POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Juppé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Juppé. Afficher tous les articles

dimanche 20 janvier 2019

Gilets jaunes à Bordeaux : sans Juppé, la mobilisation serait-elle toujours aussi vive ?

Président de Bordeaux-Métropole et soutien de Macron, Juppé cristallise la colère des révolutionnaires  

Commencée dans le calme, la manifestation s’est tendue aux abords de l’hôtel de ville de Bordeaux, avant d’être dispersée par les CRS dans des nuages de gaz lacrymogènes.


Comme tous les week-ends depuis novembre à Bordeaux, les gilets jaunes se sont donné rendez-vous dès 13 heures place de la Bourse, sur les bords de la Garonne. Réunis sur le miroir d’eau, les manifestants profitèrent du soleil et entonnèrent une Marseillaise, avant que le cortège ne s’élance vers le quai Richelieu, en direction du centre-ville et de ses rues commerçantes. Aux rythmes des tambours battants, la foule convergea doucement vers la place de l’Hôtel de Ville. Les plus démonstratifs se trémoussaient dans une ambiance aux apparences bon-enfant. Pourtant, dans le ciel, un hélicoptère de la gendarmerie observait la manifestation.
L’affiche représentant Christophe Castaner est composée de photos de blessés 
durant les manifestations pour la défense du pouvoir d'achat

Ce chauffeur routier arbore une large pancarte sur laquelle on peut lire "Olivier, marié, 3 enfants et pompier volontaire". Le nom de cette victime des consignes sécuritaires de l'exécutif et du tir de LBD et de la grenade assourdissante est inscrit sur de nombreux panneaux. "Lorsque Castaner nous dit qu’il n’y a pas de violence policière, excusez-moi, mais ça me fait bien rire", affirme Daniel. 
En effet, les déclarations du ministre de l’Intérieur sont encore fraîches à la mémoire de nombreux mécontents. Au fil du cortège, on retrouve de nombreux slogans et affiches contre la BAC, la brigade anticriminalité, soupçonnée d’être responsable du tir de LBD contre le pompier volontaire lors du rassemblement du 12 janvier.

On n'est visiblement pas dans les "années 30"... 

Rue Sainte-Catherine, hyper-centre commerçant et piétonnier de la ville, les garçons de cafés rangent le mobilier de leur terrasse, pendant que des touristes profitent de la montée d'adrénaline. Badauds et habitants aux balcons sortent leur smartphone et immortalisent le défilé. "Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !"leur crient en retour les Gilets jaunes. 
Arrivé place Pey-Berland, le défilé s’arrête. Le gros de la foule reste bloqué par les forces de police. Masqués et cagoulés, de nombreux 'Black Bloc' sortent alors des rangs et se dirigent vers la mairie, gardée par les CRS. Rompus aux techniques de 'guerre urbaine', les petits groupes mobiles allument des feux de poubelles, avant de se fondre dans la foule à nouveau, tandis que d’autres s’attaquent aux palissades de chantier qui protègent la tour Pey-Berland, et disparaissent.
La peste brune était rouge
Les faits démontrent que Macron a instrumentalisé l’Histoire de manière hasardeuse et inconsistante.
Par trois fois, l'exécutif a convoqué le passé pour établir des comparaisons aussi douteuses politiquement qu’erronées historiquement. Ce sera en outre Edouard
Philippe à Hanoï qui s'y est d'ailleurs livré à cet exercice de l’autoflagellation qui consiste à ériger en héros d’anciens adversaires de la France, tel aussi le FLN algérien. 


L'élément de langage suggéré par le président inspirera  d'autres lumières de son entourage.
 Ainsi, agitant à leurs tours la peur des "années 30", ce seront, le dernier week-end de novembre, l'improbable demi-ministre de l'Intérieur, Castaner qui a notamment dénoncé "une mobilisation de l'ultradroite" parmi les manifestants présents sur la célèbre avenue des Champs-Elysées, ou son garde-fou Nunez qui déraillera en assurant qu' "on a affaire à des séditieux, des factieux, qui sont des casseurs extrêmement violents". 

Il faut citer enfin le comble du crétinisme partisan en la personne du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui a quant à lui jugé dans un tweet que les violences et débordements survenus en marge des manifestations reflétaient "un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste" :


Autre exemple de grand corps malade au pouvoir, et non des moindres, le ministre des Comptes publics, l'immense Darmanin, qui a voulu opposer gilets jaunes et casseurs des Champs-Elysées et a évoqué ...la "peste brune"


Ces expressions se voulaient en effet une référence à la montée du nazisme dans les années 30 et à la présence de membres de l'ultra-droite dans les rangs les plus violents des manifestants. Les violences de Bordeaux signent en vérité la présence de groupes de Black bloc qui sont au contraire à l'extrême gauche, comme du NPA, parti révolutionnaire trotskiste. 

"Castaner est un irresponsable ! Il invente et en rajoute contre un 'péril jaune fluo' d'extrême droite pour seulement insulter le peuple en colère. Les vrais séditieux sont au gouvernement", a renchéri le député LFI de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière.

Quelques gilets jaunes sont montés sur le toit de l’entrée du parking souterrain et guettent l’avancée des CRS.
 
"On est complètement pris en étau", constate, désespéré, un retraité venu de Dax. Malgré la cohue, Hélène, militante révolutionnaire à Lutte ouvrière continue de distribuer ses tracts. Imperturbable. "On viendra tous les week-ends, jusqu’à ce que Macron daigne nous entendre, promet-elle. On s’appelle "Lutte ouvrière", pas "causerie ouvrière". Alors il va falloir se battre." 

Plusieurs fronts se forment, l’un près de la mairie, l’autre dans les rues piétonnes du centre : jets de pavés contre LBD, les affrontements de la fin d’après-midi sont violents.

Sous un déluge de grenades lacrymogènes, la place Pey-Berland se vida très rapidement de plusieurs milliers de personnes : face aux canons à eau, le cortège fut contraint de reculer. 
Mais, sous les applaudissements, Philippe Poutou s’écart des échauffourées pour rejoindre un petit groupe d’ouvriers de l’usine Ford de Blanquefort. Un des leurs tient dans sa main une balle de LBD. "Les gaz lacrymos ça va encore. C’est quand ils tirent au "Flash-Ball" que ça devient dangereux", déclare l’ouvrier syndicaliste et ancien candidat à la présidentielle. 

Sur la place, les CRS procèdent à des interpellations sous les lazzis des gilets jaunes obligés de fuir. Ce samedi, 49 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.
Le jeudi 7 juin 2018, à l’occasion d’une réunion extraordinaire de son comité d’entreprise (CE), la direction de Ford (US) confirmait l’ouverture "d’une information consultation sur un projet de fermeture" de son site girondin, à Blanquefort, dès la fin juin 2018, précisant l’hypothèse du plan social. 
Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018.
En décembre 2018, la brillante politique économique et sociale du  président n'éloigne pas la perspective d'une fermeture de Ford à Blanquefort: "Avec les millions que l’Etat a injecté, elle est déjà presque publique cette usine," commente le délégué syndical CGT...
L’idée serait de racheter provisoirement cette usine, afin de la revendre au repreneur qui s’est positionné, le groupe franco-belge Punch Powerglide. Ce dernier a présenté une offre qui reprendrait environ 400 salariés, sur les 850 que compte l’usine actuellement.
Alors que la nuit tombait, le gros de la manifestation se dispersa. Cours Pasteur et cours Victor-Hugo, des feux sporadiques furent allumés. Devant les voies du tramway, des casseurs, armés de marteaux et de pieds de biche, s’en prirent aux vitrines des banques non protégées. Face à cela, de nombreux gilets jaunes aidèrent les garçons de café à ranger leur terrasse pendant que les commerçants se dépêchaient de baisser leur rideau de fer. Les petits groupes restants se dirigèrent vers la place de la Bourse. Une centaine de gilets jaunes et de jeunes se rassemblèrent sur le miroir d’eau, là où la journée avait commencé. 
De leur enceinte portative jaillit la voix de Bob Marley : "Get up, stand up, stand up for your rights", 1980, (Lève-toi, dresse-toi, bats-toi pour tes droits, une chanson contre le racisme et l'oppression exercée sur les diverses ethnies issues d'Afrique ou en Afrique même; album 'Burnin' ', En flammes, qui inclut 'I shot the Sheriff') reprennent en chœur les manifestants. 
'I shot the Sheriff' de Jamaïcain Bob Marley est au coeur d'une polémique suscitée par BFMTV qui, le 13 décembre 2018, en diffusa un extrait en musique de fond, lors de son émission spéciale consacrée à la mort du terroriste islamiste Chérif Chekatt, auteur de l’attaque du 11 décembre 2018 à Strasbourg...
Le maire de Bordeaux a appelé Macron à plus de fermeté

Début décembre, Alain Juppé faisait déjà la leçon à Emmanuel Macron


"Le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes" a estimé l'ancien Premier ministre, le 9 décembre 2018. Au lendemain du quatrième weekend de mobilisation au cours duquel la ville de Bordeaux avait fait l'objet de nombreuses dégradations, le septuagénaire avait pris la parole lors d'un point presse organisé en compagnie du préfet du département, représentant du gouvernement en Gironde. Si, dans sa déclaration bien construite de pro, il a tenu à "rendre hommage aux forces de l'ordre qui ont été à la hauteur", l'ancien premier ministre des années 90 avait également déploré les scènes de "guérilla urbaine" par "200 à 300 casseurs en fin de défilé", affichant émotion et indignation.
Juppé revivait le douloureux souvenir de 1995
L'allocution du maire de la 5e ville de France (par l'aire urbaine, mais 9e par la commune) a rapidement pris une tournure politique, lorsqu'Alain Juppé a appelé Emmanuel Macron à s'adresser rapidement aux Français. "le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes", "mais les gilets jaunes responsables doivent cesser d'appeler à manifester, au risque de convoquer les casseurs à casser" a-t-il estimé.

"Les gilets jaunes et leurs revendications méritent la considération et il doit y avoir des mesures fortes. La surtaxation des carburants est réglée, mais le pouvoir d'achat doit également être abordé, tout comme la situation des salariés aux faibles revenus, la hausse de la CSG,...

Juppé revivait un précédent conflit social qui l'a durablement meurtri
L'acte 6 des Gilets jaunes, un retour aux «années 1930» ? C'est l'avis du gouvernement

La réaction de l'ancien premier ministre de Jacques Chirac est d'autant plus forte qu'en 1995, au moment du plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale, le locataire de Matigon avait du faire face à une série de manifestations et de grèves d'une grande ampleur qui avait conduit à l'abandon du plan contesté.
Devenu très impopulaire, du fait aussi de l'affaire de son appartement et de celui de son fils Laurent (né en 1967, il est aujourd'hui producteur dans l'audiovisuel), un mois après son entrée en fonction, il dut quitter la tête du gouvernement après la défaite de la droite aux élections législatives de 1997, après avoir prononcé les mots qui caractérisent sa rigidité psychologique "Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France". Il ne parvint jamais plus à revenir au pouvoir, ce qui le rendit vindicatif et le remplit de rancoeur. 

jeudi 16 novembre 2017

Les Républicains: Juppé, facteur de divisions

Le "oui, mais" d'Alain Juppé est un chantage contre la candidature de Laurent Wauquiez 

Le maire de Bordeaux a assuré qu'il est "toujours à LR, 
sous réserve que les orientations" de Wauquiez lui conviennent...

Dès octobre dernier, le battu de la primaire de la droite et du centre s'en prend ainsi au grand favori pour la présidence du parti. La mise en garde d'Alain Juppé, retourné à sa LR  mairie de Bordeaux, sert-elle son parti ou sa volonté de revanche ? A la rentrée, dans Le Figaro, l'amer a marchandé son maintien aux Républicains sous condition que les orientations du candidat Wauquiez soient à sa convenance. 

Et de louer le pouvoir du vainqueur. "Je sens avec le président actuel et le gouvernement beaucoup de points de convergence", a lâché Juppé, alors que Matignon est occupé par l'un de ses proches, Edouard Philippe. "Sur l'éducation, sur l'Europe, je souscris intégralement" à la politique d'Emmanuel Macron, a-t-il insisté. En revanche, il affirme s'en différencier sur ce qui fait polémique..."comme la réforme du logement ou l'orientation fiscale. C'est pour cela que je ne suis pas à En Marche! mais toujours à LR, sous réserve que les orientations du président (sic) Wauquiez me conviennent", a-t-il ajouté. 
Il clarifierait la situation en changeant de trottoir, mais le septuagénaire semble craindre l'étouffoir LREM et préférer jouer les vieux sage, au risque d'être écouté d'une oreille distraite. 

Lâché, il assure : "Virginie a été avec moi d'une fidélité totale" 

Résultat de recherche d'images pour "Juppé Calmels Wauquiez"L'ex-premier ministre des années 90 évoquait le départ de Virginie Calmels. Après avoir soutenu sa candidature lors de la primaire pour la présidentielle, sa première adjointe à la mairie fait actuellement campagne avec Laurent Wauquiez pour la présidence de LR. Si ce dernier devient, comme c'est très probable, président des Républicains en décembre, Mme Calmels deviendra la numéro 2 du parti. 

Son ralliement au vice-président de LR a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans les rangs juppéistes. "Virginie a été avec moi d'une fidélité totale", assure Juppé. "Si je n'avais pas à lui donner la permission (de rejoindre Wauquiez), je lui ai donné mon avis. Je n'avais pas d'objection tant que certaines lignes rouges n'étaient pas franchies. Elle m'a dit qu'elle sera vigilante", assure-t-il. 

Résultat de recherche d'images pour "Juppé Calmels Wauquiez"
Juppé reconnaît également que Mme Calmels l'avait mis justement en garde lors de la campagne de la primaire de la droite. "Virginie avait une vraie capacité d'anticipation et m'avait prévenu qu' 'Ali Juppé' était sous-estimé dans la campagne", ajoute-t-il, en allusion au surnom qui lui avait été alors donné pour le faire connaître pour ce qu'il est. "Ca me paraissait tellement loufoque, qu'il y avait entre nous une divergence d'appréciation. Peut être que j'aurais dû être plus vigilant pour rectifier le tir sur l'identité heureuse", regrette-t-il, déplorant également d'avoir été "caricaturé par (s)es concurrents".

Juppé ressasse donc bien de vieilles rancoeurs et veut régler des comptes personnels.

lundi 23 octobre 2017

Alain Juppé, patron de fait à Matignon ?

Edouard Philippe serait le prête-nom de Juppé auprès de Macron

Le premier de cordée du gouvernement d'Emmanuel Macron est allé en "team building" auprès de son mentor, vendredi à Bordeaux.

Résultat de recherche d'images pour "Juppé Philippe Bordeaux""Quand vous [journalistes] dites Monsieur le Premier ministre, je ne sais jamais très bien à qui vous vous adressez." Tout est dit sur les troubles de la personnalité du premier ministre de Macron ! A Bordeaux, Edouard Philippe est allé suivre sa première séance de calino-thérapie depuis sa nomination à Matignon, où il rencontré son mentor Alain Juppé, qui occupa le poste au milieu des années 1990. Des retrouvailles ostentatoires sur le perron de l'hôtel de ville de Bordeaux (Gironde), savamment orchestrées quatre jours avant un bureau politique des Républicains qui devrait entériner l'exclusion de l'Edouard de Juppé. L'entourage du premier ministre de façade a beau jurer qu'il n'y a aucun lien, difficile de ne pas y voir une recherche de soutien du septuagénaire.

Le rôle trouble de manipulateur joué par Juppé a fait monter la tension jusqu'à la mairie de Bordeaux. Du coup, sa première adjointe, Virginie Calmelsa préféré rallier Laurent Wauquiez. 

Le favori dans la course à la présidence du parti Les Républicains va devoir prononcer des exclusions.
Certains ont préféré leur carrière à la fidélité et se sont mis au ban de leur parti en ralliant Macron. Cette semaine, Calmels a déploré que Philippe et Gilles Boyer - ex-"bras gauche" de Juppé désormais conseiller à Matignon - soient "les artisans" de la défaite de l'ancien premier ministre à la primaire de la droite. Interrogé vendredi sur les propos au vitriol de la numéro 2 de son conseil municipal, le perdant de la primaire de la droite et du centre a éludé : "Ce que je hume en ce moment, c'est l'air des pins...", a-t-il lâché, d'un air inspiré, alors qu'il cheminait au côté de son homme de paille dans une pinède. 
L'ex-maire du Havre renchérit : "Il y a moins de pins en Normandie, mais c'est bien aussi." Parole immortelle...

Pas un mot pourtant sur la procédure d'exclusion en cours au sein des Républicains. "Quel parti ?", réplique tout aussi finement maître Juppé. L'ex-candidat à la primaire a déjà fait savoir tout le mal qu'il en pensait : "Il est pour l'inclusion, pas pour l'exclusion", résume un de ses proches. 
Image associéeCelle qu'il refuse aussi d'évoquer, l'inclusion des Constructifs dans la majorité, ne se passe pas bien du tout. A l'heure du premier bilan, les juppéistes qui voulaient incarner une force politique nouvelle se cherchent toujours un espace. Rejetés par le groupe LREM à l’Assemblée, le groupe de renégats songe à se constituer en parti politique.
Constitué de 23 députés UDI et 12 députés Les Républicains (LR) en rupture avec la ligne politique de leur parti, les Constructifs s'interrogent sur leur avenir, selon le député LR Pierre-Yves Bournazel, qui a éliminé Myriam El Khomri, tandis que Jean-Pierre Raffarin, bien que de trois ans le cadet de Juppé, se retire de la vie politique.
Le collaborateur de Macron confie qu'il se sent toujours "très juppéiste"

Résultat de recherche d'images pour "macron Philippe"Quelle attitude adoptera-t-il mardi, si Edouard Philippe est effectivement exclu ? Un de ses proches presse Juppé : "Il devrait prendre la parole après l'élection du président." Comprendre, après la victoire de Laurent Wauquiez que l'ancien premier ministre accuse de dérive droitière, histoire de justifier un peu plus son exclusion...

Philippe permet à Juppé de s'ancrer dans le rôle du vieux sage. Les deux hommes se parlent régulièrement au téléphone. Le premier ministre est-il à ce point dépendant de son aîné qu'il le consulte sans cesse sur la méthode et la prise de décisions ?

Le moderne a besoin de l'ancien pour exister, et vice versa. 
Alors ils se câlinent respectivement. "La relève est assurée. C'est une grande joie pour moi de le voir à ce poste", se félicite Juppé, souhaitant à son lointain successeur de "réussir" à Matignon. 
L'ancien n'a pas oublié sa propre disgrâce, quand en 2004, il fut contraint de quitter la vie politique : la cour d'Appel de Versailles l'a condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Parti enseigner au Québec, il a fait son retour en politique deux ans plus tard en retrouvant son mandat de maire de Bordeaux. Philippe pourrait retourner à ses études havraises avant cinq ans.

Résultat de recherche d'images pour "macron boxe"
Macron fait du Poutine
Le maître et l'élève ont ainsi oublié les réserves que Juppé avait émises après la nomination de son lieutenant à Matignon. Entre eux, le compagnonnage dure toujours et chevauche les lignes politiques. "Chacun sait ce que je pense de celui que j'ai longtemps appelé le patron", commente Edouard Philippe, qui a "beaucoup appris" en le "regardant". 
Un acte d'allégeance qui n'a pas son pareil auprès de Macron qu'on dit désormais plein de méfiance.

vendredi 19 mai 2017

Emmanuel Macron : pas d'état de grâce pour le président tout juste élu

Une cote de confiance au plus bas pour un président élu

Moins d'une semaine après son investiture, 46% des personnes interrogées disent ne pas faire confiance au nouveau chef de l'Etat pour affronter les problèmes du pays. 


Savoir qui l'a élu...
Emmanuel Macron et Édouard Philippe jouissent d’une moins bonne cote de confiance que leurs prédécesseurs lors de leur entrée en fonction. Seulement 45 % des Français font confiance au nouveau président et 36 % à Édouard Philippe, selon le premier baromètre Elabe.

Pas d’état de grâce pour Emmanuel Macron. 
Une cote de confiance au plus bas pour Emmanuel Macron, et son Premier ministre, Edouard Philippe. 
Selon le baromètre Elabe diffusé jeudi 18, moins d’une semaine après son investiture, 46 % des personnes interrogées disent ne pas faire confiance au nouveau chef de l’Etat pour affronter les problèmes du pays. 9 % sont sans opinion, selon cette enquête pour Les Echos et Radio classique.

La confiance dans le nouveau chef du gouvernement est encore plus limitée. Les Français ne sont que 36 % à faire confiance à Édouard Philippe. 43 % ne lui font pas confiance pour affronter les problèmes de la France. 21 % sont toutefois sans opinion, compte tenu de sa faible notoriété.

Moins bien accueilli qu’Hollande, Sarkozy ou Chrirac

En mai 2012, alors nouvellement élu président de la République,  François Hollande voyait sa cote de confiance s’établir à 58 %, son Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, ayant la confiance de 56 % des Français.

En juin 2007, quelques semaines après son élection, la cote de confiance de Nicolas Sarkozy était de 59 %, alors que François Fillon se contentait de 50 %.

Cinq ans auparavant, Jacques Chirac inaugurait son second mandat avec une cote de confiance de 53 %, un chiffre légèrement inférieur à celui de son Premier ministre d’alors, Jean-Pierre Raffarin (54 %).

En 1995, la cote de confiance de Jacques Chirac était supérieure à 60 % (61 %), alors qu’Alain Juppé, son Premier ministre, avait la confiance de 59 % des Français. 

En 1981elle était de 74 % pour François Mitterrand, et de 57 % en 1988. 

En 1974Valery Giscard D'Estaing bénéficiait lui d’une cote de confiance de 60 %.
Emmanuel Macron et Édouard Philippe jouissent d’une moins bonne cote de confiance que leurs prédécesseurs lors de leur entrée en fonction.
Emmanuel Macron et Édouard Philippe jouissent d’une moins bonne cote de confiance que leurs prédécesseurs lors de leur entrée en fonction. | Visactu
Le soufflet Mélenchon est retombé

Sans rien faire, Alain Juppé reprend la première place au classement des personnalités (50 %, +6), devant Jean-Yves Le Drian (37 %, +6). Les seniors ont la cote...

Jean-Luc Mélenchon s’effondre en revanche, avec une chute de 17 points en un mois à 34 %, François Bayrou perd 3 points à 31 % et, battue au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen en perd 7 à 25 %.

Enquête réalisée en ligne les 16 et 17 mai auprès de 999 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

mardi 9 mai 2017

Edouard Philippe, futur premier ministre du président Macron ?

Macron proposera-t-il à Juppé un tour de rattrapage ?

Edouard Philippe n'est pas un homme nouveau

Du charme et de la flexibilité,
mais peu d'expérience du Parlement
Un beau gosse de 47 ans au côté d'Anormal 1er ?
Le maire du Havre est connu pour être un proche d'Alain Juppé, mais il pourrait néanmoins occuper l'un des postes les plus importants du nouveau gouvernement, à savoir celui de premier ministre. Une revanche pour Juppé, mais aussi un choix cocasse du président Anormal 1er qui aurait pu se trouver face à face avec le septuagénaire, si seulement le maire de Bordeaux avait été retenu par le filtre de la primaire de la droite et du centre. L'équipe de perdants conserve-t-elle donc des chances de seconde vie auprès de Macron ?

Edouard Philippe est-il l'homme de la situation ?

Maire depuis sept ans, sous l'étiquette UMP, puis Les Républicains, E. Philippe est pressenti comme l'un des futurs locataires possibles de l'Hôtel de Matignon.
Avant cela, il milita quelques années pour le Parti ...socialiste et tutoya la ligne de Michel Rocard au temps de sa gloire, avant de basculer plus clairement vers le centre-droit, quand le vent tourna. 

Ce politicien au parcours classique (Science Po, ENA -promotion Marc Bloch- et Conseil d'État) est un ancien collaborateur de Raymond Barre, puis directeur de la campagne de Jacques Chirac en 2002 et soutien de Nicolas Sarkozy en 2007. Un parcours sans états d'âme. Lors de la primaire à droite, le maire du Havre, proche d'Alain Juppé, s'était félicité au micro d'Europe 1 du soutien de Claude Chirac à l'ancien Premier ministre. "Il y a de la place pour tous les Chirac et pour tous les autres" dans la campagne, avait assuré E. Philippe, sans nuances, ni exigence de CV.

Aucune confirmation de la part d'Emmanuel Macron

C'est le lundi 15 mai 2017 que nous allons connaître le nouveau gouvernement, si tout se passe bien, puisque l'identité du premier ministre ne sera plus révélée mercredi, mais jeudi. 
Pour l'instant, l'équipe d'Emmanuel Macron assure que personne n'est pressenti pour occuper ce poste, alors que le candidat disait avoir un nom.

L'heure reste à l'incertitude : Macron a-t-il vraiment tout réglé d'avance ?

Image associée
Ce quadra sait nager
François Hollande reste le président des Français jusqu'à la passation de pouvoir qui interviendra le dimanche 14 mai 2017. En attendant, black-out sur le futur gouvernement Macron.  
Alors, Philippe, Pierre, Paul ou Jacques...

mercredi 2 novembre 2016

Primaire: Juppé perd de son avance sur Sarkozy

L'écart se resserre entre Juppé et Sarkozy

Nicolas Sarkozy réduit nettement l'écart avec Alain Juppé
dans les intentions de vote pour le premier tour de la primaire de la droite pour 2017, fixé au 20 novembre, selon un sondage Ifop-Fiducial publié mardi.

En quinze jours, le maire de Bordeaux a perdu 4 points à 37% tandis que l'ancien président en a regagné 2 à 31%, l'écart entre eux se réduisant ainsi de moitié (6 points contre 12), et entrant dans la fourchette correspondant à la marge d'erreur admise, selon cette enquête réalisée pour i-télé, Paris Match et Sud Radio.

Le maire de Bordeaux a perdu du terrain chez les sympathisants LR (30%, -5) tandis que Nicolas Sarkozy a élargi sa zone de confiance (42%, "2). En troisième position, François Fillon progresse d'un point à 12%, suivi de Bruno Le Maire, stable à 11%, et de Nathalie Kosciusko-Morizet à 3% (-1), au niveau de la popularité du chef de l'Etat-PS, tout comme Jean-François Copé (+1) et Jean-Frédéric Poisson (Parti Chrétien-démocrate, +1).

Au second tour de la primaire, Alain Juppé posséderait encore une nette avance  sur l'ancien président des Républicains avec 57% des intentions de vote contre 43% (contre 61% et 39% dans la précédente vague de l'enquête). Mais l'indice de participation à la primaire est évalué à 8% du corps électoral, soit un potentiel de "plus de 3 millions d'électeurs" qui pourraient préférer Sarkozy.

Sondage réalisé du 18 au 31 octobre par questionnaire auto-administré en ligne, auprès d'un échantillon représentatif de 8.860 personnes au sein duquel a été isolé un échantillon de 709 électeurs se déclarant certains de participer à la primaire organisée par LR. La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas.

samedi 29 octobre 2016

Tribune de Bayrou au vitriol pour appeler Sarkozy à la non-violence

Bayrou, dans le rôle du méchant de l'équipe Juppé,  s'en prend violemment à Sarkozy

Malgré son ton doucereux, l'ambigu François Bayrou trompe énormément

S'il se trompe constamment de monture, il ne trompe personne et n'échappe pas aux critiques de Nicolas Sarkozy. Le maire de Pau a contre-attaqué samedi en pourfendant violemment la "violence" et le "mépris" de l'ancien chef de l'Etat qui, selon lui, miserait sur la division du pays, bien que refondateur du principal parti d'opposition. Il va conduire une nouvelle fois les Français "à lui dire non", assure-t-il

"Comment quelqu'un qui a été président de la République et qui aspire à le redevenir peut-il se comporter de la sorte ?", s'interroge l'ancien ministre de l'Education nationale pendant la cohabitation avec Mitterrand. 

Le président du Mouvement démocrate (MoDem) n'a jamais cessé, avec ses 4 députés, de ruminer sa vengeance aujourd'hui étalée dans un texte intitulé "un affrontement fondateur" publié sur sa page Facebook. "Comment peut-il en arriver à cette violence de chaque minute, lâchant des insultes avec un mépris affiché, crachant sur ceux qui ne votent pas pour lui, n’hésitant pas à leur enjoindre sans crainte du ridicule de 'se taire'?", éructe le fondateur du MoDem, suite à la victoire de N. Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007

Après qu'il a fricoté avec la favorite des sondages mais  battue en 2007 Ségolène Royal a pris près de six points dans la vue -  et qu'il a appelé à voter en faveur de François Hollande en 2012, les Sarkozystes ne laissent rien passer au centriste qui voue à Sarkozy une rancune tenace pour ses espoirs déçus d'accès au pouvoir avec les socialistes. 

Ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy a donc planté des banderilles dans le maire de Pau, soutien déclaré d'Alain Juppé qui - comme Ségolène Royal en 20007 - fait la course en tête dans les sondages à un mois de la primaire à droite et au centre. Ainsi, des élus proches de l'ex-chef de l'Etat ont fustigé le "retour opportuniste" du président du MoDem et ont plaidé pour une alternance "solide, franche et visible". "Ce n’est pas parce qu’il n’est pas assez violent, assez clivant, assez injurieux que Sarkozy décroche; c’est précisément parce que tout le monde voit toute la faiblesse que révèle un tel comportement", analyse, à sa façon haineuse, François Bayrou. "Et c’est pour cette raison [il tente de raisonner] que les Français, de droite, du centre et d’ailleurs, malgré la logique partisane de la primaire, s’apprêtent à lui dire non. Une deuxième fois", espère le fielleux. 

Troisième homme de la présidentielle en 2007 et éternel battu, François Bayrou a prévenu qu'il pourrait se lancer à nouveau dans la course à l'Elysée pour 2017 si Alain Juppé, favori du scrutin, venait à perdre la primaire des 20 et 27 novembre prochain. Une hypothèse qui glace le septuagénaire et le met en fureur. 
J’y vais ou je n’y vais pas ? Bayrou se rêve en homme providentiel et ne rate pas une occasion de vanter tous les mérites dont il se croit paré. 

Le Béarnais nous aura pourtant tout fait, dressé sur ses ergots à la Chantecler et sa tête grosse comme un melon de Cavaillon. Ses modèles ? Le roi Henri IV, de Gaulle, l’homme seul, envers et contre tout, comme lui, et le fourbe Mitterrand, dont il loue l'habileté politique et la pugnacité qu’il espère égaler en se représentant à la présidentielle autant de fois que nécessaire. Au prix d'une trouble affaire d'attentat de l'Observatoire ? En période d'état d'urgence, ce serait fort !
Il se serait bien lancé en 2017, mais Bayrou s'est fait rouler dans la farine par l'ancien, Juppé, qui l'a grillé sur le poteau de départ, se déclarant le premier à la primaire.
Il y serait allé parce que Hollande l’a déçu en le prenant pour de la roupie de sansonnet. Il y serait allé parce qu’il hait Sarkozy, le bling-bling inculte, et qu’il s’imagine de taille face à Marine Le Pen. Il y serait bien allé parce qu’il se vante d’une virilité de grand fauve [mais qui n'a pas opéré sur une Ségolène Royal pourtant habituée à un gros mou]: les références au Vert à galant et à l’élevage de pur-sang dont il occupe ses temps libres ne font rien à l'affaire.
Chercher les états de service de Bayrou pour justifier une telle vanité est peine perdu. Aucun grand fait d’armes ou accomplissement majeur: ministre de l’Éducation aux mains des syndicalistes co-gestionnaires du ministère, il ne s’est risqué à aucune réforme, ne suscitant jamais ni élans ni contestations. Son parti, le MoDem, n'est qu'une coquille vide qui a vidé de sa substance l’espace politique que Giscard ou Balladur avait réussi à fédérer.
Pusillanime et accommodant, déloyal et changeant, européaniste et humanitariste, Bayrou incarne les pires défauts des ventres mous du centre. Certains crurent en lui en 2007, quand son parler-vrai et sa lucidité (sur la dette, l’autorité de l’État ou l’insécurité) prirent des accents populistes, au point qu’on qualifia sa posture d’extrême centre, mais plus personne ne l'entend.
Si la division droite-gauche n’a plus de sens idéologiquement, elle reste un marqueur d’appartenance. En France, on déteste les félons qui passent d’un camp à l’autre. Bayrou, avec sa danse du ventre devant Royal en 2007 et son ralliement au panache rose de Hollande en  2012, a signé pour toujours sa carte de visite, celle de Iago et de Judas, du traître et du vendu. 
Depuis 2012, Bayrou, c’est Judas. Bayrou et Juppé n’ayant cessé de se rapprocher, l’un pour l’adouber dans sa conquête de la mairie de Pau et l’autre pour le soutenir dans les primaires, les électeurs de droite sauront s’en souvenir et le leur faire payer.
Le baiser de Judas à Juppé sera comme le chant du cygne de la carrière politique du Bordelais avant sa réincarnation en la figure de l’éternel deuxième que l’on aime tant en France, de Mendès France à Rocard, de Barre à Balladur, le sempiternel perdant, trop modéré pour être convaincant et trop au centre pour peser, et que l’on renvoie à ses chères études. 
Et le patron de 3 (2007), puis 2 (2012) députés centristes de s'égosiller
Ses propos dégradants semblent adressés à Hollande, mais non ! "Faire de la division du pays le principe de l’action présidentielle, c’est manquer à la mission première qui est d’assurer la concorde civile, de rassembler les forces et de les ordonner pour faire face aux tempêtes". Le bègue opposé au bipartisme est égaré par la méchanceté et se trompe de cible. "J’affirme même, à l’encontre de Nicolas Sarkozy, et je défendrai cette ligne, que tous ces grands courants du pluralisme français, très à droite, très à gauche ou très au centre, doivent être représentés dans nos institutions, même ceux avec lesquels je suis le plus en désaccord et en affrontement." Tout ça pour en arriver là ?