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lundi 15 octobre 2018

Hamon refuse sa "mélenchonisation"

Hamon veut-il être "un nouveau César" à la place de César ?

L'ex-candidat du Parti socialiste et fondateur du mouvement Génération.s, ne veut pas se rallier à "un nouveau César"
,

à un "homme providentiel de gauche", suite au rapprochement entre l'aile gauche du PS et Jean-Luc Mélenchon.
"Ce sont les retrouvailles de l'ancienne gauche du Parti socialiste, c'était la gauche des années 1990, elle se retrouve désormais en dehors du Parti socialiste", a estimé lundi sur Radio Classique l'ancien ministre socialiste de Hollande à propos des départs du PS d'Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann et de leurs tentatives de ralliement à Mélenchon.
"Ce n'est pas à la gauche de remplacer un homme providentiel défaillant à droite par ce qui serait un autre homme providentiel de gauche, je crois à l'intelligence collective", a expliqué B. Hamon.

"La gauche a-t-elle vocation à se rallier derrière [sic] un nouveau César? 

Non, la gauche, elle a toujours été diverse  [ce qu'ils ne peuvent concevoir s'agissant de LR] et je pense aujourd'hui que sur la question européenne, il n'y a pas de réponse nationale à la crise européenne", a-t-il ajouté, enterrant les nations..
"Toute réponse nationale ne peut-être à la fin que nationaliste, caricature-t-il,  et c'est la grosse différence que j'ai avec Jean-Luc Mélenchon, et je l'assume [Macron assume aussi n'importe quoi], c'est que moi, je dis, la réponse est européenne et donc démocratique", a ajouté Hamon.

Le candidat laminé en 2017 se pose avec d'autres en incarnation  d' "une alternative démocratique, écolo, progressiste", plutôt "que simplement une réponse qui serait de type souverainiste".

"Quand je vois les résultats des écologistes en Belgique et en Allemagne ce week-end, je me dis que oui, la prise de conscience, elle existe aujourd'hui, de l'importance de changer, au niveau européen, de modèle de développement", a affirmé l'ancien ministre socialiste de gauche.

Monsieur 6% (2017) "s'engagera totalement dans cette bataille" des européennes de mai 2019, il l'a répété, "au nom de Génération.s, au service d'une dynamique plus large, citoyenne", sans préciser s'il sera tête de liste. 
On comprend qu'après être arrivé quatrième en 2017, il n'entend pas être second.

lundi 23 octobre 2017

Alain Juppé, patron de fait à Matignon ?

Edouard Philippe serait le prête-nom de Juppé auprès de Macron

Le premier de cordée du gouvernement d'Emmanuel Macron est allé en "team building" auprès de son mentor, vendredi à Bordeaux.

Résultat de recherche d'images pour "Juppé Philippe Bordeaux""Quand vous [journalistes] dites Monsieur le Premier ministre, je ne sais jamais très bien à qui vous vous adressez." Tout est dit sur les troubles de la personnalité du premier ministre de Macron ! A Bordeaux, Edouard Philippe est allé suivre sa première séance de calino-thérapie depuis sa nomination à Matignon, où il rencontré son mentor Alain Juppé, qui occupa le poste au milieu des années 1990. Des retrouvailles ostentatoires sur le perron de l'hôtel de ville de Bordeaux (Gironde), savamment orchestrées quatre jours avant un bureau politique des Républicains qui devrait entériner l'exclusion de l'Edouard de Juppé. L'entourage du premier ministre de façade a beau jurer qu'il n'y a aucun lien, difficile de ne pas y voir une recherche de soutien du septuagénaire.

Le rôle trouble de manipulateur joué par Juppé a fait monter la tension jusqu'à la mairie de Bordeaux. Du coup, sa première adjointe, Virginie Calmels, a préféré rallier Laurent Wauquiez. 

Le favori dans la course à la présidence du parti Les Républicains va devoir prononcer des exclusions.
Certains ont préféré leur carrière à la fidélité et se sont mis au ban de leur parti en ralliant Macron. Cette semaine, Calmels a déploré que Philippe et Gilles Boyer - ex-"bras gauche" de Juppé désormais conseiller à Matignon - soient "les artisans" de la défaite de l'ancien premier ministre à la primaire de la droite. Interrogé vendredi sur les propos au vitriol de la numéro 2 de son conseil municipal, le perdant de la primaire de la droite et du centre a éludé : "Ce que je hume en ce moment, c'est l'air des pins...", a-t-il lâché, d'un air inspiré, alors qu'il cheminait au côté de son homme de paille dans une pinède. 
L'ex-maire du Havre renchérit : "Il y a moins de pins en Normandie, mais c'est bien aussi." Parole immortelle...

Pas un mot pourtant sur la procédure d'exclusion en cours au sein des Républicains. "Quel parti ?", réplique tout aussi finement maître Juppé. L'ex-candidat à la primaire a déjà fait savoir tout le mal qu'il en pensait : "Il est pour l'inclusion, pas pour l'exclusion", résume un de ses proches. 
Image associéeCelle qu'il refuse aussi d'évoquer, l'inclusion des Constructifs dans la majorité, ne se passe pas bien du tout. A l'heure du premier bilan, les juppéistes qui voulaient incarner une force politique nouvelle se cherchent toujours un espace. Rejetés par le groupe LREM à l’Assemblée, le groupe de renégats songe à se constituer en parti politique.
Constitué de 23 députés UDI et 12 députés Les Républicains (LR) en rupture avec la ligne politique de leur parti, les Constructifs s'interrogent sur leur avenir, selon le député LR Pierre-Yves Bournazel, qui a éliminé Myriam El Khomri, tandis que Jean-Pierre Raffarin, bien que de trois ans le cadet de Juppé, se retire de la vie politique.
Le collaborateur de Macron confie qu'il se sent toujours "très juppéiste"

Résultat de recherche d'images pour "macron Philippe"Quelle attitude adoptera-t-il mardi, si Edouard Philippe est effectivement exclu ? Un de ses proches presse Juppé : "Il devrait prendre la parole après l'élection du président." Comprendre, après la victoire de Laurent Wauquiez que l'ancien premier ministre accuse de dérive droitière, histoire de justifier un peu plus son exclusion...

Philippe permet à Juppé de s'ancrer dans le rôle du vieux sage. Les deux hommes se parlent régulièrement au téléphone. Le premier ministre est-il à ce point dépendant de son aîné qu'il le consulte sans cesse sur la méthode et la prise de décisions ?

Le moderne a besoin de l'ancien pour exister, et vice versa. 
Alors ils se câlinent respectivement. "La relève est assurée. C'est une grande joie pour moi de le voir à ce poste", se félicite Juppé, souhaitant à son lointain successeur de "réussir" à Matignon. 
L'ancien n'a pas oublié sa propre disgrâce, quand en 2004, il fut contraint de quitter la vie politique : la cour d'Appel de Versailles l'a condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Parti enseigner au Québec, il a fait son retour en politique deux ans plus tard en retrouvant son mandat de maire de Bordeaux. Philippe pourrait retourner à ses études havraises avant cinq ans.

Résultat de recherche d'images pour "macron boxe"
Macron fait du Poutine
Le maître et l'élève ont ainsi oublié les réserves que Juppé avait émises après la nomination de son lieutenant à Matignon. Entre eux, le compagnonnage dure toujours et chevauche les lignes politiques. "Chacun sait ce que je pense de celui que j'ai longtemps appelé le patron", commente Edouard Philippe, qui a "beaucoup appris" en le "regardant". 
Un acte d'allégeance qui n'a pas son pareil auprès de Macron qu'on dit désormais plein de méfiance.

dimanche 21 mai 2017

Bayrou et Valls célèbrent la mort du PS au même râtelier Macron

Quand Bayrou annonçait "la rupture du Parti socialiste" avec le ralliement de Valls à Macron 

Pour le Béarnais, le divorce est consommé 

Les tontons flingueurs
Le soutien apporté par Manuel Valls à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle marque "la rupture du Parti socialiste," avait prédit François Bayrou sur BFMTV mercredi 29 mars.
C'est "une division sur le fond", avait insisté le président du MoDem.
"Je sais ce que représente la rupture avec son parti au nom de l'idée qu'on se fait de son pays", lança-t-il, avant de poursuivre : "C'est la rupture du Parti socialiste. C'est le Parti socialiste qui se trouve au rendez-vous de sa division interne, qui n'est pas une division sur les personnes, les ambitions, c'est une division sur le fond". C'est pourtant avec ce PS en ruines que Bayrou comptait s'allier avant l'émergence de l'héritier de Hollande.
"Il y a des années que le PS est divisé, qu'existe un affrontement en son sein, entre deux lignes politiques irréconcialiables", a poursuivi le patron du MoDem, qui a rejoint le camp d'Emmanuel Macron en février.
"Je ne suis pas surpris. Je devine que cette décision a dû être prise au terme d'un débat de conscience. Je sais que ces débats de conscience sont difficiles", a pontifié François Bayrou à propos de ce cas de conscience réglé par l'ex-premier ministre. 

Interrogé sur la réaction de François Fillon, selon qui le candidat d'En Marche! "c'est François Hollande", il a continué à distribuer ses coups de griffes sur Valls: "Toute la gauche l'accuse d'être de droite et toute la droite l'accuse d'être de gauche". "On n'est plus prisonnier des deux camps (...) Les Français vont avoir une autre majorité, une autre proposition politique", a enfin pronostiqué le refoulé de toutes les grandes échéances nationales.

mercredi 29 mars 2017

Le soutien de Valls plonge Macron dans l'embarras

Manuel Valls votera pour Emmanuel Macron dès le premier tour

L'ancien Premier ministre votera pour son ancien ministre de l'Economie 

Le baiser de Judas
Après avoir tergiversé pendant plusieurs semaines, Manuel Valls a finalement mis fin un terme à sa valse hésitation mercredi  29 mars : il ne votera pas pour le candidat socialiste de la "Belle Alliance Populaire" à la présidentielle Benoît Hamon. Interrogé sur BFM TV/RMC sur le fait de savoir s'il allait voter pour le candidat d'En Marche! après avoir progressivement rompu avec le candidat de son camp depuis fin janvier, l'ex-Premier ministre a répondu : "Oui, parce que je pense qu'il ne faut prendre aucun risque pour la République. Donc je voterai pour Emmanuel Macron (...). Je prends mes responsabilités."

"Ce n'est pas un ralliement, c'est le choix de la raison", s'est-il justifié. "Je ne veux pas, le soir du premier tour, que nous nous retrouvions face au choix entre François Fillon et Marine Le Pen (...). Il ne faut prendre aucun risque", a-t-il insisté. 

Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

"Je n'accepte pas la marginalisation de la gauche de gouvernement", a affirmé son fossoyeur, accusant de son "échec" la stratégie de Benoît Hamon.
Ainsi que l'y contraignait son engagement sur les statuts du scrutin, après sa défaite à la primaire de la gauche, l'ex-locataire de Matignon avait appelé les électeurs à soutenir le gagnant qu'il trahit aujourd'hui. Resté ensuite en retrait de la campagne depuis cette primaire de janvier à laquelle les sondeurs le donnaient favori, il avait néanmoins fait savoir trois mois plus tard, à la mi-avril, qu'il ne parrainerait pas le député des Yvelines, en critiquant ensuite vivement sa campagne. La veille, le député de l'Essonne, qui réunissait pour la troisième fois en un mois ses soutiens parlementaires, avait estimé que la faiblesse du candidat PS, qui est tombé à près de 10% dans les intentions de vote, "nécessit(ait) de prendre ses responsabilités". "Il nous a dit que le vote utile face à Le Pen, c'est Macron", puisque le vote pour le candidat de la droite républicaine est impossible aux cadres du Parti socialiste, rapportait un participant anonyme.

L'ancien conseiller de Hollande et ministre de l'Economie de Valls a aussitôt reçu le choix du quinquagénaire comme un cadeau empoisonné. 
Macron a réagi sèchement à cette déclaration. "D'abord je le remercie," a-t-il commencé, avec froideur. Je pense que ça traduit ce que j'avais indiqué il y a plusieurs mois, c'est-à-dire que les primaires n'étaient pas en situation de regrouper l'ensemble de la gauche, et cela traduit le fait que les sociaux-démocrates et les femmes et les hommes de gauche responsables sont prêts à s'inscrire dans une démarche qui est la mienne", a assuré Emmanuel Macron sur Europe 1.

Mais Macron a aussitôt tenté de s'affirmer comme l'anti-thèse de Valls 
"pour ce qui est de la démarche et de ce que j'entends conduire, je serai le garant du renouvellement des visages, du renouvellement des pratiques", s'est-il défendu. 

Cela signifie-t-il que vous ne gouvernerez pas avec Manuel Valls si vous êtes élu ? "Vous l'avez compris", a-t-il répondu fermement. Mardi, il avait en effet déjà expliqué qu'il ne compte pas installer d'anciens ministres au sein du gouvernement.

Mais Macron évoque "des visages" et "des pratiques" détestés, sans condamner la politique menée par les gouvernements de Hollande pendant cinq ans.  Valls et Macron, l'un et l'autre, sont précisément les responsables de cette politique menée par Hollande dont plus personne ne veut. 

Hamon vit avec amertume la fronde socialiste

Benoît Hamon disait ne "pas être surpris" par ce qui n'était encore qu'un possible soutien de l'ex-chef du gouvernement à son ancien ministre de l'Économie. "Je crois que cela crée de la déception, de la tristesse (...) Mais je suis un combattant. Je savais bien, en remportant la primaire, que ceux qui avaient échoué n'allaient pas me laisser faire ma campagne tranquillement," avait-il avoué à l'émission de France 2 les '4 Vérités', quelques minutes avant cette déclaration.

"Nous vivons une crise politique, mais aussi une crise morale", qui s'illustre par "un manquement à la parole donnée", a-t-il regretté, dénonçant "un feuilleton destiné à (l)'affaiblir". Les ralliements socialistes sont en effet visiblement programmés pour renforcer chaque jour la position de son collègue du gouvernement, quelques mois de l'été 2014.
"Depuis quelques semaines, s'organisent des ralliements à Emmanuel Macron qui consistent à me planter des couteaux dans le dos", déplorait-il dimanche 26 mars sur la même chaîne de service public qui avait misé sur le frondeur. 

Outre le secrétaire d'État aux Sports Thierry Braillard - en rivalité à Lyon avec Najat Vallaud-Belkacem, un soutien de Hamon - , le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, un proche de Hollande, ou Bernard Poignant, un conseiller intime à l'Élysée, ont en effet annoncé récemment leur ralliement à l'ex-banquier. "Ne pas respecter le verdict des urnes, ça pose problème", a encore lancé Hamon, mercredi matin.


"Je ne demande rien" à Macron, assure Manuel Valls...

Le mal est fait : l'opinion a la confirmation que Macron est l'héritier de Hollande, son François II. 
Le règne de François II fut marqué par une importante crise politique - à partir de l'été 1560, un mouvement de désobéissance civile s'intensifie et plusieurs villes du Midi sont en état d’insurrection - et religieuse au détriment des Protestants sévèrement réprimés et par l'abandon de l'Écosse, du Brésil, de la Corse, de la Toscane, de la Savoie et de la quasi-totalité du Piémont. Face à ...l'Espagne, il est le point de départ de l’affaiblissement de l’influence française en Europe. La Corse, la Savoie ou la Guyane, actuellement secouée par une révolte sociale, reprennent-ils, avec Macron, espoir de voir leur "île" faire sécession ?  

vendredi 24 février 2017

Faute de parrainages, Macron sauve Bayrou (MoDem) et Hamon récupère Jadot (EELV)

Les marchandages et combinazione de la gauche ne marchent pas à tous les coups

Bayrou s'abandonne à Macron 

Bayrou change encore de monture
Le MoDem François Bayrou n'a pas rassemblé les 500 parrainages nécessaires à sa candidature, bien qu'on dise son micro-parti bien implanté dans le monde rural : après Hollande, trop impopulaire, il doit renoncer à se lancer dans la présidentielle. Il s'est résolu à une alliance avec ...Emmanuel Macron.
Après trois échecs, François Bayrou a mis fin à l'insoutenable suspense d'une quatrième candidature. Depuis le siège de son parti, le président du MoDem a annoncé, mercredi 22 février, qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle. Le maire de Pau a présenté son renoncement comme une proposition d'alliance, sous conditions, à Emanuel Macron. "Je lui dis : 'Le danger est trop grand, il faut changer les choses, unissons nos forces pour y parvenir'", a lancé François Bayrou. Comment l'ancien ministre transparent de l'Education nationale en est-il finalement arrivé à jeter l'éponge, à 65 ans.

Macron est un coucou dans le nid de Bayrou
Le patron du MoDem et celui d'En marche ! se sont rencontrés la semaine dernière, car tous les deux occupent un espace commun sur l’échiquier politique. François Bayrou se dit "centriste", bien qu'il appelle à voter socialiste en toute occasion, Emmanuel Macron revendique un positionnement "central", et les deux hommes ont la même vision politique sur l’Europe ou sur "le dépassement du clivage entre la gauche et la droite". 



Dans sa proposition d'alliance, le quémandeur s'est toutefois payé le luxe de poser plusieurs conditions, comme "une loi de moralisation de la vie publique", ou un engagement sur la proportionnelle aux élections législatives.

Mais Bayrou aurait échoué à obtenir un groupe de députés à l’Assemblée nationale, affirme Le Point. Avec sa décision d'opter pour le rassemblement, le maire de Pau va pouvoir mettre en avant son sens des responsabilités devant l’Histoire. "Ce qui se passe en France est extraordinairement dangereux; mon seul souci est de faire en sorte que le pays s’en sorte", racontait récemment à franceinfo François Bayrou. "Il voulait ne rien faire qui puisse favoriser le FN, confirme Jacqueline Gourault, sénatrice proche du président du MoDem. Le rassemblement est plus fort que l'éparpillement." Nous sommes dans une situation d'extrême risque. A cette situation exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle. Et l'homme d'exception, c'est qui ?

Parce que la gauche politico-médiatique n'a pas réussi à faire renoncer Fillon
Le président du MoDem a espéré plusieurs jours que François Fillon, harcelé de soupçons d'emplois fictifs visant sa femme Penelope, malgré l'insuffisance de preuves du Parquet national financier. François Bayrou a mis la pression à plusieurs reprises sur le candidat désigné de la droite républicaine, insistant pour qu'il abandonne la course dans laquelle il était engagé. "Je ne vois pas où l’obstination de François Fillon mène, avait-il expliqué à franceinfo. Le soutenir est impossible. (...) Quand bien même, par une espèce de miracle électoral, François Fillon remporterait cette élection, comment gouvernerait-il ?" Dépité de ne pas obtenir le retrait, le sexagénaire s'est tourné vers le trentenaire et ancien collaborateur de Hollande pendant toute la durée du quinquennat.



Parce qu'il a redouté d’être, à son tour, rejeté pour délit de faciès politique usé
Manuel Valls lors de la primaire de la gauche, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors de la primaire de la droite ont souffert de leurs engagements passés. Les hommes d’expérience n'ont plus la cote. Macron a accepté qu'à défaut d'incarner une proposition de renouveau, le maire de Pau, qui fêtera ses 66 ans en mai, joue les seconds rôles, avec entre 5 et 6% dans les derniers sondages. 


"Macron occupe un espace que François Bayrou avait pu occuper à un autre moment; il faut regarder la situation avec lucidité", explique la sénatrice centriste Jacqueline Gourault, soulignant son image de 'has been'. A moins de 5%, sa campagne présidentielle aurait pu lui coûter plusieurs chevaux de son haras... 
La proposition d'alliance de François Bayrou à Emmanuel Macron est aussi le signe que le président du MoDem était trop isolé pour se lancer dans une nouvelle aventure présidentielle.

Bayrou a viré casaque
L'allégeance de Bayrou à Macron a surpris, y compris au sein de l'entourage du patron du MoDem tenu à l'écart de ses tractations. Ses anciens compagnons de route, depuis des mois, prenaient des paris sur sa candidature. "Où trouvera-t-il les parrainage pour faire campagne ?" s'interrogeait un sceptique. Et il avait raison car le Béarnais s'est finalement rendu à l'évidence cette semaine. Le Béarnais ne pouvait éviter une soumission à Macron, cet OVNI de la société civile, un banquier qu'il observait avec mépris quelques mois plus tôt.

"C'est affligeant, ce marketing électoral", mais il lui a suffi d'habiller du mot "sacrifice" sa capitulation. Car des mois durant, Bayrou n'a pas dissimulé ses divergences avec le leader d'En marche . Seuls les propos de Macron sur la colonisation lui ont inspiré un tressaillement : "Une incompréhension", a-t-il sobrement jugé. Mais, en privé, le Béarnais est allé beaucoup plus loin. 
Vendredi 17 février, cinq jours seulement avant son revirement François Bayrou découvre dans Le Figaro la tribune assassine du professeur de philosophie François-Xavier Bellamy, intitulée 'Emmanuel Macron ou la passion de la post-vérité'. En réaction aux propos de Macron en Algérie concernant la colonisation, quue le candidat candidat de l'Elysée qualifie de "crime contre l'humanité", Bellamy écrit : " Il est révoltant de voir aujourd'hui un candidat qui prétend présider notre République venir cracher sur leurs tombes par opportunisme électoral", avant de dénoncer : "La démocratie se dissout dans le marketing, et ainsi on détruit un peuple aussi sûrement que par la censure. C'est là la faute grave dont Emmanuel Macron est en train de se rendre coupable. Car qui ne voit pas la ficelle grossière dans cette surenchère mémorielle délirante ? La cible, en l'occurrence, ce sont des millions de binationaux, héritiers de cette histoire douloureuse."
Alors le président du Mouvement démocrate téléphone à Bellamy, candidat investi par Les Républicains aux prochaines législatives. "Bonjour, c'est François Bayrou. Merci. Votre texte, c'est tout ce que je pense. C'est tellement rare de lire sous la plume de quelqu'un d'autre ce qu'on aurait pu écrire soi-même… C'est affligeant, le marketing électoral de Macron, c'est tout ce qui menace la vie politique. Il est d'une inconséquence dangereuse…"
Alors le mercredi 22 février, quand Bellamy découvre l'alliance Bayrou-Macron, Bellamy n'en croit pas ses yeux. "Comment un homme aussi critique cinq jours auparavant peut-il rejoindre celui qu'il présentait comme le pire de la politique ?" Bayrou avait commencé à lui créer son lot de complications.

EELV se dissout dans le PS : Jadot abandonne au profit de Hamon

Jadot se fera-t-il broyer, composter ?
L'écologiste rouge Yannick Jadot a retiré sa candidature jeudi au profit du socialiste Benoît Hamon, après plus de quinze jours de tractations... Un petit tour et puis s'en va donc Jadot qui évoque l'"accord formidable [à faire peur ?] pour l'espérance" qu'ils ont passé en vue des législatives. Le leurre EELV du PS demande ouvertement à Jean-Luc Mélenchon de les rejoindre.

"Ma responsabilité (...), c'est de dépasser les ego, de déporter les appareils politiques et de construire la grande aventure de cette élection présidentielle. Alors oui, ce soir, je retire ma candidature. C'est ce sur quoi voteront tous ceux qui ont participé à la primaire écologiste", a déclaré Jadot sur France 2.

Pour être définitif, cet accord doit être validé par les quelque 17.000 électeurs de la primaire écologiste. Mais l'issue du vote fait peu de doute, la consultation sur l'ouverture de discussions avec Hamon et Mélenchon avait réuni près de 90% de suffrages favorables. Le vote électronique final doit se tenir entre vendredi et dimanche.

Les tractations étaient une imposture pour montrer la voie à Mélenchon
Yannick Jadot avait été désigné début novembre candidat d'Europe Ecologie - Les Verts en remportant la primaire aux dépens des eurodéputés Karima Delli et Michèle Rivasi, mais surtout de l'ancienne ministre Cécile Duflot, laquelle a obtenu du PS de conserver sa circonscription gagée aux législatives.

Immédiatement après cette annonce, Benoît Hamon, en meeting à Arras, s'est dit "très heureux du choix de Yannick Jadot, qui n'est pas simple, que je devienne pas simplement le candidat de la Belle alliance populaire mais aussi de l'écologie politique".

Dans cet accord, Jadot a joué les négociateurs valeureux, obtenant un engagement sur "la sortie du nucléaire en 25 ans", alors que chacun sait que la réduction de la part de l’atome dans la production d’énergie ressemble de plus en plus à une gageure. Le candidat socialiste François Hollande n'avait-il pas promis de réduire de 50 % la part du nucléaire dans la production d’énergie française. Elle revient sur le devant de la scène alors que s’amorce une très difficile négociation entre l’Etat et EDF.
En août 2015, la loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoyait déjà, dès son premier article, de "réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 [contre 77 % en 2014]". Et la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, avait alors annoncé que la feuille de route permettant de concrétiser cet engagement serait publiée "au plus tard le 1er juillet [2016]".
La Cour des comptes, quant à elle, estime, dans son dernier rapport annuel de 2016, que baisser la part de l’atome à 50 % du bouquet électrique revient à arrêter "de dix-sept à vingt réacteurs" sur les cinquante-huit que compte l’Hexagone.
De qui Hamon et Jadot se moquent-ils ?

Les magouilles politiciennes de la IVe ont repris
Jadot aurait aussi arraché à Hamon la fin de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la sortie programmée des pesticides. 

L'accord comprend également, davantage de proportionnelle aux élections, en sorte que les écologistes bénéficient de circonscriptions aux législatives, de telle sorte qu'"ils aient un groupe dans la majorité de M. Hamon", avec l'aval de la direction actuelle du Parti socialiste. 

Les deux gauchistes seraient également tombés d'accord sur le principe de la réunion d'une Assemblée constituante très vite après l'élection, en vue d'un passage à la VIe République, soit un retour au chaos de la IVe, et de nouvelles législatives avant la fin du quinquennat, ou encore un référendum dès 2017 sur le droit de vote des étrangers.

"Je serai dans cette campagne, je serai là tous les jours pour m'assurer que cet accord est tenu", a précisé Jadot, parlant d'une "grande aventure"...

Le retrait de l'écologiste est une première à une présidentielle depuis la candidature de René Dumont en 1974. 
Depuis, sous quelque forme qu'ait pris l'écologie politique, un candidat avait toujours concouru. Connu comme journaliste-présentateur du JT, Noël Mamère demeure le seul à avoir dépassé 5% des voix, en 2002.

L'écologiste rouge s'est adressé directement à un autre candidat de l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, invité moins d'une heure plus tard à "L'Emission politique" de France 2. 
"Jean-Luc, dans cet accord, il y a tout ce que tu défends: une constituante, la proportionnelle, la sortie du nucléaire, la sortie des pesticides, la protection de la santé, la protection du travail, la lutte pour la justice sociale", a déclaré ce cheval de Troie du PS dans la campagne du Front de gauche (PCF/Parti de gauche).
"Je ne ferme aucune porte", lui a répondu Mélenchon, proposant de rencontrer Benoît Hamon "dimanche ou lundi". "Si Benoît Hamon me dit: 'je te propose le principe d'une candidature unique', je regarderai ce qu'il propose", a-t-il promis.

Mais à la question d'un éventuel retrait de sa candidature en faveur de. Hamon, l'aboyeur de l'extrême gauche sous l'étiquette 'La France insoumise' a répliqué: "pourquoi il ne la retirerait pas, lui ?". 

mercredi 22 février 2017

de Rugy, OK avec les "crimes français contre l'humanité," selon Macron


François de Rugy se rallie à Emmanuel Macron

Ancien candidat écologiste fielleux à la primaire organisée par le PS, 
François de Rugy a décidé de s’engager derrière le banquier, 
candidat du mouvement En Marche !

Participant-figurant au premier tour de la primaire organisée par la Belle Alliance Populaire, François de Rugy se rallie au candidat qui bouda cette primaire socialiste, le 22 janvier. Et combien de divisions ce président du Parti écologiste apporte-t-il dans la corbeille de la mariée ? Il avait "rassemblé" 3,82 % des suffrages.

Benoît Hamon, vainqueur socialiste du scrutin et ancien frondeur du gouvernement Ayrault (pourtant fortement orienté vers la gauche radicale), est trop marqué à gauche.

Le député a choisi de plutôt soutenir l'ancien banquier d'affaires chez Rothschild & Cie Emmanuel Macron, qui conseilla le président Hollande à l'Elysée (2012-2014), où Il est notamment l'initiateur du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité.

A propos du crédit d'impôt, Thomas Piketty dénonce dès novembre 2012 dans Libération, la création d'une "usine à gaz fiscale" et Laurent Mauduit y vit aussitôt un spectaculaire reniement de la part de François Hollande.
Concernant le pacte de responsabilité et de solidarité
, le conseil constitutionnel invalida la proposition d'allègements de charge sur les bas salaires, faisant valoir que le dispositif introduirait une différence de traitement entre des salariés ayant droit à des prestations maladie, retraite, etc., identiques.


Le parjure de Rugy assure qu’il préfère "la cohérence à l’obéissance"

C'est ainsi que, sur France Info, le déontologue de Rugy justifie son offre de services à Macron. Une décision qui va
à l’encontre de l’engagement pris par tous les candidats à la primaire organisée par le PS de soutenir "le ou la candidat-e vainqueur-e qui sera issu-e des primaires"...



Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a aussitôt condamné l'opportuniste sur son compte Twitter : " @FdRugy a signé un engagement sur l’honneur de soutenir le vainqueur de la primaire. Ne pas respecter sa parole est une faute morale."
Désaccord sur le revenu universel avec Hamon
La 'veuve noire"
de l'Assemblée
Pour sa défense, le député de la Loire-Atlantique a expliqué : "Je ne vais pas mentir aux Français. (Les Français savent à qui ils ont affaire, même au-delà de son local aux poubelles...) Je ne me vois pas leur dire qu’après tout ce que j’ai dit dans la primaire (…), "ça y est, je suis convaincu par le projet de Benoît Hamon", alors que ce n’est pas vrai". Pas de souci, Rugy est inaudible.

François de Rugy a cité deux profonds désaccords avec le revenu universel et le 49-3 citoyen. 

Il a aussi reproché au candidat socialiste sa main tendue au candidat d’Europe Écologie-Les Verts, Yannick Jadot, et à celui de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, en laissant de côté Emmanuel Macron. Comme sa misérable personne...
Convergences avec un Macron "de l'ancien monde"
Il y a seulement un mois, le 17 janvier dernier, Rugy avait critiqué Emmanuel Macron qui "n’allait pas dans le sens de l’écologie mais plutôt dans le sens de l’ancien monde". Il estime désormais que le candidat d’En Marche ! "a fait évoluer ses positions", ce qui est interdit à Fillon, lors de son audition par WWF France. 
"Face à la poussée de Marine Le Pen (…), il y a une recomposition politique sur des vrais clivages structurants (…) ouverture-fermeture, progrès-régression", a enfin relevé François de Rugy, fustigeant le "vieux clivage gauche-droite" qui aurait pu le rapprocher de Bayrou, dont l'arriviste ne croit pas aux chances.

Rugy cautionne en bloc les déclarations de Macron

Macron a suscité l'indignation en parlant du mariage entre personnes du même sexe.

Après Jean-Luc Mélenchon, Macron a fait des appels du pied à l’électorat conservateur et à la Manif pour tous, provoquant de vives réactions dans la communauté LGBT. Dans L’Obs du 16 février 2017 Emmanuel Macron explique – entre autres – son "rapport singulier avec la religion" et sa vision des débats autour du mariage homosexuel. 
"Une des erreurs fondamentales dans ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiments et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier".
Même Hamon recadre Macron sur la colonisation française qu'il a qualifiée de "crimes contre l'humanité."
L'insulte de son favori aux Français d'Algérie, d'Afrique et d'Asie n'ont pas dissuadé Rugy. Benoît Hamon a réagi ce dimanche à l'outrage d'Emmanuel Macron. "Je ne suis pas pour caractériser cela comme un crime contre l'humanité", a affirmé "clairement" le vainqueur de la gauche, invité du Grand Jury RTL/LCI. "Parce que cela veut donc dire que l'on envisage qu'une cour pénale internationale puisse juger des Français pour crime contre l'humanité d'une part, et d'autre part que nous hissons cette blessure-là au niveau de la Shoah, du génocide rwandais, du génocide arménien. Je ne veux pas rentrer dans une forme de concurrence mémorielle". Et d'ajouter, en pointant le manque de "sérieux" d'Emmanuel Macron: "Je trouve que cette affaire est grave, lourde". "Une folie", selon le candidat PS: "renvoyer tous les pieds-noirs, tous les rapatriés à une responsabilité qui n'est pas la leur, en l'occurrence celle d'être des criminels contre l'humanité. Ce serait une folie".