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samedi 2 mai 2020

Déconfinement: Castaner va faire tomber une pluie de PV

Macron va élargir le champ des sanctions contre les réfractaires au déconfinement


Si les attestations de déplacement n’auront plus cours, certains agents des transports en commun et les réservistes seront autorisés à sanctionner les infractions aux règles de déconfinement


Le pouvoir de verbalisation sera étendu notamment aux agents des transports en commun, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, ce samedi, bien qu'ils ne soient pas assermentés. "Le 11 mai, si les conditions sont réunies, la règle générale redeviendra la liberté de circulation et les Français n’auront plus à produire d’attestation pour sortir dans la rue", a-t-il déclaré à l’issue du Conseil des ministres qui a décidé la prolongation jusqu'au 24 juillet de l'état d'urgence sanitaire en France, mesure xénophobe pour lutter contre l'introduction du  "coronavirus étranger"!.

Cependant, le port du masque sera rendu obligatoire dans les transports en commun, a rappelé le ministre, et les commerces rouvriront sous conditions de respecter les gestes barrières.

Pour ces raisons, "les adjoints de sécurité, les gendarmes adjoints volontaires, les réservistes de la police et de la gendarmerie nationale ainsi que, et c’est important, les agents de sécurité assermentés dans les transports mais aussi les agents des services de l’autorité de la concurrence pour les commerces pourront constater le non-respect des règles de l’urgence sanitaire et le sanctionner", a-t-il détaillé. Tout le monde, sauf vous et moi...

"Une marque de confiance"

L’image contient peut-être : 1 personne"C’est un apport considérable, c’est une marque de confiance. C’est nous donner toutes les chances pour que le déconfinement se déroule dans les meilleures conditions sanitaires possible", s'est justifié Christophe Castaner, appelant cependant les Français au "civisme".

"C’est grâce à ce civisme et cet esprit de responsabilité - sous la menace de son voisin -que le confinement a été possible, c’est grâce à eux aussi que le déconfinement sera possible", selon Castaner. "La lutte est dure, la lutte est âpre", a-t-il commenté, assurant qu'"avec le respect du confinement nous avons pu sauver des milliers de vies"

"Le 11 mai le moment sera venu de reprendre nos vies progressivement, patiemment, prudemment, apprendre à vivre avec le virus, voilà l’objectif des prochaines semaines, des prochains mois", a prédit le ministre de l’Intérieur.

La question des déplacements

Aucune description de photo disponible.
Interrogé sur l’autorisation de se déplacer dans un rayon de 100 km autour de son domicile, et notamment sur la méthode de prise en compte de cette distance, Castaner a indiqué que "le dispositif […] n’est pas arrêté dans ses modalités"

Le ministre apparent de l’Intérieur a par ailleurs précisé qu’il n’y aura pas de restrictions de déplacement d’une zone administrative à l’autre, notamment d’un département "vert" pour un autre classé "rouge" sur 99 kilomètre.

lundi 23 mars 2020

Coronavirus : l'état d'urgence sanitaire est voté

La commission mixte paritaire entre Assemblée nationale et Sénat a trouvé un accord

L'état d'urgence sanitaire fixera des mesures d'exception encadrant nos vies

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Il était une fois dans l'Ouest:
prêts à dégainer...
Le confinement, les restrictions de libertés publiques et des mesures de soutien aux salariés et aux petites entreprises, etc... sont réglementés "à compter de l'entrée en vigueur" de la loi, dès sa parution au Journal officielle. Il pourra y être mis fin par décret avant l'expiration du délai, si la situation sanitaire s'améliorait.
Le Sénat, puis l'Assemblée nationale - qui avaient voté des versions différentes du projet de loi sur l'urgence sanitaire - ont examiné le texte en urgence jusque dans la nuit de samedi à dimanche: la commission mixte paritaire entre les deux assemblées a trouvé un accord ce dimanche après-midi. Il vise à permettre aux dirigeants des entreprises privées mais aussi à la fonction publique d’adapter l’organisation du travail à la situation de crise.

Les députés ont voté l'état d'urgence sanitaire", après avoir obtenu un ultime feu vert du Sénat. "Unité, responsabilité et intérêt général ont prévalu, comme il se devait. Nous apportons, ensemble, des réponses à la hauteur de la crise que traverse notre pays", s'est félicitée, elle aussi sur Twitter, la présidente de la Commission des lois, la députée LREM Yael Braun-Pivet.
"Par son unité, le Parlement se montre à la hauteur de la situation", s'est félicité sur Twitter l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, un Macron-compatible qui  toujours prompt à se porter en avant pour recueillir les fruits de l'effort collectif.

Promulgation lundi
A l'Assemblée nationale, le texte avait recueilli une très large majorité avec 510 voix pour, 37 contre et 28 abstentions. Compte tenu de l'épidémie, l'Assemblée a siégé dans un format confiné et un climat pesant : seule une vingtaine de députés étaient présents, munis des délégations de leurs collègues. Au dernier comptage, ils étaient 19 députés à avoir été atteints par le virus. 

Parallèlement aux voix de la majorité et celles de LR en faveur du texte,
le PS s'est abstenu, tandis que les députés LFI et communistes ont voté contre, dénonçant un "champ des restrictions des libertés publiques beaucoup trop large" et estimant le contrôle du Parlement insuffisant sur les nouveaux pouvoirs que le texte octroie à l'exécutif.

Grâce à ce vote de l'état d'urgence sanitaire,
le gouvernement n'a plus d'excuses pour ne pas réagir rapidement et fermement aux problèmes existant, comme à ceux qui ne manqueront pas de se présenter chaque jour et que  Macron doit pouvoir anticiper. Pour l'exécution des mesures qu'il tarde encore à prendre, il n'a pourtant plus à solliciter à chaque fois l'accord de l'Assemblée nationale et le Sénat, "tout en restant sous le contrôle des deux assemblées", tente de rassurer Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, dans un entretien avec Le Télégramme.

Présentée mercredi dernier en Conseil des ministres, cette loi permet au gouvernement de se doter de nombreux moyens pour organiser la lutte contre le virus. 

La loi autorise aussi le gouvernement à prendre des ordonnances dans de multiples domaines (sanitaire, économique, droit du travail, social…) dans le cadre de cet état d'urgence. Parmi celles-ci, la possibilité pour les employeurs d’imposer à leurs salariés des jours de congés payés pendant la période de confinement. Mais face à la montée d’une polémique, et après des négociations entre les syndicats et le gouvernement, certains freins ont été ajoutés.
Les jours de congé imposés limités à une semaine
Un accord d’entreprise ou de branche restera nécessaire et ces congés imposés ne pourront excéder une semaine. Le sénateur Les Républicains Alain Milon avait déposé un amendement en ce sens "dans un souci de proportionnalité", argumentant que cette période de confinement contraint "ne saurait être assimilée à des vacances". Mais ces restrictions ne touchent pour l’heure ni les RTT, ni les jours du compte épargne-temps.
Comme le réclamaient les syndicats, le Parlement a par ailleurs voté la suspension du jour de carence des fonctionnaires en cas d’arrêt maladie pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire. Ce sujet faisait l’objet d’un bras de fer entre les organisations professionnelles et les pouvoirs publics. « Le jour de carence était très mal vécu, explique la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques Mylène Jacquot. Quand un agent doit se mettre en arrêt pour raison médicale liée au coronavirus, il était incompréhensible qu’il puisse voir son traitement amputé."
Les principales mesures du projet de loi

Résultat de recherche d'images pour "il etait une fois dans l'ouest"La version modifiée du texte prévoit un renforcement des sanctions contre les contrevenants au confinement. En cas de premier acte d'incivisme, l’amende est de 135 €, et monte à 1.500 € en cas de récidive "dans les quinze jours" : un coup de massue dans le vide, puisque les Français ne sont pas tous solvables.  "Quatre violations" constatées "dans les trente jours" sont passibles de « 3 700 € d’amende et six mois de prison au maximum. Les parlementaires qui ont voté ce niveau de sanctions croient que le racket a un effet dissuasif...

Le délai de carence de trois mois des expatriés de retour en France pour accéder à la Sécurité sociale va être suspendu : ils pourront y accéder dès leur arrivée.

Le décret de convocation des électeurs pour le second tour des élections municipales doit être pris au plus tard le 27 mai, si les conditions sanitaires le permettent.  
Si, pour des raisons sanitaires, le second tour ne peut avoir lieu le 21 juin, alors les élections repartiront de zéro - un premier tour et un second tour - dans les villes où le maire n'a pas été élu au premier tour.

mardi 12 novembre 2019

Municipales 2020: LREM, un si mauvais départ

Dissidences, refus de porter l'étiquette ou défection au bureau exécutif: peut-on pire ?

"Les municipales, ça va être un sacré bordel"

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Guérini, bof !

Voilà comment un parlementaire En Marche! évoquait le scrutin de mars 2020 il y a quelques semaines. Et pour cause.
Les premières élections municipales depuis la grande recomposition politique imposée par l’élection de Macron en 2017 s’annoncent compliquées pour le parti présidentiel. 
Entre dissidences dans des villes symboliques comme Paris ou Lyon, candidats qui ne veulent plus de l’étiquette, comme à Lille ou cas locaux qui font bondir des poids lourds du parti comme à Chelles (Seine-et-Marne), l’élection intermédiaire de 2020 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.  
Question maillage, LREM est une passoire : le mouvement ne compte que trois maires de communes de plus de 70 000 habitants (Lyon, Besançon, Nouméa)...

Le cas Villani fait tache d'huile

Ville symbolique que Macron aimerait ravir à la maire sortante socialiste Anne Hidalgo, Paris a donné le ton dès la rentrée de septembre. La dissidence de Cédric Villani, qui n’a pas accepté la décision de LREM d’investir son rival Benjamin Griveaux, met à mal la stratégie présidentielle dans la capitale. 
Divisé, le parti peine à rattraper la maire sortante dans les sondages. Une stratégie perdante qui commence à faire des petits. A Lyon, Metz ou Sens, des candidatures dissidentes se font jour et ce n’est pas fini.

Les ex-socialistes refusent les seconds rôles 

A Montpellier, par exemple, le député LREM Patrick Vignal assure qu’il se présentera quoiqu’il arrive à l’Hôtel de Ville, même sans l’investiture de son parti qui doit se pencher sur le cas de la ville jeudi 14 novembre.
“J’incarne les valeurs d’En marche!, je n’ai pas quitté le PS pour enfiler des perles. J’irai jusqu’au bout”, fait savoir ce soutien d’Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale, avant d’ajouter dans un sourire: "S’ils me virent, c’est leur problème, mais ils ne virent pas...".
"Dans l’ancien monde, Cédric Villani aurait été exclu", répond, à propos du cas parisien, le jeune secrétaire d’Etat Gabriel Attal de Couriss, invité du “Grand rendez-vous” sur Europe1 et CNews le 10 novembre, mais on croit encore qu’un rassemblement est possible”, assure ce 'Macron boy' (compagnon de Stéphane Séjourné, conseiller politique de Macron), un ancien membre de cabinet ministériel socialiste, celui de Marisol Touraine.

Les candidats s'émancipent 

C’est pourtant l’un des problèmes du jeune parti présidentiel, c'est l'arrivisme : les nouveaux venus ont les dents longues et manquent de discipline, qui, par un effet loupe, transparaît dans ces 36.000 scrutins locaux. Par exemple, nombreux sont ceux qui ont pris l’étiquette En Marche! aux législatives pour s’en débarrasser aux municipales.

Ce fut le cas à Lille où la candidate LREM, Violette Spillebout, s’est empressée de prendre ses distances avec le parti macronien devant la presse quelques mois après avoir reçu l’investiture officielle.
L’ex-directrice de cabinet de Martine Aubry a déclaré en novembre ne pas vouloir être "le soldat d’un président de la République tout-puissant". Elle a précisé que "les logos vont disparaître" de ses affiches et tracts, après avoir reçu le sceau LREM par la commission nationale d’investiture (CNI).
Un binôme complémentaire et doté d’une certaine expérience politique est pourtant à la tête de la CNI.


Marie Guévenoux députée de l'Essonne (43 ans, secrétaire générale de la campagne d’Alain Juppé pour la primaire de 2016, avant de rejoindre La République En Marche!) et Alain Richard (74 ans, PSU puis PS et ministre de la Défense entre 1997 et 2002) , membres du Bureau Exécutif de LREM en charge des élections municipales, co-présideront la CNI. Tous les deux, de par leurs parcours et leurs origines politiques, incarnent la stratégie de recomposition politique poursuivie par la majorité : nécessité oblige ! Ce sont eux qui, pendant ces trois derniers mois, ont piloté les premières auditions de tous les Comités Politiques départementaux (COPOL).
"Tous, ils font ça", se désole Patrick Vignal. "Il y a quand même une politique de faux cul dans nos élus: je prends la marque pour la contenir et dès que j’ai la marque je deviens ‘citoyen’ ", moque ce briscard de la politique qui en a vu d’autres au parti socialiste. 

"Il faudrait des étiquettes LREM partout!"

“Lille est un cas classique”, abonde un autre député macronien qui préfère requérir l’anonymat: "lls pensent que l’étiquette LREM n’est pas porteuse aux municipales, alors qu’il faudrait des étiquettes partout!”, se lamente cet élu. 
C’est l’un des autres problèmes auquel fait face le parti mouvement de Macron pour ce scrutin: le manque de cohérence entre les alliances passées selon les villes. L'opportunisme de la société civile !

Pressée par Edouard Philippe et les juppéistes au sein de la majorité, LREM a changé de stratégie avant l’été. Sous la pression d’élus et de ténors plus expérimentés ou plus ancrés, le parti d’Emmanuel Macron s’est résolu à ne plus imposer des candidats LREM partout, mais à soutenir localement des barons locaux sortants “Macron-compatibles”.
Résultat, une stratégie peu lisible où, selon les zones, LREM soutient des maires sortants, qu’ils soient de droite, comme le LR Jean-Luc Moudenc à Toulouse ou de gauche, comme le socialiste Guy Férez à Auxerre qui se présente sans étiquette, mais qui est soutenu “en même temps” par le PS et LREM.
”Ça crée de l’invisibilité, surtout que les accords se font sans contrepartie”, regrette ce même élu, toujours sous couvert d’anonymat, comme si la critique publique était de plus en plus mal vue au sein du parti présidentiel.

"Les maires vont nous la faire à l’envers"

Autre risque, sur le long terme, créer des déceptions sur le terrain. 
Dans plusieurs villes, des candidats très implantés n’ont pas été choisis par la direction, ce qui a pu jeter de l’huile sur le feu.

Comme à Chelles, en Seine-et-Marne où la décision de soutenir le maire sortant LR Brice Rabaste, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé ne passe pas du tout chez les marcheurs locaux. "Comment va-t-on réussir à s’implanter dans la durée si on apporte notre soutien à des maires sans aucune condition?" regrette l’un d’entre eux.
  
Très agacé par ce cas, le sénateur François Patriat qui soutenait son ancien collaborateur Hadrien Ghomi contre Brice Rabaste a d’ailleurs claqué la porte du bureau exécutif de LREM qui valide les choix de la CNI, le 23 octobre, selon des informations du Parisien.
"Le problème d’En Marche au niveau local, c’est qu’on nous dit ’vous allez soutenir les maires sortants’ qui n’ont, eux, jamais soutenu En marche à aucune élection et qui, à la prochaine présidentielle vont nous la faire à l’envers en soutenant un autre candidat qu’Emmanuel Macron", s’agace ce marcheur de Seine-et-Marne qui pourrait soutenir une liste dissidente à Chelles si elle était lancée. 

Candidat à Montpellier, le député LREM Patrick Vignal n’est pas d’accord avec la stratégie qui consiste à "vouloir beaucoup d’élus locaux, 10.000, en soutenant des maires sortants".
"On n’a pas eu de stratégie concurrente, gagnante", regrette le transfuge du PS. "Nous aurions dû nous compter au premier tour. Il fallait faire comme aux législatives, quand Macron osait faire les choses et mettre des candidats partout", insiste cet élu de 61 ans. "Pour les municipales, on n’a pas osé et on a eu la marque honteuse. C’est l’erreur que nous avons faite: jouer placé au lieu de jouer gagnant", tance le député Vignal, avec la métaphore du tiercé.  

"LREM est un mouvement très jeune", justifie Gabriel Attal à l’antenne d’Europe1 et de Cnews. "On aborde ces élections avec une forme de page blanche", reconnaît le secrétaire d’Etat. "On est engagés avec des alliés comme le MoDem qui sont ancrés depuis longtemps, donc forcément, ça peut frotter quelques fois", admet-il. 

Déconnectés des territoires

Des “frottements” qui font grincer des dents dans de nombreux départements. 

A Sens (Yonne), ce n’est pas une alliance avec le MoDem mais avec le Mouvement radical qui a du mal à passer. En septembre, la députée LREM Michèle Crouzet, refusée par la commission d’investiture contre sa rivale radicale, estime alors publiquement au micro de Europe1 que le président de la commission d’investiture [Alain Richard] est "déconnecté des territoires" et que les dirigeants d’En Marche! ne sont pas assez "à l’écoute" du terrain. Et, cas classique, elle annonce qu’elle sera candidate quand même. 
Depuis, Médiapart a rappelé que Claude Vivier Le Got, la candidate choisie par le parti présidentiel à Sens, a été condamnée à un an d’inéligibilité en 2015 après l’invalidation de ses comptes de campagne des municipales 2014 et met au jour de possibles “détournements d’argent” de son entreprise à des fins personnelles. Une situation locale qui pourrait donc évoluer.

Pendant ce temps-là, à Marseille, huit candidats potentiels ont été désignés dans les différents secteurs de la ville selon La Provence, et un "envoyé spécial" de la CNI, Jean-Marc Borello, 61 ans, président du directoire du groupe SOS, une organisation française spécialisée dans l'entrepreneuriat social et qui regroupe des entreprises et des associations, à Aix-en-Provence, est en mission sur place pour trouver la bonne pioche. 

Au milieu de ce grand bazar, pas sûr que les Français lâchent la proie pour l'ombre. 

vendredi 2 mars 2018

Assurance-chômage : Macron va frapper fort

Pour éliminer les démissionnaires, Pénicaud ira "plus loin" que les partenaires sociaux en termes d'indemnisation

Syndicats et patronat ont finalisé le 22 février un accord sur l'assurance chômage

Résultat de recherche d'images pour "démissionnaire chomage chomage"Il prévoit une indemnisation pour les salariés qui démissionnent en vue d'une reconversion professionnelle, a annoncé jeudi la ministre du Travail Muriel Pénicaud dans un entretien au Parisien.
"Nous sommes en phase avec le texte de l'accord", déclare M. Pénicaud. Concernant notamment la lutte contre les contrats précaires, "nous allons respecter ce que les partenaires sociaux ont prévu dans leur accord", a-t-elle fait valoir.
Selon elle, les branches "n'auront plus le choix", ce sera leur "dernière chance" de se saisir de la question.

Autre différence, le nouveau droit sera mobilisable par un démissionnaire souhaitant "créer son entreprise". Après l'avoir un temps envisagé, les partenaires sociaux avaient, eux, retiré cette possibilité de leur texte final. 

Le gouvernement respectera le compromis avec les syndicats sur les contrats courts.
Mais le texte demande toutefois aux branches professionnelles de réduire, par la négociation, le recours aux contrats courts. Les branches auront "jusqu'à fin décembre pour prendre des mesures afin de modérer le recours aux contrats courts". 
Faute de "résultats satisfaisants", "le gouvernement prendra ses responsabilités" en leur imposant "un bonus-malus dont la possibilité sera inscrite dans le projet de loi".

En revanche, la ministre ne compte pas reprendre l'accord à la lettre concernant les démissionnaires

Un droit mobilisable "tous les cinq ans", au lieu de sept permettra au gouvernement d'aller "plus loin" que les partenaires sociaux sur l'indemnisation chômage des démissionnaires.
"Les partenaires sociaux ont mis comme condition d'avoir une durée d'activité ininterrompue de sept ans dans l'entreprise pour en bénéficier. On souhaite aller plus loin qu'eux sur ce point : instaurer un droit tous les cinq ans", assume la ministre.

En revanche, la ministre recule en validant la proposition des partenaires sociaux d'indemniser les démissionnaires dans "les mêmes conditions que n'importe quel chômeur", alors qu'elle tablait initialement sur un droit minoré.
Avec les critères retenus par le gouvernement, la mesure concernerait "entre 20.000 et 30.000 personnes par an" et coûterait "quelques dizaines de millions d'euros supplémentaires" par rapport aux 180 millions budgétés par les partenaires sociaux.

Concernant l'indemnisation des indépendants, sujet que les partenaires sociaux avaient renvoyé dans le camp du gouvernement, la ministre annonce qu'un "droit de 800 euros par mois pendant six mois" sera mis en place, "financé par la CSG" et "destiné aux indépendants qui sont en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel autour de 10.000 euros".

Le contrôle des chômeurs sera renforcé
Le renforcement des contrôles devra "aller de pair avec un accompagnement plus rapide et personnalisé des demandeurs d'emploi," insiste la ministre.
Pour le contrôle des chômeurs, le gouvernement va "tripler les équipes de contrôle de Pôle emploi", qui "vont passer de 200 à 600 agents d'ici à la fin de l'année".

En revanche, la question des sanctions n'est pas tranchée, pour l'heure. 
"Nous allons en discuter rapidement avec les partenaires sociaux", indique la ministre, qui juge le système actuel "incohérent". La notion d'offre raisonnable d'emploi va notamment être définie "plus précisément" pour que les sanctions après deux refus soient "pleinement applicables".

mardi 3 mars 2015

Pourquoi Obama soutient-il maintenant le nucléaire iranien ?

Netanyahou accusé de vouloir torpiller l'accord entre Washington et Téhéran

Benyamin Netanyahou monte ce mardi à la tribune du Congrès des Etats-Unis
 

Barrack Hussein Obama tend les relations privilégiées des Etats-Unis avec l'Etat d'Israël. 
Le chef du gouvernement israélien entend dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien que Washington veut conclure avec Téhéran à la fin du mois.

A quinze jours des élections législatives en Israël, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou,  va dire son désaccord avec le revirement de la diplomatie américaine, mardi 3 mars devant le Congrès des Etats-Unis.
Parce que l'accord est imminent

John Kerry et Mohammad Javad Zarif, les chefs des diplomaties américaine et iranienne, négocient cette semaine en Suisse la dernière ligne droite vers un règlement définitif censé encadrer le programme nucléaire de la République islamique. Or, le Premier ministre israélien refuse catégoriquement cet accord avec son ennemi mortel. Lundi, devant 16.000 délégués du groupe de pression américain pro-israélien Aipac, il a déjà tenté de contrecarrer la négociation que le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran s'efforcent de conclure d'ici au 31 mars.

Israël a déjà subi une attaque partisane de l'ONU
La Commission d'enquête du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU  avait exprimé des soupçons de possibles crimes de guerre durant la contre-offensive israélienne contre Gaza de l'été dernier. Mis en cause par Israël pour "conflit d'intérêts", son président, le professeur William Schabas, a adressé sa démission "avec effet immédiat". "Après la démission du président, c'est tout le rapport [attendu en mars 2015] de cette commission biaisée, aux positions anti-israéliennes, qui doit être mis au rebut", a réagi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, par communiqué.

Benjamin Netanyahu va aussi essayer de convaincre les parlementaires américains 
Le secrétaire d'Etat John Kerry a mis en garde Israël sur d'éventuelles fuites "sélectives" concernant le contenu de l'accord. "La confiance serait trahie" entre les Etats-Unis et Israël, a menacé le département d'Etat.

Lundi 2 mars, à la veille de la prise de parole d'Israël au Congrès, la conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a exercé des pressions sur les parlementaires américains.  Susan Rice leur a demandé de ne pas voter de nouvelles sanctions contre l'Iran qui "feraient voler en éclats les discussions" internationales en cours.

Barrack Hussein Obama opère un bouleversement des alliances
Les dernières sanctions de l'administration Obama -depuis janvier 2009- contre l'Etat islamique d'Iran datent de 
- 2013: mesures visant la monnaie iranienne, le rial, ainsi que le secteur automobile;
- 2012: gel des intérêts de la banque centrale et du gouvernement iraniens, gel des avoirs et interdiction de territoire ciblant les personnes impliquées dans des atteintes aux droits de l’homme par l’intermédiaire d’Internet, interdiction de transaction et interdiction de territoire ciblant les personnes ayant contourné les sanctions, sanctions nouvelles touchant le secteur de l’énergie, nouvel élargissement des sanctions lié au Iran Threat Reduction and Syrian Human Right Act de 2012 visant particulièrement les gardiens de la révolution;

- 2011: précisions sur les sanctions financières de l’Iran en date de 1996 et ciblage de la banque centrale iranienne et entraînant la chute du rial;

- 2010: élargissement des sanctions de 1996 et gel des avoirs de responsables gouvernementaux iraniens en réponse aux atteintes aux droits de l’Homme.
Netanyahou craint pour la sécurité d'Israël

Pour le Premier ministre israélien, tout accord, même a minima, avec les Iraniens ne les empêchera pas de se doter de l'arme atomique, ce qui "pourrait menacer la survie d'Israël". 

A l'inverse, les négociateurs américains mettent en avant les concessions faites par les Iraniens.
"A de nombreux égards, l'Iran a fait machine arrière sur certains éléments de son programme", a estimé le président américain. Selon France 24, l'Iran semble avoir accepté le principe d'un contrôle accru de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur ses stocks de combustible nucléaire.

En échange de ses engagements, Téhéran souhaite une levée rapide des sanctions financières et pétrolières qui frappent durement son économie. La République islamique, qui se défend de chercher à fabriquer la bombe atomique, entend pouvoir développer ses capacités d'enrichissement d'uranium pour alimenter ses centrales civiles.

Washington a intérêt à se rapprocher de Téhéran

Autre divergence de taille : outre qu'il veut régler définitivement le casse-tête du nucléaire, le président Barack Obama désire un rapprochement de son pays avec Téhéran, trente-cinq ans après la rupture des relations diplomatiques qui a suivi l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeiny, au début de la Révolution islamique.

"Les Etats-Unis et l'Iran ont notamment l'un et l'autre intérêt à lutter ensemble contre l’extrémisme sunnite, en stoppant la progression fulgurante de l’organisation de l'Etat islamique, implantée en Syrie et en Irak".

Obama a des relations notoirement exécrables avec Netanyahou.  L'adresse exceptionnelle du Premier ministre israélien au Congrès est un défi au renversement d'alliance qui se dessine, même si  Benyamin Netanyahou  a assuré que cette visite n'est pas un signe d'"irrespect" à l'égard du président américain.

Ce voyage controversé s'ajoute à une longue liste de différends avec l'administration Obama. 
Le président des Etats-Unis n'a jamais pu avancer sur le dossier israélo-palestinien ni obtenir de son allié israélien qu'il cesse le processus de colonisation dans les territoires occupés. 

Pendant la campagne électorale pour l'investiture de 2008, l'éditorialiste  Daniel Pipes a affirmé qu'Obama avait été un musulman pratiquant durant son séjour en Indonésie (donc entre 6 et 10 ans). Obama affirme pourtant que sa famille n'était pas religieuse. Barack Obama se fait pourtant remarquer à l'échelle nationale en 2002 lorsqu'il refuse de cautionner l'invasion l'Irak, majoritairement Chiite comme l'Iran.

B. Hussein Obama est garçon honneur de 
son demi-frère Malik (1992), soupçonné 
d'être Frère musulman en Egypte
Fils d'un Kényan noir éduqué dans la religion musulmane et d'une Américaine blanche du Kansas de "souche" européenne, Obama admettra que sa plus grande erreur aura été de ne pas avoir été aux côtés de sa mère au moment de sa mort.
Obama est toujours resté attentif à ses racines noires. Son diplôme de l'université Columbia en poche, il envisagea de devenir "organisateur communautaire" et travaillera effectivement dans le quartier noir défavorisé de Bronzeville à Chicago. Quand il devient enseignant en droit constitutionnel à l'Université de Chicago où il travaille jusqu'en 2004, il entre dans un cabinet juridique spécialisé et c'est pour la défense des droits civiques.

Barack H. Obama lors de son voyage de 2006 au Kenya:
au côté de sa grand-mère de coeur,
Sarah Obama, 89 ans, 3e épouse 
du grand-père paternel du président métis.
Au 1er plan, une fille Obama arbore la coiffure locale.
Le Kenya est à 80% chrétien, mais sa famille paternelle appartient à la minorité musulmane (15%) et au groupe ethnique des Luo, originaire de Haute-Egypte. 
Le 7 août 1998, un attentat organisé par Al-Qaïda vise l'ambassade des États-Unis à Nairobi tuant 220 personnes et blessant plus de 5. 500 autres. 

La rumeur veut qu’Obama ne soit 
pas né à Hawaï, mais au Kenya, 
ce qui le rendait tout simplement
inéligible à la fonction présidentielle
Au mois d'octobre 2011, au cours de sa mandature, une série d'attentats à la grenade est perpétrée au Kenya et attribuée à un groupe islamiste somalien qui milite pour l'instauration de la charia. Or,  le 2 mai 2011, chef spirituel du réseau djihadiste Al-QaïdaOussama ben Laden est mort. Parce que Sunnite d'Arabie saoudite ?

Fin juin 2013, au cours d'une tournée d'une semaine sur le continent africain, il fait étape au Kenya, terre natale de son père où une ville porte désormais le nom d'Obama.

Mars 2015, en fin de mandat, Obama apporte son soutien aux Chiites de l'Etat islamique d'Iran. 
Barack Hussein Obama vire sa cuti en fin de second mandat

Israël n'a rien à perdre, mais tout à gagner à cette visite au Congrès 
Cette "mission historique" à Washington du Premier ministre israélien, "l'envoyé (…) de l'ensemble du peuple juif", a confirmé le sérieux coup de froid imposé par l'allié américain. Barack Obama, d'ailleurs, ne recevra pas le Premier ministre israélien.

Obama se désolidarise de l'Union européenne
Sanctions de l'Union européenne contre l'Etat islamique d'Iran:
- 2012: le Conseil européen décide un embargo sur le pétrole iranienainsi que le gel des avoirs de la Banque Centrale iranienne et l’interdiction du commerce de métaux précieux vers ou depuis l’Iran.Au Canada, extension des sanctions ciblant une centaine de nouvelles personnes morales et allongement de la liste des produits interdits de commerce avec l’Iran;

- 2011 : le Conseil européen déplore l’extension du programme nucléaire iranien et l’absence de coopération du régime;

- 2010: renforcement des dispositions prises en 2007 et ajout du gel d’avoirs iraniensinterdiction de transactions financières ainsi que des restrictions aux transports.

- 2007: le Conseil européen impose des restrictions commerciales portant sur les biens et technologies liées à l’armement et au nucléaire.
A l'un, la reconnaissance du droit à développer son énergie nucléaire;
aux autres celui d'un moulin à vent à monter...

(sous les applaudissements d'Europe écologie-les Verts)

Quand et comment l'Union européenne se fera-t-elle entendre?
L'antisioniste L. Fabius ne nous surprendra pas en restant égal à lui-même.
Quant à Manuel Valls, depuis la révélation que sa femme est israélite, il multiplie les gages à la communauté musulmane...

mercredi 25 février 2015

Exit la volonté du peuple: Matignon soumet ses députés PS à la discipline du bureau national

Les représentants socialistes de la nation perdent leur liberté de vote

La direction du PS appelle le pouvoir législatif à la soumission


Le bureau national du Parti socialiste s’est réuni mardi pour envisager des sanctions contre les rebelles sur son aile gauche. Les termes "unité", "concertation", "cohésion" et "obligations" figurent dans sa résolution. Echaudé par le psychodrame de la loi Macron et du recours au 49.3 pour court-circuiter les "frondeurs" qui menaçaient de ne pas la voter, le premier secrétaire ne dissimule pas sa fureur et sa volonté de sécuriser le PS et de remettre de l'ordre dans les rangs: "C'est la démonstration du non-respect de notre vie interne,"  a grondé le brutal. "Je suis tétanisé", ricane dans la foulée un député.

D'ailleurs, le PS décide finalement de... ne pas choisir entre soutien au gouvernement et soutien aux frondeurs. "Le PS doit se ressaisir", écrit en préambule le premier secrétaire, qui estime que "le manque de respect, de fraternité ou tout simplement de camaraderie a atteint un niveau intolérable". S'ensuit un exercice d'équilibriste.

Au final, la mise en garde adressée aux "frondeurs" ne fait référence à aucune sanction de la révolte des socio-démocrates de la semaine dernière. 
"Etre dans un groupe parlementaire signifie qu’une fois que le groupe parlementaire a pris position après débats et vote, il faut le respecter", a affirmé, à l’antenne de RFI le 25 février, le président du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume, ancien conseiller politique de Jean Glavany au ministère de l'Agriculture et de la Pêche (1998-2002) et actuel président du Conseil général de la Drôme depuis 2004. Il a annoncé qu’il ne se représentera pas aux élections départementales de mars prochain. Les républicains auront toute liberté de ne pas élire son candidat, Gérard Chaumontet (à droite), vice-président du département de la Drôme chargé de l'économie.

Pas de sanctions mais "des consignes de vote"

L'effet Charlie ? Finie la liberté d'expression des parlementaires socialistes: l'organe du parti les rappelle à "leurs obligations" et leur imposera ses "consignes de vote". Confronté au "vent de révolte" de "frondeurs" socialistes contre la Loi Macron qui a été adopté en force et, sans vote, avec recours à l'article 49.3 par le Premier ministre, l'exécutif a senti passer le "vent du boulet."
VOIR et ENTENDRE qui pensait en que le 49.3 est "une violation des droits du Parlement, une brutalité, un déni de démocratie, une manière de freiner ou d'empêcher la mobilisation", le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui en 2006, s'en prenait alors au premier ministre Dominique de Villepin, lequel avait choisi d'engager la responsabilité de son gouvernement sur le Contrat première embauche (CPE) en ayant recours au 49.3.


Coup de force interne: silence dans les rangs !

Une mise au pas au nom de la règle de "l’unité de vote de leur groupe": le bureau national du Parti socialiste donnera maintenant "ses consignes sur les textes après audition du gouvernement". Et si les consignes ne sont pas respectées ? Le bureau prévient que "tout manquement aura les conséquences prévues par les règles internes". Un rappel au règlement justifié par "la cohésion qui ne discute pas".

Le premier secrétaire coopté du "politburo" PS s'est dit satisfait d'un vote interne qui n'a pas donné lieu à une seule voix contre. "C'est un signe positif, encourageant," a estimé l'ancien trotskiste Jean-Christophe Cambadélis. La résolution a été votée par 29 voix pour, neuf abstentions et trois non participation au vote.

Le bureau national met son grand malaise sur la place publique


Une direction du parti assise entre deux chaises 
Les petits soldats du PS devront marcher au pas cadencé par le parti, mais s'il y a bien eu un rappel à l’ordre, c'est "un geste... pour les frondeurs", selon France Info !
"Il n'y a pas eu de division interne", commente le premier secrétaire du Parti socialiste.

 Dans sa résolution, le bureau national penche du côté "frondeurs"
Il a en effet concédé une circonstance atténuante aux députés qui ont critiqué le projet de loi Macron. Le bureau a avoué qu'il a été mis devant le fait accompli sur le nombre de dimanches ouverts au commerce. 
Le bureau réclame même un réexamen de ses propositions en seconde lecture. C'est un geste en faveur de ceux et celles qui veulent débattre et qui n'a pas échappé à Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice et membre de l'aile gauche du PS.
"Jean-Christophe Cambadélis a bien rappelé qu'un certain nombre de nos propositions faites au nom du bureau national n'avaient pas été prises en compte et qu'il souhaite qu'en deuxième lecture, ça puisse être entendu." 

VOIR et ENTENDRE quelques réactions au "caporalisme" (J.Guedj) de l'exécutif socialiste:



Nul ne sait sur quel pied danse le "frondeur" Jean-Marc Germain...
Tandis que Didier Guillaume fait valoir qu' "un parti politique n'est pas une association, c’est un endroit où on vote des lois," le député (PS, Seine-et-Marne) Eduardo Rihan-Cypel a ajouté sur Sud Radio: "Un parti, ce n’est pas un club de boules." Tous sont-ils donc satisfaits du déroulé du bureau national? L'élu originaire du pays de Lula se félicite en tout cas de "la restauration de l’autorité et le maintien de l’unité du PS". N'en déplaise à Valls, "les sanctions n’étaient pas l’objet du BN", a-t-il même assuré en avalant son petit quatre-heures... 
Le député PS des Hauts-de-Seine assurait devant Nicolas Beytout sur le plateau de l'Opinion, il y a quinze jours: "On a appris à être un parti de gouvernement mais pas au gouvernement." 

Le 25 février 2015 Jean-Marc Germain, était l'invité de Guillaume Durand sur LCI
"oui mais à condition qu'on garde quand même la possibilité pour un député d'avoir une liberté de vote et de conscience...il s'agit pas que ça se répète, il s'agit de vérifier que ça ne porte pas atteinte à la majorité."

Il fait aussi des aveux intéressants sur d'autres sujets

"Au fond, ça arrange les consommateurs de pouvoir aller faire ses courses le dimanche n'importe où." 

Autre remarque savoureuse sur les ressources sémantiques des parlementaires: "En 36, quand on a fait les congés payés,on n'a pas dit 'ça va vous empêcher de travailler pendant les vacances', on a appelé ça du ' temps libre'."




"Une deuxième question. Dans nos démocraties, qui doit avoir le dernier mot, le gouvernement ou le parlement? Dans toutes les démocraties du monde, à l'exception de la nôtre, c'est le parlement qui a le dernier mot. Regardez Obama, c'est un régime présidentiel. Quand il a voulu relever le plafond de la dette, il a proposé neuf budgets avant d'en faire accepter un." (...) "Est-ce qu'on dit qu'Obama est un président faible?"
"Parlons un peu des arrières pensées depuis le début de cette expérience à gauche." "Il faudrait que vous viviez de l'intérieur le parlement. Est-ce qu'on a parlé une seule fois de l'opportunité de passer de 5 à 2 dimanches ? Ce débat, il était interdit, interdit oui, et pourquoi est-ce que c'est monsieur Macron qui devrait avoir le dernier mot ? Le parlement a envoyé des dizaines de rapports, des rapports qui ont été commandés par toutes les majorités.(...)  Il y a régulièrement les mêmes rapports disant que ça ne créera pas d'emplois d'augmenter le nombre de dimanches (...) et ça détruira les petits commerces
"Il faut qu'on mette de la méthode mais l'élément central de cette méthode, c'est il faut un nouveau contrat de majorité, puisqu'on peut pas tout à fait faire ce qu'on avait dit. On a fait beaucoup de choses qu'on avait promises et maintenant on a une nouvelle page à écrire."  
"Tout ça sur papier avec des écologistes, avec des radicaux de gauche." "Si on a l'impression qu'il n'entendait pas l'intérieur du PS, ceux parmi les leaders du PS, Arnaud Montebourg  et Benoît Hamon, ils ont soutenu l'arrivée de Manuel Valls comme premier ministre."

Autres contre-vérités ou velléités...
Tout le monde à genoux...
"Parce qu'on savait qu'on allait arriver au pouvoir, on avait travaillé pour que chaque mesure qu'on propose soit financée, pour que ce soit adapté à la crise qu'on avait vécue [et surtout niée !], notamment cette emprise de la finance sur l'économie qui, quelque part, l'a étouffée. (...) Par exemple sur la loi bancaire, on a dû aller plus loin sans faire n'importe quoi: faut pas tuer les banques françaises."
"On n'a qu'à baisser l'impôt sur les sociétés, pour les entreprises qui investissent, l'augmenter sur celles qui versent des dividendes: c'est une proposition simple pour relancer l'investissement."