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mardi 19 mai 2020

Le parti du président Macron, LREM, perd la majorité absolue

17 députés forment un nouveau groupe à l'Assemblée : LREM peut-elle encore  conserver toute son arrogance ?

Avec la création de ce nouveau groupe, LREM poursuit une débandade parlementaire inédite

En perdant la majorité absolue au Palais-Bourdon, Macron devra davantage composer avec ses alliés, le Modem et Agir, plus loyalistes que ses élus.


Un neuvième groupe politique de 17 dissidents, dont des Macroniens et anciens Macroniens, est "déposé officiellement" ce mardi à l'Assemblée, annoncent certains de ses membres fondateurs. Le groupe LREM perd du même coup  la majorité absolue"de justesse" et "au moins temporairement," commente Le Monde qui ne mise pas sur son avenir.

Baptisé "Ecologie Démocratie Solidarité", ce nouveau groupe est "indépendant", "ni dans la majorité, ni dans l'opposition", un "en même temps" qui n'augure pas d'une ligne sans zigzags ni compromission, dès la lecture de la déclaration politique de ses élus. 
Parmi ses membres figurent d'anciens "marcheurs" de la première heure, comme Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), ou encore des membres de l'aile gauche de LREM comme Aurélien Taché ou Cédric Villani, dont la dissidence n'était pas encore acquise jusque-là.
Avec cette crise du Covid19, il nous faut dépasser les clivages et les postures, et construire collectivement le monde d’après. #EDS, que nous créons aujourd'hui, sera un groupe de propositions, de coalition, d'innovation


Tous ces députés ont été élus en 2017 sous l'étiquette LaREM à l'exception de Delphine Batho.

Une perte "seulement temporaire" de majorité, veulent croire les loyalistes groggy ?

Les arrogants de la majorité présidentielle aurait dû voir venir.
En février 2019, la grande majorité de ses députés et le MoDem avaient voté pour loi dite anticasseurs, controversée et qui proposa des interdictions administratives de manifester ou qui fait de la dissimulation de visage un délit. Mais 50 députés - principalement de l’aile gauche et en pointe sur la défense des libertés publiques - s'étaient tout de même abstenus. "L’essentiel, c’est qu’il n’y a eu aucun vote contre," avait commenté dans la foulée du vote le patron du groupe majoritaire Gilles Le Gendre. 
Pour voir venir la dissidence actuelle, il aurait fallu que les anciens socialistes Gilles Le Gendre - fils d'un président de société et de Catherine Chassaing Mandegou de Borredon - un ex-président du directoire du groupe Expansion (groupe l'Express, filiale de SFR Presse, racheté par Patrick Drahi, détenteur cumulard de BFM), et Stanislas Guerini, secrétaire général de LREM, eussent été lucides et compétents, mais ils sont des produits du quinquennat de François Hollande.

Avec ce... neuvième groupe - un record camouflet dans l'hémicycle du Palais-Bourbon - LREM perd sept nouveaux membres ou apparentés, tombant à 288, juste sous le seuil de la majorité absolue (289 sièges) qu'il détenait jusqu'alors à lui seul. Un revers cinglant même si le groupe majoritaire peut s'appuyer sur ses 46 alliés du MoDem et la dizaine d'élus Agir.

Le groupe espère toutefois récupérer rapidement la majorité absolue
La future suppléante d'Olivier Gaillard, ex-PS et ex-LREM, qui devrait quitter son siège de député pour succéder à une DVG à la mairie de Sauve (1.900 habitants), Gard, pourrait se désolidariser du titulaire démissionnaire, depuis le 13 mai (déclarant regretter de n'être qu' "un élu de seconde zone" dans un Parlement qui oublierait les territoires locaux) et rechausser les godillots des "marcheurs", comme annoncé par le député, sous les yeux des électeurs effarés. 
Sa suppléante est proviseur adjointe du Lycée Jacques Prévert à Saint-Christols-les-Alès, 1957e sur 2013 au classement national de 2016 et 21e sur 21 dans le département avec 8,3/20Catherine Daufès-Roux, 57 ans, déjà doublure d'Henri Francès en 2012, battu par le socialiste William Dumas, va devoir résister au mépris de élus de la société civile au parti présidentiel. Elle a survécu à la canicule de l'été 2003 et à un record de chaleur jamais enregistré en France métropolitaine avec 44,1 °C . Est-elle suffisamment aguerrie pour autant ?

Vers un soutien conditionnel au cas par cas et un chantage permanent au pouvoir

Le nouveau groupe entend contribuer à "une ambition forte de transformation sociale et écologique". Ce que Macron croyait réaliser depuis trois ans...

"Répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales : nous pouvons faire plus et mieux à l'Assemblée nationale", estiment ces députés, pour qui "après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant". Les prétentieux de la majorité n'en croient pas leurs yeux: ils ont trouvé plus ambitieux qu'eux !

Dans un document, ils listent leurs "15 premières priorités"
Cela va d'"un plan de réindustrialisation pour une souveraineté et une autonomie retrouvées" à une "réelle transparence de la vie publique" en passant par le rétablissement d'un système de santé "robuste" ou une refonte de "la fiscalité du capital et du patrimoine".

"Nous pousserons et soutiendrons toutes les décisions à la hauteur des enjeux, mais saurons nous opposer dans tous les autres cas", préviennent ces députés.

Ils vont refaire le monde.

dimanche 19 janvier 2020

Municipales 2020 : Rachida Dati devient l'alternative à la maire sortante à Paris

Avec +5 points, une percée remarquée de l'ancienne ministre Rachida Dati

L'ex-garde des Sceaux coiffe désormais au poteau les candidats de la majorité présidentielle

Dati-Hidalgo, duel de femmes à Paris


Les candidats de la majorité présidentielle à la mairie de Paris sont en perte de vitesse, à deux mois des élections municipales, selon un sondage IFOP pour Le Journal du dimanche, détenu par le groupe LagardèreIl n'empêche que, paradoxalement, Elabe, entreprise commerciale de sondages, continue de valoriser les gains de points supposés d'un Macron dans la tourmente sociale, bien qu'il ne rassemble qu'une trentaine de sympathisants pour lui faire encore confiance. 

La candidate LR Rachida Dati a pris l'ascendant sur sur les deux candidats de la majorité LREM, celui désigné par le président Macron, Benjamin Griveaux, et le dissident, Cédric Villani. 
Au premier tour du scrutin de mars prochain, la maire du 7e arrrondissement de Paris obtiendrait 19 % des votes avec sa liste 'Engagés pour changer Paris', contre 15 % pour Benjamin Griveaux et 13 % pour Cédric Villani, qui vient de recueillir le soutien des Radicaux, ce que le sondage ne prend pas encore en compte
En mai 2019, Paris a pourtant encore attribué près de 33 % des voix à la liste LREM aux élections européennes.

La maire-sortante continue de bénéficier des promesses de 'rasage gratis'.  
Le sondage paraît au moment où la socialiste Anne Hidalgo vient justement de promettre la gratuité des transports aux mineurs de 18 ans, ainsi que la création de 10.000 logements par an, en faveur des classes moyennes. La liste Verts-PS, 'Paris en commun' arriverait ainsi au premier tour avec 25 % des voix, "bien loin devant Rachida Dati" et les autres candidats, selon l'AFP
En mars 2014, face à Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP, 35,64%) sur l'ensemble des 20 arrondissements de Paris, Anne Hidalgo, recueillait 34,40%, bien que première adjointe PS. 

La lente progression des écologistes.
Entre eux s'intercale l'écologiste David Belliard (14 %), soumis à rude concurrence dans un paysage municipal où tous les candidats s'évertuent à verdir leur programme. Anne Hidalgo, qui apparaissait en difficulté il y a un an, après notamment le fiasco de Vélib', creuse son avantage sur ses concurrents. Dans le précédent sondage publié par Ifop courant décembre, elle était déjà en tête avec 22,5 % des intentions de vote. Benjamin Griveaux (17 %) et Rachida Dati (17 %) étaient au coude à coude devant Cédric Villani (14 %) et David Belliard (12,5 %).

Les ralliements n'ont pas tous été annoncés

L'enquête Ifop pour le JDD et Sud Radio est publiée après le ralliement à Benjamin Griveaux du candidat de centre droit Pierre-Yves Bournazel. 
Les sondeurs ont toutefois testé l'hypothèse du maintien de la girouette Bournazel (Agir!, jusqu'ici en partenariat avec LREM, le MoDem et... le Mouvement Radical) et  la pirouette de l'élu juppéiste du 18e arrondissement fait gagner 2 points à Rachida Dati (17 %), tandis qu'elle en fait perdre 1 (16 %) à Benjamin Griveaux, à l'inverse de Cédric Villani (12 %), et surtout David Belliard qui en cède 1,5 (14 %). 

Mais l'impact du ralliement des Radicaux à Villani échappe au sondage IFOP.
Ce dimanche 19 janvier, les Radicaux ont quitté Hidalgo pour Villani, ce que le sondage IFOP réalisé du 13 au 17 janvier 2020 ne prend pas encore en compte. Un prochain sondage indiquera si la préférence des Radicaux fait tomber Hidalgo à 23% et monter Dati à 21%... Sans intégrer la marge d'erreur !

Aux extrêmes, les listes LFI de Danielle Simonnet et RN de Serge Ferdebusch obtiendraient chacune 5 % dans tous les cas de figure. Au second tour et dans l'état actuel des alliances à la date du 17 janvier,, une liste d'union hypothétique entre les listes Hidalgo et Belliard l'emporterait avec 41 % devant celle de Rachida Dati (22 %), suivie de Benjamin Griveaux (20 %) et de Cédric Villani (17 %), des scores qui ne sont déjà plus fiables.

L'enquête de l'IFOP publiée ce 19 janvier a été réalisée en ligne du 13 au 17 janvier auprès de 1 102 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

mercredi 11 décembre 2019

Municipales : Rachida Dati fait jeu égal avec Benjamin Griveaux à Paris

L'étau se resserre autour du candidat de l'Elysée

Le candidat LREM dissident Cédric Villani 
gagne deux points
 

Le député gagne du terrain et se rapproche du trio de tête, selon un nouveau sondage à l’Ifop, diffusé par Le Point.  

Le candidat désigné par La République en marche (LEM), Benjamin Griveaux, est sondé à 17% (+1), mais peine toujours face à la concurrence du député LREM entré en dissidence, Cédric Villani. Celui-ci est crédité de 14% des suffrages, soit deux points de plus qu’un précédent sondage Ifop réalisé début novembre.

Pas encore officiellement candidate, la maire-sortante ne caracole plus en tête.
La maire socialiste devance les macronistes divisés : Anne Hidalgo est créditée de 22.5% des voix (+0.5) dans ce sondage Ifop commandé par Cédric Villani pour faire taire la désinformation orchestrée depuis l'Elysée.

Rachida Dati, la candidate des Républicains, progresse nettement

Avec 17% (+1), l’ex-ministre de la Justice pourrait devancer Benjamin Griveaux dans plusieurs arrondissements, voire à la Mairie de Paris, au vu de sa dynamique. "On voit se dessiner une légère [?] dynamique en faveur de Rachida Dati, qui passe en quelques semaines de 14 (sondage Ifop publié en septembre dernier) à 17 points d’intention de vote, preuve que la droite existe toujours à Paris. 
Elle engrange logiquement d’ailleurs une bonne part des voix du candidat UMP à la présidentielle de 2017, qui penchait jusqu’alors plutôt en faveur de Benjamin Griveaux", estime Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’IFOP cité par Le Point.

L’enquête fait également état du début de campagne difficile du candidat écologiste, David Belliard. 
Avec 12.5%, il perd trois points par rapport à la précédente vague et ne conserve pas les espoirs soulevés par les Européennes : il est très éloigné du score réalisé par EELV au printemps dernier (19.89% à Paris). Il est toutefois en mesure de se qualifier dans plusieurs arrondissements : il suffit d'obtenir 10% des suffrages exprimés.

Ce qui soulève le sujet des triangulaires. "Si ces niveaux se maintenaient, on peut tout à fait imaginer une inflation de triangulaires, quadrangulaires, voire de pentagulaires, parmi les dix-sept élections qui font l’élection du maire de Paris", souligne Frédéric Dabi. Dès lors, difficile de pronostiquer le nom du prochain maire de Paris, mais il serait de gauche et Paris passerait à côté d'une opportunité d'alternance.

VOIR et ENTENDRE Rachida Dati dézinguer Benjamin Griveaux aux Grandes Gueules: "Ca ne m'étonnerait même pas qu'il parte au RN en 2022":

"Le jeu est ouvert!" affirmait Rachida Dati au 'Talk Le Figaro', quand elle était à 16% 
dans un sondage OpinionWay.
La candidate LR pour la mairie de Paris en déduit qu’ "il y a une volonté de changement" de la part des Parisiens. 

Rachida Dati l'annonce : "Il y aura un candidat LR dans tous les arrondissements".
Il y a une alternance possible à Hidalgo, affirme Datimaire-sortante du 7ème arrondissement investie par LR. Et d'ajouter qu'il y aura un candidat LR dans tous les arrondissements de la capitale.


Dati candidate ad hoc pour la ville-capitale

"Je suis élue parisienne depuis 2008; je connais Paris, ses problématiques et ses difficultés"
, souligne-t-elle, un fait que Griveaux ne peut contester, lui qui est parachuté sur la capitale depuis la Saône-et-Loire rurale par la volonté de Macron.

Les sujets régaliens étant des combats qu’elle mène depuis de nombreuses années, elle compte bien accéder à la tête de la capitale pour appliquer une "tolérance zéro" en matière de délinquance. 

Sur la question du logement social, "il faut aussi du foncier", estime Dati pointant "un principe de réalité" aux antipodes d’une politique "arithmétique" menée trop longtemps par la gauche. 

Les points clefs de son programme s’articuleront autour d’une sécurité totale, une écologie sous l’angle de la santé et du bien-être, et une meilleure gouvernance. "Aujourd’hui, nous avons un budget de 10 milliards d’euros et une dette de plus de 6,5 milliards", souligne-t-elle.

Pour optimiser les services aux Parisiens, et notamment sur le dossier de la propreté, Dati entend réorganiser les affectations des 51 000 agents car, observe-t-elle, "la ville évolue" et son principal adversaire dénonce-t-elle "c’est l’état de Paris". Son objectif ? "Que les familles restent à Paris", car elle déplore leur départ massif "par contrainte ou par écœurement".

Depuis 2008, elle est maire du VIIe arrondissement de Paris et, depuis 2009, députée européenne.
Elle est investie par Les Républicains (LR) en novembre 2019 pour mener la bataille des municipales à Paris. Elle devra céder un mandat.

lundi 2 décembre 2019

Municipales : Valérie Pécresse assume la division à Paris

Valérie Pécresse fait-elle le jeu de LREM ?

Valérie Pécresse ne recherche pas les points de convergences et l'union

Elle a rappelé ses divergences avec Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris, entretenant les divisions à droite sur Paris.

Elle a beau être investie par le parti Les Républicains pour les municipales à Paris, Rachida Dati doit poursuivre le dialogue pour rallier Valérie Pécresse, électron libre ex-LR.
"Nous avons des échanges, avec Rachida Dati, mais le problème c'est que nous avons une divergence de fond sur la stratégie. Moi, je pense que les LR ne peuvent pas gagner seuls à Paris," a déclaré la présidente de la région Ile-de-France, interrogée sur la main tendue de Rachida Datidans l'émission Politique dimanche de la très macronienne chaîne BFM ce 1er décembre
 

Pécresse attend de Dati qu'elle inclue dans les listes LR certains maires renégats d'arrondissements

Pour l'instant, la proposition faite au petit parti de Valérie Pécresse, fondatrice de son propre parti, Libres!, concerne
14 postes éligibles au Conseil de Paris et deux têtes de liste d'arrondissement, pour la plupart passés de LR au parti présidentiel LREM
Une stratégie uniquement concevable en tambouille électorale, selon un membre des Républicains qui critique  la présidente de la région. "Elle veut des gens à elle sur nos listes; elle veut aussi son logo à côté du nôtre... Il y a un moment, il faut redescendre d'un étage !".

Une politique politicienne qui ferait écho à celle du camp de LREM.
Cédric Villani en est à réclamer un référendum pour le départager de son rival  Benjamin Griveaux, le candidat officiel du président Macron. Anne Hidalgo (PS), la maire sortante pourrait ainsi tirer bénéfice de ces divisions. 
Fin novembre, un sondage commandé par Cédric Villani à l'institut IFOP, plaçait Anne Hidalgo en tête des intentions de vote (22%), largement devant Benjamin Griveaux et Rachida Dati (16% chacun). Mais ni Hidalgo, ni Dati ne bénéficie de la couverture médiatique qui porte Griveaux et la maire sortante du 7e arrondissement, forte de son bilan à Paris et de son expérience gouvernementale, ne peut que progresser en se tenant à l'écart des magouilles politiciennes.

mardi 19 novembre 2019

Villani dénonce des sondages partisans de Griveaux

Villani saisit la commission des sondages après des chiffres OpinionWay publiés par Griveaux

L'équipe du candidat Villani exprime plusieurs "interrogations" liées à un sondage donnant Griveaux en meilleure position.

Ces calculs de commande à l'entreprise commerciale ne sont pas bons pour Cédric Villani. Après la diffusion d’un sondage commandé à OpinionWay par l’équipe de Benjamin Griveaux, le candidat mathématicien a saisi la Commission des sondages, soupçonnant l’étude de ne pas respecter les règles déontologiques et donc, de biaiser son “analyse médiatique”, plusieurs articles de presse indiquant que le député LREM choisi par Macron pour Paris devance de 4 points le candidat dissident dans les intentions de vote. 

Ce mardi 19 novembre, son équipe a rendu public un courrier signé par Baptiste Fournier, directeur de campagne, qui détaille la démarche. “En premier lieu, s’agissant de l’échantillon, nous nous interrogeons sur sa qualité et sa représentativité”, pointe le document, qui rappelle que “la méthode employée par la profession s’agissant des élections municipales est une administration du questionnaire par téléphone ou au domicile de l’interviewé”. Or, OpinionWay a testé son panel en ligne via le système CAWI (Computer Assisted Web Interview). 

“En second lieu, nous nous étonnons également d’un taux de réponse si élevé dans le temps imparti (2942 sondés) et souhaitions recueillir vos éclairages sur la faisabilité et la crédibilité d’une telle participation”, poursuit Baptiste Fournier, pointant plus loin la “qualité du redressement des intentions de vote” qui “semblent minorer les candidats Hidalgo et Villani en majorant dans le même temps le candidat Griveaux”. 

"Nous saisissons ce jour la Commission des sondages au sujet de l’étude Opinion Way publiée vendredi dernier" 
08:47 - 19 nov. 2019


“Une distorsion de réalité”

Mais ce qui ne passe vraiment pas pour l’équipe de Cédric Villani, c’est que le candidat LREM de l'Elysée a été testé avec le soutien du MoDem. Or, au regard des récentes manœuvres de François Bayrou dans la capitale, cette alliance ne semble pas vraiment acquis.

“Je tiens à vous exprimer mes plus vives interrogations quant à l’observation d’une intention de vote de premier tour qui teste une hypothèse ‘fallacieuse’ n’étant pas en phase avec la situation politique actuelle, en l’espèce le soutien du MoDem à la candidature de M. Griveaux. Cette hypothèse publiée et diffusée largement crée une distorsion de réalité à même d’influencer l’électorat dès lors que l’hypothèse inverse ne serait pas rendue publique”, gronde ainsi Baptiste Fournier. 

Ce faisant, le clan du rival de l'arrogant Griveaux,expert-ès-bourdes, demande “la publication intégrale de cette étude d’opinion” pour la passer au crible. Que le mathématicien Cédric Villani soit exigeant avec les chiffres, c'est bien naturel: ils sont trompeurs et on peut leur faire dire ce qu'on veut. Notamment avec de l'argent.


mardi 12 novembre 2019

Municipales 2020: LREM, un si mauvais départ

Dissidences, refus de porter l'étiquette ou défection au bureau exécutif: peut-on pire ?

"Les municipales, ça va être un sacré bordel"

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Guérini, bof !

Voilà comment un parlementaire En Marche! évoquait le scrutin de mars 2020 il y a quelques semaines. Et pour cause.
Les premières élections municipales depuis la grande recomposition politique imposée par l’élection de Macron en 2017 s’annoncent compliquées pour le parti présidentiel. 
Entre dissidences dans des villes symboliques comme Paris ou Lyon, candidats qui ne veulent plus de l’étiquette, comme à Lille ou cas locaux qui font bondir des poids lourds du parti comme à Chelles (Seine-et-Marne), l’élection intermédiaire de 2020 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.  
Question maillage, LREM est une passoire : le mouvement ne compte que trois maires de communes de plus de 70 000 habitants (Lyon, Besançon, Nouméa)...

Le cas Villani fait tache d'huile

Ville symbolique que Macron aimerait ravir à la maire sortante socialiste Anne Hidalgo, Paris a donné le ton dès la rentrée de septembre. La dissidence de Cédric Villani, qui n’a pas accepté la décision de LREM d’investir son rival Benjamin Griveaux, met à mal la stratégie présidentielle dans la capitale. 
Divisé, le parti peine à rattraper la maire sortante dans les sondages. Une stratégie perdante qui commence à faire des petits. A Lyon, Metz ou Sens, des candidatures dissidentes se font jour et ce n’est pas fini.

Les ex-socialistes refusent les seconds rôles 

A Montpellier, par exemple, le député LREM Patrick Vignal assure qu’il se présentera quoiqu’il arrive à l’Hôtel de Ville, même sans l’investiture de son parti qui doit se pencher sur le cas de la ville jeudi 14 novembre.
“J’incarne les valeurs d’En marche!, je n’ai pas quitté le PS pour enfiler des perles. J’irai jusqu’au bout”, fait savoir ce soutien d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale, avant d’ajouter dans un sourire: "S’ils me virent, c’est leur problème, mais ils ne virent pas...".
"Dans l’ancien monde, Cédric Villani aurait été exclu", répond, à propos du cas parisien, le jeune secrétaire d’Etat Gabriel Attal de Couriss, invité du “Grand rendez-vous” sur Europe1 et CNews le 10 novembre, mais on croit encore qu’un rassemblement est possible”, assure ce 'Macron boy' (compagnon de Stéphane Séjourné, conseiller politique de Macron), un ancien membre de cabinet ministériel socialiste, celui de Marisol Touraine.

Les candidats s'émancipent 

C’est pourtant l’un des problèmes du jeune parti présidentiel, c'est l'arrivisme : les nouveaux venus ont les dents longues et manquent de discipline, qui, par un effet loupe, transparaît dans ces 36.000 scrutins locaux. Par exemple, nombreux sont ceux qui ont pris l’étiquette En Marche! aux législatives pour s’en débarrasser aux municipales.

Ce fut le cas à Lille où la candidate LREM, Violette Spillebout, s’est empressée de prendre ses distances avec le parti macronien devant la presse quelques mois après avoir reçu l’investiture officielle.
L’ex-directrice de cabinet de Martine Aubry a déclaré en novembre ne pas vouloir être "le soldat d’un président de la République tout-puissant". Elle a précisé que "les logos vont disparaître" de ses affiches et tracts, après avoir reçu le sceau LREM par la commission nationale d’investiture (CNI).
Un binôme complémentaire et doté d’une certaine expérience politique est pourtant à la tête de la CNI.


Marie Guévenoux députée de l'Essonne (43 ans, secrétaire générale de la campagne d’Alain Juppé pour la primaire de 2016, avant de rejoindre La République En Marche!) et Alain Richard (74 ans, PSU puis PS et ministre de la Défense entre 1997 et 2002) , membres du Bureau Exécutif de LREM en charge des élections municipales, co-présideront la CNI. Tous les deux, de par leurs parcours et leurs origines politiques, incarnent la stratégie de recomposition politique poursuivie par la majorité : nécessité oblige ! Ce sont eux qui, pendant ces trois derniers mois, ont piloté les premières auditions de tous les Comités Politiques départementaux (COPOL).
"Tous, ils font ça", se désole Patrick Vignal. "Il y a quand même une politique de faux cul dans nos élus: je prends la marque pour la contenir et dès que j’ai la marque je deviens ‘citoyen’ ", moque ce briscard de la politique qui en a vu d’autres au parti socialiste. 

"Il faudrait des étiquettes LREM partout!"

“Lille est un cas classique”, abonde un autre député macronien qui préfère requérir l’anonymat: "lls pensent que l’étiquette LREM n’est pas porteuse aux municipales, alors qu’il faudrait des étiquettes partout!”, se lamente cet élu. 
C’est l’un des autres problèmes auquel fait face le parti mouvement de Macron pour ce scrutin: le manque de cohérence entre les alliances passées selon les villes. L'opportunisme de la société civile !

Pressée par Edouard Philippe et les juppéistes au sein de la majorité, LREM a changé de stratégie avant l’été. Sous la pression d’élus et de ténors plus expérimentés ou plus ancrés, le parti d’Emmanuel Macron s’est résolu à ne plus imposer des candidats LREM partout, mais à soutenir localement des barons locaux sortants “Macron-compatibles”.
Résultat, une stratégie peu lisible où, selon les zones, LREM soutient des maires sortants, qu’ils soient de droite, comme le LR Jean-Luc Moudenc à Toulouse ou de gauche, comme le socialiste Guy Férez à Auxerre qui se présente sans étiquette, mais qui est soutenu “en même temps” par le PS et LREM.
”Ça crée de l’invisibilité, surtout que les accords se font sans contrepartie”, regrette ce même élu, toujours sous couvert d’anonymat, comme si la critique publique était de plus en plus mal vue au sein du parti présidentiel.

"Les maires vont nous la faire à l’envers"

Autre risque, sur le long terme, créer des déceptions sur le terrain. 
Dans plusieurs villes, des candidats très implantés n’ont pas été choisis par la direction, ce qui a pu jeter de l’huile sur le feu.

Comme à Chelles, en Seine-et-Marne où la décision de soutenir le maire sortant LR Brice Rabaste, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé ne passe pas du tout chez les marcheurs locaux. "Comment va-t-on réussir à s’implanter dans la durée si on apporte notre soutien à des maires sans aucune condition?" regrette l’un d’entre eux.
  
Très agacé par ce cas, le sénateur François Patriat qui soutenait son ancien collaborateur Hadrien Ghomi contre Brice Rabaste a d’ailleurs claqué la porte du bureau exécutif de LREM qui valide les choix de la CNI, le 23 octobre, selon des informations du Parisien.
"Le problème d’En Marche au niveau local, c’est qu’on nous dit ’vous allez soutenir les maires sortants’ qui n’ont, eux, jamais soutenu En marche à aucune élection et qui, à la prochaine présidentielle vont nous la faire à l’envers en soutenant un autre candidat qu’Emmanuel Macron", s’agace ce marcheur de Seine-et-Marne qui pourrait soutenir une liste dissidente à Chelles si elle était lancée. 

Candidat à Montpellier, le député LREM Patrick Vignal n’est pas d’accord avec la stratégie qui consiste à "vouloir beaucoup d’élus locaux, 10.000, en soutenant des maires sortants".
"On n’a pas eu de stratégie concurrente, gagnante", regrette le transfuge du PS. "Nous aurions dû nous compter au premier tour. Il fallait faire comme aux législatives, quand Macron osait faire les choses et mettre des candidats partout", insiste cet élu de 61 ans. "Pour les municipales, on n’a pas osé et on a eu la marque honteuse. C’est l’erreur que nous avons faite: jouer placé au lieu de jouer gagnant", tance le député Vignal, avec la métaphore du tiercé.  

"LREM est un mouvement très jeune", justifie Gabriel Attal à l’antenne d’Europe1 et de Cnews. "On aborde ces élections avec une forme de page blanche", reconnaît le secrétaire d’Etat. "On est engagés avec des alliés comme le MoDem qui sont ancrés depuis longtemps, donc forcément, ça peut frotter quelques fois", admet-il. 

Déconnectés des territoires

Des “frottements” qui font grincer des dents dans de nombreux départements. 

A Sens (Yonne), ce n’est pas une alliance avec le MoDem mais avec le Mouvement radical qui a du mal à passer. En septembre, la députée LREM Michèle Crouzet, refusée par la commission d’investiture contre sa rivale radicale, estime alors publiquement au micro de Europe1 que le président de la commission d’investiture [Alain Richard] est "déconnecté des territoires" et que les dirigeants d’En Marche! ne sont pas assez "à l’écoute" du terrain. Et, cas classique, elle annonce qu’elle sera candidate quand même. 
Depuis, Médiapart a rappelé que Claude Vivier Le Got, la candidate choisie par le parti présidentiel à Sens, a été condamnée à un an d’inéligibilité en 2015 après l’invalidation de ses comptes de campagne des municipales 2014 et met au jour de possibles “détournements d’argent” de son entreprise à des fins personnelles. Une situation locale qui pourrait donc évoluer.

Pendant ce temps-là, à Marseille, huit candidats potentiels ont été désignés dans les différents secteurs de la ville selon La Provence, et un "envoyé spécial" de la CNI, Jean-Marc Borello, 61 ans, président du directoire du groupe SOS, une organisation française spécialisée dans l'entrepreneuriat social et qui regroupe des entreprises et des associations, à Aix-en-Provence, est en mission sur place pour trouver la bonne pioche. 

Au milieu de ce grand bazar, pas sûr que les Français lâchent la proie pour l'ombre. 

dimanche 8 septembre 2019

Municipales à Paris : Villani porte un premier coup à l'autorité de Macron

Et si cet exemple de dissidence se reproduisait ailleurs? 

Le modèle de candidature dissidente offert par Cédric Villani à la mairie de Paris semble promis à la duplication.

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Le Journal du Dimanche n'est pas allé chercher loin pour s'en prendre à la candidature Villani
: il a choisi d'interroger son propre directeur de la rédaction (et éditorialiste à RMC et BFMTV, également suspect de Macron-friendliness), Hervé Gattegno, qui a navigué d'une salle de rédaction à l'autre (du Méridional au Nouvel Observateur, en passant aussi bien par Le Monde que par Le Point ou Vanity Fair).
Le caméléon est soupçonné d'avoir censuré en novembre 2018 une enquête sur le député de la majorité, Francis Chouat, ex-socialiste de 70 ans, élu contre la candidate LFI avec l'étiquette LREM proche de Manuel Valls, à qui il a succédé à la mairie d'Evry. D'après le journal Marianne, l'ancien premier ministre aurait obtenu de du journaliste sans états d'âme qu'il empêche la publication de l’enquête. Ainsi partons-nous aujourd'hui sur de bonnes bases...

Ce matin, vous nous parlez de
Cédric Villani, candidat dissident de la REM à la mairie de Paris.
Il fait des débuts un peu étranges, et il subit déjà beaucoup d’attaques. D’après vous, c’est le prix de l’inexpérience ou ça veut dire que les macronistes supportent mal l’indiscipline?

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Ça veut sans doute dire qu’il doit faire des progrès et qu’on va lui faire des procès. Des progrès parce que oui, c’est un débutant en politique, ce qui n’est pas un handicap à condition de le faire vite oublier – il peut apporter de la fraîcheur mais il ne faut pas qu’il brasse trop d’air dans ses discours… Et puis des procès parce que bien évidemment, dans une campagne pour la mairie de Paris, personne ne fait de cadeau à personne. Donc, c’est normal qu’on le critique parce qu’il bafouille quand on l’interroge sur ce qu’il propose pour le logement, et c’est normal qu’on attende de lui un vrai projet – pas forcément pour tout de suite [les élections sont dans six mois]; on ne connaît pas non plus celui d’Anne Hidalgo ni celui de Benjamin Grivaux. Mais il faut qu’il s’y mette rapidement. 

Comment interprétez-vous le fait que La République en marche ne réclame pas son exclusion, alors qu’il n’a pas respecté la règle du parti en se rangeant pas derrière Benjamin Griveaux [candidat imposé d'en haut, depuis l'Elysée]?

Il y a deux hypothèses, qui peuvent se combiner.
Le sanctionner, ce serait en faire une victime, un martyr de la politique – et ça ferait de Benjamin Grivaux le méchant de l’histoire, le revanchard, donc ce serait un atout pour Villani.
On peut penser aussi qu’Emmanuel Macron (parce qu’on n’imagine pas qu’il reste en dehors de tout ça) [depuis sa désignation de son ancien porte-parole du gouvernement, il ne l'est pas] préfère
attendre de voir lequel des deux va prendre l’avantage pour organiser ensuite le rapprochement. Sauf qu’en attendant, le cas Villani risque de se reproduire dans d’autres villes – on parle déjà de Lille, de Montpellier, voire de Marseille… Si ça se produit, ce sera un coup porté à l’autorité d’Emmanuel Macron. Villani est un grand mathématicien ; peut-être qu’Emmanuel Macron, lui, n’est pas toujours un grand calculateur.

D’un autre côté, quelques maires qui ont soutenu le président de la République au moment de la crise des Gilets jaunes se plaignent de la brutalité du parti d’Emmanuel Macron, qui veut présenter des candidats contre eux. Vous pensez que là aussi, il y a de la maladresse? [réponse téléguidée]

En tout cas, c’est un paradoxe :
La REM tolère des dissidents en son sein, mais agresse ses propres alliés. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une volonté hégémonique dans ce parti qui est un peu en crise de croissance, et il y a aussi de l’arrogance, de l’agressivité. Ce sont des défauts qu’on reproche parfois à Emmanuel Macron, mais dans son parti, ils sont d’autant plus criants qu’on n’y retrouve pas toutes ses qualités. En fait La REM, c’est un grand bazar où pas grand monde ne travaille et où chacun veut faire ce qui lui plait. C’est le péché originel du macronisme : comme Emmanuel Macron est parti de très bas et qu’il est arrivé très haut, ceux qui le suivent pensent tous qu’ils peuvent en faire autant. Le résultat, c’est que c’est le parti du chacun pour soi. Ça fait le jeu des ambitieux, mais ça ne fait pas les affaires du parti. Et si ça provoque des dissidences, ça divise les voix, donc ça favorise les adversaires – et ça, comme dirait Cédric Villani, c’est mathématique.

jeudi 5 septembre 2019

Municipale LREM à Paris : Villani écrase Griveaux en popularité

Griveaux a plus de réseaux, mais moins de connexion populaire

Le député de l'Essonne est mieux apprécié de l'ensemble des Français mais aussi des sympathisants LREM

"Cédric, il n'a pas les épaules pour encaisser une campagne de cette nature. Il ne verra pas venir les balles, il va se faire désosser,"
avait dit Griveaux de Villani.
L'arrogant Griveaux, déstabilisé par Villani, le nouveau venu
Mais sa notoriété est plus faible que celle de Benjamin Griveaux qui a laissé un méchant souvenir de son passage au porte-parolat du gouvernementselon le baromètre Elabe pour le groupe Les Echos et Radio classique, filiale de LVMH, comme Le Parisien, également détenu par l'homme d'affaires Bernard Arnault. 

Ce premier instantané de la situation du mouvement présidentiel en campagne pour la municipale de 2020 à Paris couvre la France entière et non pas la seule ville de Paris, mais les cas de dissidence risquent désormais de se multiplier sur l'ensemble du territoire, de Nice à Lille, en passant par Lyon. Mais la photo du jour, au lendemain de la déclaration de candidature de Villani (LREM) et du refus du parti du président de sanctionner le dissident, en rupture avec ses propres statuts, constituent une première évaluation du risque encouru en mars 2020, par LREM, après son revers aux Européennes, en arrivant deuxième derrière le FN, malgré l'investissement personnel du locataire de l'Elysée qui avait écarté Nathalie Loiseau, la tête de liste qu'il s'était choisie : une 'Renaissance' avortée

Dès sa déclaration de candidature pour la mairie de Paris, le député de l'Essonne - élu à Saclay - Orsay avec 69,36 % des voix exprimées - Cédric Villani peut déjà se féliciter d'avoir une meilleure cote de popularité que le candidat officiel de La République en Marche, Benjamin Griveaux.
Selon le sondage Elabe pour Les Echos et Radio Classique , 17 % des Français ont une opinion positive de lui, et 29 % une opinion négative, contre 11 % à Benjamin Griveaux qui accumule 43 % d'opinions négatives.

Sa notoriété porte préjudice à Griveaux

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Les deux hommes n'ont pas la même notoriété, selon Elabe. Les Français sont plus d'un sur deux (54 %) à ne pas avoir d'opinion sur Cédric Villani. Le mathématicien n'était pourtant pas passé aussi inaperçu que le prétend l'entreprise de sondages associée à BFMTV, du fait de son apparence, sa lavallière d'un autre âge, sa broche d'araignée au revers de la veste ou le cheveu en bataille. Surnommé le "Lady Gaga de la politique", le député-mathématicien LREM a normalisé son look depuis qu'il est candidat à la Mairie de Paris.

L'homme a du caractère et ne se laisse pas prendre au piège de la loyauté tendu par Griveaux. 
Le favori du président a cru pouvoir tenir son collègue en respect. En avril, Griveaux déclara "ne pas douter" de la loyauté de Villani... "J'espère le convaincre que sa place est dans sa famille et qu'il pourra porter toutes ses idées avec nous," avait déclaré le candidat LREM alors que Cédric Villani devait annoncer début septembre s'il présenterait une candidature dissidente.
“Cédric a dit qu’il serait loyal; je n’ai pas de raison de douter de sa parole”, avait insidieusement glissé l'ancien porte-parole du gouvernement au JDD. "On a plus de points communs que de divergences : avoir soutenu le Président, avoir été choisis par LaREM pour les législatives… C’est grâce à LaREM que nous sommes députés", avait fait valoir le fils de notaire et d'avocate, né à Saint-Rémy (village bobo du Luberon) et ex-pensionnaire dans un lycée catholique privé de Lyon, pensant casser les genoux du médaillé Fields, équivalent, en mathématiques, du prix Nobel.
Compagnon de campagne du président Macron, l'ex-socialiste Griveaux a été désigné par Macron et non pas par la baseil a depuis reçu la facture de ce déni de démocratie. 

Pas plus que Macron envers Hollande, Villani ne se sent lié à un homme. 
Avec 46 % d'opinions négatives, le candidat officiel de LREM, Benjamin Griveaux, souffre d'une personnalité déplaisante et de ses bourdes accumulées lors de son passage au gouvernement, où il a été notamment porte-parole. 

Plus connu, Griveaux est aussi plus rejeté. 
"Benjamin Griveaux a des difficultés dans l'opinion car il a été ministre au moment de la crise des Gilets jaunes," raconte Bernard Sananès, le président d'Elabe. "Il a pris sa part d'impopularité", estime-t-il. De son côté, Cédric Villani n'est pas encore installé dans l'opinion.
Parmi les électeurs de LREM, le mathématicien bénéficie aussi d'un avantage. 
Il bénéficie de 37 % d'opinions positives contre 31 % pour Benjamin Griveaux. Là encore, l'ancien porte-parole du gouvernement jouit d'un faible coefficient de sympathie compte tenu de sa proximité avec Emmanuel Macron et de son passage controversé au gouvernement. 

Griveaux est un dilettante acculturé doublé d'un malveillant arrogant
C'est ainsi qu'il a cité le nationaliste Maurras en pensant faire référence au résistant Bloch. Il a en outre tenté de faire pleurer dans les chaumières en affirmant qu'"avec ses revenus, il ne pouvait pas être "propriétaire à Paris". "Je ne vis pas dans un château", a-t-il tenu à faire savoir, précisant gagner 7.900 euros par mois. "Moi, je suis locataire. Je ne suis pas propriétaire à Paris parce que le prix du mètre carré est trop cher. Moi, je n'ai pas hérité, je n'ai pas d'argent caché", a aussi martelé l'ancien député de Paris 3e, un quartier recherché, avec de nombreux hôtels particuliers, tels l'Hôtel de Montmorency, l'Hôtel de Marle ou encore l'Hôtel d'Albret. Et ce n'est pas tout : "Je n'ai pas de voiture. Je ne m'habille pas dans des costumes très chers, je peux vous donner de super adresses pas loin d'ici , voilà, c'est comme ça. Il faut qu'on fasse tomber cette espèce de mythe", a insisté Benjamin Griveaux, jusqu'à la nausée. Marié à Julia Minkowski, petite-fille du pédiatre Alexandre Minkowski et avocate, il a préféré cocooner dans les ministères. Lien Facebook

Enfin, à gauche comme à droite, Cédric Villani est aussi mieux apprécié par les sympathisants des deux camps.
L'Opinion, 28 août 2019
Sondage réalisé les 3 et 4 septembre 2019 auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, selon la méthode des quotas.