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samedi 18 janvier 2020

Contestation sociale : le ministre de la Culture renonce à sa cérémonie des voeux 

Franck Riester annule ses voeux, sous la menace d'une action de la CGT

"Les conditions ne sont pas réunies pour que la séance traditionnelle de présentation des voeux se déroule sereinement", ont estimé les services du ministre.
Agir, c'est battre en retraite?


Le ministère de la Culture a annoncé vendredi l'annulation de la cérémonie des voeux de Franck Riester, qui devait se dérouler lundi à Paris, en raison d'une action que la CGT voulait organiser pendant cet événement pour protester contre la réforme des retraites.

"Nous avons le regret de vous informer que la présentation des voeux aux professionnels de la Culture qui devait se tenir le lundi 20 janvier 2020 à 18h30 à la Bibliothèque nationale de France est annulée. En effet, les conditions ne sont pas réunies pour que celle-ci se déroule sereinement", ont indiqué les services du ministère, dans un message envoyé aux invités à cette cérémonie.

"Faire entendre nos voix"

Un porte-parole du ministère a confirmé cette annulation, en précisant que "le ministre aura prochainement l'occasion de s'exprimer".

Cette décision a été prise après que la CGT a annoncé son intention de profiter de la tenue de ces voeux pour rappeler son opposition à la réforme des retraites.

La CGT Spectacle, la CGT Culture, le SNJ-CGT, la Filpac-CGT et l'intersyndicale Culture avaient donné rendez-vous à leurs adhérents lundi à la BnF "pour faire entendre nos voix et exiger le retrait du projet de réforme des retraites !", selon un tract diffusé vendredi par ces organisations.


samedi 14 septembre 2019

La politique de Macron reste impopulaire et les Français soutiennent donc toujours les urgentistes et les Gilets Jaunes

Ouest-France manipule l'opinion avec son interprétation d'un sondage pour La Tribune

"Une majorité des Français en a assez des Gilets jaunes
," lance le site détenu par un homme politique monégasque.

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"Nous vivons une époque où rien ne nous est épargné,"
s'est plaint Macron en juillet
A une petite majorité, 52 % des Français sélectionnés souhaitent que le mouvement des Gilets jaunes s’arrête dans les prochaines semaines. C’est ce qui ressort d’une enquête publiée ce mardi matin par BVA pour le quotidien La Tribune, qui touche des subventions de l’Etat français: 2,53 millions d’euros du fonds d'aide à la modernisation de la presse entre 2003 et 2010... Autant dans la période suivante ?

Dix mois après le début de la grogne des Gilets jaunes aux ronds-points, un peu partout dans les rues de France, et après la relance de la mobilisation le week-end dernier, une majorité des Français (52 %) qui effectuent leur rentrée ne souhaiterait pas que ce mouvement se poursuive dans les prochaines semaines: est-ce à dire qu'ils attendent de l'arrogant Macron qu'il quitte sa posture de rigidité C’est l'interrogation que pose ce sondage BVA réalisé pour le quotidien La Tribune, auprès de mille personnes, entre les 5 et 6 septembre, en pleine rentrée scolaire.

Les personnes les moins réceptives au combat des Gilets Jaunes sont les retraités (63 %), les cadres (61 %) et les professions intermédiaires (58 %), notamment les petits commerçants, tous craignant les débordements des éléments les plus radicaux. 
Evidemment, les sympathisants de La République en marche sont également 93 % à dire leur ras-le-bol face à cette contestation de la politique de leur idole, Manu 1er et de leur icône, Brigitte. 
Ils ne sont plus que 73 % chez les proches du parti Les Républicains, dont des Juppéistes.

A contrario, 52 % des employés et ouvriers soutiennent toujours la mobilisation sociale, qui ne sont la cible ni commerciale, ni éditoriale de La Tribune. 
Sont pareillement hostiles, 47 % des Français vivant en zone rurale, 80 % des sympathisants de La France insoumise et 64 % des proches du Rassemblement national. 
BVA souligne enfin que " le mouvement des Gilets jaunes reste encore très populaire auprès des catégories de population l’ayant porté à l’origine".

Les Français sont encore assez partagés sur l'avenir qu'il voient à cette lutte pour leur pouvoir d'achat.
 
Si 38 % d’entre eux pensent que la mobilisation va regagner en intensité, avant même que la réforme de leurs retraites ait pris tournure, ils sont seulement 30 % à estimer qu’elle va s’essouffler, puisque les réformes vont pleuvoir, annonce-t-on, et donc 18 % qu’elle va s’arrêter dans les semaines qui suivent. 
85 % des personnes se déclarant Gilet Jaune restent convaincus que la mobilisation va s’intensifier rapidement.

Fin juillet, Macron ne jouait pas aux apprentis-sorciers de BVA et prévenait que la crise n’est pas "derrière nous".
Alors que plusieurs centaines de 
Gilets jaunes s'étaient rassemblés à Perpignan, le samedi 27 juillet, et que de nombreuses permanences de députés-godillots étaient taguées par des exploitants agricoles dénonçant leur soutien au CETA, le président Macron était résigné sur le sujet sur son lieu de vacances, parmi quelques militants volontaires et "bagués" de bracelets verts ou bleus pour assurer le déroulement harmonieux de la causerie, à Bormes-les-Mimosas (Var).
"Il y a des problèmes profonds dans notre pays qui sont liés à l'injustice, aux difficultés économiques qu'on connaît depuis très longtemps", avait admis l'ancien conseiller de Hollande à l'Elysée (2012-2015) et ex-ministre de l'Economie jusqu'en 2016. Et d'ajouter: "Je ne crois pas du tout que ce qui à un moment créé la colère sincère d'une partie de la population soit derrière nous". BVA cherche-il à polémiquer avec Macron ?...
La Tribune n'a retenu que l'épisode précédent où le chef de l'Etat avait donné le sentiment qu'il considérait que la contestation était de l'histoire ancienne. Lors d'un dîner avec ses ministres, il avait en effet lancé que le pays était "passé des Gilets jaunes au maillot jaune", en référence au coureur français Julian Alaphilippe, un saillie qui aura laissé Brigitte de marbre, mais un trait d'humour que la presse au premier degré avait manifestement mal "décrypté"! 


Il est vrai que Macron a bel et bien estimé que le gouvernement a su répondre à une partie de la colère à l'origine du mouvement des Gilets jaunes. Mais il reste l'autre partie et du travail. "Il y a une partie à laquelle nous n'avons pas encore répondu parce que ça prend du temps, s'est-il justifié. Il y a aussi une colère à laquelle il n'y a pas forcément de réponses immédiates", a aussi prévenu le président à qui on ne peut demander de décrocher la lune. Le mirage jupitérien a passé... "Redonner du sens à l'action, parce qu'il faut, non pas chercher à éteindre les peurs mais à redonner une perspective," tel est le message. Ca ne mange pas de pain. Ca n'en donne pas non plus. 
Le président disait enfin avoir "beaucoup de détermination et d'humilité". Un point commun avec les Gilets Jaunes...

Autre point scruté par BVA, le soutien - ou non - des Français à la politique économique de Macron 

Les indicateurs du climat des affaires dans les services comme dans le bâtiment sont, quant à eux, restés stables à respectivement 100 et 104.

Ils sont toujours une majorité à critiquer les choix du gouvernement en la matière (55 % les jugent mauvais),
mais  La Tribune fait valoir qu'ils sont moins nombreux (- 7 points) qu’en juin. Plus heureux qu'au Portugal ?
"Aujourd’hui, une personne sur trois (33 % ; + 5) juge positivement la politique menée sur le plan économique, indique BVA: c'est l'effet retour de vacances, mais c'est-à-dire que deux sur trois ne sont pas contents ! Ces perceptions sont d'ailleurs toujours aussi clivées selon la catégorie sociale des personnes interrogées : La Tribune n'a pas retenu que seulement 25 % des ouvriers et des employés émettent un jugement négatif, contre les 45 % de cadres qui se disent ravis et qui intéressent le site.

Il y a quelques jours, le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, avait confirmé la prévision de son gouvernement d’une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,4% pour l’ensemble de l’année 2019. "La France a un niveau de croissance solide : 1,4%. Je confirme ce chiffre pour 2019", déclarait-il dans un entretien à La Croix.

Mais, lundi 9 septembre, la Banque de France avait confirmé sa prévision d’une croissance de l’économie française de 0,3% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents, sur la base de son enquête mensuelle de conjoncture d’août. La croissance du produit intérieur brut de la France demeurerait ainsi sur le même rythme qu’au cours des deux trimestres précédents.
Mais il misait sur 0,4%...

Une majorité des personnes interrogées soutient encore plus fortement le mouvement social dans les urgences hospitalières

Le premier dure depuis dix mois; le second, depuis seulement cinq, moitié moins...
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Des patients soignés dans les couloirs
Selon BVA, "alors que la santé est une préoccupation grandissante dans le pays, la situation des urgences hospitalières est un sujet qui interpelle nettement les personnes interrogées, quel que soit leur profil socio-démographique".


Les Français sont inquiets de l'avenir de la contestation dans la moitié des services hospitaliers en France.
La quasi-totalité des personnes interrogées (87 %) approuve la grève dans les urgences hospitalières. Selon BVA, "alors que la santé est une préoccupation grandissante dans le pays, la situation des urgences hospitalières est un sujet qui interpelle nettement les personnes interrogées, quel que soit leur profil socio-démographique".


Les annonces de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, lundi soir, ne sont pas parvenues à convaincre et à rassurer une majorité de Français ?
Insatisfait par les mesures annoncées le 10 septembre par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, pour régler la crise de l'hôpital public, l'association des médecins urgentistes de France (AMUF) de Patrick Pelloux a décidé de se joindre au mouvement de grève qui touche 250 services dans toute la France. Il était accompagné notamment d'Hugo Huon, le président du collectif Inter-Urgences à l'origine de la grève. "Nous demandons aux médecins urgentistes de se déclarer grévistes dans les services déjà en grève", a déclaré Patrick Pelloux, lançant "un appel aux autres syndicats (de médecins hospitaliers) pour qu'ils prennent leurs responsabilités". L'intersyndicale Action praticiens hôpital s'est jointe au mouvement. Message également reçu pour l'intersyndicale Action praticiens hôpital qui a décidé jeudi en conseil d'administration de se joindre au mouvement, a annoncé son vice-président, le Dr Renaud Péquignot.

Un "plan inutile" pour le docteur Patrick Pelloux 
"On n'est pas du tout d'accord" avec les mesures dévoilées lundi par le gouvernement et chiffrées à 750 millions d'euros jusqu'en 2022. "Cet argent est totalement inadapté", a-t-il souligné. "On sait pertinemment que cet argent est pris aux autres", a-t-il lancé, plaidant pour une prise en compte de "la problématique globale de l'hôpital".

"Le problème des urgences c'est celui de l'hôpital tout entier", a fait valoir le président d'APH, le Dr Jacques Trévidic. "On veut la réouverture des lits, la réembauche de tout le personnel qui a été supprimé au fil du temps et une revalorisation qui corresponde simplement au rattrapage de dix ans de blocage de salaires", a expliqué le Dr Péquignot.

"Ce plan est inutile et délétère, il ne répond pas aux problèmes qu'on a depuis des années", s'est agacé Patrick Pelloux, déplorant notamment le futur "service d'accès aux soins" promis par la ministre pour réguler les appels aux secours, "irréalisable compte tenu des problèmes de recrutement dans les Samu."

Le plan de "refondation" des urgences hospitalières présenté lundi par Agnès Buzyn prévoit également des "admissions directes" sans passage aux urgences pour les personnes âgées et une meilleure "gestion des lits" disponibles dans les hôpitaux.
Mais pas de revalorisations salariales de 300 euros net mensuels ni de lits et d'effectifs supplémentaires réclamés par le collectif, qui a voté mardi la poursuite du mouvement.
"Le 26 septembre, on appellera chaque médecin (pas seulement les urgentistes) à rejoindre les actions localement prévues » par le collectif Inter-Urgences et « on se joindra à une journée de grève nationale dont la date doit être décidée avec le collectif pour la mi-octobre", a précisé Pelloux.
L'AMUF s'associera désormais à toutes les actions prévues par le collectif, comme les rassemblements locaux prévus le 26 septembre, a précisé Patrick Pelloux. Or, d'après l'Inter-Urgences, 250 services étaient déjà en grève en début de semaine.

BVA et son donneur d'ordres, La Tribune, ont l'air de quoi, avec leur sondage à côté de la plaque ?

samedi 13 janvier 2018

Tunisie : les événements, du départ de Ben Ali en janvier 2011 jusqu'aux récentes manifestations sociales

Les islamistes sont-ils derrière l'agitation sociale en Tunisie ?

Janvier 2018: trois jours de fronde en Tunisie


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Sept ans après la révolution contre la dictature et la corruption, la Tunisie connaît de nouveaux soubresauts liés à une contestation sociale toujours marquée par les mêmes slogans de "travail, liberté, dignité", nombre de Tunisiens s'impatientant de voir un jour leurs conditions de vie s'améliorer au rythme espéré.
Cette semaine, exploitant l'entrée en vigueur début janvier d'un budget d'austérité, les islamistes ont orchestré un mouvement de contestation qui aurait pu mal tourner. 

Le 7 janvier, dans le centre de Tunis, près du ministère de l'Intérieur, de jeunes activistes se sont rassemblés sur l'avenue Bourguiba pour exiger notamment l'annulation de l'augmentation des prix. "Ni peur, ni terreur, la rue appartient au peuple", scandaient ces jeunes, lorsque des policiers dispersèrent le rassemblement, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. 

-La ville de Tebourba, proche de Tunis, a été secouée par plusieurs nuits de heurts cette semaine entre des jeunes protestataires et les forces de sécurité, tout comme plusieurs autres villes, où quelque 800 personnes auraient été arrêtées.

A Kasserine, quelques dizaines d'individus ont incendié des pneus et ont jeté des pierres sur des agents de sécurité, qui répliquent par des gaz lacrymogènes. 

A Sidi Bouzid, après une manifestation pacifique, des routes furent brièvement bloquées par des pierres et des pneus. 

Lors d'une nouvelle nuit de troubles, le 9 janvier, plus de 200 personnes auraient été arrêtées et des dizaines blessées. 
A Sidi Bouzid encore, des manifestants coupèrent des routes, jetèrent des pierres, et la police répliqua à coups de gaz lacrymogènes. Des incidents eurent lieu à Kasserine, Gafsa, Jedaida et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis.

Selon le ministère de la Défense, l'armée a été déployée autour de banques, bureaux de poste et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays. Le puissant syndicat UGTT, condamne "la violence et le pillage", appelant à "protester de manière pacifique". Principale centrale syndicale de Tunisie, avec 750 000 adhérents, l'UGTT tente de reconquérir sa domination: en effet, depuis la révolution de 2011, l'UGTT est en rivalité avec la Confédération générale tunisienne du travail et l'Organisation tunisienne du travail. Elle serait donc tentée par une radicalisation.


Le 10 janvier, des heurts nocturnes furent rapportés à Siliana, Kasserine, Thala et Sidi Bouzid. Des échauffourées gagnèrent plusieurs quartiers de Tunis et reprirent à Tebourba. Les dessertes ferroviaires furent annulées dans certaines zones après qu'un train eût été attaqué en banlieue sud de Tunis. Le Premier ministre Youssef Chahed condamna les actes de "vandalisme" qui, selon lui, "servent les intérêts des réseaux de corruption pour affaiblir l'Etat". Il pointe du doigt le Front populaire, un parti de gauche opposé au budget.

Le 11 janvier, à Siliana, des dizaines de jeunes jettent des pierres sur des agents des forces de sécurité qui ripostent par des tirs de gaz lacrymogènes. En revanche, la situation reste calme à Kasserine, Thala et à Sidi Bouzid, ainsi qu'à Tebourba. Le Front populaire appelle le Premier ministre à "trouver des solutions pour les jeunes tunisiens", estimant que "les manifestations pacifiques font partie de l'équation démocratique".

Le 12 janvier, l'ONG Amnesty International interféra de manière partisane en demandant aux forces de sécurité de "ne pas employer une force excessive" et l'accusant "de recourir à des manoeuvres d'intimidation contre les manifestants pacifiques", selon elle. 


Quelques centaines de personnes manifestèrent à Tunis et à Sfax (centre) pour protester contre le budget d'austérité et réclamer sa révision en adressant un "carton jaune" au gouvernement.

Manifestation à Tunis, le 9 janvier. Photo FETHI BELAID / AFP.

Le 13 janvier, le président tunisien Béji Caïd Essebsi devait rencontrer ce samedi les partis au pouvoir, les syndicats et le patronat pour discuter des moyens de sortir de la crise. Ce mouvement de protestation aurait été déclenché par l'adoption d'un budget 2018 qui a augmenté les impôts et créé des taxes grignotant un pouvoir d'achat déjà éprouvé par une importante inflation. Pour la politologue tunisienne Olfa Lamloum, "ces mobilisations sociales révèlent une colère, portée par les mêmes qui s'étaient mobilisés en 2011 et n'ont rien obtenu comme droits économiques et sociaux".

Il faut dire que cette "politologue" est privée de son passeport tunisien depuis 1999 en raison de son opposition au régime, sous couvert d'un engagement en faveur des droits de l’homme en Tunisie. Elle est néanmoins chargée de cours à l'Université Paris X à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, et a bénéficié d'un décret de naturalisation le 21 décembre 2004 émis par la préfecture de ...Seine-Saint-Denis, sous le gouvernement Raffarin, Dominique de Villepin étant ministre de l'Intérieur. Lors de la cérémonie citoyenne, elle assista à l'exclusion de cinq femmes couvertes d'un foulard qui refusaient de retirer leur voile ou leur bandana. Elle portera alors l'affaire sur la place publique et publia un communiqué.
La révolution tunisienne avait démarré avec l'immolation par le feu, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, justement, une ville déshérité dans l'arrière pays et sous l'emprise islamiste, d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Un mouvement de protestation contre le chômage et la vie chère avait suivi, marqué par des émeutes sanglantes qui s'étaient rapidement propagées à tout le pays. Sous la pression des événements, le président Zine el Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, avait cédé le pouvoir le 14 janvier 2011.

"Les années ont passé et les citoyens sont toujours frustrés des droits pour lesquels ils s'étaient mobilisés", estime dans un récent rapportune ONG tunisienne, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).
Cette organisation (2001) qui se dit non gouvernementale, neutre, indépendante de tout parti politique et de toute institution religieuse, a néanmoins pour but de "contribuer à la mise en oeuvre des droits économiques, sociaux et environnementaux en Tunisie, en soutenant les mouvements sociaux, en construisant le débat public sur la question du modèle de développement et en portant des alternatives grâce à son Observatoire social tunisien et à ses sections locales à travers le pays (dont 2 centres d’écoute et d’orientation pour les femmes à Kairouan et Monastir), et organise des manifestations, comme ce fut le cas le le 10 décembre 2017 devant l'ARP (Assemblée des Représentants du Peuple ), à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des droits de l’Homme. Ce 'forum' est présidé par Messaoud Romdhani, élu au mois de septembre 2017  à la tête du FTDES et qui entama en janvier 2017 une grève de la faim illimitée, pour dénoncer la suppression de toute rétribution depuis sa nomination à la mi-avril 2011 comme membre de l'instance de Ben Achour, Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.Le pays a gardé "le même modèle économique, avec les mêmes problèmes" qu'avant la révolution, polémique le président du FTDES, Messaoud Romdhani. "La situation ne cesse donc d'empirer". En dépit d'avancées démocratiques, "le chômage, la misère et les inégalités sociales et régionales se sont aggravées", assure le FTDES.
L'économie tunisienne a été durement affectée par l'instabilité consécutive à la révolution qui devait garantir des avancées sociales, et le tourisme, un secteur-clé, a souffert des attentats djihadistes qui ont frappé le pays en 2015, dans le sillage de cette révolution

L'Etat, en difficultés financières, s'est tourné vers le Fonds monétaire international. 
Le FMI lui a accordé en 2016 des crédits de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, à condition qu'il réduise ses déficits budgétaires et commerciaux. Le taux de croissance devrait dépasser les 2% en 2017, mais le chômage des jeunes reste très élevé, dépassant les 35%, selon l'Organisation internationale du travail.
Le taux de scolarisation a lui régressé à 96%. Chaque année depuis 2011, 10.000 enfants abandonnent l'école primaire et 100.000 jeunes quittent collège ou lycée sans diplôme, souligne le FTDES. Et ces jeunes aspirent à migrer vers l'Europe francophone.


Preuve du désenchantement croissant, l'émigration clandestine a atteint à l'automne un pic jamais vu depuis 2011.

Lancée par l’opposition de gauche, la fronde s’affranchit peu à peu de toute étiquette politique et on retrouve le mode opératoire islamiste. Leur campagne vise la hausse des prix consécutive à l’augmentation de nombreuses taxes (TVA, droits de douane…). Plus généralement, les islamistes instrumentalisent le ras-le-bol général, dans un contexte économique particulièrement morose. Ainsi, de lundi à jeudi, de jeunes protestataires ont jeté pierres ou cocktails Molotov sur les forces de l'ordre qui ont riposté par des gaz lacrymogènes. 

Un protestataire de 45 ans est mort à Tebourba. Vendredi, quelques centaines de personnes ont manifesté dans le calme à Tunis et à Sfax (centre) contre les mesures d'austérité. Ils ont brandi des "cartons jaunes" en guide d'avertissement au gouvernement à l'appel du mouvement "Fech Nestannew" ("Qu'est-ce qu'on attend"), instigateur de l'impatience populaire et initiateur de la contestation contre la hausse des prix.

La Tunisie continue néanmoins tant bien que mal à construire sa démocratie. Les premières élections municipales de l'après révolution, maintes fois reportées et attendues de longue date pour consolider la transition démocratique, ont été programmées pour mai 2018. Les élections législatives et présidentielle sont prévues en 2019.

Dans un rapport jeudi, le centre d'analyse des conflits ICG - une organisation multinationale bien évidemment indépendante et sans but lucratif de plus de 80 employés répartis sur cinq continents... - qui analyse et produit des connaissances de terrain sur les conflits dans le seul but vertueux de les prévenir et de les résoudre, mais qui est soupçonnée de les créer - a justement souligné que la défiance entre les principaux partis de la coalition gouvernementale entraverait la mise en place des instances constitutionnelles. Ce centre a appelé à la création d'une Haute cour constitutionnelle avant les scrutins de 2018 et 2019.




samedi 2 septembre 2017

Ordonnances: le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

A la rue, le Parti socialiste et FO envoient des signaux contraires

Le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

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Olivier Faure
Le Parti socialiste n'appellera pas à manifester contre les ordonnances sur la loi travail. Contrairement à l'extrême gauche, la CGT, un syndicat, et à La France insoumise, un parti politique, les socialistes ne seront pas dans la rue les 12 et 23 septembre. 
"Nous ne sommes ni syndicalistes, ni Insoumis", a lancé vendredi le président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, à l'occasion d'une conférence de presse.
Le PS préfère lancer une consultation avec les syndicats et les autres formations de gauche, a annoncé le chef de groupe parlementaireL'objectif est de s'accorder sur quelques points de contestation en commun "pour avoir plus de poids dans l'opinion publique". 

Les cadres et militants pourront toutefois participer aux manifestations à titre individuel

Le numéro deux du parti, Rachid Temal, s'est chargé du grand écart. Ex-MJS, patron du PS dans le Val-d'Oise (DVG aux sénatoriales de 2004) et ancien directeur général adjoint de J.-P. Huchon, chargé de la stratégie et des politiques publiques au Conseil régional d'Ile-de-France et actuel, Temal est un apparatchik qui monte : sera-t-il premier secrétaire du PS  derrière  Jean-Christophe Cambadélis? 

Début 2015, à 42 ans, à la suite de la réorganisation du CRT, Rachid Temal avait entamé une procédure aux prud'hommes de Paris pour obtenir plus de 330.000 € de dommages et intérêts pour licenciement sans cause (oui, on sait, c'est bizarre de la part de quelqu'un qui veut partir, mais c'est ainsi). "Cher payé pour quelqu'un qu'on voyait peu au bureau", persifla un fin connaisseur du CRT, rapporté par Marianne. Temal ne fait pas travailler pour lui de collaboratrice familiale, mais les prud'hommes...
En juin 2015, il a été reconduit au bureau national, au côté de Christophe Borgel, responsable du pôle 'élections'.
Il se revendique alors comme un 'hollandais' et anime ce courant avec Stéphane Le Foll, le ministre intermittent au four de l'Agriculture et au moulin de la communication.

Proche de Jean-Christophe Cambadélis, Rachid Temal a assuré toute la partie logistique du référendum socialiste.
Les parlementaires Luc Carvounas et Emmanuel Maurel, par exemple, devraient grossir les rangs du cortège syndical. Ils représentent en effet l'aile gauche du PS.

Olivier Faure, en revanche, ne mélange pas les genres. "Nous sommes une opposition, mais nous avons vocation à incarner une alternance", a fait savoir Faure, pour se démarquer de son homologue Jean-Luc Mélenchon, qui, selon lui, a cédé au "spectacle". 

"C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité, mais de l'insécurité (pour les salariés)", avait commenté Rachid Temal

Résultat de recherche d'images pour "PS contestation sociale"Il faut dire que les Insoumis n'ont pas manqué de rappeler que les socialistes avaient posé les premières pierres de cette réforme en 2016 avec la loi El Khomri, voulue par Macron de l'Elysée ou il fut conseiller à Bercy où il fut ministre de Manuel Valls. 
"Concernant la hiérarchie des normes, notamment, nous avons été mis en difficulté dans l'Hémicycle par Jean-Luc Mélenchon qui nous renvoyait la responsabilité", reconnaît Régis Juanico, député de l'aile gauche. Ce dernier rappelle que le groupe Nouvelle Gauche avait voté à l'unanimité contre le projet de loi d'habilitation. 

De nombreuses lignes rouges cristallisent la contestation du PS sur les ordonnances, le périmètre géographique pris en compte pour le licenciement collectif, l'encadrement des indemnités prud'homales, l'ouverture d'un droit à la négociation dans les PME. "C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité mais de l'insécurité" pour les salariés, a dénoncé Rachid Temal. 
"C'est une occasion ratée, un rendez-vous manqué avec l'emploi et le dialogue social. Ce qui se passe a l'apparence du bon sens mais va menacer la façon dont le dialogue social va s'organiser dans le pays", a abondé Rita Maalouf, 
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Résultat de recherche d'images pour "Rita Maalouf"candidate PS dans le Val d'Oise, née au Liban, qui créa la polémique en déclarant dans son CV de campagne qu'elle exerçait la 'Profession' de 'Vice Présidente d’un établissement bancaire", ce qui fut contesté. Elle n'aurait pas été davantage "associée"au sein de la société Fidei Finance Consultants, pas plus que diplômée de l’Ecole Spéciale d’Architecture (ESA). Au moins a-t-elle reconnu avoir été contrôlée positive lors d’un test anti-dopage à l’issue du Marathon de Beyrouth de 2003...

Les dirigeants PS regrettent en outre que le débat parlementaire soit convoqué a posteriori de l'entrée en vigueur de la loi. 
"C'est une parodie de débat parlementaire et un déni de démocratie", s'est insurgé Olivier Faure. 
"Le calendrier a été bien pensé pour prendre tout le monde de vitesse, mais les macronistes ne doivent pas crier victoire, ils risquent d'être rattrapés par la réalité. La baisse des contrats aidés va faire très mal", anticipe Régis Juanico. 

Certains socialistes s'exaspèrent de la position du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
En première ligne contre la loi El Khomri mais bienveillant sur les ordonnances, son organisation syndicale est pourtant aussi ambiguë aujourd'hui que le groupe PS. "La dernière fois FO était pour un retrait de la loi préalable à toutes discussions", n'a pas oublié l'amer Stéphane Le Foll sur France 2.  

lundi 28 août 2017

Sondage : Macron n'a pas la confiance pour réformer le code du Travail

Les Français ne le voient pas apte à conduire la réforme 

Les Français jugent nécessaire de réformer le Code du travail

Désillusion des Français et de ...Macron 
Pour 56% des Français, le Code du travail est un frein à l’embauche pour les entreprises,
Or, 63% d’entre eux ne font pas confiance au pouvoir pour le réformer, selon le sondage Odoxa pour RTL publié lundi. 

Le plafonnement des indemnités prud’homales serait la mesure qui dérange le plus les Français.
61% y sont hostiles, soit une progression de 8 points depuis mai dernier.

Le recours aux ordonnances  est une mauvaise idée.
Ils sont aussi 63%, soit une hausse de 11 points par rapport à mai.

Cette réforme aboutira à un mouvement de contestation sociale généralisée à la rentrée

C'est, au final, la crainte de 8 français sur 10. 

Le sondage a été réalisé en ligne les 24 et 25 août auprès d’un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.