POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Maurel E. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Maurel E. Afficher tous les articles

vendredi 9 novembre 2018

Mélenchon souhaite le "succès" de la mobilisation des "fusillés pour l'exemple" du 17 novembre

Les staliniens prennent le train en marche

Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien au mouvement du 17 novembre contre la hausse de la fiscalité des carburants

Le chef des Insoumis d'extrême gauche juge "cette colère juste".
La France insoumise ne manquera pas le coche de cette rébellion...
"Le 17 novembre, qu'est-ce que vous faites, vous regardez en commentant ? Non, le 17 novembre est une auto-organisation populaire dont je souhaite le succès. (...) Il faut souhaiter son succès", a déclaré le chef de la bande des Insoumis, jeudi, lors d'un meeting à Pau.

"On me dit 'il y a des fachos là-dedans'. Oui, oui, il y en a partout. Et il y a aussi beaucoup de fâchés qui ne sont pas fachos, et ceux-là ils ont raison d'être fâchés (...) cette colère est juste, elle porte sur quelque chose qui a un sens", a-t-il poursuivi.

Résultat de recherche d'images pour "Potemkine mutinerie"
Début de l’insurrection bolchévique
du cuirassé Potemkine (
24 juin 1905)
"Cette affaire d'augmentation des carburants détrousse les braves gens qui vivent de leur travail. Parce que quand on est à 20 kilomètres de son boulot, cette affaire coûte 200 euros (...) Alors c'est inacceptable, c'est inadmissible, c'est insupportable, et le peuple a raison de se révolter".

Pour autant, Mélenchon n'entend pas appeler à participer aux blocages. 
"Je n'ai pas envie que demain on demande, 'est-ce que vous faites la journée des Insoumis ?'. Non, il faut que vous ayez bien la trouille et les miquettes de les voir par milliers s'opposer à vous, tout seuls, sans consigne", a-t-il expliqué.

Clémentine Autain avait affirmé le 4 novembre sur Facebook qu'elle ne "serai(t) pas le 17 dans les blocages." La députée LFI de Seine-Saint-Denis ne se voyait pas "défiler à l'appel de Minute et avec Marine Le Pen".

Mélenchon est revenu sur les propos de Macron en faveur d'un hommage au général 

"Philippe Pétain est un traître," assure le trotskiste dans son discours de Pau. "ll fut un général cruel qui fit fusiller plus de 4.500 rebelles qui voulaient que la guerre enfin finisse (...) et si, à cet instant, il y avait quelqu'un ou quelque chose à réhabiliter, alors, que ce soit les fusillés pour l'exemple", a-t-il polémiqué, cinquante ans plus tard.
Un soldat "fusillé pour l’exemple" désigne un militaire exécuté après décision d’une juridiction militaire. En tant de guerre, quand la patrie est en danger, des exécutions pouvaient être prononcées dans un souci d’exemplarité visant à maintenir les troupes en parfait état d’obéissance en cas d’insubordination au front, pour éviter les paniques généralisées. Cette pratique est à distinguer des condamnations à mort après passage en cour martiale, avec audition de témoins, conformément au Code de justice militaire. 
Le refus, individuel ou collectif, de monter au front est l’acte de rébellion le plus observé durant la Grande Guerre. Outre la désertion, les mutilations volontaires pouvaient être aussi des actes de rébellion. Forme de mutinerie, éphémère et cachée apparue dès les mois de novembre et de décembre 1914, la fraternisation avec l'ennemi représente également un acte de désobéissance. Enfin, phénomène de lutte de classes, certains soldats deviennent mutins en affirmant haut et fort leurs positions idéologiques sur la guerre, allant même jusqu’à injurier leurs officiers. Ainsi, le 29 juin 1917, un soldat du 101e Régiment d’Infanterie Territoriale est arrêté pour avoir dit à voix haute : "A bas les gradés !". Un autre : "Pour qui est-ce qu’on se bat;  je me fiche d’être français".Philippe Pétain fut jugé et condamné en juillet 1945 pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison par la Haute Cour de justice, dans la foulée de la Libération en mai 1945.
Résultat de recherche d'images pour "Potemkine mutinerie"
Avant Mélenchon, un ex-membre de l'aile gauche du PS, qui a traversé la rue avec Marie-Noëlle Lienemann pour créer sa start-up politique et fraterniser avec LFI, Emmanuel Maurel avait réaffirmé son soutien aux Insoumis qui se sont rebellés contre la justice républicaine, lors des perquisitions légales du 16 octobre 2018, dans le cadre de deux enquêtes judiciaires : le 18 juillet 2017, le parquet de Paris élargit son enquête sur les soupçons d'emplois fictifs  d'assistants d'une vingtaine de députés au Parlement européen, et le 29 mai 2018 quand le Parquet annonça une enquête pour procéder à des "vérifications" sur les comptes de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017, sur signalement de la commission nationale des comptes de campagne.

lundi 15 octobre 2018

Hamon refuse sa "mélenchonisation"

Hamon veut-il être "un nouveau César" à la place de César ?

L'ex-candidat du Parti socialiste et fondateur du mouvement Génération.s, ne veut pas se rallier à "un nouveau César"
,

à un "homme providentiel de gauche", suite au rapprochement entre l'aile gauche du PS et Jean-Luc Mélenchon.
"Ce sont les retrouvailles de l'ancienne gauche du Parti socialiste, c'était la gauche des années 1990, elle se retrouve désormais en dehors du Parti socialiste", a estimé lundi sur Radio Classique l'ancien ministre socialiste de Hollande à propos des départs du PS d'Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann et de leurs tentatives de ralliement à Mélenchon.
"Ce n'est pas à la gauche de remplacer un homme providentiel défaillant à droite par ce qui serait un autre homme providentiel de gauche, je crois à l'intelligence collective", a expliqué B. Hamon.

"La gauche a-t-elle vocation à se rallier derrière [sic] un nouveau César? 

Non, la gauche, elle a toujours été diverse  [ce qu'ils ne peuvent concevoir s'agissant de LR] et je pense aujourd'hui que sur la question européenne, il n'y a pas de réponse nationale à la crise européenne", a-t-il ajouté, enterrant les nations..
"Toute réponse nationale ne peut-être à la fin que nationaliste, caricature-t-il,  et c'est la grosse différence que j'ai avec Jean-Luc Mélenchon, et je l'assume [Macron assume aussi n'importe quoi], c'est que moi, je dis, la réponse est européenne et donc démocratique", a ajouté Hamon.

Le candidat laminé en 2017 se pose avec d'autres en incarnation  d' "une alternative démocratique, écolo, progressiste", plutôt "que simplement une réponse qui serait de type souverainiste".

"Quand je vois les résultats des écologistes en Belgique et en Allemagne ce week-end, je me dis que oui, la prise de conscience, elle existe aujourd'hui, de l'importance de changer, au niveau européen, de modèle de développement", a affirmé l'ancien ministre socialiste de gauche.

Monsieur 6% (2017) "s'engagera totalement dans cette bataille" des européennes de mai 2019, il l'a répété, "au nom de Génération.s, au service d'une dynamique plus large, citoyenne", sans préciser s'il sera tête de liste. 
On comprend qu'après être arrivé quatrième en 2017, il n'entend pas être second.

Et un départ de plus du Parti socialiste !

Marc Vuillemot quitte le PS 

Le PS n'est "plus à même" de rassembler "toutes les sensibilités de la gauche", déplore le maire de La Seyne-sur-Mer (Var) depuis 2008.

Marc Vuillemot, le maire socialiste de 61 ans, annonce dimanche 14 octobre qu'il quitte le PS, après 33 ans. "Une page d'un tiers de siècle de ma vie se tourne aujourd'hui. Je quitte le Parti socialiste", écrit l'élu sur son blog. Marc Vuillemot a été élu maire de sa ville de plus de 64.000 habitants il y a dix ans.

Marc Vuillemot demeure "naturellement socialiste"
Marc Vuilemot dit avoir pris acte du "vote interne" du PS du 11 octobre pour un projet européen qui ne lui paraît pas "à même de créer les conditions d'un rassemblement de toutes les sensibilités de la gauche et de l'écologie".

Les orientations de "l'aile gauche"du PS recueillent, "année après année, de moins en moins d'audience" au sein du parti, déplore le maire de La Seyne-sur-Mer. Il met cela sur le compte "des départs successifs de leaders et de militants qui s'y référaient". "J'en tire donc les conséquences, non sans tristesse et mélancolie", souligne Marc Vuillemot, qui assure demeurer "naturellement socialiste, au sens que donnait à ce terme l'Internationale ouvrière des Jaurès, Guesde et autres Blum". Il garde l'espoir "que la gauche se rassemble autour d'un compromis de projet, des socio-démocrates du centre-gauche aux plus radicaux" et affirme croire "à l'esprit du Front populaire". Comme Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann...

Départs en cascade

Résultat de recherche d'images pour "Maurel Lienemann"Cette décision "pénible" n'est pas un "renoncement," assure Marc Vuillemot, qui souhaite encore être un "citoyen actif et engagé" au sein d'un parti "celui qui me semblera le mieux à même de promouvoir une société juste et humaine à laquelle j'aspire depuis toujours". Mais, selon lui, "ce parti ne me semble pas encore exister". Il pourrait surgir en 2019.

Cette démission du PS intervient après les départs successifs d'Emmanuel Maurel vendredi et de Marie-Noëlle Lienemann samedi. La sénatrice de Paris "salue" ce dimanche sur Twitter "la décision Marc Vuillemot" de quitter le parti socialiste.

Le départ de Julien Dray sera-t-il aussi officialisé ?

samedi 13 octobre 2018

La fronde de l'aile gauche du PS se termine en claquements de portes : un vaudeville

Pourquoi Maurel et Lienemann quittent le PS pour rejoindre Mélenchon

Macron n'avait pas les éléments pour comprendre se qui se tramait

La présence de Mélenchon à Marseille
ne signifie pas qu'il y vient servir leu
rs intérêts
Lorsque le président croise Jean-Luc Mélenchon, 67 ans, sur une terrasse du Vieux Port, à minuit et demi, le 8 septembre dernier, Emmanuel Macron claque la bise à celle qui accompagnait l'ancien ministre délégué (2000-2002) à l'enseignement professionnel de Jospin et qui s'est éclipsée, laissant les deux hommes poursuivre sans elle devant les caméras. Partisane du dialogue et défenseuse de la francophonie, Marie-Noëlle Lienemann glisse au chef de l’Etat : "No comment !", avant de s'esquiver. 

Macron s’est fait présenter l’homme qui était avec les deux anciens ministres, et l'ex-conseiller de François Hollande a laissé entendre à Bernard Pignerol qu’il le connaissait grâce à Bertrand Delanoë. Haut fonctionnaire qui aurait pu être son secrétaire général de l'Elysée, ci-dessus à l'extrême gauche, si Mélenchon n'avait pas été éliminé au premier tour, cet ami du bateleur a en effet travaillé pour l’ancien maire de Paris. 

"Mais pourquoi Lienemann était-elle là ?," aurait demandé à un proche le président, en partant.

Mélenchon/Lienemann/Pignerol, si ces trois-là finissaient la soirée ensemble, c’est parce qu’ils se connaissent depuis trente ans, qu’ils ont été des piliers de la Gauche socialiste, la mythique aile gauche du PS sous Jospin, qui hébergea les "frondeurs" du 'capitaine de pédalo', Hollande. 

Or, s'ils étaient réunis ce week-end là à Marseille autour du futur candidat de l'extrême gauche à la mairie de la cité phocéenne, ce n'était pas pour envisager l'avenir des Marseillais : ils peaufinaient la nouvelle scission du Parti Socialiste. La sénatrice de Paris et son complice, l’eurodéputé Emmanuel Maurel, réunissaient leur club 'Causes Communes' et l’Insoumis y était venu leur déclarer sa passion racinienne : "Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille intellectuelle et affective […] Mes amis, vous nous manquiez" !...

La longue marche solitaire de Jean-Luc Mélenchon vient donc de s'achever

Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et leurs amis quittent le PS. Ils créent un parti, "une maison de la gauche républicaine", dit-il dans son entretien avec 'Le Monde' ce vendredi 12 octobre. Un courant au sein de LFI, comme s'ils n'avaient rien appris de leur expérience de poil à gratter au PS. Le député européen sera candidat sur la liste de 'La France insoumise' (LFI). Il faut bien vivre... Le PS perd les figures historiques de son aile gauche, ceux qui pendant de si longues années ont essayé d’ancrer ce parti dans l’antilibéralisme.

"Je n'y crois plus, c'est fini", confie Emmanuel Maurel, qui a "beaucoup réfléchi" avant de quitter ce parti auquel il a été si attaché. Mardi soir, il a bu un dernier verre avec le premier secrétaire, Olivier Faure. Mercredi il a passé une dernière tête au siège historique du PS qui a été mis en vente. Et lui qui est si heureux de sa nouvelle aventure a été un peu triste : "Je suis passé à Solférino, c’est la dernière journée, il y a des gravats, des cartons, des sacs poubelles...". Adieu Solférino. Adieu le PS. Maurel et Lienemann ont trop avalé de couleuvres, le quinquennat Hollande a achevé de les détourner de ce parti qui, même quand il est très à gauche dans l’opposition, penche à droite dans l’exercice du pouvoir. Ils préfèrent voguer vers d’autres horizons, se rapprocher de l’Insoumis, puisqu'il a le vent en poupe, nous dit-on.

Une bande de potes se retrouve
 
Lienemann et Mélenchon ont tellement milité ensemble qu'ils se connaissent par cœur. 
Maurel et Mélenchon se connaissent aussi depuis des années et se sont toujours appréciés. Maurel était un copain d’enfance de François Delapierre, le regretté fils spirituel de Mélenchon. Et Maurel aime les livres, connaît l’Histoire, réfléchit.
"Emmanuel [le rouge] est le dernier d’une longue tradition : c’est un intellectuel socialiste, vraiment intellectuel et vraiment socialiste, lisant, pensant, avec une sensibilité esthétique. Il y a sans cesse eu chez lui une disponibilité intellectuelle, une affection à mon égard, qui m’a toujours poussé à avoir une relation affectueuse avec lui," reconnaît Jean-Luc Mélenchon.

Assis à deux rangs d’écart au Parlement Européen, ils ont toujours aimé se confronter intellectuellement, quand Mélenchon faisait le déplacement de Strasbourg. Emmanuel Maurel a d'ailleurs toujours été invité aux Amphis d’été des Insoumis. Fin août, impressionné par la force militante qu’il y voyait et alors qu’il commençait à réfléchir à quitter le PS, l’eurodéputé s’enthousiasmait : "Il y a du monde, ils débattent, ils sont heureux. On dirait la Gauche Socialiste". Assistons-nous à une reconstitution de ligue dissoute ?

De plus,
pour conquérir Marseille aux municipales 2020, Mélenchon a besoin d'élargir sa base et les "frondeurs" à Hollande sont prêts à y contribuer, le temps d'un scrutin.

Marie-Noëlle Lienemann quitte le PS à son tour

Le PS est devenu "un canard sans tête", observe Marie-Noëlle Lienemann 
La sénatrice quitte le Parti socialiste pour un nouveau parti qui sera lancé en 2019, a-t-elle annoncé dans un entretien avec le JDD samedi.

L'ancienne députée européenne ne croit pas que l'élection européenne de mai puisse faire rebondir le PS. "Olivier Faure n'en prend pas le chemin. Le PS est devenu un canard sans tête", estime-t-elle.

Figure de l'aile gauche du PS, Marie-Noëlle Lienemann animait le courant 'L'Union et l'espoir' avec le député européen Emmanuel Maurel, qui a également annoncé son départ du parti vendredi.
Les deux anciens socialistes vont "créer un nouveau parti qui fera vivre la flamme du socialisme historique plutôt que d'être le gardien des cendres", formation à laquelle ils travaillent avec le Mouvement républicain et citoyen (MRC).

Les deux élus comptent "participer à une dynamique de convergences avec la France insoumise

Ils ambitionnent un nouveau Front populaire", précise-t-elle.
"Ce n'est pas un regroupement d'appareil, mais une dynamique plus large; bien sûr, Yannick Jadot (EELV), Benoît Hamon (Génération.s) y ont toute leur place", précise-t-elle.

"Jean-Luc Mélenchon a dit que la France insoumise était disponible pour rediscuter du programme. Faisons-le!", ajoute l'ancienne élue de l'Essonne, qui animait la Gauche socialiste avec Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon au début des années 1990.

Lienemann affirme qu'Emmanuel Macron "mène une politique de droite"

La socialiste radicale estime aussi que "l'extrême droite est à nos portes. Il faut construire une alternative à gauche".

L'ancienne ministre du Logement rappelle qu'en 1972, le programme commun avec le PCF, "loin d'avoir fait disparaître le socialisme (...) a permis de conquérir ensemble le pouvoir en 1981."
Le hic, c'est que le PCF et LFI de Mélenchon ne peuvent plus se supporter !

jeudi 8 mars 2018

Congrès : les quatre postulants à la direction du PS ont débattu dans la morosité

Les quatre hommes se sont présentés sur RTL (groupe M6) et LCI (groupe TFI)

A la veille de la Journée internationale de la femme, aucune femme n'était candidate...
Les quatre candidats à la tête du PS :
Olivier Faure, Emmanuel Maurel, Stéphane Le Foll et Luc Carvounas
Les quatre candidats à la tête du PS ont peiné à intéresser mercredi soir pendant une heure trente sur RTL et LCI, les archéo-socialistes se sont affrontés, évitant de soutenir le bilan du quinquennat Hollande et de se lancer des les invectives, mais figés dans leurs divisions passées.

Sur le plateau, cravate rouge pour le sombre Olivier Faure, cravates sombres pour les trois autres prétendants à la traîne, les quatre hommes ont chacun souligné au début du débat la gravité de l'enjeu, alors que le PS joue sa survie après les désastres électoraux du printemps.
"En mai, juin, les Français nous ont adressé un message que nous devons entendre. Nous avons fait 6% des voix à l'élection présidentielle. Nous ne pouvons pas ne pas nous remettre en cause de manière radicale", a souligné le président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée, Olivier Faure, 50 ans. "C'est un congrès décisif pour le PS, mais pour toute la gauche", a renchéri Stéphane Le Foll, 57 ans, l'ancien porte-parole de gouvernements (pendant les trois dernières années du quinquennat), quand le PS était au pouvoir et hégémonique.

Invités à s'exprimer sur le précédent quinquennat, les quatre hommes ont pris soin de ne pas s'opposer frontalement. 
"Ce dont il faut être capable, c'est de se tourner vers l'avenir", a esquivé l'ancien intérimaire  à l'Agriculture, pendant la totalité du quinquennat, Le Foll, qui, dans son texte d'orientation, se montre pourtant le plus ardent défenseur de la politique de François Hollande.

Les députés Faure et Le Foll, ainsi que Carvounas, député issu de l'ancienne majorité du PS, ont tenu à rappeler qu'ils avaient parfois "donné l'alerte" lors du précédent quinquennat, sur la question de la déchéance de nationalité comme sur la loi travail. Le 11 juillet 2015, le Franco-grec a épousé Stéphane Exposito, le chef de cabinet de la secrétaire d'État Pascale Boistard chargée des droits des femmes du gouvernement Valls.

Les démons du passé n'ont cependant pas tardé à resurgir.
C'est le cas sur leur vision économique et socialenotamment sur le CICE, comme sur la loi Travail. Le Foll et Maurel ont reproduit les débats du précédent quinquennat entre le gouvernement et les frondeurs, dont était Maurel, 44 ans, arrivé en deuxième position avec 13%, lors du vote des militants au congrès de Toulouse d'octobre 2012, avec le soutien de Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj et le mouvement Utopia. "Ce débat, on va pouvoir le continuer cinq ans, hein ! s'est irrité l'ancien directeur du cabinet de Hollande lorsqu'il était à la tête du Parti socialiste (1997-2008). C'est pour ça que je veux une majorité: pour pouvoir se tourner vers l'avenir, changer un peu !", a lancé le second couteau de Hollande.

Appels aux  militants pour qu'ils viennent voter...

Cherchant à se sortir de cette opposition binaire, O. Faure a mis le projecteur sur la politique du gouvernement actuel. "Quelle différence entre nous et Emmanuel Macron ? Nous avons donné de l'argent aux entreprises. Emmanuel Macron donne 30 milliards d'euros sur cinq ans, non pas aux entreprises, mais aux actionnaires", a-t-il dit, en rappelant la proposition des députés socialistes d'augmenter le pouvoir des salariés dans les grandes entreprises.

Les quatre hommes se sont mis à l'unisson pour dire leur opposition à Emmanuel Macron, promettant de tous manifester le 22 mars aux côtés des cheminots. "Sur une manifestation unitaire, je peux aller manifester. Mais je ferai très attention de ne pas suivre une manifestation qui serait appelée par certains syndicats et pas d'autres", a nuancé Stéphane Le Foll, qui a aussi dénoncé "l'injustice" des choix fiscaux du gouvernement.

Ancien lieutenant de Manuel Valls, Luc Carvounas s'est montré le plus virulent contre le président de la République, l'accusant d'être le "président des riches et des métropoles".
"Je suis l'opposition, je ne vais pas aller chercher quel adjectif (...) J'étais dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, j'ai écouté le discours d'Edouard Philippe: il y avait tout dedans ! Tout ce qu'on est en train de combattre aujourd'hui était dans ce discours. Il fallait voter contre ce discours, pour être clair !", a lancé le député de la circonscription cheminote d'Alfortville (PS depuis ...1947), Val-de-Marne, seul sur le plateau à avoir voté contre la confiance au gouvernement.

Ce débat organisé par LCI et RTL en partenariat avec le Figaro était une première pour un parti, lequel avait toutefois joué à nouveau la carte du débat télévisé, comme ce fut le cas quatre fois pour les sept candidats de la gauche (Hamon, Montebourg, Peillon, Valls, Bennahmias, Sylvia Pinel, unique femme,  et ...de Rugy)lors de la primaire à la présidentielle en janvier 2017.

"L'enjeu du débat est de montrer que le Parti socialiste est bien présent (...), de faire en sorte que les militants viennent voter", avait souligné mercredi matin le coordinateur du parti Rachid Temal, qui a affirmé attendre 30.000 votants, sur les quelque 102.000 militants susceptibles de se mettre à jour de cotisation. "Ils rallument la lumière, ce n'est pas la fin du film", a de son côté souligné l'ancien premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, apparatchik du PS qui a perdu son mandat de député en 2017 et a démissionné de la tête du Parti socialiste.

samedi 2 septembre 2017

Ordonnances: le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

A la rue, le Parti socialiste et FO envoient des signaux contraires

Le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

Résultat de recherche d'images pour "Olivier Faure Macron"
Olivier Faure
Le Parti socialiste n'appellera pas à manifester contre les ordonnances sur la loi travail. Contrairement à l'extrême gauche, la CGT, un syndicat, et à La France insoumise, un parti politique, les socialistes ne seront pas dans la rue les 12 et 23 septembre. 
"Nous ne sommes ni syndicalistes, ni Insoumis", a lancé vendredi le président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, à l'occasion d'une conférence de presse.
Le PS préfère lancer une consultation avec les syndicats et les autres formations de gauche, a annoncé le chef de groupe parlementaireL'objectif est de s'accorder sur quelques points de contestation en commun "pour avoir plus de poids dans l'opinion publique". 

Les cadres et militants pourront toutefois participer aux manifestations à titre individuel

Le numéro deux du parti, Rachid Temal, s'est chargé du grand écart. Ex-MJS, patron du PS dans le Val-d'Oise (DVG aux sénatoriales de 2004) et ancien directeur général adjoint de J.-P. Huchon, chargé de la stratégie et des politiques publiques au Conseil régional d'Ile-de-France et actuel, Temal est un apparatchik qui monte : sera-t-il premier secrétaire du PS  derrière  Jean-Christophe Cambadélis? 

Début 2015, à 42 ans, à la suite de la réorganisation du CRT, Rachid Temal avait entamé une procédure aux prud'hommes de Paris pour obtenir plus de 330.000 € de dommages et intérêts pour licenciement sans cause (oui, on sait, c'est bizarre de la part de quelqu'un qui veut partir, mais c'est ainsi). "Cher payé pour quelqu'un qu'on voyait peu au bureau", persifla un fin connaisseur du CRT, rapporté par Marianne. Temal ne fait pas travailler pour lui de collaboratrice familiale, mais les prud'hommes...
En juin 2015, il a été reconduit au bureau national, au côté de Christophe Borgel, responsable du pôle 'élections'.
Il se revendique alors comme un 'hollandais' et anime ce courant avec Stéphane Le Foll, le ministre intermittent au four de l'Agriculture et au moulin de la communication.

Proche de Jean-Christophe Cambadélis, Rachid Temal a assuré toute la partie logistique du référendum socialiste.
Les parlementaires Luc Carvounas et Emmanuel Maurel, par exemple, devraient grossir les rangs du cortège syndical. Ils représentent en effet l'aile gauche du PS.

Olivier Faure, en revanche, ne mélange pas les genres. "Nous sommes une opposition, mais nous avons vocation à incarner une alternance", a fait savoir Faure, pour se démarquer de son homologue Jean-Luc Mélenchon, qui, selon lui, a cédé au "spectacle". 

"C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité, mais de l'insécurité (pour les salariés)", avait commenté Rachid Temal

Résultat de recherche d'images pour "PS contestation sociale"Il faut dire que les Insoumis n'ont pas manqué de rappeler que les socialistes avaient posé les premières pierres de cette réforme en 2016 avec la loi El Khomri, voulue par Macron de l'Elysée ou il fut conseiller à Bercy où il fut ministre de Manuel Valls. 
"Concernant la hiérarchie des normes, notamment, nous avons été mis en difficulté dans l'Hémicycle par Jean-Luc Mélenchon qui nous renvoyait la responsabilité", reconnaît Régis Juanico, député de l'aile gauche. Ce dernier rappelle que le groupe Nouvelle Gauche avait voté à l'unanimité contre le projet de loi d'habilitation. 

De nombreuses lignes rouges cristallisent la contestation du PS sur les ordonnances, le périmètre géographique pris en compte pour le licenciement collectif, l'encadrement des indemnités prud'homales, l'ouverture d'un droit à la négociation dans les PME. "C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité mais de l'insécurité" pour les salariés, a dénoncé Rachid Temal. 
"C'est une occasion ratée, un rendez-vous manqué avec l'emploi et le dialogue social. Ce qui se passe a l'apparence du bon sens mais va menacer la façon dont le dialogue social va s'organiser dans le pays", a abondé Rita Maalouf, 
Résultat de recherche d'images pour "Rita Maalouf"
Résultat de recherche d'images pour "Rita Maalouf"candidate PS dans le Val d'Oise, née au Liban, qui créa la polémique en déclarant dans son CV de campagne qu'elle exerçait la 'Profession' de 'Vice Présidente d’un établissement bancaire", ce qui fut contesté. Elle n'aurait pas été davantage "associée"au sein de la société Fidei Finance Consultants, pas plus que diplômée de l’Ecole Spéciale d’Architecture (ESA). Au moins a-t-elle reconnu avoir été contrôlée positive lors d’un test anti-dopage à l’issue du Marathon de Beyrouth de 2003...

Les dirigeants PS regrettent en outre que le débat parlementaire soit convoqué a posteriori de l'entrée en vigueur de la loi. 
"C'est une parodie de débat parlementaire et un déni de démocratie", s'est insurgé Olivier Faure. 
"Le calendrier a été bien pensé pour prendre tout le monde de vitesse, mais les macronistes ne doivent pas crier victoire, ils risquent d'être rattrapés par la réalité. La baisse des contrats aidés va faire très mal", anticipe Régis Juanico. 

Certains socialistes s'exaspèrent de la position du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
En première ligne contre la loi El Khomri mais bienveillant sur les ordonnances, son organisation syndicale est pourtant aussi ambiguë aujourd'hui que le groupe PS. "La dernière fois FO était pour un retrait de la loi préalable à toutes discussions", n'a pas oublié l'amer Stéphane Le Foll sur France 2.  

lundi 18 janvier 2016

Sur l'emploi , "on ne peut plus faire de pirouettes", prévient Lienemann

La gauche du PS cherche plus que jamais à écarter Hollande

Figure bougonne de l’aile gauche du PS,
la sénatrice de Paris défend le "plan de relance" pour l'emploi de son courant "Maintenant la gauche".
Lienemann (2e depuis la gauche), Maurel et Placé (au centre) et Guedj (debout)

Devant le quotidien Libération, elle menace  à nouveau de se porter candidate, en cas d’organisation d’une primaire à gauche.
Ce courant du PS, fondé en 2012, regroupe différents mouvements, une partie du courant Un Monde d'Avance (Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj, Marianne Louis, Marie-Noëlle Lienemann), le mouvement Utopia (Franck Pupunat), et le mouvement de Gérard Filoche, à travers le texte de la motion 3, intitulé 'Maintenant La Gauche'. Son inspiration est issu du socialisme démocratique et du fédéralisme européen. Il rassemble 13,7 % des voix et 9 membres au bureau national du PS (Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Marianne Louis, Jérôme Guedj, Gérard Filoche, Julien Dray, Anne Ferreira, Jonathan Munoz, Jean-François Thomas). 
La sénatrice de Paris juge "fumeuses" les propositions emplois de François Hollande  

Pourquoi ce 'plan de relance', lui demande Libération?

Parce que nous considérons que
les mesures proposées par François Hollande ne sont pas suffisantes. Sa politique de l’offre ne marche pas. Elle n’a pas créé de demande et nous disons depuis le début que la solution pour relancer l’économie française est de soutenir la demande intérieure. Nous proposons un plan qui nous permettrait d’atteindre 2% de croissance à la fin de l’année et donc de réussir à faire baisser le chômage.

Comment ?

En augmentant le pouvoir d’achat et les investissements. D’abord, nous proposons une hausse immédiate du salaire minimum. Les entreprises ont reçu 40 milliards d’euros d’aides depuis 2012; elles peuvent faire aujourd’hui un effort sur les bas salaires. Nous estimons qu’il est aujourd’hui indispensable d’augmenter le Smic de 10%. C’est de l’argent que les ménages les plus modestes dépensent et donc réinjectent dans l’économie. Plus le niveau de vie des ménages est bas, plus ils consomment français. 
Ensuite, nous proposons une meilleure indemnisation des demandeurs d’emploi, un allongement d’un an de leur durée d’indemnisation pour éviter qu’ils ne tombent dans la précarité et aient plus de mal à retrouver du travail. 
Nous souhaitons rendre plus facile le chômage partiel pour les petites et moyennes entreprises, revaloriser et élargir les prestations sociales, rendre la CSG plus progressive. 
Côté investissements, nous proposons de financer une prime à l’achat de logements neufs pour les ménages modestes, de doubler progressivement les aides à la pierre, d’augmenter les moyens de la recherche et de l’enseignement supérieur et d’accélérer la transition énergétique. Nous avons chiffré ce plan à 12 milliards d’euros.

Le gouvernement vous dirait que vous "rasez gratis" !

Mais nous avons aussi calculé les ressources qui nous permettraient de financer ce plan ! Si on annule la
suppression de la contribution exceptionnelle de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises et que le gouvernement revient sur la suppression de la C3S [contribution sociale de solidarité des sociétés], c’est 4 milliards d’euros de récupéré. Et si on se réfère aux calculs des économistes du FMI, 12 milliards d’euros de dépenses budgétaires en plus nous rapporteraient 9,5 milliards d’euros de recettes.

Que pensez-vous des propositions que s’apprête à faire François Hollande sur l’emploi ?

C’est assez fumeux. Sur l’apprentissage, cela fait deux ans que je dépose des amendements lors des examens de lois de finances. A chaque fois, on me les a retoqués… Le choix pour un chef d’entreprise de prendre un jeune en apprentissage est lié à sa confiance en l’avenir. Or, sans carnet de commandes plein, pas d’apprenti. Il faut à la fois mieux rémunérer l’apprenti, pour qu’il se sente motivé, et que son salaire couvre ses frais. Il faut aussi que ce soit très peu coûteux pour les petites entreprises et qu’on les accompagne dans la paperasse. 
Par ailleurs, si on veut mener une politique de long terme, il faut réorganiser les filières d’apprentissage et mettre en place des quotas pour les entreprises. Jean-Louis Borloo avait proposé que ce soit une condition pour toucher le CICE [Crédit d’impôt compétitivité emploi], ce n’est pourtant pas un gaucho !

Et sur le plan de formation pour 500 000 chômeurs ?

Où va-t-on trouver l’argent pour ça? Si c’est pour leur faire faire des stages bidons, ça ne sert à rien. Le problème des emplois non pourvus est surtout que, souvent, ce sont des CDD hypercourts qu’on leur propose!

Pour vous ce n’est pas à la hauteur pour régler le problème du chômage…

Non. Cela va surtout permettre d’
envoyer des gens en stage et - miracle ! - il y aura moins de chômeurs… Les gens ne sont pas dupes. En matière d’emploi, on ne peut plus faire de pirouettes, il faut un vrai changement d’orientation.

Que pensez-vous de l’appel lancé dans Libération pour une primaire à gauche?

Je suis très pour! Je défends cette idée-là depuis longtemps et j’ai donc signé cet appel. Nous avons besoin d’un très large rassemblement de toute la gauche avant le 1er tour de la présidentielle. François Hollande lui-même avait dit en son temps qu’il se plierait à un tel exercice et qu’il ne pourrait s’y soustraire. A moins que ce soit, encore une fois, une promesse qu’il ne tient pas. La primaire, ce n’est pas un processus de désignation conjoncturel mais bien structurel. D’autant plus que les résultats du 1er tour seront décisifs. Les appels au vote utile ne suffiront plus…

Vous seriez partante pour être candidate ?

J’ai toujours dit que si une telle primaire s’organisait, je serai candidate. Ce qui m’importe, c’est le fond, porter nos idées. Mais j’estime incarner une détermination, une expérience gouvernementale et une cohérence dans ce que je porte de très longue date au sein de la gauche. Nous devons porter la République sociale et une certaine vision de l’Europe. J’estime avoir cette légitimité.

vendredi 28 août 2015

La "petite musique libérale" du gouvernement est insupportable aux frondeurs du PS

"Venez voir les clowns, les acrobates et les jongleurs !"

"C’est un assez bon résumé de l’état actuel du Parti socialiste,"
 
murmure un socialiste 'frondeur' qui participe à la visite gratuite de la ménagerie annoncée par le haut-parleur de la voiture du... cirque Zavatta  voisin

L’aile gauche du PS s’est réunie, jeudi 27 août à Marennes - ville des huîtres ! - à quelques kilomètres de La Rochelle et à quelques heures de l’ouverture de l’université d’été des socialistes. 
M. Touraine et Montebourg
Près de 300 militants sont venus assister à une table ronde sur les crises européennes, avant les discours de clôture vendredi matin des trois chefs de file du courant: Benoît Hamonle ministre de l’Education chassé du gouvernement et 'drivé' par Henri Emmanuelli, le député de la Nièvre, Christian Paul, vice-président du courant Rénover maintenant animé par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, et l’eurodéputé Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion 'Maintenant la gauche' au congrès PS de Toulouse d' octobre 2012, soit 13 %, et 28 % des voix, lors de l'élection du Premier secrétaire face à Harlem Désir. Les "frondeurs" représentent un militant sur 3 au PS.

Cette table ronde sur les crises européennes accueillait des responsables du parti de la gauche radicale grecque, Syriza
, et du parti espagnol Podemos.
"A gauche pour gagner", proclame le slogan des frondeurs, alors que l'une des leurs, la maire de Lille Martine Aubry, s'est soumise à Hollande et Valls en espérant sauver sa présidence du Conseil général du Nord que lui a finalement ravi Jean-René Lecerf (UMP).
 
Dans les faits, on prend (à peu près) les mêmes et on recommence. 
En cette rentrée, l’aile gauche du PS réclame toujours une "réorientation" de la politique du gouvernement, moins de deux ans avant l’élection présidentielle. Tous ses responsables en sont convaincus: en l’état actuel, si la gauche au pouvoir ne change pas, elle sera battue en 2017. "Cette rentrée est celle de la dernière chance", souligne Emmanuel Maurel, avant l’examen du budget à l’automne. "Notre politique n’a pas de base électorale, donc comme nous ne pouvons pas changer le peuple, il faut changer de politique", ajoute Christian Paul, qui estime que "la gauche au pouvoir manque d’ambition et doit changer d’intensité"

Les cibles socio-libérales des socio-démocrates

Lienemann, Paul, Baumel et Guedj
Les frondeurs sont anxieux
Croissance basse, chômage haut, division des gauches, électeurs qui se détournent vers l’abstention ou les extrêmes, tout est cause d'inquiétudes à vingt mois de la présidentielle. "A-t-on réussi depuis 2012 à réduire le chômage et les inégalités ? Non. Les électeurs viennent-ils voter pour nous depuis quatre ans ? Non. Il faut nous interroger sur ces deux indicateurs", explique Benoît Hamon. 

Mise en garde adressée à François Hollande et à Manuel Valls. 
Le premier ministre reste la cible privilégiée de l'aile gauche du PS. Sa tribune, publiée cette semaine dans Les Echos, qui ferme la porte à une réorientation du pacte de responsabilité et appuie le maintien des réformes, a provoqué leur colère. "La tribune de Valls, c’est une lettre au Medef qui ne parle pas aux socialistes ni aux Français", gronde Christian Paul. Pour le député, le chef du gouvernement "n’est plus un bouclier pour le président, mais l’émetteur d’idées libérales qui peuvent être catastrophiques pour la gauche et le pays". 

L’aile gauche s’inquiète d’une éventuelle nouvelle série de réformes visant à assouplir le droit du travail. Les attaques récentes de Pierre Gattaz, le président du Medef, contre le code du travail, visant à développer la flexisécuritéainsi que les déclarations du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, sont à leurs yeux de mauvais présages. "Il y a en cette rentrée une petite musique très libérale autour du droit du travail qui m’inquiète", explique Benoît Hamon. Pour le ministre de l’Education nationale exclu du gouvernement Valls, "le jappement exalté pour la réforme permanente n’est pas une politique. Laisser les salariés “libres” de renoncer à leurs droits ne serait pas une réforme de gauche"

Les socialistes de gauche grondent

Mais, comme à leur habitude, ils ne rompent pas: ils plient... 
Leurs camarades de Podemos ou de Syriza peuvent bien vanter les mérites de la "recomposition" politique, pas question pour eux de quitter le PS pour tenter de construire une nouvelle force alternative avec les écologistes ou le Front de gauche. Les fuites de Mamère, puis de Rugy et maintenant J.-V. Placé à EELV ne les poussent pas encore à passer des paroles aux actes. Les évictions de Delphine Batho, Benoît Hamon, Aurélie Filippetti ou Arnaud Montebourg du gouvernement alimentent les aigreurs les brasseurs d'idées en périphérie, sans les libérer. A la différence des écolos (mais à l'instar de Barbara Pompili), ils n'ont pas fini leur travail sur eux-mêmes... "Le temps d’une recomposition politique à gauche n’est pas venu, même si je ne peux pas dire de quoi sera faite la gauche des trois prochaines années", balance Christian Paul. 

Pas de rupture, mais la poursuite d’un bras de fer avec le gouvernement. 
"Je n’attends pas la défaite et la grande claque qui réveille parce qu’il est possible que la claque vous tue", explique Benoît Hamon. Une injonction qui n’inquiète pas la direction du PS. "Moi, Marennes, j’y vais pour les huîtres et pour rien d’autre", raille un de ses dirigeants. 
Les frondeurs ressassent les mêmes critiques, selon la Rue de Solférino. "Ils ont perdu au congrès de Poitiers en juin, donc ils tentent d’exister, c’est comme ça depuis le début du quinquennat et ce le sera jusqu’à la fin", pronostique un proche du premier ministre. 
Le gouvernement veut même croire que finalement l’examen du budget ne dérapera pas: les baisses d’impôt d’un côté et un probable geste financier en direction de l’investissement public pourraient suffire, selon l’exécutif, à contenir la fronde. 
Ainsi la France est-elle l'otage des querelles intestines du parti du président, lequel se dit à la hauteur des enjeux...