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lundi 21 octobre 2019

Des pompiers refusent d'assurer la sécurité incendie du jet de Macron

Les sapeurs-pompiers de Mayotte se déclarent "solidaires" de leurs collègues de Métropole

A part ça, le dernier sondage de l'IFOP assure que la popularité de Macron est en "légère" hausse en octobre...

Or, ils ont essuyé des tirs de gaz lacrymogène lors de leur manifestation à Paris le 15 octobre derniernotamment, et cette violence leur est insupportable.

Alors que l'avion Air Force Zero transportant le président Macron est attendu demain, mardi 22 octobre, à l'aéroport de Mayotte, son atterrissage se fera sans les sapeurs-pompiers de la section aéroportuaire de l'île. Ces derniers ont en effet informé le préfet de l'archipel, via un communiqué du Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels, qu'ils refusent d'assurer la sécurité incendie du jet du président de la République.
Le président de la république quitte l’@Elysee pour Mayotte. Pourra-t-il atterrir pour serrer la main de M. le @Prefet976 ? pic.twitter.com/azbDBb3WEV
— SNSPP-PATS (@SNSPP_PATS) October 18, 2019
Les soldats du feu de Mayotte ont déclaré être "solidaires" de leurs "collègues de la Métropole et des DOM-TOM", qui "ont été victimes de jets de bombes lacrymogènes et balles venant de lanceurs de balles de défense" lors de la manifestation des pompiers, le 15 octobre dernier. A la fin de la mobilisation parisienne, au cours de laquelle les forces de l'ordre n'avaient pas hésité à tirer aux canons à eau et au gaz lacrymogène sur leurs collègues d'infortune dans les quartiers "sensibles", sur ordre du gouvernement, déclenchant  des affrontements entre sapeurs-pompiers et policiers faisant fait trois blessés.

"La sécurité adéquate pour l'aéronef de Monsieur le président de la République" ne sera pas assurée...

avion maron.jpg
Le Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels précise que ce geste de réprobation interviendra "une heure avant l'atterrissage jusqu'à quinze minutes après l'arrêt complet des moteurs et que leur activité à l'aéroport reprendra ensuite au complet. 

Les sapeurs-pompiers ajoutent cependant que les forces de l'ordre de Mayotte peuvent se charger de leur travail pour l'arrivée de l'avion de Macron.

Le président de la République fera face à d'autres mécontentements. 
Durant son passage sur l'île, la population mahoraise réclamera des mesures fortes pour lutter contre la pauvreté, l'immigration clandestine ou encore la saturation des services publics.

samedi 22 décembre 2018

LREM, face à la montée de la fronde dans les rangs du parti présidentiel

Sébastien Nadot, premier 'marcheur' exclu

Pour avoir voté contre le budget 2019, le député LREM de Haute-Garonne a été chassé de son groupe à l'Assemblée 

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Ironie du sort
La majorité présidentielle ne manque pas de godillots, mais LREM sent-elle monter la contestation et craint-elle la formation d'un groupe de 'frondeurs' ?

Issu du 'Mouvement des progressistes', créé en 2009 sous le nom du 'Mouvement unitaire progressiste' (MUP) autour de l'ancien secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et sénateur Robert Hue, proche de Hollande, le Toulousain Sébastien Nadot, 46 ans, a été écarté jeudi de son groupe.

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'Premier de cordée' agrégé d'Education physique, il a quitté le parti 'La République en marche' le même jour. Il s'est "exclu" lui-même en franchissant "une ligne rouge", ont répliqué vendredi plusieurs ministres - indélicats envers la séparation des pouvoirs -  et des députés de la majorité, deux femmes connues pour leur sectarisme et un dévot à Macron.
"Le vote du budget, c'est un vote de confiance (...). C'est la traduction de choix politiques. A partir du moment où on ne vote pas le budget, on s'exclut de soi-même du groupe auquel on appartient", a déclaré vendredi la porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé, sur France2.
"Il y a des lignes rouges. Quand on vote contre le budget, on n'a pas sa place dans une majorité", a estimé la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, la stalinienne Marlène Schiappa, tout en précisant par nécessité appartenir "à un gouvernement (...), pas une secte".
"Quand vous votez contre le budget c'est que vous êtes contre la politique qui est menée par le gouvernement". "Il est donc "assez normal, assez logique que cette personne" ait été exclue, a pour sa part noté le ministre conformiste du Logement Julien Denormandie sur LCI. 
Et l'ancien directeur adjoint de cabinet de Macron, alors ministre de l'Economie, d'insister : "C'est un cas isolé", avant de nier : "il n'y a pas de frondeurs" chez les députés marcheurs. Une ingérence dans la marche du groupe parlementaire et donc dans le législatif, lequel n'est pas dans son domaine de compétence depuis deux mois qu'il est ministre, si il a le respect des institutions.


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Sébastien Nadot au côté de Macron

Le bureau du groupe, "convoqué ce soir [jeudi 21] en réunion extraordinaire sous la présidence du redouté Gilles Le Gendre a décidé à l'unanimité des présents l'exclusion de Sébastien Nadot", avait annoncé jeudi le groupe LREM dans un communiqué. 
"Pour moi et pour le bureau, voter contre le budget, c'est la transgression absolue", a commenté le patron du groupe majoritaire dans un entretien avec Le Figaro publié vendredi.


Le député exclu de LREM donne sa vérité

En mai 2017, Nadot déclara : "Je suis un bébé Macron, une déclinaison locale du nouveau président. Bien conscient d’avoir été choisi parce que je lui ressemble, y compris sur le côté belle gueule. Je suis la page que l’on tourne par rapport à une histoire ancienne." Silhouette affûtée dans son costume gris ajusté, teint hâlé et regard charmeur, Sébastien Nadot, 44 ans, prof de gym, mais aussi docteur en histoire, le candidat de La République en marche (LREM) dans la 10e circonscription de Haute-Garonne, assumait son style premier de la classe. Et voilà où nous en sommes ! Et qui donne corps à la revendication de Gilets jaunes : "Macron démission"...


Ce problème technique est-il involontaire ? 
Peut-on y voir une censure du 'frondeur' ?
Pour avoir accès à la déclaration de Sébastien Nadot, c'est plutôt ici :

Sébastien Orphelin sera-t-il le suivant ?

Le député LREM du Maine-et-Loire a déjà fait son coming-out gay en 2018.

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Maintenant, face au mouvement des Gilets jaunes, l'écologiste - ex-militant EELV - a plaidé pour la mise en place d' "un conseil de 100 citoyens tirés au sort pour éclairer les décisions publiques".

Le 19 avril dernier, ce proche de Nicolas Hulot n'envisageait pas de voter le projet de loi Immigration et asile. Il annonça qu' qu'il comptait s'abstenir lors du vote. "Ma décision peut évoluer, mais pour l'instant je m'abstiens", déclara-t-il.
Défavorable au placement des mineurs étrangers dans des centres de rétention, l'élu LREM s'était également déclaré opposé à la réduction du délai pour déposer un recours devant la cour nationale du droit d'asile (CNDA).

Alors, en dépit de ces critiques sur le texte du gouvernement, Matthieu Orphelin rejette l'étiquette de "frondeur" qui lui est accolée depuis une dizaine de jours. "Je ne suis ni godillot ni frondeur", clame-t-il. 
"Macron m'a dit : 'sois-toi-même' ". 
Depuis, Orphelin a peut-être compris ce que, pour Macron, signifie "assumer" ? La limite à ne pas franchir est le vote 'contre'...

samedi 13 octobre 2018

La fronde de l'aile gauche du PS se termine en claquements de portes : un vaudeville

Pourquoi Maurel et Lienemann quittent le PS pour rejoindre Mélenchon

Macron n'avait pas les éléments pour comprendre se qui se tramait

La présence de Mélenchon à Marseille
ne signifie pas qu'il y vient servir leu
rs intérêts
Lorsque le président croise Jean-Luc Mélenchon, 67 ans, sur une terrasse du Vieux Port, à minuit et demi, le 8 septembre dernier, Emmanuel Macron claque la bise à celle qui accompagnait l'ancien ministre délégué (2000-2002) à l'enseignement professionnel de Jospin et qui s'est éclipsée, laissant les deux hommes poursuivre sans elle devant les caméras. Partisane du dialogue et défenseuse de la francophonie, Marie-Noëlle Lienemann glisse au chef de l’Etat : "No comment !", avant de s'esquiver. 

Macron s’est fait présenter l’homme qui était avec les deux anciens ministres, et l'ex-conseiller de François Hollande a laissé entendre à Bernard Pignerol qu’il le connaissait grâce à Bertrand Delanoë. Haut fonctionnaire qui aurait pu être son secrétaire général de l'Elysée, ci-dessus à l'extrême gauche, si Mélenchon n'avait pas été éliminé au premier tour, cet ami du bateleur a en effet travaillé pour l’ancien maire de Paris. 

"Mais pourquoi Lienemann était-elle là ?," aurait demandé à un proche le président, en partant.

Mélenchon/Lienemann/Pignerol, si ces trois-là finissaient la soirée ensemble, c’est parce qu’ils se connaissent depuis trente ans, qu’ils ont été des piliers de la Gauche socialiste, la mythique aile gauche du PS sous Jospin, qui hébergea les "frondeurs" du 'capitaine de pédalo', Hollande. 

Or, s'ils étaient réunis ce week-end là à Marseille autour du futur candidat de l'extrême gauche à la mairie de la cité phocéenne, ce n'était pas pour envisager l'avenir des Marseillais : ils peaufinaient la nouvelle scission du Parti Socialiste. La sénatrice de Paris et son complice, l’eurodéputé Emmanuel Maurel, réunissaient leur club 'Causes Communes' et l’Insoumis y était venu leur déclarer sa passion racinienne : "Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille intellectuelle et affective […] Mes amis, vous nous manquiez" !...

La longue marche solitaire de Jean-Luc Mélenchon vient donc de s'achever

Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et leurs amis quittent le PS. Ils créent un parti, "une maison de la gauche républicaine", dit-il dans son entretien avec 'Le Monde' ce vendredi 12 octobre. Un courant au sein de LFI, comme s'ils n'avaient rien appris de leur expérience de poil à gratter au PS. Le député européen sera candidat sur la liste de 'La France insoumise' (LFI). Il faut bien vivre... Le PS perd les figures historiques de son aile gauche, ceux qui pendant de si longues années ont essayé d’ancrer ce parti dans l’antilibéralisme.

"Je n'y crois plus, c'est fini", confie Emmanuel Maurel, qui a "beaucoup réfléchi" avant de quitter ce parti auquel il a été si attaché. Mardi soir, il a bu un dernier verre avec le premier secrétaire, Olivier Faure. Mercredi il a passé une dernière tête au siège historique du PS qui a été mis en vente. Et lui qui est si heureux de sa nouvelle aventure a été un peu triste : "Je suis passé à Solférino, c’est la dernière journée, il y a des gravats, des cartons, des sacs poubelles...". Adieu Solférino. Adieu le PS. Maurel et Lienemann ont trop avalé de couleuvres, le quinquennat Hollande a achevé de les détourner de ce parti qui, même quand il est très à gauche dans l’opposition, penche à droite dans l’exercice du pouvoir. Ils préfèrent voguer vers d’autres horizons, se rapprocher de l’Insoumis, puisqu'il a le vent en poupe, nous dit-on.

Une bande de potes se retrouve
 
Lienemann et Mélenchon ont tellement milité ensemble qu'ils se connaissent par cœur. 
Maurel et Mélenchon se connaissent aussi depuis des années et se sont toujours appréciés. Maurel était un copain d’enfance de François Delapierre, le regretté fils spirituel de Mélenchon. Et Maurel aime les livres, connaît l’Histoire, réfléchit.
"Emmanuel [le rouge] est le dernier d’une longue tradition : c’est un intellectuel socialiste, vraiment intellectuel et vraiment socialiste, lisant, pensant, avec une sensibilité esthétique. Il y a sans cesse eu chez lui une disponibilité intellectuelle, une affection à mon égard, qui m’a toujours poussé à avoir une relation affectueuse avec lui," reconnaît Jean-Luc Mélenchon.

Assis à deux rangs d’écart au Parlement Européen, ils ont toujours aimé se confronter intellectuellement, quand Mélenchon faisait le déplacement de Strasbourg. Emmanuel Maurel a d'ailleurs toujours été invité aux Amphis d’été des Insoumis. Fin août, impressionné par la force militante qu’il y voyait et alors qu’il commençait à réfléchir à quitter le PS, l’eurodéputé s’enthousiasmait : "Il y a du monde, ils débattent, ils sont heureux. On dirait la Gauche Socialiste". Assistons-nous à une reconstitution de ligue dissoute ?

De plus,
pour conquérir Marseille aux municipales 2020, Mélenchon a besoin d'élargir sa base et les "frondeurs" à Hollande sont prêts à y contribuer, le temps d'un scrutin.

samedi 13 janvier 2018

Tunisie : les événements, du départ de Ben Ali en janvier 2011 jusqu'aux récentes manifestations sociales

Les islamistes sont-ils derrière l'agitation sociale en Tunisie ?

Janvier 2018: trois jours de fronde en Tunisie


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Sept ans après la révolution contre la dictature et la corruption, la Tunisie connaît de nouveaux soubresauts liés à une contestation sociale toujours marquée par les mêmes slogans de "travail, liberté, dignité", nombre de Tunisiens s'impatientant de voir un jour leurs conditions de vie s'améliorer au rythme espéré.
Cette semaine, exploitant l'entrée en vigueur début janvier d'un budget d'austérité, les islamistes ont orchestré un mouvement de contestation qui aurait pu mal tourner. 

Le 7 janvier, dans le centre de Tunis, près du ministère de l'Intérieur, de jeunes activistes se sont rassemblés sur l'avenue Bourguiba pour exiger notamment l'annulation de l'augmentation des prix. "Ni peur, ni terreur, la rue appartient au peuple", scandaient ces jeunes, lorsque des policiers dispersèrent le rassemblement, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. 

-La ville de Tebourba, proche de Tunis, a été secouée par plusieurs nuits de heurts cette semaine entre des jeunes protestataires et les forces de sécurité, tout comme plusieurs autres villes, où quelque 800 personnes auraient été arrêtées.

A Kasserine, quelques dizaines d'individus ont incendié des pneus et ont jeté des pierres sur des agents de sécurité, qui répliquent par des gaz lacrymogènes. 

A Sidi Bouzid, après une manifestation pacifique, des routes furent brièvement bloquées par des pierres et des pneus. 

Lors d'une nouvelle nuit de troubles, le 9 janvier, plus de 200 personnes auraient été arrêtées et des dizaines blessées. 
A Sidi Bouzid encore, des manifestants coupèrent des routes, jetèrent des pierres, et la police répliqua à coups de gaz lacrymogènes. Des incidents eurent lieu à Kasserine, Gafsa, Jedaida et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis.

Selon le ministère de la Défense, l'armée a été déployée autour de banques, bureaux de poste et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays. Le puissant syndicat UGTT, condamne "la violence et le pillage", appelant à "protester de manière pacifique". Principale centrale syndicale de Tunisie, avec 750 000 adhérents, l'UGTT tente de reconquérir sa domination: en effet, depuis la révolution de 2011, l'UGTT est en rivalité avec la Confédération générale tunisienne du travail et l'Organisation tunisienne du travail. Elle serait donc tentée par une radicalisation.


Le 10 janvier, des heurts nocturnes furent rapportés à Siliana, Kasserine, Thala et Sidi Bouzid. Des échauffourées gagnèrent plusieurs quartiers de Tunis et reprirent à Tebourba. Les dessertes ferroviaires furent annulées dans certaines zones après qu'un train eût été attaqué en banlieue sud de Tunis. Le Premier ministre Youssef Chahed condamna les actes de "vandalisme" qui, selon lui, "servent les intérêts des réseaux de corruption pour affaiblir l'Etat". Il pointe du doigt le Front populaire, un parti de gauche opposé au budget.

Le 11 janvier, à Siliana, des dizaines de jeunes jettent des pierres sur des agents des forces de sécurité qui ripostent par des tirs de gaz lacrymogènes. En revanche, la situation reste calme à Kasserine, Thala et à Sidi Bouzid, ainsi qu'à Tebourba. Le Front populaire appelle le Premier ministre à "trouver des solutions pour les jeunes tunisiens", estimant que "les manifestations pacifiques font partie de l'équation démocratique".

Le 12 janvier, l'ONG Amnesty International interféra de manière partisane en demandant aux forces de sécurité de "ne pas employer une force excessive" et l'accusant "de recourir à des manoeuvres d'intimidation contre les manifestants pacifiques", selon elle. 


Quelques centaines de personnes manifestèrent à Tunis et à Sfax (centre) pour protester contre le budget d'austérité et réclamer sa révision en adressant un "carton jaune" au gouvernement.

Manifestation à Tunis, le 9 janvier. Photo FETHI BELAID / AFP.

Le 13 janvier, le président tunisien Béji Caïd Essebsi devait rencontrer ce samedi les partis au pouvoir, les syndicats et le patronat pour discuter des moyens de sortir de la crise. Ce mouvement de protestation aurait été déclenché par l'adoption d'un budget 2018 qui a augmenté les impôts et créé des taxes grignotant un pouvoir d'achat déjà éprouvé par une importante inflation. Pour la politologue tunisienne Olfa Lamloum, "ces mobilisations sociales révèlent une colère, portée par les mêmes qui s'étaient mobilisés en 2011 et n'ont rien obtenu comme droits économiques et sociaux".

Il faut dire que cette "politologue" est privée de son passeport tunisien depuis 1999 en raison de son opposition au régime, sous couvert d'un engagement en faveur des droits de l’homme en Tunisie. Elle est néanmoins chargée de cours à l'Université Paris X à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, et a bénéficié d'un décret de naturalisation le 21 décembre 2004 émis par la préfecture de ...Seine-Saint-Denis, sous le gouvernement Raffarin, Dominique de Villepin étant ministre de l'Intérieur. Lors de la cérémonie citoyenne, elle assista à l'exclusion de cinq femmes couvertes d'un foulard qui refusaient de retirer leur voile ou leur bandana. Elle portera alors l'affaire sur la place publique et publia un communiqué.
La révolution tunisienne avait démarré avec l'immolation par le feu, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, justement, une ville déshérité dans l'arrière pays et sous l'emprise islamiste, d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Un mouvement de protestation contre le chômage et la vie chère avait suivi, marqué par des émeutes sanglantes qui s'étaient rapidement propagées à tout le pays. Sous la pression des événements, le président Zine el Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, avait cédé le pouvoir le 14 janvier 2011.

"Les années ont passé et les citoyens sont toujours frustrés des droits pour lesquels ils s'étaient mobilisés", estime dans un récent rapportune ONG tunisienne, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).
Cette organisation (2001) qui se dit non gouvernementale, neutre, indépendante de tout parti politique et de toute institution religieuse, a néanmoins pour but de "contribuer à la mise en oeuvre des droits économiques, sociaux et environnementaux en Tunisie, en soutenant les mouvements sociaux, en construisant le débat public sur la question du modèle de développement et en portant des alternatives grâce à son Observatoire social tunisien et à ses sections locales à travers le pays (dont 2 centres d’écoute et d’orientation pour les femmes à Kairouan et Monastir), et organise des manifestations, comme ce fut le cas le le 10 décembre 2017 devant l'ARP (Assemblée des Représentants du Peuple ), à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des droits de l’Homme. Ce 'forum' est présidé par Messaoud Romdhani, élu au mois de septembre 2017  à la tête du FTDES et qui entama en janvier 2017 une grève de la faim illimitée, pour dénoncer la suppression de toute rétribution depuis sa nomination à la mi-avril 2011 comme membre de l'instance de Ben Achour, Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.Le pays a gardé "le même modèle économique, avec les mêmes problèmes" qu'avant la révolution, polémique le président du FTDES, Messaoud Romdhani. "La situation ne cesse donc d'empirer". En dépit d'avancées démocratiques, "le chômage, la misère et les inégalités sociales et régionales se sont aggravées", assure le FTDES.
L'économie tunisienne a été durement affectée par l'instabilité consécutive à la révolution qui devait garantir des avancées sociales, et le tourisme, un secteur-clé, a souffert des attentats djihadistes qui ont frappé le pays en 2015, dans le sillage de cette révolution

L'Etat, en difficultés financières, s'est tourné vers le Fonds monétaire international. 
Le FMI lui a accordé en 2016 des crédits de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, à condition qu'il réduise ses déficits budgétaires et commerciaux. Le taux de croissance devrait dépasser les 2% en 2017, mais le chômage des jeunes reste très élevé, dépassant les 35%, selon l'Organisation internationale du travail.
Le taux de scolarisation a lui régressé à 96%. Chaque année depuis 2011, 10.000 enfants abandonnent l'école primaire et 100.000 jeunes quittent collège ou lycée sans diplôme, souligne le FTDES. Et ces jeunes aspirent à migrer vers l'Europe francophone.


Preuve du désenchantement croissant, l'émigration clandestine a atteint à l'automne un pic jamais vu depuis 2011.

Lancée par l’opposition de gauche, la fronde s’affranchit peu à peu de toute étiquette politique et on retrouve le mode opératoire islamiste. Leur campagne vise la hausse des prix consécutive à l’augmentation de nombreuses taxes (TVA, droits de douane…). Plus généralement, les islamistes instrumentalisent le ras-le-bol général, dans un contexte économique particulièrement morose. Ainsi, de lundi à jeudi, de jeunes protestataires ont jeté pierres ou cocktails Molotov sur les forces de l'ordre qui ont riposté par des gaz lacrymogènes. 

Un protestataire de 45 ans est mort à Tebourba. Vendredi, quelques centaines de personnes ont manifesté dans le calme à Tunis et à Sfax (centre) contre les mesures d'austérité. Ils ont brandi des "cartons jaunes" en guide d'avertissement au gouvernement à l'appel du mouvement "Fech Nestannew" ("Qu'est-ce qu'on attend"), instigateur de l'impatience populaire et initiateur de la contestation contre la hausse des prix.

La Tunisie continue néanmoins tant bien que mal à construire sa démocratie. Les premières élections municipales de l'après révolution, maintes fois reportées et attendues de longue date pour consolider la transition démocratique, ont été programmées pour mai 2018. Les élections législatives et présidentielle sont prévues en 2019.

Dans un rapport jeudi, le centre d'analyse des conflits ICG - une organisation multinationale bien évidemment indépendante et sans but lucratif de plus de 80 employés répartis sur cinq continents... - qui analyse et produit des connaissances de terrain sur les conflits dans le seul but vertueux de les prévenir et de les résoudre, mais qui est soupçonnée de les créer - a justement souligné que la défiance entre les principaux partis de la coalition gouvernementale entraverait la mise en place des instances constitutionnelles. Ce centre a appelé à la création d'une Haute cour constitutionnelle avant les scrutins de 2018 et 2019.




lundi 24 juillet 2017

Des adhérents REM s’opposent aux nouveaux statuts du parti

Des adhérents REM saisissent la justice pour s’opposer aux nouveaux statuts du parti 

Une trentaine de militants de La République en Marche confirment un manque de démocratie au sein de leur parti.  

Résultat de recherche d'images pour "logo rebellion"Si les députés REM bêlent en choeur à l'Assemblée, les militants ne sont pas tous des moutons. "Le parti de Macron en passe de devenir le moins démocratique de France !", titrait l'hebdomadaire Marianne au début du mois de juin. Et des adhérents de la République en Marche donnent raison au magazine.
Depuis ce dimanche 23 juillet, les militants du parti lancé en 2016 par Emmanuel Macron sont appelés à voter pour l’adoption des statuts de La République en Marche (la REM). Alors qu'il 
devait n’être qu’une formalité, ce vote électronique a finalement donné lieu à une mutinerie inattendue des adhérents d’un parti si peu enclin à la l’indocilité. 

Une trentaine de militants a déposé un recours en référé devant le tribunal de grande Instance Créteil (Val-de-Marne), révèle une information de BFMacronTV  du journal Le Parisien, pour obtenir l’annulation du scrutin qui doit se poursuivre jusqu’au 31 juillet. L’audience devrait se tenir ce mardi 25 juillet à 13h30. 

Les plaignants reprochent à leur parti de faire d’un manque de démocratie interne

La fronde a commencé à germer le 8 juillet dernier, lorsque plusieurs élus et militants de La République en Marche se sont étonnés de ne pas pouvoir consulter le texte intégral des futurs statuts à l'occasion de la convention nationale du mouvement. Comme le soulignait Marianne en juin, les futurs statuts de La République en Marche ne prévoient aucune élection interne et n’accordent que très peu de place à ses adhérents. 

Les frondeurs aujourd’hui espèrent obtenir gain de cause en pointant que le délai légal prévu par les textes du parti n’a pas été respecté en ce qui concerne le vote des nouveaux statuts. Si la direction du parti de la majorité présidentielle ne paraît pas s’émouvoir de cette rébellion, la judiciarisation de ces désaccords partisans ne devrait pas vraiment photoshopper l'image du souverain à son avantage.

mardi 17 février 2015

Valls brandit la menace de l'article 49-3 pour introduire la loi Macron en force

L'article 49-3, plug du gouvernement aux députés

Le gouvernement PS pourrait décider de recourir à l'article 49-3 
pour faire passer la loi Macronsans consentement

Manifestation anti-CPE de 2006
La décision appartient à un Conseil des ministres exceptionnel. Dominique de Villepin avait été le dernier à utiliser cette procédure, rare, pour le contrat première embauche (CPE) des moins de 26 ans, en 2006. Ce texte avait suscité une vive opposition parmi de nombreux étudiants de l'UNEF et lycéens manipulés par la FSU, avec les syndicats de salariés, puis les partis politiques de gauche, accusant tous ce contrat à durée déterminée de faciliter les licenciements abusifs et la précarité.

L'article 49-3, une arme lourde

La loi Macron "ne passe pas" à l'Assemblée nationale. Après avoir fait ce constat devant les députés socialistes à l'Assemblée nationale, Manuel Valls a réuni mardi un Conseil des ministres exceptionnel qui pourrait décider le recours à l'article 49-3 de la Constitution. Le gouvernement engage sa responsabilité sur le projet de loi en débat à l'Assemblée. Aussitôt, le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée par la majorité absolue des députés. Et, dans ce cas - qui reste peu plausible à ce jour -, le Premier ministre serait obligé de présenter la démission de son gouvernement.

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008l’exécutif ne peut pas utiliser le 49-3 tous les jours. Ce levier peut être actionné pour les deux projets de budgets ainsi qu'un seul projet ou proposition de loi par session parlementaire.

Un article utilisé 82 fois depuis 1959

Michel Debré, tout Premier ministre de la Ve République, a eu recours à quatre reprises à l'article 49-3. C'est en 1960 qu'il a utilisé, pour la première fois, ce levier qu'il avait lui-même conçu en rédigeant la Constitution. Il s'agissait du projet de loi sur la force de dissuasion nucléaire que les députés socialistes et communistes risquaient de bloquer au Parlement. Depuis, le 49-3 a été utilisé 81 fois par les locataires successifs de Matignon.

Les raisons du recours au 49-3 sont diverses. 

Trois pratiques se dégagent :

- accélérer d'un débat parlementaire qui se prolonge trop. Jean-Pierre Raffarin, par exemple, a eu recours à cet article en février 2003 pour faire passer "le projet de loi relatif à l'élection des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen, ainsi qu'à l'aide publique aux partis politiques". Le Premier ministre craignait la multiplication d'amendements déposés par l'opposition qui aurait retardé tout l'agenda parlementaire.

- éviter une fronde d'une partie récalcitrante de sa majorité. Cela permet de mesurer réellement la fronde et de la mettre au pied du mur en l'obligeant à prendre ses responsabilités et à s'allier le cas échéant à l'opposition. Le centriste Raymond Barre utilisa cette procédure par huit fois (1976-1981) pour lutter contre le harcèlement permanent des députés RPR de Jacques Chirac, qui finalement n'étaient pas prêts à voter avec ceux de François Mitterrand.

- limiter les contraintes d'une majorité relative. Michel Rocard utilisa 28 fois la procédure de 49-3 pour faire passer ses textes, alors qu'il était constamment écartelé politiquement entre les communistes, les centristes de l'UDC (séparés de l'UDF) et l'hostilité sourde des députés mitterrandistes. 
Édith Cresson, qui lui succéda, l'utilisa aussi par 8 fois, bien qu'elle bénéficia dans son cas d'un plus grand soutien des socialistes.

Le risque d'une motion de censure

L'article 49-3, c'est un passage en force du gouvernement. Pour équilibrer la balance des pouvoirs, le Parlement dispose du droit de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Cette procédure a été utilisée à 48 reprises (sur 82 utilisations du 49-3). Aucune motion de censure, déposée après l'utilisation du 49-3, n'a été adoptée. Mais le 27 mai 1992, tout a failli basculer. Le Parti communiste français, l'UDF et le RPR avaient voté pour une motion de censure et il n'avait manqué que trois voix pour renverser le gouvernement Bérégovoy.

jeudi 18 décembre 2014

Thierry Mandon juge "la primaire PS indispensable pour 2017", mais Hollande n'en veut pas

La provocation qui met Hollande en fureur

Thierry Mandon a fait feu
En 2012, la gauche présentait les primaires comme indispensables à la démocratie. Depuis la désignation de Hollande par défaut, et un quinquennat désastreux plus tard, les socialistes s'en mordent les doigts. En 2011, n'importe qui pouvait, contre un euro, venir voter pour désigner le socialiste qui affronterait Sarkozy. Pour 2017, le sujet est tabou...

Le petit secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification était ce jeudi l'invité politique de Laurence Ferrari sur le plateau de l'émission Tirs Croisés sur i-télé, satellite de Canal+. L'intéressé est notamment revenu sur l'opération reconquête de François Hollande, les réformes à venir, mais aussi la Loi Macron.
Mais ce qu'il en reste est son retour sur le sujet des primaires. "La primaire, pour moi, elle est indispensable, pas pour faire du tir au pigeon contre X ou Y, ou pour écarter telle candidature, y compris celle du président de la République s'il réussissait son quinquennat et qu'il voulait se représenter", a-t-il lancé. Le fracas est étourdissant.

D'autant qu'il n'est pas le seul à le penser, je pense à quelqu'un comme Julien Dray ou à l'aile la plus à gauche du PS. Mais le profil de Thierry Mandon est intéressant : ce n'est pas un frondeur et il n'est pas entré en opposition frontale à François Hollande. C'est donc dire la violence des socialistes radicaux animés par Martine Aubry et Benoît Hamon.

Mandon récidive

On l'a connu plus docile, Mandon, et 
François Hollande a donc fort peu apprécié ses propos favorables à une primaire ouverte à toute la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017. Il l'a tancé lors du conseil des ministres du mercredi 17 décembre, exigeant du gouvernement la " clarté" dans les expressions publiques. "Chacun peut avoir des avis. Il y a un débat engagé au Parti socialiste mais, au gouvernement, il faut qu’on soit en capacité surtout de parler de l’action. C’est ça qui aujourd’hui doit concentrer les prises de positions ou les expressions publiques des ministres", a rapporté le porte-parole du gouvernement.

Stéphane Le Foll a précisé que l’intervention présidentielle était "en rapport" avec les propos du secrétaire d’Etat à la Simplification, mais que ce dernier n’avait pas été personnellement désigné par le chef de l’Etat. "Chacun doit être à sa place et le temps n’est pas venu d’aller discuter de ce qui pourrait se passer en 2016 et en 2017", a commenté celui qu'on appelle depuis plusieurs décennies "la Voix de son Maître". Il a aussi rappelé que la décision relève en premier lieu du président de la République et non "des spéculations qui peuvent être faites ou alimentées par des ministres".

Premier membre du gouvernement à se prononcer pour des primaires socialistes

Hier, Thierry Mandon a porté sur la place publique le vif débat qui agite le PS  en faveur d'une large primaire à gauche.
"Particulièrement en 2017, ce que vous ne réglez pas dans une primaire, vous le retrouvez au premier tour de la présidentielle", a-t-il jugé, rappelant le risque que le Front national exclue la gauche du second tour, comme en 2002.

Le pouvoir socialiste muselle l'expression libre 

Au risque d'apparaître totalitaire, le PS a sommé la presse de censurer les déclarations d'Eric Zemmour et c'est Bruno Le Roux qui s'est chargé de la basse besogne: lien PaSiDupes

Après les media, l'Elysée étend sa police politique aux membres du gouvernement. Quand la première victime est un ex-porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, le danger est sérieux. Le chef de l'Etat est-il tombé si bas qu'il cherche à imposer un Guépéou à la française, une police d'État sur le modèle de l'Union soviétique entre 1922 et 1934?

vendredi 29 août 2014

Montebourg avoue la préméditation de Frangy et nie la boulette...

Montebourg ne se serait pas pris à son propre piège: 
"Frangy n'était pas un accident", assure-t-il !

Vendredi à l'université d'été du PS à La Rochelle, l
'ex-ministre de l'Économie Arnaud Montebourg a prévenu qu'il compte animer le débat qui va "se poursuivre avec les militants socialistes".

Quatre jours après son expulsion du gouvernement, Arnaud Montebourg dit être "venu en militant socialiste" à La Rochelle. "J'y viens depuis 15 ans, donc il n'y a pas de raison que ça s'arrête: j'ai des choses à dire", a-t-il menacé. Arnaud Montebourg a été évincé lundi du gouvernement après avoir publiquement réclamé une inflexion de la politique économique du duo exécutif Hollande-Valls.

Dimanche dernier dans sa circonscription, son discours de "Frangy n'était pas un accident" mais au contraire "le début de l'ouverture du débat sur la question de l'austérité en France et en Europe", a-t-il lancé, dès son arrivée en gare. "C'est un débat qui est mené dans le monde par des grandes voix de l'économie mondiale. Il est important que le débat se poursuive avec les citoyens et bien sûr nos militants, les militants socialistes", a expliqué Arnaud Montebourg. 

"Il n'y a pas de fronde" au PS, quoi qu'on en pense

"Il n'y a pas de fronde" au sein du PS, a-t-il nié, "il y a aujourd'hui des questions très lourdes qui concernent notre pays, qui concernent l'Union européenne". "Elles doivent être traitées calmement, avec beaucoup de responsabilité. C'est ce que j'ai fait quand j'étais responsable ministériel et c'est ce que je fais comme citoyen ordinaire", s'est-il encore justifié.

Interrogé sur son avenir personnel, il a répondu : "Merci, mais tout va bien. Il n'y a pas de problème, ne vous occupez pas de ça, je m'en occupe". 

L'ancien ministre s'est ensuite rendu à une réunion à huis clos avec plusieurs dizaines de ses partisans, dont certains portaient une marinière.