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lundi 23 mars 2020

Coronavirus : l'état d'urgence sanitaire est voté

La commission mixte paritaire entre Assemblée nationale et Sénat a trouvé un accord

L'état d'urgence sanitaire fixera des mesures d'exception encadrant nos vies

Résultat de recherche d'images pour "état d'urgence sanitaire"
Il était une fois dans l'Ouest:
prêts à dégainer...
Le confinement, les restrictions de libertés publiques et des mesures de soutien aux salariés et aux petites entreprises, etc... sont réglementés "à compter de l'entrée en vigueur" de la loi, dès sa parution au Journal officielle. Il pourra y être mis fin par décret avant l'expiration du délai, si la situation sanitaire s'améliorait.
Le Sénat, puis l'Assemblée nationale - qui avaient voté des versions différentes du projet de loi sur l'urgence sanitaire - ont examiné le texte en urgence jusque dans la nuit de samedi à dimanche: la commission mixte paritaire entre les deux assemblées a trouvé un accord ce dimanche après-midi. Il vise à permettre aux dirigeants des entreprises privées mais aussi à la fonction publique d’adapter l’organisation du travail à la situation de crise.

Les députés ont voté l'état d'urgence sanitaire", après avoir obtenu un ultime feu vert du Sénat. "Unité, responsabilité et intérêt général ont prévalu, comme il se devait. Nous apportons, ensemble, des réponses à la hauteur de la crise que traverse notre pays", s'est félicitée, elle aussi sur Twitter, la présidente de la Commission des lois, la députée LREM Yael Braun-Pivet.
"Par son unité, le Parlement se montre à la hauteur de la situation", s'est félicité sur Twitter l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, un Macron-compatible qui  toujours prompt à se porter en avant pour recueillir les fruits de l'effort collectif.

Promulgation lundi
A l'Assemblée nationale, le texte avait recueilli une très large majorité avec 510 voix pour, 37 contre et 28 abstentions. Compte tenu de l'épidémie, l'Assemblée a siégé dans un format confiné et un climat pesant : seule une vingtaine de députés étaient présents, munis des délégations de leurs collègues. Au dernier comptage, ils étaient 19 députés à avoir été atteints par le virus. 

Parallèlement aux voix de la majorité et celles de LR en faveur du texte,
le PS s'est abstenu, tandis que les députés LFI et communistes ont voté contre, dénonçant un "champ des restrictions des libertés publiques beaucoup trop large" et estimant le contrôle du Parlement insuffisant sur les nouveaux pouvoirs que le texte octroie à l'exécutif.

Grâce à ce vote de l'état d'urgence sanitaire,
le gouvernement n'a plus d'excuses pour ne pas réagir rapidement et fermement aux problèmes existant, comme à ceux qui ne manqueront pas de se présenter chaque jour et que  Macron doit pouvoir anticiper. Pour l'exécution des mesures qu'il tarde encore à prendre, il n'a pourtant plus à solliciter à chaque fois l'accord de l'Assemblée nationale et le Sénat, "tout en restant sous le contrôle des deux assemblées", tente de rassurer Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, dans un entretien avec Le Télégramme.

Présentée mercredi dernier en Conseil des ministres, cette loi permet au gouvernement de se doter de nombreux moyens pour organiser la lutte contre le virus. 

La loi autorise aussi le gouvernement à prendre des ordonnances dans de multiples domaines (sanitaire, économique, droit du travail, social…) dans le cadre de cet état d'urgence. Parmi celles-ci, la possibilité pour les employeurs d’imposer à leurs salariés des jours de congés payés pendant la période de confinement. Mais face à la montée d’une polémique, et après des négociations entre les syndicats et le gouvernement, certains freins ont été ajoutés.
Les jours de congé imposés limités à une semaine
Un accord d’entreprise ou de branche restera nécessaire et ces congés imposés ne pourront excéder une semaine. Le sénateur Les Républicains Alain Milon avait déposé un amendement en ce sens "dans un souci de proportionnalité", argumentant que cette période de confinement contraint "ne saurait être assimilée à des vacances". Mais ces restrictions ne touchent pour l’heure ni les RTT, ni les jours du compte épargne-temps.
Comme le réclamaient les syndicats, le Parlement a par ailleurs voté la suspension du jour de carence des fonctionnaires en cas d’arrêt maladie pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire. Ce sujet faisait l’objet d’un bras de fer entre les organisations professionnelles et les pouvoirs publics. « Le jour de carence était très mal vécu, explique la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques Mylène Jacquot. Quand un agent doit se mettre en arrêt pour raison médicale liée au coronavirus, il était incompréhensible qu’il puisse voir son traitement amputé."
Les principales mesures du projet de loi

Résultat de recherche d'images pour "il etait une fois dans l'ouest"La version modifiée du texte prévoit un renforcement des sanctions contre les contrevenants au confinement. En cas de premier acte d'incivisme, l’amende est de 135 €, et monte à 1.500 € en cas de récidive "dans les quinze jours" : un coup de massue dans le vide, puisque les Français ne sont pas tous solvables.  "Quatre violations" constatées "dans les trente jours" sont passibles de « 3 700 € d’amende et six mois de prison au maximum. Les parlementaires qui ont voté ce niveau de sanctions croient que le racket a un effet dissuasif...

Le délai de carence de trois mois des expatriés de retour en France pour accéder à la Sécurité sociale va être suspendu : ils pourront y accéder dès leur arrivée.

Le décret de convocation des électeurs pour le second tour des élections municipales doit être pris au plus tard le 27 mai, si les conditions sanitaires le permettent.  
Si, pour des raisons sanitaires, le second tour ne peut avoir lieu le 21 juin, alors les élections repartiront de zéro - un premier tour et un second tour - dans les villes où le maire n'a pas été élu au premier tour.

jeudi 27 juillet 2017

Avec Brigitte Macron, ce n'est pas la fin des emplois familiaux...

Cohérence: les députés votent pour l'interdiction de leurs emplois familiaux

Les députés français ont voté jeudi l'interdiction des emplois familiaux pour les ministres, parlementaires et élus locaux

Emploi fictif et favoritisme pour Brigitte.
Certains ministres du cabinet Macron
sont écartés, au même motif
Cette mesure phare des deux projets de loi de moralisation de la vie publique débattus par l'Assemblée nationale, est la conséquence des affaires d'emplois fictifs présumés dont le député PS Edouard Ferrand et le ministre socialiste Bruno Le Roux auraient fait profiter leurs proches, épouses ou enfants mineurs.

Par un vote à main levée, les députés ont successivement adopté les articles du premier projet de loi qui interdit les emplois familiaux pour les ministres, puis celui pour les parlementaires et enfin celui pour les élus locaux.

La version votée par le Sénat
 est complétée par un amendement adopté de la commission des Lois de l'Assemblée. Il crée une distinction entre emplois familiaux pour "la famille proche" qui seront interdits et emplois pour les personnes du second cercle (liens hors familiaux, ancienne famille) qui devront faire l'objet d'une déclaration.

Le député d'extrême gauche
Eric Coquerel s'insurge en outre contre l'incohérence du distinguo en faveur des ministres mais pointant les députés.


Le même député s'élève également contre la faveur accordée aux lobbies
par les apprentis députés de la majorité :


La majorité présidentielle a mis le désordre dans les débats parlementaires
 

Du retard a été pris dans l'examen de ces deux projets de loi du fait de nombreux incidents en séance provoqués par les cafouillages de vices-présidentes en apprentissage d'une fonction exigeant des compétences que n'ont pas acquis les élu(e)s novices de la société civile (liens PaSiDupes 1-  2 - ), et aussi du fait du flot d'amendements suscités. Il restait mercredi à examiner près de 750 amendements aux deux textes.

La fin des débats et des scrutins prévus initialement jeudi soir devraient avoir lieu vendredi soir ou samedi matin.
Le gouvernement a décidé d'utiliser la procédure accélérée - expéditive, selon l'opposition - qui permet de réduire le nombre de navettes entre les deux assemblées, une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera convoquée dans la foulée pour tenter de mettre au point des textes communs aux deux chambres.
Les deux textes devraient être définitivement adoptés début août par le Parlement, l'Assemblée ayant constitutionnellement le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

L'épouse du président réclame pourtant un emploi familial

C'est une promesse du candidat trentenaire à son épouse retraitée
C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, ce qui n'empêche qu'accorder un statut et un budget à une Première dame provoque des remous aussi bien dans la classe politique que dans l'opinion, laquelle ne supporte pas plus Brigitte Macron que Valérie Trierweiler.

Certains parlementaires de la majorité présidentielle y sont aussi opposés. "Je serais d’avis qu’on reste comme avant et qu’il n’y ait pas vraiment d’enveloppe budgétaire pour elle", a ainsi déclaré Géraldine Bannier, députée MoDem de la Mayenne et rivale de l'attachée parlementaire de Jean Arthuis, qui avait été officiellement annoncée comme candidate LREM et est désinvestie. Cette professeur agrégée de lettres classiques est pourtant une collègue de la première dame putative.

Le député PS Luc Cavournas, lui, va plus loin
: "Je ne vois pas pourquoi la femme du chef de l'État aurait un budget sur de l'argent public. On est en train de nous dire qu'il faut recruter des centaines d'administrateurs à l'Assemblée pour contrôler tous nos tickets de caisse et on va allouer un budget à la femme du chef de l'État. Je ne suis pas d'accord".

Même désapprobation du député de la France Insoumise, Eric Coquerel : "Brigitte Macron serait donc une collaboratrice ? Pourtant on va interdire aux députés d'employer leur famille non ?"

Une décision qui a également indigné l'opposition de droite. Le député LR Thierry Mariani a twitté sur l'arrogance du couple présidentiel :



Le président n'a que faire de moralisation de sa pratique.
Le couple Macron ne craint pas de susciter la polémique à l'heure où le Parlement débat de la moralisation de la vie politique qui vise à imposer des économies sur les budgets des différents ministères et notamment à interdire les emplois familiaux.
Dessin de Régis Hector
La majorité ne s'interroge pas sur l'inutilité de la fonction de Première dame. 
Et donc de son statut. Mais des défenseurs 'cohérents' des deniers publics qui soutiennent parallèlement la création de son statut prétendent qu'officialiser la fonction permettrait davantage de "transparence" et de "réguler son budget", assure la députée LREM Olivia Grégoire qui passe à côté de la question du gaspillage à la tête de l'Etat. Cette élue de la nouvelle majorité est une professionnelle des cabinets ministériels: à 38 ans, elle n'a aucune expérience de la vraie vie, puisqu'elle fut successivement collaboratrice du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2005) et de Xavier Bertrand (2005-2007), mais n'a jamais voté, ni géré un budget public 

Le personnel qui fait le travail de Brigitte Macron sera-t-il bénévole ?
Brigitte Macron s'est attribué un emploi qui n'existe pas. Elle n'a aucun statut offiiel mais "les Français la sollicitent sur des centaines de courriers par jour", raconte l'Elysée. "Elle ne va pas dire: "Je vais arrêter; je vais m’occuper des nappes et des fleurs à l’Élysée' ". Ce qui ne serait pas non plus dégradant.
La princesse consort squatte déjà un bureau de l'Elysée, entourée de deux à quatre collaborateurs, selon les sources. Elle "traite" en particulier de sujets liés à l'éducation et au handicap.

Dans le cadre de cette réforme, qui pourrait entrer en vigueur d'ici à la rentrée le président Emmanuel Macron se serait résolu à ce que son épouse ne soit pas rémunérée par l'Etat. Il était en effet moralement difficile de demander aux armées en guerre dans plusieurs zones du monde d'accepter des coupes budgétaires qui mettent en péril leur sécurité et de rétribuer une épouse non élue
Pour Brigitte Macron, ce n'est pas la fin des emplois familiaux :  c'est le début...

mardi 7 juillet 2009

Le Parlement vote le "droit à la mobilité" des fonctionnaires

La gauche dresse aux fonctionnaires des barrières statutaires

Des magistrats ivres de cogestion

Les exemples ne manquent pas de procureurs qui s’incrustent pendant des années au même poste, au risque de se lier à la population, qui refusent une mutation et qui s’en prennent à leur ministre de tutelle.
Fin juillet 2008, le procureur Gérard Lesigne, dont le nom est tristement associé au désastreux procès d’Outreau, avait négocié sa mutation-sanction avec la chancellerie, mais les affrontements orchestrés par les syndicats de la magistrature d’opposition se sont généralisés ces dernières années, pour des raisons politiques.

Ainsi, fin 2007, le procureur général d’Agen, Bernard Blais, avait choisi de s’opposer à la Garde des Sceaux, qui l’avait promu avocat général à la Cour de Cassation, à 64 ans pourtant, et encore l’avait-elle maintenu dans sa région ! Muté contre son gré, il avait pu compter sur le soutien des magistrats militants.

-Juin 2009 : la promotion au poste d’avocat général, à la Cour de cassation contre son gré n’a pas l’heur de satisfaire Marc Robert, procureur général à la Cour d’Appel de Riom (Puy-de-Dôme) depuis… plus de neuf ans.

La nomination et la promotion des magistrats sont soumises à l’approbation du ministre de la Justice qui détient le droit de passer outre les propositions qui lui sont faites. Mais l’usage s’est gauchi au fil des ans sous la pression des syndicats, qui, comme dans l’Education Nationale, revendiquent la cogestion de l’administration de la justice et donc des carrières. Les pouvoirs des ministres, qui subissent les pressions et assauts des syndicats, sont devenus largement théoriques.
A cette entrave-là s'ajoute celle des statuts.

Les syndicats font obstacle à la parité

Le mouvement des magistrats participe du projet de réorganisation du corps des procureurs généraux, voulu par la ministre, qui souhaite le féminiser -seuls deux procureurs généraux sur 35 sont actuellement des femmes- et le rajeunir. La place Vendôme entend nommer systématiquement des femmes à la moitié des postes qui changent de titulaires. Mais les syndicats réactionnaires veillent… Les hommes ne sont pas prêts au partage !

Eric Woerth fait sauter les barrières statutaires

C’est dans ce contexte que les députés ont adopté mardi 7 juillet par 305 voix contre 169 le projet de loi destiné à accroître la mobilité des fonctionnaires.

En souffrance depuis plus d'un an, le texte du ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, instaure un "droit à la mobilité" en supprimant des barrières statutaires. Il systématise les possibilités de détachement et d'intégration de fonctionnaires dans des corps ou cadres d'emplois de niveau comparable. Ainsi, un attaché de la fonction publique territoriale pourra désormais être intégré dans la fonction publique d'Etat.

Des primes seront créées par décret pour encourager la mobilité.
Le projet de loi instaure aussi une indemnité de départ pour les agents souhaitant quitter la Fonction publique.

Le texte permet également le cumul d'emplois à temps incomplet,
ainsi que le recours à l'intérim -interdit aujourd'hui dans l'administration- ou à un agent contractuel pour remplacer un fonctionnaire absent.

Les syndicats réactionnaires s’opposent

La gauche et les syndicats se sont opposés à ce projet dans lequel ils voient une "restructuration déguisée".

Mais, déjà adopté par le Sénat le 29 avril 2008, le texte va maintenant être examiné par une commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs, en vue d'une adoption définitive d'ici le 24 juillet.

samedi 26 juillet 2008

Les pollueurs ne seront plus ‘responsables, mais pas coupables’ !

Le Parlement adopte le principe du pollueur/payeur
Le Parlement a définitivement adopté le projet de loi sur la responsabilité environnementale qui inscrit le principe du pollueur-payeur dans le droit français. Après les sénateurs, qui avaient voté le projet de loi présenté par le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, les députés ont en effet entériné mardi 22 juillet le texte mis au point par une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat.

En vertu de ce principe, introduit dans la Charte de l'environnement en 2005, les industriels devront réparer les dégâts et prendre des mesures de prévention en cas d'atteintes graves aux sols, aux eaux de surface ou souterraines ou aux habitats naturels protégés.
Tandis que les groupes UMP et du Nouveau Centre (NC) ont voté pour, mais, sans surprise et conformément à leur habitude d’obstruction, les groupes socialiste, radical et citoyen (SRC) et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) contre.

Le projet de loi, qui transpose avec retard une directive européenne de 2004, prévoit que les collectivités territoriales pourront se porter partie civile en cas de pollution. La loi renforce également les pouvoirs des préfets, prévoit une peine d'emprisonnement de deux ans et porte de 75.000 à 150.000 euros l'amende prévue en cas de mise sur le marché d'un produit biocide sans autorisation provisoire. Le texte alourdit donc les amendes - elles sont multipliées par 15 - et les peines d'emprisonnement, dont est passible le capitaine d'un navire responsable du rejet volontaire de produits polluants en mer.

A la demande du gouvernement, qui tire les conséquences d'une décision du Conseil Constitutionnel en juin, le texte comporte une disposition précisant la liste des informations non confidentielles qui devront figurer dans la loi OGM - et non dans un décret - lors des demandes d'agrément ou d'autorisation pour l'utilisation d'organismes génétiquement modifiés.