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dimanche 22 mai 2016

Blocage des dépôts de carburants: envoyer les CRS ne règle rien

Valls a-t-il fait débloquer deux dépôts par la force pour sa consommation personnelle ?

Les CRS ont repris deux dépôts à Dunkerque et le premier ministre consomme pour se rendre dans les Territoires palestiniens occupés


Affrontement de début mars 2016
Le gouvernement semble bien décidé à ne pas se laisser imposer une pénurie de carburants. D'un côté, Alain Vidalies fait ami-ami avec les routiers, annonçant un recul sur le renversement de la hiérarchie des normes contenu dans le projet de réforme du code du travail, de l'autre le gouvernement leur envoie les CRS reprendre deux dépôts de Dunkerque (Nord) dimanche matin. 

Plusieurs dizaines de CRS ont délogé de deux dépôts les manifestants qui les bloquaient depuis jeudi matin, sans rencontrer de résistance, a rapporté la préfecture du Nord. "Cela doit permettre aux transporteurs d'affréter des camions, le préfet ayant un pris un arrêté [sur instructions de Bernard Cazeneuve, comme annoncé par Valls depuis Israël] les autorisant à rouler aujourd'hui", a fait savoir un porte-parole de la préfecture. Aucun camion-citerne ne s'y était cependant encore présenté à la mi-journée.

Les usagers pénalisés par arrêté préfectoral
Pour faire face à la pénurie de pétrole, le préfet du Nord avait pris vendredi un arrêté "portant interdiction de vendre, d'acheter, de distribuer ou encore de transporter du carburant dans tout récipient transportable (jerricans, bidons, etc.)". Dans le Pas-de-Calais, la préfecture avait annoncé vendredi soir "réquisitionner temporairement un nombre limité de stations-service, afin de ravitailler les services prioritaires" pour "garantir la continuité du service public sur l'ensemble du département". La menace de pénurie était ainsi confirmée.


Bruno Le Maire décrypte "une vraie faute"

L'ancien ministre de l'Agriculture (Les Républicains) reproche à Manuel Valls de s'éloigner tout en brandissant la menace de
 pénurie.
  En déplacement en Israël et dans les Territoires palestiniens -Cisjordanie (Judée et Samarie), Jérusalem-Est, bande de Gaza, d'abord occupés par l'Egypte, puis par les Britanniques-, le premier ministre commet "une vraie faute",  observe Bruno Le Maire, député de l'Eure, alors que le pays "risque d'être bloqué faute d'essence". 

"Il faut rétablir l'autorité de l'État", a affirmé le député et candidat à la primaire. "Le Premier ministre doit être présent dans son pays lors de situations comme celles-là. C'est une faute de M. Valls de ne pas être en France, là tout de suite", a insisté B. Le Maire. "C'est à lui de décider quelles sont les mesures à prendre", mais "il est en déplacement en Israël" pour "lancer une initiative diplomatique qui en plus est une initiative mort-née", a-t-il ajouté.

Piqué au vif, Manuel Valls a immédiatement répliqué dans la minute depuis l'étranger: "Un responsable politique en France s'interrogeait il y a quelques minutes sur ma présence en Israël, alors qu'il y a quelques difficultés sociales dans mon pays. (...) Ça doit être quelqu'un qui ne doit pas savoir que nous sommes dans un monde connecté et qu'on peut gouverner un pays de manière moderne." A distance, est-ce mieux pour être en prise avec la réalité ?
"Ça doit être quelqu'un qui ignore notre volonté de construire avec Israël un partenariat économique qui sera gagnant-gagnant pour nos deux pays et nos économies", a-t-il déclaré, mais à des start-up françaises rassemblées à Tel-Aviv.  "Et ça doit être quelqu'un qui ne comprend pas le monde tel qu'il en train de changer et notamment dans cette région." Des a priori  inappropriés titulaire d'un bac +2 (ou son niveau, à défaut de diplôme avéré) aux affaires depuis 2012 à un énarque en responsabilité depuis 1998 et pendant cinq années au plus haut niveau.

Interrogé ensuite 
sur les déclarations de Bruno Le Maire par des journalistes de sa suite, Valls s'est fait agressif, se prenant pour référence: "C'est une drôle de vision, très ancienne, très datée, de la politique. Il m'est arrivé d'écourter parfois des déplacements, suite notamment à un attentat, quand j'étais en Colombie [à ne pas confondre avec son déplacement familial en jet de la République à Berlin pour un match de foot joué par ...Barcelone ! 

Lien PaSiDupes - "Virée de Valls en jet privé à Berlin: Marie-Noëlle Lienemann (PS) condamne le Premier ministre". Les choses sont évidemment d'une autre nature, et c'est donc une vision datée (bis) assez mesquine et qui n'est pas à la hauteur des défis dans la région."

"Nous maîtrisons pleinement la situation," assure Valls

Les salariés du dépôt de Total-Mardyck étaient quant à eux toujours en grève dans la banlieue de Dunkerque (PS). 
Dans le même temps près de Valenciennes, à Douchy-les-Mines, une trentaine de manifestants bloquaient toujours l'accès au dépôt, notamment à l'aide de pneus. "On ne lâchera pas jusqu'au retrait de la loi El Khomri", a prévenu Will Dans, porte-parole du syndicat Sud (trotskiste et donc révolutionnaire) dans le Valenciennois.

Mais, à distance, Valls a cru pouvoir affirmer être "très déterminé à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France". C'est sa version du "ça va mieux" de Hollande. "Nous maîtrisons pleinement la situation. Je pense qu'un certain nombre de raffineries ou de dépôts qui étaient bloqués sont débloqués ou vont l'être dans les heures ou dans les jours qui viennent. Nous sommes très déterminés à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France", a-t-il lancé, vers 11h30 heures de Paris. "Moi, je demande à chacun de ne pas être dans cette position alarmiste qui vise au fond à faire peur. (...) Moi, j'en appelle à la responsabilité de tous", a-t-il poursuivi.

Les syndicats non plus ne satisfont pas Valls
"J'ai été très étonné aussi d'un certain nombre de messages, notamment de la CGT et Force ouvrière, alors même que nous avons apporté des garanties encore ces dernières heures et jours sur le paiement des heures supplémentaires [maintenu à + 25%]. Il n'y a aucune raison aujourd'hui de bloquer des dépôts ou des raffineries et de gêner nos compatriotes."

"Nous avons les réserves de toute façon pour faire face à ces blocages

[pendant trois mois, selon Vidalies] et je veux dire encore une fois notre détermination à mener les réformes et je veux dire à tout le monde que la loi sur le travail, bonne pour les entreprises et pour les salariés, va suivre son cours au Parlement et sera adoptée définitivement en juillet. Personne ne peut en douter un seul instant", a-t-il asséné.

Sur un éventuel recours aux forces de l'ordre pour lever les blocages, Manuel Valls a déclaré: "D'abord, il faut en appeler à la responsabilité de tous, et ensuite, avec sang-froid, intelligence, dans le dialogue, je ne doute pas que nous réussirons progressivement à lever ces quelques blocages, dont il ne faut exagérer, je crois, à ce stade, le volume."
"Et je le dis encore aux Français : il n'y aura pas de pénurie et nous réussirons, je pense très vite, à rentrer dans une phase normale. En tout cas, c'est ce que nous sommes en train de faire", a-t-il martelé.

mardi 15 octobre 2013

Appel à manifester ce mardi 15 contre le vote du projet de loi sur les retraites

Désinformation: "Appel à manifester mardi POUR le vote sur les retraites"..., titre Reuters

Grève en France mardi 15/10/13 contre le vote à l'Assemblée de la réforme des retraites 
10 septembre 2013
Quatre syndicats, la CGT et la FSU, Force ouvrière et Solidaires, appellent à manifester et à faire grève en France mardi, "à l'occasion du vote solennel à l'Assemblée de la réforme des retraites" dans lesquels "ils voient" un projet injuste. 
Seule, la CFDT est toujours satisfaite, quoi qu'il arrive... 
Syndicat réformiste, la CFDT en tête, se félicite des résultats obtenus par la concertation. Ainsi, Jean-Louis Malys, le monsieur retraite de la CFDT, a-t-il eu le sentiment que "tous les sujets d'inégalités" mis en avant par sa centrale avaient été "entendus".

Lors d'une précédente journée, le 10 septembre, ces mêmes quatre organisations avaient mobilisé 370.000 manifestants, selon leurs chiffres, et 155.000 d'après la police. Un rassemblement a également eu lieu le 10 octobre devant le ministère du Travail.

Plus de 150 rassemblements sont prévus à travers le pays, indique la CGT.

A Paris, les manifestants défileront de la place Saint-Augustin jusqu'au pont de la Concorde, face à l'Assemblée nationale. Reuters ne précise pas l'heure: cet après-midi, sur le pont de la Concorde juste avant le vote prévu vers 16h00,  "avec un rassemblement et une manifestation régionale à 12h30 au départ de St Augustin" (VIIIe arrondissement)"Ils rejoindront le rassemblement unitaire, initié par FO, sur le pont de la Concorde - face à l'Assemblée Nationale."

Le projet de loi présenté par Marisol Touraine

La ministre des Affaires sociales prévoit un
allongement de la durée de cotisation dans le secteur privé et public à 43 ans à l'horizon 2035, ainsi qu'une hausse générale de 0,3 point en quatre ans des cotisations salariales et patronales.

La réforme repousse également la date de revalorisation annuelle des pensions de retraites de six mois, du 1er avril au 1er octobre.

Outre l'opposition à la réforme des retraites, les syndicats réclament une augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux afin de "relancer l'économie et l'emploi", ainsi que la protection sociale et les retraites.

Dans une lettre aux députés et sénateurs, FO dénonce le "caractère inacceptable" du projet de loi, en particulier pour les jeunes générations, et leur demande de "ne pas sacrifier l'avenir".
"Pour la sixième fois en 20 ans il est prévu de retarder le moment où un salarié peut liquider sa retraite. Dans le cas présent, la génération 73 devra cotiser 43 ans, ce qui l'amènera, compte tenu de son âge d'entrée au travail, à 67 ans minimum", écrit le syndicat.

La FSU demande aux parlementaires "d'abandonner ce projet et de mettre en œuvre une autre réforme prenant en compte des revendications et propositions alternatives".
"La mise à contribution porte, une fois encore, essentiellement sur les salariés et les retraités puisque le gouvernement propose de compenser intégralement l'effort demandé aux entreprises", écrit-elle dans un communiqué.

Une fois de plus, le gouvernement socialo-écol-coco s'en prend aux plus faibles, les jeunes et les retraités.

samedi 25 août 2012

Pouvoir d'achat : Mailly (FO) attend plus de Hollande

Les paroles ne  "suffisent pas" !
Le secrétaire général de FO demande au président de la "gauche sociale" de faire quelque chose pour le pouvoir d'achat.
Jean-Claude Mailly adresse des demandes pressantes au chef de l'Etat, dressant le bilan des 100 premiers jours de Hollande à l'Elysée sur le mode "bien mais peut mieux faire".   Un point nettement positif sur le plan des relations entre les partenaires sociaux : le secrétaire général de Force ouvrière note "une restauration d'un dialogue normal". Tout en relativisant aussitôt : "Mais cela ne suffit pas !".

Mailly  énumère  les motifs d'insatisfaction et d'inquiétudes syndicales. 

"Certes, dans le collectif budgétaire, il y a des mesures qui vont dans le bon sens, comme le rééquilibrage sur l'ISF, mais je crains que le projet de budget pour 2013 n'aille pas dans la même direction, avec notamment des réductions de la dépense publique", explique-t-il. 

Le leader syndical n'accepte pas la stabilisation des effectifs dans la fonction publique contre une modération salariale : "Si, pour 2012, les jeux sont faits, avec un gel des rémunérations, nous attendons de voir pour 2013. Il y a une demande de pouvoir d'achat des fonctionnaires", déclare-t-il. 

Il juge par ailleurs "insuffisantes" les mesures sur le SMIC

Force Ouvrière émet des réserves sur les emplois d'avenir qui "ne doivent pas servir de période d'essai pour une embauche de jeune".

La rentrée sera-t-elle chaude ?
Concernant le principe des accords compétitivité-emploi, mis de côté à l'issue de la conférence sociale de juillet, mais qui devrait être inclus dans la négociation en septembre, selon Le Monde, Jean-Claude Mailly fait du chantage:  si le gouvernement donne satisfaction au MEDEF, FO "posera la question de (sa) participation".
"Le salaire est la contrepartie de la vente de la force de travail : je refuse qu'il fluctue en fonction de la situation de l'entreprise", poursuit le leader syndical, disant en avoir "assez des donneurs de leçons, qui disent que, pour sortir de la crise, il faut plus de flexibilité. Cela n'a pas empêché la Grèce et l'Espagne d'entrer en récession".

Par ailleurs, au vu des plans sociaux en cascade, Jean-Claude Mailly estime qu'"il faut soutenir la demande interne", instaurer en "urgence" la banque publique d'investissement, " car les TPE-PME rencontrent trop de difficultés pour emprunter", et qu'"il faut aussi aller vite, pour empêcher les entreprises de fermer un site qu'elles pourraient revendre". 

Interrogé enfin sur l'éventualité d'une rentrée chaude, le secrétaire général de Force ouvrière répond : "Nous sommes dans une phase où nous attendons que les choses soient éclaircies".