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mardi 4 février 2020

Nuançage politique des listes aux municipales : Castaner doit battre en retraite

Le ministre de l'Intérieur se prend un nouveau râteau

Le Conseil d’Etat a suspendu vendredi la circulaire Castener visant à attribuer 
une couleur politique aux candidats aux municipales

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L'incompétent joueur de poker a réagi à l'avis défavorable du Conseil d'Etat. Dans un communiqué publié ce mardi, Castaner vient d'annoncer la transmission aux préfets d'une nouvelle circulaire fixant les règles d'attribution d'une couleur politique aux candidats aux élections municipales. Le nouveau document contraint désormais les préfets à nuancer d'office les candidats des villes de plus de 3.500 habitants, contre 9.000 auparavant. Est ainsi jeter à la corbeille sa circulaire tentant d'occulter les résultats des municipales où le parti du président n'est pas implanté, c'est-à-dire à la marge, voire invisible. 

Ce nuançage politique est indispensable à l'interprétation des résultats des élections municipales. Les préfets se chargent de classer les listes par grands blocs politiques. C'est ce qui permet ensuite au ministère de l'Intérieur de présenter "de manière intelligible et par grands blocs politiques" les résultats à l'échelle nationale, le soir de l'élection. Et de colorer la carte électorale pour les media lus dans les transports.

En optant pour un seuil à 3.500 habitants, le ministère de l'Intérieur vient quelque peu contredire tout l'argumentaire qu'il avait mis en place
Le 17 janvier dernier, avant d'être recalé, le ministère assurait être contraint de choisir un seuil préexistant dans le code électoral, à savoir 1.000 ou 9.000 habitants. Or, le nouveau seuil de 3.500 habitants n'a pas d'existence propre dans le code électoral et aurait pu être préféré dès le départ. Ce seuil demeure plus élevé que celui de 2014, année au cours de laquelle le nuançage politique était réalisé d'office dans les communes de plus de 1.000 habitants.

Les opposants à la circulaire scélérate accusaient la majorité de vouloir gonfler artificiellement ses scores 

Le ministère dit avoir répondu, point par point, à chacun des motifs ayant conduit le Conseil d'Etat à suspendre la précédente circulaire. C'est donc vrai pour le seuil de 9.000 habitants, mais aussi sur les deux autres réserves émises la semaine dernière. La version revue et corrigée donne partiellement satisfaction aux détracteurs.
"Il est ainsi désormais explicitement prévu par la circulaire qu'une liste qui n'a pas reçu d'investiture, mais qui est soutenue par un parti politique disposant de sa propre nuance de liste, se verra attribuer la nuance de liste correspondant au bloc du parti ayant accordé son soutien", écrit le ministère dans son communiqué.
Un point mérite encore un éclaircissement,
le cas des villes investies par un parti d'opposition et soutenues par LREM, comme c'est le cas par exemple pour Olivier Klein à Clichy-sous-Bois (investiture PS et soutien de LREM), Christian Estrosi à Nice (LR et LREM) ou encore Jean-Luc Moudenc à Toulouse (LR et LREM).
Debout la France revient à droite.
Enfin, 'Debout la France', qui était classée dans le bloc "extrême droite", a été reclassé dans le bloc "droite". Le Conseil d'Etat avait estimé que ce nouveau classement était insuffisamment motivé.

Le coucou Macron escomptait accaparer les scores d'autres listes, celles qui, "sans être officiellement investies par LREM ou le MoDem, ni par l'UDI, seront soutenues par ces mouvements".... 

 Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs promis de rendre la circulaire publique. Ce qui serait une première.

mardi 12 novembre 2019

Municipales 2020: LREM, un si mauvais départ

Dissidences, refus de porter l'étiquette ou défection au bureau exécutif: peut-on pire ?

"Les municipales, ça va être un sacré bordel"

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Guérini, bof !

Voilà comment un parlementaire En Marche! évoquait le scrutin de mars 2020 il y a quelques semaines. Et pour cause.
Les premières élections municipales depuis la grande recomposition politique imposée par l’élection de Macron en 2017 s’annoncent compliquées pour le parti présidentiel. 
Entre dissidences dans des villes symboliques comme Paris ou Lyon, candidats qui ne veulent plus de l’étiquette, comme à Lille ou cas locaux qui font bondir des poids lourds du parti comme à Chelles (Seine-et-Marne), l’élection intermédiaire de 2020 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.  
Question maillage, LREM est une passoire : le mouvement ne compte que trois maires de communes de plus de 70 000 habitants (Lyon, Besançon, Nouméa)...

Le cas Villani fait tache d'huile

Ville symbolique que Macron aimerait ravir à la maire sortante socialiste Anne Hidalgo, Paris a donné le ton dès la rentrée de septembre. La dissidence de Cédric Villani, qui n’a pas accepté la décision de LREM d’investir son rival Benjamin Griveaux, met à mal la stratégie présidentielle dans la capitale. 
Divisé, le parti peine à rattraper la maire sortante dans les sondages. Une stratégie perdante qui commence à faire des petits. A Lyon, Metz ou Sens, des candidatures dissidentes se font jour et ce n’est pas fini.

Les ex-socialistes refusent les seconds rôles 

A Montpellier, par exemple, le député LREM Patrick Vignal assure qu’il se présentera quoiqu’il arrive à l’Hôtel de Ville, même sans l’investiture de son parti qui doit se pencher sur le cas de la ville jeudi 14 novembre.
“J’incarne les valeurs d’En marche!, je n’ai pas quitté le PS pour enfiler des perles. J’irai jusqu’au bout”, fait savoir ce soutien d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale, avant d’ajouter dans un sourire: "S’ils me virent, c’est leur problème, mais ils ne virent pas...".
"Dans l’ancien monde, Cédric Villani aurait été exclu", répond, à propos du cas parisien, le jeune secrétaire d’Etat Gabriel Attal de Couriss, invité du “Grand rendez-vous” sur Europe1 et CNews le 10 novembre, mais on croit encore qu’un rassemblement est possible”, assure ce 'Macron boy' (compagnon de Stéphane Séjourné, conseiller politique de Macron), un ancien membre de cabinet ministériel socialiste, celui de Marisol Touraine.

Les candidats s'émancipent 

C’est pourtant l’un des problèmes du jeune parti présidentiel, c'est l'arrivisme : les nouveaux venus ont les dents longues et manquent de discipline, qui, par un effet loupe, transparaît dans ces 36.000 scrutins locaux. Par exemple, nombreux sont ceux qui ont pris l’étiquette En Marche! aux législatives pour s’en débarrasser aux municipales.

Ce fut le cas à Lille où la candidate LREM, Violette Spillebout, s’est empressée de prendre ses distances avec le parti macronien devant la presse quelques mois après avoir reçu l’investiture officielle.
L’ex-directrice de cabinet de Martine Aubry a déclaré en novembre ne pas vouloir être "le soldat d’un président de la République tout-puissant". Elle a précisé que "les logos vont disparaître" de ses affiches et tracts, après avoir reçu le sceau LREM par la commission nationale d’investiture (CNI).
Un binôme complémentaire et doté d’une certaine expérience politique est pourtant à la tête de la CNI.


Marie Guévenoux députée de l'Essonne (43 ans, secrétaire générale de la campagne d’Alain Juppé pour la primaire de 2016, avant de rejoindre La République En Marche!) et Alain Richard (74 ans, PSU puis PS et ministre de la Défense entre 1997 et 2002) , membres du Bureau Exécutif de LREM en charge des élections municipales, co-présideront la CNI. Tous les deux, de par leurs parcours et leurs origines politiques, incarnent la stratégie de recomposition politique poursuivie par la majorité : nécessité oblige ! Ce sont eux qui, pendant ces trois derniers mois, ont piloté les premières auditions de tous les Comités Politiques départementaux (COPOL).
"Tous, ils font ça", se désole Patrick Vignal. "Il y a quand même une politique de faux cul dans nos élus: je prends la marque pour la contenir et dès que j’ai la marque je deviens ‘citoyen’ ", moque ce briscard de la politique qui en a vu d’autres au parti socialiste. 

"Il faudrait des étiquettes LREM partout!"

“Lille est un cas classique”, abonde un autre député macronien qui préfère requérir l’anonymat: "lls pensent que l’étiquette LREM n’est pas porteuse aux municipales, alors qu’il faudrait des étiquettes partout!”, se lamente cet élu. 
C’est l’un des autres problèmes auquel fait face le parti mouvement de Macron pour ce scrutin: le manque de cohérence entre les alliances passées selon les villes. L'opportunisme de la société civile !

Pressée par Edouard Philippe et les juppéistes au sein de la majorité, LREM a changé de stratégie avant l’été. Sous la pression d’élus et de ténors plus expérimentés ou plus ancrés, le parti d’Emmanuel Macron s’est résolu à ne plus imposer des candidats LREM partout, mais à soutenir localement des barons locaux sortants “Macron-compatibles”.
Résultat, une stratégie peu lisible où, selon les zones, LREM soutient des maires sortants, qu’ils soient de droite, comme le LR Jean-Luc Moudenc à Toulouse ou de gauche, comme le socialiste Guy Férez à Auxerre qui se présente sans étiquette, mais qui est soutenu “en même temps” par le PS et LREM.
”Ça crée de l’invisibilité, surtout que les accords se font sans contrepartie”, regrette ce même élu, toujours sous couvert d’anonymat, comme si la critique publique était de plus en plus mal vue au sein du parti présidentiel.

"Les maires vont nous la faire à l’envers"

Autre risque, sur le long terme, créer des déceptions sur le terrain. 
Dans plusieurs villes, des candidats très implantés n’ont pas été choisis par la direction, ce qui a pu jeter de l’huile sur le feu.

Comme à Chelles, en Seine-et-Marne où la décision de soutenir le maire sortant LR Brice Rabaste, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé ne passe pas du tout chez les marcheurs locaux. "Comment va-t-on réussir à s’implanter dans la durée si on apporte notre soutien à des maires sans aucune condition?" regrette l’un d’entre eux.
  
Très agacé par ce cas, le sénateur François Patriat qui soutenait son ancien collaborateur Hadrien Ghomi contre Brice Rabaste a d’ailleurs claqué la porte du bureau exécutif de LREM qui valide les choix de la CNI, le 23 octobre, selon des informations du Parisien.
"Le problème d’En Marche au niveau local, c’est qu’on nous dit ’vous allez soutenir les maires sortants’ qui n’ont, eux, jamais soutenu En marche à aucune élection et qui, à la prochaine présidentielle vont nous la faire à l’envers en soutenant un autre candidat qu’Emmanuel Macron", s’agace ce marcheur de Seine-et-Marne qui pourrait soutenir une liste dissidente à Chelles si elle était lancée. 

Candidat à Montpellier, le député LREM Patrick Vignal n’est pas d’accord avec la stratégie qui consiste à "vouloir beaucoup d’élus locaux, 10.000, en soutenant des maires sortants".
"On n’a pas eu de stratégie concurrente, gagnante", regrette le transfuge du PS. "Nous aurions dû nous compter au premier tour. Il fallait faire comme aux législatives, quand Macron osait faire les choses et mettre des candidats partout", insiste cet élu de 61 ans. "Pour les municipales, on n’a pas osé et on a eu la marque honteuse. C’est l’erreur que nous avons faite: jouer placé au lieu de jouer gagnant", tance le député Vignal, avec la métaphore du tiercé.  

"LREM est un mouvement très jeune", justifie Gabriel Attal à l’antenne d’Europe1 et de Cnews. "On aborde ces élections avec une forme de page blanche", reconnaît le secrétaire d’Etat. "On est engagés avec des alliés comme le MoDem qui sont ancrés depuis longtemps, donc forcément, ça peut frotter quelques fois", admet-il. 

Déconnectés des territoires

Des “frottements” qui font grincer des dents dans de nombreux départements. 

A Sens (Yonne), ce n’est pas une alliance avec le MoDem mais avec le Mouvement radical qui a du mal à passer. En septembre, la députée LREM Michèle Crouzet, refusée par la commission d’investiture contre sa rivale radicale, estime alors publiquement au micro de Europe1 que le président de la commission d’investiture [Alain Richard] est "déconnecté des territoires" et que les dirigeants d’En Marche! ne sont pas assez "à l’écoute" du terrain. Et, cas classique, elle annonce qu’elle sera candidate quand même. 
Depuis, Médiapart a rappelé que Claude Vivier Le Got, la candidate choisie par le parti présidentiel à Sens, a été condamnée à un an d’inéligibilité en 2015 après l’invalidation de ses comptes de campagne des municipales 2014 et met au jour de possibles “détournements d’argent” de son entreprise à des fins personnelles. Une situation locale qui pourrait donc évoluer.

Pendant ce temps-là, à Marseille, huit candidats potentiels ont été désignés dans les différents secteurs de la ville selon La Provence, et un "envoyé spécial" de la CNI, Jean-Marc Borello, 61 ans, président du directoire du groupe SOS, une organisation française spécialisée dans l'entrepreneuriat social et qui regroupe des entreprises et des associations, à Aix-en-Provence, est en mission sur place pour trouver la bonne pioche. 

Au milieu de ce grand bazar, pas sûr que les Français lâchent la proie pour l'ombre. 

lundi 17 juin 2019

Municipales à Paris : Griveaux ligue ses concurrents LREM contre lui

Quatre adversaires LREM de Benjamin Griveaux réclament une "consultation citoyenne"

Six candidats briguent l'investiture LREM pour les élections municipales à Paris, en mars 2020

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Renson, Villani, Duarte, Griveaux placé au centre, Lebreton, Mahjoubi
Anne Lebreton, Mounir Mahjoubi, Hugues Renson et Cédric Villani estiment qu'une désignation du candidat LREM par une commission, début juillet, serait "précipitée". 
Les quatre réclament "une primaire qui ne dit pas son nom". Samedi 15 juin, dans une tribune au JDD les quatre adversaires de Benjamin Griveaux à l'investiture LREM pour les élections municipales à Paris réclament "une consultation citoyenne" plutôt qu'une désignation par une commission début juillet.

Les six candidats (incluant l'écologiste Antonio Duarte, également encarté à l'Union des Démocrates et des Ecologistes) "seront auditionnés le 9 juillet pour un verdict a priori le 10", avait indiqué la Commission d'investiture (CNI) du mouvement jeudi. Or, aux yeux des signataires de la tribune, cette désignation est "précipitée". 
Plusieurs d'entre eux s'étaient déjà montrés favorables à l'organisation d'une "consultation ouverte". Cédric Villani et Hugues Renson avaient par ailleurs plaidé pour une décision en septembre. Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement, donné actuellement favori, avait quant à lui estimé qu'une primaire est "une machine à diviser qui enclenche plutôt la défaite qu'une dynamique de victoire".
"Les prochaines élections municipales doivent nous permettre de montrer qu'une autre gouvernance est possible", estiment l'ex-secrétaire d'Etat Mounir Mahjoubi, les députés Cédric Villani et Hugues Renson, et l'élue du 4e arrondissement Anne Lebreton dans cette tribune. "En Marche s'est construit sur une idée de progrès, d'émancipation et de dépassement des clivages, ainsi que sur des principes de débat démocratique, d'ouverture et de large consultation", arguent-ils.



Marseille également concernée

Les quatre souhaitent aligner Marseille, où plusieurs candidatures sont aussi déclarées au sein de LREM, devrait être concernée. "Paris et Marseille ne sont pas des villes ordinaires (...) La victoire ne pourra donc passer que par un rassemblement conduisant à la désignation d'une tête de liste", écrivent les signataires.
Entre une désignation précipitée, prise entre les quatre murs d'un mouvement politique, et une primaire qui déchire, il y a la place pour un processus fait de débat serein et de consultation citoyenne. 

Quant à lui, Antonio Duarte a  critiqué dans les mêmes colonnes la démarche, signe d'une "fébrilité déplacée qui risque surtout de les pénaliser".

lundi 29 mai 2017

Législatives: la 'République en marche' a investi un candidat inéligible

Moralisation : un candidat LREM investi malgré une peine d'inéligibilité

Le meilleur choix de 'La République en marche' moralisatrice...

Pierre Cabaré, investi dans la 1ère circonscription de Haute-Garonne, a été condamné en 2003 à un an d'inéligibilité
, révèle ce dimanche La Dépêche du Midi.
Pierre Cabaré
C’est une entorse aux règles d'investiture. En cause, la gestion de son compte de campagne lorsqu’il était candidat DVD aux élections législatives de 2002 en Haute-Garonne.
Contrairement à la loi, Pierre Cabaré n'avait ni mandataire financier, ni compte bancaire spécifique pour la prise en charge de ses frais de campagne, si bien que ses comptes de campagne avaient été rejetés et que le Conseil constitutionnel l’avait sanctionné d’une peine d’inéligibilité.

Pierre Cabaré avait dissimulé cette condamnation, assure la commission d’investiture d’En Marche! qui avait imposé de "ne pas avoir été condamné à une peine d’inéligibilité" pour être candidat. Une bavure gênante pour Le République en marche, qui souhaite incarner une classe politique irréprochable.

"Il y a inéligibilité et inéligibilité", répond le candidat

Contacté par La Dépêche, Pierre Cabaré s’étonne que ce qu’il qualifie "d’histoire sans intérêt" remonte à la surface quatorze ans après.
"Il y a inéligibilité et inéligibilité, considère le candidat. A l’époque, j’ai péché par inexpérience. C’est vrai, je n’avais pas ouvert de compte de campagne, mais mes seules dépenses se résumaient à trois pots de colle que j’avais achetés environ 100 euros sur mes propres deniers et qui ne m'ont jamais été remboursés." Le Conseil constitutionnel ne comprend rien à rien...

VOIR et ENTENDRE 
l'invraisemblable tirade de l'arrogant Benjamin Griveaux, porte-parole su mouvement présidentiel, réagir avec hargne. Lorsque Richard Ferrand est pris le doigt dans le pot de confiture, il s'en prend à Bernard Accoyer (LR) et en appelle à "la liberté de conscience de nos parlementaires" : 

Benjamin Griveaux réplique en évitant le fond et les faits reprochés à Ferrand:
"Richard Ferrand a participé au débat (...), sur un sujet qu’il connaît bien. Je vais poser une question à monsieur Accoyer, qui est médecin: est ce qu’il a participé aux débats sur tous les projets de loi de financement de la sécurité sociale? Évidemment oui (…). Mais enfin, grand diable, si on veut des élus compétents, qui aient des domaines d’expertise, un passé professionnel qui ne soit pas qu’un passé politique, il est heureux d’avoir des gens qui ont exercé des fonctions et qui évidemment vont exprimer des votes sur des sujets qu’ils connaissent sans doute mieux que d’autres. Je fais confiance à la liberté de conscience de nos parlementaires." Confiance mal placée...
Et de conclure en polémiquant, puisque 'En marche!' n'a rien changé des procédés politiciens, en arrivant sur le marché: "Cette mise en cause est scandaleuse. Ça en dit long sur le désarroi des Républicains. Quand leur secrétaire général est réduit à cela, c’est sans doute qu’ils n’ont pas grand-chose à proposer sur le fond."
Désarroi de Griveaux et de son mouvement à peine éclos, aussitôt pourri de l'intérieur ? Le porte-parole du président Macron est aux abois: il en est réduit à citer Bruno Le Roux, contraint à la démission de son ministère à Bercy pour avoir employé ses filles à l'Assemblée aux frais du contribuable...

Pierre Cabaré reconnaît n’avoir rien dit à la commission d’investiture d’En Marche. "Si j’avais pensé que c’était important, je l’aurais signalé," assure-t-il. Bien que la commission d’investiture confirme que "quelqu’un qui a déjà été sanctionné d’une peine d’inéligibilité ne peut être candidat de la République en marche"Pierre Cabaré se dit "déterminé à aller jusqu'au bout". Sa liberté de conscience l'y encourage...

C’est un embarrassant sparadrap qui colle au mouvement du président, sur la 1re circonscription, la Haute-Garonne et l'hexagone.
Ce prothésiste dentaire de 59 ans est  passé par tous les partis politiques (France Ecologie, UDI, Cap21), sans que En marche! s'interroge sur ses convictions et sa probité. Combien d'autres comme ça à venir ?

 

lundi 22 mai 2017

Législatives 2017 : énorme sac de noeuds autour de l'investiture de Malek Boutih par le PS

Malek Boutih est-il, oui ou non, investi par le Parti socialiste aux législatives de juin 2017 ? 

Ce 22 mai, rien ne semble encore scellé
Au lendemain d’une nouvelle confirmation de son investiture socialiste par l’intéressé, la Rue de Solférino assure que Malek Boutih n’a toujours pas reçu l'onction de Jean-Christophe Cambadélislequel avance une étrange explication pour dire 'niet'. Un bon gros imbroglio de 5 noeuds.

Noeud 1 : Valls et Boutih, non investis

Dans un premier temps,  le PS avait tranché, affirmant le 15 mai que ni Manuel Valls ni Malek Boutih n’était investi par le parti, sans toutefois produire de candidat socialiste face à eux. Seul
Et puis, on apprenait que seul l’ancien premier ministre faisait l'objet d'un veto et que Malek Boutih était officiellement investi.
En fait, l'un et l'autre postulant bénéficiait d'un "ni-ni" : ils ne pourraient pas être candidats sous l’étiquette PS, mais ne se verraient imposer aucun socialiste.

Le PS a tranché, c'est le NI/NI pr @manuelvalls et Malek Boutih : ni investiture PS, ni candidat PS face à eux pr les Législatives @BFMTV

Noeud 2 : Boutih confirme son investiture

Interrogé  le 16 mai, le député socialiste sortant assurait qu’il était bien investi "à contre-cœur pour eux" [par le Parti socialiste]. 
Et de confirmer un candidat estampillé 'En marche!' contre lui : Est-ce un plus ou un moins ?

Noeud 3 : affichage du nom de Boutih sur le site du PS

Depuis le dépôt officiel des candidatures, Malek Boutih figure bel et bien dans la liste des candidats investis par la rue de Solférino dans la 10e circonscription de l’Essonne.
Capture d’écran site du PS ce 22 mai :

Un cadre socialiste -Rachid Tema - avait d’ailleurs demandé à Malek Boutih de "rendre l’investiture." Il était reproché à Boutih d'avoir soutenu Emmanuel Macron, dès avant le premier tour de l’élection présidentielle, ainsi que Manuel Valls qu’il avait non seulement soutenu, mais encouragé à se présenter à la primaire organisée par… le Parti socialiste : la "Belle Alliance Populaire".

Noeud 4 : Boutih re-confirme son investiture

Invité de BFM TV le 21 mai, Malek Boutih re-confirme avoir l’investiture du PS.
Et quand on lui demande si elle lui sera retirée, il répond "non…" avant d’ajouter, critique envers la direction du parti :
"Ils ont passé leur temps, au lieu de faire de la politique, à faire des sanctions. Ce n’est plus un parti politique, c’est un tribunal politique.

Noeud 5 : Cambadélis retire l’investiture à Boutih

Le cas Malek Boutih rebondit ce lundi 22 mai. Invité à réagir sur les candidatures socialistes se revendiquant de la "majorité présidentielle" sur leurs documents de campagne, voire l’image d’Emmanuel Macron (comme Myriam El Khomri), Jean-Christophe Cambadélis a mouillé les noeuds sur France Inter  :
"Il y a une petite quinzaine de candidats qui s’affichent avec la formule majorité présidentielle, ce qui n’est pas la position du Parti socialiste et, dedans, deux personnalités qui n’ont pas l’investiture du PS, Manuel Valls et Malek Boutih.
Ce n’est pas ce qu’affiche le site du PS, ci-dessus. 
Le PS aurait-il subi une cyber-attaque de Poutine ? L'entourage de Jean-Christophe Cambadélis assure que "Boutih n’a pas l’investiture" et avance une raison à sa présence sur la liste des candidats socialistes : c'est la faute au web. "C’est une erreur transmise au web…"

jeudi 18 mai 2017

Législatives: il s'affiche en travesti; EELV lui retire son investiture

L'image "gay friendly" des écolos serait-elle usurpée ?

L'affiche électorale a fait son effet sur les réseaux sociaux


Douchka Markovic, candidate EELV sur la 17e circonscription de Paris, se montre au côté de son suppléant, Thierry Schaffauser, qui porte une robe, une perruque et un petit bouledogue noir dans ses bras. C'est la circo 75-17 (quartiers de la Goutte-d'Or et de La Chapelle, et une partie du 19e arrondissement, comprenant le quartier de la Villette) qui avait le privilège d'exprimer le renouvellement des idées et des moeurs. Mais l'amalgame contenu dans sa profession de foi était une provocation trop irrespectueuse de l'humain quel que soit son genre. "Avec Douchka Markovic, candidat(e)s pour la circo 75-17 à Paris. Défense des animaux, autodétermination de genre, droits des minorités".

Un aspect de l'écologie qui décoiffe et a valu à Thierry Schaffauser, travailleur du sexe, d'être immédiatement sanctionné. EELV lui a retiré son investiture pour avoir diffusé cette affiche, clamait l'ingénue, sans qu'elle ait été validée par Douchka Markovic qui se présente face au successeur de Daniel Vaillant, ex-ministre de l'Intérieur (2000-2002), soutien du philosophe Emmanuel Macron et de ses "péripatéticien-ne-s" de En marche !.L'écologiste est en chargée du développement durable, de l'alimentation et de l'environnement à la mairie du 18e
"On est sur des élections législatives, quand-même !"
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Ci-contre au côté de Jacques Boutault (maire EELV du 2e arrondissement de Paris et soutien au peuple palestinien de Gaza et condamné par le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale pour sa participation à une manifestation pro-palestinienne) à la VeggiePride, la candidate avoue s'être prêtée de bonne grâce à la séance photographique. "Au départ, je me suis dit que c'était marrant", explique-t-elle. Mais lorsqu'elle découvre le cliché, rien ne va plus: "Je me suis trouvée horrible sur la photo. [En effet, son apparence ne supporte pas la comparaison avec son suppléant.] Le cadrage était horrible lui aussi. Et puis, on est quand-même sur des élections législatives".

Douchka Markovic aurait alors suggéré à son suppléant d'utiliser la photo litigieuse sur un tract, de ce qu'on abandonne au caniveau et à la vue des enfants, proposition refusée par Thierry Schaffauser qui la poste sur les réseaux sociaux, le 10 mai. L'affaire s'emballe.

Douchka Markovic présente sa démission à EELV, puis se ravise, n'assumant pas sa légèreté et considérant que c'est plutôt à son suppléant de se retirer. Les instances du parti sont saisies et le 11 mai, Thierry Schaffauser est désinvesti.

Pour lui, Douchka Markovic a cédé à des pressions extérieures. "Elle m'a écrit qu'on risquait de passer en dessous des 5% d'intentions de vote et qu'il fallait refaire la photo", raconte le militant écologiste, qui s'interroge sur son engagement politique.

EELV n'est pas celle que vous croyait

La candidate s'est prêtée à la mascarade, mais la cravate ne fait pas l'homme.
Lors du débat sur le projet controversé de mariage entre personnes du même sexe, deux maires, Jacques Boutault et Noël Mamère, deux écolos, étaient en pointe sur cette problématique. Dans les colonnes du Journal du dimanche, le socialiste Lionel Jospin avait tenu à rappeler que, pour lui, le mariage, c'est "l'union d'un homme et d'une femme". Mais les commentateurs avisés d'assurer que ce n'était pas un hasard. Les idées fausses ont donc la vie dure.



"Je peux comprendre que la photo puisse heurter ...les fachos, mais à l'intérieur du parti… Je pensais avoir des réactions négatives de l'extrême droite, des gens sur Twitter, mais je ne pensais pas que ça ferait ce scandale-là dans le parti. 
Alors, "fachos", les écolos ?
"L'image gay-friendly d'EELV est peut-être galvaudée", ou usurpée, conclut le jeune travailleur du sexe syndiqué au Strass, syndicat autogéré (2009) opposé au projet de loi de pénalisation des clients de prostitué.

L'hétérosexualité n'est plus la norme


Militant engagé depuis de nombreuses années sur les droits des personnes LGBT et des travaileur.se.s du sexe, Thierry Schaffauser assurait à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 Mars, que l’assignation à un sexe serait dépassée.

jeudi 11 mai 2017

Législatives : Macron tente de dévoyer des élus LR, confirme  Accoyer

Aucun candidat LR n'a encore répondu au démarchage d'En Marche! en manque de talents

Accoyer dénonce la tentative d'En Marche! de "débaucher" des élus LR 

Bernard Accoyer a pointé l'absence d'assise territoriale du mouvement d'Emmanuel Macron. “En Marche ! veut incarner le renouvellement mais hier encore Monsieur Delevoye [son président de la Commission nationale d'investiture du mouvement En Marche!] et son entourage appelait nos élus LR et UDI pour proposer des débauchages individuels", a lancé le secrétaire général des Républicains et député de Haute-Savoie, invité de RFI ce jeudi 11 mai
"J'ai eu des remontées (mercredi) me disant 'j'ai été appelé pour me proposer de devenir candidat En Marche!' ", a déclaré Bernard Accoyer 

Macron fait du neuf avec de l'ancien
"Les investitures En Marche ! seront composées de trois blocs. (…) Beaucoup de PS, des amis de François Bayrou et des candidats inexpérimentés". 

Aucun candidat LR n'a répondu aux "appels du pied" d'En Marche! pour les législatives de juin, assure Accoyer

Aucun candidat des Républicains aux législatives de juin n'a répondu aux "appels du pied" de la République en marche d'Emmanuel Macron, a affirmé jeudi le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer. "Il n'y a pas de candidat aux législatives des Républicains qui ait cédé à ces appels du pied", a-t-il précisé, alors que le mouvement du président élu Emmanuel Macron a reculé de mercredi à jeudi l'annonce des noms d'environ 450 de ses candidats aux législatives, au lieu des 577 sièges à pourvoir.

Selon le député LR, le renouvellement promis par Emmanuel Macron "est un renouvellement qui en a le nom, mais méritera d'être regardé de plus près".
"Avec le recyclage de plus d'un tiers des députés socialistes, avec le personnel politique qui compose le MoDem, il restera des places pour les députés internet qui n'auront guère d'expérience. Avec cette majorité, il faudra réformer le pays", a-t-il douté.

Interrogé sur le scénario d'un éventuel Premier ministre de droite à la tête du premier gouvernement de la présidence Macron, il a déclaré en "avoir parlé, encore récemment" avec Edouard Philippe, le député-maire LR du Havre, proche d'Alain Juppé (mais aussi de Rocard, Chirac et Sarkozy) dont le nom est régulièrement cité. 
"Qu'il soit approché, je crois qu'il l'est, oui. La dernière fois que je lui ai parlé, il n'avait pas pris sa décision", a-t-il ajouté.