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mardi 2 juin 2020

Municipales à Paris: l'ex-LR Florence Berthout se rallie à Rachida Dati

Retour au bercail de l'enfant prodigue pourtant investie par le parti du président

Tête de liste de La République en marche dans le cinquième arrondissement, la candidate a finalement "trouvé un accord" avec Rachida Dati.

 
"Florence Berthout (...) sera candidate divers droite soutenant la candidature de Rachida Dati", est-il écrit dans un communiqué publié mardi après-midi.

Politiquement, "il ne s'agit pas d'un accord avec LREM".
Florence Berthout "a déposé une liste d'union de la droite et du centre" et est "inscrite en divers droites", a-t-on précisé dans l'entourage de la candidate. 
Anne Biraben, la candidate LR dans le 5e arrondissement se retrouve en troisième position de cette liste d'union de la droite. "Je mènerai une liste de rassemblement avec la volonté de poursuivre une logique d'union autour d'un projet ambitieux pour le 5e et pour faire battre Anne Hidalgo", a dévoilé dans un tweet Florence Berthout.

Aigreurs du candidat LREM

Lui-même ancien membre des cabinets ministériels de... Christian Jacob et François Fillon, Hugues Renson se sent isolé: "Je condamne fermement cet accord de boutiquier, destiné à sauver des places, si loin des valeurs que nous avons portées", a réagi en retour le député LREM de Paris: "les habitants du 5eme méritent autre chose..."

Florence Berthout était arrivée en tête du premier tour le 15 mars avec 28,5% des voix, devant la liste de Paris en commun (Anne Hidalgo) emmenée par Marie-Christine Legardeley (25,42%). 
Anne Biraben, la candidate de Rachida Dati, était arrivée troisième avec 17,27% des voix.
<br>Le renégat n'a pas de mots assez violents pour condamner sa collègue.
Il y a tout juste un an, la maire sortante, alors chef de file du groupe LR au Conseil de Paris, annonçait son départ du parti de droite, mais il n'a pas cru à ce retour au bercail pourtant pressenti depuis quelques jours. "Les électeurs de droite et du centre qui ont voté pour qu'elle soit maire du Ve arrondissement sont écœurés ce matin et puis je vais vous dire, les électeurs d'En marche ne voteront pas pour elle. Et puis je pense que les gens qui trahissent trahiront de nouveau. C'est de la trahison vis-à-vis des électeurs. En 2014, elle s'est roulée par terre pour avoir l'étiquette LR. […] Je trouve ça pathétique", avait vilipendé l'ancienne garde des Sceaux.
Florence Berthout est une girouette annonciatrice de la victoire 

Au début de la campagne pour les municipales, elle a reçu l'investiture LREM pour la mairie du 5e arrondissement. En février dernier, elle faisait encore part de son "enthousiasme" à la suite de la nomination d'Agnès Buzyn comme nouveau chef de file pour LREM à Paris. "Je pense que pour battre Anne Hidalgo il faut s'unir", avait insisté l'ancienne LR au 'Talk' du Figaro. "Dans ma liste, j'ai d'anciens adjoints LR, j'ai des élus LREM et j'ai des gens de la société civile", insistait-elle. Elle ajoutait encore qu'Agnès Buzyn "a une envie permanente de rassembler (...); elle fait cela avec beaucoup de panache et elle y croit". 
Florence Berthout en est visiblement revenue...

Municipales: PS et EELV joignent leurs faiblesses pour résister dans plusieurs grandes villes

Les maires sortants socialistes ne sont pas tranquilles

Le PS assurait que les alliances avec les Verts ne seraient plus automatiques...

Les candidats aux mairies achèvent les dernières tractations pour les municipales dans 5.000 communes le 28 juin. Le candidats ont en effet jusqu'au mardi  3 juin à 18h00 pour déposer leurs listes.<br>Lille (Nord), Dijon (Côte-d’Or), Grenoble (Isère), Strasbourg (Bas-Rhin) sont des villes a priori acquises à la gauche, mais à quelle gauche ? S'ils n'y prennent garde, les électeurs risquent de se retrouver avec des coalitions improbables de socialistes laxistes et d'écolos totalitaires. Encouragés par leur score aux européennes et des sondages flatteurs, les candidats écologistes sont souvent partis sans ménagement à l'abordage des villes dirigées par leurs traditionnels partenaires socialistes, stratégie arrogante assumée par leurs leaders Yannick Jadot et Julien Bayou, mais jugée aggressive par les socialistes imbus de leur grandeur passée.

L’alliance traditionnelle PS-écologistes ne devait plus être automatique, mais elle est de retour. A Dijon comme à Lille, les listes PS sont arrivées en tête, mais les deux anciens ministres échouent à éviter l'humiliation d'un second tour. Les deux maires sortants ne souhaitaient pas faire de place aux Verts et François Rebsamen comme Martine Aubry harcelés, sans les nommer, par le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, n'ont pas d'autre choix. 
"Certains barons ou baronnes se disent qu’ils veulent faire sans les écologistes, comme s’il n’y avait pas eu de premier tour, comme si à certains moments on n’avait pas fait 20, 25% ou plus", explique Julien Bayou, secrétaire national EELV et ancien conseiller de Christiane Taubira.  Les écologistes arrivent en tête notamment à Lyon, Besançon ou Strasbourg. Si certains élus socialistes refusent de fusionner avec les Verts, c’est non seulement pour des raisons idéologiques et comportementales, mais aussi arithmétiques. Ces compromis promettent des mairies chaotiques.
<br>Paris: PS et EELV trouvent un accord

La liste 'Paris en commun' de la maire socialiste Anne Hidalgo et les Verts emmenés par David Belliard ont trouvé un accord de coalition dans la nuit de lundi à mardi pour le second tour des municipales à Paris.

"On a trouvé un accord sur les trois thèmes sur lesquels on travaillait depuis plusieurs jours: le projet, la gouvernance et les listes", a indiqué  le directeur de campagne de la maire, Emmanuel Grégoire. "Nous avions un projet écologique et social et nous savions qu'une coalition était nécessaire. Nous la faisons aujourd'hui avec Anne Hidalgo", a souligné David Belliard dans un entretien avec Le Parisien.

Belliard D et Najdoski Ch
9 sept 2013
Anne Hidalgo était arrivée en tête du premier tour des municipales avec 29,3% des voix et David Belliard, seulement quatrième, avec 10,8%. Il n'était pas en position de force, mais Hidalgo ne peut faire sans cet apport, puisqu'il ne suffit encore pas. En 2014, elle avait obtenu 34,4 % des suffrages et avait déjà dû signer un accord programmatique avec Europe Ecologie Les Verts pour obtenir la fusion des listes, alors que la droite LR avait gagné quatre arrondissements dès le premier tour (elle en aura six à l'arrivée).

Les écologistes "demandaient à avoir une mairie après le 28 juin", "on a dit oui et on en discutera", avoue E. Grégoire.

Par ailleurs "il était question que David Belliard entre dans l'exécutif, s'il le souhaite, c'est à lui de l'exprimer", a-t-il ajouté. 
"Il y aura au minimum une mairie écologiste durant la prochaine mandature si les électeurs et les électrices nous accordent leur confiance pour gérer Paris. A cette heure, je ne peux pas encore vous dire laquelle, mais si nous remportons l'élection, les écologistes seront parties prenantes de la gouvernance de la capitale à tous les niveaux, et je m'en réjouis", a confirmé M. Belliard.
"Je suis satisfait que nous partagions avec les équipes d'Anne Hidalgo une large part du diagnostic, sur la nécessité de 'dédensifier' la capitale ou de renforcer les solidarités notamment", a-t-il commenté sur le fond.

Sur les projets d'aménagement urbains ou encore la question de la place de la publicité à Paris, "nous sommes parvenus à trouver de nombreux compromis importants", a-t-il souligné.

"Le projet Bercy-Charenton (XIIe) va être remis à plat : le nouveau projet, qui reste à discuter, fera l'objet d'une concertation citoyenne. Nous nous engageons à ce qu'il comporte la création d'un troisième bois à Paris. Sur le TEP Ménilmontant, comme sur la friche Ordener, nous avons obtenu des garanties de refonte de ces projets avec pour objectif de préserver ou d'augmenter la part de parcs et de jardins", a précisé D. Belliard.

"Il y a eu de bonnes avancées, c'est une bonne nouvelle", s'est réjoui Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV, au micro de Sud Radio. Les électeurs partageront-ils cette joie ?
Dans la majorité présidentielle, le dissident Villani refuse toute alliance - et compromission - avec Agnès Buzyn, candidate LREM et ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, au coeur de conflits d'intérêts avec les laboratoires internationaux qui combattent la bi-thérapie du professeur Raoult contre le coronavirus responsable de la Covid19.

La maire PS de Nantes conclut un accord avec EELV

Quand, à Paris, l'équipe de la maire sortante PS peinait encore à s'allier avec le candidat EELV, à Nantes, l'accord était déjà signé dans la nuit de dimanche à lundi 1er juin entre le PS de la maire sortante Johanna Rolland et les écologistes de la liste EELV menée par Julie Laernoes, arrivée deuxième au premier tour. Johanna Rolland, que Jean-Marc Ayrault avait posé derrière lui à la mairie de Nantes, est arrivée en tête avec 31,36% le 15 mars, largement devant Julie Laernoes (19,58%).

"L'accord de fond entre les listes de Johanna Rolland et Julie Laernoes ne nie pas les divergences entre leurs programmes respectifs. Mais il choisit de se concentrer au contraire sur des valeurs partagées et renforcées face à la crise", écrivent dans un communiqué commun les états-majors des candidates, sans prendre l'avis des militants. Les électeurs seront en revanche appelé à dire leur mot...

"Le rassemblement de la gauche et des écologistes est la réponse aux enjeux fondamentaux qui se posent pour l'avenir de Nantes, s'est félicitée la maire, en langue de bois. La crise du Covid dont nous sortons progressivement donne une acuité encore plus forte à cette nécessité du rassemblement", ajoute-elle, pour ne pas aborder les questions qui gênent. 
La tête de liste écologiste a, quant à elle, estimé qu'"il aurait été, dans ce contexte, irresponsable de passer notre tour, de ne pas essayer d'influer sur les mesures à prendre". "Il ne faut pas s'y tromper: il est en train de se passer quelque chose de fort", a-t-elle assuré. Nantais, Nantaises, vous voilà prévenu(e)s, avant l'ouverture de la pochette-surprise...

Leur accord programmatique reste flou. 
Les deux candidates affirment qu'il porte "l'ambition" - ce qui n'engage à rien - d'une "rupture dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques municipales" - ce qui paraît plutôt confus -  et "d'une action municipale profondément renouvelée pour agir à la transformation profonde de notre modèle". ous voilà renseigné(e)s !

Parmi les autres candidates susceptibles de se maintenir au second tour, Laurence Garnier, ancienne directrice des ressources humaines à PSA Peugeot-Citroën, puis à la Direction des achats, à la tête de la liste LR, avait recueilli 19,93% et  une auto-entrepreneuse dans l'éclairage d'intérieur, la député LREM, où elle est tout naturellement membre de la... commission des Lois, Valérie Oppelt, 13%. 
Où sont les hommes, Marlène Schiappa ?
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lundi 1 juin 2020

Désinfox municipales: les élus LREM sont-ils plus nombreux que les communistes au premier tour ?

Le journal Le Monde se consacre à la défense du parti présidentiel...

Humiliée, LREM se décharge sur cette presse pour nier la réalité
Elections municipales 2020 : notre carte de France des résultats
Magazine Capital (groupe Prisma)

Le parti communiste se félicite d'avoir obtenu plus d'élus que le parti du président au premier tour des municipales et Macron est entré dans une colère noire (si le CRAN permet...). 
 
Plus de 1.000 candidats PCF contre moins de 300 pour les LREM ont été élus conseillers municipaux au premier tour. 
Les sites ou pages Facebook communistes affirment que le Parti communiste (PCF) "a remporté plus de mairies" que le Rassemblement national (RN), qu’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) et que La République en marche (LREM) a fait trois fois moins. Ainsi le le blog communiste du pays de Morlaix cite-t-il un texte du blog Perspective communiste, lui-même tenu par un "militant communiste du Grand Lyon".
Sur Twitter, ce blog militant publie un graphique tendant à démontrer  que "le PCF est le troisième parti en termes d’élu.e.s municipaux", depuis le 15 mars dernier, derrière Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS). Avec 1.072 élus, le PCF se situerait largement devant le RN (498), LREM (268) et EE-LV (183).

Le Monde et le PCF omettent de citer Les Républicains arrivé premier ! 


Le graphique est dû à un journaliste de La Croix, Laurent de Boissieu et son site France politique où il analyse les résultats des élections depuis bientôt vingt ans.
A CheckNews (Le Monde), il confirme que les chiffres sont authentiques. S’il n’est pas l’auteur de l’infographie, Laurent de Boissieu explique qu’elle reprend bien ses tableaux qu’il a compilés en se fondant sur les chiffres bruts publiés par le ministère de l’Intérieur. Bien que ses hauts-fonctionnaires se disent constamment au travail (à l'instar du bringueur Christophe Castaner, un coureur de cocktails politiques, sans masque en période de confinement), "cette année, ils n’ont pas publié de récapitulatif, j’ai donc dû m’y coller", souligne-t-il.

A noter qu’il s’agit du nombre de conseillers municipaux élus sur une liste en fonction de sa nuance politique fixée par le ministère de l’Intérieur, dont le patron apparent est un proche de Macron : "Dit autrement, un membre du PS élu sur une liste PCF figure parmi les 1.072 PCF, tandis qu’un membre du PCF élu sur une liste conduite par un PS n’y figure pas [dans le décompte des élus du PCF]. Logique !
Comme il peut y avoir des élus communistes sur d’autres listes, notamment celles divers gauche [DVG], on est plutôt en dessous de la réalité qu’au-dessus."  
Mais c'est sans compter non plus les "SE" (sans étiquette) qui se sont dissimulés pendant la campagne mais qui sortent du bois dans l'entre-deux tours et revendiquent leur appartenance au parti du président...  

"Vérifier et corriger"

Parce que c'est nous, ce n'est pas LREM !
Par ailleurs, pour compter le nombre de maires réélus au premier tour, et non plus les conseillers - on s'écarte donc de la polémique soulevée par Le Monde -, La Croix préfère ne pas utiliser ces données brutes fournies par Beauvau : "Les nuances politiques utilisées par le ministère de l’Intérieur sont trop imprécises – il y a des PCF en liste homogène ou tête de liste d’union de la gauche – voire erronées pour pouvoir être utilisées. C’est pourquoi le PCF travaille à partir des remontées de ses fédérations et de l’Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr). A ma connaissance, les autres partis n’effectuent pas ou ne communiquent pas sur ce travail."

La République en Marche a voulu  avancer masquée; il ne faut pas maintenant que LREM se déclare lésée par les difficultés d'identification de ses candidats qu'elle a elle-même crées. 

Comme à chaque élection, Laurent de Boissieu demande donc à chaque parti de lui communiquer sa liste d’investiture pour "vérifier et corriger les nuances du ministère de l’Intérieur", pourtant bien placé en l'espèce pour étiqueter les candidats qui, comme Macron à la présidentielle, se sont glissé dans le nid des autres. 
Si une liste est considérée comme "divers gauche" par le ministère de l’Intérieur, mais que la tête de liste a été investie par le PCF, il comptabilisera logiquement le maire comme communiste. "Les partis m’apportent pour cela une aide plus ou moins fine. Le PCF est l’un des plus précis car ses données vont de Montreuil [Seine-Saint-Denis, plus de 100.000 habitants] à Bonneuil-en-Valois [Oise, à peine plus de 1.000 habitants]. 
Les partis moins caporalisés sont généralement moins précis que le PC: les ententes locales contre nature sont mal maîtrisées par les états-majors parisiens. C’est pourquoi, afin de réaliser mes cartes des maires élus au premier tour, j’ai été contraint d’utiliser des seuils différents en fonction des familles politiques (5.000 ou 10.000 électeurs). Pour pouvoir comparer le nombre de maires par parti politique, il faut donc retenir un même seuil."

Si on considère le seuil le plus bas retenu par le journaliste de la Croix, soit les villes de plus de "5.000 électeurs inscrits", il est également exact de dire que le PCF a obtenu (bien) plus de maires élus au premier tour que LREM : "Je compte 45 PCF élus ou réélus au premier tour contre six LREM." Côté RN, sept maires ont été élus ou réélus au premier tour, et quatre pour EE-LV.

LREM est un mouvement composite

Un tel écart en faveur du PCF s'explique par l'absence d'implantation locale du parti présidentiel, par ailleurs composé de néophytes, notamment de la société civile, et inconnus des populations. Le poids de LREM lors des derniers scrutins nationaux ne représente pas grand chose dans la France profonde: Macron et ses parlementaires élus ne sont pas intégrés. Ils sont hors-sol ! 
"Il y a trois effets qui jouent en faveur du PCF et en défaveur de LREM.
Le premier, c’est que le PCF, contrairement à LREM, a historiquement des bastions locaux, par exemple dans les Hauts-de-France, la Seine-Maritime, les héritages de la "ceinture rouge" en banlieue parisienne ou du "Midi rouge" dans les Bouches-du-Rhône. 
Le deuxième, c’est que le premier tour des élections municipales profite généralement aux maires sortants. Cela peut d’ailleurs être un peu corrigé au second. 
Enfin, le troisième tient au fait que LREM, nouveau parti avec peu de sortants [qui ne seraient pas des renégats socialistes ou juppéistes], a privilégié [a été contraint, pour exister,  à] des alliances locales. 
A l’issue du second tour - pour arranger l'exécutif - il faudra donc plutôt analyser par blocs d’alliance. Prenez l’exemple d’Edouard Philippe : s’il est réélu au Havre, on ne pourra pas le compter LREM, parti auquel il n’appartient pas, mais bien dans la majorité gouvernementale, puisqu’il en est même le chef en tant que Premier ministre." Un aménagement: une carabistouille macronienne suggérée par sa presse.

Le second tour doit avoir lieu le 28 juin prochain, si la situation sanitaire le permet. Les fact-checkers de la presse à genoux ne manqueront pas de prolonger activement la tambouille électorale servie à Macron.  
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lundi 30 mars 2020

Municipales: Macron ne décide plus de rien, suggère Bayrou

"Macron voulait reporter le scrutin," assure le maire de Pau

Qui décide à l'Elysée ? Les oppositions ?

Le passage à l'heure d'été serait donc fatal au "maître des horloges" : alors que le 1er tour s'est tenu malgré l'épidémie de coronavirus et que la décision du président est lourde de conséquences en vies humaines, le maire de Pau assure que le "chef de guerre" s'est laissé dicter sa conduite par l'opposition, en dépit des mesures de confinement décrétées par le premier ministre. 

Deux semaines après les municipales qui ont contribué à la propagation du virus, le maintien du premier tour des élections municipales malgré l’épidémie de coronavirus continue de susciter l'indignation, puisque que nombre d’assesseurs ont été testés positifs au Covid-19 et que plusieurs responsables politiques dénoncent un scandale.

Bayrou a mis le temps, mais il a mûri la contre-offensive

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Dans Le Figaro de ce lundi 30 mars, le président du MoDem François Bayrou tente de maquiller les faits. Le mis en examen continue de sévir, malgré des faits de "complicité de détournement de fonds publics" dans l’affaire des assistants parlementaires européens du parti centriste. Il ne craint pas d'affirmer que l’option du report avait non seulement sa préférence, mais aussi celle d’Emmanuel Macron. Que ne l'a-t-il clamé plus tôt, et surtout avant la prise de décision de Macron qui a envoyé des Français au casse-pipe

Le Monsieur Propre jauni se donne le beau rôle. 
"Dès lors qu’on devait fermer les écoles, puis les bars et les restaurants, il était évident pour moi que la conclusion logique et immédiate ne pouvait être que le report des élections.
"C’était précisément l’avis du président de la République”, assure celui qui sonde les reins et les coeurs

Amazon.fr - Gueules cassées - Delaporte, Sophie, Audoin-Rouzeau ...
Macron a eu ceux que
le LBD 40 de Castaner a manqués
Et l'aigri qui a foiré tout ce qu'il a tenté de pointer les pressions exercées sur l’exécutif: “les oppositions ont poussé de hauts cris en criant [ce ministre de l'Education souille l'image de l'agrégation de lettres] au déni de démocratie. Le consensus nécessaire est devenu impossible et la décision n’a pas été prise”. Le chef de guerre n'en impose plus qu'à ses godillots de l'Assemblée. 

Sans consensus politique sur le sujet, tout utilisateur de l'article 49;3 et des ordonnances qu'il soit, Jupiter ne pouvait obtenir l’union nationale qu’il appelait de ses voeux, alors que celle-ci s'est depuis concentrée sur le Covid-19. 

Le matin même, "devant les responsables politiques du pays”, Macron n'avait pas envisagé le maintien, explique Larcher, du fait, précise-t-il que "le stade 3 n’est alors pas d’actualité".  

Le tordu-de-Pau ne rappelle pas que, le même soir, l'exécutif avait viré casaque et que le maintien devenait incohérent:  “Samedi soir, la situation change: intervention du premier ministre, confirmation du stade 3 avec ses restrictions”. 

lundi 23 mars 2020

Coronavirus : l'état d'urgence sanitaire est voté

La commission mixte paritaire entre Assemblée nationale et Sénat a trouvé un accord

L'état d'urgence sanitaire fixera des mesures d'exception encadrant nos vies

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Il était une fois dans l'Ouest:
prêts à dégainer...
Le confinement, les restrictions de libertés publiques et des mesures de soutien aux salariés et aux petites entreprises, etc... sont réglementés "à compter de l'entrée en vigueur" de la loi, dès sa parution au Journal officielle. Il pourra y être mis fin par décret avant l'expiration du délai, si la situation sanitaire s'améliorait.
Le Sénat, puis l'Assemblée nationale - qui avaient voté des versions différentes du projet de loi sur l'urgence sanitaire - ont examiné le texte en urgence jusque dans la nuit de samedi à dimanche: la commission mixte paritaire entre les deux assemblées a trouvé un accord ce dimanche après-midi. Il vise à permettre aux dirigeants des entreprises privées mais aussi à la fonction publique d’adapter l’organisation du travail à la situation de crise.

Les députés ont voté l'état d'urgence sanitaire", après avoir obtenu un ultime feu vert du Sénat. "Unité, responsabilité et intérêt général ont prévalu, comme il se devait. Nous apportons, ensemble, des réponses à la hauteur de la crise que traverse notre pays", s'est félicitée, elle aussi sur Twitter, la présidente de la Commission des lois, la députée LREM Yael Braun-Pivet.
"Par son unité, le Parlement se montre à la hauteur de la situation", s'est félicité sur Twitter l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, un Macron-compatible qui  toujours prompt à se porter en avant pour recueillir les fruits de l'effort collectif.

Promulgation lundi
A l'Assemblée nationale, le texte avait recueilli une très large majorité avec 510 voix pour, 37 contre et 28 abstentions. Compte tenu de l'épidémie, l'Assemblée a siégé dans un format confiné et un climat pesant : seule une vingtaine de députés étaient présents, munis des délégations de leurs collègues. Au dernier comptage, ils étaient 19 députés à avoir été atteints par le virus. 

Parallèlement aux voix de la majorité et celles de LR en faveur du texte,
le PS s'est abstenu, tandis que les députés LFI et communistes ont voté contre, dénonçant un "champ des restrictions des libertés publiques beaucoup trop large" et estimant le contrôle du Parlement insuffisant sur les nouveaux pouvoirs que le texte octroie à l'exécutif.

Grâce à ce vote de l'état d'urgence sanitaire,
le gouvernement n'a plus d'excuses pour ne pas réagir rapidement et fermement aux problèmes existant, comme à ceux qui ne manqueront pas de se présenter chaque jour et que  Macron doit pouvoir anticiper. Pour l'exécution des mesures qu'il tarde encore à prendre, il n'a pourtant plus à solliciter à chaque fois l'accord de l'Assemblée nationale et le Sénat, "tout en restant sous le contrôle des deux assemblées", tente de rassurer Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, dans un entretien avec Le Télégramme.

Présentée mercredi dernier en Conseil des ministres, cette loi permet au gouvernement de se doter de nombreux moyens pour organiser la lutte contre le virus. 

La loi autorise aussi le gouvernement à prendre des ordonnances dans de multiples domaines (sanitaire, économique, droit du travail, social…) dans le cadre de cet état d'urgence. Parmi celles-ci, la possibilité pour les employeurs d’imposer à leurs salariés des jours de congés payés pendant la période de confinement. Mais face à la montée d’une polémique, et après des négociations entre les syndicats et le gouvernement, certains freins ont été ajoutés.
Les jours de congé imposés limités à une semaine
Un accord d’entreprise ou de branche restera nécessaire et ces congés imposés ne pourront excéder une semaine. Le sénateur Les Républicains Alain Milon avait déposé un amendement en ce sens "dans un souci de proportionnalité", argumentant que cette période de confinement contraint "ne saurait être assimilée à des vacances". Mais ces restrictions ne touchent pour l’heure ni les RTT, ni les jours du compte épargne-temps.
Comme le réclamaient les syndicats, le Parlement a par ailleurs voté la suspension du jour de carence des fonctionnaires en cas d’arrêt maladie pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire. Ce sujet faisait l’objet d’un bras de fer entre les organisations professionnelles et les pouvoirs publics. « Le jour de carence était très mal vécu, explique la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques Mylène Jacquot. Quand un agent doit se mettre en arrêt pour raison médicale liée au coronavirus, il était incompréhensible qu’il puisse voir son traitement amputé."
Les principales mesures du projet de loi

Résultat de recherche d'images pour "il etait une fois dans l'ouest"La version modifiée du texte prévoit un renforcement des sanctions contre les contrevenants au confinement. En cas de premier acte d'incivisme, l’amende est de 135 €, et monte à 1.500 € en cas de récidive "dans les quinze jours" : un coup de massue dans le vide, puisque les Français ne sont pas tous solvables.  "Quatre violations" constatées "dans les trente jours" sont passibles de « 3 700 € d’amende et six mois de prison au maximum. Les parlementaires qui ont voté ce niveau de sanctions croient que le racket a un effet dissuasif...

Le délai de carence de trois mois des expatriés de retour en France pour accéder à la Sécurité sociale va être suspendu : ils pourront y accéder dès leur arrivée.

Le décret de convocation des électeurs pour le second tour des élections municipales doit être pris au plus tard le 27 mai, si les conditions sanitaires le permettent.  
Si, pour des raisons sanitaires, le second tour ne peut avoir lieu le 21 juin, alors les élections repartiront de zéro - un premier tour et un second tour - dans les villes où le maire n'a pas été élu au premier tour.

mardi 17 mars 2020

Buzyn révèle avoir prévenu Macron de l'ampleur de l'épidémie de coronavirus

Une bombe dans le jardin du chef de guerre d'opérette

Agnès Buzyn livre des confessions qui accablent Macron

L'ex-ministre de la Santé qualifie de "mascarade" la tenue des élections municipales. 

L'onde de choc provoquée par les propos explosifs de l'ex-ministre de la Santé dans Le Monde du 17 mars ne fait que commencer à se propager, en pleine crise du coronavirus, contre laquelle Emmanuel Macron a pris la posture du "chef de guerre"... sanitaire.
Humiliée par son classement au troisième rang du premier tour de la municipale à Paris, celle qui a dû remplacer au pied levé le candidat LREM chéri de Macron, Benjamin Griveaux, contraint à l'éjection précoce pour des vidéos de masturbation diffusées, affirme qu’elle était parfaitement au courant de l’ampleur que prendrait l’épidémie du covid-19, assure-t-elle - ce qui a pu la décider à abandonner le navire du gouvernement pour tenter de sauter dans le siège occupé par Anne Hidalgo, la maire PS sortante. 

"En même temps", elle se trahit, admettant en creux avoir menti aux électeurs puisqu’elle s'est tue, n' hésitant pas à se lancer prioritairement à la conquête de la capitale, plutôt que de livrer son combat de médecin contre le virus. "On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade," déclare-t-elle du premier tour des municipales pendant la phase 2 de l'épidémie au Covid-19.

Elle avait prévenu Emmanuel Macron et Édouard Philippe dès le mois de janvier de la catastrophe sanitaire qui se profilait. 

Résultat de recherche d'images pour "geluck general alcazar vrité con"
"Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu", affirme celle qui, il est vrai, ne cachait pas ses larmes lors de sa passation de pouvoirs avec Olivier Véran. Le chef de guerre l'a-t-il écartée pour défaitisme ou pour incompétence ?

Buzyn libère-t-elle sa conscience ou la "buse" se venge-t-elle de son envoi au casse-pipe?
Agnès Buzyn poursuit: "Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée." 

Pourtant, c’est bien son équipe de campagne qui a contacté, via SMS, 500.000 électeurs pour les appeler à voter Agnès Buzyn dimanche 15 mars, avec tous les risques sanitaires que le déplacement aux bureaux de vote comportait. 

Pourquoi, alors, a-t-elle vidé les stocks français de masques, à la mi-février, pour les envoyer en Chine, en pleine conscience ?
Le député européen du Rassemblement national Thierry Mariani a regretté l'envoi par la France de "17 tonnes de masques et de gants en Chine", alors que les hôpitaux français manquaient déjà de masques. Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères confirme dans un communiqué de son ministère, daté en effet du 19 février dernier. "La France a décidé de manifester sa solidarité à l’égard du peuple chinois confronté à l’épidémie de Coronavirus", précise le quai d'Orsay. "Un Airbus A 380 affrété par la France a décollé ce soir de l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle à destination de Wuhan", précise le communiqué.

Plus incohérent, la ministre-médecin avoue avoir pris conscience très tôt de l’ampleur de la crise à venir. 
“Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président [Macron] sur la situation”, indique l’ex-ministre. 
Elle précise même avoir prévenu Edouard Philippe dès le 30 janvier pour l’avertir "que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir". Pourtant, quand Griveaux a giclé de la campagne, l’ex-ministre de la Santé a quand même quitté le ministère de la Santé pour tenter l’aventure électorale. 
"Je recevais des milliers de textos me disant : ‘Il n’y a que toi…’ Je me suis dit que je n’allais pas laisser La République en marche dans la difficulté… Paris est un beau mandat. J’ai appelé moi-même le président pour lui dire que j’y allais", admet la vaniteuse. Des propos rétrospectifs surprenants, sachant qu’elle avait elle-même attaqué Anne Hidalgo sur sa gestion du coronavirus. Ce mardi dans Le Monde, ce choix de Macron d'une ministre inappropriée prédit maintenant des “milliers de morts” dans l’Hexagone. 

Contamination des municipales: Macron se rend à la raison et reporte le second tour

A quoi la décision hasardeuse de Macron du maintien du premier tour a-t-elle mené ?

Macron a annoncé lundi le report sous la menace du coronavirus

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Les candidats du premier tour seront-ils encore vivants pour le second ? 
Prévu dimanche, le second tour des élections municipales ne pourra avoir lieu. L'exécutif envisage de l'organiser à nouveau, au plus tard le 21 juin, une mesure vivement réclamée par la classe politique.
"Le Premier ministre" Edouard Philippe "en a informé aujourd'hui même les chefs de parti représentés au Parlement. Cette décision a fait l'objet d'un accueil unanime", a affirmé le chef de l'Etat dans son intervention télévisée annonçant le confinement des Français, c'est-à-dire l'interdiction d'aller travailler et l'obligation de ne pas sortir de son domicile pendant les quinze jours à venir.

Le report ne concerne toutefois que 5.000 des 35.000 communes de France puisque les élections qui ont été conclues à l'issue du premier tour dimanche dernier "sont acquises", a certifié le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.
"Nul ne comprendrait en effet que les résultats réguliers d'élections organisées conformément aux lois de la République (...) soient remis en cause", a-t-il commenté.
Pour le second tour, nécessaire dans 5.000 communes, le gouvernement travaille sur "un projet de loi" qui reporte ce scrutin à une date ultérieure, au plus tard au mois de juin."

Le texte prévoit de commander un rapport "dans un délai de six semaines au plus" au fameux "conseil scientifique", créé sur mesure et dans la précipitation, mais dont la composition reste une énigme, pour la gestion de la crise sanitaire du coronavirus, afin de statuer sur la possibilité d'organiser les élections "au plan sanitaire". 
Ce document, qui sera donc remis en mai au plus tard, serait ensuite présenté "à l'ensemble des forces politiques", a ajouté C. Castaner, dit le "kéké de Marseille", et "c'est avec elles que nous prendrons la décision précise (...) du choix de la date qui est possible d'ici à la fin du mois de juin".

Sur TF1, le patron des sénateurs
LR, Bruno Retailleau, a demandé à Philippe de réunir lundi les chefs de parti pour une décision "collectivement" d'un report du second tour. 
Yannick Jadot, le chef de file d'Europe Ecologie-Les Verts, a, lui, réclamé un report du second tour dès que possible.

Edouard Philippe a annoncé dimanche la réunion "à nouveau en début de semaine" des experts scientifiques et "les représentants des forces politiques" afin de prendre une décision sur le second tour des municipales, menacé par la crise du coronavirus.
Si le premier tour "s'est parfaitement déroulé (...) le taux d'abstention élevé que nous enregistrons témoigne cependant de l'inquiétude grandissante de nos concitoyens face à l'épidémie qui nous frappe", a ajouté le Premier ministre, alors que certains responsables politiques appellent à un report du second tour.

L'Edouard Philippe a débattu de ce report dans l'après-midi en recevant les chefs de partis, leur proposant notamment la date du 21 juin. Or, Jean-Luc Melenchon assure que LFI n'a pas été consultée. Lien PaSiDupes

Mercredi, un Conseil des ministres devrait annuler la convocation du second tour dans les délais actuels et présenter un projet de loi, notamment pour prolonger les mandats des maires où le premier tour n'est pas conclusif et régler des problèmes liés aux comptes de campagne, selon un compte-rendu obtenu de sources parlementaires.

Interrogé sur France 2 dimanche soir sur le report du second tour des élections municipales, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a évoqué l'hypothèse d'un report : "S'il y a une détérioration de la situation sanitaire, ça doit l'emporter sur toutes les autres considérations."

La plupart des personnalités politiques demandent l'annulation du second tour. C'est le cas de
François Ruffin qui appelle à un report. "Avec une abstention record, avec une campagne impossible… le maintenir serait mauvais pour la santé des citoyens, mais aussi pour celle de la démocratie", a publié le député. L'absentéisme a en effet atteint près de 55% (54.5%) d'abstention au 1er tour en France ...

Le report a été largement approuvé lundi.
"Côté Républicains nous avons accepté" cette proposition qui "nous semble équilibrée", a affirmé sur BFMTV le patron des députés LR Damien Abad.

"C'est ce que nous avions plaidé, cela concilie santé publique et démocratie", a affirmé le secrétaire national d'EELV Julien Bayou en soulignant que "cela n'aurait pas eu de sens de dire, avec tous ces électeurs qui se sont déplacés, 'En fait c'était pour rire' ".

"La situation sanitaire de notre pays doit guider l'ensemble de nos décisions", a insisté lundi matin le patron du PS Olivier Faure, selon qui organiser le second tour dans ces conditions "apparaîtrait lunaire".

De nombreux candidats ont interrompu leur campagne lundi
Agnès Buzyn (LREM) et Cédric Villani (ex-LREM) à Paris, Jacques Kossowski (LR) à Courbevoie et Damien Meslot (LR) à Belfort, François Rebsamen (PS) à Dijon...
"Le second tour n'aura manifestement pas lieu compte tenu de l'aggravation prévisible de l'épidémie" a affirmé dimanche soir la présidente du RN Marine Le Pen, qui a décidé de se confiner "par précaution" chez elle lundi, donnant l'exemple.

Macron tergiversait encore jeudi dernier sur le report du premier tour du scrutin. Mais l'opposition, de gauche comme de droite, était immédiatement montée au créneau.

Martine Aubry et Anne Hidalgo (PS) avaient fait savoir leur totale opposition.

"Si c'était le cas, c'est un coup d'Etat, s'était ainsi indigné le président des Républicains Christian Jacob, tandis que le numéro deux du RN Jordan Bardella dénonçait un "amateurisme (...) extrêmement inquiétant pour la suite". 

Samedi soir, la situation était devenue intenable
: dans la foulée de nouvelles données statistiques et des mesures de confinement nécessaires annoncées par Édouard Philippe, des élus de tous bords ont réclamé un report des élections.

Dimanche, l'abstention a atteint un record (56%). Le bilan de l'épidémie est passé à 120 morts et 5.400 cas. Christian Jacob est testé positif au coronavirus. Le ton alors a définitivement basculé dans la classe politique.