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mardi 12 novembre 2019

Municipales 2020: LREM, un si mauvais départ

Dissidences, refus de porter l'étiquette ou défection au bureau exécutif: peut-on pire ?

"Les municipales, ça va être un sacré bordel"

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Guérini, bof !

Voilà comment un parlementaire En Marche! évoquait le scrutin de mars 2020 il y a quelques semaines. Et pour cause.
Les premières élections municipales depuis la grande recomposition politique imposée par l’élection de Macron en 2017 s’annoncent compliquées pour le parti présidentiel. 
Entre dissidences dans des villes symboliques comme Paris ou Lyon, candidats qui ne veulent plus de l’étiquette, comme à Lille ou cas locaux qui font bondir des poids lourds du parti comme à Chelles (Seine-et-Marne), l’élection intermédiaire de 2020 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.  
Question maillage, LREM est une passoire : le mouvement ne compte que trois maires de communes de plus de 70 000 habitants (Lyon, Besançon, Nouméa)...

Le cas Villani fait tache d'huile

Ville symbolique que Macron aimerait ravir à la maire sortante socialiste Anne Hidalgo, Paris a donné le ton dès la rentrée de septembre. La dissidence de Cédric Villani, qui n’a pas accepté la décision de LREM d’investir son rival Benjamin Griveaux, met à mal la stratégie présidentielle dans la capitale. 
Divisé, le parti peine à rattraper la maire sortante dans les sondages. Une stratégie perdante qui commence à faire des petits. A Lyon, Metz ou Sens, des candidatures dissidentes se font jour et ce n’est pas fini.

Les ex-socialistes refusent les seconds rôles 

A Montpellier, par exemple, le député LREM Patrick Vignal assure qu’il se présentera quoiqu’il arrive à l’Hôtel de Ville, même sans l’investiture de son parti qui doit se pencher sur le cas de la ville jeudi 14 novembre.
“J’incarne les valeurs d’En marche!, je n’ai pas quitté le PS pour enfiler des perles. J’irai jusqu’au bout”, fait savoir ce soutien d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale, avant d’ajouter dans un sourire: "S’ils me virent, c’est leur problème, mais ils ne virent pas...".
"Dans l’ancien monde, Cédric Villani aurait été exclu", répond, à propos du cas parisien, le jeune secrétaire d’Etat Gabriel Attal de Couriss, invité du “Grand rendez-vous” sur Europe1 et CNews le 10 novembre, mais on croit encore qu’un rassemblement est possible”, assure ce 'Macron boy' (compagnon de Stéphane Séjourné, conseiller politique de Macron), un ancien membre de cabinet ministériel socialiste, celui de Marisol Touraine.

Les candidats s'émancipent 

C’est pourtant l’un des problèmes du jeune parti présidentiel, c'est l'arrivisme : les nouveaux venus ont les dents longues et manquent de discipline, qui, par un effet loupe, transparaît dans ces 36.000 scrutins locaux. Par exemple, nombreux sont ceux qui ont pris l’étiquette En Marche! aux législatives pour s’en débarrasser aux municipales.

Ce fut le cas à Lille où la candidate LREM, Violette Spillebout, s’est empressée de prendre ses distances avec le parti macronien devant la presse quelques mois après avoir reçu l’investiture officielle.
L’ex-directrice de cabinet de Martine Aubry a déclaré en novembre ne pas vouloir être "le soldat d’un président de la République tout-puissant". Elle a précisé que "les logos vont disparaître" de ses affiches et tracts, après avoir reçu le sceau LREM par la commission nationale d’investiture (CNI).
Un binôme complémentaire et doté d’une certaine expérience politique est pourtant à la tête de la CNI.


Marie Guévenoux députée de l'Essonne (43 ans, secrétaire générale de la campagne d’Alain Juppé pour la primaire de 2016, avant de rejoindre La République En Marche!) et Alain Richard (74 ans, PSU puis PS et ministre de la Défense entre 1997 et 2002) , membres du Bureau Exécutif de LREM en charge des élections municipales, co-présideront la CNI. Tous les deux, de par leurs parcours et leurs origines politiques, incarnent la stratégie de recomposition politique poursuivie par la majorité : nécessité oblige ! Ce sont eux qui, pendant ces trois derniers mois, ont piloté les premières auditions de tous les Comités Politiques départementaux (COPOL).
"Tous, ils font ça", se désole Patrick Vignal. "Il y a quand même une politique de faux cul dans nos élus: je prends la marque pour la contenir et dès que j’ai la marque je deviens ‘citoyen’ ", moque ce briscard de la politique qui en a vu d’autres au parti socialiste. 

"Il faudrait des étiquettes LREM partout!"

“Lille est un cas classique”, abonde un autre député macronien qui préfère requérir l’anonymat: "lls pensent que l’étiquette LREM n’est pas porteuse aux municipales, alors qu’il faudrait des étiquettes partout!”, se lamente cet élu. 
C’est l’un des autres problèmes auquel fait face le parti mouvement de Macron pour ce scrutin: le manque de cohérence entre les alliances passées selon les villes. L'opportunisme de la société civile !

Pressée par Edouard Philippe et les juppéistes au sein de la majorité, LREM a changé de stratégie avant l’été. Sous la pression d’élus et de ténors plus expérimentés ou plus ancrés, le parti d’Emmanuel Macron s’est résolu à ne plus imposer des candidats LREM partout, mais à soutenir localement des barons locaux sortants “Macron-compatibles”.
Résultat, une stratégie peu lisible où, selon les zones, LREM soutient des maires sortants, qu’ils soient de droite, comme le LR Jean-Luc Moudenc à Toulouse ou de gauche, comme le socialiste Guy Férez à Auxerre qui se présente sans étiquette, mais qui est soutenu “en même temps” par le PS et LREM.
”Ça crée de l’invisibilité, surtout que les accords se font sans contrepartie”, regrette ce même élu, toujours sous couvert d’anonymat, comme si la critique publique était de plus en plus mal vue au sein du parti présidentiel.

"Les maires vont nous la faire à l’envers"

Autre risque, sur le long terme, créer des déceptions sur le terrain. 
Dans plusieurs villes, des candidats très implantés n’ont pas été choisis par la direction, ce qui a pu jeter de l’huile sur le feu.

Comme à Chelles, en Seine-et-Marne où la décision de soutenir le maire sortant LR Brice Rabaste, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé ne passe pas du tout chez les marcheurs locaux. "Comment va-t-on réussir à s’implanter dans la durée si on apporte notre soutien à des maires sans aucune condition?" regrette l’un d’entre eux.
  
Très agacé par ce cas, le sénateur François Patriat qui soutenait son ancien collaborateur Hadrien Ghomi contre Brice Rabaste a d’ailleurs claqué la porte du bureau exécutif de LREM qui valide les choix de la CNI, le 23 octobre, selon des informations du Parisien.
"Le problème d’En Marche au niveau local, c’est qu’on nous dit ’vous allez soutenir les maires sortants’ qui n’ont, eux, jamais soutenu En marche à aucune élection et qui, à la prochaine présidentielle vont nous la faire à l’envers en soutenant un autre candidat qu’Emmanuel Macron", s’agace ce marcheur de Seine-et-Marne qui pourrait soutenir une liste dissidente à Chelles si elle était lancée. 

Candidat à Montpellier, le député LREM Patrick Vignal n’est pas d’accord avec la stratégie qui consiste à "vouloir beaucoup d’élus locaux, 10.000, en soutenant des maires sortants".
"On n’a pas eu de stratégie concurrente, gagnante", regrette le transfuge du PS. "Nous aurions dû nous compter au premier tour. Il fallait faire comme aux législatives, quand Macron osait faire les choses et mettre des candidats partout", insiste cet élu de 61 ans. "Pour les municipales, on n’a pas osé et on a eu la marque honteuse. C’est l’erreur que nous avons faite: jouer placé au lieu de jouer gagnant", tance le député Vignal, avec la métaphore du tiercé.  

"LREM est un mouvement très jeune", justifie Gabriel Attal à l’antenne d’Europe1 et de Cnews. "On aborde ces élections avec une forme de page blanche", reconnaît le secrétaire d’Etat. "On est engagés avec des alliés comme le MoDem qui sont ancrés depuis longtemps, donc forcément, ça peut frotter quelques fois", admet-il. 

Déconnectés des territoires

Des “frottements” qui font grincer des dents dans de nombreux départements. 

A Sens (Yonne), ce n’est pas une alliance avec le MoDem mais avec le Mouvement radical qui a du mal à passer. En septembre, la députée LREM Michèle Crouzet, refusée par la commission d’investiture contre sa rivale radicale, estime alors publiquement au micro de Europe1 que le président de la commission d’investiture [Alain Richard] est "déconnecté des territoires" et que les dirigeants d’En Marche! ne sont pas assez "à l’écoute" du terrain. Et, cas classique, elle annonce qu’elle sera candidate quand même. 
Depuis, Médiapart a rappelé que Claude Vivier Le Got, la candidate choisie par le parti présidentiel à Sens, a été condamnée à un an d’inéligibilité en 2015 après l’invalidation de ses comptes de campagne des municipales 2014 et met au jour de possibles “détournements d’argent” de son entreprise à des fins personnelles. Une situation locale qui pourrait donc évoluer.

Pendant ce temps-là, à Marseille, huit candidats potentiels ont été désignés dans les différents secteurs de la ville selon La Provence, et un "envoyé spécial" de la CNI, Jean-Marc Borello, 61 ans, président du directoire du groupe SOS, une organisation française spécialisée dans l'entrepreneuriat social et qui regroupe des entreprises et des associations, à Aix-en-Provence, est en mission sur place pour trouver la bonne pioche. 

Au milieu de ce grand bazar, pas sûr que les Français lâchent la proie pour l'ombre. 

lundi 9 juillet 2018

Invitation de Macron à déjeuner : Mélenchon préfère mordre et dépecer

La réponse discourtoise du haineux 

Jupiter souhaitait manger un morceau avec les "gens qui ne sont rien"

Jean-Luc Mélenchon a déclaré être retenu "par des activités hostiles à (son) gouvernement". 
Ce lundi à 15h, quelques heures avant sa prise de parole à  Versailles pour la deuxième fois de son quinquennat, le monarque républicain tiendra  un discours devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Manu 1er a souhaité rencontrer les différents chefs de file des groupes parlementaires, de l'Assemblée comme du Sénat, lors d'un déjeuner. 

Une invitation refusée par des élus de bords divers: les députés et sénateurs LR ont décliné, les députés PS du bureau de l'Assemblée de même et les élus La France insoumise (LFI) ont annoncé boycotter la totalité du Congrès. En outre, le président du groupe LFI à l'Assemblée, Jean-Luc Mélenchon, a signifié son refus de se rendre au déjeuner par une lettre adressée au président de la République. 

"A l'ordinaire, personne ne me 'prie de bien vouloir venir' " a répliqué le maraud.
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Remerciant d'abord Emmanuel Macron pour son invitation à déjeuner à Versailles, le leader de La France insoumise a déclaré qu'il ne "sera pas présent", "étant retenu par des activités hostiles à (son) gouvernement". 

"A l'ordinaire, personne ne (le) 'prie de bien vouloir venir' à un déjeuner", regimbe l'élu parachuté des Bouches-du-Rhône. Et de faire la leçon au quadragénaire ; "on m'invite à y participer"... Car Mélenchon a non seulement des principes, mais aussi des bonnes manières ! S'il a faim, c'est de pouvoir.

Sur le fond, Jean-Luc Mélenchon réitère le refus de son groupe parlementaire et de lui-même à "participer à des écoutes sans dialogues dans le cadre de la vie du Parlement". "Aucune forme de pratique monarchique ne nous agrée", singe-t-il. Probablement vexé de ne pas être invité à dîner dans la galerie des Glaces.

dimanche 4 janvier 2015

Défiance: Duflot déterre la hache de guerre contre la loi Macron

Duflot appelle à l'insurrection: "mettre en échec la loi Macron est un devoir", lance-t-elle

Quand Royal sentait se lever "un vent de révolte"


"Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte", affirmait la présidente aigrie de Poitou-Charentes. "Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance", lançait la socialiste Ségolène Royal dans Le Monde, en février 2008. Après seulement huit mois de pouvoir, Sarkozy subissait les remontrances de sa rivale laminée à la présidentielle. Cette fugitive ex-ministre (moins d'un an) de l'Environnement de Mitterrand dressait la liste des sujets qui fâchaient, pour souligner "l'inquiétude" latente des Français : "stagnation des salaires, croissance faible, hausse des prix, déficits publics"... Un bilan qui mènera, disait-elle, à la "récession", si le président ne change pas de "cap". "Je dis à Nicolas Sarkozy : il est encore temps". Elle ne dit plus rien ! Alors que Hollande zigzague et titube, Cécile Duflot a pris la relève...

L'écologiste anti-tout est passée à l'attaque

Cécile Duflot s'est dite hostile à la politique du gouvernement.
L'ancienne ministre de François Hollande cible la loi Macron qui sera débattue à partir du 26 janvier à l'Assemblée Nationale. La meneuse d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) y voit une mauvaise loi, archaïque, assure-t-elle dans le Journal du Dimanche, et elle n'est pas la seule.

L'ancienne ministre du Logement accuse le gouvernement de "passage en force"
 en proposant dans le texte "d'alléger par ordonnances toutes les mesures du code de l'environnement qui viendraient soi-disant gêner l'activité et la croissance". 

L'ex-ministre démissionnaire du Logement éreinte la loi Macron et appelle à la mettre en échec

Alors que, saisissant l'occasion de l'hébergement de la conférence mondiale sur le climat en fin d'année par la France, désignée pays hôte de la 21e conférence climat en 2015 (Paris Climat 2015) lors de la Convention de Varsovie (COP19) sur les changements climatiques, le président compte faire de 2015 l'An 1 de son quinquennat pour l'écologie et reçoit ...Nicolas Hulot, écologiste "équilibré" à l'Elysée. 
Alors, l'ayatollah Verts riposte en assénant que le texte du ministre de l'Économie est "un grand bon en arrière écologique". "On tourne le dos à la modernité dont notre pays a besoin", assure Cécile Duflot.

Depuis son départ du gouvernement en avril lors de la nomination de Manuel Valls à Matignon, l'écologiste radicale ne cesse de pilonner depuis son livre assassin contre l'exécutif cet été.   Cécile Duflot s'attaque de nouveau aux zigzags politiques de François Hollande, en l'occurrence le projet de loi Macron, affirmant au JDD que ce projet de loi va "marquer un net recul idéologique du quinquennat". 
Ce qu'elle propose, en termes généraux et flous, est d'"inventer un nouveau modèle social écologique, capable de répondre aux deux grands défis de notre époque: le dérèglement climatique et la montée des inégalités"... Il ne manque que l'inventrice.

La loi Macron, "un grand bond en arrière"

"Le gouvernement démarre cette année avec un texte paré des atours de la modernité. La loi Macron serait un ‘coup de jeune pour la France'», déclare la députée EELV de Paris en citant les termes de Hollande dans ses voeux aux Français le 31 décembre. Mais il faut refuser ce «tour de passe-passe idéologique», insiste-t-elle. "Non, la loi Macron n'est pas moderne. Elle est même d'un certain point de vue un grand bond en arrière, une occasion manquée de changer de modèle".

"Un recul écologique"

"Beaucoup de critiques, souvent justes, ont ainsi pointé les risques sociaux du texte. Mais chose peu dite, ce projet de loi peut également marquer un net recul écologique du quinquennat" et "vient fragiliser le modèle environnemental français, déjà en retard", écrit-elle, tout en rappelant que la taxe poids lourd, inventée par Jean-Louis Borloo au Grenelle de l'environnement de 2007 a été abandonnée par Ségolène Royal, ministre de l'Écologie de Valls. 
"En prônant le transport par car", ajoute-t-elle, le projet de loi Macron "va renforcer le transport routier, premier facteur d'émissions de gaz à effet de serre" et "organise la concurrence entre le rail et la route".

"Un renoncement social"

Outre la "cécité écologique", Cécile Duflot pointe aussi "un renoncement social" avec l'extension du travail du dimanche, "véritable régression et menace pour la cohésion sociale". "En facilitant le licenciement et en affaiblissant le code du travail, cette loi prend le risque à court terme d'accroître le chômage" et "en matière de logement, elle encourage les pratiques spéculatives de 'la vente à la découpe' qui menace les locataires aux faibles revenus", prévient-elle encore.

"Mettre en échec cette loi est un devoir"


"Au final, le texte baptisé loi pour l'activité et la croissance, porté par Emmanuel Macron, est en fait
un catalogue fourre-tout de vieilles idées des années 1980 enfouies dans les cartons de Bercy. Leur prétendue modernité est un recul", juge encore l'ancienne ministre. "A la vérité, on tourne le dos à la modernité dont notre pays a besoin". 
"C'est pourquoi mettre en échec cette loi est un devoir pour tous ceux qui ont encore de l'espoir et veulent inventer le siècle qui vient. Parce que parfois le sursaut se fonde d'abord sur un refus", insiste-t-elle.

Cécile Duflot-la-nuisance

Lundi matin, le président s'accordera deux heures de prise de parole sur France Inter (service public). Selon le JDD, l'Elysée n'aurait d'ailleurs pas eu à insister pour qu'une large partie de l'entretien porte sur le climat et l'écologie. L'occasion pour lui de répondre à son ancienne ministre, qui ne veut plus de "grands discours" mais "un passage à l'action".

Tout est-il bon à jeter dans le Macron ?

Le texte du ministre de l'Economie Manuel Macron crispe une partie du groupe socialiste, à l'image de l'ancien ministre révoqué Benoît Hamon et de la maire de Lille Martine Aubry, tous deux campant
sur la rive gauche du PS. 

En revanche, au risque de justifier la critique d'une UMPS par le FN, 
des députés UMP comme Hervé Mariton et Frédéric Lefebvre se sont déclarés  séduits.

lundi 7 juillet 2014

La conférence "sociale" ouvre alors que bloque le dialogue avec les intermittents ou la SNCM

Les principaux syndicats contestent la ligne et la méthode Valls
La CGT et FO s'orientent vers un refus partiel
Alors qu'en deux ans le président socialiste ouvre la troisième conférence sociale du quinquennat ce lundi: à l'ordre du jour de ces deux journées de négociations, le pacte de responsabilité, le contexte socio-économique est plus que défavorable avec l'explosion du chômage et de fortes tensions sociales, notamment à la SNCM ou le climat est aux heurts plutôt qu'à la concertation, les syndicats les plus conservateurs accusent le gouvernement de céder aux injonctions du patronat. La grand-messe annuelle s'ouvrira lundi en début d'après-midi au palais d'Iéna par un discours du président de la République qui aura auparavant entendu les partenaires sociaux dans un débat centré sur le pacte de responsabilité.

Valls peut-il faire encore longtemps sans la CGT et FO ?

Le Premier ministre clôturera la rencontre comme si de rien n'était mardi.
Il fixera la feuille de route sociale de l'année à venir, sans tenir compte des syndicats récalcitrants, alors que les pseudos rebelles de l'Assemblée se sont rangés, le gouvernement sera omniprésent. 
Neuf ministres présideront mardi matin sept tables rondes, axées en particulier sur l'emploi et le pouvoir d'achat. Mais des menaces de boycottage planent sur la rencontre : les mesures annoncées mercredi par Manuel Valls, notamment sur la pénibilité, qui répondent aux voeux du patronat, mais à la demande des syndicats, ont mis le feu aux poudres.


Quand Hollande se prend un râteau de la CGT

Thierry Lepaon, numéro un de la CGT, syndicat d'extrême gauche, a annoncé qu'il participera finalement à la réunion lundi avec François Hollande - car "débattre avec le président de la République est un acte républicain" -, mais il a conditionné sa participation mardi aux réponses que le gouvernement apportera aux revendications de la CGT. 
"Il n'est pas question de cantonner les syndicats dans un rôle de figuration", a prévenu Thierry Lepaon qui a pris "contact" avec ses homologues de FO et de la CFDT. Dans une lettre adressée au numéro un de la CGT en réponse à sa demande de clarification, le président Hollande a affirmé que "le dialogue social est la meilleure voie possible pour le redressement" du pays et que celui-ci est basé sur "le respect de tous les partenaires sociaux". Thierry Lepaon n'a pas été "rassuré" par cette courrier.
"Chacun est libre et a le sens des responsabilités", raconte Michel Sapin. L'enjeu pour tous, c'est de porter leurs propositions et de voir leurs propositions retenues", estime-t-on au ministère du Travail. 

Mais le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, est dans le même état d'esprit que son homologue de la CGT. Il participera à la rencontre avec le président Hollande, mais pour la journée de mardi il "n'exclut rien". La direction de FO "décidera de sa position lundi, mais ce dont je suis sûr, c'est qu'on marquera le coup, d'une manière ou d'une autre", a-t-il dit. "Notre comportement ne peut plus être le même que celui qui était prévu avant la déclaration de Manuel Valls", a-t-il expliqué.

La CFDT maintient son allégeance au gouvernement
L'Union syndicale Solidaires avait déjà annoncé jeudi le boycottage de la rencontre : "La grande conférence sociale pour l'emploi... sans social et sans emploi, ce sera sans nous !"
Le gouvernement pourra en revanche compter sur la présence de la CFDT qui suce la roue de Hollande et ne communique pas. "La CGT nous a contactés", mais "nous avons expliqué que notre stratégie est de pousser pour obtenir des contreparties au pacte de responsabilité. Nous n'allons pas quitter la conférence", a affirmé Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT.
"Nous misons toujours sur le dialogue social comme la clé de voûte capable pour mener des changements profonds dans le pays. La conférence sera une occasion de mesurer que c'est toujours possible", a-t-elle parié.

Le syndicat socialiste ne sait plus à quel saint se vouer
Les mesures annoncées par le Premier ministre avaient d'abord suscité la colère spontanée du leader de la centrale, Laurent Berger, qui avait dénoncé un "coup porté" au dialogue social. Mais il a fini par retourner à la soupe.

Après avoir brandi la menace d'un boycottage, les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) se sont ravisées
Elles se disent aujourd'hui satisfaites des annonces du Premier ministre. D'autres seront également présentes : UNAPL, FNSEA, UDES.

Valls promet un "bilan" des engagements

Dans un contexte particulièrement défavorable, plombé par les errements politiques du président Hollande, un deuxième premier ministre en deux ans, et une croissance atone, un chômage record touchant 3,38 millions de familles (sans compter l'Outre-mer qui fait grimper la courbe à 6 millions) et sur fond de conflits sociaux, les marins de la SNCM ou les intermittents du spectacle, le gouvernement table sur le pacte de responsabilité pour sortir le pays de l'ornière.

Mais après avoir répété en juin sur France Info sa détermination à ne pas céder aux cheminots, avoir jugé que le mouvement des intermittents " à bout de souffle" et avoir annoncé que la gauche "peut mourir", Manuel Valls a promis de procéder à un "bilan" des engagements pris par le patronat - tout en négociant avec - en matière d'emploi et d'investissement avant de lui accorder de nouvelles aides dans le cadre du pacte. 

La conférence sera d'ailleurs l'occasion de "faire le point" sur les avancées dans les branches professionnelles. L'apprentissage devrait être un autre sujet fort. 

Plus cynique que Valls et la gauche, tu meurs...
"Je dis aux organisations patronales, la balle est dans votre camp", leur a-t-il lancé jeudi, alors que les négociations dans les branches professionnelles sur le pacte sont encore balbutiantes du fait de syndicats hostiles au dialogue.  La conférence doit donner le coup d'envoi de négociations sur la modernisation du dialogue social...

La conférence sera d'ailleurs l'occasion de "faire le point" sur les avancées dans les branches professionnelles. L'apprentissage devrait être un autre sujet fort. 

vendredi 21 mars 2014

Manuel Valls disjoncte: un pompier a refusé de lui serrer la main!

Le ministre de l'Intérieur est-il salissant ?

Manuel Valls a perdu ses nerfs contre un sapeur-pompier gréviste qui a refusé de lui serrer la main
 
lors d'un déplacement à Grenoble, en soutien à Vallini, en Isère jeudi. Et la scène filmée par les journalistes du Dauphiné commence à faire les délices des internautes.


Vexé, le socialiste surmené par la campagne des municipales a humilié le sapeur-pompier en le rappelant à l'ordre avec véhémence.
"Quand on refuse de serrer la main à une personne, c'est qu'on a perdu ses valeurs", assène  Manuel Valls au soldat du feu, comme à un enfant, avant de vitupérer ces mots: "Vous n'êtes pas un gamin, vous exercez des responsabilités".

Le ton devient plus tranchant lorsque le ministre, vindicatif, lance : "je vous invite, devant un ministre de l'Intérieur, un responsable de gouvernement, un représentant de l'Etat et du président de la République à vous comporter comme un sapeur-pompier, il y a une hiérarchie chez les sapeurs-pompiers, vous devez la respecter !"


Des grévistes en colère

En soutien à André Vallini à Grenoble, Manuel Valls venait endormir des pompiers de l'Isère engagés dans un long conflit avec leur direction sur l'augmentation du temps de travail. Ils manifestaient sous les fenêtres de la préfecture à l'occasion de sa visite de campagne pour les municipales.
"Si je viens, c'est pour dialoguer avec les sapeurs-pompiers, c'est pas pour qu'on refuse de me serrer la main, je suis venu vous saluer", poursuit Manuel Valls en se déplaçant d'un mètre, en direction d'autres interlocuteurs.

"Ça fait quatre mois [de conflit], tente de lui expliquer un pompier pour justifier la colère de ses collègues. C'est urgent, on a besoin de vous". "J'ai entendu, il faut reconstruire", sermonne un Manuel Valls blessé qui finit par saluer avant d'être remercié par un pompier.

lundi 10 juin 2013

Scène de ménage entre Valls et le maire basque qui se refuse au mariage homo

Valls casse la vaisselle

Le maire divers droite d'Arcangues s'expose à des sanctions ..."importantes"
Les pacsés insatisfaits
Jean-Michel Colo encourt l'ire du ministre de l'Intérieur en refusant de marier des couples homosexuels dans sa commune. Manuel Valls a menacé ce samedi, lors d'une visite de soutien au candidat PS de la législative partielle à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), bras-dessus, bras-dessous avec Le Foll. 

La veille, l'édile basque avait informé sa préfecture que sa mairie ne célébrera aucune union gay et qu'il avait déjà rejeté un premier dossier de mariage, en dépit de la loi sur le mariage pour tous promulguée le 18 mai.

Manuel Valls a haussé le ton
"Les lois s'appliquent partout et il ne peut pas y avoir la moindre rupture d'égalité" , assurant que si un maire refuse de s'y soumettre, "le procureur sera saisi". "J'espère que la raison va l'emporter là-bas (à Arcangues) comme ailleurs", a-t-il ajouté.
Il s'adressait ainsi à l'ensemble des maires de France ayant exprimé leur hostilité à l'égard de la loi Taubira, tels que le maire sans étiquette de Thorigné-d'Anjou Maine-et-Loire), Michel Villedey, ou le maire UMP de Vienne (Isère) Jacques Remiller.

Cinq ans de prison, 75 000 euros d'amende, ou la révocation
Comme l'a précisé la préfecture dans un communiqué diffusé vendredi soir, le maire peut toujours déléguer la célébration d'une union gay à l'un de ses adjoints ou de ses conseillers municipaux. 
Mais dans le cas où l'ensemble du conseil municipal s'y refuse et où il n'y aurait "aucune possibilité de célébrer un mariage", comme à Arcangues, deux types de sanctions pèsent sur l'élu. En cas de dépôt de plainte, il peut être condamné [poursuivi, dans un premier temps?] pour discrimination, risquant jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Il peut aussi être suspendu en Conseil des ministres, voire faire l'objet d'une "révocation" et être démis de ses fonctions. Ce qui conduirait à de nouvelles élections dont l'issue semble acquise d'avance !

Le couple gay passe à l'offensive avec le concours du lobby gay-roi. 

Jean-Michel Martin et Guy Martineau-Espel, la cinquantaine, ont menacé de ne plus payer leurs impôts et annoncé qu'ils allaient renvoyer leurs cartes d'électeurs à la ministre de la Justice, Christiane Taubira. "Nous ne sommes pas des militants et voulons nous marier dans la plus stricte intimité", mais "nous pouvons nous aussi faire preuve de désobéissance", ont-ils déclaré dans le journal Sud-Ouest. Ils ont également rencontré les procureurs de Pau et de Bayonne pour connaître leurs droits, mais se disent peu enclin à entamer une procédure judiciaire.

Une plainte déposée contre la mairie d'Arcangues
Non militants, les deux hommes n'ont pourtant qu'à laisser les associations agir pour eux. Ils ont reçu le soutien du comité de défense des droits homosexuels, l'Idhao (International Day against Homophobia and Transphobia), dont la branche française est présidée par le Gardois Alexandre Marcel. Ce dernier a décidé de porter plainte contre l'ensemble des membres du conseil municipal d'Arcangues, rapporte le journal Midi-Libre. "Nous ne nous attendions pas à ce que les élus soient encore capables de s'opposer à la loi et à la démocratie. Cela va être notre nouvelle bataille ! Nous attaquerons chaque élu qui refusera d'appliquer la loi ! Nous invitions tous les homosexuels Français à déposer plainte dès qu'un cas similaire se présentera", a-t-il assuré.


Les maires rebelles feront valoir la clause de conscience.
Le sénateur Jean-Louis Masson a déposé une proposition de loi autorisant les maires à invoquer la clause de conscience pour ne pas célébrer de mariages homosexuels.
Depuis la loi sur le mariage homo, les judiciables peinent à faire avancer tout autre dossier...

jeudi 20 décembre 2012

"Mariage pour tous" les autres, mais divorce au PS

27 députés PS refusent de signer l'amendement PMA

Les députés rebelles PS au mariage gay ont demandé à ne pas figurer parmi les co-signataires

L'amendement socialiste sur la procréation médicalement assistée (PMA) sera déposé contre leur volonté lors de la discussion sur le mariage homosexuel le 29 janvier, a appris leur chef de groupe à  l'Assemblée, Bruno Le Roux.

Le Roux ne représente pas la majorité des Français
Sept pour cent seulement des personnes interrogées par l'Ifop pour le collectif anti-mariage gay "La Manif pour tous" estiment que c'est une initiative "tout à fait prioritaire" contre 62% jugeant que la réduction de la dette publique arrive en tête des dossiers à traiter en priorité.

Un amendement surprise entre deux portes 
Un slogan contesté
par des députés socialistes
Dans ce courrier, les 27 députés rappellent à Bruno Le Roux que la PMA pour les couples homosexuels "ne figure pas" dans les 60 engagements de campagne de François Hollande.
"Le président de la République a lui-même déclaré récemment et publiquement sur les antennes que s'il avait voulu la PMA il l'aurait faite inscrire dans le projet de loi. Il ne pouvait pas être plus explicite", remarquent-ils dans leur lettre.

Effectivement, si le mariage ouvert aux personnes de même sexe et la question de l'adoption figurent parmi les "60 engagements" - c'est le 31e - , la promesse de la PMA pour les couples de femmes homosexuelles a été faite par le futur président par le biais d'interviews, notamment aux magazines Grazia et Têtu. 

Concertation: un amendement sans consentement mutuel

Gang bang socialiste
ou le p'tit trou de la lorgnette
Charlie Hebdo revisité:
PS-Bruno Le Roux-députés rebelles

Les signataires soulignent également dans leur lettre à B. Le Roux qu'ils n'ont "pas du tout apprécié la manière directive qui nous a privés de parole et de débat sur un sujet aussi sensible que la PMA", mercredi lors du vote des députés PS. "Nous sommes 296 membres du groupe et certains retenus en commission n'ont pas pu s'exprimer", ajoutent-ils.

A la hussarde
Le vote en faveur d'un amendement PMA avait recueilli mercredi 126 voix pour  61 voix contre et 9 abstentions et la réunion de groupe n'avait duré qu'une heure même si elle avait été précédée, la veille, par une autre réunion qui avait donné lieu à des échanges "passionnés" sur le sujet.

Les signataires de la lettre refusent que leur président introduise leurs noms parmi les signataires de l'amendement PMA, dans le cadre du "mariage pour tous".

Parmi les signataires de la lettre figurent Gérard Bapt, Kléber Mesquida, Jean-Paul Bacquet, Sophie Dessus, Martine Faure, David Habib, Françoise Imbert.

Pour Gérard Bapt, cet amendement PMA est "inadapté et mal préparé". "Ajouter cet amendement qui concerne le code de la santé publique, c'est très troublant: le texte sur le mariage homosexuel n'a pas été fait dans cette optique. On va instrumentaliser la médecine pour le droit à l'enfant et qui plus est, sans qu'il y ait eu de vrai débat", estime-t-il.

Les discriminations introduites par cet amendement inégalitaire
Mascarade en blanc
Ce médecin, élu de Haute-Garonne, souligne aussi que la PMA pour les homosexuelles "soulève de multiples questions". "On va faire des inégalités entre femmes", souligne-t-il notamment "sans parler de la question de l'égalité pour les couples homosexuels masculins".

Enfin, G. Bapt, à l'instar de nombreux autres députés de droite comme de gauche, regrette "la division" que risque d'engendrer l'amendement PMA dans la majorité comme dans les rangs de l'opposition, dont certains membres sont acquis au principe du mariage homosexuel.