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mardi 2 juin 2020

Municipales à Paris: l'ex-LR Florence Berthout se rallie à Rachida Dati

Retour au bercail de l'enfant prodigue pourtant investie par le parti du président

Tête de liste de La République en marche dans le cinquième arrondissement, la candidate a finalement "trouvé un accord" avec Rachida Dati.

 
"Florence Berthout (...) sera candidate divers droite soutenant la candidature de Rachida Dati", est-il écrit dans un communiqué publié mardi après-midi.

Politiquement, "il ne s'agit pas d'un accord avec LREM".
Florence Berthout "a déposé une liste d'union de la droite et du centre" et est "inscrite en divers droites", a-t-on précisé dans l'entourage de la candidate. 
Anne Biraben, la candidate LR dans le 5e arrondissement se retrouve en troisième position de cette liste d'union de la droite. "Je mènerai une liste de rassemblement avec la volonté de poursuivre une logique d'union autour d'un projet ambitieux pour le 5e et pour faire battre Anne Hidalgo", a dévoilé dans un tweet Florence Berthout.

Aigreurs du candidat LREM

Lui-même ancien membre des cabinets ministériels de... Christian Jacob et François Fillon, Hugues Renson se sent isolé: "Je condamne fermement cet accord de boutiquier, destiné à sauver des places, si loin des valeurs que nous avons portées", a réagi en retour le député LREM de Paris: "les habitants du 5eme méritent autre chose..."

Florence Berthout était arrivée en tête du premier tour le 15 mars avec 28,5% des voix, devant la liste de Paris en commun (Anne Hidalgo) emmenée par Marie-Christine Legardeley (25,42%). 
Anne Biraben, la candidate de Rachida Dati, était arrivée troisième avec 17,27% des voix.
<br>Le renégat n'a pas de mots assez violents pour condamner sa collègue.
Il y a tout juste un an, la maire sortante, alors chef de file du groupe LR au Conseil de Paris, annonçait son départ du parti de droite, mais il n'a pas cru à ce retour au bercail pourtant pressenti depuis quelques jours. "Les électeurs de droite et du centre qui ont voté pour qu'elle soit maire du Ve arrondissement sont écœurés ce matin et puis je vais vous dire, les électeurs d'En marche ne voteront pas pour elle. Et puis je pense que les gens qui trahissent trahiront de nouveau. C'est de la trahison vis-à-vis des électeurs. En 2014, elle s'est roulée par terre pour avoir l'étiquette LR. […] Je trouve ça pathétique", avait vilipendé l'ancienne garde des Sceaux.
Florence Berthout est une girouette annonciatrice de la victoire 

Au début de la campagne pour les municipales, elle a reçu l'investiture LREM pour la mairie du 5e arrondissement. En février dernier, elle faisait encore part de son "enthousiasme" à la suite de la nomination d'Agnès Buzyn comme nouveau chef de file pour LREM à Paris. "Je pense que pour battre Anne Hidalgo il faut s'unir", avait insisté l'ancienne LR au 'Talk' du Figaro. "Dans ma liste, j'ai d'anciens adjoints LR, j'ai des élus LREM et j'ai des gens de la société civile", insistait-elle. Elle ajoutait encore qu'Agnès Buzyn "a une envie permanente de rassembler (...); elle fait cela avec beaucoup de panache et elle y croit". 
Florence Berthout en est visiblement revenue...

jeudi 18 juillet 2019

Griveaux insulte ses concurrents de LREM

Pour l'élu de Macron, ses rivaux seraient des "abrutis" ou des "fils de p..."

L'individu est-il l'homme qu'il faut à la tête de Paris ?

Le candidat LREM aux municipales à Paris aurait été insultant envers ses anciens adversaires pour l’investiture présidentielle à la municipale de Paris, révèle Le Point. 

L'ancien porte-parle du gouvernement, Benjamin Griveaux, est un arrogant avéré, mais on découvre maintenant qu'il est aussi mal embouché. S'il est si peu respectueux d'un mathématicien récompensé de la médaille Fields, des femmes, des homosexuels ou des Franco-Marocains, les candidats opposés à La République en marche vont devoir enrichir leur vocabulaire. 

Quelques semaines avant son investiture par le parti présidentiel, l’ancien porte-parole du gouvernement semblait déjà bien confiant. "Je sais exactement ce que l’on va faire et sur quel calendrier, mais ça, c’est entre le président et moi […] Tout cela est très réfléchi depuis le début ", aurait affirmé Benjamin Griveaux, cité par l’hebdomadaire. 
"Qui tient Bournazel par les c… depuis le début si ce n’est moi ? 
Pourquoi est-ce qu’on fait entrer [Franck] Riester au gouvernement ? Pour tenir les mecs d’Agir, tout cela n’est pas le fruit du hasard", aurait-il ajouté. 
"Il y a un abruti chaque jour qui dit qu’il veut être maire de Paris", aurait même conclu Benjamin Griveaux.

Villani "quand même plus intelligent que les autres"

Le candidat à la mairie de Paris est plus respectueux de sa femme, on l'espère, que de ses anciens concurrents à l’investiture. 

Pour lui, Cédric Villani "n’a pas les épaules pour encaisser une campagne de cette nature. Il ne verra pas venir les balles, il va se faire désosser !"

Hugues Renson, "c’est un fils de p…, on le sait depuis le premier jour", estime Griveaux, imbattable sur le sujet

L’ancien secrétaire d’Etat Mounir
Mahjoubi bénéficie d’un cinglant "no comment", lourd de sens, du fait de certains tabous

Le "monde nouveau" de Macron cale encore au démarrage
Malgré les critiques à son encontre, Benjamin Griveaux accorde, à propos de Cédric Villani, qu’il est "quand même plus intelligent que les autres". Griveaux, notamment ?

Selon Le Point, ils ont tous été informés de ce que ce dernier pense d’eux, alors qu’il les appelle désormais à le rejoindre dans la bataille pour la mairie de Paris. Pas sûr que les "abrutis" accourent. S'ils le faisaient, ils confirmeraient... 

Preuve s’il en faut, Cédric Villani a récemment posé sur une photo avec la maire de Paris Anne Hidalgo lors du concert du 14 Juillet, quelques jours seulement après sa défaite. L'entourage du candidat, cité par franceinfo, affirme que "Benjamin Griveaux déplore qu'une conversation privée se retrouve dans la presse". "Dès qu'il en a pris connaissance, il a appelé les personnes citées pour s'excuser auprès d'elles", est-il ajouté. 

mercredi 10 juillet 2019

Municipales à Paris: Griveaux, candidat pleurnichard à l'investiture LREM

"S'il y en a un qui n'a pas été épargné, c'est moi  !", raconte le favori de l'Elysée

Méprisant de ses rivaux, il a fanfaronné, croyant sa cause gagnée d'avance

Résultat de recherche d'images pour "b griveaux"Mais à la veille de son oral devant la commission nationale d'investiture de LREM pour les municipales à Paris, Benjamin Griveaux livre ses inquiétudes, alors que les autres concurrents n'ont pas eu droit à cette tribune. 

Lorsque Emmanuel Macron était encore en campagne pour l'Elysée, la répartition des rôles était fixé: la Mairie de Paris lui serait dévolue ! Assuré du soutien du président, l'ancien porte-parole du gouvernement s'y voyait donc déjà. Or, depuis quelques semaines, les plans d'origine semblent bouleversés. A quelques heures du grand oral des candidats face à la commission d'investiture nationale de La République en marche (LREM), Griveaux fait appel à l'homme d'affaires François Pinault pour faire paraître un entretien dans son magazine, Le Point, et pour marteler ce qui le sépare de son adversaire principal, Cédric Villani, sa stratégie, son image écornée... et l'hypothèse Edouard Philippe.

L'opération a de quoi surprendre puisque Pinault passe pour être en amitié avec Hollande. Certes Griveaux et Villani sont d'anciens socialistes repentis, mais lors d'un entretien accordé à 'M, le magazine du Monde', le 23 juin 2018, l'homme d'affaire François Pinault, 30e fortune mondiale en 2019, déclara qu'Emmanuel Macron "ne comprend pas les petites gens ". Il indiqua aussi qu'il a "peur qu'il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes". Cet entretien déclencha une vague de condamnations de la part de l'Elysée et des proches du président de la République. Ainsi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, déclara-t-il notamment : "De la part de quelqu’un qui pendant longtemps n’a pas payé d’impôts, je ne suis pas certain qu’il comprenne lui-même les petites gens"...

Le Point : Pourquoi seriez-vous le meilleur candidat de La République en marche à Paris  ?

Résultat de recherche d'images pour "b griveaux"
Benjamin Griveaux : A Paris, ce n'est pas quelques semaines ou quelques mois de mobilisation qui font que vous êtes suffisamment entouré, que vous avez pris le temps d'écouter. Moi, j'y travaille depuis près de deux ans, je vais à la rencontre des gens, sans Twitter, sans Facebook, sans caméra, sans journaliste [dénigre-t-il]. J'ai lu que la tribune de ce week-end [34 élus parisiens ont confirmé leur soutien à Benjamin Griveaux dans le JDD] serait une forme de réaction. Vous pensez vraiment qu'on puisse réunir ces gens en un claquement de doigts pour signer une tribune  ?

Vous ne pouvez pas dire que le timing n'est pas calculé...

On a aussi le droit, quand on mène une campagne, qu'on veut devenir maire de Paris, d'être le maître de ses horloges [Macron aux petits pieds]. Cette tribune, c'est le fruit d'un travail de très longue haleine, ce ne sont pas des ralliements de dernière minute. J'ai autour de moi des gens de toutes les sensibilités, et je pense qu'au fond, c'est ça ma spécificité. J'ai toujours dit, depuis le premier jour, que le candidat soutenu par LREM à Paris devra être central. Je ne crois pas aux stratégies de gauche, écolo, de droite, ou que sais-je encore. Il faut être central, point. Moi, j'ai à mes côtés aussi bien l'adjointe Vert de la mairie du 20e [Florence de Massol, vous connaissez ? Non ! C'est une ex-EELV, ralliée à LREM, comme Canfin] que des élus de droite [Sylvain Maillard est un UDI passé à LREM et Alexandre Vesperini, un  juppéiste d'Agir! mené par Franck Riester passé ministre de Macron]. C'est ça l'ADN absolu d'En marche [!] Ce qui n'est pas le cas d'autres [c'est leur honneur...]…

Quel thème vous paraît le plus porteur  ? Vous avez beaucoup parlé d'ordre dans cette campagne...

Il faut remettre de l'ordre dans l'espace public et il ne s'agit pas que de la police municipale. La ville est en désordre. Certains disent que le maire ne doit pas être gestionnaire. Bien sûr que si  ! Je revendique absolument l'idée que le maire de Paris doit être un bon gestionnaire. Quand vous faites des travaux trois fois dans la même rue, la même année, un coup pour l'eau, un coup pour le gaz, un coup pour la fibre, franchement, vous emmerdez, comme disait Pompidou, les gens trois fois. Et écologiquement, c'est un désastre. Etre bon gestionnaire, c'est aussi être écolo. Evidemment qu'il faut faire des travaux, je ne suis pas démago, mais on va les séquencer intelligemment [l'intelligence n'est pourtant la marque fabrique de Griveaux]. Et il n'y a pas un seul trou de bitume dans Paris sans accord du maire du Paris. La vision, c'est bien, mais il n'y a pas de visions sans réalisations concrètes, sans régler les problèmes des gens en bas de chez eux.

Vous parlez d'écologie, certains disent que vous n'avez d'écologique que la posture. Qu'avez-vous à leur répondre  ?

Rien. Ce sont des effets de tribune. Je ne me suis pas découvert une fibre écologique après les résultats des élections européennes. J'ai été le seul membre du gouvernement à m'opposer, dès novembre, au projet Europa City. Le sujet des maladies respiratoires des enfants, je m'en suis saisi quinze jours après ma sortie du gouvernement. Mon engagement est ancien. Et c'est moi qui ai été rejoint par Antonio Duarte. Je ne veux pas être "le premier maire écolo" [comme l'a ironisé Cédric Villani lors de son meeting le 4 juillet], je veux que Paris soit la première ville écolo.

En quoi vous différenciez-vous de vos adversaires  ?

Je ne crois pas qu'on ait des visions opposées, il y aura des choses à prendre chez les uns et chez les autres. Moi, je porte surtout une méthode, et c'est la raison pour laquelle j'ai voulu que cette investiture se fasse tôt. Je ne conçois pas qu'on fasse une campagne sans associer les Parisiens. Or, si on ne choisit pas de candidat maintenant, on ne pourra pas matériellement le faire. Je n'ai pas demandé ce calendrier pour le plaisir  ! Il faut trouver 17 mandataires financiers, tous les gens qui seront têtes de liste devront emprunter à titre personnel et il faut aussi parler avec nos partenaires... Soit vous le faites à l'arrache parce que vous avez désigné votre candidat trop tard, au mois d'octobre sur un coin de table [exemple de propos malveillant], et là, ça donne l'actuelle majorité avec un accord d'appareils qui ne résiste pas au moindre coup de vent. Soit vous faites ça de manière sérieuse et ça prend du temps. Et surtout, il faut parler aux gens  ! C'est dans ma culture, c'est ma manière de faire, c'est comme ça que j'ai gagné un canton que l'on disait imprenable en Saône-et-Loire [alors, parachuté ?]. Surtout quand on est un "connard arrogant "…
Pourtant, on y arrive en allant voir les gens  ! Quand je lis le dernier sondage BVA, le plus proche des gens dans la bande, c'est moi. Et ce que disent les entourages de mes adversaires à mon propos est assez contradictoire avec ce que je lis dans mes enquêtes.
[Selon un sondage Ifop de juillet, Cédric Villani, candidat LREM pour la mairie de Paris, pourrait battre Anne Hidalgo au second tour des élections municipales. Lien BFMTV]
Puisque vous en parlez, cela fait de nombreux mois qu'il est dit que vous avez un déficit de sympathie dans votre image, que vous dégagez une certaine insincérité. Est-ce l'un de vos principaux freins  ?

Résultat de recherche d'images pour "b griveaux"Non, on ne m'a jamais parlé d'insincérité. On me dit arrogant, cassant, mais jamais insincère. Justement, on m'a reproché d'être trop cash  ! Ecoutez, si j'ai vraiment cette image, je m'en sors pas trop mal dans les sondages [commerciaux]. Je vais vous dire quelque chose que je vais aussi dire à la commission : s'il y en a un qui n'a pas été épargné depuis 18 mois quand il était porte-parole du gouvernement et qui n'a pas été épargné depuis six mois par ses compétiteurs, c'est bien moi. Dans une campagne face à Anne Hidalgo, il faut être solide, savoir résister à la pression et aux attaques. Les autres ont été très épargnés, pas moi. J'ai eu l'occasion de prouver que j'étais résistant. Une campagne est une bonne façon de montrer sa sincérité, et vous ne pouvez pas construire un personnage dans une campagne locale  ! Les gens le voient  ! Est-ce que le maire de Paris doit être lisse  ? Je ne crois pas, les grands maires [sic] avaient des aspérités, des coups de cœur et des coups de gueule. Est-ce que je suis cash  ? Eh bien, oui. Est-ce que je ne tourne pas autour du pot  ? Eh bien, non. Est-ce qu'il y a des gens que j'aime bien et des gens que je n'aime pas  ? Eh bien, oui. [Pourrait-il donc être le maire de tous les Parisiens?] Mais comme les Parisiens, au fond. Le consensus mou, ce n'est pas Paris. Quand j'embrasse une cause, je la défends, et je le fais sans compter. ["qui trop embrasse mal étreint"...]

Votre expérience d'élu local a-t-elle joué sur votre façon d'appréhender cette campagne  ?

Dans le travail de préparation, sans doute. Une campagne locale ne se gagne pas dans les médias et en notoriété nationale, et Paris en a été la démonstration létale pour beaucoup. J'entends les gens dire que ce soutien d'élus locaux fait très ancien monde... Non  ! Ce sont des gens qui ont fait un mandat, parfois deux, au service des Parisiens. Et ne pas tenir compte de ce que ces gens-là ont à dire, ou peuvent représenter dans cette ville, ce n'est pas possible. Et puis, je suis persuadé qu'on ne peut pas raconter n'importe quoi dans une élection municipale. Et encore moins à Paris, car tout est vérifiable très facilement. Vous ne pouvez pas dire des choses fausses.

Vous faites référence à Cédric Villani, qui a dit que la dette ou les impôts ont augmenté sous le mandat d'Anne Hidalgo...

C'est vrai que la dette s'est aggravée, il n'y a pas de doute, mais vous ne pouvez pas dire qu'Anne Hidalgo a augmenté les impôts. Dans une campagne municipale, vous devez, pour chaque proposition que vous formulez, presque avoir conduit une étude de faisabilité au préalable. C'est la force de l'équipe que j'ai rassemblée autour de moi depuis longtemps et l'apport de Julien Bargeton [ex-adjoint socialiste aux finances d'Anne Hidalgo]: il a été adjoint de Bertrand Delanoë et d'Anne Hidalgo, il sait de quoi il parle, il sait ce qui est possible ou non, il connaît les calendriers pour chaque mesure. [le "monde nouveau de Macron ne passe pas par Griveaux]

Cédric Villani connaît une vraie dynamique ces derniers jours, notamment avec le ralliement des désormais ex-candidats Mounir Mahjoubi et Anne Lebreton. Comment avez-vous vécu cette montée en puissance  ?

Je note que vous avez fait beaucoup moins de bruits pour le ralliement de Julien Bargeton, qui est quand même président d'un groupe au Conseil de Paris. D'ailleurs, trois présidents de groupe m'ont apporté leur soutien, et Antonio Duarte hier. On arrive chacun à la commission avec deux personnalités, qui vont d'ailleurs être entendues. Après, vous avez tous ces élus  ! Qui ont-ils soutenu  ! ? 

Ça ne vous ressemble pas de faire le procès les médias en les accusant d'avoir choisi leur camp…

Je ne dis pas ça. Il y a une compétition, je comprends que ça vous intéresse. Mais quand j'entends "il engrange les ralliements, il y a un bloc contre Griveaux ", factuellement, c'est faux. Deux candidats se sont ralliés de part et d'autre, et j'affiche 34 élus parisiens, ancrés sur le territoire. Vous me direz "il a Matthieu Orphelin", très bien, mais il est dans le Maine-et-Loire [comme Griveaux, venu de Saône-et-Loire]. Emilie Cariou, c'est formidable, mais elle est dans l'est de la France. Les élections sont à Paris…

C'est aussi une question de sensibilités des soutiens…

Oui, c'est la différence entre Cédric et moi. J'assume une stratégie de positionnement central, qui, je crois, est démontré dans mes soutiens. Cédric, lui, assume de vouloir être le candidat de gauche. Sauf que le candidat de gauche, c'est Anne Hidalgo.

Vous attendiez-vous, quand vous vous êtes lancé, à ce que cette course soit aussi serrée  ?

Tout le monde a écrit que c'était déjà fait; moi, j'ai toujours dit que ce n'était pas le cas. Vous avez voulu raconter que j'étais le candidat officiel qu'Emmanuel Macron avait choisi… [Griveaux ne dément pas...] Il sortira de cette pré-campagne un candidat légitime, car il aura fait face à des rivalités, à une vraie compétition interne. Et puis ça a permis de faire émerger des talents  ! Pour un parti qui n'a que deux ans d'existence [mais coucou qui fait éclore les oeufs des autres], qui selon les médias n'a pas d'ancrage local, pas de banc de touche, pas de personnalités... pardon du peu. On était trois, avec Mounir Mahjoubi, à être devant Anne Hidalgo dans le dernier sondage BVA  ! C'est plutôt une bonne nouvelle, non  ? [Une bonne nouvelle que Mahjjoubi ait rejoint Villani ? Question "sincérité", Griveaux n'est pas crédible : tout est "vérifiable"...] Cédric et moi sommes au même score depuis des semaines, peut-être que la commission d'investiture est le meilleur moyen pour départager des projets et des personnalités qui ont démontré ces derniers mois qu'elles avaient une identité politique. 
La CNI de LREM (composée de 16 membres) est co-présidée par Marie Guévenoux (ex-collaboratrice parlementaire d'Alain Madelin, puis première présidente des Jeunes Populaires (UMP) en 2004 et conseillère de plusieurs ministres, secrétaire générale de la campagne d’Alain Juppé pour la primaire de 2016, avant de rejoindre La République En Marche) et Alain Richard, 73 ans (ex-PSU, puis ex- Parti Socialiste de 1975 à 2017, conseiller d’Etat, parlementaire de longue date, il a été ministre de la Défense de Lionel Jospin entre 1997 et 2002 et a été réélu sénateur en 2017 après avoir rejoint La République En Marche), membres du Bureau Exécutif de LREM en charge des élections municipales.
L'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht, et, plus récemment, François Bayrou ont déclaré qu'Edouard Philippe serait un bon candidat pour Paris…

Ce qui me laisse songeur, c'est que cela fait un an que vous faites l'Arlésienne sur la candidature d'Edouard Philippe. Ne vous attachez pas à l'écume des petites phrases. Le Premier ministre a fait un discours de politique générale le 12 juin dernier  ! En plus, je suis certain que François Bayrou, comme moi, pense qu'Edouard Philippe est un excellent Premier ministre…

N'est-il pas le mieux placé pour conquérir les arrondissements de l'Ouest, tenus par la droite  ?

Non. Il faut vous dépolluer [sic] avec ça, ce n'est pas le sujet. Si la stratégie est de gagner à droite, il prendra les arrondissements aujourd'hui tenus par LR et sera minoritaire. Ce n'est pas la droite qui dirige Paris aujourd'hui. Alors oui, on peut prendre ces arrondissements de l'Ouest; ça ne sert à rien si on ne prend pas les arrondissements de gauche. Il faut sortir de ce schéma. Moi, ma bataille depuis deux ans, c'est de tenir la position centrale, c'est comme ça qu'En marche  ! a fonctionné. Tous ceux qui veulent nous remettre dans un truc gauche/droite ne sont pas fidèles au mouvement. Moi, j'en suis membre, et j'en suis même l'un des fondateurs  !

Que ferez-vous si jamais vous n'êtes pas choisi par la commission d'investiture demain  ?

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Moi, je l'ai dit : je soutiendrai le candidat investi. J'ai signé l'engagement, sans aucun état d'âme. [arrogant ?!] Je n'imagine pas une réponse différente de mes deux compétiteurs. Je serai à la place qu'ils souhaiteront que j'occupe dans leur campagne. Je ferai ce qu'ils me demanderont de faire pour gagner Paris.

Vous avez peut-être lu que certains proches du président de la République confient, sous anonymat, qu'il est de moins en moins certain que vous soyez le candidat naturel de LREM à Paris. Qu'en pensez-vous  ?

Eh bien, comme cela je ne serai pas le candidat du président et j'aurai arraché cette investiture à la force de ma conviction et de ma détermination.


dimanche 7 juillet 2019

Municipales à Paris : après Mahjoubi, Lebreton se désiste aussi en faveur de Villani

Anne Lebreton abandonne la course à l'investiture LREM et choisit Villani contre Griveaux

La parité est mise en échec dans le parti du président

Anne Lebreton mardi dernier lors d'un passage sur BFMTV.
Seule femme candidate à l'investiture La République en marche (LREM) pour les municipales de Paris, l'adjointe au maire du 4e arrondissement de Paris se rallie au mathématicien Cédric Villani, révèle Le Journal du dimanche.


Mounir Mahjoubi et Cédric Villani lors du meeting au théâtre du Gymnase.Le député engrange ainsi un nouveau soutien après celui de Mounir Mahjoubi obtenu il y a trois jours. Jusqu'alors favori, le prétentieux Benjamin Griveaux voit son principal concurrent le rattraper à vitesse grand V. Or, la commission d'investiture du parti doit avoir lieu mercredi prochain pour désigner celui qui portera la casaque du parti présidentiel aux prochaines élections municipales dans la capitale.

En réaction, 34 élus locaux parisiens signent une tribune pour soutenir Griveaux
Dans cette autre tribune publiée dans Le Journal du dimanche, les 34 élus locaux parisiens souhaitent soutenir leur candidat après les multiples ralliements à Cédric Villani ces dernières semaines. Parmi eux, on trouve des conseillers de Paris, des députés et des sénateurs, dont Olivier Grégoire, Julien Bargeton ou encore Sylvain Maillard. 
"Elus parisiens, de l'Est, de l'Ouest et du Centre, nous nous trouvons réunis pour soutenir la candidature de Benjamin Griveaux à la mairie de Paris, car c'est celui qui a l'expérience, le discours, le projet et la personnalité pour apporter des réponses crédibles et ambitieuses pour Paris", écrivent les élus. "C'est lui aussi qui saura rassembler large, sur une vision et des valeurs progressistes. C'est lui qui saura consulter les habitants tout au long de la campagne, afin de bâtir le meilleur projet pour Paris." Autrement dit, il ne ferait pas du Macron, son maître...
Dans la dernière ligne droite, les signataires espèrent apporter un second souffle à l'ancien porte-parole du gouvernement. "A la veille de la commission nationale d'investiture qui doit désigner le candidat de LREM pour Paris, nous voulons lui faire savoir que nous sommes 34 élus de Paris à avoir rejoint depuis longtemps, ou plus récemment, Benjamin Griveaux parce qu'il est pour nous le plus à même de relever cet immense défi : redonner le souffle dont Paris a besoin", conclut la tribune.

Voici la liste intégrale des signataires
(des inconnus pour les 3/4)
Pierre AURIACOMBE, conseiller de Paris, 16e arrondissement; Eric AZIERE, conseiller de Paris, Pdt du Groupe UDI au Conseil de Paris, 14e; Julien BARGETON, sénateur de Paris, conseiller de Paris, Pdt du groupe Démocrates et Progressistes au Conseil de Paris, 20e: Félix BEPPO, conseiller d'arrondissement, 18e; Jérôme DUBUS, conseiller de Paris, Pdt Groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants au Conseil de Paris, 17e; Elise FAJGELES, conseillère d'arrondissement, députée suppléante, 10e; Mohamad GASSAMA, conseiller d'arrondissement, 20e; Alexis GOVCIYAN, 1er adjoint au Maire, 9e; Didier GUILLOT, conseiller de Paris, 18e; Olivia GREGOIRE, députée de Paris; Marie-Laure HAREL, conseillère de Paris, 3e; Hélène HAUTVAL, adjointe à la Maire, 5e; Eric HELARD, conseiller de Paris, 16e; Olga JOHNSON, conseillère de Paris, 17e; Marc LAROCK, conseiller d'arrondissement, 7e ; Thomas LAURET, conseiller de Paris, 16e; Alexandre LE BARS, conseiller d'arrondissement, 20e; Sylvain MAILLARD, député de Paris, Conseiller d'arrondissement, 9e; Renaud MARTIN, conseiller d'arrondissement, 20e; Florence de MASSOL, 1ère adjointe à la Maire, 20e; Valérie MAUPAS, conseillère d'arrondissement, 14e; Fadila MEHAL, conseillère de Paris, 18e; Catherine MICHAUD, conseillère d'arrondissement, 2e; Fabrice MOULIN, conseiller d'arrondissement, 12e ; Marc MUTTI, adjoint au maire, 1er:; Déborah PAWLICK, conseillère de Paris, 10e; Jean-Pierre PLONQUET, conseiller d'arrondissement, 4e; Ophélie ROTA, conseillère d'arrondissement, 12e; Pacôme RUPIN, député de Paris, conseiller d'arrondissement, 4e; Christian SAINT-ETIENNE, conseiller de Paris, 11e; Anne TACHENE, conseillère de Paris, 15e; Olga TROSTIANSKY, conseillère d'arrondissement, 10e; Alexandre VESPERINI, conseiller de Paris, 6e; Jean-Louis VINCENT, conseiller d'arrondissement, 17e.

Les voyants sont plus que jamais au vert pour Cédric Villani, 45 ans,
 
L'émergence de Villani est le fruit d'une campagne dynamique qui ne tenait pas la victoire pour acquise, à la différence de Griveaux, dilettante infatué, malgré l'abandon de Julien Bargeton, 46 ans, sénateur (LREM) de Paris, qui a retiré sa candidature dès mars 2019 pour soutenir Benjamin Griveaux, alors qu'il était favori et qu'un candidat de la dernière heure, début juin, Hugues Renson, député de la 13e circonscription de Paris et vice-président de l'Assemblée nationale, s'est aligné et se maintient encore, vaille que vaille. Le ralliement de Bargeton à Griveaux n'est d'ailleurs pas de nature à aider le candidat du Château : jusqu'en octobre 2017, Bargeton a été adjoint à la maire PS sortante de Paris, Anne Hidalgo... 

Anne Lebreton, publie dans le même temps une tribune dans le JDD 
Elle y appelle les Parisiens à se mobiliser pour "changer d'ère". 
Anne Lebreton : "Je choisis de rejoindre Cédric Villani"
"Aujourd’hui je choisis Paris. En mars prochain, les Parisiens vont se mobiliser pour choisir leur maire. Après 19 ans de gestion socialiste, l’envie d’alternance est grande. L’alternance, ce n’est pas seulement changer de maire, changer d’équipe, c’est changer d’ère. L’ère qui vient donnera de plus en plus de place aux maires des grandes villes car ils sont au cœur de la lutte contre le dérèglement climatique, car c’est dans les villes que vivent désormais les trois quarts de l’humanité.à coté de cette occasion.
Pour être maire de Paris, il faut être une personnalité atypique à l’image de Paris [...], une personnalité qui dépasse la politique, ouverte sur le monde, ouverte sur l’avenir, ouverte sur le quotidien des parisiens, ouverte aussi sur toute le France.
Etre maire de Paris, ce n’est pas être gestionnaire, ce n’est pas être politique, c’est avoir la capacité d’entraîner, de réunir, de faire. La capacité de mettre tout le monde autour de la table pour travailler ensemble, la capacité de proposer une vision, de tracer un cap.
Sur beaucoup de sujets, Paris doit voir plus grand, bien au-delà du périphérique
Sera maire de Paris, celle ou celui qui saura susciter cette impulsion et créer un lien personnel avec les parisiens. Sans rêve, sans amour, sans vision, pas de Paris.[...]
Après une année de travaux anarchiques, mal planifiés, menés en dépit de la sécurité même des Parisiens (combien d’accidents graves ont eu lieu depuis quelques mois dans tous Paris sans que personne n’en parle?). Paris aura d’abord besoin de renouer avec une forme de tranquillité, car Paris est vraiment au bord de la crise de nerfs. [...]
C’est pourquoi j’ai proposé de faire un Grand Paris de l’éducation, c’est pourquoi j’ai proposé un service métropolitain de lutte contre l’exclusion. Aujourd’hui, je choisis de rejoindre Cédric Villani avec Mounir Mahjoubi.

Cédric Villani fera un maire exceptionnel pour Paris
Malgré mon très fort désir de porter une candidature féminine à la commission d’investiture de LREM, je souhaite aujourd’hui apporter tout mon soutien à celui dont je pense qu’il fera un maire exceptionnel pour Paris. Paris, plus que tout, à besoin d’une personnalité qui sache mettre tout le monde autour de la table, Paris a besoin d’une personnalité qui dépasse la politique, qui dépasse les partis.
Cédric Villani a l’énergie qui déplace les montagnes, une bienveillance qui sait réunir au-delà de tous les camps, il aura cette capacité de s’adresser à tous les Parisiens, de réconcilier l’Ouest et l’Est, Paris et sa région, Paris et l’Etat, Paris et le reste de la France. Nous avons aujourd’hui la possibilité d’avoir un maire exceptionnel, ne passons pas à coté de cette occasion." Anne Lebreton dessine le portrait du maire idéal. 
Une issue incertaine

Lauréat de la médaille Fields - équivalente du Prix Nobel qui n'en décerne pas en mathématiques - Villani a assuré au Figaro Talk qu'il "fera ce qu'il faut pour être le candidat à Paris". Un sondage Ifop  le place, avec Benjamin Griveaux, en tête des intentions de vote au premier tour, avec deux ou trois points d'avance sur Anne Hidalgo. Mais, depuis le ralliement de Mounir Mahjoubi, puis celui d'Anne Lebreton, la donne pourrait avoir changé.

Au lendemain de son premier meeting parisien, qui a réuni 600 personnes et de nombreuses personnalités du Paris des sciences et de la culture, Cédric Villani apparaît, dans un sondage jusque-là confidentiel, en mesure de battre Anne Hidalgo.
Comme Mahjoubi avant lui, le député de l’Essonne a commandé un sondage à l’Ifop. Réalisée entre les 20 et 27 juin, soit avant le ralliement de Mounir Mahjoubi, cette enquête "montre qu’il y a clairement un match Griveaux-Villani, note Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop. Ils sont à égalité d’intentions de vote au premier tour, et devancent tous les deux de trois points Anne Hidalgo. Griveaux pouvait dire en avril qu’il n’y avait pas mieux que lui pour battre Hidalgo, ce n’est plus vrai aujourd’hui."
Plus précisément, les listes conduites par Cédric Villani réuniraient 26 % des suffrages, contre 23 % pour celles d’Anne Hidalgo, 15 % pour les listes de l’écologiste David Belliard et 15 % pour les listes LR de Rachida Dati. Tandis que celles conduites par Benjamin Griveaux, obtiendraient 27 % de suffrages, contre 24 % pour les listes PS, 14 % pour les listes écologistes et 16 % pour les listes LR.
Dans les deux cas de figure, la France Insoumise (Danielle Simonnet) est à 5-6 %, l’élu de centre droit Pierre-Yves Bournazel à 5-6 % et le communicant Gaspard Gantzer à 1,5-2 %. 
Cédric Villani a réagi à la décision de l'adjointe au maire du 4e arrondissement de Paris. "Un immense merci à Anne Lebreton pour sa confiance et son soutien ! Elue de terrain exemplaire, engagée pour l'intégration, l'éducation, la cause des femmes, elle vient renforcer notre projet éco progressiste pour un nouveau souffle à Paris !" a écrit le député de l'Essonne.