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lundi 7 mars 2016

Réforme Valls du Code du Travail: manifestation d'étudiants et salariés, mercredi 9 mars

Privilégiés par Hollande, les étudiants feront une manif politique

L'intersyndicale d'étudiants ou lycéens et de salariés
opposés au projet Valls de réforme du code du Travail manifestera dans la rue.
Mercredi 9 mars les syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires côté salariés; UNEF, Solidaires Étudiants, Union des étudiants de Toulouse, jeunes communistes et Union des étudiants communistes, jeunes socialistes et NPA Jeunes (trotskistes), du côté des jeunes et des étudiants manifesteront derrière la même banderole pour demander le retrait total du texte. Déjà 41.000 personnes ont indiqué sur Facebook qu'elles participaient à l'événement.
"Cette loi est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Notre seuil de tolérance à la précarité est ­dépassé", lance William ­Martinet, le président de l'Unef, voyant dans le plafonnement des indemnités prud'homales la création d'un "droit au licenciement abusif"
"Ce n'est pas en facilitant les licenciements et en augmentant le temps de travail que l'on va réduire le chômage. Et faire que les apprentis – y compris des mineurs – puissent travailler jusqu'à 40 heures, c'est inacceptable", pointe Rina Rajaonary, à la tête de la JOC.

A Toulouse, la réunion de l'intersyndicale a également cristallisé les divergences de points de vue apparues au niveau national entre ce front du refus et le groupe des 'réformateurs' : CFDT (proche du PS), Unsa (ex-FEN), CFTC (modéré), et les étudiants de La Fage, habituellement classée à droite, ont refusé de se rendre hier matin à l'invitation lancée par les communistes de la CGT. Ils ne seront pas non plus dans la rue le 9 mars. "Nous ferons peut-être quelque chose. Mais nous réfléchissons à notre type de mobilisation. Pour l'instant, nous sommes dans la négociation", expliquait hier Bruno Cagnat, secrétaire général de la CFDT 31.
Manifestations et grèves les 9 et 31 mars, rassemblements le 12 mars, intersyndicales les 17 et 18 mars: la mobilisation syndicale contre la loi El Khomri se fera en ordre dispersé, d'un côté, les partisans d'amendements et de l'autre  les tenants du retrait. La fragile union syndicale s'est fissurée jeudi, lors de deux intersyndicales, l'une visant à réfléchir sur les amendements à proposer au gouvernement, l'autre sur les contours de la mobilisation du 31 mars.
A la CGT, Jean-François Tortajada, membre du bureau de l'Union départementale, voit dans cette journée du 9 mars le point de départ d'une grande mobilisation qui se poursuivra le 22 mars avec la journée de mobilisation dans la fonction publique et un meeting le soir au hall 8 du Parc des Expositions en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, en attendant la journée de mobilisation unitaire du jeudi 31 mars.

Le mercredi 9 mars 2016, d'autres mobilisations CGT et FO sont prévues (en rapport ou non avec le projet de loi sur le travail): SNCF, RATP, professeurs des collèges et des lycées (Sud éducation), dans l'aérien (Sud aérien) et dans les secteurs santé, social, accueil, animation (Sud Santé et CGT).
Entre manifestations contre la loi El Khomri et grève à la SNCF et la RATP, les journées de mardi 8 et mercredi 9 mars 2016 risquent d'être difficile pour ceux souhaitant se déplacer à Paris.
A la SNCF, le trafic sera très fortement perturbé à l'initiative de la CGT, Unsa ferroviaire, Sud Rail et la CFDT, devrait perturber les lignes dès demain 19h: un transilien sur trois seulement en Ile-de-France, un TGV sur deux sur l'axe Est, un TGV sur trois sur les axes Nord, Atlantique, Sud Est et un TGV sur trois entre les villes de province. Les Intercités circuleront à raison de trois trains sur dix. Les TER seront perturbés partout en France avec un train sur trois en moyenne. Les lignes Ouigo seront elles aussi lourdement frappées, avec quatre TGV sur dix en moyenne. Ce sera également le cas de TGV Lyria (5 sur 10) et Eurostar (8 sur 10) alors que le trafic s'annonce normal sur le Thalys et Alleo.
Côté RATP, le trafic devrait être quasi-normal dans le métro parisien. En revanche sur le RER, un train sur deux seulement circulera sur la portion sud du RER B, gérée par la RATP, en direction de Massy et Saint-Rémy-les-Chevreuse, en raison d'une grève menée par la CGT et SUD. Sur le RER A, le trafic sera "quasi normal" et l'interconnexion avec le réseau SNCF sera assurée en gare de Nanterre Préfecture pour les trains de la branche Cergy. Elle ne le sera pas pour les usagers désirant se rendre à Poissy: ils sont "invités" à prendre leur train à la gare Saint-Lazare, à Paris. Le préavis des deux syndicats court de mardi 22h00 à jeudi matin.
En plus de contester le projet de loi, les cheminots défendront leurs conditions de travail.

Etudiants et lycéens, irez-vous manifester le 9 mars ? interroge Le Monde...

Priorité de Hollande, la jeunesse est ingrate dès qu'il s'agit de politique. "On est une génération sacrifiée qui en a marre," estime le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Le libéralisme, on le subit depuis les années 1980 et ça ne crée pas d'emplois. Le gouvernement n'a pas intérêt à mettre dans la rue tous ceux qui ont voté pour lui en 2012 à quelques mois de la présidentielle", menace le président du MJS, Benjamin Lucas, soulignant que, les jeunes étant les plus touchés par le "précariat", cette loi les concerne au premier chef.



Les étudiants radicaux rêvent d'une réplique de la lutte contre le CPE.
"P'tit zizi" craint une réédition des manif étudiantes contre le CPE
Dans leur texte, les signataires disent vouloir s'inspirer "de la mobilisation contre le contrat première embauche (CPE), en 2006, quand la jeunesse avait fait reculer le gouvernement aux côtés des salariés". 
"Le 9 mars, ce sera un tour de chauffe. C'est pour le 31 mars qu'on espère beaucoup de monde", conclut William Martinet, qui publiait ce dimanche sur Twitter un vademecum en 10 étapes du parfait étudiant mobilisé. "Le gouvernement n'a pas intérêt à mettre dans la rue tous ceux qui ont voté pour lui en 2012," reconnaît-t-on au MJS.

Ca sert à quoi que Pépère se décarcasse ?
Plusieurs dispositifs ont été créés -et financés par la solidarité nationale- depuis 2012 pour aider les jeunes à trouver un emploiEmplois d'avenir (lancés fin 2012), Contrats de génération (inauguré en mars 2013), Garantie jeunes (expérimentée depuis octobre 2013, une allocation de 433 euros distribués aux jeunes de moins de 25 ans sans emploi, pendant un an. En échange, ils s'engagent à suivre des ateliers d'aide à la recherche d'une formation ou d'un emploi), et le petit dernier, lancé en avril 2015, le contrat starter est un nouveau contrat aidé destiné aux entreprises privées qui bénéficient d'un aide égale à 45% du SMIC pour l'embauche d'un jeune de moins de 30 ans, chômeur de longue durée ou habitant un des quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Réunis au sein d'une "Inter organisation jeunesse", les syndicats étudiants ont mobilisé durant toute la semaine sur les campus de Paul Sabatier et de Toulouse 1. Ils organisent lundi à 12h30 une assemblée générale à Toulouse Jean Jaurès. "Nous n'avons pas eu beaucoup de temps. Mais je pense qu'il y a aura du monde mardi", annonçait vendredi Angela Lopez. 
Selon la trésorière de l'UNEF, "les étudiants sont des jeunes travailleurs en formation. Beaucoup d'entre eux sont dans des situations précaires pendant leurs études. La précarité se poursuit ensuite sous forme de stages et de CDD à répétition lorsqu'ils entrent dans le monde du travail. Cette loi l'organise pour la totalité de leur carrière professionnelle.
Le parcours du défilé
Mercredi 9 mars, la manifestation contre le projet de loi Traavail décidé par Manuel Valls et porté par Myriam ElKhomri  se rassemblera à partir de 11h30 place Jeanne d'Arc. Elle empruntera ensuite les boulevards à partir de midi pour se rendre au monument aux morts puis à la CCI via la rue de Metz.

mardi 3 mars 2015

Réservoir de Sivens: Ségolène Royal s'engage à faire indemniser le Tarn par les... Français

La ministre de l'Ecologie encourage le département à abandonner le projet initial de barrage de Sivens

Ségolène Royal s’est engagée à faire payer les Français


Dans un courrier -hors micros et caméras- la socialiste s'engage pour la population.  Dans l'esprit du président Hollande qui considère que rien ne coûte jamais aux Français quand c'est l'Etat qui paie, la ministre a passé un deal:  le département du Tarn s'engage à abandonner définitivement le projet initial de barrage de Sivens et renonce à tout recours contre l’Etat, et moi, ministre, j'indemnise. Il est donc désormais difficile aux "décodeurs" (sic) du journal socialiste Le Monde d'affirmer que, lors de l'émission "En direct avec les Français", le 6 novembre 2014, Hollande n'a jamais dit que "Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye".
-"Non, c'est l'Etat qui paye", rétorque alors François Hollande, avec aplomb.
-"Ca coûte trois milliards d'euros pour 150.000 emplois d'avenir", précise Gilles Bouleau.
-"Oui, mais c'est l'Etat qui paye", insiste Hollande.
-"Ben, l'Etat, ce sont les contribuables...", rappelle Gilles Bouleau.
- "Oui, mais c'est pas la collectivité marseillaise ou le département ou la région. Mais, je vais y revenir, c'est l'Etat qui fait l'effort", maintient François Hollande.
VOIR et ENTENDRE la vidéo qui s'interrompt sur l'affirmation de Hollande que "c'est l'Etat qui fait l'effort"...

Dans cette lettre, datée du 27 février et adressée au président du Conseil général, Thierry Carcenac (PS), la ministre rappelle sa position : "La réalisation du projet initial" de retenue d’eau d’1,5 million de m3, à 50 km au nord de Toulouse, "doit être définitivement abandonnée".

Blocus d'accès au site de Sivens
par des occupants illégaux
Or, les activistes altermondialistes qui squattent les parcelles rejettent tout en bloctandis que les agriculteurs ne veulent rien d'autre que le projet initial. Les exploitants se sont donc organisés, faisant appel à des renforts venant d'autres départements pour empêcher que le nombre des occupants n'augmente, dans l'hypothèse où les barrages du gouvernement -et de S. Royal- seraient malencontreusement poreux... Ce qu'ils veulent, c'est être entendus d'ici vendredi, date à laquelle le Conseil général socialiste du Tarn va se réunir et donner sa décision."

La potiche de Manille opte pour l'adoption d'un scénario bâtard  "alternatif"

La police ne rétablit pas le droit de passage:
le gouvernement cède aux squatteurs
Vendredi, à Albi, le Conseil général doit "organiser un débat" sur la base de "deux scénarii qui s’écartent sensiblement du projet initial", décide-t-elle depuis Paris. Il s’agira de choisir entre des versions allégées du projet, puisque les "experts" - libres, puisque désignés par le ministère - ont évalué les besoins de stockage en eau à 750.000 m3, soit moitié moins que ce qui était prévu.

Ca ne coûte rien de "s'engager": Montebourg l'a fait avant elle...
"Je me suis engagée à ce que l’Etat vous accompagne pour solder financièrement les opérations déjà mises en œuvre au titre du projet initial et qui ne pourront pas être redéployées pour réaliser le nouveau projet", écrit la ministre, ajoutant qu’elle demandera à ses services "d’élaborer un protocole transactionnel permettant d’indemniser le département - bien que l'Etat soit endetté et les contribuables accablés d'impôts - pour les dépenses engagées dans le cadre de l’autorisation [du projet initial], en contrepartie de l’abandon définitif et irrévocable des travaux et de tout recours indemnitaire contre l’Etat, en cas de l’annulation de [l’autorisation]".

L’autorisation du projet initial serait, selon la ministre, "soumise à un risque élevé d’annulation" par la justice administrative française. Elle fait valoir en outre que l’abandon des travaux déjà engagés "devrait, de plus, permettre d’éteindre la procédure pré-contentieuse européenne".

mardi 11 novembre 2014

"Ça ne coûte rien" quand "c'est l'Etat qui paie," selon Hollande

Des mots que Hollande n'aurait jamais prononcés, mais que tout le monde a entendus 
Le président de la République s'est fait rappeler à l'ordre
par plusieurs media et des milliers d'internautes qui ont dénoncé ses propos lors de son intervention sur TF1 jeudi 6 novembre sur TF1.  
François Hollande s'est efforcé de défendre ses mesures pour l'emploi, mais quand le chômage ne cesse de grimper, les couleuvres ont du mal à passer. Le président socialiste a tenté de valoriser notamment les différents types de contrats aidés mis en place en France. 
Depuis, une phrase de son intervention lui vaut de nombreuses critiques: "Non, ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paie". Sauf qu'il ne l'a en fait jamais prononcée. 

L'Express ouvre une polémique

Il était convenu qu'au cours de son échange, un jeune Marseillais, Hasen Hammou, dont le portrait a occulté l'appartenance au PRG, lancerait le chef de l'Etat sur le thème des emplois d'avenir. Cet interlocuteur bienveillant a mis en cause les collectivités locales qui rechignent parfois à faire appel à de tels contrats, donnant ainsi du grain  à moudre au président. D'autant que "ça coûte très cher", souligne le présentateur de TF1, Gilles Bouleau.

Le président socialiste oppose Etat et collectivités territoriales   

- "Non, c'est l'Etat qui paie" et pas les collectivités locales, rétorque alors François Hollande. "Donc en l'occurrence ça coûtait..." 

- "Trois milliards d'euros pour 150.000 emplois d'avenir", précise Gilles Bouleau. 

- "Oui, mais c'est l'Etat qui paie", insiste François Hollande 

- "Ben, l'Etat, ce sont les contribuables...", rappelle Gilles Bouleau 

- "Oui, mais c'est pas la collectivité marseillaise ou le département ou la région. Mais, je vais y revenir, c'est l'Etat qui fait l'effort", maintient François Hollande.

L'Express croit juste de porter main forte au président

VOIR et ENTENDRE les mots qui méprisent la contribution des Français imposables, au titre des impôts locaux, selon certains, seraient pourtant respectueux de l'effort du contribuable, selon L'Express:

Comment la citation s'est transformée par la suite

L'argent des collectivités territoriales, ce n'est pas celui de l'Etat !
Le président finasse, mais ça ne prend pas auprès des internautes qui pointent rapidement la citation pour s'indigner du distinguo présidentiel entre les contribuables. "Avec quel argent l'Etat peut-il payer?", s'étouffe ainsi un citoyen qui travaille pour se faire matraquer sereinement par le pouvoir socialiste. 
"Il faut expliquer à Hollande que l'Etat, c'est nous et nos impôts", s'irrite un autre.
La boîte à outils...
Les emplois d'avenir sont en fait financés par les OPCA régionales (Organisme paritaire collecteur agréé), structures associatives paritaires qui collectent les contributions financières des entreprises...
A noter que ces associations ont l'agrément des pouvoirs publics pour collecter, gérer et mutualiser les contributions financières des entreprises par branche professionnelle. Ce sont donc des collecteurs de fonds. Comme Ecomouv'...

mercredi 27 août 2014

Nouvelle détérioration du chômage pour saluer le gouvernement Valls 2

Une souffrance grandissante des chômeurs pour le neuvième mois consécutif de hausse

Manuel Valls a prévenu dès mardi d'un nouvelle poussée du chômage en juillet
François Rebsamen,
comptable du chômage
au ministère du Travail
Pôle emploi en fera l'annonce mercredi 27 août au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement. "Ils ne peuvent pas être bons, ils seront même négatifs, avec le niveau de croissance [nulle] que nous avons", a admis le Premier ministre sur France 2. Chaque mois, le gouvernement connaît les chiffres de Pôle emploi à l'avance "24 heures avant la publication officielle", raconte dans son dernier livre Michel Sapin, ex-ministre du Travail désormais aux Finances. En juin, il avait déjà atteint un huitième record, avec 3,398 millions de demandeurs sans activité en métropole. Outre-mer et activité réduite incluses, le chiffre culmine à 5,34 millions.
La publication des chiffres de juillet intervient dans un contexte politique volcanique.

Un exécutif en pleine crise

Les attaques du désormais fédérateur des "frondeurs" du PS, Arnaud Montebourg, contre la politique économique du gouvernement ont poussé Manuel Valls à former une nouvelle équipe mardi, sans changer de cap économique, "social-libéral" assumé.

La lutte contre le chômage reste la priorité des priorités du nouveau gouvernement, misant sur un pacte de responsabilité - qui a du plomb dans l'aile - pour renouer avec la croissance et l'emploi, même si François Hollande a reconnu qu'il n'aurait d'effet "qu'à moyen terme".
Le gouvernement attend plusieurs centaines de milliers de créations de postes des 40 milliards d'euros octroyés aux entreprises en échange de négociations dans les branches professionnelles sur l'emploi, la formation et l'investissement. Mais ces contreparties sont encore nettement insuffisantes, puisque seules les industries chimiques sont parvenues à un accord chiffré.
"Il y a une urgence à agir, le pacte de responsabilité et de solidarité met du temps à infuser, il faut aller plus vite", pressait François Rebsamen lundi soir, à la veille de sa reconduction au ministère du Travail.
Il doit réunir le 10 septembre les 50 principales branches professionnelles pour faire un premier bilan des contreparties au pacte.

Manuel Valls va discourir mercredi la bonne parole gouvernementale à l'université d'été du MEDEF à Jouy-en-Josas (Yvelines). Et le même jour, le patronat présentera des "idées" pour créer de l'emploi, portant entre autres sur le travail du dimanche ou la réforme des seuils sociaux dans les entreprises, a assuré son président Pierre Gattaz, dans une interview aux Echos.

De nombreux voyants dans le rouge

L'urgence pour le gouvernement est d'autant plus grande que la plupart des voyants économiques sont au rouge. A commencer par la croissance, nulle depuis deux trimestres.

Le gouvernement a dû revoir ses prévisions à la baisse, à 0,5% cette année contre 1% initialement. Pour 2015, il ne s'attend pas à un chiffre "très supérieur" à 1%. Or, pour nombre d'économistes, l'économie ne crée pas d'emplois en dessous de 1,5% de croissance annuelle.
Cette absence de croissance a, jusqu'à présent, neutralisé toutes les dispositifs mis en place par le gouvernement: emplois d'avenir, contrats de génération, contrats aidés, plan de formation pour les chômeurs, loi de sécurisation de l'emploi...

Les chômeurs seniors (+11,5% sur un an) et de longue durée (+9,8%) sont frappés de plein fouet. Face à cette explosion et répondant au cas par cas dans l'urgence, François Hollande a confirmé début juillet les grandes lignes d'un "plan seniors" et érigé la lutte contre le chômage de longue durée en "cause nationale", sans toutefois annoncer de nouvelles mesures.

A l'autre bout de la pyramide des âges, la décrue observée chez les jeunes entre avril et octobre 2013 (-3,4%) a laissé place à une stagnation depuis huit mois (-0,2%). Pour ce public, le gouvernement mise sur l'alternance. Hollande doit présider en septembre une réunion pour "lever tous les obstacles" [sic] à l'apprentissage, avec pour objectif 500.000 apprentis en 2017.

Malgré ces efforts, aucun organisme international ne prévoit de baisse du chômage avant, au mieux, 2015. Le FMI repousse même la perspective à 2016.
Les Français sont, eux, encore plus pessimistes: selon un récent sondage Ifop-JDD, 85% d'entre eux ne font pas confiance à l'exécutif pour obtenir des "résultats concrets" contre le chômage.

jeudi 31 juillet 2014

CDD: Hollande, champion toutes catégories

8 nouveaux embauchés sur 10 sont en CDD 
La proportion des embauches en CDD a encore augmenté en ce début d'année 2014, au détriment des CDI. 
Le niveau atteint est le plus haut depuis 1981, quand neuf contrats de travail sur dix étaient signés sous le régime du CDI... Il avait baissé entre 2009 et 2012. 
En 2013, le PS de Hollande se targuait que la proportion était améliorée, puisque huit contrats sur dix étaient des CDD, des missions d'intérim ou des emplois de contractuels (l'Etat employeur ne respecte même pas les règles minimales imposées aux patrons: versement d'une indemnité de précarité en fin de CDD et interdiction de renouveler ces CDD à l'infini). 
Au 1er trimestre 2014, Hollande est à nouveau recordman, avec 84% des embauches, hors intérim, faites en contrat à durée déterminée (CDD), selon des données du ministère du Travail publiées mardi. C'est le niveau le plus haut depuis ces quinze dernières années. 
La proportion de CDD est en hausse quasi continue depuis la mi-2011. Avant la crise financière, au 1er trimestre 2008, environ 70% des embauches se faisaient en contrat à durée déterminée.

Photo DARES/Ministère du Travail
Le taux d'entrée en CDI, lui, n'a pas beaucoup évolué depuis la crise

"Il reste encore relativement proche des niveaux de 2009, les plus bas observés sur la décennie (2,2 % au cours des trois derniers trimestres de l'année), signale la Dares, le service des statistiques du ministère.
Plus précisément, la hausse du 1er trimestre 2014 est très remarquable dans les établissements de 10 à 49 salariés (+1,3 point). La proportion de CDD baisse en revanche dans ceux de 50 salariés et plus (-0,4 point).

Par secteur, la part d'embauches en CDD s'aggrave dans la construction (+4,9 points) et dans le tertiaire (+0,1 pt), et baisse dans l'industrie (-0,2 pt).

Depuis le 1er juillet dernier, en vertu de la loi sur la sécurisation de l'emploi, le coût de certains CDD, en particulier ceux de très courte durée, a été surenchéri pour les employeurs par une majoration des cotisations chômage, sans toutefois parvenir à enrayer la progression des embauches en CDD.

Le taux de "sortie" des CDD est hélas en hausse lui aussi 
En juin, les fins de CDD représentaient près d'un quart des entrées à Pôle emploi, alors que le nombre de chômeurs sans activité atteignait un nouveau record à 3,398 millions en métropole.

Flexibilité du travail et réforme des CDD et CDI

L'accord trouvé en janvier 2013 entre le patronat et trois syndicats prévoyait une plus grande sécurité pour les salariés et une plus grande flexibilité pour les entreprises.Le patronat avait ouvert la voie au compromis en lâchant du lest sur la taxation de certains CDD, casus belli des syndicats.

La presse ne rappelle pas que cette mesure figurait parmi les engagements du candidat Hollande, et dans la feuille de route du gouvernement pour lutter contre la précarité, alors que le recours aux CDD de moins d'un mois avait explosé.

Ce compromis confortait le chef de l'Etat, disait-on, rappelant qu'il avait érigé le dialogue social en moteur de réformes. Pour le ministre du Travail Michel Sapin, l'enjeu "le plus important" était "de prouver que la France est capable de mettre en place une démocratie sociale moderne".


Dix-huit mois plus tard, 
nous attendons de Sapin qu'il communique donc le prochain calendrier de "mise en place une démocratie sociale moderne" du gouvernement.

Ainsi, où en est-on de la création des 150.000 emplois d'avenir annoncés?

D'autant que le gouvernement a annoncé que les Français vont financer 45.000 emplois d'avenir supplémentaires (soit 25.000 renouvellements de CDD conclus pour une durée d'un an en 2013 et 20.000 nouveaux créés) en 2014, qui viendront s'ajouter aux 50.000 initialement prévus, a annoncé mardi 3 juin le ministre du travail, François Rebsamen.

Le coût de la rallonge sera de 500 millions d'euros et s'échelonnera entre 2014 et 2017.

jeudi 27 février 2014

Hollande a encore produit 8.900 chômeurs de plus en janvier 2014

Le chômage continue de monter en janvier 2014

Une " tendance pour au moins deux ans" !

Vrais chiffres: 34.000 chômeurs 
de plus, malgré 286.400 radiations
L'échec du gouvernement, qui s'était engagé à inverser la courbe du chômage à la fin de l'année 2013, se confirme un mois plus tard. Le nombre de chômeurs en catégorie A a augmenté de 0,3% par rapport à décembre, soit 8.900 victimes supplémentaires -et leurs familles- inscrites à Pôle emploi, a annoncé le ministère du Travail mercredi 26 février.
Le pouvoir socialo-écolo échoue à peser sur la courbe qui ne cesse de grimper et mise tout désormais sur le pacte de responsabilité à venir, comme il pariait sur les emplois d'avenir. Le gouvernement a déjà annoncé 50.000 emplois d'avenir supplémentaires, mais ça ne suffira pas.
Pour la première fois, la barre des 6 millions de chômeurs officieux (sans compter les 3,5 millions d’invisibles) est franchie, chiffres bruts, Dom-Tom compris.

Après avoir perdu, avec la hausse enregistrée en novembre et décembre, son pari d’y parvenir avant fin 2013, François Hollande a subi une nouvelle déconvenue sur sa "priorité des priorités " avec l’annonce, hier après-midi, d’une nouvelle poussée, en janvier, du chômage n’ayant pas du tout travaillé dans le mois (catégorie A), dont le total a progressé de 8.900 (+0,3 % sur un mois, +4,4 % sur un an), peu ou prou comme en décembre (+8.700). Il faut "encore persévérer sans faiblir" pour faire reculer le chômage, a déclaré le sombre Ayrault, Premier ministre "serein et déterminé"!

En catégorie A,B et C, le nombre de demandeurs d’emploi a progressé en janvier de 23.600 (+0,5 %, +5,3 % sur un an). Comme quasi systématiquement, les plus de 50 ans ont été les plus touchés (+1 % en janvier) et le chômage de longue durée continue d'exploser (+1,1 %). 
Après une baisse quasi continue depuis l’été dernier, le chômage des moins de 25 ans a quant à lui stagnéen janvier.


Tendance lourde: le gouvernement s'est placé dans une spirale d'enfer

"Ça va continuer à se dégrader lentement." 
C'est ce qu'explique Marion Cochard, économiste à l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). Ces chiffres sont très volatiles. La marge d'erreur statistique de Pôle emploi est de 15.000 : ce qui veut dire que sur certains mois, on pourra avoir des baisses. Mais, globalement, la tendance est à la hausse.

On est parti là-dessus pour au moins deux ans."

Le Pacte de responsabilité ne jouera pas sur la croissance. 
"On n'en a pas encore les détails mais a priori, il ne devrait pas être mis en place avant 2015, voire 2016. Actuellement, le CICE [Crédit impôt compétitivité emploi] monte en puissance et il est probable que le Pacte de responsabilité prenne la suite en 2016. Peut-être le gouvernement voudra-t-il accélérer le mouvement et cumuler la deuxième partie du CICE et le pacte pour 2015 mais, pour 2014, il ne va pas se passer grand-chose.

Pas grand chose à attendre des emplois aidés 
La population active augmente de 120.000 personnes par an. Il faudrait que les créations d'emplois atteignent ces niveaux-là pour au moins stabiliser le chômage. Si on met 50.000 emplois aidés supplémentaires, il faut créer 70.000 emplois. Or, on n'aura probablement pas suffisamment de croissance en 2014 pour ça.

La croissance est menacée
La politique d'austérité s'est traduite par des hausses d'impôts. Maintenant, on pourrait avoir une baisse des dépenses. Pour l'OFCE, cela devrait coûter 0,9 point de croissance à l'économie française en 2014. En sortie de crise, on a traditionnellement des taux de croissance élevés, entre 2% et 3%. Si c'est 2% et qu'on retire 1% en raison des baisses de dépenses publiques, il ne reste plus grand-chose pour faire baisser le chômage !

Tout le problème de Hollande c'est celui-ci : le gouvernement s'est engagé à réduire les déficits extrêmement rapidement, ce qui est un frein pour la croissance. Si on traîne cette croissance très faible depuis la rechute de 2011, c'est d'abord en raison de la politique budgétaire. Le gouvernement doit pouvoir négocier un peu avec Bruxelles car, vu ce qui a été annoncé, la croissance sera encore plombée jusqu'en 2017.

jeudi 26 décembre 2013

Avec 17.800 chômeurs de plus en novembre, l' "inversion de la courbe du chômage est "bien amorcée"...

Hollande nie son incapacité à inverser la courbe du chômage

Le nombre de demandeurs d'emploi est reparti à la hausse en novembre

Un coup dur pour l'exécutif, mais surtout pour les demandeurs d'emploi
L'inversion de la courbe du chômage "est bien amorcée", mais c'est la présidence de la République qui le dit et "ce mouvement pour être significatif doit se poursuivre mois après mois", insiste-t-elle... Et pendant encore longtemps? "C'est une bataille de chaque jour", répète le comique de l'Elysée.

Pour gagner cette bataille, y a plus qu"à "amplifier la reprise de la croissance économique à travers le soutien à l'investissement des entreprises", analyse Hollande. Jetant un regard extérieur sur les drames humains, il raconte en outre qu' "elle passe aussi par la pleine utilisation de tous les instruments en faveur de l'emploi : réforme du marché du travail, emplois d'avenir, contrats de génération", détaille-t-il, comme si il était en charge de rien.

Les réactions politiques ont fusé de toutes parts 

Mais la confirmation des mauvais chiffres du chômage du mois de novembre a atteint inégalement la classe politique, de l'opposition, du FN, du centre en passant par l'UMP, et de la majorité présidentielle.
Dans l'équipe gouvernementale et sa majorité
Michel Sapin, ministre du Travail, n'a pas les boules. Il a défendu le bilan du gouvernement lors d'une conférence de presse. Pour intoxiquer l'opinion les chiffres, il a trouvé avantageux de mettre en avant les chiffres trimestriels de l'emploi plutôt que les relevés mensuels. "Il y a 1300 chômeurs en moins chaque mois, c'est bien une inversion de la courbe. En moyenne trimestrielle, nous avons une légère inversion de la courbe au 4e trimestre pour la catégorie A. C'est insuffisant, car il y a beaucoup trop de chômeurs. Oui, le chômage recule modestement mais il recule. Le chômage recule sur les deux derniers mois du quatrième trimestre. C'est globalement satisfaisant car l'inversion est engagée."

Où est le changement ?

Évolution de la courbe du chômage depuis mai 2012 (France métropolitaine - Source Dares, Le Point.fr)

Les chômeurs des catégories B et C n'existent pas pour l'exécutif
La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ne s'est pas montrée: elle s'est exprimée via les réseaux sociaux. 

Mais la mauvaise foi a des limites:
Tout le monde attendait le flagorneur en gros sabots
Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, estime dans un communiqué que "mois après mois la situation s'améliore même si elle n'est pas linéaire (...) Tout notre défi est de conforter et d'accélérer cette reprise. C'est le levier de la confiance pour les entreprises et la création d'emplois". Pouvons-nous faire appel à ce Bruno pour rédiger les cartes de voeux à nos proches en recherche d'un emploi ? 

François Rebsamen prépare son entrée au gouvernement remanié
Le président du groupe PS au Sénat est  plus catégorique: il estime que l'examen des chiffres sur plusieurs mois "confirme que la progression mensuelle, inéluctable, du chômage est enfin stoppée". "L'inversion de la courbe du chômage est donc à notre portée et l'engagement pris par le président de la République est proche de devenir une réalité". 
Voilà bien un raisonnement d'un gestionnaire municipal hors pairs 

La droite tire à boulets rouges

Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports, a réagi sur Twitter.
Le député et président du Conseil général de la Charente-Maritime rappelle au passage la télévision d'Etat à la décence:
Yves Jégo, délégué général de l'UDI et ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, juge dans un communiqué qu' "aucune perspective durable de baisse significative du chômage ne semble hélas poindre à l'horizon". "La France paye ainsi très cher la double erreur économique d'une majorité socialiste qui a préféré le gourdin fiscal aux réformes structurelles indispensables pour baisser la dépense publique".

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a considéré sur Twitter qu'il vaut mieux en rire de peur d'avoir à en pleurer:
Guy Bedos a laissé la place vacante.