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jeudi 11 décembre 2014

Ecole: le halal pour tous, projet gouvernemental ?

La presse combattrait la culture française qu'elle ne s'y prendrait pas autrement

French bashing: tout ce qui vient de l'étranger est mieux...

Dans une cantine de Sarthe, c'est du porc ou rien ! Une décision absurde et stigmatisante, selon L'Obs. A Sargé-lès-Le Mans, Sarthe, on aime les rillettes et le maire de la commune, 64 ans, se demande bien pourquoi sa petite commune s'empoisonnerait la vie et les finances. Il a donc décidé de ne plus proposer une viande de substitution lorsqu’un plat de porc était au menu de la cantine de l’école. Pourquoi ? "Pour respecter le principe de laïcité". De quoi piquer au vif du problème...  

Stéphane Fouéré, président de la fédération de gauche de parents d'élèves (FCPE de la Sarthe et administrateur national), en fait tout un plat.
Gag !
"Vendredi dernier en ouvrant "Ouest France", je suis tombé des nues, raconte cet avocat au barreau de Saint Nazaire, spécialisé en droit social: le maire divers droite [information capitale] de Sargé-lès-Le Mans a décidé de ne plus proposer un choix de viande aux élèves lorsque du porc était inscrit au menu de la cantine. Il n'y a que les pays riches pour offrir des repas scolaires à la carte et les pays du Sahel ou du Maghreb nous envient, mais cet avocat n'y voit aucune indécence. Nul doute pourtant qu'il s'indigne par ailleurs de la faim dans le monde.

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) n’en était pas informée, s'étonne ce défenseur de la co-gestion dans l'Education nationale. "C’est comme si Monsieur le maire avait tenté de faire passer ça sous silence, l’air de rien", commente-t-il, sans y croire: à 3 km du Mans, on n'est pas exactement dans le Nord du Mali, aux mains des djihadistes. "Cette décision est totalement inopportune et insupportable. Ce n’est ni plus ni moins qu’une provocation," s'exalte-t-il.

Au nom de la laïcité ?

Marcel Mortreau "argumente", un droit de la défense que cet avocat ne peut contester au maire, ni à aucun citoyen. "Mais connaît-il vraiment le principe de laïcité ?" interroge, condescendant, ce représentant de parents. Il fait la leçon à l'élu: "La laïcité, c’est le fait de respecter ceux qui croient et ceux qui ne croient pas en dieu, c’est apprendre à vivre ensemble." Le débat commence déjà à se gripper: le "vivre ensemble", quand on vient d'ailleurs, c'est apprendre et respecter les usages du pays d'accueil et non pas lui imposer les siens. 

Me Fouéré poursuit avec des reproches. "Au lieu de vouloir à tous prix créer de la différence entre ses administrés, le maire de Sargé-lès-Le Mans ferait mieux de trouver ce que les enfants et leurs parents fréquentant les écoles de la commune ont en commun, ce qui les rapprochent. L'angle de vue de la FCPE est clairement biaisé. L'idéologie embrume l'esprit de son représentant qui ne réalise pas un instant que l'accusation de "créer de la différence" s'applique d'abord, et avant les autres, aux partisans du halal obligatoire "à tout prix" dans les écoles laïques et non pas aux enfants qui ont appris à manger de tous les plats. Les rillettes de porc au repas des cantines n'est certes pas un objectif sain (même au Mans), mais la faculté  de raisonner sain semble ici prise dans les graisses chez S. Fouéré
  
A preuve encore, son anathème sur les mangeurs de porc comme Marcel Mortreau. "Son choix contribue à stigmatiser une partie de la population : les parents et élèves de confession musulmane. Car il faut bien le dire: ce sont toujours les mêmes qui sont pointés du doigt." Pourtant, comment cet avocat explique-t-il que les Juifs qui, comme les musulmans, sacrifient à l'abattage rituel, n'ont jamais tenté d'imposer leurs usages religieux à la majorité des enfants des écoles ?


Gare à la stigmatisation, gronde la FCPE


Décidément braqué comme une parabole satellitaire sur La Mecque, l'avocat perd le Nord et de vue la définition qu'il a lui-même brandie. "La laïcité a une nouvelle fois bon dos", estime-t-il cette fois, considérant qu'elle s'applique aux seuls Chrétiens. Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec ces mamans qui étaient interdites de sorties scolaires sous prétexte qu’elles portaient un voile. A leur différence, les bonnes soeurs ont abandonné leurs cornettes pour vivre avec leur temps et servir leurs semblables sans entraves. Comme leurs homologues masculins qui ont abandonné la djellaba  soutane, elles ressemblent à des voitures de police banalisées, mais ont donné l'exemple - à tous et toutes (sauf aux avocat-e-s) - de ce que devrait être une parfaite intégration.
"Au nom de quoi devrait-on interdire à une partie de la population de participer à une sortie, à un repas, à la vie d’une école ?" interroge-t-il. Réponse: au nom de la laïcité !

L'empathie du cher maître pourrait prêter à sourire. 
Il a en effet le sentiment que "ce genre de pratiques peut avoir des répercussions sur des élèves qui, pointés du doigt, se sentent exclus. Priver un enfant d’un repas important, souvent le seul de la journée, l’isoler, n’est absolument pas acceptable." Priver un enfant de nourriture! On atteint le délire. Chacun sait que la cantine trouve son origine dans le local d’abord mis à disposition pour y réchauffer et y manger le contenu de la gamelle. Pour peu qu'on soit ouvert sur le monde, on sait qu'aujourd'hui encore, toutes religions confondues et donc sans discrimination aucune, les enfants d'Angleterre peuvent choisir apporter leur "lunch box" (photo) pour midi.

"Parents et élèves ont besoin d’une écoute, d’un accueil, et non de se sentir "à part", affirme ce partisan. A l'en croire, la France serait l'Irak ou la Syrie et traiterait les musulmans, parents et enfants, comme des Chrétiens persécutés dans l'Etat islamique (ou Daesh). "Les parents ont besoin de confiance, d’être écoutés et de participer à la vie de l’école, alors que le fossé se creusent [sic] entre les relations familles/école," assure ce prosélyte du multiculturalisme.

En Sarthe, il n’y a pas que du cochon

"Le maire déclare que seul deux repas par mois sont à base de porc. Je trouve ce chiffre très étonnant : pense-t-il aux variantes lardons, rillettes et jambon ?" objecte le "baveux". Des rillettes à la cantoche? Europe Ecologie-les Verts va aller chercher des poux dans la tête de Najat Vallaud-Belkacem qui néglige les règles les plus élémentaires d'hygiène alimentaire de nos petites têtes blondes ou non. "Les établissements scolaires ne suivent aucune réglementation précise concernant le système des cantines. Cette décision est donc un choix purement politique, mais elle impacte l’ensemble de la société."

"Monsieur Mortreau explique que sa décision est également liée à une augmentation "de la charge de travail" auprès du fournisseur. Cet argument ne me semble pas non plus très pertinent dans la mesure où nous nous trouvons dans un département rural dans lequel le type de viande est suffisamment varié (les viandes sont certainement variées, mais "le type" de viande(s) au singulier?) pour ne pas poser de problème. Il n’y a pas que du cochon !" assure cet avocat de Saint-Nazaire, breveté à Montpellier. Plus sensible à la culture religieuse d'outre-Méditerranée que de France et de Bretagne, il prône une interdiction particulièrement mal-venue dans une région créatrice d'emplois dans la production et la transformation du porc. Il y avait du poulet "made in France", y en a-t-il encore? L'agro-alimentaire est sinistré sans que ça " pose de problème" à cet avocat social. La filière porcine peut bien être en grand péril et le sort des employés des abattoirs Gad menacé, comme celui du volailler Tilly-Sabco qui a dû se vendre à l'étranger, l'hôte de L'Obs n'en a cure.

Instaurer un nouveau système

Le parent FCPE ne craint pas d'aggraver son cas. "Parler de 'plat de substitution' a déjà une connotation stigmatisante," estime-t-il encore. Une idée fixe qui ne connaît pas le sens alterné. Le sectarisme dresse des barrages à gauche, tantôt le principe de laïcité, tantôt le dogmatisme, mais qu'il bloque notre société devient insupportable au quotidien, voire antirépublicain dans notre société chrétienne tolérante, sans appétence pour la conversion. Le prosélytisme pro-musulman de l'intelligentsia gauchiste est, pour le coup, "stigmatisante" pour la majorité des Français qui sont attachés à la culture de leurs parents et qui aspirent à vivre en paix, sans être montrés du doigt par les collabos d'une culture communautaire étrangère.
"Il ne devrait y avoir qu’un plat principal dans lequel les ingrédients ne varieraient pas, mais où l’élève aurait la possibilité de choisir sa viande," suggère le parent FCPE, dans le respect improbable du travail des personnels municipaux de restauration. "Qu’est-ce que ça peut faire de remplacer du porc par de la dinde ?" Le blanc de dinde est vendu 7,69 €/kg et la côte de porc 5,95 €/ kg, mais qu'est-ce que ça peut faire ? Et puis, de quel droit priverait-on de porc les petits blonds ? Les ayatollahs ne sont pas tous musulmans. Ils sont également écologistes et les municipalités dont on dit qu'elles ont des difficultés financières se sont vu imposer le bio. Et pourquoi pas des produits exclusivement issus  du commerce éthique et équitable?

Les querelles partisanes alimentées par le multiculturalisme ne doivent pas rejaillir sur notre société. En revanche, le problème des allergies si délicat soit-il, doit être pris en compte, car vital, quant à lui. Mathias, 9 ans, est mort après un déjeuner à la cantine de son école, le 27 novembre 2014 à Jujurieux (Ain). Le décès serait dû "à une forme majeure d'allergie", selon les résultats de l'autopsie.

Le représentant de la FCPE fait de l'escalade sans le savoir
Celui qui, il y a un instant, se satisfaisait d' "un plat principal dans lequel les ingrédients ne varieraient pas, mais où l’élève aurait la possibilité de choisir sa viande", relève maintenant son niveau rêvé d'exigence. "Dans l’idéal, nous souhaiterions qu’un nouveau système soit mis en place : il y aurait un plat de viande (porc et non porc) [ce qui fait deux] et un plat végétarien." Et nous y voilà ! Le doux rêveur n'est pas gestionnaire des crédits municipaux. "Il suffit de faire preuve d’un peu d’imagination pour trouver des solutions," conclut l'individu. 

Une évident pression politique de la gauche sur le maire sans étiquette réélu 
"Pour le moment, nous n’avons pas encore eu de retour de la part des parents d’élèves de cette école, mais j’invite le maire à se rétracter pour que la situation ne s’enflamme pas davantage." On notera que si les familles ne bronchent pas et que le feu n'a encore pris que dans le cabinet de Me Fouéré. 

"Monsieur le maire, à l’école, il ne faut pas créer de la défiance, mais plutôt instaurer de la confiance," plaide le moralisateur binaire. Sans commentaire !


"Il n'y a pas de religion dans les assiettes", dénonce quant à lui le Parti de gauche de la Sarthe dans un communiqué qu'il faut expliciter par leur soutien pro-palestinien. "Les élèves qui déjeunent dans les restaurants scolaires peuvent avoir des contre-indications alimentaires à propos des arachides, du gluten ou tout simplement être végétarien... La stigmatisation sur la viande de porc est tout simplement scandaleuse et raciste."

Pour Christophe Langevin, responsable de la société Restauval ouest, prestataire de services de la mairie pour la cantine scolaire depuis septembre 2014, sa société "n'a rien à voir avec tout cela." "Nous n'avons fait que répondre à un appel d'offres. Nous exécutons la prestation qu'on nous a demandé d'effectuer", affirme-t-il, précisant qu'elle ne comportait pas de plat de substitution. "Cela arrive depuis des années et dans plus de villes qu'on ne croit. Les cantines signalent juste que tel plat contient du porc, mais il n'y a pas de plat de substitution".
Une pratique légale, puisque dans un rapport de mars 2013, le défenseur des droits soulignait l'absence de réglementation sur le sujet. Un nouveau diktat va tomber.

vendredi 16 mai 2014

Rentrée 2014: Benoît Hamon rétropédale face aux enseignants

Hamon décale la rentrée d'une journée pour satisfaire les enseignants

Le ministre bac+3 détricote Peillon: il repousse au 1er septembre la "pré-rentrée" des enseignants
fixée au 29 août par Peillon. 

Chez les uns le nez s'allonge,
chez lui, les oreilles s'élargissent
Les élèves rejoindront l'école le mardi 2 septembre. Une décision que la presse socialiste présente comme un "cadeau" du ministre au SNES-FSU, syndicat hégémonique d'enseignants, mais qui constitue une première reculade grave: le ministre se soumet aux professeurs et suscite l'incompréhension des parents.

Les parents des 12 millions d'élèves français ont appris la nouvelle aujourd'hui, de la bouche du ministre de l'Éducation. Leur rentrée aura lieu un jour plus tars, le mardi 2 septembre, et non le lundi 1er, comme le prévoyait le calendrier scolaire arrêté en janvier. 
"En cette période de déception et de défiance croissante vis-à-vis de l'école, ce n'est pas un bon signe envoyé aux parents", déplore Valérie Marty, la présidente de la PEEP, fédération modérée de parents, voire molle et imprévisible, qui pointe au passage les difficultés matérielles que ce changement va provoquer. "Le calendrier scolaire, c'est cauchemardesque. Il y a toujours une contrainte supérieure à une autre", poursuit-elle, évoquant au passage l'industrie du tourisme et le casse-tête du zonage.

Le SNES se félicite d'avoir fait plier le camarade ministre

Benoît Hamon inaugure sa fonction en se soumettant aux enseignants,  leur concédant une pré-rentrée le 1er septembre, plutôt que le 29 août. C'est par le biais d'un tweet du puissant SNES co-gestionnaire du ministère de l'Educationue la communauté éducative a appris le 15 mai ce décalage, permettant de préserver ce mois de vacances. 


Dans un contexte de campagne pour les élections professionnelles  en décembre, le syndicat d'extrême gauche du second degré menaçait il y a quelques jours de déposer un préavis de grève pour le 29, ralliant ainsi le Syndicat national des lycées et collèges (SNALC) qui appelait dès février) un mouvement de contestation.

"Le ministre a entendu les personnels, et notamment ceux du secondaire, qui ont été les moins écoutés au moment de la refondation de l'école lancée par Vincent Peillon", commente Albert-Jean, vice président du syndicat.

Mais des représentants d'enseignants désapprouve la volte-face de Hamon
"Ce décalage est loin d'être un cadeau", assure Richard Michel, secrétaire adjoint du syndicat des personnels de direction (SNPDEN). "Cela ne va pas contribuer à redorer leur image auprès du grand public. Politiquement, le fait de ne pas respecter un calendrier est un mauvais signe envoyé aux usagers du service public", estime-t-il.

VOIR et ENTENDRE Hamon rivaliser d'hypocrisie avec des Le Roux et Royal. Il faut en effet l'entendre ici invoquer une démocratie moderne -sans qu'on voie bien le rapport- et des "conditions optimales" et l'incontournable "intérêt des ...enfants" valable en toute occasion !  


L'alibi de l'informatique 

Comble de l'hypocrisie, le ministre de l'Education a invoqué un motif informatique: un logiciel prévoyant une affectation des enseignants au 1er septembre. Juridiquement, les assurances ne les auraient donc pas été "couverts" le 29 août… "On va faire comme si on y croyait !", se gausse Paul Raoult, le président de la FCPE, la fédération de parents proche et complice de la FSU.

La question se pose maintenant de savoir si la journée du 1er septembre devra et sera rattrapée. Le ministre a répondu par l'affirmative. En l'état et réglementairement, il ne peut en faire l'économie, alors qu'il est question de réduire la durée des vacances. 
Mais quand cette journée perdu pourra-t-elle être casée? Les emplois du temps des enseignants et des élèves sont déjà émaillés de rattrapages divers et variés, le mercredi après-midi ou en fin d'année scolaire. Or, on sait que l'année s'achève quand se déroule le brevet des collèges, les 26 et 27 juin 2014, et du baccalauréat, le 16 juin cette année pour le bac S, alors que le calendrier officiel annonce une sortie des classes officielle le 4 juillet au soir.

Le projet de modification des rythmes scolaires prend un nouveau coup
Ministre dilaté de joie,  
face à Y. Barthès
"A l'heure où l'on parle de meilleure organisation du temps scolaire, ces histoires de rattrapages sont absurdes", lâche la présidente de la PEEP.
La FCPE, de son côté, s'oppose à l'idée même de ce rattrapage, pour les élèves. "En revanche, si les enseignants y sont tenus, sous forme d'une journée pédagogique (qui a effectivement lieu, ou non!), ils pourront peut-être réfléchir à une meilleure organisation des rythmes ?", ironise Paul Raoult.

Les parents devront trouver une solution de garderie pour le lundi 1er septembre
Sur le terrain, au-delà des postures politiques et positions syndicales, les enseignants semblent saturés par cette course après le temps. Cet électorat réputé à gauche sera-t-il reconnaissant au ministre de lui avoir laisser son mois d'août intact ? Au final, la FCPE et la FSU devraient trouver un point d'accord...

mardi 1 octobre 2013

La méthode Hollande à l’épreuve du pouvoir

Le double visage du socialisme français

Le double visage du socialisme français
François Hollande est imprégné de la méthode mitterrandienne vieille de trente ans et, malgré le passage  à l'ère du numérique et de la globalisation,  il croit toujours en la vertu du temps: pourtant, le changement s'opère jusqu'ici sans celui qui prétend l'incarner: le présent se rebelle et le bouscule. Comment Hollande pourrait-il donc préparer l'avenir?

Le poids  de l'impréparation

D'entrée, son amateurisme a déconsidéré le président par défaut.
Et il a confirmé le sentiment d'inadaptation à la tâche par la constitution d'un gouvernement chaotique d'apprentis, une ligne fluctuante et une accumulation de cbavures et de reculades.

La Syrie et le cafouillage sans précédent sur la "pause fiscale viennent de faire ressurgir l’image d’un président à deux visages. 
L’un dans la posture: déterminé, voire martial, dès qu’il s’agit de conduire les affaires extérieures du pays, voire de s'ingérer, notamment en Afrique, mais posture faussée par son suivisme en Syrie. L’autre dans l'ambiguïté: frileux et indécis sur la scène nationale. Le gouvernement était connu pour ses "couacs " de communication, François Hollande pour sa méthode de l’ajustement politique permanent. Or, le mal se révèle plus profond qu'il n'y paraissait dès lors qu'il aborde le dossier des impôts :  à défaut de boussole et de ligne politique ferme, le ­président navigue au gré des injonctions parlementaires et des pressions syndicales qu' il favorise par le "dialogue", au point que le gouvernement désorienté peine à montrer la direction. Chaque note vire au couac . La dissonance est devenue continue.

C
es deux visages trouvent-ils à s’accorder?
Les analystes du hollandisme balbutiant ont de belles bagarres de préau devant eux… Certains veulent voir en Hollande un joueur de poker qui cacherait habilement son jeu. D'autres discerneraient en lui la personnalité tourmentée du schizophrène aux visages contradictoires et irréconciliables dissimulés derrière une bonhomie rigolarde.

Les débats se sont déplacés

Pour qui cherche à voir au travers du brouillard de la rentrée politique, 2013 ne ressemble pas à celle de 2012. La majorité reste éruptive, mais les débats qui l’agitent se sont déplacés. Que reste-t-il des velléités de changement? Où sont les injonctions pour une "autre politique"? Que sont devenus les députés contestataires de l’objectif de réduction des déficits ?  Disparues, ou presque, les accusations sur l'héritage?  A la gauche du PS, Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann viennent de lancer un nouvel appel à la rebellion, mais ils sont seuls. Les ministres à fibre sociale, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, ont fini par se convertir à la realpolitik de l’offre, renonçant aux anathèmes sur la banque et les entrepreneurs. Idem de la majorité des parlementaires socialistes élus sur l'idéologie anti-libérale. Le sociétal avait redynamisé leurs restes soixante-huitards, mais les ors et la moquette les ont renvoyés à leur embourgeoisement douillet. 

Encroûtés dans des années d'opposition systématique, la gauche socialo-écolo au pouvoir depuis dix-huit mois cherche toujours la méthode. 
"Il y a eu un virage", admet Thierry Mandon, le porte-parole du groupe à l’Assemblée. "La question chez les députés n’est plus de savoir s’il faut ou pas prendre ce virage mais comment on amende cette trajectoire pour la rendre supportable". Répondre aux problèmes de chômage et de pouvoir d’achat des électeurs, plutôt que réorienter la politique économique, telle est la nouvelle ligne de débat.

Retour de la gauche à la réalité 

Ce virage doit beaucoup aux erreurs du président débutant.  
Dès sa campagne présidentielle, le chef de l’Etat affichait son ambition. "Je veux installer la gauche durablement au pouvoir", disait-il, mais l’aggiornamento idéologique, social-démocrate, s'est heurté aux épreuves du pouvoir. L'exécutif clame d'autant plus fort son attachement à la social-démocratie que la réalité l'en éloigne chaque jour davantage.

Histoire de France pour les Nuls
et Hollande, capitaine de pédalo,
(cours de rattrapage, Mougins 2007)
Sans rire, son conseiller Bernard Poignant parle de François Hollande comme d’un homme baigné d’histoire (de petites histoires?), notamment de la gauche. Ce prisme expliquerait sa détermination sur la Syrie : guerre d’Espagne, Munich, François Hollande ne voulant pas ajouter à la liste des renoncements socialistes. 
Mais à considérer son intervention militaire au Mali, il serait plutôt du genre Guy Mollet (SFIO) qui, en octobre 1956, engagea la France dans une opération militaire en Egypte avec le Royaume-Uni et Israël ("opération Mousquetaire"), pour la restitution de leurs droits aux actionnaires du canal de Suez nationalisé par Nasser. G. Mollet, président socialiste du Conseil mit aussi en place le rationnement de l'essence en novembre 1956 et toléra les procédés français discutables durant la "bataille d'Alger" e réaction aux atrocités commises par le FLN marxisant et autorisa la saisie l'édition du journal Le Monde qui publia un rapport accablant le 21 juillet 1957.

l’intérieur, l'Histoire guiderait aussi l’action du président
Pour l'installer au pouvoir, il était convaincu de la nécessité d’ancrer la gauche dans la réalité. Il a réussi à tracer sa route, malgré une duplicité qui ne trompa que la base, mais a retrouvé le bas-côté. Pour parvenir à ses fins, il se garde à gauche en accablant la finance et l'entreprise et se garde à droite en effaçant les rêves keynésiens. Pour se rallier des électeurs, il fait des promesses - toutes prioritaires - aux jeunes ou aux professeurs. Puis, après avoir gravement alourdi l'impôt et creusé la dette publique, il annonce la diminution de l'un, et la réduction de l'autre, dans un avenir incertain. Au tiers de son mandat, il se décide à donner des gages et promet une transition énergétique à effet retard. Aux coups de barre désordonnés, il ajoute un virement de bord en faveur de l'entreprise, d'abord, après l'avoir sévèrement taxée, et de l'environnement, ensuite, après avoir méprisé ses turbulents alliés Verts.

La versatilité de l'amateur désempare les acteurs économiques
Comme il y a dix jours sur TF1  : "L’avenir de la France passe par une économie forte. Il faut des entreprises." Mais il prend soin d'introduire un grossier distinguo qui vise à ménager tout le monde, au risque de fragiliser son souci de "cohérence". Qu'on ne se méprenne donc pas, aider les entreprises ne signifie pas aider les patrons, précise-t-il, à l’adresse de ces socialistes nostalgiques de la lutte des classes. "Nous n’aidons pas les entreprises pour aider les entreprises mais pour leur donner plus de marges et de capacités d’investir et de créer des emplois", se justifie-t-il. "Je ne suis pas le président des patrons, je suis le président des entreprises." La sémantique pour entourlouper,  la pédagogie pour convaincre: le changement est-il à ce point   contre-nature au PS qu'il faille user du verbe et du mensonge pour s'engager dans l'action ?

Vider le mot réforme de son caractère anxiogène

Pour se faire élire à gauche et mener une politique de droite, il lui faut placer un coin libéral dans l'idéologie de gauche. Les méandres de sa gouvernance l'obligent à convaincre qu’il y a quelqu'un aux commandes et à rassurer les Français en recherche d'emploi, de pouvoir d'achat et de sécurité qu'il matraque d'impôts. 
La réforme n’est pas synonyme de perte d’acquis sociaux, mais les niches qui sautent, pour plus d'équité promise, sont en vérité plus sensiblement sociales que fiscales, dans la réalité quotidienne des familles. Lien PaSiDupes 2011: "Niches fiscales et sociales, dans le même panier des critiques socialistes"

François Hollande peinera de plus en plus à faire croire que sa politique ne se fait pas contre les entreprises et leurs salariés. Il se fixe des objectifs comme autant de berceuses rassurantes sur la durée d'un quinquennat mais, il est déjà largement entamé et ils restent flous et à échéances sans cesse reculées. L’objectif d’inversion de la
courbe du chômage à la fin 2013 est là pour convaincre, mais personne n'y croit plus, à seulement trois mois désormais de la date fatidique. Pas plus qu'aux emplois d'avenir qui ont calé au démarrage et n'en sont qu'à 55.179 signés au 9 septembre, encore loin des 100.000 escomptés fin 2013.

Si peu fiable, est-il la meilleure personne pour vider le mot réforme de son caractère anxiogène? 
La réforme se veut synonyme d’avancées sociales, notamment avec celle de la retraite: or, elle n’est pas censée permettre des économies, même qu'elle coûte ! Alors, ses promoteurs vantent des avantages supposés: donner de nouveaux droits, en matière de pénibilité, notamment, mais aussi en faisant perdurer les avantages acquis des plus socialement virulents. Les routiers et les fonctionnaires des entreprises publiques, tels SNCF, RATP et nos grands ports, à 100%, La Poste (patron de O'Besancenot à 77%) ou EDF (84%), comme les journalistes, et pas seulement ceux du service public veillent donc, l'arme au pied (Radio France et France télévisions restent à 100% publics, pour plus d'indépendance?...). La presse menace déjà de retrouver insolence et pugnacité. 
La réforme oui, dans les mots et l'apparence, mais la réforme tellement pesée et sous-pesée, ajustée aux intérêts sectoriels, catégoriels et corporatistes qu’elle en devient incolore. Pour mener son dessein historique, François Hollande n’a d'ailleurs pas trouvé mieux que de sacrifier la réforme aux syndicats, dont la CGT ou le SNJ, associations et lobbies divers.

Une politique à double fond 

La duplicité du chef de l’Etat produit une politique à double fond. Celle que l’on voit, louvoyante et tâtonnante, ajustée en permanence en fonction des réactions des uns et des autres, dont au premier chef les co-gestionnaires de sa politique, les experts désignés et les interlocuteurs privilégiés qui, sous couvert de concertation, impriment leurs marques discordantes. Sorte de paravent entre l'opinion qui gronde et un exécutif aussi flexible que le roseau de la fable face au chêne que Hollande prétend incarner. Après un énième psychodrame, la constitution de la Ve République assure à Hollande la docilité des écologistes qui viennent de ranger leur ultimatum au composteur et de déclarer qu’ils étaient faits pour durer au pouvoir. Municipales obligent !

Pour des raisons de paresse, Hollande 
croit aux vertus du temps et rechigne à intervenir. Cette indécision du Gros tout mou est validée par les anciens de l’école mitterrandienne. Sauf que les temps ont changé en trente ans, que le laxisme de Lionel Jospin a marqué la génération montante et que le présent se rebelle. 

L'intermède Hollande s’inscrira-t-il dans la durée si le pays reste en crise ? 
François Hollande s'inquiète à juste titre du jugement de l'Histoire, mais le choix du présent que les événements lui imposent dans l'urgence ne lui laisse d'autre espoir de renouer avec la croissance qu'un redressement économique international  ou la chance, ce qui revient au même.
Le risque serait que le changement se fasse, mais sans Hollande.


vendredi 19 juillet 2013

Le Syndicat de la Magistrature en net recul aux élections syndicales

Le SM bientôt au "mur des cons"

Les "juges rouges" ont fait leur temps
Les résultats des élections syndicales montrent un net recul de l'organisation, marquée à gauche, au cœur de plusieurs polémiques récentes.

Après le scandale public, l'indignation politique, restait à savoir si l'affaire du "mur des cons" du Syndicat de la magistrature (SM, marqué à gauche) allait avoir des conséquences sur le soutien des magistrats à cette instance représentative. C'est chose faite, ou presque, puisque fin juin s'est tenu un vote, première étape de la désignation des membres de la commission de l'avancement.

Et les résultats sont éloquents: le SM a enregistré un recul de 6,9 % des voix. L'Union syndicale des magistrats (USM, qui se décrit comme apolitique), syndicat majoritaire de la profession, progresse quant à elle de 9,5 %, jusqu'à atteindre 68,4 % des suffrages (en tout, 9.365 votes exprimés). En conséquence, 302 des 398 grands électeurs choisis par ce vote appartiennent à l'USM (dont 47 gagnés par rapport au dernier vote, en 2010), et 82 au SM (qui marque un recul de 48 grands électeurs). 
Le syndicat Force ouvrière (FO-magistrats) ne perd que 3 sièges par rapport à 2010, avec 14 grands électeurs. D'ores et déjà un «plébiscite» pour l'USM, qui se félicite de ces bons résultats dans un communiqué.

"L'appel du SM à voter contre Nicolas Sarkozy en 2012 a par exemple beaucoup déplu aux magistrats," estime Virginie Valton, vice-présidente de l'USM
"Manifestement, le scandale du “mur des cons” n'a pas fait du bien au SM, commente Virginie Valton, vice-présidente de l'USM, mais il n'y a pas que ça: leur appel à voter contre Nicolas Sarkozy en 2012 a par exemple beaucoup déplu aux magistrats", qui ont peu apprécié cette prise de position. "Leur importance dans cette commission était plutôt stable entre 2001 et 2010, avec environ 30 % des suffrages", analyse la magistrate, membre de la commission sortante, qui se garde bien de ne voir dans cette élection qu'un recul du SM. 

"C'est surtout un vote pour l'USM et les valeurs qu'elle défend: à la fois la défense de l'indépendance des magistrats et un positionnement apolitique", revendique-t-elle. 
Au-delà de cette vision électorale, ce sont deux politiques de la progression professionnelle qui doivent cohabiter dans cette commission: d'un côté, le SM, favorable à une application stricte et égalitaire des critères d'avancement, selon l'ancienneté, de l'autre, l'USM qui milite pour prendre en compte, en plus de ce principe, celui du mérite: "Nous pensons que toute personne en mesure d'être inscrite au tableau d'avancement doit l'être, à moins que son dossier montre des insuffisances, des dysfonctionnements…", estime-t-on ainsi à l'USM. Interrogé sur l'interprétation, le Syndicat de la magistrature n'a pas souhaité "communiquer à ce sujet".

Fin septembre, le rassemblement à Paris de ces quelque 400 délégués, désignera dix élus, amenés à siéger dans la commission aux côtés de dix hauts magistrats et hauts fonctionnaires.

L'enjeu de cette désignation est double
D'abord, ce vote détermine la représentativité des organisations syndicales au sein de la magistrature, et donc, entre autres, ses ressources financières (sous la forme notamment d'une subvention). 

Par ailleurs, ces résultats permettront à l'USM d'asseoir un peu plus son influence sur l'évolution professionnelle des magistrats. Cette commission, peu connue du public, est pourtant essentielle au fonctionnement de la justice: c'est en son sein que sont décidés les avancements des magistrats du siège, comme du Parquet, de première instance comme d'Appel. 
Elle discute également les cas de contestations (notamment lorsqu'un magistrat juge illégitime son absence du tableau d'avancement) et examine les dossiers des professionnels de la société civile (des avocats, officiers de police judiciaire…) souhaitant accéder en milieu de carrière à la magistrature, volet qui à lui seul représente plusieurs centaines de dossiers par an, et un véritable poumon pour la justice.

jeudi 23 mai 2013

La cogestion de l'Éducation nationale épinglée par la Cour des comptes

Un an après, la Cour des comptes donne raison à Sarkozy

Les défaillances de l'Éducation nationale ne relèvent pas d'un manque de moyens budgétaires  
La "réussite pour tous"
est-elle une  affaire de gros sous?
Un rapport de la Cour des comptes publié ce mercredi met en cause une mauvaise organisation et une mauvaise gestion de ses professeurs.

Pour la première fois, les options de gestion des ressources humains sont rendus responsables des errements de l’Éducation nationale, observe ce rapport intitulé "Gérer les enseignants autrement", publié ce mercredi. Plus que d'un manque de moyens, l'institution souffre d'une mauvaise gestion des professeurs.
La Cour prône donc une "réforme d'ensemble" pour enrayer les "multiples dysfonctionnements" de l’Éducation nationale et la baisse des résultats des élèves et la crise de vocation des enseignants. 

Ce n’est pas le nombre d’enseignants en France qui pose problème, mais la manière dont ils sont utilisés.
"Le problème n'est pas celui du nombre d'enseignants ou d'une insuffisance des moyens" budgétaires : […] la création prévue de 60 000 postes en cinq ans "[est] vaine si elle se [fait] à règles de gestion inchangées", juge encore la Cour.

Pour le socialiste Didier Migaud, son premier président, ne pas changer ces règles, c’est participer à la "dégradation des performances du système scolaire". La France est au 18e rang (sur 34) des pays membres de l'OCDE pour la performance de ses élèves. L'impact de leur origine sociale sur leurs résultats est d’ailleurs deux fois plus important que dans les pays qui réussissent le mieux.

Le système scolaire actuel "ne parvient pas davantage à répondre aux attentes des enseignants", a ajouté Didier Migaud lors d'une conférence de presse, rappelant que "la France connaît un profond malaise enseignant et une inquiétante crise d'attractivité du métier".

La Cour a donc énuméré toute une série de recommandations pour "redéfinir" le métier d'enseignant, de la revalorisation salariale en passant par les règles de mutation des professeurs.

Recommandation 1 : revalorisation salariale
Dans le détail, elle préconise ainsi de "mieux valoriser" les enseignants recrutés à Bac+5. "Cela passe par la formation, le déroulement des carrières, les conditions de travail et la rémunération", a continué le premier président de la Cour. Selon l'Insee, sur les traitements perçus en 2009, "la rémunération nette annuelle des enseignants est inférieure de 35 % à celle d'un cadre non enseignant de la fonction publique". Selon l'OCDE, les salaires des profs français sont inférieurs à ceux de leurs homologues des pays de l'organisation en début et en milieu de carrière, et baissent depuis 1995.

Recommandation 2 : revoir les règles d'affectation des professeurs 
Elles reposent sur l'application mécanique d'un barème de points attribués en fonction de différents critères (ancienneté, situation familiale...). Didier Migaud rappelle que la première affectation de deux tiers des enseignants se fait sur des postes de remplacement ou des postes difficiles pour lesquels, au contraire, "une solide expérience pédagogique et un recrutement sur profil seraient bien plus efficaces".

Recommandation 3 : mettre en place un "forfait annuel" intégrant les heures de cours à l'ensemble des activités des enseignants (travail en équipe pédagogique, accompagnement personnalisé des élèves...). "La répartition de ce temps de service doit pouvoir être modulée en fonction du type de poste occupé et des besoins locaux des élèves", précise Didier Migaud.

Mise en cause de la cogestion corporatiste par le syndicat dominant 

 Vincent Peillon, ne peut partager le constat de mauvaise utilisation des moyens existants.
Précédent ministre de l'Education, Luc Chatel prônait l'autonomie des établissements qu'il avait étudiée en Finlande, pays qui l'a expérimenté avec succès, mais c'était un autre excès.
La question des effectifs aurait pu être désormais réglée: malgré les suppressions de postes de 16 000 postes d'enseignants et 1 500 classes qui n'ont pas rouvert à la rentrée 2011, l'école dispose en effet de bien plus de moyens qu'il y a vingt ans. Mais, par démagopgie et clientélisme, Hollande a rouvert le dossier et décidé d'alourdir -sur plusieurs générations- les charges liées à l'Education. 

Chatel pensait que l'avenir de l'école passe par un système plus déconcentré et décentralisé. 
Le principal avantage de cette ambition était de desserrer l'étau corporatiste dans lequel l'Education se trouve prisonnière. Comme dans de nombreux pays, tels la Finlande ou le Danemark, le recrutement des professeurs appartient en effet aux établissements et donc aux mairies, qui contrôleraient ainsi les personnels en plus du financement des établissements du primaire. Un pouvoir politique certes décentralisé mais actuellement détenu largement par la gauche. Pour autant, ces pays référents sont-ils mieux classés dans les évaluations internationales du fait du recrutement de leurs professeurs par les établissements? 

Luc Chatel s'aliénait les syndicats d'enseignants
lorsqu'il faisait valoir que notre système d'affectation, d'évaluation et de gestion de carrière des professeurs est archaïque. Il souhaitait comme le rapport de la Cour des Comptes à sa suite que le chef d'établissement puisse recruter lui-même ses enseignants en ciblant ses besoins et non pas en se soumettant à des tableaux d'avancement gérés par le SNUIPP (FSU).
Luc Chatel ne pouvait se satisfaire d'un système qui prévoit une inspection pédagogique en moyenne tous les cinq ans et préconisait un dispositif administratif plus moderne, plus équitable (libéré des appartenances syndicales), fondé sur des critères d'évaluation plus transparents.

Les ministres de l’Éducation ne sont pas libres et autonomes
Ils reçoivent leurs ordres des syndicats (notamment la FSU ou le SNU-ipp et le SGEN). "L'amélioration de la [co-]gestion des ressources humaines [qui  pourtant lui échappe] est indispensable. Elle n'est pas pour autant suffisante à elle seule pour améliorer d'un point de vue pédagogique notre système éducatif et des créations de postes sont aujourd'hui nécessaires pour accomplir des missions que nous souhaitons réaffirmer", maintient Vincent Peillon, otage de la toute puissante FSU. Avec Peillon, l'époque de la cogestion n'est pas révolue.
Lien PaSiDupes - " Cogestion : les ministres dirigent-ils leurs ministères ? " : La gauche s’accroche à la cogestion

Que représentent les syndicats d'enseignants ?
Ils restent un réservoir d'électeurs fidèles à la gauche (républicaine ou non, depuis la montée de SUD). Mais, au soir du 20 octobre 2011,  avec 38% de participation au lieu de 61%, la chute de la participation des enseignants aux élections professionnelles  est extrêmement brutale et pose la question de la légitimité de la représentation syndicale. Il manquait en effet 250 000 électeurs. Complot  ou non, le résultat est là.  Ce net recul écorne la légende selon laquelle le ministère de l'Education est celui où les syndicats ont une grande capacité de mobilisation lors des élections. L'ont-ils conservée sur des mots d'ordre corporatistes ?

Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé en décembre l'ouverture d'une grande réflexion sur l'évolution du métier d'enseignant au second semestre de 2013.
La rentrée 2013 promet d'être tumultueuse...