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vendredi 22 janvier 2016

Jean-Marie Le Guen dénonce un trop de syndicats en France

Vers le syndicat unique ?... Disons, la... CFDT ?

Les salariés "ne veulent pas des défilés, des banderoles, des slogans", estime -depuis 2012- le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement.

Il y a "trop d'organisations syndicales en France", a dénoncé le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement du gouvernement de Manuel Valls, lors de l'émission "Questions d'Info" LCP-France Info-Le Monde-AFP, le mercredi 20 janvier, alors que Manuel Valls venait de recevoir les partenaires sociaux, le lundi 11 janvier, pour évoquer les futures mesures du plan d'urgence pour l'emploi promis par François Hollande, que celui-ci a exposé le 18 janvier devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) et qui suscite déjà le scepticisme de certains.

Dernière du gouvernement socio-libéral de Hollande: trop de syndicats nuit à la défense des travailleurs. "Le mouvement social et syndical français est aussi affaibli par cela, ce qui fait qu'il a une représentation largement moins grande que dans d'autres pays". "La multiplication des organisations syndicales aboutit bien souvent à un affaiblissement du dialogue social", a développé Jean-Marie Le Guen.

Et Jean-Marie Le Guen dénonce aussi "des postures de blocage"

Interrogé sur le veto opposé par les syndicats CGT, SUD et FO de la Fnac à l'accord sur le travail dominical, le stalinien Jean-Marie Le Guen a répondu, : "il y aura des élections à la Fnac"

Mieux que les syndicats, le sous-ministre représente tous les salariés. "Je pense que les salariés, à la fois pour eux-mêmes, mais aussi pour la création d'emplois, comprennent et connaissent l'importance de la dynamique de l'ouverture d'un certain nombre de magasins le dimanche, notamment dans les zones touristiques. Donc, je pense que ceux qui sont des bloquants seront marginalisés, a-t-il menacé: du goulag ?

D'ailleurs ils perdent les élections", a-t-il raillé, parce que le docteur Le Guen, frappé de la maladie d'Alzheimer, pense probablement que, depuis trois ans, le PS a gagné une élection. "Ceux qui sont sur des postures de blocage vont à la défaite sociale". Et "quand ils ont une posture nationale de blocage, par exemple la CGT, on voit bien qu'au plan local, très souvent, ils signent des accords. Car la réalité, c'est que les salariés, ils ne veulent pas des défilés, des banderoles, des slogans, ils veulent que ça avance", a également déclaré le secrétaire d'Etat s'exprimant depuis Paris. 

Le Guen a enfin stigmatisé une gauche de la gauche "anti-hollandaise primaire"

Il accuse ses alliés de donner "sans arrêt des leçons à tout le monde" et à l'exécutif en particulier, mais qui est "incapable de se faire entendre par les Français". Cette gauche, "entre 2007 et 2012, s'est vraiment crispée sur un retour à un discours super simpliste, reconnaît-il: les salariés contre les patrons, etc. Ce discours-là, ça ne correspond plus à la réalité économique et sociale du pays, fait-il valoir désormais depuis les ors du pouvoirs. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts, je dis que l'exaltation des conflits d'intérêts entre patronat et salariat ne correspond plus à rien". 
Que reste-t-il de la social-démocratie? 
Encore une commémoration en perspective...

samedi 1 août 2015

Libération inquiet: "L’exécutif réussira-t-il un jour sa com' estivale ?"

Le chômage, cadet des soucis de ses actionnaires, les hommes d'affaires Niel, Pigasse et Bergé

Le changement, c'est le tout-communication

La rhétorique, c'est bien beau, mais la compétence, ce serait mieux.
Cette semaine, le gouvernement a enchaîné trois couacs en cinq jours, "nimbant" à nouveau son action d’un "halo" de brouillon, selon les termes ambigus de Laure Bretton, journaliste de Libération.

"Tout avait pourtant bien commencé", assure-t-elle, un B.A.BA de la communication politique estivale, exécuté "avec maestria". Lundi, premier jour de la dernière semaine de juillet, François Hollande sacrifiait à la rituelle rencontre avec les soldats du feu: c'est toujours mieux que les chrysanthèmes, mais non moins obligé, comme le suggère d'ailleurs sa groupie, parmi trop d'autres, rue Béranger. Des centaines d’hectares partis en fumée en Gironde, une pinède menacée dans le Var et le chef de l’Etat, dans ses habits [un babygro] de "président protecteur", appelait ses concitoyens à lutter contre la "négligence" et la "bêtise" qui sont trop souvent à l’origine des incendies. Zéro faute, sur des sujets émotionnels à souhait. Les catastrophes naturelles sont le domaine de prédilection de Pépère; l'économie, beaucoup moins ! 

Mais Hollande est toujours rattrapé par son incompétence, "nimbant à nouveau son action d’un halo de brouillon", voire plombant ses échecs d'une masse de mensonges".
François Hollande a salué "la reprise" économique depuis l'usine PSA de Trémery en Moselle, mais "qui croit encore aujourd'hui ce que dit M. Hollande ... Qui peut douter que M. Hollande a une spécialité, mentir", a souligné sur France 3 le prédécesseur de Hollande à l'Elysée. La conjonction astrale de la baisse des taux, de l'euro et du pétrole (grâce au gaz de schiste américain!) -qui ne devraient rien à sa politique- laissaient entrevoir une année 2015 plus favorable à la croissance, selon les milieux gouvernementaux. Qu'en est-il en fait?Rebsamen doit maquiller les chiffres du chômage pour donner raison à son patron !

L. Bretton devrait lire Mediapart ! 
"Décidément, cela ne va pas dans la tête de Hollande, là où l'on pourrait croire qu'existe un sens moral propre à tout être humain et qui disqualifie le mensonge," ose écrire le site trotskiste, qui dénombre trois des mensonges de l'homme politique, énormes. 
Premier mensonge de l'élu, sur la base d'un projet qui se voulait encore socialiste et impliquait d'abord une lutte contre les "riches" et la finance, ouvertement déclarée au Bourget. Or, son programme actuel, dont son pacte de responsabilité qui fait la part belle aux patrons, n'est qu'un vaste reniement. 

Deuxième mensonge, inadmissible chez un dirigeant de haut vol censé être doté d'un minimum de culture politique. Il a qualifié de "social-démocrate" le tournant qu'il a opéré, alors qu'il sait très bien qu'il s'agit d'un tournant "social-libéral", voire carrément libéral. Déjà Blum se déclarait marxiste et même partisan de la dictature du prolétariat, son parti l'est demeuré, au moins dans son programme... ce qui a permis que souvent, au siècle dernier, des ententes se nouent entre la SFIO d'abord, puis le PS, et le PCF, grâce en particulier à l'optique clairement anti-capitaliste du programme commun des années 1970. Or Hollande adhère désormais sans scrupule au capitalisme, au sein d'une Europe qui l'y pousse. Voilà un socialiste qui ne croit plus au socialisme et une politique de gauche qui l'a pourtant fait élire.

Enfin, sa toute récente référence à Jaurès à Carmaux laisse sans voix. La phrase citée est juste, le socialisme étant selon ce dernier "la République achevée", c'est-à-dire aboutie, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les excuses jusqu'à la fin des temps. "Il est vrai que notre président n'a pas la dimension intellectuelle d'un Jaurès (et est-il entouré de dirigeants ayant une dimension autre que politicienne, j'en doute). Mais il est au moins capable de savoir ce qu'il en est et, du coup, d'avoir conscience qu'il ment", accuse Yvon Quiniou.

"Je parle, donc je fais"
Pas de mensonges utiles chez Hollande: c'est à une manipulation idéologique du peuple sous l'influence de son Patrick Buisson qu'il a logé à Matignon. Le mensonge, dans ces trois cas, non seulement constitue une faute morale indigne d'un homme d'Etat, mais, comme l'a dit Camus, en nommant mal les choses, il "augmente le malheur du monde". Laure Bretton, entends-tu ?

Depuis 2012 - l’été meurtrier de référence pour le néo-président par défaut, avec la médiatisation gênante de son avion foudroyé par l'orage et contraint de rentrer à Paris, ou sa tournée des plages, escorté de Valoche, en sursis de répudiation -, on aurait pu penser qu’il avait appris de l'expérience pour ne pas se vautrer en conclusion d'une nouvelle année de déconvenues pour les Français et partir  en vacances sur de meilleures bases: "tenir son camp, maîtriser sa com et ne pas tendre de bâton à la droite". Car selon la socialiste de Libération, l'essentiel est dans l'apparence, le futile et le politicien. A noter que, selon les caricaturistes de Libé, la méchante opposition ne se situe pas à l'extrême gauche et surtout pas sur l'aile gauche du PS, enfouie dans les sables de la plage...
Manuel Valls petit-déjeune - dans l'allégresse - avec la presse :
Montebourg offrait déjà les croissants aux syndicalistes
manifestant sous sa fenêtre !
Raté ! Hollande n'en manque pas une

Modifier l’outil statistique de mesure du chômage quand le pays a la tête ailleurs, plage ou montagne, a évidemment conduit à des accusations de tour de passe-passe politique au moment même où le président répétait qu’il ne serait pas candidat en 2017 sans "baisse crédible et durable" du nombre de demandeurs d’emplois, admet la petite bourgeoise féministe du Marais, en premier mensonge au ras des pâquerettes, à la différence des idéologues de Mediapart. 

Ne pas caler d’éléments de langage avec un ministre connu pour sa proximité avec le chef de l’Etat et ses convictions de cumulard a permis à François Rebsamen de prendre l’Elysée de court en clamant son envie de garder son portefeuille du Travail tout en redevenant maire de Dijon. 

Et laisser l'électron libre Taubira, ministre de la Justice, annoncer une "déjudiciarisation" du défaut de permis de conduire, n'est-ce pas afficher son incompétence au mur des cons du camping ? Une "réforme pourtant intelligente," selon Bretton dont la canicule accable le cerveau, la veille du chassé-croisé entre juilletistes et aoûtiens. En fait, une provocation qui a sorti "la droite de sa torpeur estivale, ravie d’entonner son plus ancien refrain contre la gauche : sus au laxisme. Pavlovien. Mais évitable." Ne l'eût-elle fait, Taubira aurait-elle offert d'y renoncer? Pour mieux lui "enquiller" quelques corps étrangers ensuite, à la faveur d'un vote de sa réforme de la justice par les godillots de l'Assemblée ?   
VOIR et ENTENDRE comment la journaliste de Libération, Laure Bretton (ci-dessus), positive pareillement les velléités du gouvernement quels que soient les sujets abordés, tout en accablant systématiquement l'opposition:
 

mardi 24 mars 2015

Dramatisation des départementales: faut-il sauver le soldat socialiste?

La gauche de déclare en danger de mort !

Pensez-vous qu'il faille dresser le constat de décès de la gauche?

Rose malade de ses pucerons
Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, "proche" du Parti socialiste, a la réponse dans L'Express ! Et ça démarre sur de "bonnes" bases, puisqu'il attribue à la gauche l'exclusivité de l'égalité, comme "coeur de son identité"... Il concède toutefois que cette gauche laminée dès le premier tour des départementales ne parvient toujours pas à l'ouvrir, ce coeur-là, à en croire son propre électorat, puisque la gauche doit " repenser en profondeur les moyens d'y parvenir".

Intellectuel socialiste qui travaille pour l'agence publicitaire Havas Worldwide (L’Oréal, BNP Paribas, Sanofi-Aventis, Orange, Total, Nestlé ou Unilever), Gilles Finchelstein affirme que "l'un des grands défis du PS est de retrouver le sens du collectif [ce qui, pour de la part de 'socialistes' semble inattendu et lourd de sous-entendus d'échecs multiples et accumulés !] (...) "Chacun doit veiller à ne pas exacerber les divergences" exhorte-t-il...

"Non, la gauche n'est pas morte", nie-t-il, affirmant sérieusement que le premier tour des élections départementales aurait encore confirmé un souffle d'énergie vitale, bien qu'arrivé au 3e rang, derrière l'extrême droite. "Mais la gauche est en danger de mort : elle court le risque de n'être plus qu'une force politique résiduelle, la nostalgie d'un temps révolu. C'est d'ailleurs une situation qui n'est pas propre à la France [une comparaison toujours facile en état de détresse]: au sein du G20, à peine un tiers des grands pays de la mondialisation comptent encore une gauche qui soit une force politique réelle. [Quand commence-t-on à être -ou ne plus être- ce qu'on prétend être ?] En Europe même, berceau de la social-démocratie, elle résiste dans le Nord, mais elle est marginalisée à peu près partout dans l'Est, menacée en Espagne et pulvérisée en Grèce. Nous sommes au coeur de ce que Gramsci [mort en 1937, fondateur du Parti communiste italien] appelait "la crise" dans ses Cahiers de prison : "Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur ­surgissent des monstres."  On est avant le Pacte germano-soviétique entre Staline et Hitler...

Quelles formes prennent les monstres aujourd'hui?
Des populismes politiques aux extré­mismes religieux [ils ont eu beau soutenir les printemps arabes, anti-chambres du fanatisme islamiste], il s'agit de tout ce qui nous fait sortir du cadre ancien et structuré de la démocratie. [Ces extrémismes n'incluent plus l'extrême gauche: pour la blanchir, il aura suffi de la rebaptiser "gauche radicale"]. 

Le Parti socialiste peut-il être le pilier autour duquel la gauche française va se restructurer?
[La question porte la réponse...] Oui. Je ne crois pour la France ni à un scénario Syriza (restructurer la gauche autour de l'extrême gauche) ni à un scénario Podemos (restructurer la gauche autour d'un mouvement social). Outre que la crise est, malgré tout, bien moins profonde en France qu'en Grèce ou en Espagne, [et, pour le bien de la démonstration, on va tout de suite savoir pourquoi] ce qui caractérise la France, c'est davantage la droitisation du pays que l'ouverture d'un espace à l'extrême gauche. [une affirmation péremptoire qui fait l'économie d'une démonstration difficile] Le chemin le plus rapide reste donc celui d'une reconstruction autour du PS. [Ce que l'extrême gauche conteste précisément aux socialistes hégémoniques] 

Ne faut-il pas commencer par redéfinir le PS? Quel visage doit avoir le socialisme de demain, celui de Martine Aubry ou celui d'Emmanuel Macron?
Contrairement à d'autres, à gauche, je ne sous-estime pas l'importance de ce que vous appelez le "visage" : la personnification n'est pas simplement un travers de la Ve République [avec Valls, on parle néanmoins d'"incarnation" et celle-ci, contestée à droite comme à gauche, notamment les "frondeurs", ne doit rien à la droite], c'est aussi l'une des caractéristiques de la vie politique contemporaine -on le voit par exemple en Italie, autour de Matteo Renzi [dont on voit déjà qu'il ne réussit pas mieux que Valls, selon l'auteur, dans Libération, de 'Cahuzac, Moscovici, Valls faisaient com’ si de rien n’était']. Quant à "demain", si "demain" évoque l'élection de 2017, la logique voudrait que le visage de la gauche soit celui de François Hollande [c'est-à-dire, le visage social-démocrate, mou et flou]

Pourtant, François Hollande est l'un des problèmes de la gauche française, l'une des causes de sa mort annoncée!
Mais les difficultés de la gauche française dépassent, et de loin, la personne de François Hollande ! Depuis 1965, le président de la République sortant, au terme de son premier mandat, a toujours été candidat à sa propre succession. Toujours ! La logique institutionnelle, qui est d'ailleurs identique dans les autres grandes démocraties, c'est donc que François Hollande soit candidat. On peut redouter, compte tenu de ce qui s'est passé depuis trois ans, que le cycle de défaites aille jusqu'en 2017. Mais la logique des scrutins... [Et des sondages... Quelle est donc la logique qui trouvera grâce auprès de Finchelstein ?] L'histoire n'est pas écrite, elle dépendra des résultats économiques, de la poursuite des réformes, de l'offre politique, de la campagne de 2017 elle-même... [Faut-il être une lumière pour l'affirmer?] Il [Hollande??]  demeure un chemin vers la victoire. [Faut-il vraiment que la Fondation Jean-Jaurès soit à la rue! Ils auront simplement observé que, depuis plusieurs semaines, Hollande se tient désormais bravement à distance de tout ce qui fâche les Français et n'assure plus que les séances publiques de compassion, la présidence de cellules de crise et les tweets édifiants], même si c'est un petit chemin escarpé de montagne plutôt qu'une ­autoroute à six voies. 

S'agit-il d'un problème de valeurs ou simplement de résultats électoraux?
Ce n'est pas du tout un problème de valeurs -d'ailleurs, si tel était le cas, la gauche serait morte. [LOL] Le coeur de l'identité de la gauche, c'est l'égalité. Or, dans le monde comme en France, la question de l'égalité n'est pas derrière nous, elle est devant nous. [Un douloureux aveu d'échec pour les socialistes du XXe siècle: Jaurès est mort en 1914...] Ecole, logement, santé, emploi, patrimoine, numérique... il y a de quoi faire. [Mitterrand (1981-1995: 14 ans) et Jospin (1997-2002) n'ont-ils pas exercé le pouvoir?] Ce ne sont pas les valeurs qui sont en crise, ce sont les moyens d'action politique : les leviers traditionnels de la gauche, comme l'Etat, la ­dépense publique ou la redistribution, sont malmenés par la mondialisation. [Que faut-il à l'Etat-PS -tous les pouvoirs aux mains d'un seul- pour que le socialisme ait les moyens de fonctionner ?] C'est pourquoi je plaide pour que la gauche reste centrée sur cette question de l'égalité et qu'elle repense en profondeur tous les moyens d'y parvenir. [Les classes moyennes, notamment les familles et les petites entreprises, n'ont-elles donc pas déjà assez donné, en trois longues années ?]

Le PS n'est-il pas trop divisé en son sein même pour réussir sa rénovation?
C'est une idée à la mode, que je ne partage pas : le Parti socialiste est divisé, mais il l'est beaucoup moins profondément que dans les années 1970 ou 1980 [seuls les retraités peuvent confirmer pour avoir vécu ces  30 années évoquées et le quinqua Finchelstein parle d'or, sur la base de connaissances livresques] : les divergences entre François Mitterrand et Michel Rocard sur l'économie, ou entre François Mitterrand et Jean-Pierre Chevènement sur l'Europe, étaient infiniment plus profondes qu'entre les frondeurs et le gouvernement de Manuel Valls ! [A ce détail près de l'Histoire selon Finchelstein que les années considérées connaissaient la prospérité et non pas la crise] En revanche, la perception de ces divergences par l'opinion, dans notre société surmédiatisée, est beaucoup plus importante. [Le "ressenti" est "une idée à la mode" à laquelle sacrifie -au besoin- la "plume de la plume de Jospin "] L'expression de la différence est payante dans une logique médiatique individuelle, mais coûteuse dans une logique politique collective. [Le PS devra-t-il faire verser la France au fossé du totalitarisme ?]

Quelle leçon faut-il en tirer?
L'un des grands défis du PS, c'est de retrouver le sens du collectif [dictature des juges rouges, de la presse partisane, des associations militantes, des syndicats radicaux ou des 'hussards de la République" ?] Il ne s'agit pas que tous ceux qui pensent différemment se taisent [l'idée aurait-elle effleuré ce membre du think tank mondain Le Siècle ?]; simplement, chacun doit veiller à ne pas exacerber les divergences. [Même celles de l'opposition républicaine? A l'UMP, ils attendent de voir ça!]

A trop s'occuper des minorités, le PS a-t-il oublié le coeur de son électorat, qui se sent aujourd'hui exclu du système?
Ce qui caractérise les comportements électoraux, c'est de plus en plus la mobilité [un constat dont Finchelstein fait un amalgame]. Penser qu'on a un électorat captif est totalement archaïque ! [L'idée que découvre le penseur en chef de la Fondation Jean-Jaurès est archaïque depuis longtemps !] De la même manière, croire qu'il est possible d'apporter des réponses ciblées est un leurre, car ces demandes sont très ­souvent contradictoires... [Egaré entre leurre et archaïsme, Finchelstein en appelle à son GPS] Il faut [yapuka] donc s'adresser à l'ensemble des Français, à travers une stratégie de l'offre, en privilégiant ce que Laurent Bouvet [EHESS, directeur de l'observatoire de la vie politique à la Fondation Jean-Jaurès] appelle le "commun" [le "peuple", pour éviter de dire la "populace", quand on est comme lui membre de la Gauche populaire, avec Laurent Baumel ou François de Rugy]. 
Le grand enjeu est de savoir si le débat va se structurer autour de la question de l'égalité ou de celle de l'identité. Je pense que l'intérêt de notre pays -pas seulement de la gauche - c'est de ne pas exacerber la question de l'identité, sur laquelle, dans une société en tension [du fait de l'immigration non maîtrisée et du communautarisme], il est plus difficile de trouver des compromis.

Faudra-t-il un jour que le PS choisisse entre Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou?
En 2012, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou ont appelé à voter François Hollande. En 2015, aucun des deux ne le soutient plus. [voilà des boucs émissaires idéaux, mais sans plus de stigmatisation larvée que celle visant la candidate Taubira à la présidentielle de 2002] Je considère que la rupture avec Mélenchon est ­irréversible -même s'il faut continuer à débattre avec lui [même si on ne débat pas avec le Syrien al-Assad] et, surtout, essayer de convaincre toute la gauche. [Les départementales n'en sont qu'à l'entre-deux tours et les Régionales sont pour décembre] Mais enfin il y a, au-delà de la violence du verbe, des actes : le vote de la motion de censure, le refus de se désister dans le Doubs... [Finchelstein arrive enfin au terme de son cabotage en forme de raisonnement] Il faut prendre garde à ne pas donner corps au clivage que Mélenchon veut substituer au clivage entre la droite et la gauche, celui qui se serait creusé entre le peuple et les élites -ce qu'il appelle l'"oligarchie".   

Quant au rapprochement avec Bayrou, il est ­aujourd'hui hypothétique : la fenêtre ouverte en 2012 s'est refermée, mais, en fonction de ce que sera la candidature de l'UMP, qui peut exclure qu'elle s'ouvre à nouveau en 2017 ? La dynamique, en tout cas, ne peut venir que du président de la République, sachant que, pour gagner, il lui faudra d'abord ­rassembler.

La "dynamique" de Hollande... l'élégant Finchelstein a de ces idées !
Les Français ont vu ce que donne la "dynamique" de Hollande en matière de redressement de l'emploi, de la dette oublique ou du pouvoir d'achat. Pas cet intello-bobo ! 
Ce diagnostic de la mort annoncée du PS  de la gauche est celui d'un rebouteux.

vendredi 19 septembre 2014

Renzi, le père de l’icône de la gauche européenne, suspecté de banqueroute frauduleuse

Le père du président du Conseil italien visé par une enquête
On choisit ses amis, pas ses parents...
Le choc est rude pour le populaire président du Conseil italien âgé de 39 ans, dont les débuts ont été très remarqués en Europe. Alors que Matteo Renzi peine à sortir son pays de la morosité, son père serait visé par une enquête pour banqueroute frauduleuse, à en croire jeudi Il Secolo XIX, le principal quotidien de la ville de Gênes.

Une affaire de vente d'entreprise. 

Le tribunal de Gênes suspecterait Tiziano Renzi d'avoir quitté le siège de sa société sans payer des arriérés de loyer pour les locaux de l'entreprise Chil Srl, implantée dans le domaine de la distribution de journaux et magazines. 
Le père de l'espoir de la social-démocratie européenne, poursuivi par le propriétaire des locaux, a entre-temps revendu la société à un entrepreneur génois, peu avant qu'elle ne soit déclarée en faillite en 2013. Un procédé qui a déclenché une procédure judiciaire pour banqueroute frauduleuse.

Il n'a pas encore été possible d'obtenir confirmation de l'affaire auprès du tribunal. Selon le quotidien génois, l'entreprise Chil avait été condamné en première instance à payer 11.000 euros de loyers et frais de justice. Bien avant les faits, de 1999 à 2003, Matteo Renzi et l'une de ses soeurs étaient les propriétaires officiels de la société, selon le journal.

Comme en France, l'Italie attend toujours le changement


Pour la troisième fois depuis 2007, en août 2014, l'Italie a replongé dans la récession. Son PIB a reculé de 0,2% au deuxième trimestre 2014, après une baisse de 0,1% au premier. Pour Matteo Renzi, dont les débuts ont été très remarqués en Europe, l'heure de vérité a sonné, alors qu'il est aux affaires depuis février dernier. Le gouvernement italien comprend au total 16 personnes dont la moitié sont des femmes est rajeuni, paritaire et resserré. Et ça change quoi ?

Un schéma italien à l'identique de la France de Hollande
Certes, les analystes ne s'attendaient pas à des miracles. Mais ces résultats plus mauvais que prévus compliquent l'équation de Matteo Renzi, qui espérait une sortie de crise afin de rétablir le plus rapidement possible la situation des finances publiques. La dette italienne culmine à plus de 2.000 milliards d'euros, dépassant 135% du PIB, et le déficit public menace de franchir le seuil fatidique des 3%. Confronté à un taux de chômage de 12,3%le plus jeune chef de gouvernement de l'Union européenne et ancien secrétaire général du Parti démocrate se retrouve au pied du mur, avec une popularité que Hollande lui envie.

samedi 5 avril 2014

"Le maintien de Christiane Taubira est un affront démocratique", explique Philippe Bilger

Philippe Bilger revient dans Le Figaro sur la composition du nouveau gouvernement. 

La réponse du président de la République n'est pas à la hauteur, 
selon le président de l'Institut de la Parole.

Après le désastre des élections municipales pour les socialistes de gouvernement, on attendait autre chose dans le fond comme dans la forme.

Non pas un changement dans la nature même du projet puisque cette vision social-démocrate correspondait non seulement à la conception profonde du président mais, avec le pacte de responsabilité, à un possible soutien de la droite classique, grande gagnante des élections municipales.

J'entends bien que la gauche extrême, désirant dans sa pureté l'incarnation d'une idéologie de rupture, proclamait la nécessité d'une politique radicale et que le FN, sur un autre registre mais étrangement similaire sur le plan de la tonalité vindicative et dénonciatrice, aspirait à une orientation différente.

Mais personne ne doutait que François Hollande fût tenu par une constance à l'égard de soi et de ses options essentielles. Si le changement de gouvernement apparaissait inéluctable, ce que même un temporisateur habile comme le président avait été obligé d'admettre, personne n'était assez naïf pour croire qu'un Premier ministre reconduit ou nouveau serait décisif pour modifier une donne politique, sociale, économique et judiciaire plus que préoccupante.

Ce fut l'annonce de la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre et ce fut tout

Tout de même, quelle déception, d'abord, que ces quelque sept minutes lénifiantes dans l'expression et sans élan dans le contenu proposées par le président de la République à la télévision. Il avait écouté mais guère entendu. Les considérations moralisatrices n'ont pas manqué, comme il se doit, avec sa volonté de combattre l'exclusion - le FN obsessionnellement et implicitement visé - à laquelle il a rajouté in extremis la lutte contre le communautarisme.

Un discours creux, vide, qui pâtissait d'une propension regrettable à prendre trop à la légère ce qui, pour le commun des citoyens, avait été perçu clairement comme un désastre et donc appelait des signaux forts et décisifs.

Ce fut l'annonce de la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre et ce fut tout. Il était cohérent qu'il promût son ministre de l'Intérieur qui, au PS et lors de la primaire avait tenu courageusement la ligne social-démocrate. Peu importait que ce ministre par la suite ait échoué, il aurait été inconcevable qu'on tînt pour rien les efforts et l'ambition qu'il avait déployés pour se rendre indispensable, fût-ce en battant en brèche subtilement ou ostensiblement le pragmatisme honorable mais gris de Jean-Marc Ayrault !

Un gouvernement pour l'instant «resserré», de combat nous dit-on, mais peu ou prou constitué des mêmes têtes et avec des compétences distribuées au petit bonheur la chance avec, cependant, un porte-parole sans doute plus compétent et efficace que la précédente.

Quelques éléments surprenants, paradoxaux ou signifiants à retenir, toutefois.

Les écologistes ne font plus partie de ce gouvernement. Les deux ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin moqués hier pour leur écartèlement entre conviction et pouvoir, entre solidarité et dissidence ont réussi à entraîner cette décision de refus de participation. Ils seront redoutables et vigilants dehors.

Le retour attendu, espéré par beaucoup, de Ségolène Royal. Quoi qu'on pense d'elle, la gauche n'est pas si riche en personnalités de caractère et d'expérience pour pouvoir encore se priver d'elle. François Rebsamen, qui aurait été remarquable place Beauvau, moins agité et plus efficace que son prédécesseur, se retrouve dans un ministère qu'il devra découvrir.

Benoît Hamon monte en importance et ministre de l'Education nationale, il sera - c'est à souhaiter - aussi attentif et précautionneux qu'il l'a été pour sa loi sur la consommation. Il serait dangereux que l'idéologie qu'on lui prête dans ce domaine et ses éventuels préjugés altérassent ce que son appréhension lucide du réel, son écoute et son intelligence lui dicteront.

Christiane Taubira est maintenue garde des Sceaux et c'est une véritable provocation judiciaire, un affront démocratique. Au cœur du débat municipal, il y avait aussi une revendication d'ordre et de justice. L'exigence d'une inversion des valeurs: que les véritables victimes des crimes et des délits soient reconnues et considérées et non que les transgresseurs le soient insidieusement à leur place. Une aspiration à ce que la mansuétude change de camp. Ce serait drôle si ce n'était déplorable pour la société: plus on est attaquée parce qu'on est mauvaise, plus on est protégée.

Le pouvoir ne s'est pas honoré en répondant si conventionnellement au défi qui lui a été lancé : il faut que rien ne change pour que rien ne change !

On a répondu au maelstrom des élections municipales par une politisation caricaturale, des compromis, la gestion féroce ou tactique de rapports de force, l'exclusion de certains qui auraient été bons et la nomination d'autres sans tenir aucun compte de leur compétence d'origine. Quasiment les mêmes, brassés dans un chaudron gouvernemental qui ne donne pas aux citoyens la rassurante conviction d'avoir été suivis.

Une honte politicienne, l'art de gouverner dans ce qu'il a de pire, tout de manœuvres et rien pour la flamme, un univers dépassé, décalé, une gifle claquée à la face du pays qui lui-même en avait donné une au pouvoir, sans l'ombre d'une équivoque ni d'échappatoire. Les grands espaces de la démocratie, avec les orages, les tensions et les leçons surgis de cette dernière bien au-delà des enjeux locaux, ont été pollués, banalisés, ridiculisés par une épicerie de boutiquiers jouant avec le peuple et pressés de se retrouver entre soi pour continuer comme avant.

La gauche ne sort pas grandie de cette inexécution républicaine. Il ne suffit pas d'accumuler les pactes - responsabilité, solidarité - pour que le seul pacte qui vaille, de confiance entre les gouvernants et les citoyens, advienne et transcende une démocratie à la peine. Le pouvoir ne s'est pas honoré en répondant si conventionnellement au défi qui lui a été lancé: il faut que rien ne change pour que rien ne change!

Demain, si une droite digne de ce nom revient aux responsabilités, qu'elle n'oublie pas cette leçon. On n'invente pas l'avenir en offrant un présent détestable pour oublier un passé désastreux.

mardi 1 octobre 2013

La méthode Hollande à l’épreuve du pouvoir

Le double visage du socialisme français

Le double visage du socialisme français
François Hollande est imprégné de la méthode mitterrandienne vieille de trente ans et, malgré le passage  à l'ère du numérique et de la globalisation,  il croit toujours en la vertu du temps: pourtant, le changement s'opère jusqu'ici sans celui qui prétend l'incarner: le présent se rebelle et le bouscule. Comment Hollande pourrait-il donc préparer l'avenir?

Le poids  de l'impréparation

D'entrée, son amateurisme a déconsidéré le président par défaut.
Et il a confirmé le sentiment d'inadaptation à la tâche par la constitution d'un gouvernement chaotique d'apprentis, une ligne fluctuante et une accumulation de cbavures et de reculades.

La Syrie et le cafouillage sans précédent sur la "pause fiscale viennent de faire ressurgir l’image d’un président à deux visages. 
L’un dans la posture: déterminé, voire martial, dès qu’il s’agit de conduire les affaires extérieures du pays, voire de s'ingérer, notamment en Afrique, mais posture faussée par son suivisme en Syrie. L’autre dans l'ambiguïté: frileux et indécis sur la scène nationale. Le gouvernement était connu pour ses "couacs " de communication, François Hollande pour sa méthode de l’ajustement politique permanent. Or, le mal se révèle plus profond qu'il n'y paraissait dès lors qu'il aborde le dossier des impôts :  à défaut de boussole et de ligne politique ferme, le ­président navigue au gré des injonctions parlementaires et des pressions syndicales qu' il favorise par le "dialogue", au point que le gouvernement désorienté peine à montrer la direction. Chaque note vire au couac . La dissonance est devenue continue.

C
es deux visages trouvent-ils à s’accorder?
Les analystes du hollandisme balbutiant ont de belles bagarres de préau devant eux… Certains veulent voir en Hollande un joueur de poker qui cacherait habilement son jeu. D'autres discerneraient en lui la personnalité tourmentée du schizophrène aux visages contradictoires et irréconciliables dissimulés derrière une bonhomie rigolarde.

Les débats se sont déplacés

Pour qui cherche à voir au travers du brouillard de la rentrée politique, 2013 ne ressemble pas à celle de 2012. La majorité reste éruptive, mais les débats qui l’agitent se sont déplacés. Que reste-t-il des velléités de changement? Où sont les injonctions pour une "autre politique"? Que sont devenus les députés contestataires de l’objectif de réduction des déficits ?  Disparues, ou presque, les accusations sur l'héritage?  A la gauche du PS, Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann viennent de lancer un nouvel appel à la rebellion, mais ils sont seuls. Les ministres à fibre sociale, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, ont fini par se convertir à la realpolitik de l’offre, renonçant aux anathèmes sur la banque et les entrepreneurs. Idem de la majorité des parlementaires socialistes élus sur l'idéologie anti-libérale. Le sociétal avait redynamisé leurs restes soixante-huitards, mais les ors et la moquette les ont renvoyés à leur embourgeoisement douillet. 

Encroûtés dans des années d'opposition systématique, la gauche socialo-écolo au pouvoir depuis dix-huit mois cherche toujours la méthode. 
"Il y a eu un virage", admet Thierry Mandon, le porte-parole du groupe à l’Assemblée. "La question chez les députés n’est plus de savoir s’il faut ou pas prendre ce virage mais comment on amende cette trajectoire pour la rendre supportable". Répondre aux problèmes de chômage et de pouvoir d’achat des électeurs, plutôt que réorienter la politique économique, telle est la nouvelle ligne de débat.

Retour de la gauche à la réalité 

Ce virage doit beaucoup aux erreurs du président débutant.  
Dès sa campagne présidentielle, le chef de l’Etat affichait son ambition. "Je veux installer la gauche durablement au pouvoir", disait-il, mais l’aggiornamento idéologique, social-démocrate, s'est heurté aux épreuves du pouvoir. L'exécutif clame d'autant plus fort son attachement à la social-démocratie que la réalité l'en éloigne chaque jour davantage.

Histoire de France pour les Nuls
et Hollande, capitaine de pédalo,
(cours de rattrapage, Mougins 2007)
Sans rire, son conseiller Bernard Poignant parle de François Hollande comme d’un homme baigné d’histoire (de petites histoires?), notamment de la gauche. Ce prisme expliquerait sa détermination sur la Syrie : guerre d’Espagne, Munich, François Hollande ne voulant pas ajouter à la liste des renoncements socialistes. 
Mais à considérer son intervention militaire au Mali, il serait plutôt du genre Guy Mollet (SFIO) qui, en octobre 1956, engagea la France dans une opération militaire en Egypte avec le Royaume-Uni et Israël ("opération Mousquetaire"), pour la restitution de leurs droits aux actionnaires du canal de Suez nationalisé par Nasser. G. Mollet, président socialiste du Conseil mit aussi en place le rationnement de l'essence en novembre 1956 et toléra les procédés français discutables durant la "bataille d'Alger" e réaction aux atrocités commises par le FLN marxisant et autorisa la saisie l'édition du journal Le Monde qui publia un rapport accablant le 21 juillet 1957.

l’intérieur, l'Histoire guiderait aussi l’action du président
Pour l'installer au pouvoir, il était convaincu de la nécessité d’ancrer la gauche dans la réalité. Il a réussi à tracer sa route, malgré une duplicité qui ne trompa que la base, mais a retrouvé le bas-côté. Pour parvenir à ses fins, il se garde à gauche en accablant la finance et l'entreprise et se garde à droite en effaçant les rêves keynésiens. Pour se rallier des électeurs, il fait des promesses - toutes prioritaires - aux jeunes ou aux professeurs. Puis, après avoir gravement alourdi l'impôt et creusé la dette publique, il annonce la diminution de l'un, et la réduction de l'autre, dans un avenir incertain. Au tiers de son mandat, il se décide à donner des gages et promet une transition énergétique à effet retard. Aux coups de barre désordonnés, il ajoute un virement de bord en faveur de l'entreprise, d'abord, après l'avoir sévèrement taxée, et de l'environnement, ensuite, après avoir méprisé ses turbulents alliés Verts.

La versatilité de l'amateur désempare les acteurs économiques
Comme il y a dix jours sur TF1  : "L’avenir de la France passe par une économie forte. Il faut des entreprises." Mais il prend soin d'introduire un grossier distinguo qui vise à ménager tout le monde, au risque de fragiliser son souci de "cohérence". Qu'on ne se méprenne donc pas, aider les entreprises ne signifie pas aider les patrons, précise-t-il, à l’adresse de ces socialistes nostalgiques de la lutte des classes. "Nous n’aidons pas les entreprises pour aider les entreprises mais pour leur donner plus de marges et de capacités d’investir et de créer des emplois", se justifie-t-il. "Je ne suis pas le président des patrons, je suis le président des entreprises." La sémantique pour entourlouper,  la pédagogie pour convaincre: le changement est-il à ce point   contre-nature au PS qu'il faille user du verbe et du mensonge pour s'engager dans l'action ?

Vider le mot réforme de son caractère anxiogène

Pour se faire élire à gauche et mener une politique de droite, il lui faut placer un coin libéral dans l'idéologie de gauche. Les méandres de sa gouvernance l'obligent à convaincre qu’il y a quelqu'un aux commandes et à rassurer les Français en recherche d'emploi, de pouvoir d'achat et de sécurité qu'il matraque d'impôts. 
La réforme n’est pas synonyme de perte d’acquis sociaux, mais les niches qui sautent, pour plus d'équité promise, sont en vérité plus sensiblement sociales que fiscales, dans la réalité quotidienne des familles. Lien PaSiDupes 2011: "Niches fiscales et sociales, dans le même panier des critiques socialistes"

François Hollande peinera de plus en plus à faire croire que sa politique ne se fait pas contre les entreprises et leurs salariés. Il se fixe des objectifs comme autant de berceuses rassurantes sur la durée d'un quinquennat mais, il est déjà largement entamé et ils restent flous et à échéances sans cesse reculées. L’objectif d’inversion de la
courbe du chômage à la fin 2013 est là pour convaincre, mais personne n'y croit plus, à seulement trois mois désormais de la date fatidique. Pas plus qu'aux emplois d'avenir qui ont calé au démarrage et n'en sont qu'à 55.179 signés au 9 septembre, encore loin des 100.000 escomptés fin 2013.

Si peu fiable, est-il la meilleure personne pour vider le mot réforme de son caractère anxiogène? 
La réforme se veut synonyme d’avancées sociales, notamment avec celle de la retraite: or, elle n’est pas censée permettre des économies, même qu'elle coûte ! Alors, ses promoteurs vantent des avantages supposés: donner de nouveaux droits, en matière de pénibilité, notamment, mais aussi en faisant perdurer les avantages acquis des plus socialement virulents. Les routiers et les fonctionnaires des entreprises publiques, tels SNCF, RATP et nos grands ports, à 100%, La Poste (patron de O'Besancenot à 77%) ou EDF (84%), comme les journalistes, et pas seulement ceux du service public veillent donc, l'arme au pied (Radio France et France télévisions restent à 100% publics, pour plus d'indépendance?...). La presse menace déjà de retrouver insolence et pugnacité. 
La réforme oui, dans les mots et l'apparence, mais la réforme tellement pesée et sous-pesée, ajustée aux intérêts sectoriels, catégoriels et corporatistes qu’elle en devient incolore. Pour mener son dessein historique, François Hollande n’a d'ailleurs pas trouvé mieux que de sacrifier la réforme aux syndicats, dont la CGT ou le SNJ, associations et lobbies divers.

Une politique à double fond 

La duplicité du chef de l’Etat produit une politique à double fond. Celle que l’on voit, louvoyante et tâtonnante, ajustée en permanence en fonction des réactions des uns et des autres, dont au premier chef les co-gestionnaires de sa politique, les experts désignés et les interlocuteurs privilégiés qui, sous couvert de concertation, impriment leurs marques discordantes. Sorte de paravent entre l'opinion qui gronde et un exécutif aussi flexible que le roseau de la fable face au chêne que Hollande prétend incarner. Après un énième psychodrame, la constitution de la Ve République assure à Hollande la docilité des écologistes qui viennent de ranger leur ultimatum au composteur et de déclarer qu’ils étaient faits pour durer au pouvoir. Municipales obligent !

Pour des raisons de paresse, Hollande 
croit aux vertus du temps et rechigne à intervenir. Cette indécision du Gros tout mou est validée par les anciens de l’école mitterrandienne. Sauf que les temps ont changé en trente ans, que le laxisme de Lionel Jospin a marqué la génération montante et que le présent se rebelle. 

L'intermède Hollande s’inscrira-t-il dans la durée si le pays reste en crise ? 
François Hollande s'inquiète à juste titre du jugement de l'Histoire, mais le choix du présent que les événements lui imposent dans l'urgence ne lui laisse d'autre espoir de renouer avec la croissance qu'un redressement économique international  ou la chance, ce qui revient au même.
Le risque serait que le changement se fasse, mais sans Hollande.