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vendredi 31 janvier 2020

Edouard Philippe sera tête de liste au Havre sans briguer le poste de maire en 2020

Politique LREM à l'ancienne et retard à l'allumage du "monde nouveau" de Macron

Edouard Philippe sera candidat tête de liste au Havre

Le premier ministre veut reprendre en main Le Havre.
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Philippe veut reconquérir Le Havre: 
il ne craint pas le KO ?
"C'était un secret de polichinelle" : le successeur en qui Edouard Philippe mettait sa confiance à la mairie du Havre a été accusé par plusieurs femmes de leur avoir envoyé des photos à caractère pornographique. Luc Lemonnier a dû démissionner de ses mandats à la suite de la publication de témoignages compromettants.

Elu au premier tour en 2014 sous l’étiquette UMP, le chef du gouvernement restera à Matignon s’il est élu aux élections municipales au Havre (Seine-Maritime) en mars. "En même temps","ma plus grande ambition" à terme c'est de redevenir maire, prévient-il. Les Français de Lille ou Limoges apprécieront ce dédain affiché... 

"Ma décision est prise. Je l’ai mûrie comme toute décision importante. J’ai décidé d’être candidat à la mairie du Havre comme tête de liste (…). Dans une démocratie, le fondement de la légitimité, c’est l’élection", a déclaré l’ancien maire qui avait préféré Matignon à la cité normande (2010-2017), vendredi 31 janvier, dans un entretien avec le quotidien Paris-Normandie, détenu par le groupe de presse SNIC placée en redressement judiciaire le12 avril 2016 et dont l'actionnaire majoritaire depuis 2017 est Jean-Louis Louvel, candidat aux municipales de 2020 à Rouen, avec le soutien de LREM, du Modem et de LR. "Nos concitoyens ne veulent surtout pas de responsables politiques hors-sol. Je suis heureux de pouvoir me confronter à nouveau au suffrage universel et je pense que c’est très sain". On le voit, tout est "sain", comme il dit.
Outre que LR assume désormais une complicité jusqu'ici honteuse avec le parti du président dans laquelle certains verront de la transparence, d'autres expriment leur malaise face à la collusion éhontée de la presse "libre et indépendante" avec le pouvoir du leader français de la palette de manutention qui se déclare candidat LREM aux élections municipales à Rouen tout en restant propriétaire du quotidien Paris-Normandie auquel Philippe  - sous la menace de la contestation sociale - réserve l'exclusivité de son annonce.
L'Edouard met ainsi fin à plusieurs mois d'un faux suspense autour de sa candidature
Résultat de recherche d'images pour "Edouard Philippe echalas"Il avait avivé l’hypothèse en septembre 2019 en rappelant, dans une déclaration d’amour publique à la ville, que ses "tripes" d’arrière-petit-fils de docker [voyez ci-contre la stature de docker] avaient "un goût d’eau salée". 

L'Edouard avoue non seulement être "hors sol", mais aussi avoir à reconquérir la confiance. "Proposer aux Havraises et aux Havrais un projet pour six ans, obtenir leur confiance, tout cela est indispensable si l’on veut faire bouger les choses", a-t-il ajouté.

Philippe renonce à ses prétentions sur Paris 
Tandis que se retirent les deux candidats rivaux de LREM à Biarritz, et que les frères ennemis LREM à Paris, Villani et Grivaux, à six semaines du scrutin, le Juppéiste recule, assurant n’avoir "jamais envisagé un engagement politique ailleurs qu’au Havre", où il était élu depuis 2001 et a fait carrière, d’abord sous le tutorat de l’emblématique maire Antoine Rufenacht (1995-2010) qui dirigea la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 2002 et soutint Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007.

Sa déclaration d'amour au Havre,  impudeur ou com' politicienne ?

Après une parenthèse parisienne de cinq ans, la Pomponnette est de retour.
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L'Edouard se fera-t-il pardonner des Havrais  ses infidélités parisiennes,
telle la Pomponette dans 'La Femme du Boulanger' de Pagnol ?
"C’est la ville que j’aime. C’est là que sont mes attaches. C’est ici et nulle part ailleurs que je veux me confronter au suffrage universel". 

Modestement élu au premier tour en 2014 sous l’étiquette UMP (désormais Les Républicains, LR) avec 52 % des voix, E. Philippe a souligné que "sa plus grande ambition" est de redevenir maire à terme. Et de baver sur Matignon en privé, vantant la commune, "l’échelon de l’action publique que je préfère"

En attendant, "si le président de la République continue à m’accorder sa confiance [hypothèse?], je continuerai à remplir ma mission de premier ministre, parce qu’on ne se dérobe pas quand il s’agit de servir son pays", a-t-il poursuivi. 

La "plus grande ambition" de l'Edouard ? Etre "cumulard" !

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Ainsi, s’il était élu au soir du 22 mars, Philippe proposerait que l’actuel maire (LR) Jean-Baptiste Gastinne conserve le fauteuil. Gastinne continuera d'honorer le grand amour de Philippe en semaine et l'Edouard, le samedi... "Le jour où ma mission s’achèvera à Matignon, je souhaite, si les Havrais me font confiance, évidemment, redevenir maire, parce que c’est là que je veux continuer à m’investir, parce que je veux que Le Havre poursuive sa transformation. C’est cela l’essentiel", a-t-il glosé.

Déjà resté dans le flou pendant plus de deux ans avec le projet de réforme Macron des retraites, l'Edouard ne précise pas non plus les contours de son programme que le méprisant qualifie d’ "ambitieux". Philippe a déversé des mots creux : il mènera "une campagne intense au Havre", il remplira ses "obligations à Paris", alors que c'est Muriel Pénicaud qui est désormais en charge de la réforme des retraites et veille à la bonne marche des discussions avec les partenaires sociaux sur son financement (toujours pas assuré !) et à son bon examen au Parlement qui ne lui tient pas rigueur de plusieurs recours à l'article 49.3 pour contourner les députés "frondeurs" contre la Loi Travail

Mais, dans ce contexte social tendu, le peu téméraire Philou a récusé toute tentative de "tirer des élections du Havre des leçons nationales". 
"Les commentateurs commenteront, ils adorent cela [c'est juste leur fonction]… Ce n’est pas mon sujet, a-t-il commenté. Je veux parler du Havre et de ce que je veux faire pour la ville", a-t-il précisé. Puisque les Français ne savent toujours pas ce qu'il veut faire pour la France, les chroniqueurs devraient peut-être interroger les Havrais [et les Havraises ! Concession aux féministes...]

mercredi 29 janvier 2020

Municipales: ces ministres qui redoutent le verdict des urnes

Des acteurs politiques incapables de prendre des décisions

Si Gérald Darmanin a mis fin à un faux suspens de plusieurs mois, plusieurs autres membres de l’exécutif, tel Edouard Philippe, tergiversent




Le ministre de l’Action et des Comptes publics a clarifié sa position pour les municipales en mars prochain, dans un entretien avec La Voix du Nord paru mardi : Darmanin sera tête de liste à Tourcoing (Nord). Le premier ministre Edouard Philippe, en revanche, joue les coquettes: il va se déclarer ce vendredi au Havre, ville dont il a été maire de 2010 à 2017.

"Je suis tête de liste." Gérald Darmanin a fait l'annonce de son ras le bol du gouvernement et re-traversera la rue pour reprendre la mairie de Tourcoing (Nord) dans moins de deux mois, lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochain.

Edouard Philippe, chef de gouvernement, mais indécis. 
Le premier ministre se rend vendredi au Havre (Seine-Maritime) pour le lancement de la campagne de la majorité sortante. Annoncera-t-il une candidature ? Pour son entourage, cela ne fait guère de doute : "Il a besoin de cet ancrage local," raconte son entourage. 
En clair, il n'en peut plus des embrouilles de la majorité et ni Macron, ni les Français ne lui manqueront. Le chef de l’exécutif n’a toutefois pas levé le voile quant à sa position sur la liste.

Décriée, Agnès Buzyn fait savoir qu'elle n'a qu'une "envie".
A Paris, la candidature d’Agnès Buzyn dans le 15e arrondissement est également toujours à l’ordre du jour. Dimanche, elle a fait part sur RTL de son " envie de rejoindre la campagne de Benjamin Griveaux" et de jouer les rôles d'appoint. Inappropriée aux charges que Macron lui a imposées, la réforme des retraites ou le combat contre le coronavirus, la mule ne rêve que du pré d'en face. "Je préfère être concentrée sur mes dossiers ministériels", a toutefois ajouté la ministre de la Santé, se voulant plus grosse que le boeuf.

Dans l’entourage du candidat investi par le président et non les militants face à Anne Hidalgo, une socialiste comme François Hollande qui lui a mis le pied à l'étrier (à l'Elysée, puis au gouvernement), ceux qui la préfèrent loin du pouvoir soulignent les "grandes qualités" d’Agnès Buzyn, comme si sa nécrologie politique était déjà rédigée. 


Deux sous-ministres usées rejoindraient une mairie d'arrondissement parisien : la Mancelle Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes d'abord et les hommes, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances et ex-salariée de Compagnie des Alpes, respectivement candidates dans les très chics 16e et 17e arrondissements, pour gonfler, pensent-elles, le candidat essoufflé au siège de maire, l'ex-député rural de Saône-et-Loire, Benjamin Griveaux.

Lecornu et Riester candidats


Plusieurs autres ministres restent incertains. 
Plus jeune conseiller ministériel du gouvernement de François Fillon et proche de Bruno Le Maire, député (UMP) de l'Eure (comme lui), dont il a intégré le cabinet au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes, comme conseiller chargé des affaires institutionnelles, Sébastien Lecornu se présentera à Vernon (Eure): "C’est sûr', indique l’entourage du ministre chargé des Collectivités territoriales de Macron. 
En tant que tête de liste ou comme simple colistier ? Le candidat compte se prononcer au cours de la dernière quinzaine de février, ce qui n'est guère respectueux de l'électorat. C'est qu'il se sait impopulaire depuis la révélation de son implication dans l'ascension d'Alexandre Benalla et sa responsabilité dans le "Grand débat" bidouillé de Macron  en janvier 2019

Franck Riester pose un problème identique. Le ministre de la Culture devrait, quoi qu’il en soit, être candidat à Coulommiers (Seine-et-Marne) dont il fut le maire. Il n'aura été qu'à peine plus d'un an le locataire insignifiant du ministère. Paradoxalement, il est l'un des membres fondateurs du parti... Agir, un parti croupion qui n'existe que sur le papier !

D’autres membres du gouvernement sont également pressentis sur des listes de la majorité. 
C’est notamment le cas d’Elisabeth Borne à Marrakech Montrouge (Hauts-de-Seine), d’Emmanuelle Wargon à Saint-Mandé (Val-de-Marne) ou encore d’Aurélien Taquet à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). 
S’ils confirment leur candidature sur une liste, ces derniers rejoindront dans la bataille des municipales leurs collègues Geneviève Darrieussecq, candidate à Mont-de-Marsan, Jean-Baptiste Djebbari à Limoges, Christelle Dubos à Sadirac (Gironde), Marc Fesneau à Marchenoir (Loir-et-Cher) et Gabriel Attal à Vanves (Hauts-de-Seine). 
S'ils sont élus, ils doivent quitter le gouvernement. S'ils sont battus, ils seront assez bons encore pour gouverner la France de Macron...

Le duel fratricide et vieille tambouille politicienne à Biarritz

Comme Paris, Biarritz est une épine dans le pied de Macron.
L'ex-socialiste Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, a d'abord été tête de liste LREM face au sortant Michel Veunac (MoDem), qui compte parmi ses colistiers Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le belliqueux Le Drian. "Avoir deux ministres qui se font face n’est pas souhaitable", reconnaît-on à Matignon. Edouard Philippe et Emmanuel Macron devraient ainsi trancher rapidement. Mardi matin, Didier Guillaume semble avoir négocié son retrait : "J’attends leur arbitrage, qui va se produire à mon avis dans les heures et les jours qui viennent, et je respecterai l’arbitrage", a-t-il déclaré sur BFMTV.

"Didier Guillaume a fait le pari que Veunac ne se représenterait pas, mais son pari ne marche pas, car Veunac y retourne, raconte un ministre qui préfère rester sous couvert d’anonymat. Oui, il a 72 ans [comme Le Drian aux Affaires étrangères], mais LREM a bien investi le maire sortant de Pamiers (Ariège), qui a 93 ans; c’est osé !" Et d’ajouter : "Jean-Baptiste Lemoyne [ex-LR] a eu une autre idée : soutenir Veunac pour reprendre le mandat en cours de route." Classique !
L'essentiel qu'il ne faut pas manquer de dire, c'est que Biarritz est  un champ de bataille entre concurrent appartenant tous deux à la même écurie. Veunac est MoDem et Bayrou entend imposer un centriste à Macron, lequel a tellement besoin de son soutien qu'il a accepté la candidature de Lemoyne contre Guillaune, son ministre de l'Agriculture. Le "monde nouveau" de Macron, quoi !

Qui trouvera un point de chute à Sibeth Ndiaye ?

mardi 17 décembre 2019

Delevoye : "courage" et "dignité" d'un dissimulateur salués par le macronie

L'architecte de la réforme Macron plante les plans du président : il lui faut se refaire la cerise !

La porte-parole du gouvernement rend hommage à la "dignité" de Jean-Paul Delevoye après sa démission




Une faute contre l'éthique politique et une violation de la constitution que la majorité présidentielle tente de parer des habits de la vertu macronienne souillée pour la 8e fois en deux ans et demi..
Résultat de recherche d'images pour "Humour demission Delevoye"
Le Haut-Commissaire en charge de la réforme des retraites n’a pas déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) ses liens avec le monde des assurances, favorable à la réforme qu’il porte. Un  impensable conflit d'intérêts, assorti de mensonges. Jean-Paul Delevoye pouvait-il rester au gouvernement ? La question se posait après les révélations de la presse, dimanche 8 décembre : il y a répondu en prenant ses cliques et ses claques. Mais, maintenant, Sibeth Ndiaye martèle que la réforme des retraites sera "toujours défendue" malgré le départ de celui qui l'incarnait.

"Cette réforme, elle est là, elle demeure," maintient la meuf. 
Les propos de la porte-parole du gouvernement sont une provocation à la veille des grèves nationales du mardi 17 décembre. Quelques heures après la démission de Jean-Paul Delevoye, S. Ndiaye a en effet affirmé que la réforme des retraites portée par le gouvernement demeure malgré la démission du haut-commissaire aux retraites  et qu'elle ne sera  pas retirée. L'Elysée en est pourtant à essayer de lui chercher un(e) remplaçant(e)...

VOIR et ENTENDRE la présentation de la situation par TF1 et le rappel que l'Edouard assure que Delevoye était de "bonne foi" :

"Cette réforme ne s'en va pas avec Jean-Paul Delevoye, elle sera toujours défendue par le gouvernement", a assuré la porte-parole du gouvernement à la veille d'une troisième journée de mobilisation, après celles des 5 et 10 décembre.

La spécialiste présumée en communication a des mots malheureux!
"Jean-Paul Delevoye a pris une décision de responsabilité (...) Il se retire avec beaucoup de dignité", a-t-elle osé dire sur le plateau de BFM-TV, ce lundi 16 décembre.

Un nouvel homme de confiance de Macron dans la tourmente.
L'impétrant à l'Elysée avait fait de Delevoye son sergent recruteur. Cet ancien élève du lycée jésuite La Providence à Amiens, comme Macron (et François Ruffin, LFI) avait l'oreille du président qui l'avait choisi pour présider la commission d’investiture de La République en marche (LREM) pour les élections législatives de 2017 : c'est ainsi qu'on lui doit donc l'actuelle assemblée nationale populaire LREM sur le modèle de l'ANC chinoise.

Nommé par Macron en septembre 2017 pour préparer la réforme, le "Monsieur Retraites" du président semblait être l'homme de la situation, puisque ce chiraquien  avait été ministre de la Fonction publique [...] et de la Réforme de l'Etat dans les deux premiers gouvernements (2002-2004) de... Jean-Pierre Raffarin, ministre des Petites et moyennes entreprises dans les gouvernements Alain Juppé (1995-1997). Mais, suite à une "légèreté coupable" - des activités et mandats non déclarés, bien que rémunérés pour certains -, l'opinion l'a poussé à remettre sa démission, Delevoye évoquant le risque que "son procès" ne nuise à un projet "essentiel pour la France". 

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"Le fait que Jean-Paul Delevoye quitte le gouvernement n'a absolument rien à voir avec le contenu de cette réforme", a maintenu Sibeth Ndiaye. "Nous aurons à cœur dans les jours qui viennent de continuer pied à pied à (la) défendre", a-t-elle encore ajouté. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a pour sa part estimé sur RTL que Jean-Paul Delevoye "n'a pas triché, n'a pas voulu tricher". Ce n'était pas possible, puisqu'il avait été membre du groupe d’étude sur la responsabilité pénale des décideurs publics au ministère de la Justice...

L'identité du remplaçant sera connue dans "les meilleurs délais", a-t-elle par ailleurs indiqué, d'un air grave et important, parmi son flot de paroles floues et de satisfecits. "Je ne peux pas présager du choix (du président de la République et du Premier ministre) dans quelques heures ou dans quelques jours", a-t-elle déclaré, se rengorgeant.

Les députés de la majorité saluent son "courage" !


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Macron et la quête du père
Le premier ministre juppéiste avait donné le 'la'. A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation contre le projet Macron de réforme des retraites qu'il portait à bouts de bras, le mardi 17 décembre, Edouard Philippe n'a pas hésité en effet à souligner "le travail de conviction et de dialogue mené" par le Haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye.
Il a aussi osé se féliciter de la "bonne foi totale" de ce proche de Macron dans l'affaire de dissimulation de conflits d'intérêts et de revenus.
L'Edouard a enfin applaudi au "sens des responsabilités" du ministre qui, comme l'a souligné la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, "a ainsi décidé de ne pas handicaper l'action du gouvernement" déterminé à mener au bout sa réforme des retraites.

Du coup,
les petits Playmobil de la majorité présidentielle voient 
un acte de "courage" dans la démission du haut-commissaire aux retraites nommé par Macron.
Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, s'est extasié sur sa "décision difficile et courageuse". "Il démontre que rien n'est supérieur à l'intérêt de mener cette grande réforme sociale", a-t-il commenté.

L'ineffable patron des députés marcheurs, Gilles le Gendre, a exprimé la "tristesse et le respect" des députés pour "cette décision courageuse": "Rien ni personne ne lui enlèvera d'avoir imaginé et conçu la réforme la plus juste et la plus protectrice en France depuis 1945", a-t-il raconté.

Quant au MoDem, partenaire de la majorité, il a adressé un message "de gratitude" au ministre sortant, saluant "l'abnégation qui lui a inspiré sa démission" et "le travail accompli".

VOIR et ENTENDRE les affidés de Macron et sélectionnés par Delevoye dire leur conviction partagée de la "bonne foi" de Delevoye :

L'unanimisme de la macronie interpelle sur son sens moral en politique

L'opposition juge logique cette démission sous la pression de l'opinion.
Suite aux révélations en cascade sur ses activités non déclarées - deux ou trois  rémunérés grassement sur treize mandats cumulés - , la gauche estime que le gouvernement doit retirer une réforme des retraites "discréditée" par son porteur.
Puisqu'il n'a rien signalé en tant que président de l'observatoire de l'éthique publique, l'ancien député PS René Dosière n'a pu que ménager le dissimulateur évoquant "une décision digne d'un honnête homme". Si Delevoye "paie ses erreurs," admet Dosière, ce président de l'Observatoire de l'éthique publique, un think tank réunissant universitaires et parlementaires pour formuler des propositions visant à accroître la place accordée à la déontologie dans la conduite des affaires publiques, ose toutefois pointer après coup "l'inertie des services du gouvernement"... Bien que parrain de Macron pour l'élection présidentielle 2017, il dénonce ainsi l'absence de vigilance du secrétariat général du gouvernement (SGG) sur ses déclarations d'intérêts erronées.

L'opposition se flatte du départ du "Monsieur Retraites" du gouvernement.
Elle était irrémédiable, estime l'opposition, après la découverte du pot aux roses de ses mensonges qualifiés d'"oublis" dans sa déclaration d'intérêts de ministre, notamment concernant des activités dans les assurances - 8.000 euros mensuels versés par le think tank Parallaxe (groupe IGS, leader dans la formation initiale ou continue, l'alternance, l'apprentissage et l'insertion) qu'il présidait - ou à la SNCF : administrateur bénévole à l’Ifpass, l’école de formation aux métiers de l’assurance, ou encore de bénévole de la Fondation SNCF qui gère les actions de mécénat du groupe...

"Il était temps", a immédiatement réagi le parti socialiste sur Twitter. 
dessin humoristique de Glon sur la démission de Jean-Paul Delevoye
Pour la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, "la position de M. Delevoye, fragilisée par les mensonges à répétition et les potentiels conflits d'intérêts", était devenue "intenable"
Et, "si le gouvernement espérait encore imposer sa réforme en faisant sauter un fusible, il fait fausse route" car "au-delà du cas personnel de M. Delevoye, les Français attendent une décision politique face à une réforme qu'ils rejettent massivement", a-t-elle mis en garde, en appelant de nouveau à un référendum.

"Enfin, un peu de bon sens", s'est exclamé de son côté Nicolas Dupont-Aignanle président de Debout la France, ironisant sur le "regret" exprimé par Emmanuel Macron: "Les gens honnêtes ne le regretteront pas!", insinue-t-il.

Pour Damien Abad, le patron des députés LR, la démission de J.-P. Delevoye "était devenue inéluctable". "A 24h d'un blocage sans précédent du pays, ce départ fragilise un peu plus le gouvernement et rend encore plus incertain le projet de réforme des retraites", a-t-il jugé.
Un avis partagé par la vice-présidente LR de l'Assemblée, Annie Genevard, pour qui cette démission "compromet une vraie réforme pourtant indispensable".
"Ce gouvernement entache de nouveau notre République", a dénoncé pour sa part la député LR Valérie Boyer ironisant sur "la légende" d'une macronie "plus morale que les autres".

dessin de Zaïtchick sur Emmanuel Macron en fusible sous tension pendant les mouvements sociauxPour la gauche radicale, la démission de Delevoye doit entraîner le retrait de la réforme des retraites désormais "discréditée", selon le mot du député communiste Sébastien Jumel.

"Delevoye a démissionné. Son projet doit s'en aller aussi. On veut un joyeux noël", a réagi le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. 
"Le dernier oubli de M. Delevoye: mettre la réforme dans ses cartons en quittant son bureau", a raillé l'eurodéputé LFI Manon Aubry pour qui si "l'auteur est disqualifié, le texte ne vaut pas mieux". 

Résultat de recherche d'images pour "Humour demission Delevoye"
Pour Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, "le gouvernement est coupé de la réalité". "Qu'ils nous laissent passer les fêtes de fin d'année en paix, qu'ils retirent leur réforme en même temps qu'ils retirent leur ministre", a-t-il lancé, en réponse à Edouard Philippe qui a dit que "chacun prenne ses responsabilités" pour Noël.

Enfin, le "séisme politique" de la démission de M. Delevoye discrédite "son rapport," souligne Olivier Besancenot (NPA), ancien candidat à la présidentielle, le révolutionnaire trotskiste. Il estime que, par conséquent, "le projet de loi n'a plus de raison d'être".

lundi 16 décembre 2019

Gag Elabe: hausse de confiance en Macron et Philippe en pleines grèves

Faites-vous confiance en ce sondage commandé par Les Echos er Radio classique (groupe LVMH, détenu par Bernard Arnault) ?

Le chef de l’Etat et son Premier ministre remontent dans les sondages
"Grève dure et faute grave," titre Libération

aussi invraisemblable que cela puisse paraître, alors que leur réforme des retraites se heurte à une mobilisation générale massive de tous les syndicats ouvriers, réformistes compris. 

"Le duo de l'exécutif voit sa cote de confiance remonter à 30 % en décembre. Un rebond dû à la fin du flou sur le projet de réforme des retraites," écrit Les Echos, ce jour, repris par Ouest France ou Le Point. 


La confiance accordée par les Français sondés à Emmanuel Macron et à son Premier ministre Edouard Philippe est en hausse de 2 et 4 points respectivement sur un mois, selon un sondage Elabe diffusé ce lundi, à la veille de grèves inédites depuis  1995.


Au total, 30 % des personnes interrogées accordent leur confiance au chef de l’État
pour affronter les problèmes du pays et 65 % ne lui font pas confiance, dont 38 % « pas confiance du tout » (+ 2 points), selon cette étude d’Elabe pour Les Echos et Radio Classique.

Edouard Philippe, qui avait comme Emmanuel Macron perdu 5 points le mois précédent, en regagne 4, à 30 % d’opinions favorables. 62 % (-1) des Français ne font pas confiance au Premier ministre.

Ce serait la droite qui conserverait sa confiance à l'ex-conseiller et ministre socialiste de Hollande... A croire que la cote des Juppéistes (dont Delevoye) et  le centre gauche dun Bayrou (MoDem), mis en examen, serait egalement en hausse !
La cote de confiance du chef de l’Etat est en baisse auprès de ses électeurs de 2017 (67 %, -4), mais en augmentation auprès de ceux de François Fillon - c'est qui ? - (43 %, +4), ceux de Marine Le Pen (16 %, +4) et des abstentionnistes (21 %, +8).

Nicolas Hulot, avec 52 % d’opinions positives (+2), domine toujours largement le classement des personnalités politiques dont les Français ont une image positive, surtout depuis qu'il ne fait encore moins que le rien qu'il produisait "au travail" au gouvernement, devant Jean-Yves Le Drian (30 %, stable), et plusieurs grandes voix de la droite républicaine :  Nicolas Sarkozy (33 %, +1) - contre 30% à Macron -, et François Baroin (29 %, +3), à égalité avec Xavier Bertrand (29 %, +1).
Bilan dressé par le JDD
Testé pour la première fois, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye enregistre 12 % d’opinions positives et 39 % d’avis négatifs (49 % ne se prononcent pas). La question se posait donc déjà la semaine dernière de sa légitimité pour conduire la réforme des retraites. Où en est donc a fortiori sa cote de confiance après la révélation de ses deux emplois rémunérés (sur 13 omis dans sa déclaration auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, HATVP) ?

Enquête réalisée en ligne les 12 et 13 décembre auprès de 1 003 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

mercredi 10 juillet 2019

Municipales à Paris: Griveaux, candidat pleurnichard à l'investiture LREM

"S'il y en a un qui n'a pas été épargné, c'est moi  !", raconte le favori de l'Elysée

Méprisant de ses rivaux, il a fanfaronné, croyant sa cause gagnée d'avance

Résultat de recherche d'images pour "b griveaux"Mais à la veille de son oral devant la commission nationale d'investiture de LREM pour les municipales à Paris, Benjamin Griveaux livre ses inquiétudes, alors que les autres concurrents n'ont pas eu droit à cette tribune. 

Lorsque Emmanuel Macron était encore en campagne pour l'Elysée, la répartition des rôles était fixé: la Mairie de Paris lui serait dévolue ! Assuré du soutien du président, l'ancien porte-parole du gouvernement s'y voyait donc déjà. Or, depuis quelques semaines, les plans d'origine semblent bouleversés. A quelques heures du grand oral des candidats face à la commission d'investiture nationale de La République en marche (LREM), Griveaux fait appel à l'homme d'affaires François Pinault pour faire paraître un entretien dans son magazine, Le Point, et pour marteler ce qui le sépare de son adversaire principal, Cédric Villani, sa stratégie, son image écornée... et l'hypothèse Edouard Philippe.

L'opération a de quoi surprendre puisque Pinault passe pour être en amitié avec Hollande. Certes Griveaux et Villani sont d'anciens socialistes repentis, mais lors d'un entretien accordé à 'M, le magazine du Monde', le 23 juin 2018, l'homme d'affaire François Pinault, 30e fortune mondiale en 2019, déclara qu'Emmanuel Macron "ne comprend pas les petites gens ". Il indiqua aussi qu'il a "peur qu'il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes". Cet entretien déclencha une vague de condamnations de la part de l'Elysée et des proches du président de la République. Ainsi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, déclara-t-il notamment : "De la part de quelqu’un qui pendant longtemps n’a pas payé d’impôts, je ne suis pas certain qu’il comprenne lui-même les petites gens"...

Le Point : Pourquoi seriez-vous le meilleur candidat de La République en marche à Paris  ?

Résultat de recherche d'images pour "b griveaux"
Benjamin Griveaux : A Paris, ce n'est pas quelques semaines ou quelques mois de mobilisation qui font que vous êtes suffisamment entouré, que vous avez pris le temps d'écouter. Moi, j'y travaille depuis près de deux ans, je vais à la rencontre des gens, sans Twitter, sans Facebook, sans caméra, sans journaliste [dénigre-t-il]. J'ai lu que la tribune de ce week-end [34 élus parisiens ont confirmé leur soutien à Benjamin Griveaux dans le JDD] serait une forme de réaction. Vous pensez vraiment qu'on puisse réunir ces gens en un claquement de doigts pour signer une tribune  ?

Vous ne pouvez pas dire que le timing n'est pas calculé...

On a aussi le droit, quand on mène une campagne, qu'on veut devenir maire de Paris, d'être le maître de ses horloges [Macron aux petits pieds]. Cette tribune, c'est le fruit d'un travail de très longue haleine, ce ne sont pas des ralliements de dernière minute. J'ai autour de moi des gens de toutes les sensibilités, et je pense qu'au fond, c'est ça ma spécificité. J'ai toujours dit, depuis le premier jour, que le candidat soutenu par LREM à Paris devra être central. Je ne crois pas aux stratégies de gauche, écolo, de droite, ou que sais-je encore. Il faut être central, point. Moi, j'ai à mes côtés aussi bien l'adjointe Vert de la mairie du 20e [Florence de Massol, vous connaissez ? Non ! C'est une ex-EELV, ralliée à LREM, comme Canfin] que des élus de droite [Sylvain Maillard est un UDI passé à LREM et Alexandre Vesperini, un  juppéiste d'Agir! mené par Franck Riester passé ministre de Macron]. C'est ça l'ADN absolu d'En marche [!] Ce qui n'est pas le cas d'autres [c'est leur honneur...]…

Quel thème vous paraît le plus porteur  ? Vous avez beaucoup parlé d'ordre dans cette campagne...

Il faut remettre de l'ordre dans l'espace public et il ne s'agit pas que de la police municipale. La ville est en désordre. Certains disent que le maire ne doit pas être gestionnaire. Bien sûr que si  ! Je revendique absolument l'idée que le maire de Paris doit être un bon gestionnaire. Quand vous faites des travaux trois fois dans la même rue, la même année, un coup pour l'eau, un coup pour le gaz, un coup pour la fibre, franchement, vous emmerdez, comme disait Pompidou, les gens trois fois. Et écologiquement, c'est un désastre. Etre bon gestionnaire, c'est aussi être écolo. Evidemment qu'il faut faire des travaux, je ne suis pas démago, mais on va les séquencer intelligemment [l'intelligence n'est pourtant la marque fabrique de Griveaux]. Et il n'y a pas un seul trou de bitume dans Paris sans accord du maire du Paris. La vision, c'est bien, mais il n'y a pas de visions sans réalisations concrètes, sans régler les problèmes des gens en bas de chez eux.

Vous parlez d'écologie, certains disent que vous n'avez d'écologique que la posture. Qu'avez-vous à leur répondre  ?

Rien. Ce sont des effets de tribune. Je ne me suis pas découvert une fibre écologique après les résultats des élections européennes. J'ai été le seul membre du gouvernement à m'opposer, dès novembre, au projet Europa City. Le sujet des maladies respiratoires des enfants, je m'en suis saisi quinze jours après ma sortie du gouvernement. Mon engagement est ancien. Et c'est moi qui ai été rejoint par Antonio Duarte. Je ne veux pas être "le premier maire écolo" [comme l'a ironisé Cédric Villani lors de son meeting le 4 juillet], je veux que Paris soit la première ville écolo.

En quoi vous différenciez-vous de vos adversaires  ?

Je ne crois pas qu'on ait des visions opposées, il y aura des choses à prendre chez les uns et chez les autres. Moi, je porte surtout une méthode, et c'est la raison pour laquelle j'ai voulu que cette investiture se fasse tôt. Je ne conçois pas qu'on fasse une campagne sans associer les Parisiens. Or, si on ne choisit pas de candidat maintenant, on ne pourra pas matériellement le faire. Je n'ai pas demandé ce calendrier pour le plaisir  ! Il faut trouver 17 mandataires financiers, tous les gens qui seront têtes de liste devront emprunter à titre personnel et il faut aussi parler avec nos partenaires... Soit vous le faites à l'arrache parce que vous avez désigné votre candidat trop tard, au mois d'octobre sur un coin de table [exemple de propos malveillant], et là, ça donne l'actuelle majorité avec un accord d'appareils qui ne résiste pas au moindre coup de vent. Soit vous faites ça de manière sérieuse et ça prend du temps. Et surtout, il faut parler aux gens  ! C'est dans ma culture, c'est ma manière de faire, c'est comme ça que j'ai gagné un canton que l'on disait imprenable en Saône-et-Loire [alors, parachuté ?]. Surtout quand on est un "connard arrogant "…
Pourtant, on y arrive en allant voir les gens  ! Quand je lis le dernier sondage BVA, le plus proche des gens dans la bande, c'est moi. Et ce que disent les entourages de mes adversaires à mon propos est assez contradictoire avec ce que je lis dans mes enquêtes.
[Selon un sondage Ifop de juillet, Cédric Villani, candidat LREM pour la mairie de Paris, pourrait battre Anne Hidalgo au second tour des élections municipales. Lien BFMTV]
Puisque vous en parlez, cela fait de nombreux mois qu'il est dit que vous avez un déficit de sympathie dans votre image, que vous dégagez une certaine insincérité. Est-ce l'un de vos principaux freins  ?

Résultat de recherche d'images pour "b griveaux"Non, on ne m'a jamais parlé d'insincérité. On me dit arrogant, cassant, mais jamais insincère. Justement, on m'a reproché d'être trop cash  ! Ecoutez, si j'ai vraiment cette image, je m'en sors pas trop mal dans les sondages [commerciaux]. Je vais vous dire quelque chose que je vais aussi dire à la commission : s'il y en a un qui n'a pas été épargné depuis 18 mois quand il était porte-parole du gouvernement et qui n'a pas été épargné depuis six mois par ses compétiteurs, c'est bien moi. Dans une campagne face à Anne Hidalgo, il faut être solide, savoir résister à la pression et aux attaques. Les autres ont été très épargnés, pas moi. J'ai eu l'occasion de prouver que j'étais résistant. Une campagne est une bonne façon de montrer sa sincérité, et vous ne pouvez pas construire un personnage dans une campagne locale  ! Les gens le voient  ! Est-ce que le maire de Paris doit être lisse  ? Je ne crois pas, les grands maires [sic] avaient des aspérités, des coups de cœur et des coups de gueule. Est-ce que je suis cash  ? Eh bien, oui. Est-ce que je ne tourne pas autour du pot  ? Eh bien, non. Est-ce qu'il y a des gens que j'aime bien et des gens que je n'aime pas  ? Eh bien, oui. [Pourrait-il donc être le maire de tous les Parisiens?] Mais comme les Parisiens, au fond. Le consensus mou, ce n'est pas Paris. Quand j'embrasse une cause, je la défends, et je le fais sans compter. ["qui trop embrasse mal étreint"...]

Votre expérience d'élu local a-t-elle joué sur votre façon d'appréhender cette campagne  ?

Dans le travail de préparation, sans doute. Une campagne locale ne se gagne pas dans les médias et en notoriété nationale, et Paris en a été la démonstration létale pour beaucoup. J'entends les gens dire que ce soutien d'élus locaux fait très ancien monde... Non  ! Ce sont des gens qui ont fait un mandat, parfois deux, au service des Parisiens. Et ne pas tenir compte de ce que ces gens-là ont à dire, ou peuvent représenter dans cette ville, ce n'est pas possible. Et puis, je suis persuadé qu'on ne peut pas raconter n'importe quoi dans une élection municipale. Et encore moins à Paris, car tout est vérifiable très facilement. Vous ne pouvez pas dire des choses fausses.

Vous faites référence à Cédric Villani, qui a dit que la dette ou les impôts ont augmenté sous le mandat d'Anne Hidalgo...

C'est vrai que la dette s'est aggravée, il n'y a pas de doute, mais vous ne pouvez pas dire qu'Anne Hidalgo a augmenté les impôts. Dans une campagne municipale, vous devez, pour chaque proposition que vous formulez, presque avoir conduit une étude de faisabilité au préalable. C'est la force de l'équipe que j'ai rassemblée autour de moi depuis longtemps et l'apport de Julien Bargeton [ex-adjoint socialiste aux finances d'Anne Hidalgo]: il a été adjoint de Bertrand Delanoë et d'Anne Hidalgo, il sait de quoi il parle, il sait ce qui est possible ou non, il connaît les calendriers pour chaque mesure. [le "monde nouveau de Macron ne passe pas par Griveaux]

Cédric Villani connaît une vraie dynamique ces derniers jours, notamment avec le ralliement des désormais ex-candidats Mounir Mahjoubi et Anne Lebreton. Comment avez-vous vécu cette montée en puissance  ?

Je note que vous avez fait beaucoup moins de bruits pour le ralliement de Julien Bargeton, qui est quand même président d'un groupe au Conseil de Paris. D'ailleurs, trois présidents de groupe m'ont apporté leur soutien, et Antonio Duarte hier. On arrive chacun à la commission avec deux personnalités, qui vont d'ailleurs être entendues. Après, vous avez tous ces élus  ! Qui ont-ils soutenu  ! ? 

Ça ne vous ressemble pas de faire le procès les médias en les accusant d'avoir choisi leur camp…

Je ne dis pas ça. Il y a une compétition, je comprends que ça vous intéresse. Mais quand j'entends "il engrange les ralliements, il y a un bloc contre Griveaux ", factuellement, c'est faux. Deux candidats se sont ralliés de part et d'autre, et j'affiche 34 élus parisiens, ancrés sur le territoire. Vous me direz "il a Matthieu Orphelin", très bien, mais il est dans le Maine-et-Loire [comme Griveaux, venu de Saône-et-Loire]. Emilie Cariou, c'est formidable, mais elle est dans l'est de la France. Les élections sont à Paris…

C'est aussi une question de sensibilités des soutiens…

Oui, c'est la différence entre Cédric et moi. J'assume une stratégie de positionnement central, qui, je crois, est démontré dans mes soutiens. Cédric, lui, assume de vouloir être le candidat de gauche. Sauf que le candidat de gauche, c'est Anne Hidalgo.

Vous attendiez-vous, quand vous vous êtes lancé, à ce que cette course soit aussi serrée  ?

Tout le monde a écrit que c'était déjà fait; moi, j'ai toujours dit que ce n'était pas le cas. Vous avez voulu raconter que j'étais le candidat officiel qu'Emmanuel Macron avait choisi… [Griveaux ne dément pas...] Il sortira de cette pré-campagne un candidat légitime, car il aura fait face à des rivalités, à une vraie compétition interne. Et puis ça a permis de faire émerger des talents  ! Pour un parti qui n'a que deux ans d'existence [mais coucou qui fait éclore les oeufs des autres], qui selon les médias n'a pas d'ancrage local, pas de banc de touche, pas de personnalités... pardon du peu. On était trois, avec Mounir Mahjoubi, à être devant Anne Hidalgo dans le dernier sondage BVA  ! C'est plutôt une bonne nouvelle, non  ? [Une bonne nouvelle que Mahjjoubi ait rejoint Villani ? Question "sincérité", Griveaux n'est pas crédible : tout est "vérifiable"...] Cédric et moi sommes au même score depuis des semaines, peut-être que la commission d'investiture est le meilleur moyen pour départager des projets et des personnalités qui ont démontré ces derniers mois qu'elles avaient une identité politique. 
La CNI de LREM (composée de 16 membres) est co-présidée par Marie Guévenoux (ex-collaboratrice parlementaire d'Alain Madelin, puis première présidente des Jeunes Populaires (UMP) en 2004 et conseillère de plusieurs ministres, secrétaire générale de la campagne d’Alain Juppé pour la primaire de 2016, avant de rejoindre La République En Marche) et Alain Richard, 73 ans (ex-PSU, puis ex- Parti Socialiste de 1975 à 2017, conseiller d’Etat, parlementaire de longue date, il a été ministre de la Défense de Lionel Jospin entre 1997 et 2002 et a été réélu sénateur en 2017 après avoir rejoint La République En Marche), membres du Bureau Exécutif de LREM en charge des élections municipales.
L'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht, et, plus récemment, François Bayrou ont déclaré qu'Edouard Philippe serait un bon candidat pour Paris…

Ce qui me laisse songeur, c'est que cela fait un an que vous faites l'Arlésienne sur la candidature d'Edouard Philippe. Ne vous attachez pas à l'écume des petites phrases. Le Premier ministre a fait un discours de politique générale le 12 juin dernier  ! En plus, je suis certain que François Bayrou, comme moi, pense qu'Edouard Philippe est un excellent Premier ministre…

N'est-il pas le mieux placé pour conquérir les arrondissements de l'Ouest, tenus par la droite  ?

Non. Il faut vous dépolluer [sic] avec ça, ce n'est pas le sujet. Si la stratégie est de gagner à droite, il prendra les arrondissements aujourd'hui tenus par LR et sera minoritaire. Ce n'est pas la droite qui dirige Paris aujourd'hui. Alors oui, on peut prendre ces arrondissements de l'Ouest; ça ne sert à rien si on ne prend pas les arrondissements de gauche. Il faut sortir de ce schéma. Moi, ma bataille depuis deux ans, c'est de tenir la position centrale, c'est comme ça qu'En marche  ! a fonctionné. Tous ceux qui veulent nous remettre dans un truc gauche/droite ne sont pas fidèles au mouvement. Moi, j'en suis membre, et j'en suis même l'un des fondateurs  !

Que ferez-vous si jamais vous n'êtes pas choisi par la commission d'investiture demain  ?

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Moi, je l'ai dit : je soutiendrai le candidat investi. J'ai signé l'engagement, sans aucun état d'âme. [arrogant ?!] Je n'imagine pas une réponse différente de mes deux compétiteurs. Je serai à la place qu'ils souhaiteront que j'occupe dans leur campagne. Je ferai ce qu'ils me demanderont de faire pour gagner Paris.

Vous avez peut-être lu que certains proches du président de la République confient, sous anonymat, qu'il est de moins en moins certain que vous soyez le candidat naturel de LREM à Paris. Qu'en pensez-vous  ?

Eh bien, comme cela je ne serai pas le candidat du président et j'aurai arraché cette investiture à la force de ma conviction et de ma détermination.