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lundi 12 novembre 2018

L'argent coule à flots pour les cadres dirigeants de Force ouvrière

La nouvelle direction règle ses comptes

Et Le Parisien punit ceux qui soutiennent les policiers ralliés à la mobilisation du 17 novembre prochain

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L'ancien leader de FO, Jean-Claude Mailly a touché plus de 100.000 euros bruts de rémunérations, pour la seule année 2017, et que les treize membres de la direction se sont fait rembourser près de 400.000 euros de notes de frais, révèle ce lundi le quotidien pro-Macron.

Alors que des syndicats affichent leur colère sur la place publique face aux salaires élevés des patrons du CAC 40, les patrons des centrales syndicales se gavent. Ainsi, selon des documents livrés au quotidien Le Parisien, Jean-Claude Mailly a perçu en 2017 un salaire annuel brut de 62.816,90 euros, soit quelque 5.200 euros par mois.
Mais c'est sans compter la pluie de primes qui lui fait atteindre une rémunération brute annuelle de 100 334,63 euros. Pour son dévouement syndicale, que d'aucuns, à la base comme dans l'opinion, croient bénévole...

Parti en avril de Force ouvrière, il a touché son salaire jusqu'à fin mai, ainsi qu'une prime de départ à la retraite - qu'ailleurs on appelle "parachute doré - de 22.792,37 euros. Contacté par Le Parisien, Jean-Claude Mailly, qui s'est reconverti dans le conseil, fait le mort. 

A FO, ils sont cinq autres responsables à avoir reçu le même salaire annuel hors primes. Tous avoisinent les 80.000 euros, avec primes.

Concernant les notes de frais, la confédération est généreuse également

Selon d'autres documents que les journalistes d'investigation du Parisien ont trouvés dans leur boîte mail, en 2017 toujours, chacun des treize membres du bureau confédéral de FO s'est fait rembourser près de 30 000 euros par personne.

Hôtels, avions, loyers, trains et surtout logements : des loyers jusqu'à 1.800 euros par mois ont été remboursés à huit membres du bureau. Et le plus dépensier n'est autre que Pascal Pavageau, avant d'être secrétaire général : plus de 50.000 euros. Contacté lui aussi, Pascal Pavageau fait la sourde oreille.

De 2015 à 2017, Jean-Claude Mailly a dépensé pour 35.000 euros de frais divers. Mais les patrons de la centrale ne sont pas les plus dépensiers. 
Des secrétaires confédéraux ont cumulé 60.000 euros de frais, dont la moitié pour des vols pour l'un d'eux. Des milliers d'euros dépensés chaque année parfois aux mêmes dates d'une année sur l'autre. D'autres ont consommé beaucoup à des dates précises. Idem pour les notes d'hôtels, en un peu moins salées tout de même. Pas étonnant que les comptes du syndicat en 2017 soient dans le rouge avec une perte de 635 182 euros.

Les cotisations syndicales sont employées au mieux, on le voit, et au plus juste... Une information utile, certes, au moment des élections professionnelles. Mais à qui profite le "crime" ?
Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, à Bordeaux (Gironde), le 9 octobre 2014.En 2014, le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, était sur la sellette à propos des travaux dans son appartement et son bureau, mais aussi pour le versement d'une prime de 31.000 euros, une prime de départ votée par les camardes du comité centrale, et versée, "puisqu'il a démissionné du comité régional pour arriver à la confédération". Une affaire de gros sous et un manque à gagner...
En mars 2017, suite à une demande du Comité de suivi du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE), la CGT, confédération ouvrière d'extrême gauche, s'était faite alignée pour gaspillage d'argent public.

 

mercredi 10 octobre 2018

Un document interne fichait des cadres de FO

Des jugements désobligeants : "bête", "mauvais", "franc-maçon"..., dénonce 'Le Canard enchaîné'

Le secrétaire général du syndicat ne nie pas ce "mémo" et déplore cet étiquetage.
Des noms d’oiseaux en veux-tu, en voilà et des dérapages dignes de glissades sur fientes. Plus d’une centaine de responsables FO a ainsi été fichée dans un document interne, affirme l'hebdomadaire anarchiste dans son édition de mercredi. "Bête", "mauvais", "faux", "complètement dingue", "niais", "franc-maçon", etc, mais aussi "apprécié par PP" (Pascal Pavageau), "déteste JCM (Jean-Claude Mailly)", "trop intelligent pour le faire entrer au bureau confédéral"… Ces commentaires étaient inscrits à côté des noms.

"Cet épais fichier a été constitué en octobre 2016 par des proches de Pascal Pavageau, le nouveau patron de FO, alors en lice pour remplacer Jean-Claude Mailly", écrit le journal dit satirique, et catalogue "126 responsables" du syndicat.

Pascal Pavageau, secrétaire général de FO, a confirmé que ce 'mur des cons' est une "belle connerie" et une  "grave erreur". "Pour moi, c’était un mémo, de l’ordre de la prise de notes, mais je n’avais jamais vu, ni avalisé le résultat, qui est truffé d’âneries, de raccourcis".

De son côté, Jean-Claude Mailly, l'ancien secrétaire de FO a réagi sur Franceinfo : "C'est surréaliste, ça me fait mal pour l'organisation; je tombe du placard".

lundi 13 novembre 2017

Loi travail de Macron: recrudescence de conflits sociaux annoncée

L'entrée en vigueur de la réforme risque de faire monter les tensions dans les entreprises 

Pour la quatrième fois, la CGT appelle à manifester contre les ordonnances réformant le Code du travail

Or, 
la mobilisation jeudi contre la réforme du Code du travail devrait rester limitée. 
L'appel syndical intervient à la veille de la ratification des ordonnances par le Parlement, mais la pression de la rue risque d'être insuffisante : le pouvoir ne s'attend pas à une affluence plus grande que le 19 octobre, quand le syndicat d'extrême gauche n'avait réussi à convaincre que Solidaires.

Force ouvrière lance pourtant un appel conjoint officiel. 
Le niveau de la participation à la mobilisation du 16 novembre sera un test de l'influence de Jean-Claude Mailly. 
En octobreune partie de ses troupes - la plus radicale - a déjà défilé, bien que le leader de FO ait alors exprimé des réticences personnelles. On sait en effet que Mailly est réceptif au discours de Macron. 
En novembre, l'appel de FO au côté de la CGT donnera une indication sur l'influence du leader cette fois rallié à sa base, puisque l'ensemble de ses troupes sera finalement dans la rue. Mailly aurait cédé en envisageant que cette journée sera un baroud d'honneur syndical.

Le monde syndical s'épuise en coups d'épées dans l'eau.
La presse acquise à Macron établit une comparaison hasardeuse, opposant une période de crise financière internationale à une période de reprise annoncée. Les journaux assurent ainsi que le record de conflictualité constaté en 2010 contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy ne sera pas égalé par les actions de 2016, puis de 2017 contre les lois travail successives, pourtant imposées d'abord au moyen de l'article 46.3 par Hollande et Valls, puis par la force des ordonnances de Macron et Philippe. Ce record avait été suivi dans la foulée d'une chute historique. 
Il y a sept ans, le ministère du Travail a comptabilisé 3,3 % des entreprises ayant déclaré un jour de grève et 318 jours de grève pour 1.000 salariés. En 2011, avec la reprise de la confiance, le taux était divisé par près de deux et le nombre de jours avait chuté de 80 %. En 2015, dernière année connue, la conflictualité a encore baissé à 1,3 % et 69 jours.
Le gouvernement envisagerait même de s'offrir le luxe du rétablissement du jour de carence dans la fonction publique. L’Insee estime pourtant que son retour entre 2012 et 2014 a divisé par deux les arrêts maladie de deux jours, mais augmenté de 25 % les arrêts d’une semaine et plus...

Négociation rime avec conflit

Malgré la perte actuelle d'influence des syndicats dans la rue, l'exécutif doit encore s'assurer que sa réforme ne va pas provoquer une déferlante de négociations et donc de conflits. 
Une étude publiée début 2017 par le ministère du Travail constate qu'en 2014, "75 % des entreprises déclarant une grève ont engagé des négociations contre 13 % de celles qui n'en ont mentionné aucune ". "Parmi les entreprises ayant négocié en 2014 sur un thème au moins, 87 % de celles qui déclarent une grève au moins ont conclu un accord", est-il aussi précisé.

La négociation est toujours un rapport de forces. 
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, au tournant des années 2000, les 35 heures ont donné lieu à un record d'accords, installant durablement la négociation dans les rapports au travail, mais assortie d'une forte dégradation des relations internes à l'entreprise. Le réflexe est d’attribuer de nombreux échecs de négociation au rapport de forces, ou au jeu de pouvoir, auquel se prêterait la  partie adverse.

samedi 2 septembre 2017

Ordonnances: le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

A la rue, le Parti socialiste et FO envoient des signaux contraires

Le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

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Olivier Faure
Le Parti socialiste n'appellera pas à manifester contre les ordonnances sur la loi travail. Contrairement à l'extrême gauche, la CGT, un syndicat, et à La France insoumise, un parti politique, les socialistes ne seront pas dans la rue les 12 et 23 septembre. 
"Nous ne sommes ni syndicalistes, ni Insoumis", a lancé vendredi le président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, à l'occasion d'une conférence de presse.
Le PS préfère lancer une consultation avec les syndicats et les autres formations de gauche, a annoncé le chef de groupe parlementaireL'objectif est de s'accorder sur quelques points de contestation en commun "pour avoir plus de poids dans l'opinion publique". 

Les cadres et militants pourront toutefois participer aux manifestations à titre individuel

Le numéro deux du parti, Rachid Temal, s'est chargé du grand écart. Ex-MJS, patron du PS dans le Val-d'Oise (DVG aux sénatoriales de 2004) et ancien directeur général adjoint de J.-P. Huchon, chargé de la stratégie et des politiques publiques au Conseil régional d'Ile-de-France et actuel, Temal est un apparatchik qui monte : sera-t-il premier secrétaire du PS  derrière  Jean-Christophe Cambadélis? 

Début 2015, à 42 ans, à la suite de la réorganisation du CRT, Rachid Temal avait entamé une procédure aux prud'hommes de Paris pour obtenir plus de 330.000 € de dommages et intérêts pour licenciement sans cause (oui, on sait, c'est bizarre de la part de quelqu'un qui veut partir, mais c'est ainsi). "Cher payé pour quelqu'un qu'on voyait peu au bureau", persifla un fin connaisseur du CRT, rapporté par Marianne. Temal ne fait pas travailler pour lui de collaboratrice familiale, mais les prud'hommes...
En juin 2015, il a été reconduit au bureau national, au côté de Christophe Borgel, responsable du pôle 'élections'.
Il se revendique alors comme un 'hollandais' et anime ce courant avec Stéphane Le Foll, le ministre intermittent au four de l'Agriculture et au moulin de la communication.

Proche de Jean-Christophe Cambadélis, Rachid Temal a assuré toute la partie logistique du référendum socialiste.
Les parlementaires Luc Carvounas et Emmanuel Maurel, par exemple, devraient grossir les rangs du cortège syndical. Ils représentent en effet l'aile gauche du PS.

Olivier Faure, en revanche, ne mélange pas les genres. "Nous sommes une opposition, mais nous avons vocation à incarner une alternance", a fait savoir Faure, pour se démarquer de son homologue Jean-Luc Mélenchon, qui, selon lui, a cédé au "spectacle". 

"C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité, mais de l'insécurité (pour les salariés)", avait commenté Rachid Temal

Résultat de recherche d'images pour "PS contestation sociale"Il faut dire que les Insoumis n'ont pas manqué de rappeler que les socialistes avaient posé les premières pierres de cette réforme en 2016 avec la loi El Khomri, voulue par Macron de l'Elysée ou il fut conseiller à Bercy où il fut ministre de Manuel Valls. 
"Concernant la hiérarchie des normes, notamment, nous avons été mis en difficulté dans l'Hémicycle par Jean-Luc Mélenchon qui nous renvoyait la responsabilité", reconnaît Régis Juanico, député de l'aile gauche. Ce dernier rappelle que le groupe Nouvelle Gauche avait voté à l'unanimité contre le projet de loi d'habilitation. 

De nombreuses lignes rouges cristallisent la contestation du PS sur les ordonnances, le périmètre géographique pris en compte pour le licenciement collectif, l'encadrement des indemnités prud'homales, l'ouverture d'un droit à la négociation dans les PME. "C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité mais de l'insécurité" pour les salariés, a dénoncé Rachid Temal. 
"C'est une occasion ratée, un rendez-vous manqué avec l'emploi et le dialogue social. Ce qui se passe a l'apparence du bon sens mais va menacer la façon dont le dialogue social va s'organiser dans le pays", a abondé Rita Maalouf, 
Résultat de recherche d'images pour "Rita Maalouf"
Résultat de recherche d'images pour "Rita Maalouf"candidate PS dans le Val d'Oise, née au Liban, qui créa la polémique en déclarant dans son CV de campagne qu'elle exerçait la 'Profession' de 'Vice Présidente d’un établissement bancaire", ce qui fut contesté. Elle n'aurait pas été davantage "associée"au sein de la société Fidei Finance Consultants, pas plus que diplômée de l’Ecole Spéciale d’Architecture (ESA). Au moins a-t-elle reconnu avoir été contrôlée positive lors d’un test anti-dopage à l’issue du Marathon de Beyrouth de 2003...

Les dirigeants PS regrettent en outre que le débat parlementaire soit convoqué a posteriori de l'entrée en vigueur de la loi. 
"C'est une parodie de débat parlementaire et un déni de démocratie", s'est insurgé Olivier Faure. 
"Le calendrier a été bien pensé pour prendre tout le monde de vitesse, mais les macronistes ne doivent pas crier victoire, ils risquent d'être rattrapés par la réalité. La baisse des contrats aidés va faire très mal", anticipe Régis Juanico. 

Certains socialistes s'exaspèrent de la position du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
En première ligne contre la loi El Khomri mais bienveillant sur les ordonnances, son organisation syndicale est pourtant aussi ambiguë aujourd'hui que le groupe PS. "La dernière fois FO était pour un retrait de la loi préalable à toutes discussions", n'a pas oublié l'amer Stéphane Le Foll sur France 2.  

jeudi 5 novembre 2015

La ministre du Travail avoue ne pas connaître le nombre de renouvellements possibles de CDD

Myriam El Khomri est la crème du gouvernement

La ministre du Travail encadrée
de ses deux parrains
Questionnée sur le nombre de renouvellements possibles de CDD, la ministre du Travail de Hollande et Valls s'est faite piégée sur son incompétence à ce poste sensible


VOIR et ENTENDRE Myriam El Khomri, interrogée par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC jeudi matin:
A 20 mois de la présidentielle de 2017, François Hollande avait joué la carte du renouvellement générationnel en nommant la benjamine du gouvernement,

Myriam El Khomri, 37 ans et peu connue du grand public, au poste-clé de ministre du Travail pour remplacer François Rebsamen.

Celle qui n'occupait qu'un rôle de figuration dans le gouvernement, au secrétariat d'Etat à la Ville depuis 2014, se retrouvait ainsi propulsée aux avant-postes, dans un rôle stratégique pour le chef de l'Etat qui a fait de l'inversion de la courbe ascendante du chômage la condition sine qua non d'une nouvelle candidature en 2017. Ne savait-il pas qu'elle n'a pas les épaules?
"Je mesure la responsabilité qui est la mienne. Comptez sur ma combativité et ma détermination au service des Français travail-emploi", avit tweeté peu après sa nomination la troisième locataire de la rue de Grenelle depuis le début du quinquennat après Michel Sapin (2012-2014) et François Rebsamen.

"C'est une femme d'expérience qui a réalisé un travail de grande qualité auprès de Patrick Kanner depuis août 2014", avait assuré l'Elysée à l’appui de cette nomination et alors que Kanner reste lui-même un inconnu. "Elle a parfaitement rempli sa tâche avec le souci d'être toujours en prise avec le terrain et à l'écoute et en dialogue avec les citoyens", avait-on imprudemment ajouté au Palais, notant encore qu'elle "incarne la jeunesse, une nouvelle génération et le renouvellement" au sein du gouvernement. La belle affaire !

Et la presse en avait rajouté... Elue dans le 18e arrondissement de Paris, cette jeune femme "connaît parfaitement les politiques de l'emploi sur le terrain qu'elles soient en direction de la jeunesse ou des quartiers"... Elle vient de le prouver !

Les Républicains avait toutefois exprimé ses doutes considérant que le ministère du Travail "passe au second plan": "Ce n'est un pas un poids lourd (...) Je pense que c'est un mauvais signal pour nos concitoyens qui souffrent du chômage", avait déclaré l'un des porte-parole des Républicains Sébastien Huyghe.

La diversité est un plus pour la France et les demandeurs d'emploi
Née à Rabat en 1978 d'une mère bretonne, enseignante, et d'un père marocain, commerçant, Myriam El Khomri, a adhéré au PS en 2002. En 2014, elle avait été l'une des
porte-parole de la campagne pour les municipales de la future maire de Paris, la très perspicace Anne Hidalgo, célèbre meneuse d'hommes...

La ministre du Travail de Valls ne connaît pas ses dossiers


Et que fait l'ignorante Myriam el Khomri pour se mettre à niveau ?
M. El Khomri n'a-t-elle pas mieux à faire 
que d'escorter le président en campagne à Vandoeuvre?

Comme tous les socialistes, elle a reçu un DESS, en droit public et rien ne la prédisposait donc à cette responsabilité gouvernementale. Mais elle l'accepta, avec la promesse que ses parrains Hollande et Valls lui assureraient sa protection. Or, forte des faveurs de l'exécutif, elle négligea son apprentissage pour figurer au nombre des acteurs de la pantomime de Vandoeuvre en participant à la rencontre "impromptue" avec Lucette Brochet, cette infirmière retraitée qui avait été sollicitée par le service de com de l'Elysée pour tenir le rôle de la fervente admiratrice de Hollande à six semaines des Régionales.

"Il y a du travail pour le ministre du Travail", a lâché l'ambigu Stéphane Le Foll.
En septembre député PS de Seine-Saint-Denis et proche de Manuel Valls, 
Popelin a perdu une occasion de se taire
Pascal Popelin, ancien élu du canton de Livry-Gargan (dont Clichy-sous-Bois), a salué "un très beau symbole: une jeune femme à un tel ministère dans une telle période".

"C'est n'importe quoi, elle ne connaît rien à ces sujets", s'est cependant indigné un autre député PS.

Du côté syndical, le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly a promis de "juger sur ses actes" la ministre, s'interrogeant toutefois sur son "poids politique" tout comme le leader de l'UNSA ,  Luc Bérille.

La nouvelle venue a-t-elle toujours sa place au gouvernement ?
Les demandeurs d'emploi ne doivent pas avoir à pâtir aussi de cette erreur de trop. 

jeudi 9 avril 2015

Journée contre l'"austérité": une grève invisible peut être une manifestation réussie, selon la CGT

Une "belle mort" du syndicalisme ?...

La France n'a pas tourné au ralenti jeudi, mais la CGT se satisfait d'avoir réussi son pari parisien.


Les quatre syndicats réformistes (CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA) s'étaient tenus à l'écart et l'extrême gauche a peiné à mobiliser pour sa journée de grèves et de manifestations contre l'"austérité", lancée par quatre organisations syndicales contestataires (CGT, FO, FSU et Solidaires).

Philippe Martinez assure que le jeudi 9 avril aura démontré la force militante de la CGT. La centrale de Montreuil n'hésite pas à parler d'un "succès retentissant" et prépare un 1er-Mai unitaire. A Paris, des dizaines de milliers de manifestants (120.000, selon la CGT) ont défilé de la place d'Italie aux Invalides dans une marée de calicots et de drapeaux rouges mettant en évidence le déploiement de moyens et l'écrasante domination des cégétistes dans le cortège. La CGT, démontrant un vrai savoir-faire, avait bien fait les choses en faisant monter dans la capitale plus de 250 cars transportant 18.000 militants. La mobilisation des retraités, des fonctionnaires et des employés municipaux a fait le reste.

VOIR et ENTENDRE les a priori du service public de télévisions, avant le départ de la manifestation cégétiste:

Pour
Philippe Martinez, qui a mis cette journée à profit pour asseoir sa légitimité sur une centrale encore ébranlée par la crise interne qui a entraîné la démission de son prédécesseur, Thierry Lepaon, il s'agissait d'un test avec consigne aux militants de donner une image de rassemblement après avoir étalé leurs divisions. Les plaies nées ne sont pas encore pour autant cicatrisées et le secrétaire national de la CGT est toujours confronté, un an avant le congrès confédéral de Marseille, en avril 2016, à des remous dans plusieurs secteurs importants – santé, transports, énergie – de sa confédération.

300.000 manifestants, selon la CGT et en France

 
  A Paris, les manifestants anti-austérité... par lemondefr
En tête du cortège parisien, où se tenaient au coude à coude, au premier rang, Philippe Martinez, Jean-Claude Mailly, Bernadette Groison (FSU) et Eric Beynel (Solidaires), une banderole indiquait la couleur "contre l'austérité, pour les salaires, les services publics, l'emploi, la protection sociale". "Le mot d'ordre, a déclaré le secrétaire général de la CGT, c'est contre l'austérité et pour des politiques alternatives à celle du gouvernement et du MEDEF, revalorisation des salaires, réduction du temps de travail, tout ce qui fait en sorte qu'on puisse développer l'emploi."

Les rassemblements CGT en province étaient moindres que lors des précédentes journées d'action, comme celle du 18 mars 2014, organisée avec FO, la FSU et Solidaires, où 140 manifestations avaient eu lieu, contre 86 ce 9 avril. Les manifs de province auraient rassemblé, selon la CGT, 45.000 manifestants à Marseille (7.000, selon la police), 8 000 à Toulouse (4 000), 10 000 à Bordeaux (4.700), 7.000 à Lyon (4.200). Au total, la CGT parle de 300.000 manifestants dans toute la France (240 000 en mars 2014). 

En revanche, lancé par Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, 
l'appel à la grève interprofessionnelle est, lui, resté invisible

Jean-Claude Mailly : "Il faut que Manuel Valls réponde à nos revendications." 
La carte jouée par FO, celle de la grève interprofessionnelle, que Jean-Claude Mailly avait lancée en février lors de son congrès à Tours, n'a pas eu le même écho. N'ont été visibles que les grèves qui étaient sans rapport direct avec l'action du 9 avril, comme celles des contrôleurs aériens ou de Radio France. A la RATP et à la SNCF, il n'y a pas eu de préavis et les transports ont circulé normalement. La Tour Eiffel a été touchée de même que le musée du Louvre.

24% des enseignants en grève
Selon le SNUipp-FSU, 24% des enseignants des écoles maternelles et élémentaires ont cessé le travail -les irréductibles qui répondent présents, quel que soit le mot d'ordre- avec un pic à 50% à Paris et en... Seine-Saint-Denis. Plusieurs organisations d'enseignants, dont le SNUipp-FSU (syndicat dominant du primaire) et le SNES-FSU (syndicat du secondaire proche de la CGT qu'il suit dans toutes ses actions), ont appelé à cesser le travail pour dénoncer notamment le blocage des salaires des fonctionnaires depuis 2010.
A La Poste, on n'a compté que 6,65% de grévistes.
Hormis dans le ciel, où l'appel à la mobilisation coïncide avec un mot d'ordre lancé par le premier syndicat de contrôleurs aériens, les transports ont fonctionné normalement. La SNCF comme la RATP avaient d'ailleurs prévu un trafic normal sur leurs réseaux.
Alors que
Radio France est en grève depuis plus de trois semaines, un appel à la mobilisation a aussi été lancé à France Télévisions.

Si la CGT a fait état d'appels à la grève dans 800 entreprises publiques et privées – ce qui est faible par rapport au nombre d'entreprises –,
le secteur privé, peu représenté dans les cortèges, a été le grand absent. A la mi-journée, Pierre Gattaz, le président du MEDEF ("le renard dans le poulailler", selon Mailly, ci-dessous), qui avait été reçu le matin même par François Hollande, confiait que dans son entreprise, Radiall, il n'avait pas connaissance d'un appel à la grève. Les deux principaux syndicats sont pourtant la CGT et Solidaires qui revendiquent des hausses de salaires, de 6% pour la première et de 4% pour le second. Le patron des patrons n'excluait pas qu'il y ait un débrayage symbolique en fin de journée.

Un coup de faucille dans l'eau

VOIR et ENTENDRE le positionnement de FO, dont L'Opinion interroge le patron de FO (J.-Cl. Mailly confirme -aller à 5'20"- qu'il est, comme ses deux prédécesseurs, encarté au PS):
Les syndicats radicaux ne pourront pas échapper au débat sur les journées d'action à répétition. Depuis trois ans, les commentateurs socialistes tentent de démontrer que les salariés préfèrent exprimer leur mécontentement ou leur colère dans les urnes plutôt que dans la rue. "Le gouvernement devrait être attentif à ce qui se passe aujourd'hui, a déclaré Jean-Claude Mailly. Ou il écoute ou il n'écoute pas, c'est son problème. Mais qu'il ne vienne pas se plaindre après."
Même quand elle ne se solde pas par un échec, ce type d'action ne fait pas bouger le gouvernement d'un iota, insistent les commentateurs... "indépendants". Après la déroute de la gauche aux élections départementales, Manuel Valls a fait des annonces le 8 avril sur l'investissement et la création d'un compte d'activité, mais elles s'adressaient à son électorat et à Martine Aubry avant le congrès du PS, en juin à Poitiers. Les syndicats contestataires sont et restent exclus du spectre politique de l'exécutif. 
Au final, la journée du 9 avril est un nouveau coup d'épée dans l'eau.



vendredi 27 juin 2014

Chômage: le gouvernement fait "fausse route", observent les syndicats

Les syndicats constatent, bras ballants

Le gouvernement n’a toujours pas inversé la courbe…



Ce nouveau coup dur est plus dur pour les Français que pour le gouvernement de Manuel Valls. Lui-même n'a pas pu camper sur le déni, admettant que ces chiffres sont "mauvais", mais ajoutant après plus de deux années d'hollandisme zigzagant qu’il n’y a pourtant "pas de fatalisme"
Et Valls nous met tous en cause. "L’heure est à l’action et c’est la responsabilité de tous", a-t-il affirmé en tant que premier ministre, en marge d’une visite d’une friche ferroviaire à Paris. Les responsables sont pointés du doigt. "Je compte sur les entreprises de France, avec les moyens que nous allons leur donner, la baisse du coût du travail, la baisse de la fiscalité", pour inverser la tendance, a-t-il estimé à son tour, après Ayrault.

L'opposition s'exaspère

Le premier secrétaire coopté du parti présidentiel, Jean-Christophe Cambadélis, a évidemment relativisé la responsabilité de l’actuel gouvernement dans ces chiffres. "A partir du moment où il n’y a pas de croissance, il est presque impossible d’inverser la courbe du chômage", a-t-il avancé sur i-télé (groupe Canal+). Sauf que le gouvernement est aussi responsable de la non-reprise de la croissance...

De son côté, François Fillon (UMP), s’est interrogé sur son blog: "Quel niveau de chômage faudra-t-il atteindre pour que le président de la République comprenne que sa politique ne marche pas et que notre système est bloqué depuis des décennies?"

Pour le FN, "le gouvernement s’obstine dans ses erreurs et sombre dans le déni»". "Déni quant aux effets désastreux de la politique qu’il conduit, et déni de sa responsabilité particulière, en refusant de s’exprimer, et donc de présenter aux Français la réalité de la situation du chômage dans notre pays", a réagi le parti politique d’extrême droite dans un communiqué, taclant au passage le ministre du Travail, François Rebsamen, qui a refusé d'assumer les chiffres du chômage en les commentant. D'ailleurs, si Michel Sapin continue à annoncer les mauvais chiffres, il a également cessé de les analyser. 

Passivité des syndicats réfugiés dans le "ministère" de la parole  

Pour le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, le gouvernement devrait se demander s'il ne fait pas "fausse route". "Quand il n'y a pas de croissance économique, il ne faut pas s'étonner de la hausse du chômage. La question qu'il (le gouvernement, ndlr) devrait se poser c'est : "Est-ce que je ne fais pas fausse route sur ma politique économique, est-ce que je ne dois pas changer de politique économique?"", a-t-il mollement déclaré sur LCI.

La CGT parle d'"urgence sociale". "Le gouvernement admet que ces chiffres ne sont "pas bons" [pour ne pas dire mauvais?] (...) il s'obstine pourtant à poursuivre une politique économique et sociale en totale opposition avec le besoin de relancer la consommation par l'augmentation du pouvoir d'achat des salaires et des pensions des ménages et des investissements". "Il n'y a pas un sou pour aider les salariés les plus en difficultés, mais 30 milliards d'euros sont accordés aux entreprises sans contrepartie pour les salariés", dénonce sans relâche le syndicat anti-libéral d'extrême gauche.

La CFDT, qui pourtant accompagne le pouvoir PS, a jugé "les chiffres alarmants"Partisane du voeu pieux, elle appelle le gouvernement à "redoubler d'efforts pour l'emploi"...

lundi 3 septembre 2012

Hollande franchit le seuil des 3 millions de chômeurs

La gauche sociale crée des chômeurs: elle constate, impuissante, les bras ballants
Ce n'est plus à faire !
"Les 3 millions, c'est déjà fait", a enregistré ce week-end le ministre du travail   
Le seuil symbolique des 3 millions de demandeurs d'emploi "sans activité" (?), quasiment atteint fin juillet - pendant les vacances du gouvernement - est désormais franchi, sans espoir d'amélioration à court terme, a en effet affirmé dimanche le ministre du Travail Michel Sapin, à l'issue d'une semaine chargée, selon la presse, sur le front de l'emploi.

Suite à la présidentielle
, le nombre de demandeurs d'emplois inscrits en catégorie A à Pôle Emploi a bondi de 1,2% fin mai, ce qui représente 33.300 chômeurs de plus sur un mois.
Télescopage des politiques. 

Alors que la plupart des économistes et des chefs d'entreprise mettent en garde contre le handicap que fait peser sur l'emploi une hausse du SMIC, le "coup de pouce" au salaire minimum a été annoncé dans la même journée que la hausse du chômage du mois de mai. "
Il s'agit de la plus importante hausse depuis octobre 2009, soit 31 mois.


"L'année prochaine, quel sera le taux de chômage ? 
Personne ne le sait. Les 3 millions (de demandeurs d'emplois sans activité) c'est déjà fait. Les chiffres que vous commentez, qui sont les chiffres du mois de juillet, sont aujourd'hui dépassés; on est en septembre. Ce n'est pas la peine de s'interroger sur 10%. C'est déjà fait !", a constaté, les bras ballants, le ministre à Radio J.
Sapin admet que, fin juillet, le nombre de demandeurs d'emploi  frôlaient déjà les 3 millions en métropole (2,987 millions). Mais qu'a-t-il fait ? Quelles mesures d'urgence a-t-il pris ? "Les chiffres du mois de juillet sont aujourd'hui dépassés, on est en septembre. (...) D'ailleurs l'outre-mer fait partie de la France, donc si vous prenez le chômage en outre-mer, vous avez dépassé les 3 millions", a-t-il insisté. DOM compris, 3,232 millions demandeurs d'emploi sans aucune activité étaient recensés fin juillet - 4,733 millions au total, en incluant ceux avec une activité réduite.
Borné, Ayrault ne confirme pas le chiffre

Interrogé lors de l'émission "Tous politique" de France Inter/AFP/Le Monde, le Premier ministre Jean-Marc
Ayrault a admis dimanche que le nombre des demandeurs d'emploi était "très violent", sans confirmer le nombre de 3 millions en métropole. Il n'a pas pu nier que le chiffre de 3 millions est exact "si l'on ajoute les chiffres en métropole et en outre-mer". Mais, dans ce souci de transparence annoncée, il a tenté d'occulter le total de 4,733 millions.
Et "la situation est préoccupante", a-t-il souligné. 

Après les chiffres "vraiment mauvais" de juillet,
les partenaires sociaux comme le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, ont appelé le gouvernement "à modifier sa politique économique"...
Chérèque prône une accélération des réformes

Le leader de la CFDT, François Chérèque, a prôné ce week-end une "accélération des réformes". 


Lundi, le secrétaire général de la
CGT Bernard Thibault a estimé lundi qu'il y avait "urgence" sociale, mettant également en avant les millions de personnes en "sous-emploi".
Pour Michel Sapin, "la question est : est-ce que cela va augmenter encore beaucoup?(sic) 
Oui, cela va augmenter", a-t-il froidement prévu. "Est-ce qu'à un moment donné on peut l'inverser ? Oui, on peut l'inverser. Ce sont des décisions économiques, ce sont des décisions européennes qui sont là". Ce sont les décisions quine sont pas venues en trois mois de temps perdu à distribuer bisous et autographes sur les plages du Sud-Est.
"Il faut de la croissance pour pouvoir créer des emplois et ainsi lutter véritablement contre le chômage", a-t-il souligné, sans dire comment il s'y prendra peut-être un jour, avant que Moody's ne prenne le mors aux dents et nous augmente le prix du crédit et le poids de la dette publique.
Ouverture des négociations ...dans quelques jours

Face à l'urgence, on dit que le président de la République, François Hollande, a consacré mercredi dernier le premier conseil des ministres de la rentrée à "la bataille pour l'emploi", considérée comme "l'enjeu numéro un du quinquennat". 

Michel Sapin (ci-contre, air inspiré) y a présenté sa première mesure phare, les "emplois d'avenir" pour les jeunes non qualifiés, visant 150.000 contrats en 2014, dont 100.000 dès 2013. Depuis les emplois-jeunes de Jospin, on sait, hélas  d'expérience, que ces "emplois d'avenir" qui n'en sont qu'une resucée, ne débouchent pas une authentique insertion. 


"Malheureusement, aucune étude d'impact n'a été demandée pour évaluer ce que sont devenus ceux qui en avaient bénéficié, ni comment ils se sont insérés ensuite sur le marché du travail", fait observer la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, dans les colonnes du journal  Le Monde


A l'UMP, on critique aussi
un gouvernement socialiste qui "récidive là où il a échoué il y a quinze ans avec les emplois jeunes. (...) Les emplois aidés à grande échelle ne sont pas une solution durable pour l'insertion des jeunes sur le marché du travail".

Après ce projet suivront en 2013 les "contrats de génération", qui vont "permettre à des jeunes de rentrer dans l'emploi en CDI et permettre à des plus âgés de rester dans l'entreprise", a rappelé M. Sapin.
L'ouverture de la négociation est prévue "dans quelques jours" avec l'objectif de créer 500.000 contrats en cinq ans. Le gouvernement lancera aussi la délicate négociation sur la "sécurisation de l'emploi" le 10 septembre en transmettant aux partenaires sociaux un document d'orientation. "Le contrat de travail n'est plus un contrat stable", a admis Michel Sapin pour lequel il faut "revoir cela pour donner plus de sécurité dans l'emploi".
Question de la flexibilité en suspend

Mais Michel Sapin culpabilise les entrepreneurs 
"De l'autre côté", les entreprises doivent aussi "pouvoir s'adapter" aux nouvelles donnes économiques. "Il faut permettre une adaptation en terme d'organisation du travail, en terme de localisation de l'emploi, aussi en terme de quantité d'emplois", a estimé le ministre, choisissant, à l'instar du Premier ministre Jean-Marc Ayrault cette semaine, de parler d'"adaptation" plutôt que de "flexibilité".
Un gouvernement qui se consacre aux éléments de langage plutôt que de se colleter avec la réalité quotidienne des Français les plus vulnérables. "Je ne sais pas ce que c'est que la flexibilité, je sais ce que cela veut dire dans la bouche de certains, cela veut dire qu'il faut que les salariés courbent l'échine", a-t-il lancé.
Les salariés "ne doivent pas être des variables d'ajustement", a proclamé M. Ayrault sur France Inter.
Mais en attendant?...
Pour l'heure, Matignon n'a pas confirmé ces chiffres.Ayrault reste dans le déni de la réalité.