont jugé "inconcevable de demander aux manifestants de (...) lever les blocages pour venir s'entretenir avec les cabinets ministériels dans les bureaux parisiens".

Situation insurrectionnelle avec pénuries et appels à fermer les magasins

Le lancement de la fusée Ariane 5, vitrine économique du territoire et de la France, a été empêché par plusieurs mouvements sociaux déclenchés depuis le début de semaine. Initialement prévu lundi, le transfert de la fusée vers son pas de tir n'a jamais pu être mis en œuvre à cause d'un barrage à l'entrée du Centre spatial guyanais à Kourou et d'une grève au sein de la société Endel qui assure le transfert. Un accord a été trouvé mercredi entre la direction d'Endel et ses salariés, portant sur la revalorisation des salaires. Mais le blocage du site se poursuivant, le directeur du Centre spatial guyanais, Didier Faivre, a annoncé, après trois reports successifs, qu'il n'y aurait "pas de lancement tant que la situation sociale ne sera pas réglée".

La mobilisation a pris une dimension plus large pour dénoncer des problèmes de santé, d'éducation, d'économie et de sécurité. Sont aussi bloqués le Grand Port Maritime, la Collectivité Territoriale de Guyane,  les axes routiers et ...la Préfecture, symbole du pouvoir. 

Mais, certains de ces barrages, sont "sauvages" et sources de "racket", a dénoncé jeudi soir le préfet de la région Guyane, ordonnant aux forces de l'ordre de les "éradiquer". "Seuls les barrages dressés par les collectifs seront maintenus", a-t-il prévenu, validant les actions subversives de collectifs que la presse évite de caractériser. Elles sont principalement orchestrées par le syndicat UTG (Union des travailleurs guyanais)-CGT

Jeudi, plus d'une dizaine de barrages ont été érigés, bloquant plusieurs ronds-points autour des villes, comme à l'entrée de Cayenne. A l'un d'eux, des manifestants avaient installé de petits chapiteaux et jouaient du tambour. Dans un communiqué, le recteur a annoncé que les écoles, collèges, lycées sont fermés "jusqu'à nouvel ordre".

Un Boeing 777 d'Air France assurant la liaison Paris-Cayenne a dû faire demi-tour après 4 heures de vol, et un autre vol d'Air Caraïbes a été dérouté vers Pointe-à-Pitre, à la suite d'une notification de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) sur le nombre insuffisant, à l'aéroport de Cayenne en raison des blocages, de personnel de lutte anti-incendie pour assurer la sécurité des gros-porteurs. 

Certaines stations services commencent à rencontrer des difficultés d'approvisionnement en essence sans plomb, et des appels à fermer les magasins ont été lancés. 

Notamment à l'initiative de l'extrême gauche, les barrages rassemblent pêle-mêle des salariés en grève d'EDF, dont le PDG est un ami d'adolescence de François Hollande qui l'a fait nommer en 2014 par Emmanuel Macron, tandis que des personnels du centre médico-chirurgical de Kourou, inquiets d'un désengagement de La Croix Rouge qui gère l'établissement, alors que la ministre Marisol Touraine fait la morte.
Un collectif réclame un commissariat à Kourou et un autre collectif contre la délinquance, "les 500 frères", qui défilent cagoulés.
Le collectif des 500 frères a tenté de pénétrer dans l'enceinte de la base spatiale, 
en état d'alerte maximale pendant les campagnes de tir.



Cagoules, tee-shirts et pantalons noirs, uniformes anarchistes ? Depuis sa première apparition il y a deux mois à Cayenne, le Collectif "les 500 frères" contre la délinquance interpelle. 
Créé après le meurtre d’un habitant d’un quartier populaire, ce collectif constitué en réalité d’une bonne centaine de personnes propose aux autorités ses solutions contre l’insécurité record qui frappe la Guyane, territoire français le plus meurtrier, avec 42 homicides en 2016 pour 252 000 habitants. Parmi les pistes proposées, l’éradication des squats, le maintien d’un escadron de gendarmes mobiles affecté en renfort ou encore le renvoi dans leur pays des détenus étrangers pour y purger leur peine (plus de 50 % des détenus en Guyane).
"Il y a eu, depuis vingt ans, de nombreuses marches blanches contre la violence, personne n’a été entendu", explique Zadkiel Saint-Orice, l’un des porte-parole du collectif. Et pourtant, l'ex- ministre de la Justice et élue de Guyane, Christiane Taubira, se défendait avec véhémence des accusations de laxisme. "
La cagoule en plein état d’urgence, c’est juste pour attirer l’attention, faire quelque chose de différent", raconte-t-il, malgré les poings levés. Le 17 mars, à Cayenne, une quarantaine de 'frères' est entrée en force dans le bâtiment de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) où se tenait la conférence des pays de la convention de Carthagène sur la protection des milieux marins, présidée par Ségolène Royal. Si la ministre du développement durable, entourée de ses gardes du corps, est restée stoïque, dialoguant brièvement avec le collectif, certains représentants étrangers ont eu peur, croyant à un moment à une "attaque terroriste", selon le président de la CTG, Rodolphe Alexandre.
"Nous ne sommes pas une milice, nous manifestons sans arme, avec comme seul accessoire notre cagoule", précise Zadkiel Saint-Orice, qui présente le mouvement comme non violent. Mardi, les '500 frères' ont rejoint un autre collectif, les Toukans, et le syndicat Union des travailleurs guyanais (UTG) d’EDF -Eclairage et du CMCK (Centre Médico Chirurgical Kourou), qui bloquent depuis lundi 20 mars le rond-point à l’entrée du Centre spatial guyanais, à Kourou. Les grévistes d’EDF réclament des recrutements pour combler des dizaines de postes vacants – selon le syndicat – , et des investissements dans un territoire où les coupures sont fréquentes et où des milliers d’habitants n’ont pas l’électricité.Les Toukans revendiquent le gel de la vente de l’hôpital de Kourou par la Croix-Rouge à un opérateur privé, et des mesures contre l’insécurité dans la ville. Quant au Collectif Trop violans, il dit combattre la diversification de la violence.
Des agriculteurs bloquent aussi des locaux de la Direction de l'agriculture (DAAF). Le Foll n'a encore pas décidé de faire le voyage  et les rebelles reprochent des lenteurs administratives et des refus d'aide et des transporteurs bloquent le port de Degrad des Cannes (15 km de Cayenne), inquiets de la répartition des marchés du chantier du futur pas de tir d'Ariane 6. 

Les Amérindiens ont aussi appelé à se mobiliser, notamment contre le "vol" de leur terre et un projet d'extraction aurifère controversé, ainsi que les associations de lutte contre l'orpaillage et le pillage des ressources minières.

dimanche 22 mai 2016

Blocage des dépôts de carburants: envoyer les CRS ne règle rien

Valls a-t-il fait débloquer deux dépôts par la force pour sa consommation personnelle ?

Les CRS ont repris deux dépôts à Dunkerque et le premier ministre consomme pour se rendre dans les Territoires palestiniens occupés


Affrontement de début mars 2016
Le gouvernement semble bien décidé à ne pas se laisser imposer une pénurie de carburants. D'un côté, Alain Vidalies fait ami-ami avec les routiers, annonçant un recul sur le renversement de la hiérarchie des normes contenu dans le projet de réforme du code du travail, de l'autre le gouvernement leur envoie les CRS reprendre deux dépôts de Dunkerque (Nord) dimanche matin. 

Plusieurs dizaines de CRS ont délogé de deux dépôts les manifestants qui les bloquaient depuis jeudi matin, sans rencontrer de résistance, a rapporté la préfecture du Nord. "Cela doit permettre aux transporteurs d'affréter des camions, le préfet ayant un pris un arrêté [sur instructions de Bernard Cazeneuve, comme annoncé par Valls depuis Israël] les autorisant à rouler aujourd'hui", a fait savoir un porte-parole de la préfecture. Aucun camion-citerne ne s'y était cependant encore présenté à la mi-journée.

Les usagers pénalisés par arrêté préfectoral
Pour faire face à la pénurie de pétrole, le préfet du Nord avait pris vendredi un arrêté "portant interdiction de vendre, d'acheter, de distribuer ou encore de transporter du carburant dans tout récipient transportable (jerricans, bidons, etc.)". Dans le Pas-de-Calais, la préfecture avait annoncé vendredi soir "réquisitionner temporairement un nombre limité de stations-service, afin de ravitailler les services prioritaires" pour "garantir la continuité du service public sur l'ensemble du département". La menace de pénurie était ainsi confirmée.


Bruno Le Maire décrypte "une vraie faute"

L'ancien ministre de l'Agriculture (Les Républicains) reproche à Manuel Valls de s'éloigner tout en brandissant la menace de
 pénurie.
  En déplacement en Israël et dans les Territoires palestiniens -Cisjordanie (Judée et Samarie), Jérusalem-Est, bande de Gaza, d'abord occupés par l'Egypte, puis par les Britanniques-, le premier ministre commet "une vraie faute",  observe Bruno Le Maire, député de l'Eure, alors que le pays "risque d'être bloqué faute d'essence". 

"Il faut rétablir l'autorité de l'État", a affirmé le député et candidat à la primaire. "Le Premier ministre doit être présent dans son pays lors de situations comme celles-là. C'est une faute de M. Valls de ne pas être en France, là tout de suite", a insisté B. Le Maire. "C'est à lui de décider quelles sont les mesures à prendre", mais "il est en déplacement en Israël" pour "lancer une initiative diplomatique qui en plus est une initiative mort-née", a-t-il ajouté.

Piqué au vif, Manuel Valls a immédiatement répliqué dans la minute depuis l'étranger: "Un responsable politique en France s'interrogeait il y a quelques minutes sur ma présence en Israël, alors qu'il y a quelques difficultés sociales dans mon pays. (...) Ça doit être quelqu'un qui ne doit pas savoir que nous sommes dans un monde connecté et qu'on peut gouverner un pays de manière moderne." A distance, est-ce mieux pour être en prise avec la réalité ?
"Ça doit être quelqu'un qui ignore notre volonté de construire avec Israël un partenariat économique qui sera gagnant-gagnant pour nos deux pays et nos économies", a-t-il déclaré, mais à des start-up françaises rassemblées à Tel-Aviv.  "Et ça doit être quelqu'un qui ne comprend pas le monde tel qu'il en train de changer et notamment dans cette région." Des a priori  inappropriés titulaire d'un bac +2 (ou son niveau, à défaut de diplôme avéré) aux affaires depuis 2012 à un énarque en responsabilité depuis 1998 et pendant cinq années au plus haut niveau.

Interrogé ensuite 
sur les déclarations de Bruno Le Maire par des journalistes de sa suite, Valls s'est fait agressif, se prenant pour référence: "C'est une drôle de vision, très ancienne, très datée, de la politique. Il m'est arrivé d'écourter parfois des déplacements, suite notamment à un attentat, quand j'étais en Colombie [à ne pas confondre avec son déplacement familial en jet de la République à Berlin pour un match de foot joué par ...Barcelone ! 

Lien PaSiDupes - "Virée de Valls en jet privé à Berlin: Marie-Noëlle Lienemann (PS) condamne le Premier ministre". Les choses sont évidemment d'une autre nature, et c'est donc une vision datée (bis) assez mesquine et qui n'est pas à la hauteur des défis dans la région."

"Nous maîtrisons pleinement la situation," assure Valls

Les salariés du dépôt de Total-Mardyck étaient quant à eux toujours en grève dans la banlieue de Dunkerque (PS). 
Dans le même temps près de Valenciennes, à Douchy-les-Mines, une trentaine de manifestants bloquaient toujours l'accès au dépôt, notamment à l'aide de pneus. "On ne lâchera pas jusqu'au retrait de la loi El Khomri", a prévenu Will Dans, porte-parole du syndicat Sud (trotskiste et donc révolutionnaire) dans le Valenciennois.

Mais, à distance, Valls a cru pouvoir affirmer être "très déterminé à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France". C'est sa version du "ça va mieux" de Hollande. "Nous maîtrisons pleinement la situation. Je pense qu'un certain nombre de raffineries ou de dépôts qui étaient bloqués sont débloqués ou vont l'être dans les heures ou dans les jours qui viennent. Nous sommes très déterminés à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France", a-t-il lancé, vers 11h30 heures de Paris. "Moi, je demande à chacun de ne pas être dans cette position alarmiste qui vise au fond à faire peur. (...) Moi, j'en appelle à la responsabilité de tous", a-t-il poursuivi.

Les syndicats non plus ne satisfont pas Valls
"J'ai été très étonné aussi d'un certain nombre de messages, notamment de la CGT et Force ouvrière, alors même que nous avons apporté des garanties encore ces dernières heures et jours sur le paiement des heures supplémentaires [maintenu à + 25%]. Il n'y a aucune raison aujourd'hui de bloquer des dépôts ou des raffineries et de gêner nos compatriotes."

"Nous avons les réserves de toute façon pour faire face à ces blocages

[pendant trois mois, selon Vidalies] et je veux dire encore une fois notre détermination à mener les réformes et je veux dire à tout le monde que la loi sur le travail, bonne pour les entreprises et pour les salariés, va suivre son cours au Parlement et sera adoptée définitivement en juillet. Personne ne peut en douter un seul instant", a-t-il asséné.

Sur un éventuel recours aux forces de l'ordre pour lever les blocages, Manuel Valls a déclaré: "D'abord, il faut en appeler à la responsabilité de tous, et ensuite, avec sang-froid, intelligence, dans le dialogue, je ne doute pas que nous réussirons progressivement à lever ces quelques blocages, dont il ne faut exagérer, je crois, à ce stade, le volume."
"Et je le dis encore aux Français : il n'y aura pas de pénurie et nous réussirons, je pense très vite, à rentrer dans une phase normale. En tout cas, c'est ce que nous sommes en train de faire", a-t-il martelé.