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jeudi 23 janvier 2020

Rappel à l'ordre du préfet des Pays de la Loire qui émet des réserves sur la loi bioéthique 

Le préfet des Pays de la Loire émet des réserves sur la loi bioéthique lors de ses vœux, le ministre de l'Intérieur le recadre

Je ne veux voir qu'une seule casquette de préfet

"La loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure", a commenté Claude d'Harcourt. 
Claude d'Harcourt, le préfet de Loire-Atlantique, en octobre 2019
Ministre de l'Intérieur qui, lui, ne voit jamais rien, casquette sur les yeux de toute façon, Christophe Castaner l'a aussitôt convoqué à Beauvau, mercredi 22 janvier au matin, à sa sortie de boîte, deux jours après que le préfet a émis "à titre personnel" des réserves sur la loi bioéthique, lors d'une cérémonie de vœux au monde économique à la préfecture de Loire-Atlantique
Le préfet Claude d'Harcourt a dû répondre à la convocation de Castaner qui voulait "entendre ses explications" et "lui rappeler ses obligations", révèle franceinfo. L'ancien maire de Forcalquier, qui avait dû jeter l'éponge face à Christian Estrosi dans l'entre-deux tours des Régionales, entendait bien lui "chanter Manon sur l'air de la Tosca", lui qui est pourtant plutôt porté à "baiser Fanny".

En conscience, le préfet Claude d'Harcourt, est sorti de son devoir réserve, lundi soir, lors de cette cérémonie, en émettant des réserves sur la loi bioéthique dont l'examen au Sénat a débuté mardi, ont appris franceinfo et France Bleu Loire Océan de sources concordantes, confirmant une information du site d'investigation Médiacités. 

Des macroniens ont aussitôt dénoncé le préfet

"La loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure" qui n'est "pas sans risque", a mis en garde le représentant de l'Etat.
Et d'ajouter qu'"à titre personnel, il n'est pas sûr que cette loi favorise les repères auxquels aspirent nos concitoyens". Une critique assez nette de la loi bioéthique, actuellement étudiée au Sénat, et qui prévoit l'extension de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes.

"Mon expression était inadéquate, dès lors qu’elle était publique," a admis le préfet de Loire-Atlantique dans un communiqué, même s’il a pris soin de préciser qu’il s’agissait de son opinion personnelle".

Preuve de la perturbation de la population par le projet de loi bioéthique, le préfet - réputé pour son style direct et son franc-parler, n'a pas hésité à s'en faire l'écho, mais les convictions de Claude d'Harcourt lui valent d'aller ce mercredi matin se faire remonter les bretelles au ministère de l'Intérieur à Paris. 

L
e communiqué du préfet confirme qu' "il a eu ce matin l’occasion de fournir ces explications au ministre de l’Intérieur, qui lui a rappelé ses obligations".

Il n'y a toutefois pas de sanction envisagée,
précise le ministère. Ce préfet est en effet chargé de la gestion en cours de la situation sensible des baux agricoles à Notre-Dame-des-Landes et du projet de réaménagement de l'aéroport de Nantes-Atlantique.
  
Le parti du président ne peut virer tous ceux et celles qui commencent à soulever la chape de plomb que Macron a fait s'abattre sur eux dès le premières semaines de son quinquennat. Chez les policiers, ça s'appelle un plaquage ventral... 
A la mi-mandat, une douzaine de députés LREM a déjà préféré quitter le parti du président et traverser la rue. Macron qui a un préféré pour la mairie de Paris a fait adresser un ultimatum au candidat Cédric Villani qui fait de l'ombre à Benjamin Griveaux, et cela à deux mois des municipales, une sorte de menace de mort comme en reçoivent plusieurs des ministres, dont le premier d'entre eux, l'Edouard.

mercredi 22 janvier 2020

La PMA pour toutes n'est pas la seule abomination contenue dans la réforme combattue par Philippe Meirieu

PMA, un (bel) arbre qui cache la forêt…

Une tribune du Philippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon II et d'Hélène Le Gardeur, formatrice en bioéthique, a paru dans libération du 19 janvier 2020
Macron veut-il du bien aux enfants ?
Meirieu est militant écologiste en désaccord de fond avec les propositions du maire PS de Lyon, Gérard Collomb, ancien ministre d'Etat de Macron. Ancien directeur de l'IUFM de l'Académie de Lyon (2001-2006), il est co-signataire d'un texte intitulé Contre l'école inégalitaire, vive le collège du XXIe siècle qui soutient la réforme de l'enseignement au collège de 2015 qu'il a inspiré et, q'en dépit des critiques exprimées par le personnel politique, y compris au Parti socialiste, par de nombreux intellectuels, syndicats et associations, et malgré une large opposition des enseignants, mais que la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem a imposé par décret.
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"S’il fallait légiférer sur la PMA, la loi de bioéthique en lecture au Sénat est bien loin de se limiter à cette question,écrit Libération, inversant les priorités. Elle rend aussi possible de dangereuses manipulations génétiques."

Tribune. 
L’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes qui forment [orthographe d'universitaires experts] le projet d’avoir et d’élever un enfant représente, sans nul doute, une avancée importante vers plus d’égalité et de justice. Certes, aucune loi ne permettra jamais, une bonne fois pour toutes, de dépasser la tension constitutive de toute filiation entre «le droit à l’enfant» et «les droits de l’enfant» : le premier est aussi légitime que le sont les seconds, et c’est à chacune et à chacun, en accompagnant la venue au monde d’un petit humain, de tenter une conciliation pour laquelle aucun modèle social de la famille ne peut prétendre, aujourd’hui, représenter la norme universelle. C’est, en effet, une des conséquences de l’effondrement de tous les moralismes dogmatiques ainsi que de l’explosion des possibilités offertes par la science que de confier à notre responsabilité, et à elle seule, la décision de mettre un enfant au monde et de créer les conditions de son développement. Et cela, quelle que soit la configuration familiale : un couple hétérosexuel se trouve ici face à la même exigence qu’un couple homosexuel ou une femme seule : se voir prolongé par une naissance - aspiration humaine par excellence - n’exonère personne d’une réflexion sur les conditions d’une éducation qui permette à celui ou à celle qui arrive de prendre sereinement sa place dans le monde.

Il fallait donc légiférer sur la PMA et nous nous réjouissons que cela soit en bonne voie. Mais la loi dite de «bioéthique», actuellement en débat entre l’Assemblée nationale et le Sénat, est bien loin de se limiter à cette question : sur les 34 articles qu’elle comporte, 30 portent sur d’autres questions sur lesquelles le débat public a été largement escamoté. Qui sait que cette loi, dans son article 14 (25-26), autorise l’implantation d’embryons humains dans un animal à des fins de gestation ? Qui a compris toutes les conséquences de la suppression de l’actuel article 17 du code de la santé publique («la création d’embryons transgéniques ou chimériques est interdite») et de son remplacement par un nouvel article qui autorise, de fait, la création d’embryons humains génétiquement modifiés avec la technique dite des «ciseaux ADN» ? Qui a vu l’impact de la possibilité (ouverte par l’amendement posé par le Sénat sur l’article 2) donnée à des structures à but lucratif de conserver et de commercialiser des gamètes, des ovocytes et des embryons ?

Ce qui est en train de se décider sous nos yeux change radicalement le rapport anthropologique de l’humain à la procréation. Même si la loi réserve pour le moment - mais pour combien de temps ? - cette possibilité à la recherche, il s’agit bien de pouvoir enlever tel ou tel gène ou d’en remplacer un par un autre pour modifier des embryons humains : rien d’autre que la possibilité de «fabriquer» des enfants en manipulant les données génétiques selon notre bon vouloir.

Il n’est plus seulement question de permettre aux femmes de choisir le moment de leur grossesse, il sera possible, dès maintenant et grâce à la congélation d’ovocytes (autorisée à l’article 2), d’améliorer la «performance» des femmes au travail et d’ouvrir la porte à leurs employeurs pour qu’ils décident à leur place de leur maternité. Il n’est plus seulement question de conserver dans des banques de sperme publiques les moyens offerts aux femmes et aux couples infertiles de procréer, il s’agit d’organiser un véritable marché des spermatozoïdes les officines privées feront sans doute miroiter, moyennant finance, des enfants de meilleure qualité.

Comment ne pas voir qu’il s’agit là, tout simplement, de la marchandisation du vivant ? Comment ne pas déceler, dans les interlignes d’une loi qui s’avance masquée sous le vœu légitime de «la PMA pour toutes», la vieille songerie du docteur Frankenstein ? Comment ne pas s’inquiéter des risques d’eugénisme que font courir les techniques légitimées par cette loi : à quand l’élimination systématique des embryons qui ne correspondraient pas exactement à nos vœux ? Et comment ne pas imaginer que nous ouvrons la porte, grâce au recueil systématique des données génétiques (auquel la loi fait référence à de nombreuses reprises), à la mise en place de fichiers dont l’usage par un pouvoir politique ou par des «industries de l’humain» pourrait s’avérer terrifiant ?

Enfin, pourquoi une loi censée ouvrir des possibilités nouvelles aux femmes qui veulent des enfants a-t-elle été proposée aux parlementaires sans que soit évoquée, dans un premier temps, la recherche sur les causes de l’infertilité ainsi que sur les moyens de la prévenir ? Pourquoi ne dit-elle rien sur la manière de faciliter l’adoption qui reste encore trop souvent un épuisant parcours du combattant ? Décidément, cette loi dite de «bioéthique» n’est «ni faite ni à faire». Le débat sur la bioéthique a été confisqué. Les entreprises et laboratoires de biotechnologie y trouveront leur compte. Mais, sans un sursaut de démocratie, c’est l’humain même, dans sa précieuse spécificité, qui est menacé.

Philippe Meirieu professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon II , Hélène Le Gardeur formatrice en bioéthique

dimanche 19 janvier 2020

La PMA mobilise plusieurs milliers d'opposants dans la rue

L'examen au Sénat du projet de loi bioéthique occulté par les grèves contre la réforme Macron des retraites

26.000 personnes, presque trois fois moins que le 6 octobre dernier, dans un climat insurrectionnel contre la réforme des retraites


Les opposants à la PMA - seulement pour les femmes - rassemblés avenue de l'Opéra à Paris, dimanche 19 janvier 2020.

Au 47e jour de grèves des transports, les Parisiens reprennent des forces.

Et, à l'avant-veille de l'examen au Sénat du projet de loi bioéthique -dont l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux lesbiennes et femmes célibataires est la mesure phare -, les opposants au texte se sont à nouveau rassemblés ce dimanche à Paris. 
Selon le cabinet Occurrence, spécialiste des estimations médianes, 26.000 personnes ont défilé dans les rues de la capitale: c'est presque trois fois moins que lors de la précédente mobilisation du 6 octobre, commente l'AFP, sans replacer l'événement dans son contexte, celui des grèves qui en étaient alors à plus de 43 jours d'affilée. 

L'AFP est pourtant capable de contextualisation, puisque, non sans malice, elle signale par ailleurs qu'"avec un trafic "normal" ou "quasi normal" dimanche pour les TGV et 7 Intercités sur 10, les perturbations à la SNCF liées à la grève contre la réforme des retraites n'ont pas empêché les manifestants de rejoindre Paris. 
Ainsi est-il juste politiquement malveillant et intellectuellement faible, de la part de l'AFP, d'insister  de surcroît sur les 74.500 personnes de la journée d'octobre, deux mois avant le départ de la mobilisation CGT-SUD contre la réforme Macron des retraites, le 5 décembre. D'autant que la préfecture de police compte 41.000 manifestants... 
Le collectif "Marchons Enfants!", à l'initiative du rassemblement, réunit 22 associations dont la Manif pour tous. 

Le cortège s'est élancé à 13 heures de la place de la Résistance (VIIe), en bord de Seine, pour rejoindre la place de l'Opéra. 

"Je pense que ce sera une manifestation très importante avec un public très conscient des enjeux derrière la loi bioéthique", avait déclaré la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère.

Près d'une centaine de cars, ainsi qu'une vingtaine de trains ont été affrétés pour rejoindre la capitale, selon les organisateurs. Sans doute les cheminots CGT et Sud ont-il veillé au bon acheminement des opposants, mais l'AFP ne va pas jusque là !... Quelque 1.000 volontaires étaient mobilisés avant l'examen mardi au Sénat

Les marcheurs voulaient ainsi manifester leur présence et exprimer leur opposition à la PMA que les députés ont déjà votée en première lecture - subrepticement, au milieu de la loi bioéthique - uniquement pour les femmes, toutes, pour raison médicale ou au motif de leur rejet de l'homme

Réunis en commission spéciale l8 janvier, les sénateurs ont déjà adopté le texte - dont l'article 1 sur la PMA -, à la faveur de la division de la droite, pourtant majoritaire au palais du Luxembourg.

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La PMA pour toutes sera "notre malédiction", estime François-Xavier Bellamy.L'eurodéputé met en garde "les apprentis sorciers de la condition humaine" contre son extension aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, dénonçant une "fuite en avant perpétuelle dans l'insatisfaction et la frustration" et une "nouvelle logique" qui "nous conduit directement au transhumanisme".
"Méthode cause toujours" du gouvernement

Puisque les parlementaires sont des suiveurs et que le processus législatif est engagé, les associations mènent un combat d'arrière-garde, en conscience. 
"Au lendemain de la manifestation du 2 février 2014, avait été retiré le projet de loi famille de la ministre Dominique Bertinotti", qui avait renoncé à y inclure la PMA pour toutes, a rappelé Ludovine de la Rochère. "Ce qui s'est passé au Sénat nous motive encore plus à nous mobiliser contre ce projet de loi qui ne mérite plus de s'appeler bioéthique", maintient pour sa part Caroline Roux, déléguée générale adjointe d'Alliance Vita.  


L'association pour la défense de la vie face à l'IVG a obtenu gain de cause début janvier devant la justice pour que soit ré-affichée dans les gares d'Ile-de-France sa campagne controversée, à laquelle s'opposait la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, axée sur le respect de la "paternité" et de la "maternité" en référence - mais sans mention explicite - à la PMA.
Cette semaine, l'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a qualifié de "monstrueux" le fait d'"infliger volontairement (l'absence d'un père). L'Église met en garde contre une "procréation livrée à la manipulation médicale"

Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othmane de Villeurbanne (Rhône), s'est expriméé sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) , ainsi que les dons de sperme et la congélation des ovocytes en stock.
Que dit donc l’islam de la PMA ? Elle est autorisée uniquement chez les couples hétérosexuels mariés. Par ailleurs, le spermatozoïde et l’ovocyte doivent appartenir exclusivement aux deux conjoints.Le recours aux dons de spermes et d’ovocytes qui fait intervenir une tierce personne est radicalement interdit en islam, que les donneurs soient connus ou anonymes.
En effet, le fait que l’enfant ne soit pas issu du sperme du mari ou de l’ovocyte de l’épouse crée un « un mélange des filiations » tout à fait paradoxal en islam. Les dons d’embryons sont également interdits.
Que dit l’islam sur la GPA ?
La pratique de la mère porteuse est également interdite en islam, qui rejette toute maternité de substitution et tout contrat portant sur ce type de grossesse.
L’islam considère que la véritable mère de l’enfant conçu par procréation médicalement assistée est celle qui l’a enfanté et non la génitrice : « Ne sont leurs mères que celles qui les ont enfantés… » (Coran : 58/2)
Que dit l’islam sur la PMA, la GPA, le don de spermes et la congélation des ovocytes ?Les associations regrettent que leurs propositions lors des Etats généraux de la bioéthique organisés en 2018 n'aient pas été pris en compte dans le projet de loi. "Et depuis quelques semaines, c'est le silence", affirment-elles.

"Au fond c'est une question de courage en politique et de convictions personnelles. Pas de couleur ou d'appartenance à tel parti", selon Bertrand Lionel-Marie, des Associations familiales catholiques (AFC), qui demande aux parlementaires d'aller contre "l'esprit du temps". Le collectif n'exclut pas d'autres manifestations "dans les prochaines semaines", en cas de statu quo du texte et de "non-ouverture d'un dialogue". 

Les béats nient que les hommes pourraient exiger l'accès à la GPA en vertu du principe d'égalité.
Face aux "demandes sociétales de recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP)", le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’est prononcé en faveur de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de femmes, le mardi 27 juin 2017. Il s’est montré en revanche très hostile à l’auto-conservation ovocytaire. La question de la pratique des mères porteuses ou la gestation pour autrui (GPA) a aussi fait l’objet d’un avis négatif par le CCNE.

Qui dit procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes dit forcément gestation pour autrui (GPA). C'est l'une des craintes évoquées par les opposants à l'élargissement de la PMA, comme ils craignaient déjà que la loi autorisant le mariage pour tous - entre personnes du même sexe, donc - soit la porte ouverte à la PMA. Avaient-ils manqué de perspicacité ? 
Au nom du principe d'égalité, les couples d'hommes pourraient à leur tour revendiquer logiquement le droit d'accéder à la GPA, puisque les couples de femmes auraient, de leur côté, la possibilité d'avoir des enfants grâce à la science. Or, juridiquement, cet argument ne tient pas: il faudra juste modifier la loi !

lundi 28 octobre 2019

Terrorisme islamo-politique: la philosophe Sylviane Agacinski, censurée à... l'université !

La macronie constate le nouveau visage du fascisme universitaire et reste les bras ballants

Le nouveau visage du stalinisme universitaire n'est pas que marxiste

Michel Eyquem de Montaigne fut sans doute le premier penseur à ébranler l’ethnocentrisme spontané des cultures humaines à travers la remise en cause du concept de barbarie. Raison pour laquelle il est plus que légitime de voir son nom accolé à celui d’une université. Mais sans doute l’homme des Essais, le sceptique horrifié par les guerres de religions, serait-il effaré de voir le spectacle qui s’est joué le jeudi 24 octobre à l’université Montaigne de Bordeaux. Ou plutôt qui ne s’est pas joué, puisque la conférence prévue autour de la « reproductibilité technique » de l’être humain a été annulée au motif que des groupuscules avaient promis d’empêcher sa tenue « par tous les moyens ». Le syndicat «Solidaires étudiant-e-s Bordeaux», les associations GRRR, Riposte trans, Mauvais Genre-s et WakeUp! sont, certes, des organisations croupion, mais il se trouve que leurs menaces [comme nombre de celles proférées par les minorités agissantes et talons d'Achille des démocraties] font peser un risque tel que la direction de l’Université ne s’est pas considérée en mesure « d’assurer pleinement la sécurité des biens et des personnes ». [Ma macronite est contagieuse : on est dans le fief de Juppé !]

CLIMAT DE TERREUR

Des petits groupes radicaux faisant peser un climat de terreur pour imposer leurs vues et faire taire les opposants, cela porte un nom : cela s’appelle des milices fascistes. [Et Darmanin qui ne se dresse même pas sur ses ergots pour annoncer l'arrivée de le "peste brune"?] A ceci près que celles-là jouissent d’une mansuétude infinie de la part de certains milieux politiques et médiatiques dans la mesure où elles prétendent incarner le Bien. Qui oserait le contester ? La lutte contre toute forme de discrimination, qu’elle soit sexiste, raciste ou homophobe, est l’horizon de ces démocraties contemporaines qui ont abandonné toute idée de progrès social et d’émancipation collective, et toute idée, même, de dépassement de soi par le savoir et la délibération intérieure, qui était le projet de cet humanisme dont Montaigne est l’incarnation [Plus sûrement que par les media, l'acculturation de la jeunesse est véhiculée par l'école et l'université, comme l'islamisme l'est moins par les prisons que par leurs imams incontrôlés ces mêmes media sous tutelle idéologique, clones des annonceurs, mais aussi des politiques tièdes et frileux que la vertu embaume avant l'heure].
LIRE AUSSI : Sylviane Agacinski sur la PMA : "La biomédecine est mise au service des marchés qu'elle génère"

En l’occurrence, les arguments de ces associations sont parfaitement assumés : Sylviane Agacinski serait une « homophobe notoire » à laquelle il serait « dangereux et inconscient » d’offrir une « tribune » dans un contexte « d’homophobie et de transphobie décomplexées (médias, manifestations anti-PMA, agressions, refus de la PMA aux personnes transgenres…). » Oui, le refus de la PMA aux personnes transgenres est, pour ces sympathiques étudiants, une preuve de l’homophobie généralisée qui gangrènerait la société française. Peu importe que tous les sondages d’opinion prouvent un progrès majeur des mentalités et que l’agression d’une transexuelle soulève des vagues d’indignation. Le réel n’a aucun importance, seules valent les pétitions de principes qui permettent de justifier la poursuite du combat contre la bête immonde. Et l’on peut traiter d’« homophobe notoire » (notoire pour qui ? selon quels critères ?) une philosophe qui a défendu le Pacs et le mariage pour tous… En résumé : le racisme, l’homophobie et le sexisme ne sont pas des opinions mais des délits. On ne doit pas les laisser se répandre. Il suffit donc d’accoler les adjectifs « raciste » ou « homophobe » à quelqu’un pour avoir légitimement le droit de le faire taire.

DÉFENDRE SON CAMP, FAIRE TAIRE L'AUTRE

Élément significatif de l’état du débat public en France : ceux qui se sont élevés contre la terreur intellectuelle imposée par les activistes de Bordeaux sont [seraient] avant tout des gens de droite, opposés à l’extension de la PMA aux couples homosexuels. François-Xavier Bellamy, Valérie Pécresse, le Figaro ou le site Atlantico… L’indignation vient-elle d’un refus du terrorisme intellectuel ou du fait que, ces derniers temps, il semble émaner toujours du même camp ? On aurait aimé entendre les défenseurs farouches de la PMA pour toutes s’insurger contre ces méthodes d’intimidation. Comme on aimerait être sûr que ceux qui dénoncent aujourd’hui ce terrorisme défendraient avec la même vigueur le droit d’un de leurs adversaires idéologiques à s’exprimer. Mais la radicalisation des opinions met en danger la capacité même des uns et des autres à entendre des discours contradictoires. On défend son camp. Et l’on fait taire l’autre. Au nom du Bien. Parce que l’autre incarne le mal [caricatures et amalgames manichéens, primaires mais efficaces]. Il se trouve qu’actuellement, ceux qui se croient le plus farouchement détenteur de ce Bien sont les tenants d’un progressisme dévoyé qui abîme les plus belles causes, le féminisme, l’anti-racisme et la défense des droits des homosexuels [c'est notre sujet, mais on peut toutefois imaginer de plus belles causes que celles-là !].

Il est particulièrement inquiétant de constater que les universités sont les lieux privilégiés de ce terrorisme intellectuel. Sylviane Agacinski, pour les positions qui sont les siennes, ne pourrait plus enseigner à l’EHESS [pourtant un repaire de gauchistes]. Et nombreux sont les professeurs obligés de mesurer chaque mot pour éviter d’avoir à affronter une cabale [et un procès!]. Les universités, temples dédiés aux savoirs, à leur élaboration et leur conservation, lieux de la disputatio médiévale, c’est-à-dire de la controverse argumentée, ont semble-t-il abandonné, au tournant du XXIème siècle, ce qui faisait leur vocation. Comment expliquer ce naufrage ?

L’état d’esprit qui règne dans les universités françaises n’est que le résultat de l’importation de ce qu’on pourrait appeler le « minoritarisme » américain [on lui doit notamment le féminisme]. L’organisation de la société en communautés appelées à faire valoir leurs « droits » contre un état considéré comme l’émanation d’une majorité forcément oppressive [résurgence du marxisme et du totalitarisme dont André Breton est un modèle dans la littérature et les arts], conjuguée à un individualisme faisant de la subjectivité de chacun la mesure absolue de toute chose aboutit à la destruction de tout espace social. Les savoirs universitaires ne sont plus considérés que comme une opinion imposée par cette majorité, à laquelle on peut opposer toute autre opinion [rien de nouveau sous le soleil : au totalitarisme marxiste succèdent à l'Université les dictatures de l'écologie et des genres]. Jusqu’à ce que, ultime étape, toute expression attribuée à la supposée majorité, toute manifestation, même, de l’idée qu’il pourrait exister une majorité, devienne inacceptable. L’extension des droits individuels ne souffre aucune contestation puisqu’elle est en fait une juste réparation de l’oppression séculaire [parallèle évident avec l'anti-colonialisme révolutionnaire des quartiers agités par des imams, mais aussi des "personnalités" du monde du spectacle (Omar Sy émerge parmi eux) qu'on voit davantage sur les écrans ou à Los Angeles - où Sy possède une luxueuse propriété, d'une valeur de 3,1 millions d'euros - qu'à Trappes]. De sorte qu’il ne peut exister de juste mesure. Cette extension ne peut être qu’infinie, et quiconque émet des doutes sur un point ou un autre est un ennemi du Bien.
Sylviane Agacinski, philosophe et ancien professeur à l’EHESS, proche de Jacques Derrida, qui fuit les polémiques de plateaux télé et préfère le temps long de la réflexion, devient [est présentée comme] l’équivalent d’un Zemmour. Il n’y a pas à argumenter face à elle mais à la faire taire. A caricaturer sa pensée comme le fait de façon effarante le communiqué de presse des associations de l’université de Bordeaux [intellectuels ou bien usurpateurs cooptés ?], qui transforme une analogie en comparaison et affiche une incapacité à intégré toute forme de nuance.

Le mouvement qui s’est enclenché sous l’effet de la globalisation culturelle gagne l’ensemble des sociétés occidentales. Cette conception minoritariste (que nous avions analysée avec le journaliste Jean-Michel Quatrepoint dans un ouvrage intitulé 'Délivrez-nous du Bien'), par son refus de l’universalisme et son obsession identitaire, est une remise en cause absolue de l’humanisme et des Lumières.

Elle [globalisation culturelle] gagne dans l’indifférence générale toutes les facultés de sciences sociales, endoctrinant à coup de concepts vides les étudiants qui sortent du lycée vierges de toute structure intellectuelle. Jusqu’au moment où l’idée même de débat contradictoire fondé sur des arguments rationnels aura sombré, effaçant plusieurs siècles d’histoire de la pensée. Tout cela horrifie les citoyens lambda. Mais les décideurs, ceux qui, dans les milieux politiques et médiatiques, ont la parole, se gardent bien de prendre leurs responsabilités [c'est ce qui caractérise la macronie]. Trop peur d’être la cible de la prochaine cabale, d’être classé dans le camp des réactionnaires, d’être accusé d’avoir basculé à l’extrême droite. Il serait plus que temps de refuser à ces inquisiteurs et à leur affidés le droit de définir au nom des citoyens le progrès et le bien commun.

Cet article de Marianne publié le 27/10/2019 est dû à Natacha Polony
(les commentaires personnels sont entre crochets et seuls les titres ont été modifiés)

mardi 8 octobre 2019

LREM, soupçonnée de connivence avec le cabinet Occurrence

Comptage des manifestants : le cabinet Occurrence est-il de mèche avec LREM ?

L
e vice-président de la "Manif pour tous" révèle pourquoi la fiabilité du comptage des manifestants par le cabinet Occurrence est suspecte


 Dumont a dénoncé les liens de cette entreprise avec le parti présidentiel. 

Lundi sur franceinfo, il a aligné des éléments qui jettent la suspicion sur l'indépendance de l'entreprise vis-à-vis de La République en marche (LREM) et des  comptages effectués, en dépit de la confiance politique que lui accorde un collectif de media.

Des manifestants opposés à la PMA pour toutes le 6 octobre 2019 à Paris.Après la manifestation dimanche 6 octobre à Paris contre l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, ce cabinet d'études - et de conseil - "indépendant" français spécialisé dans l'évaluation de la communication est remis en cause. Il est chargé depuis 2018 par plusieurs dizaines de media mainstream, dont certains appartenant au même groupe, de compter les manifestants : il est censé compter en toute objectivité le nombre de manifestants. 
Or, il suscite l'indignation sur les réseaux sociaux comme dans le public. Lundi 7 octobre par exemple, le vice-président de la Manif pour tous, Albéric Dumont, a avoué sur franceinfo qu'il aimerait "avoir la preuve" de la "soi-disant indépendance de ce cabinet".
Ces accusations ne sont pas nouvelles : elles ressortent régulièrement sur les réseaux sociaux et certains clients de ce cabinet prétendent se livrer à l'exercice schizophrénique de partage du vrai et du faux.

"Aucun lien d’amitié" entre le patron d’Occurrence et Aurore Bergé ?

Le président d’Occurrence, Assaël Adary, est "un ami d’Aurore Bergé, députée La République en marche [LREM] et défenseure acharnée de la 'PMA sans père'", indique Albéric Dumont. Pourtant, tous les deux l'assurent : ils ne se connaissent pas. Le lien d’amitié inavoué entre Assaël Adary et la porte-parole du gouvernement, Aurore Bergé, se fonde sur un tweet publié le 13 mai 2017, en pleine campagne pour les élections législatives. Aurore Bergé n’est à l’époque pas encore élue députée LREM de la 10e circonscription des Yvelines, où elle cumule les fonctions électives lucratives (lien PaSiDupes : Aurore Bergé (LREM) a-t-elle empoché 6.000 euros faciles ?).
Pour Assaël Adary, contacté par franceinfo, ce tweet n’est pas un soutien politique, mais "une réponse à un autre tweet qui demandait 'de faire barrage à la suceuse Aurore Bergé'." Ce tweet a depuis été supprimé. Le message d’Assaël Adary était donc selon lui un "tweet de soutien envers une personne agressée et insultée, par ailleurs ancienne étudiante du Celsa, dont je suis président de l’association des diplômés."

Déjà sur ce point, les relations sont ambiguës : "Je n’ai jamais fait le Celsa, j’ai fait Sciences Po Paris, il a dû confondre", s'étonne Aurore Bergé, interrogée par franceinfo. Si la page Wikipédia d’Aurore Bergé indique bien qu’elle a étudié au Celsa (Ecole des hautes études en sciences de l'information et de la communication à La Sorbonne), l’annuaire de l’école ne mentionne en effet aucune Aurore Bergé. "A l'époque, j'aurais mis ma main à couper qu'elle était une ancienne du Celsa, sinon je n'aurais jamais publié ce tweet" (ci-dessus), assure Assaël Adary.
De son côté, Aurore Bergé assure à franceinfo que le patron d’Occurrence n’est "pas un ami" : "Je ne le connais pas, je ne l’ai jamais rencontré. Je n’ai aucun lien avec Occurrence, ils font leurs comptages sans me demander mon avis !"

Caterina Avanza ne cumule pas des fonctions chez Occurrence et En Marche

L’un des cadres du cabinet Occurrence a-t-il des responsabilités au sein de LREM ? 
C’est ce qu’assure sur franceinfo Albéric Dumont, vice-président de la Manif pour tous : "Une certaine Mme Avanza [est] à la fois salariée au QG d’En marche et chargée d’événement au cabinet Occurrence."
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Vérification faite, Caterina Avanza, 38 ans, membre du Parti démocrate italien (un parti politique fourre-tout, classé en général au centre gauche, mais, en fait, une coalition allant de l'ex-parti communiste à la démocratie chrétienne), a bien travaillé pour Occurrence et En Marche !… (ci-contre avec Macron), mais pas à la même période. Comme l’atteste son profil LinkedIn, elle a occupé pendant quatre ans le poste de "chargée d’étude senior" pour Occurrence, de mars 2006 à septembre 2010. Elle a ensuite travaillé pour différentes entreprises, dont l’institut de sondage Ifop. Ce n’est qu’en juin 2017 qu’elle arrive chez En marche, d’abord en charge des consultations citoyennes et des études d'opinion.
Un CV confirmé par Assaël Adary, président d’Occurrence : "C’est complètement fou, on n’a plus aucune relation contractuelle avec elle depuis neuf ans. Son solde de tout compte date de septembre 2010 !"

La directrice générale d’Occurrence a bien applaudi l’élection d’Emmanuel Macron

C’est une critique qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux :
la directrice générale d’Occurrence soutiendrait Emmanuel Macron.
Une nouvelle fois, tout part d’un tweet, aujourd'hui supprimé, qu’elle publie le 7 mai 2017, jour de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Céline Mas, directrice générale du cabinet d'expertise Occurrence à l'époque, se félicite de l'élection d'Emmanuel Macron.  

Cette fois, pas de doute : le soutien politique est explicite. Mais pour Assaël Adary, dont le co-fondateur d'Occurrence a mis fin à ses fonctions opérationnelles en janvier 2016, "chaque collaborateur est libre de ses opinions". Une entreprise ne peut pas selon lui être tenue "politiquement responsable" de ce que font ses collaborateurs. "Il y a par exemple un maire sans étiquette dans notre équipe, peut-être y-a-t-il aussi des 'gilets jaunes', des conseillers municipaux ou des personnes qui ont manifesté dimanche contre la PMA pour toutes, mais je n’en sais rien et je n’ai pas à le savoir." 
Adary est intervenant au Celsa et à Sciences Po Paris. Il est président de l'association des Alumni Celsa Sorbonne Universités et Secrétaire général de l'association Communication & Entreprise. Un homme d'influence est-il nécessairement fiable et vertueux ?


Il indique également que Céline Mas ne travaille plus pour Occurrence depuis août : "Elle a été licenciée pour des motifs professionnels, ce n’est pas lié à ses convictions personnelles."

Une méthodologie de comptage validée par une vingtaine de media

Un employé d'Occurrence préposé au comptage des manifestants,
le 22 mars 2018
Après la manifestation contre l'extension de la PMA dimanche, le fossé entre le chiffre avancé par les organisateurs et celui publié par Occurrence est très large. Les premiers ont comptabilisé huit fois plus de manifestants dans les rues de Paris que les seconds. Pour certains militants, c’est le signe d’une "manipulation" de la part d’Occurrence.
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Parmi les critiques, relayées notamment par le site Boulevard Voltaire, le cabinet Occurrence n’aurait pas compté tous les manifestants, étant donné que le cortège était scindé en deux.
Pour Assaël Adary, au contraire, tout s’est déroulé dans les clous : "Nos équipes étaient pile où il fallait être, au croisement entre les boulevards Raspail et Montparnasse, justement là où les deux cortèges, y compris le cortège de délestage, sont passés."

Au-delà de cet exemple précis, la question de 
la fiabilité du comptage des manifestants est posée, surtout qu’une vingtaine de médias, et même près de 80 si on prend en compte tous les titres de presse régionale, font confiance à Occurrence.
"L’indépendance des chiffres des manifestants vient du fait que j’ai conçu la méthodologie avec des médias de sensibilité différente, du 'Figaro' à Mediapart en passant par franceinfo et 'La Croix'. Mais ce qui est terrible, c’est que cet argument se retourne contre nous, à cause du manque de confiance envers les médias", explique Assaël Adary.
Quid, justement, de cette méthodologie 
"On a des capteurs de la société Eurecam, qui, comme ceux présents dans les aéroports et les musées, comptent les manifestants", détaille le président d’Occurrence. Pour corriger la marge d'erreur, l'entreprise ajuste le chiffre grâce à des micro-comptages de trente secondes réalisés à la main. "Le chiffre final ne passe aucunement par le ministère de l’Intérieur !", soupire-t-il. Il ajoute que des journalistes et des militants sont régulièrement invités à compter avec eux.
La méthode scientifique aurait-elle des failles ?