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dimanche 29 mars 2020

Belloubet profite du Covid-19 pour libérer des détenus

Nicole Belloubet rétablit la peine de mort?

Nicole Belloubet va signer des ordonnances permettant la libération de détenus en fin de peine

1972 : les mutins de Nancy, des barricades dans nos prisons
Mutins de Nancy, 1972
Une semaine après avoir assuré qu’elle n’est pas du tout "dans cette optique", la ministre de la Justice remet dans le circuit contaminé la population sensible la mieux confinée de France.

Mardi 24 mars, Nicole Belloubet démentait, dans les colonnes de '20 Minutes', son intention de libérer des détenus en raison du risque de propagation du Covid-19. La ministre de la Justice indiquait à la presse qu’elle n’était pas dans la nécessité de réduire la population carcérale des 188 établissements pénitentiaires français.

Mercredi 25, elle doit pourtant présenter des ordonnances dans ce sens en Conseil des ministres pour assouplir les conditions de libération anticipée et d’octroi de crédits de réductions de peines en raison de la situation sanitaire. Elles devraient être publiées dès jeudi au Journal Officiel. Du jour au lendemain, elle découvrait que le Covid-19 avait commencé à se répandre derrière les barreaux, et que l'opportunité  était bonne de désengorger les prisons.

En l’espace de cinq jours, le nombre de détenus et de personnels pénitentiaires "susceptibles d’avoir été contaminés" aurait augmenté de près de 500 %: effarant mais crédible ?  De 157 malades au 18 mars (6 cas positifs confirmés et 151 suspects), le compteur serait passé, lundi, à… 920 cas (16 cas positifs parmi le personnel pénitentiaire, 6 parmi les détenus dont un décédé et 899 suspects). Soit une augmentation de 486 % en cinq jours, selon les informations recueillies auprès de "plusieurs sources concordantes", formule consacrée mais "sources" non citées. Moins que jamais en période de crise sanitaire mortelle, le secret des sources n'est tenable.

Un cas positif fait-il le printemps de la compassion ?


"Nous allons distribuer 100.000 masques en prison", annonce Belloubet

Cette opération fait rêver les seniors confinés des Ehpad...
Le 28 mars, trois jours plus tard, le ministre
Olivier Véran annonce "Un isolement individuel" des pensionnaires en Ehpad. Le ministre de la Santé, a indiqué samedi qu’il va  - ce n'est alors pas fait - demander "aux établissements de type Ehpad d’aller vers un isolement individuel" - une progressivité qui ne rassure pas les "détenus" des Ehpad -  pour chacun de leurs pensionnaires afin d' "aller plus loin" dans la protection des personnes âgées contre le coronavirus.
O. Véran va 
- incessamment, sous peu - demander 
aussi de "tester en priorité pour le virus le personnel qui travaille au sein des Ehpad" - mais dans la limite des kits de tests disponibles - , les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse largement radio télévisée, sous l'oeil du premier ministre Edouard Philippe.

La ministre de la Justice, "dévoile" les mesures mises en place dans les prisons pour éviter la propagation du coronavirus.
Lundi soir 16 mars, à la suite d’une réunion avec les syndicats du pénitentiaire, Nicole Belloubet a donc expliqué sous leur pression qu’elle allait les lâcher parmi les "gens qui ne sont rien", les infirmiers à 2.000 euros ou les personnels du secteur alimentaire (à encore moins) et les transporteurs routiers, pensant que les détenus libérés allaient volontiers poursuivre leur confinement à la maison. 

Le gouvernement aurait-il peur des mutineries ?

Dans les faits, les détenus qui devaient sortir dans les prochains mois pourront quitter les prisons plus vite. Macron autorise que ceux qui se tiennent à carreau puissent bénéficier de crédits de réduction de peine supplémentaires. Ainsi les syndicats exercent-ils un chantage payant alors que la grogne s'élève un peu partout depuis l’annonce de la suspension des parloirs familiaux et sexuels pour éviter les contaminations.



La Chancellerie n’a pourtant pas fait d’étude précise. 
Or, la mesure prise sous la pression - sans saisie du juge d'application des peines - est susceptible d’entraîner la libération d’environ 5.000 prisonniers condamnés pour des "délits mineurs" - qui ont toutefois justifié une incarcération -  (sont notamment exclues les personnes condamnées dans des affaires de mœurs, criminelles ou terroristes…) 
"C’est un premier pas, se réjouit Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT Pénitentiaire, qui milite pour toute alternative à la privation de liberté et qui ne représente que les personnels. On était tout de même à 61.000 places pour 70.000 détenus." Le critère de libération de ces détenus apparaît donc assez éloigné du motif sanitaire invoqué...

Les 100.000 masques promis tardent à arriver.
Difficile dans ces conditions de maintenir un cordon sanitaire autour de chaque cas suspect. La doctrine est d’isoler dans une cellule le moindre détenu qui présente des symptômes et de protéger les personnels pénitentiaires qui, à la différence des infirmiers, ne sont pas protégés de la contamination. Les livreurs, quant à eux, le sont-ils?
Pour mémoire, les téléphones promis de longue date n'arrivent pas non plus partout:

En revanche, le shit circule bien...

Les 100.000 masques promis par le ministère mardi dernier sont seulement en cours d’acheminement vers les prisons.
"Pour l’instant, on demande aux surveillants de ne porter un masque que face aux cas suspects, se désole le responsable syndical. Et donc, les détenus ont peur d’attraper le virus à chaque fois qu’un maton s’approche." En revanche, les matons sont des hommes. 

Et ils s’énervent facilement, les détenus. "Avec la suspension des parloirs, Nicole Belloubet avait annoncé un crédit de 40 euros aux prisonniers les plus pauvres pour maintenir le contact avec les familles. Mais ce n’est pas encore mis en place", critique Lydia Trouvé du Syndicat pour la protection et le respect des prisonniers. Quant aux familles des morts du coronavirus, ils ne sont pas autorisés à assister à plus de cinq aux incinérations de l'être cher.
Elle-même n’a aucune nouvelle de son fils incarcéré. "Certains ont été transférés après les premières mutineries. Et les familles ne savent pas où…" Les transfèrements concernent-ils les gentils détenus?

Si les pensionnaires des Ehpad pouvaient se mutiner...
Les prochains jours pourraient se révéler déterminants pour éviter que la France ne connaisse la même situation qu’en Italie où dix détenus sont morts lors d’échauffourées. Pour éviter cela, la garde des Sceaux participe tous les soirs à une réunion en visioconférence avec les responsables de l’administration pénitentiaire. Un moyen de se tenir informée et, le cas échéant, de revenir sur ses grands principes. "Je n’ai pas peur", avait-elle asséné… il y a une semaine. Tous prouve le contraire.

Quid des détenus dépistés positifs ?
Où et comment sont-ils pris en charge?

vendredi 9 novembre 2018

Mélenchon souhaite le "succès" de la mobilisation des "fusillés pour l'exemple" du 17 novembre

Les staliniens prennent le train en marche

Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien au mouvement du 17 novembre contre la hausse de la fiscalité des carburants

Le chef des Insoumis d'extrême gauche juge "cette colère juste".
La France insoumise ne manquera pas le coche de cette rébellion...
"Le 17 novembre, qu'est-ce que vous faites, vous regardez en commentant ? Non, le 17 novembre est une auto-organisation populaire dont je souhaite le succès. (...) Il faut souhaiter son succès", a déclaré le chef de la bande des Insoumis, jeudi, lors d'un meeting à Pau.

"On me dit 'il y a des fachos là-dedans'. Oui, oui, il y en a partout. Et il y a aussi beaucoup de fâchés qui ne sont pas fachos, et ceux-là ils ont raison d'être fâchés (...) cette colère est juste, elle porte sur quelque chose qui a un sens", a-t-il poursuivi.

Résultat de recherche d'images pour "Potemkine mutinerie"
Début de l’insurrection bolchévique
du cuirassé Potemkine (
24 juin 1905)
"Cette affaire d'augmentation des carburants détrousse les braves gens qui vivent de leur travail. Parce que quand on est à 20 kilomètres de son boulot, cette affaire coûte 200 euros (...) Alors c'est inacceptable, c'est inadmissible, c'est insupportable, et le peuple a raison de se révolter".

Pour autant, Mélenchon n'entend pas appeler à participer aux blocages. 
"Je n'ai pas envie que demain on demande, 'est-ce que vous faites la journée des Insoumis ?'. Non, il faut que vous ayez bien la trouille et les miquettes de les voir par milliers s'opposer à vous, tout seuls, sans consigne", a-t-il expliqué.

Clémentine Autain avait affirmé le 4 novembre sur Facebook qu'elle ne "serai(t) pas le 17 dans les blocages." La députée LFI de Seine-Saint-Denis ne se voyait pas "défiler à l'appel de Minute et avec Marine Le Pen".

Mélenchon est revenu sur les propos de Macron en faveur d'un hommage au général 

"Philippe Pétain est un traître," assure le trotskiste dans son discours de Pau. "ll fut un général cruel qui fit fusiller plus de 4.500 rebelles qui voulaient que la guerre enfin finisse (...) et si, à cet instant, il y avait quelqu'un ou quelque chose à réhabiliter, alors, que ce soit les fusillés pour l'exemple", a-t-il polémiqué, cinquante ans plus tard.
Un soldat "fusillé pour l’exemple" désigne un militaire exécuté après décision d’une juridiction militaire. En tant de guerre, quand la patrie est en danger, des exécutions pouvaient être prononcées dans un souci d’exemplarité visant à maintenir les troupes en parfait état d’obéissance en cas d’insubordination au front, pour éviter les paniques généralisées. Cette pratique est à distinguer des condamnations à mort après passage en cour martiale, avec audition de témoins, conformément au Code de justice militaire. 
Le refus, individuel ou collectif, de monter au front est l’acte de rébellion le plus observé durant la Grande Guerre. Outre la désertion, les mutilations volontaires pouvaient être aussi des actes de rébellion. Forme de mutinerie, éphémère et cachée apparue dès les mois de novembre et de décembre 1914, la fraternisation avec l'ennemi représente également un acte de désobéissance. Enfin, phénomène de lutte de classes, certains soldats deviennent mutins en affirmant haut et fort leurs positions idéologiques sur la guerre, allant même jusqu’à injurier leurs officiers. Ainsi, le 29 juin 1917, un soldat du 101e Régiment d’Infanterie Territoriale est arrêté pour avoir dit à voix haute : "A bas les gradés !". Un autre : "Pour qui est-ce qu’on se bat;  je me fiche d’être français".Philippe Pétain fut jugé et condamné en juillet 1945 pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison par la Haute Cour de justice, dans la foulée de la Libération en mai 1945.
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Avant Mélenchon, un ex-membre de l'aile gauche du PS, qui a traversé la rue avec Marie-Noëlle Lienemann pour créer sa start-up politique et fraterniser avec LFI, Emmanuel Maurel avait réaffirmé son soutien aux Insoumis qui se sont rebellés contre la justice républicaine, lors des perquisitions légales du 16 octobre 2018, dans le cadre de deux enquêtes judiciaires : le 18 juillet 2017, le parquet de Paris élargit son enquête sur les soupçons d'emplois fictifs  d'assistants d'une vingtaine de députés au Parlement européen, et le 29 mai 2018 quand le Parquet annonça une enquête pour procéder à des "vérifications" sur les comptes de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017, sur signalement de la commission nationale des comptes de campagne.

lundi 24 juillet 2017

Des adhérents REM s’opposent aux nouveaux statuts du parti

Des adhérents REM saisissent la justice pour s’opposer aux nouveaux statuts du parti 

Une trentaine de militants de La République en Marche confirment un manque de démocratie au sein de leur parti.  

Résultat de recherche d'images pour "logo rebellion"Si les députés REM bêlent en choeur à l'Assemblée, les militants ne sont pas tous des moutons. "Le parti de Macron en passe de devenir le moins démocratique de France !", titrait l'hebdomadaire Marianne au début du mois de juin. Et des adhérents de la République en Marche donnent raison au magazine.
Depuis ce dimanche 23 juillet, les militants du parti lancé en 2016 par Emmanuel Macron sont appelés à voter pour l’adoption des statuts de La République en Marche (la REM). Alors qu'il 
devait n’être qu’une formalité, ce vote électronique a finalement donné lieu à une mutinerie inattendue des adhérents d’un parti si peu enclin à la l’indocilité. 

Une trentaine de militants a déposé un recours en référé devant le tribunal de grande Instance Créteil (Val-de-Marne), révèle une information de BFMacronTV  du journal Le Parisien, pour obtenir l’annulation du scrutin qui doit se poursuivre jusqu’au 31 juillet. L’audience devrait se tenir ce mardi 25 juillet à 13h30. 

Les plaignants reprochent à leur parti de faire d’un manque de démocratie interne

La fronde a commencé à germer le 8 juillet dernier, lorsque plusieurs élus et militants de La République en Marche se sont étonnés de ne pas pouvoir consulter le texte intégral des futurs statuts à l'occasion de la convention nationale du mouvement. Comme le soulignait Marianne en juin, les futurs statuts de La République en Marche ne prévoient aucune élection interne et n’accordent que très peu de place à ses adhérents. 

Les frondeurs aujourd’hui espèrent obtenir gain de cause en pointant que le délai légal prévu par les textes du parti n’a pas été respecté en ce qui concerne le vote des nouveaux statuts. Si la direction du parti de la majorité présidentielle ne paraît pas s’émouvoir de cette rébellion, la judiciarisation de ces désaccords partisans ne devrait pas vraiment photoshopper l'image du souverain à son avantage.

mercredi 21 octobre 2015

Isère: la colère des gens du voyage fait sortir Taubira de sa réserve

Le gouvernement Valls trahit sa peur

Menaces sur l'Etat de droit 



Voies SNCF coupées, voitures en feu, saccages... Moirans a été le théâtre de violents incidents ce mardi. Un refus de permission de sortie pour assister aux obsèques d'un proche, mercredi, a provoqué une riposte par la violence. Une mutinerie a également éclaté dans une prison à 100 km de là.
Les forces de l'ordre déployées ont mis plusieurs heures pour rétablir un calme apparent à Moirans,après ces violents incidents du mardi 20. Les gens du voyage sédentarisés dans cette ville de l'Isère, où se côtoient également les communautés maghrébine et turque, ont provoqué de très violents incidents dans l'après-midi et jusqu'en début de soirée. 

Ils demandaient la sortie de prison de deux d'entre eux qui est le frère du défunt, tué, samedi, dans un accident de la route après un cambriolage.
Leur BMW, qui aurait été dérobé, a quitté la chaussée avant de percuter un arbreTrois hommes, dont certains étaient cagoulés et gantés, se sont tués dans l'accident de la route dans la nuit de vendredi à samedi à Saint-Joseph-de-Rivière en Isère, a révélé le Parquet de Grenoble. Un quatrième occupant est grièvement blessé, indique le quotidien Le Dauphiné Libéré.   
Des outils pouvant servir à commettre des cambriolages ont par ailleurs été découverts dans le véhicule. 
Pour l'heure, le Parquet de Grenoble n'est pas en mesure de dire si les victimes étaient déjà connues des services de police.
Qu'ils aillent au travail ou à Pôle emploi,
ce sera à pied...

Le refus du juge d'application des peines (JAP) a embrasé la communauté
Les représentants des gens du voyage n'ont pas obtenu l'autorisation classique d'une heure des détenus d'assister aux obsèques. "La justice semble refuser d'accéder à leur demande", selon la mairie de cette petite ville. Le Parquet a d'ailleurs confirmé que le juge n'entend pas revenir sur sa décision.

Peu après 16 heures, un groupe d'une trentaine de personnes a neutralisé la circulation sur la route départementale 1085, en mettant le feu à plusieurs véhicules. "Ils ont brûlé des palettes et des carcasses de voitures sur la chaussée", selon la préfecture qui a dû mettre en place des déviations pour rejoindre les axes vers Lyon et Grenoble. Le trafic était "en cours de rétablissement" dans la soirée.

Une centaine de personnes armées de barres de fer ont également bloqué la gare de Moirans, saccagé le restaurant attenant et brûlé des voitures sur les voies SNCF, provoquant des retards importants et l'interruption de la circulation des trains sur les axes Grenoble-Lyon et Grenoble-Valence, a confirmé la SNCF. 218 passagers devaient être évacués, a précisé la préfecture de l'Isère.

Sur BFM TV, la mère du détenu a expliqué qu'elle a tout fait pour lui obtenir une permission de sortie, depuis le décès de son second fils. "Je n'ai pas demandé que mon fils sorte comme ça. J'ai demandé qu'il sorte avec une escorte, même avec des boulets aux pieds s'il fallait, des menottes aux mains", raconte Adèle Vinterstein qui réfute les violences. Seules "des voitures ont été cassées, qui étaient déjà cassées, et des pneus. Il n'y a pas eu de blessés", soutient-elle. "Le but n'était pas d'en arriver là [...], mais c'était la seule solution pour qu'on m'entende", avoue-t-elle néanmoins.

Le gouvernement ne s'est montré que sur Twitter 
En langue de bois, les services du premier ministre Manuel Valls ont dénoncé des "violences inadmissibles". "Une seule réponse: la fermeté et le rétablissement de l'ordre républicain." 
"De tels comportements n'ont pas leur place dans la République," a condamné de son côté le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a donné la consigne au préfet de l'Isère de "diriger les opérations avec fermeté". 

C'est en revanche sur France 2 que la garde des Sceaux, Christiane Taubira, a jugé mercredi
"intolérables" les saccages à Moirans (Isère) et la mutinerie à la prison d'Aiton (Savoie) et "insupportable" que l'on use de violences "pour contester une décision de justice". 
Nous saurons à midi si le procureur juge également les faits aussi  "intolérables et insupportables" ou s'il donne droit - sous la pression - à la violence communautaire... Interrogée sur le fond de la demande des détenus -dans l'attente de cette nouvelle décision de justice, la garde des Sceaux n'a pas souhaité se prononcer. "Je n'ai pas à y être favorable ou pas, c'est le juge qui décide à partir des éléments, des pièces qui sont à sa disposition. Il y a un appel qui a été interjeté et la décision sera prise en toute indépendance et hors de toute pression", a-t-elle soutenu.
"Nous sommes dans une démocratie et il n'y a pas de vie possible dans une démocratie quand une décision de justice est contestée dans la violence. On est dans un Etat de droit, quand on n'admet pas une décision de justice, on saisit la justice", a fait valoir la ministre de Hollande.
Dans un communiqué, la garde des Sceaux a également jugé "intolérable" que l'on mette en cause "de façon inacceptable l'indépendance et la sérénité avec lesquelles les décisions de justice doivent être rendues".

Cent vingt policiers et gendarmes et cent sapeurs-pompiers ont été mobilisés.
Finalement, "à 20 heures", la situation était "sous contrôle" mais non réglée, d'après la préfecture qui a précisé qu'il n'y a eu "aucun blessé" et que les incendies ont été "éteints par les sapeurs-pompiers." Un dispositif de sécurité devait toutefois être maintenu pour la nuit, d'après le ministre de l'Intérieur.

Mutinerie au centre de détention d'Aiton

Au même moment, une mutinerie a éclaté dans la prison d'Aiton en Savoie, à 100 kilomètres de là. "Cela a commencé vers 17h-17h30: une vingtaine de détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules pour exprimer leur solidarité avec deux détenus -un frère et un cousin de la personne décédée - à qui on avait refusé une permission de sortie pour des funérailles", selon l'administration pénitentiaire. Ils ont mis le feu à leur coursive et détruit les serrures de leurs cellules, selon un syndicaliste.

Vers 19 heures, une équipe régionale d'intervention et de sécurité (Eris), venue de Lyon, est arrivée sur place. Les tensions sont alors rapidement retombées selon l'administration pénitentiaire. "Les détenus les plus impliqués seront transférés dans d'autres établissements", a annoncé le procureur d'Albertville, Jean-Pascal Violet.

L'avocat du  membre de la communauté des gens du voyage en détention qui a déclenché la mutinerie a déposé une nouvelle permission de sortir "sous escorte", a indiqué le procureur d'Albertville. Le juge d'application des peines l'"examinera au plus tôt", a ajouté le procureur, lors d'une conférence de presse improvisée devant la prison.

Cette explosion de violence rappelle ce qui s'est passé en août dernier dans la Somme. Un groupe de gens du voyage avait bloqué l'autoroute A1 au péage de Roye pour faire pression sur la justice et obtenir que le fils d'une victime d'une fusillade qui avait fait quatre morts dans un camp soit libéré pour assister aux funérailles de son père abattu dans la fusillade de Roye.
Difficile de dire que la communauté des gens du voyage est intégrée, vit dans le respect des lois de la République et des comportements normaux. Ou alors, le reste des Français est anormal.

mardi 25 mars 2014

Sarthe: il se substitue à son ami en prison pendant trois mois

Amitié ou domination?

Un homme s'est fait mettre en prison pendant trois mois
Il a ainsi remplacé son ami d'enfance au centre de détention d'Argentan (Orne). Les raisons invoquées par les deux compères restent floues devant le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe)
Les faits remontent à novembre 2012. Ni vu ni connu, Yssa, 29 ans, prend la place de son ami d'enfance Abdelkader, qui s'était évadé du centre de détention d'Argentan (Orne). Le pot au rose n'est découvert que trois mois plus tard, lorsque l'administration s'aperçoit effectivement qu'il y a erreur sur l'identité du détenu...

Une supercherie bien huilée: la diversité est imaginative et hiérarchisée
En juin 2012, Abdelkader, emprisonné depuis plus de trois ans, obtient une permission de sortie pour le week-end. Mais, le lundi matin, il n'a pas rejoint sa cellule. Cinq mois plus tard, Yssa, qui se fait passer pour Abdelkader, "réapparaît" au commissariat de Toulon. Il explique alors qu'il n'est pas retourné à la prison d'Argentan (Orne) par peur de représailles de la part de ses codétenus. Il obtient ainsi d'être incarcéré au Mans. Yssa prend ainsi la place de son ami sans difficulté, bien qu'ils se ressemblent comme Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira.
Les deux hommes ont pensé à tout puisque le frère d'Abdelkader vient rendre visite à Yssa au Mans, rapporte Ouest France. Yssa, mis à l'épreuve après une condamnation, envoie de son côté un autre ami à son rendez-vous avec un conseiller de probation. Mais en février 2013, la supercherie est révélée: les empreintes d'Yssa ne correspondent évidemment pas à celles d'Abdelkader. Le vrai prisonnier est finalement interpellé en octobre 2013.

La pension complète derrière les barreaux peu séduire

La présidente du Tribunal n'en croit pas son dossier lors de la comparution des deux hommes. "Comment est-il possible d'être incarcéré à la place de quelqu'un ?", questionne-t-elle. En fils aimant et dévoué, Abdelkader rétorque: "j'ai fait ça pour pouvoir rester avec ma mère qui était malade. On a monté cette histoire un soir où on avait bu."
Yssa évoque quant à lui une somme d'argent.
"Il a dit qu'il vous donnerait de l'argent. Mais n'a pas précisé la somme. Pourtant, pendant l'instruction, vous avez évoqué une dette de 35.000 € qui aurait été majorée à 50.000 €", rappelle la présidente Belouard. Dans le box des détenus du tribunal correctionnel du Mans devant lequel il comparait pour évasion du centre de détention d'Argenton (Orne), Abdelkader A. balaye cette version des faits avancée un moment par son copain Yssa : "Je lui ai en effet donné de l'argent en envoyant quelques mandats à sa copine", raconte cette belle âme au lourd casier judiciaire. Ce serait donc pour seulement quelques centaines d'euros qu'il aurait rendu service à cet ami dans les difficultés et l'aurait remplacé pendant 16 mois derrière les barreaux.
La vie carcérale semble pleine d'attraits
Les détenus du Centre de détention d'Argentan (Orne) ont célébré la fête des Lumières (comme à Lyon), déclenchant vendredi 6 décembre 2013 un mouvement de rébellion, qui a duré trois heures et provoqué d'importants dégâts matériels. "Il s'agit d'une mutinerie. Une quinzaine de détenus se sont retranchés dans leur aile et ont mis le feu", a indiqué Hugues de Phily, le procureur de la République d'Argentan (Orne).

L'histoire n'a pas fait rire les magistrats bernés. 
Récidiviste à plusieurs reprise, Abdelkader écope de 18 mois supplémentaires en prison. 
Son ami d'enfance, Yssa, passera quant à lui six mois derrière les barreaux. Avec vue sur la fenêtre de son dominateur.

jeudi 22 août 2013

Prisons: deux mutineries en deux jours à Châteaudun

Taubira motive-t-elle les détenus à se rebeller ?

Une deuxième mutinerie s'est produite mercredi après-midi au centre de détention de Châteaudun (Eure-et-Loir).
Une trentaine de détenus se sont rebellés au lendemain d'une première tentative dans ce même établissement, et deux jours après un événement similaire à la maison d'arrêt de Blois (Loir-et-Cher), a-t-on appris de sources syndicales.

Le mouvement semble prendre de l'ampleur
Ils n'étaient en effet qu'une vingtaine de détenus la veille. Mercredi, ils ont saccagé des clôtures pour s'introduire dans la zone neutre de la prison, mais ont été maîtrisés, "plus difficilement que la veille"en fin d'après-midi par des membres des équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris), confie un porte-parole du syndicat FO-Pénitentiaire.

Les forces de police ont pourtant utilisé des méthodes musclées, à l’aide de flashballs, jusqu'ici jugées excessifs et dangereux par la gauche vertueuse, des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades de désencerclement...

Des renforts venus de Paris et de Dijon (Côte-d'Or) ont néanmoins été nécessaires.
"Les incidents ont duré de 15h30 à 18h40 environ, mais sans les renforts, la situation aurait été beaucoup plus compliquée, témoigne un surveillant pénitentiaire. Il a fallu faire évacuer les intervenants extérieurs présents dans la zone. On ne sait pas quel est le motif de ce mouvement, et si d’ailleurs il y en a un...
Une vingtaine de détenus devaient être transférés dans la soirée dans d’autres établissements afin d’éviter tout nouveau mouvement.

La veille, des émeutiers avaient escaladé les grillages de la cour de promenade

Ils voulaient se diriger vers un poste sécurisé, d'où est commandé le système informatique du centre
, et tenté de l'incendier, avant de gagner les toits d'où ils avaient lancé des dalles et brisé des vitres.
Créé en 1991, le centre de détention de Châteaudun accueille actuellement 587 détenus pour 600 places.

Lundi, une soixantaine de détenus avait saccagé un secteur de la maison d'arrêt de Blois, à la suite de la découverte d'un détenu mort le matin même.
Mutinerie à la maison d'arrêt de Blois : un détenu blessé au cours de l'intervention est sorti de la prison sur une civière.

Mutinerie à la maison d'arrêt de Blois : un détenu blessé
au cours de l'intervention est sorti de la prison sur une civière.

lundi 19 août 2013

Taubira a bien travaillé: émeute à la prison de Blois

Une soixantaine de détenus se rebiffent 

1 détenu sur 3 a refusé de regagner sa cellule après le décès dans la nuit d'un prisonnier. 

Une mutinerie a eu lieu lundi matin à la maison d'arrêt de Blois, où une soixantaine de détenus sur 170, a dégradé un secteur de la prison
Les mutins se sont révoltés après la promenade, vers 10h30, contestant le diagnostic de la mort d'un homme retrouvé sans vie au matin dans sa cellule à la suite d'une rupture d'anévrisme, selon les médecins.
"Les détenus ont d'abord refusé de remonter de promenade, puis ils sont entrés en force et ont investi un secteur de la prison", a expliqué le secrétaire national de FO-Pénitentiaire, David Daems.

Rapidement matés par Valls

Une quarantaine de membres des Equipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris)  ont été envoyés en renfort depuis Paris, pour réprimer la rebellion. 
Chargées d'intervenir en cas de tensions dans un établissement pénitentiaire , ils sont intervenus peu après 11 heures avec l'appui de la police et de la gendarmerie qui a placé un hélicoptère en vol stationnaire au dessus de la prison.

L'émeute a pris fin en début d'après-midi.
La situation était rapidement sous contrôle et l'opération a pris fin à 14 heures, indique la Gendarmerie de Blois. Les 60 détenus ont regagné  leur cellule. 
La mutinerie a causé quelques dégradations à l'intérieur de la prison et l'un des détenus aurait été blessé, précise la gendarmerie de Blois. Europe 1 parle de "saccage.


dimanche 3 février 2013

PMA: cacophonie gouvernement vs députés PS

Mutinerie des députés contre l'exécutif sur le calendrier PMA

Le "Chef de guerre" au Mali n'est plus maître de ses troupes en France
Des déclarations contradictoires successives ont fait tanguer le pédalo de Hollande dimanche sur le calendrier de  la procréation médicalement assistée (PMA).
Actuellement réservée aux couples hétérosexuels qui ne peuvent pas avoir d'enfant pour des raisons médicales, la procréation médicalement assistée fait l'objet de va-et-vient depuis des semaines entre le gouvernement et sa majorité.

Au député Sergio Coronado (EELV) qui exprimait ses "doutes" et demandait des précisions sur "le calendrier, la méthode, le périmètre" d'un texte famille annoncé pour le 27 mars en Conseil des ministres, la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, a évoqué un texte famille contenant la PMA "avant la fin de l'année" au Parlement.

Interrogé ensuite par le président des députés UMP, Christian Jacob, sur ce sujet, Mme Bertinotti a confirmé que "la procédure du comité national d'éthique, y compris celle des états généraux, n'est pas incompatible avec le calendrier annoncé par le gouvernement pour cette loi famille".


Une heure plus tard, Matignon jugea  important d'attendre l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE)
Les services du Premier Ayrault laissèrent entendre que cela prendrait du temps,  semant ainsi "le trouble", selon les mots de Sergio Coronado.

La réflexion sur la PMA "durera au minimum six mois si des états généraux sont organisés", a dit dimanche soir Jean-Claude Ameisen, président du CCNE. L'avis de cette instance ne sera probablement rendu que "début octobre", a déclaré sur i-Télé le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies .

Et pour Matignon "la question de la PMA peut être traitée toute seule". Sous entendu: pas forcément dans une vaste loi sur la famille, comme récemment indiqué, après qu'elle ait été dissociée du projet de "mariage pour tous".

L'UMP a immédiatement dénoncé une nouvelle "reculade" du gouvernement et un "recadrage" de Mme Bertinotti par Jean-Marc Ayrault. 

"Elle ne peut pas dire cela dans la mesure où elle (Mme Bertinotti) ne connaît pas la date de réponse du CCNE", a répondu  Jean-Marc Ayrault, interrogé par la presse, alors qu'il est en déplacement à Phnom Penh (Cambodge).

Devant les multiples questions des députés, y compris dans les rangs de la gauche, Alain Vidalies a tenté de démêler l'imbroglio des déclarations.
"Je précise qu'il y aura une seule loi portant sur l'ensemble des questions portant sur la famille, que cette loi comprendra la proposition du gouvernement sur la PMA, que le débat n'interviendra qu'après la connaissance de l'avis du Conseil national d'éthique et donc avant la fin de l'année", a-t-il expliqué,  précisant qu'il parlait sous le contrôle de Jean-Marc Ayrault.

Mais le patron des députés PS porta le désordre à son comble
Bruno Le Roux gronda peu après qu'il "prendrait ses responsabilités" si le projet de loi gouvernemental sur la famille ne comprenait pas l'ouverture de la PMA aux couples de femmes, comme promis au groupe socialiste.

Le Roux alla  publier son désaccord sur BFMTVil confirma, pour ceux qui finissaient par en douter, que la loi sur la PMA serait "bien entendu votée", car "c'est la position du Parti socialiste depuis des années, la PMA ouverte aux couples de femmes".

Christian Jacob (UMP) a alors pointé "la cacophonie du gouvernement et de la majorité". 
Cette majorité de branquignols prétend avoir engagé le débat avec l'opposition et l'opinion, mais n'a toujours pas réglé ses divergences internes. "La garde des Sceaux refuse de répondre à nos questions, Mme Bertinotti se fait tacler par le Premier ministre depuis Phnom Penh et Le Roux défie le Premier ministre ! ", a-t-il résumé. "On ne peut pas continuer à discuter avec une majorité qui est comme un canard sans tête ! "

En fin d'après-midi, de très nombreux députés disaient "ne plus rien comprendre".

"J'ai l'impression qu'on assiste à un enterrement de la PMA", commenta S. Coronado (EELV). 

La députée PCF Marie-George Buffet dénonça quant à elle un "brouillage" et appela aussi le Zayrault de Matignon à "des éclaircissements".

Erwann Binet, rapporteur PS du projet de loi sur le mariage homosexuel, estima que la consultation préalable du CCNE sur la PMA "un déni de démocratie". 
"Bien évidemment, ce n'est pas le Conseil national d'éthique qui va faire la loi", a voulu rassurer Alain Vidalies.